Salut tout le monde, je suis de retour! Je n'ai pas pu publier plus tôt, alors que ça fait presque un mois que mon chapitre est prêt, pour la simple est bonne raison que j'avais de légers problème avec internet. Mais voila, c'est fini!

Je suis heureuse.

Comme pour le chapitre précédent, il faut savoir que les malheurs de Gaara ne sont pas encore finis et que donc il est bien loin de vivre un Happy end... donc attention pour les lecteurs qui veulent voir un Gaara épanouit et heureux comme les bisounours, ce n'est pas encore le cas. La violence y est toujours présente.

Bonne lecture à tous.

Chapitre 3

Gaara:

Et voilà comment avait commencé mon calvaire. Mais le pire, c'est qu'ils n'avaient aucune idée de la personne qu'ils avaient décidé d'affronter. Je n'allais certainement pas me laisser faire sans broncher. Premièrement, il me semblait évident que tout avait débuté dès que j'avais offert un séjour à l'hosto au mec décoloré. Ce qui signifiait tout simplement que c'était lui qui se trouvait derrière cette affaire. C'était donc lui qui le regretterait. Mais il me fallait attendre son retour.

Et pendant ce temps, les autres n'avaient de cesse de m'emmerder. Non pas que ça m'ait affecté dans les débuts, mais ils ont ensuite fait des recherches trop poussées qui m'ont légèrement agacé.

Avec leur premier jeu des funérailles, j'avais eu relativement la paix. Effectivement, ils ne pouvaient pas faire grand chose à part simuler ma mort. Seulement ils avaient pris le parti de passer à autre chose, qui était de me donner le sentiment d'être la risée de toute la classe. Leur manque d'imagination faisait peur.

Ils mettaient juste en place une bête tentative d'humiliation. Seulement, pour se sentir honteux, il faut d'abord se préoccuper du regard des autres, et lorsqu'on à rien faire du-dit regard, ben c'est un peu dur de se sentir humilié.

Ils avaient donc débuté leur plan en faisant courrir une rumeur sur moi dans le but que je me sente gêné. Manque de pot pour eux, il s'avérait qu'ils se trouvaient dans le vrai et j'assumais parfaitement mon orientation sexuelle. Il est vrai qu'au Japon c'est encore tabou de se révéler homosexuel, mais comme à mon habitude, je n'en avais rien à foutre. Donc, quand j'entrais dans une salle, j'avais droit à de nombreux rires sur mon passage et des remarques débiles du genre :

- Alors comme ça, tu préfères le service trois pièces ?

- Je suis sûre que tu adores les pipes.

- C'est comment entre mecs ?

- T'es l'uke ou le seme ? Hum, je te vois bien en dessous.

- Tarlouze.

- Pédé.

Je remarquai que ces idiots étaient bien trop informés sur certains termes pour être simplement hétéro...

Un, plus abruti que les autres, me proposa même de s'occuper de moi, un sourire pervers affiché sur le visage. Je l'ignorai. Comme pour le reste du monde. Si ça les amusait de savoir mes préférences, autant les laisser dans leur plaisir. Seulement, lui n'apprécia pas de se voir ainsi méprisé et tenta de me donner un coup de poing au visage. J'esquivai avec trop de facilité son geste, lui attrapai le poignet dans le même mouvement et lui infligeai une simple secousse qui le fit basculer en avant. Il percuta plusieurs bureaux dans sa chute, s'ouvrant l'arcade sourcilière.

Quant à moi, je me rassis tranquillement à ma place.

Mes «camarades» cessèrent bien vite de rire. Certains portèrent secours à l'imbécile et l'amenèrent à l'infirmerie, d'autres me lancèrent un regard noir sans oser parler et les derniers, c'est-à-dire la majorité de la classe, se détournèrent de moi de peur de subir un sort semblable.

Cet événement me permit d'avoir une matinée sereine. Le temps qu'ils cherchent de nouvelles idées.

À l'heure du déjeuné, lorsque je me levai, une nuée de rires et de sarcasmes applaudirent mon départ. Ce qu'ils pouvaient être irritants ceux-là...

Je mis les écouteurs de mon mp3, de manière à ne plus percevoir les gens qui m'entouraient, et écoutai A little piece of heaven de Avenged Sevenfold. Ce qui fut une erreur, car je ne vis pas la jambe qui me barrait le chemin et je m'étalai donc de tout mon long sur le sol, sous les ricanements de beaucoup, mon repas répandu devant moi. Encore une fois.

Je ne savais pas qui disait qu' «il ne faut pas répondre à la violence par la violence», mais je n'étais pas du tout d'accord avec lui.

Toujours à terre, j'attrapai la cheville de l'insolent et le fis tomber à son tour. Tête la première dans les vestiges de mon déjeuné. Le gars en avait plein le visage. Maigre compensation mais c'était déjà ça. J'en profitai aussi pour m'accaparer son fricot malgré ses protestations. Je lui décrochai un coup de pied pour le faire taire.

Hum, meilleur que les plats de Temari. Finalement, je pouvais y trouver mon compte parfois.

Ayant donc mangé rapidement, je retournai à ma chaise. Qui paraissait enduite d'une substance transparente et douteuse. Quelques reflets blanchâtres apparaissaient parfois selon l'éclairage. Je ne voulais même pas y toucher. Des gloussements pas très discrets se firent entendre dans mon dos. Je pivotai pour faire face à un groupe hétéroclite. Eux savaient sûrement ce qu'était ce truc visqueux sur mon siège. Très bien. Je fis la chose la plus évidente qui fut, je pris la chaise de l'un d'eux, en l'occurrence une fille, et la changeai avec la mienne. Et ce, sous les cris de cette idiote qui, ne me demandez pas comment, chuta dessus. Au moment où elle essaya de se relever, sa jupe se retrouva fixée au siège. De la colle. Décidément, ça en devenait pathétique. Seulement, cette histoire me retomba dessus, car le prof d'anglais qui passait devant la porte à l'instant où la nana brayait, s'enquit de ce qui se passait et tout le monde m'accusa.

Je fus donc moi aussi collé, mais pas de la même manière.

Après quoi, de nouvelles rumeurs s'ajoutèrent aux précédentes. Toutes aussi stupides les unes que les autres.

En fait, les gens de ma classe semblaient se démener pour en trouver des originales : une annonçait mon entrée dans une secte où l'on pratiquait le vice et la luxure (celle-ci avait débuté le jour où je m'étais fait tatouer à la tempe un tatouage représentant le kanji «amour», suite à un pari). Une autre disait que je me passionnais pour le cosplay, surtout des personnages comme Saylor Moon et Sakura Card Captor, et des photos le prouvaient même - enfin... des photomontages vous vous en doutez - où j'étais déguisé en Saylor Mercury (*clin d'oeil à EdFrench*). Celles-ci circulaient dans tout l'établissement pour le plaisir de beaucoup de pervers.

Une, encore, annonçait que j'avais couché avec le prof de Géographie, un type glauque qui semblait particulièrement aimer les arbres; une sur mon "intérêt" pour la danse classique; et enfin une autre proclamait mon implication dans une tuerie qui avait eu lieu dans le quartier Shinjuku Seibu, non loin de Shinjuku Prince Hotel. A la télé les journalistes avaient informé la population qu'il s'agissait d'une confrontation entre deux familles adverses. Habitant proche de ce quartier, et le fait que, d'après témoins, un rouquin avait été aperçu lors de ce drame, les stupides lycéens en avaient déduit que ce rouquin n'était autre que moi. Néanmoins, ce murmure n'avait pas eu l'effet escompté. Étant trop terrorisés, ces abrutis m'avaient laissé en paix pendant plus d'un jour... jusqu'à ce que la bande de l'accidenté appose un démenti.

Eh oui, comment leur jeu funeste aurait-il pu continuer si tous me craignaient ? Puisque sans la participation des autres c'était foutu pour eux. N'empêche, ils auraient du réfléchir un peu plus et mieux garder leurs moutons avant de faire courrir des bruits aussi peu crédibles. Moi ? Appartenir à un clan ? Il y avait longtemps que je n'étais plus dans les affaires et je ne comptais pas y retourner de si tôt.

Hidan, hôpital de Tokyo, décembre 2004:

Voilà trois semaines que je me trouvais coincé dans ce putain de merde d'hosto à cause de cet enculé de roux.

Trois semaines à me faire chier.

Trois semaines à «manger» par perfusion, ce sale con m'ayant fracturé la mâchoire. Je pouvais juste parler, et encore.

Trois semaines à être bourré de médocs à cause d'une «légère commotion cérébrale». Légère ? Mon cul oui ! Ça faisait un mal de chien !

Trois semaines que le rouquin subissait mon petit jeu et il s'en FOUTAIT ? Il tenait le coup, il ne paraissait même pas affecté. Bordel !

Tous.

Tous les autres avaient cédés avant. Pourquoi pas lui ?

J'avais fait en sorte qu'il puisse vite retourner au lycée pour que mon plan débute. Grâce à moi il n'en avait pris qu'une, une seule semaine de renvoi. Et tout ça pour quoi ? Pour qu'il ne réagisse PAS !

Je ne comprenais décidément pas.

Aucun, précédemment, n'avait pu résister bien longtemps aux rires, à la mise à l'écart, aux rumeurs, aux regards méprisants et sournois des autres, à la solitude, à l'humiliation, aux persécutions.

À mon jeu.

Ils se soumettaient toujours et exécutaient mes moindres désirs pour rejoindre la masse. Comme on dit «le clou qui dépasse appelle le marteau», je les dressais et eux reprenaient la place qui leur était due, tout simplement.

Juste pour pouvoir retrouver leurs amis, ces mêmes amis qui les persécutaient...après quoi ils n'osaient plus se mettre en travers de mon chemin ou me résister, de peur que ça ne recommence.

Mais...

Comment j'avais pu être aussi con ? Il était là le problème ! J'avais tout mal fait !

Il s'en foutait, lui, de ce que pouvaient penser les autres à son sujet, comme du fait d'être ami avec eux. Selon les dires de ma bande, il était tout le temps seul, rechignant à l'idée que les autres l'approchent.

On avait perdu un temps fou pour rien !

Cela faisait trois semaines que je me contentais de ma main droite et de quelques types inintéressants pour rien !

Il fallait passer aux choses sérieuses.

Moi même j'appréhendais un peu car jamais encore je n'en étais arrivé là. Je le désirais en un seul morceau, moi. Et puis qui disait choses sérieuses disait faire appel à lui.

Et je n'avais aucune envie de le voir à nouveau, une seule fois me suffisait largement.

Pas lui, pas ce... ce... ce monstre !

Rien que d'y repenser me donnait des sueurs froides, ma main se mit à trembler malgré moi.

Merde, merde, merde.

Je devais penser à autre chose, au rouquin par exemple, oui. Son air de chien battu quand il verrait qui est le maître, sa soumission, la queue entre les jambes...

- Alors, tu t'amuses bien mon cher Hidan ? dit une voix mielleuse dans mon dos, une voix qui me glaça subitement le sang.

Et merde!

Je n'osais plus bouger de peur de... de lui. Pourquoi ce salaud se présentait-il à moi ? Que voulait-il ? Que...

- Dis-moi, j'ai appris que tu avais quelques problèmes avec Gaara No Sabbaku ? Il te repousse plus que de raison, n'est ce pas ? Un rire pernicieux accompagna ses paroles.

- Comment...

- Nous savons beaucoup plus de choses que, toi, tu ignores mon cher Hidan... Vois-tu, ce jeune homme croit être libre, mais c'est juste que la cage est plus grande qu'il ne l'imagine...

Gaara, Janvier 2005:

À posteriori, les rumeurs, les évènements paraissaient aller de pire en pire et être plus éprouvants pour mon sang froid. J'avais bien faillit en massacrer cinq, alors que j'étais entré dans ce lycée depuis à peine trois mois.

Leur «jeu» en arrivait à m'énerver depuis que leur motivation s'était faite plus forte. Les calomnies ne me touchant pas, ils passaient à des trucs plus «physiques».

Comme me chourrer mon tee-shirt au moment du cours de sport. Ce qui ne m'avait laissé que deux choix : ou accepter une sorte de combinaison verte flashy et extrêmement moulante venant du prof, ou faire le cours torse nu. Je remarquai d'ailleurs que la subite fuite de mon haut avait l'air de faire plaisir à pas mal de filles et de garçons dans le gymnase. Je décidai cependant de rester comme ça. Non pas que les nombreux regards de ces hypocrites me plaisaient mais il était juste tout à fait hors de question que je mette cet horrible truc vert.

Un mardi, mon jour de corvée - il fallait nettoyer la classe à la fin de la journée - la poubelle de la classe tomba un nombre incalculable de fois répandant à chaque fois son contenu sur le sol qui devint vite crasseux. En plus, il semblait que ce jour-là, toute la classe avait eu particulièrement faim car il y avait beaucoup plus de détritus qu'à l'accoutumé. Et je devais laver ça. Bizarrement j'eus l'impression de devenir un célèbre personnage de conte, vous savez la cruche qui fait l'esclave et n'ose pas se rebeller : Cendrillon.

Et ça continuait encore et encore. Mes habits: ou ils disparaissaient, ou ils finissaient très souvent tachés à cause des nombreux projectiles qui m'atterrissaient dessus pendant les cours et les pauses. Cela provoquant une série de questions de ma soeur - c'était elle qui s'occupait du ménage - du genre : Qu'est ce qui se passe ? Pourquoi tes habits sont dans cet état ? As-tu des problèmes au lycée ?

Je la remballais aussi sec à chaque fois à l'aide d'un " Ta gueule et nettoies".

Mes repas se retrouvaient très (trop) souvent sur le carrelage.

Des punaises, ou divers objets, se glissaient sur ma chaise.

Mes cahiers et mes livres étaient recouverts d'injures et de stupidités.

En sport, je devenais la cible des ballons.

Kakuzu-sensei se faisait un plaisir de m'emmerder.

Je passais beaucoup de mon temps libre collé pour des choses dont je n'étais pas coupable.

De nombreux messages me concernant apparaissaient sur les tableaux de toutes les salles.

La directrice me convoquait toutes les semaines pour me poser des questions sur mon "comportement".

Plusieurs avaient essayé de me passer à tabac mais leurs tentatives avaient toutes échoué.

Bref, une multitude de petites attentions à mon égard qui au bout de deux mois m'exaspéraient réellement. J'en venais même à me demander ce que je foutais là.

Heureusement qu'il y avait eut les vacances de Noël, période de quinze jours que j'ai passé seul, tranquille, dans un de nos chalets - Temari étant en France pour affaires et Kankuro avec son petit ami à Hokkaido. Ce repos me permit de me reposer et d'éviter de faire des conneries - comme buter ces crétins, par exemple.

Dès la rentrée, les hostilités reprirent bon train mais j'en avais l'habitude, je pouvais donc garder mon self-control.

Enfin, c'est ce que je croyais.

Ce mois fut donc dans la continuité du premier. Vraiment surprenant…

Février fit son apparition, mois très agréable pour tout le monde avec les nombreux jours fériés, sauf pour moi. En effet, les abrutis de la classe étaient enfin parvenus à leur but.

Cela se passa le lundi 7 Février, je rentrais nonchalamment dans la classe, déjà passablement énervé à cause de ma sœur qui avait eut l'idée de s'occuper de mes affaires. C'est-à-dire de mes relations avec un type que je venais de rencontrer une semaine plus tôt, assez intéressant jusqu'alors. Et elle venait fouiner, donc, en prétextant que ce type n'était pas net et qu'une relation juste basée sur le cul n'était pas une bonne chose. En quoi cela la concernait-il ? Est-ce que, je me mêlais, moi, de sa relation avec ce Shikamaru qu'elle avait rencontré en France et qui était «l'amour de sa vie» ? Non ! Je lui avais donc bien faire comprendre de ne plus fourrer son nez partout, ou elle le regretterait amèrement. Mais notre conversation m'avait beaucoup trop exaspéré pour que je sois calme.

Bref, c'était un jour où il vallait mieux me laisser tranquille, seulement les autres étaient bien trop cons pour s'en apercevoir.

Je remarquai très rapidement que tous étaient attroupés autour du tableau, stupéfaction et écœurement affichés sur leur visage. Sûrement une nouvelle rumeur, ces crétins semblaient avoir oublié que cela ne marchait pas avec moi.

Je passai donc mon chemin dans l'espoir d'arriver à ma chaise sans que l'on me fasse chier une fois de plus, l'ambiance me gonflant déjà plus que de raison et les nerfs à vif, c'est pourquoi je n'avais pas su conserver mon sang froid.

Dès que je me fus assis, l'assistance se tut immédiatement pour laisser place à un silence plus ou moins inquiétant. Puis elle se tourna vers moi, les regards emplis de dégoût et d'horreur.

Qu'est-ce qui avait bien pu être dit cette fois ? Certainement pas une de ces rumeurs ridicules qui faisaient rire tout le monde. Non, cette fois-ci, cela semblait plus sérieux. La tension était palpable du bout des doigts, elle régnait dans la pièce avec ses mains glacées. Un rictus mauvais apparaissait sur certains visages, de l'hostilité et une pointe de haine se reflétaient dans les yeux et des rides de consternation plissaient le front de quelques uns…

- Salaud !

- Enfoiré !

- Assassin !

- Meurtrier !

Et ainsi de suite. En quel honneur avais-je droit à toutes ses injures ?

- Eh ! Toi, le roux ! Enfoiré. T'as rien à foutre ici !

- Vivre après ce que tu as fait. C'est dégueulasse !

- Qu'est ce que tu fous dans une classe supérieure, tu devrais être dans un asile !

- Ouai, casse-toi et va dans un centre pour les fous.

- Tu t'y ferais des amis avec ces autres tarés. Tu pourras même t'y trouver un petit ami qui sait… enfin, si eux veulent de toi !

Des rires sarcastiques accompagnèrent cette remarque.

- Taisez-vous ! Hurla une voix tout devant, cachée derrière l'assemblée.

Je dirigeai mon attention vers l'origine de cet ordre et eut un haut-le-cœur. Une fille, bien faite de sa personne d'après des critères hétéro : toute en courbes, silhouette élancée et gracile, poitrine proéminente, ventre plat, fessier ferme avec une chevelure à la couleur particulièrement étrange et immonde - c'est-à-dire rose (trop laid !) - venait de se lever. Je secouai la tête pour faire passer le choc provoqué par sa coloration. Décidement, je ne supportais pas cette teinte. J'essayai donc de reporter mon regard sur un autre aspect de sa personne, attendant de savoir ce qu'elle avait à me dire. Ses yeux verts ? Bon Dieu, non ! Cela me rappelait trop ceux de ma sœur, et par conséquent mon irrépressible envie de meurtre. Peut être que je pouvais me concentrer sur ses joues, qui présentaient de légères tâches de rousseur ? Ah, ben non ! Ses amas de chairs virèrent au rose lorsqu'un certain lycéen passa derrière elle.

Sasuke Uchiwa.

Le genre beau gosse, séduisant, extrêmement excitant, mystérieux et riche de surcroît. Ses cheveux ébènes voletant selon les mouvements de son corps façon l'Oréal, ses yeux noirs bordés de cils de la même couleur, rivés sur ce que lui seul semblait capable de voir, sa peau diaphane faisant ressortir l'abysse de son regard; tout cela lui donnait l'allure d'un mannequin. Sans omettre ses muscles qui saillaient discrètement sous sa veste, néanmoins sans lui donner une corpulence massive, c'en était d'ailleurs le contraire tellement il avait l'air frêle au prime abord. Qui plus est, son apparence reflétait son caractère : intelligent et distant. Bref, le genre qui, malheureusement pour lui, plaît beaucoup aux nanas.

Il était gay lui aussi.

Dommage pour les filles, je compatissais…ou pas.

Il s'assit au fond de la classe pour ne se concentrer que sur un carnet sombre et plutôt usé.

Enfin, revenons à Bardie-qui-voit-la-vie-en-rose. Elle était en train de débiter un flux de paroles continu que je n'entendis qu'en cours, qui contrairement à ce que j'avais pu croire auparavant ne m'aidait en aucun cas mais avait juste pour but de ramener le silence dans la classe. Et de m'enfoncer au passage. Je n'y comprenais strictement rien.

- …honte. Oui, tu devrais te repentir d'un tel comport…

Finalement, c'était complètement inintéressant. Je me concentrai donc sur le trafic de nuages dans le ciel. Pourquoi je venais en cours déjà ? J'aurais très bien pu rester chez moi si c'était pour contempler la voûte céleste. Ah non, Onessan m'aurait cassé les oreilles, les pieds, les c…

- Dis donc, aurais-tu l'obligeance de m'écouter, oui ? Beugla la pink lady me sortant de mes pensées.

Je ne pris pas la peine de répondre, pensant qu'elle comprendrait le message, qui était de me laisser en paix, ce qui s'avéra erroné.

- Eh ! Je te parle ! Je te prie par conséquent de prêter attention à mes propos !

- J'ai pas envie, alors retournes à tes Barbies.

- Qu'est-ce que tu oses dire ? s'offusqua-t-elle. Tu... tu...

- Ta gueule.

- Comment oses-tu utiliser un langage aussi ostentatoire envers ma personne ? Moi, une jeune fille dans la fleur de l'âge, d'excellente éducation, contrairement à certains; qui plus est l'héritière de la famille Haruno qui...

Mais de quelle époque débarquait-elle pour parler de cette manière? Quoique finalement c'était pas si étonnant que ça quand on connaissait la famille Haruno... On parlait beaucoup de leur excentricité, originalité, bizarrerie, bref, appelez ça comme vous voudrez. En tout cas, on ne s'y habituait jamais.

Mais ce qui semblait le plus connu chez eux restait toutefois leur fortune pour le moins conséquente. Effectivement la marque et la ligne de vêtement Haruno était très prisée dans l'univers de la mode depuis plusieurs années déjà, leur apportant donc gloire et fortune.

Mais une fortune tout de même négligeable par rapport à la notre. Les entreprises Sabbaku, spécialisée dans la haute technologie, rapportaient bien plus qu'une simple marque sur des bouts de tissus. Notre rayonnement était international, nos produits premiers sur le marché et exportés dans le monde entier, surtout aux Etats-Unis, depuis que Temari avait reprit les affaires.

De quoi nous assurer un avenir prospère, même s'il l'avait déjà été grâce aux "magouilles" de notre paternel. Comme il disait souvent à ma mère "l'argent ne fait pas le bonheur mais il y contribue largement".

Cependant, notre richesse était moins à l'affiche que celle du bonbon rose car nous ne participions jamais aux réceptions, bals et autres festivités ennuyantes à mourir.

Toujours est-il que cette fi... ce machin rose, me gonflait sérieusement.

Je lui appris donc le fond de ma pensée ainsi que mon avis concernant sa façon de parler. Chose qu'elle sembla prendre très mal. Ses habitudes linguistiques devaient être un sujet sensible. Remarque, moi non plus je n'aurais sûrement pas apprécié que l'on me dise « Eh, la cruche rose ! Arrête de parler comme une vieille, on a changé de siècle depuis un bon moment déjà, et puis tant que t'y es, sois moins conne. »

Cette simple phrase me vallut une série d'injures d'une autre époque du genre « goujat », « mécréant », et j'en passe, aussi ridicules les unes que les autres.

Suivies d'une remarque qui m'avait fait voir rouge:

- Moi, au moins, je n'ai pas tué ma mère...

J'ai eu l'impression de recevoir une douche froide sur le corps, si bien que j'en frissonnai; des poignards dans le ventre, plongeant jusqu'à mes entrailles; des milliers d'aiguilles dans le coeur, le saignant à vif. Un marteau m'explosait le crâne en plusieurs tessons d'os et de cervelles. Et quelque chose m'enserrait la cage thoracique, m'empêchant de respirer.

Ces effets ne durèrent qu'un laps de temps très court et je me repris rapidement.

Je me levai d'un coup, attrapai cette salope par le col et la plaquai contre les fenêtres.

Son sourire jusqu'alors mauvais et sournois ce changea en un rictus de peur. Ses yeux imploraient l'aide des autres sans succès. Son corps chétif fut parcouru de tremblements qu'elle ne pouvait réfréner. Des gémissements franchissaient le barrage de ses lèvres. De la sueur coulait le long de sa tempe. Ses mains agrippées à mes poignets se faisaient moites. D'un coup, elle faisait moins la maligne.

Je levai mon poing et frappai...

... la vitre, juste à côté d'elle, qui se brisa sous le coup en milliers de débris cristallins et tranchants. Cette fille avait eu beaucoup de chance, aucune de ces lames transparentes ne l'avait touchée. Pas même une minuscule éraflure ne saillait sur son visage.

Pour ma part, je ne pouvais pas en dire autant.

Des sillons rouges traçaient leur chemin sur ma peau laiteuse au niveau de mes phalanges, du dos de ma main et de mon avant bras. Quelques cristaux de verres s'étaient figés dans mes plaies, petits éclats de clarté parmi le rouge de mon sang.

Je la relâchai et elle glissa le long de la vitre, abassourdie.

Pour ma part, je sorti de la salle avec l'idée de rentrer chez moi. Tant pis si Temari devait me faire chier, je n'avais tout simplement pas envie de rester dans ce bâtiment avec ces enc ...

En passant devant le tableau je pu distinguer une feuille collée sur cet espace blanc, dessus y été imprimé un court article, que je ne connaisssais que trop bien:

Du sang maternel sur les mains d'un enfant.

La jeune épouse du patron de Sabbaku Corporation retrouvée morte. A ses cotés, son fils, une arme à la main.

Ce vendredi 13 mai, un drame s'est produit dans la famille Sabbaku. Le PDG, déjà troublé par de nombreuses rumeurs sur son compte à propos de détournements de fonds, a du faire face à la mort prématurée de son épouse.

L'horreur s'est produite dans la soirée, d'après les indications du coroner, vers 22 heures. La jeune femme est décédée d'une balle dans la tête, le projectile aurait traversé la boîte crânienne au niveau de la tempe gauche et se serait logée dans le cerveau à hauteur du lobe temporal. Une marque de brûlure prouve que le coup a été tiré à bout portant et la trajectoire oblique indique qu'une tierce personne aurait pu provoquer ce trépas. Mais l'hypothèse du suicide n'est néanmoins pas à exclure.

L'arme du crime serait une simple arme de poing, plus exactement un revolver de calibre 38. Jusqu'ici rien de bien horrifiant, il faut tout de même savoir que les meurtres et les suicides sont malheureusement choses courantes de nos jours.

Non, l'enfer se situe ailleurs. Sur cette scène sanglante, près du corps, le jeune cadet de la famille est allongé, près de sa mère dans le liquide poisseux. L'arme de poing serrée contre lui, déchargée, du sang et des restes de poudre sur les mains. Le gamin serait resté ainsi, en pleurs, jusqu'à minuit, heure où son père est rentré et a découvert le cadavre...

Je n'avais pas besoin de lire la suite, je la connaissais par coeur : l'enfant fut interrogé plusieurs fois mais il ne dit jamais rien. À cause de ça, beaucoup pensèrent qu'il avait tué sa mère pour de mystérieuses raisons. Quelques indices partaient d'ailleurs dans cette direction, comme le tabouret renversé sur le sol près de la dépouille: le gamin aurait pu y monter et tirer, donnant cette trajectoire en diagonale; ainsi que les empreintes de Mme Sabbaku sur l'embout du canon...

J'arrachai cette page de son emplacement et la jetai à la poubelle.

Je fis de même dans toutes les autres salles de classe puis reparti, plus énervé et aussi troublé qu'à mon arrivée. Finalement, je ne retournai pas chez moi et préférai appeler mon «amant» du moment, qui m'invita chez lui et oubliai cette histoire sous ses caresses.

Enfin, pour un certains temps.

Mon sommeil se fit agité.

Je ne cessais de repenser à la mort de ma mère...

Ce jour-là, je n'arrivais pas à dormir, une angoisse d'enfant me taraudant l'esprit, la peur du noir et des monstres tapis dans la nuit, prêts à bondir à la moindre inattention.

Je veillais, immobile dans mon lit, guettant le bruit le plus infime.

Mon frère et ma soeur n'étaient pas là, en voyage pour quelques jours avec leur écoles respectives et mon père travaillait encore, sûrement dans des affaires pas nettes. Seule ma mère se trouvait dans la maison. Je pouvais entendre son va-et-vient dans les différentes pièces de la maison. Comme tous les soirs, elle ne pouvait attendre son époux tranquillement.

Cela me rassura et je plongeais dans les brumes de mes rêves pour rejoindre Morphée de sa douce étreinte.

Je dormais du sommeil du juste, quand soudain un cri déchira la nuit.

Suivi d'un coup de feu.

Puis un bruit sourd.

Oubliant ma terreur première, je me précipitai dans les escaliers et couru vers l'origine du son. Je descendis les marches quatre à quatre, bifurquai dans la pièce de gauche, le salon, la traversai de tout son long pour rejoindre le bureau de mon père et...

Je me réveillai brusquement en sueur, la respiration haletante et tremblant de tout mon corps.

- Qu'est ce qu'il y a ? murmura mon conjoint encore endormi.

- Rien ! Rendors-toi. Moi je vais prendre une douche.

- Hum... tu veux que je te rejoigne ?

- Non.

Vexé, il se retourna dans le lit et ne m'adressa plus aucun mot. Je n'en pris pas compte et me dirigeai vers la salle de bain. Je m'installai sous l'eau chaude. Ce contact m'apaisa. Je restai donc ainsi immobile pendant de longues minutes sous le jet calmant, me concentrant seulement sur l'effet de l'eau chaude sur ma peau.

J'attrapai ensuite les produits de bains et commençai à me laver tout en me massant la peau.

Cependant, tout au long de ces gestes, je ne pu empêcher une voix sournoise de me souffler les derniers mots de ma mère : Gaara... ta faute... ta faute... ta faute... Accompagné d'un regard dont je ne pu définir la consistance. De la haine ? De la tristesse ? De l'amour ? De la peur ? ...

Je secouai la tête afin de faire partir cette étrange sensation et me rinçai.

Je sortis de la salle de bain, allai dans la chambre pour récupérer mes habits et, une fois habillé, je partis de l'appart. Je ne voulais plus rester avec ce brun qui boudait dans le lit. J'en avais assez de lui.

Ne voulant pas rentrer chez moi malgré l'heure avancée de la nuit, je décidai de sortir. Il devait sûrement y avoir une boîte intéressante dans le coin.

Effectivement, j'en trouvai une ouverte, et sans même avoir vu son nom ou autre, j'entrai.

J'atterris dans une grande salle, composée d'une piste de danse, de trois bars et de multiples banquettes occupées par des couples déjà bien éméchés et qui semblaient prêts à s'envoyer en l'air, là tout de suite. Plusieurs lumières balayaient ce club de toute sa longueur, se mélangeant en une myriades de couleurs, donnant une atmosphère irréaliste tout en restant séduisante. Les basses résonnaient dans tout mon être, soulignant chaque battement de mon coeur. La musique pulsait à mes oreilles, sans être toutefois agressive mais plutôt entraînante. Les gens étaient répartis dans l'ensemble de la pièce, la majeur partie autour des bars et sur la piste.

L'ambiance y était spéciale car tous étaient masqués.

Je portais moi-même un masque qui m'avait été donné à l'entrée. Il était argenté, orné d'arabesques noires et blanches partant de la base de l'oeil pour rejoindre le bas du masque en des motifs compliqués. Je me dirigeai vers un bar pour me commander un verre, puis un autre et encore; pour oublier, pour me changer les idées, pour ne plus penser à rien.

Quand l'ambiance festive me toucha enfin de ses chaudes mains et de sa douce saveur alcoolisée je partis sur la piste de danse. Je me mis à danser sur le rythme de la musique qui se faisait successivement lancinant, saccadé, doux, selon les choix du DJ. Plusieurs filles vinrent se joindre à moi et étant légèrement éméché, je ne les repoussai pas, sauf quand elles voulurent m'embrasser. Je finis par me dégager de leur emprise et me retrouvai au milieu de cette arène dansante.

Je fus alors subjugué par un corps qui se déhanchait sensuellement dans mon champ de vision, retenant toute mon attention.

Il dansait sous les douces caresses de la musique comme s'il était seul sur la piste, les yeux fermés pour mieux sentir les effets de l'ambiance environnante. Un masque bleu nuit parsemé d'éclats dorés et de lignes enroulées sur elles-mêmes du même ton lui cachait le haut du visage, si bien que je ne pu distinguer la couleur de ses yeux quand il les ouvrit. Un halo de lumière entourait sa tête et quelques mèches blondes virevoltaient dans tous les sens en une danse envoutante.

Me repérant, il fixa son regard sur moi, enfin c'est l'impression que j'eus. Un sourire mutin s'esquissa ensuite sur ses lèvres charnues et il continua ses mouvements sans me lâcher du regard. Et moi, je le regardais toujours balancer ses hanches sur le coté de manière horriblement langoureuse et remuer son torse en un rythme hypnotique. Je ne pouvais tout simplement pas détacher mes yeux de cet être si sensuel.

La musique changea pour devenir plus charnelle et le blond s'y adapta aisément devant moi. Je pouvais sentir son regard brulant glisser sur mon propre corps, tandis que ses mains papillonnaient le long de son torse, sur ses hanches, ses cuisses, son bassin et je n'eus plus qu'une seule envie : joindre mes mains aux siennes pour caresser cette personne terriblement attractive. Je le fixai quelques minutes de plus et, à l'instant où un sourire moqueur naissait sur ses lèvres, le rejoignis. S'il voulait me tester, il n'allait pas être déçu.

Dès que je fus à sa portée, il colla son dos contre mon torse et reprit souplement son déhanchement, en prenant soin de juste me frôler. J'en retins même un gémissement de frustration de ne pouvoir le sentir plus franchement. A chaque contact, je sentais des frissons de plaisir me parcourir le corps. J'étais complètement allumé et ne voulais en aucun cas que cela s'arrête. Au contraire, je désirais plus, beaucoup plus.

Je posai mes mains sur son ventre et pu sentir de fins abdominaux se dessiner sous le fin tissu de son haut. Les reins du blondinet se collèrent davantage à mon bassin en une étreinte presque érotique, nos contacts se faisaient plus prononcés. J'en avais de plus en plus chaud. Il entremêla nos doigts et me fis découvrir son buste en d'infime mouvements sur son tee-shirt bleu marine. Ensuite, le blond lâcha mes doigts pour se retourner vers moi et de nouveau se coller à mon torse. Nos jambes de croisèrent, nos bassins entrèrent en contact et chaloupèrent ensembles au même rythme. Je glissai ma main sous son haut pour toucher son épiderme doucement et je le sentis frissonner et gémir contre la chaleur de mes paumes. Si déjà il réagissait comme ça, la suite promettait d'être très excitante. Ses lèvres plongèrent dans mon cou pour le parsemer de baisers, mais surtout de suçons, et remontèrent dans une agréable torture vers le bas de ma mâchoire. J'essayai de plonger mon regard dans le sien mais ne pu apercevoir qu'un éclat de désir briller dans le sien. Ses mains parcouraient mon corps et nos souffles commencaient à se mêler quand une main pâle se posa sur l'épaule du blond.

Un brun portant un masque noir garni d'ornements argentés et dorés se pencha vers mon vis-à-vis et lui glissa quelques mots à l'oreille. Le blondinet hocha la tête à ses paroles, se retourna vers moi et, avec un sourire contrit, se détacha de moi. Puis suivi le brun pour qui je ressentai une aversion évidente.

Après quelques pas, il fit demi-tour, revint vers moi et me chuchota deux mots à l'oreille. Deux mots que je n'entendis pas à cause de la musique tonitruante, ou que je ne compris pas à cause de l'alcool assimilé plus tôt.

Le blond repartit en direction du brun qui l'attendait et tout deux disparurent de mon champ de vision.