Chapitre 5 :

Naruto. Je venais de te rencontrer, sans savoir que tu prendrais une place trop importante dans mon cœur. Je l'avoue, actuellement quand je te vois dans ce sale état, je t'en veux. Je t'en veux de t'être ainsi insinué dans mon cœur, d'accaparer mes pensées pour au final me faire souffrir autant. Si tu n'étais pas entré de force dans ce palais interdit, jamais tu n'aurais été blessé de la sorte. Et puis, jamais je ne serais tombé amoureux de toi.

Naruto. Je t'en veux, mais sache que malgré tout, je t'aime toujours.

Le sang sur mes mains coagulait au fur et à mesure que nous nous regardions dans le blanc des yeux. Je ne pouvais m'empêcher d'admirer sa beauté. En voyant néanmoins l'effroi dans ses yeux. Face à un visage si pur, j'avais envie de me justifier, de lui dire que ce n'était pas ma faute, que je n'avais jamais voulu une telle chose, que tout s'était passé dans le feu de l'action, que... Mais à quoi cela aurait-il servi ? Il ne m'aurait certainement pas cru. Comment penser que ce n'était pas de ma faute alors que le sang amer imbibait mes mains de sa couleur rubis ?

Le silence qui imprégnait l'air ambiant fut alors brisé par les sirènes d'une voiture de police et d'une ambulance. J'étais foutu, eux non plus ne me croiraient pas, malgré les bleus évidents qui tachetaient mon visage. Surtout quand ils sauraient qui je suis. Après la mort de ma mère, les gens avaient pensé qu'il valait mieux m'écarter d'eux. J'étais le seul témoin du meurtre, j'étais imprégné du sang de ma mère, ils avaient peur de moi. Avoir peur d'un enfant de huit ans, quelle ironie. On m'avait amené voir un psy mais celui-ci n'avait rien appris de moi, je restais hostilement renfermé dans une cage de silence. Ne voulant passer pour un incapable, il décida que je pourrais représenter un danger pour la population plus tard. Cette idée fut renforcée lorsque la société apprit les méfaits de mon père peu de temps après sa mort. C'est pourquoi, depuis, la police gardait un œil sur moi. Même si je leur racontais la vérité, aucun d'entre eux ne me croirait, ils seraient concentrés sur le passé et sur les péchés de mon paternel. Alors à quoi bon ?

Je restais figé sur place, la tête baissée, tentant de faire le vide dans ma tête.

J'attendais que les forces de police arrivent, armes aux poings, pour m'amener dans un lieu qui depuis mon enfance semblait m'être destiné. J'attendais, quand une main me prit le poignet et me força à me relever puis me tira à sa suite. Le blond m'entraîna vers un appartement situé dans une des ruelles adjacentes. Il ouvrit grand la porte, me poussa pour me faire rentrer dans le studio et referma la porte sur nous.

Je le vis ensuite se précipiter à la fenêtre pour suivre les évènements du dehors. J'observai cet étrange personnage. Pourquoi m'avait-il aidé ? Dans quel but ? Qu'attendait-il de moi ? Ne pouvant qu'attendre pour avoir des réponses à ces questions, je décidai de regarder moi aussi ce qu'il se passait à l'extérieur. Mais de loin, sans m'approcher du bel adonis.

Les ambulances étaient arrivées, les urgentistes se dépêchèrent de sortir du véhicule pour rejoindre le blessé. Je les vis se pencher vers lui, lui prendre le pouls puis secouer la tête. Enfin, ils installèrent le jeune homme sur un brancard et relevèrent la couverture chauffante sur sa tête.

Il était bel et bien mort.

Je m'affalai une nouvelle fois au sol, mollement, mes jambes, ces traitresses, refusant de supporter plus longtemps mon poids. Qu'avais-je fait ? Toute mon enfance, mon père m'avait préparé à de tels actes mais jusqu'à présent je n'avais jamais fait l'expérience d'enlever une vie. C'était complètement différent de ce que j'avais imaginé. C'était... choquant. Même pour moi. Me battre, blesser, torturer, tout ça je l'avais déjà fait durant les cours de mon défunt père. Mais arracher à quelqu'un sa vie... Il me faudrait du temps pour m'en remettre, j'avais beau avoir un cœur de glace, je n'étais pas non plus un sociopathe, une chose aussi affreuse ne me laissait pas indifférent. Je m'assis contre le mur et restai prostré, attendant de reprendre un semblant de contenance.

J'en avais carrément oublié la présence du blondinet. C'est seulement quand il me toucha l'épaule que je me rappelai qu'il était là. Je me dégageais brusquement de ce contact. S'il en avait été surpris, il n'en laissa rien paraître. Je relevai mes yeux pour les ancrer dans les siens. Il ne détourna pas la tête, gardant le contact visuel, comme pour me prouver qu'il n'avait pas peur. Au bout d'un laps de temps, il prit la parole :

- Tu ferais mieux d'aller te laver les mains et le visage… Plus simple : prend carrément une douche. La police risque de chercher à savoir si des témoins ont vu la scène. Vu que mon studio est juste en face, ils vont sans doute venir ici dans les premiers temps. La salle de bain est au fond, la dernière porte à gauche. Les serviettes sont dans le meuble sous le lavabo. Je t'apporterai des habits propres quand tu auras fini de te doucher… Regardant mon état, et de quoi te soigner aussi.

Sans même me laisser le temps de répondre quoi que ce soit, il me poussa vers ladite pièce. Abasourdi, je m'exécutai. Je rentrai dans la petite salle de bain immaculée puis dans la petite cabine de douche. L'endroit était très étroit mais je pus facilement y rentrer. Je laissai l'eau chaude couler sur mon corps, me lavant du sang de l'autre. "L'autre" je ne pouvais même pas dire qui c'était, j'étais incapable de dire son nom. D'une certaine façon, c'était sûrement mieux, si je l'avais connu, juste de nom, cela aurait été plus dur à oublier. Car oui, je n'avais envie que d'une chose : oublier. Pour faire partir mon angoisse je me massai lentement le corps avec le gel douche du blond, insistant particulièrement sur mon visage et mes mains. Je lavai aussi très soigneusement mes cheveux à l'aide d'un de ses shampoings. Je ne voulais avoir cette odeur de sang, ou l'impression qu'il se trouvait encore sur moi.

Je me frottais énergiquement quand j'entendis la sonnette tinter ainsi que quelqu'un hurler "police ! Nous aimerions vous parler" en tambourinant à la porte. J'entendis ensuite la porte s'ouvrir. Une angoisse sourde m'enserra la poitrine. Et si le blond me dénonçait à la police ? Je regardai autour de moi, à part la porte, il n'y avait aucune sortie dans cette pièce. S'il avait voulu me piéger, il avait parfaitement réussi. D'ici je ne pourrais pas m'enfuir. Si ça se trouvait, il ne m'avait amené ici que dans le but d'être sûr que les forces de l'ordre puissent me mettre la main dessus. J'attrapai une serviette et me la nouai vivement autour des hanches pour ensuite me rapprocher de la porte et apprendre quel sort m'attendait. Je collai mon oreille à la surface en bois et pus entendre la conversation qui avait lieu dans la pièce principale.

- Oui, vous désirez ? Demanda la voix assurée du blond.

- Eh bien, nous avons reçu un appel pour nous dire que pas loin de chez vous, précisément dans la rue d'en face, il y a eu un meurtre. Hélas, avant de nous en dire plus, le téléphone a coupé, ne nous donnant que cette unique information. Et effectivement, quand nous sommes arrivés nous avons trouvé le cadavre d'un jeune lycéen de votre âge environ, lui répondit une voix inconnue.

- Un meurtre ? Quelle horreur ! Vous en êtes sûrs ? Questionna-t-il d'un ton haut perché.

- Oui, nous venons d'emmener le corps. C'est celui d'un jeune homme qui a été poignardé dans l'abdomen. L'arme est un canif qui devait certainement appartenir à l'agresseur. Nous pensons qu'il s'agit d'un règlement de compte qui a mal tourné. Ne vous inquiétez pas, vous êtes donc hors de danger. Si nous sommes ici, ce n'est pas pour vous faire peur mais pour savoir si, depuis votre fenêtre, vous avez pu voir quelque chose. Attention, face à la justice, cacher des faits est jugé comme complicité pour homicide, volontaire ou involontaire, cela reste à savoir.

- Je vois.

- Alors...avez-vous vu quoique ce soit concernant ce déplorable évènement ?

Mon cœur se mit à battre la chamade en entendant cette question. Qu'allait bien pouvoir répondre mon hôte ? Allait-il avouer que le coupable se trouvait actuellement sous sa propre douche dans sa propre maison ? Un silence pesant planait dans l'appartement.

- Eh bien non. Je n'ai malheureusement rien vu. Je suis vraiment désolé de ne pouvoir vous venir en aide.

Un soupir de soulagement passa la barrière de mes lèvres.

- Etes-vous sûr ? Vous n'avez vraiment rien vu ?

- Non rien du tout.

-... Bien. Y a-t-il quelqu'un d'autre dans cette maison ?

- Non. Je vis seul ici.

- Très bien, nous allons donc vous laisser. Si quelque chose vous vient à l'esprit, vous pourrez nous joindre au commissariat. Même pour un détail qui vous paraîtrait stupide, parfois ce sont les détails les plus insignifiants qui permettent à une enquête d'avancer. Sur ce, je vous souhaite une bonne soirée. Au revoir monsieur.

- Oui, au revoir, dit poliment le blond en fermant la porte derrière eux.

De la salle de bain, je pris enfin le temps de respirer. Je sursautai néanmoins quand le blond vint frapper à la porte. Reprenant mon calme, je lui ouvris.

- Je vois que tu as fini de te doucher, tiens voilà des habits. Donne-moi les tiens, je vais les laver de suite, c'est le mieux, me dit-il avec un grand sourire. Et puis quand tu auras fini, tu n'auras cas me rejoindre dans le salon. Mais d'abord je vais soigner tes blessures. Attends-moi, je vais chercher la trousse de soin.

Décidément ce blond n'avait de cesse de m'étonner, il m'éloignait de mon lieu de crime et désirait me soigner plutôt que de me dénoncer à la police. Quelle étrange personne. Il revint avec une petite mallette de laquelle il sortit du désinfectant, un gel spécial pour les hématomes, des bandes et des pansements.

- Attention, ça va piquer un peu, me dit-t-il en m'appliquant le désinfectant sur les plaies. Hum, je suis désolé si je te fais mal, mais je n'ai pas trop le choix pour t'appliquer le gel sur les côtes. Je pense d'ailleurs que tu en as quelques-unes de cassées. Tu devrais te rendre dans un hôpital, mais je suppose que tu n'en as pas envie. Si tu veux, je connais une personne non loin de là qui est médecin, ce soir elle ne pourra pas venir car cette vieille femme est au casino et que dans ces moments-là il ne faut SURTOUT pas la déranger, mais je peux la faire venir demain. En attendant, j'ai quelques médicaments pour calmer la douleur si tu as besoin.

Remarquant que je ne parlais pas, il finit par se taire. Je pouvais sentir qu'il avait des mains très douces, comme celles des filles, quand il me touchait pour me bander les blessures ou me poser des pansements. Je profitai de cet instant pour observer le jeune homme. Ses traits fins montraient qu'il n'avait pas encore terminé son adolescente mais il n'en paraissait pas pour autant efféminé. Il devait sûrement avoir mon âge. Des mèches aussi blondes que les rayons du soleil encadraient son visage d'une lumière presque céleste. Je restai longtemps subjugué par la couleur de ses yeux, un mélange d'eau et de ciel les emplissaient. Un détail curieux m'intrigua, ses joues étaient rayées de trois fines cicatrises, je me demandai fugacement ce qui avait bien pu lui arriver pour avoir de telles marques. Il possédait une bouche faite pour embrasser, charnue et tentante à souhait. Pour moi, il avait tout de l'apparence d'un enfant de Dieu. Un de ces êtres si beaux et purs, qu'on a l'impression que notre seule présence suffit à les souiller. Il était si occupé à panser mes blessures qu'il ne sentait pas mon regard sur lui. Croyant bêtement que je rêvais, qu'il n'existait pas réellement, je tendis le bras pour le toucher du bout des doigts.

Ne s'attendant pas à ça, il sursauta légèrement si bien que je retirai rapidement mon bras. Je levai mes yeux verts d'eau vers lui dans le but de lui poser toutes les questions qui m'assaillaient l'esprit mais seul "pourquoi" parvint à franchir mes lèvres. Le blond ne prit pas la peine de me répondre, se leva et me fit signe de le suivre. Je m'habillai rapidement et rejoignis la pièce centrale, de là je vis le blond installé dans une petite kitchenette modeste reliée au salon. Il m'indiqua de m'asseoir sur le canapé qui trônait dans la pièce et me mit entre les mains un bol de ramens. Il posa d'autres choses à manger sur la table basse située face à moi. Je le regardais les yeux écarquillés, ne sachant que faire.

- Mange ça et va dormir un peu. La chambre, c'est la porte avant la salle de bain, j'ai mis des draps propres, tu pourras dormir tranquillement. On reparlera de tout ça demain. Moi, je dois aller bosser là.

- Maintenant ?

- Oui, c'est un boulot de nuit. Bon on discutera plus tard, sinon je vais être en retard et le patron va pas apprécier du tout.

Et sans m'avoir laissé le temps de répondre, il avait déjà franchi le pas de la porte. Je restais seul dans la pièce, mon bol à la main. Il n'avait vraiment pas peur de laisser ainsi un inconnu seul dans son studio. Il semblait bien naïf.

- Alors, comment s'en est-il sorti mon cher Kabuto ?

- Eh bien il a reçu une aide extérieure. Nous ne pourrons pas le récupérer de suite, malheureusement, chef.

- Ce n'est pas grave. Nous l'aurons bien assez tôt. C'est sa destinée, son père l'a voulu ainsi. Jamais il ne pourra nous échapper. Le sang l'appelle, et c'est tout seul qu'il se présentera à nous.

J'avais bien essayé d'attendre le retour du blond, tranquillement assis sur le lit, devant la télévision, mais la fatigue avait eu raison de moi. Tout la nuit, je n'avais rêvé que de sang. Je revoyais la lame plonger vers le malheureux, je revoyais aussi ma mère étendue au sol, couverte de son propre sang, la couleur vermeil répandue en une mare autour d'elle, ses paroles funestes. Je me réveillais plusieurs fois la nuit, en sueur, pour me rendormir ensuite et replonger dans ce cauchemar. J'avais parfois l'impression de hurler dans mon sommeil, et d'une présence rassurante près de moi, mais je ne pouvais le confirmer.

Le lendemain matin, suite à un énième cauchemar, je m'éveillai brusquement, me relevant dans le lit. La douleur de la soirée me revint aussitôt, et je me pliai en deux pour atténuer les élancements de mon corps. Je soulevai mon tee-shirt pour voir qu'un hématome d'une taille incroyable me tachait les côtes, je devais en avoir de cassées. D'autres bleus, moins importants, me parsemaient le corps. Les évènements de la veille me revinrent aussitôt en tête. Ce n'était donc pas qu'un simple cauchemar. Je regardai autour de moi, ne reconnaissant pas la pièce où j'étais puis je me souvins que je n'étais pas chez moi mais chez ce drôle de blond. J'observai la pièce, elle était plutôt vide mais néanmoins chaleureuse. Le lit, composé d'un simple futon, était installé au centre de la pièce, face à une petite télé qui devait certainement dater, un petit bureau encombré de feuilles était situé à la droite du lit tandis qu'à la gauche se trouvait juste une peluche de taille considérable représentant un renard à neuf queues. Une tapisserie de couleur orange et des posters décoraient les murs de la chambre. Par la porte entrouverte, je sentis une douce odeur de café. Péniblement, je me levai pour rejoindre la source de cette fragrance.

Je tombai sur le blond qui était en train de préparer le petit déjeuner, la télévision du salon, toute aussi modeste que celle de la chambre, allumée sur la chaîne des clips. Au bout de plusieurs minutes, il se rendit compte de ma présence, me gratifia d'un "bonjour" chaleureux et me proposa de m'asseoir sur le canapé en attendant qu'il finisse. Je m'exécutai sans rien dire. Ce blond avait beau paraitre gentil, je ne pouvais lui faire confiance aveuglément. Les gens portent tous des masques devant leur visage pour pouvoir montrer aux autres que ce qu'ils veulent. Et puis, contrairement à lui, je ne faisais pas confiance aux inconnus.

- Le petit déjeuner est prêt, m'annonça-t-il d'une voix chantante, m'éloignant de mes pensées. Tu préfères quoi, café ou chocolat ? Brioche au nutella, confiture, céréales ?

- Un café suffira.

- Rien d'autres avec ?

- Non.

- Bon.

Il vira les affaires qui encombraient la table du salon et me servit une tasse de café. Après quoi, il s'assit face à moi et se prépara un petit déjeuner pour le moins copieux. Il comptait vraiment avaler un bol de ramens et deux tartines de nutella, le tout accompagné de lait, dès le matin ? Ça existait un type qui mangeait des ramens à huit heures du matin ? La preuve se trouvait devant mes yeux... quel homme étrange...

- Comment tu t'appelles ? me demanda-t-il, me sortant ainsi de ma stupéfaction.

- Et toi ?

- Je vois, tu ne te présenteras que si je me présente avant c'est ça ? Ok, moi c'est Naruto Uzumaki, à ton tour maintenant.

- Gaara.

- Gaara comment ?

- Ça ne te regarde pas.

- Tu pourrais me parler autrement, c'est quand même moi qui t'es sorti d'un mauvais pas hier.

- Pourquoi ?

- Pourquoi quoi ?

- Pourquoi tu m'as aidé hier ?

- Parce que... à vrai dire, moi-même je n'ai pas de réponse précise à cette question. J'ai pas réfléchi, j'ai juste estimé qu'il fallait que je t'aide.

- Alors que j'avais du sang plein les mains ? Que je venais de tuer quelqu'un ?

- Oui. Mais j'ai bien vu que tu n'as pas voulu réellement le tuer. Tu as réagi comme si c'était un réflexe, sans avoir le temps de réfléchir. D'un certain côté, c'est assez flippant d'imaginer que tu possèdes de tels réflexes. Mais tu ne faisais que te défendre. J'ai vu toute la scène depuis ma fenêtre. Ceux qui sont le plus coupables, ce sont les amis du mo... du garçon, qui se sont lâchement enfuis.

- Et pourquoi avoir caché ça à la police ? Pourquoi ne pas leur avoir dit la vérité ?

- Je ne sais pas. J'ai senti qu'ils ne m'auraient pas cru... c'est comme ça.

- Tu es très étrange.

- Ah bon. T'es bien le premier à me dire ça. Et tu as quel âge ? Tu viens de quel lycée ? Ah au fait, Tsunade passera tout à l'heure, tu sais c'est le médecin dont je t'avais parlé hier.

Je ne répondis pas à ces questions, je ne voulais pas qu'il me connaisse plus. Et je ne voulais pas connaitre la seule personne qui pourrait constamment me rappeler ma faute, même sans le vouloir. Je ne pris pas la peine de finir mon café. Je remerciai le blond de son aide. Et je partis, sans plus de préambules. Il était bien gentil de m'avoir aidé mais c'était pas une raison pour qu'on devienne amis. Comme si j'avais que ça à faire.

J'appelai mon frère pour qu'il vienne me chercher, après quelques râles car soit disant ça ne se faisait pas de réveiller les gens un samedi matin à huit heure, il finit par se rendre à l'évidence : il n'avait pas le choix.

Je rentrai enfin chez moi et m'enfermai dans ma chambre pour repenser aux évènements de la veille. J'y restais ainsi pendant plusieurs jours, causant par la même occasion une certaine forme d'inquiétude chez ma sœur. De l'inquiétude ? Pour moi, cela relevait plus de l'hypocrisie. Elle devait plutôt se dire qu'il était de son devoir de comprendre pourquoi son jeune frère n'allait plus en cour. Comment aurait-elle pu s'inquiéter pour moi, alors qu'elle aussi avait cru que j'avais tué notre mère, même si elle n'avait jamais osé me l'avouer ?

Au fil des jours, je forgeais mon cœur pour vivre avec ce meurtre et agir comme si cela était normal. Après tout, mon père m'avait formé pour des choses dans le genre. Je réussis si bien que deux semaines après cet évènement, je pus retourner en cours, et ainsi Temari ne ferait plus chier.

Arrivé devant le portail, je me stoppai net. Pouvais-je vraiment entrer et faire comme si de rien n'était ? Et si je croisais un des types de la bande d'Hidan ? Sa mort avait-elle été annoncée dans l'établissement ? Les élèves savaient-ils que c'était de ma faute ?

Je restai planté devant ce portail durant un long moment, indécis, quand une main se posa sur mon épaule et qu'une voix me dis "ben rentre, qu'est-ce que tu attends ?". Cette voix je la reconnu immédiatement mais je fus néanmoins très surpris quand je me retournai pour voir la personne à qui elle appartenait.