Chapitre 3 : un petit garçon triste

A plusieurs kilomètres de là, un adorable petit garçon blond était en train de jouer avec des voitures, allongé à plat ventre sur un tapis circuit automobile. Soudain le téléphone sonna, le faisait se lever et courir jusqu'au salon. Là il trouva sa tante Jessica qui répondait au téléphone.

« Allo… bonjour Agent Rossi... »

« Tonton Dave ! »

« Oui, il va très bien. Est-ce qu'il y a un problème ?... Oh mon Dieu, est-ce que… »

Le petit garçon su immédiatement que quelque chose n'allait pas. Sa tante avait l'air très inquiète.

« Oh très bien… oui je comprends… Vous direz à Aaron qu'il n'y a pas de problème. Au revoir, Agent Rossi. »

La jeune femme reposa le téléphone et se retourna, posant les yeux sur son neveu.

« Tante Jessica, il y a un problème avec Papa. »

« Oh, non, mon chéri. Bien sûr que non. »

Sur ces mots, elle alla s'asseoir dans le canapé, invitant le petit garçon à s'approcher.

« Jack, tu te rappelles d'Emily ? »

« Oui, j'aime beaucoup Mily. » Dit le garçonnet avec enthousiasme.

« Emily a eut un accident et… elle est à l'hôpital. Elle ne va pas bien du tout alors Papa va rester un peu avec elle. Sauf que l'hôpital est loin, à Seattle, donc Papa ne va pas pouvoir rentrer tout de suite et… »

Mais Jack n'écoutait déjà presque plus, la seule chose qu'il avait retenu était que Mily, la gentille Mily était à l'hôpital. Et dans sa tête de petit garçon, c'était très grave d'aller à l'hôpital. De grosses larmes roulèrent sur ses joues et il se mit à renifler.

« Oh, Jack, chéri. Qu'est-ce qu'il y a ?» s'écria Jessica en le prenant dans se bras.

« Je… je veux voir Mily… »

« Ce n'est pas possible, Jack. »

« Je ne veux pas qu'elle s'en aille. Ca va faire comme Maman ! »

Jessica se retint de crier en entendant cette dernière phrase et serra le petit garçon contre elle.

« Oh non Jack. Ca ne va pas faire comme pour ta maman. Tonton Dave a dit qu'Emily allait vite aller mieux. »

« Je veux la voir ! » Cria l'enfant, inconsolable.

Jessica ne savait pas quoi faire pour calmer son neveu : elle savait qui était Emily et Jack lui parlait souvent d'elle. Il l'aimait vraiment beaucoup. Mais jamais elle n'aurait pu penser qu'il rapprocherait la jeune femme d'Hayley. Tenant toujours Jack dans ses bras, elle se leva et prit le téléphone.

« Bonjour, je voudrais le service des soins intensifs, s'il vous plait… Bonsoir, excusez-moi, je voudrais des nouvelles de Melle Emily Prentiss. Je suis sa belle-sœur. »

Jack leva les yeux en entendant sa tante, surpris. C'était un mensonge qu'elle venait de dire.

« Bonsoir Docteur, comment va-t-elle ?... D'accord. J'ai avec moi mon neveu qui est très inquiet, est-ce qu'il nous serait possible de venir la voir ?... Oui bien sûr, je comprends. Quand pensez-vous qu'elle sortira ?... Très bien. Merci Docteur. Bonsoir. »

Jessica reposa le téléphone et regarda Jack.

« Il va falloir être un peu patient, chéri. C'était le docteur d'Emily. Il m'a dit que pour le moment, il n'y avait que ton papa qui pouvait être avec elle. Je rappellerai dans trois jours et si Emily va un peu mieux, nous prendrons l'avion pour aller la voir. D'accord ? »

Jack acquiesça, ses larmes se tarissant peu à peu. Il se sentait rassuré et même un peu excité à la perspective de voir Emily. De son côté, Jessica réfléchissait. Emily était en soins intensifs, dans le coma. Il faudra qu'elle explique à Jack, pour ne pas qu'il ait peur. Et elle ne dirait rien à Aaron. Il refuserait que Jack vienne. Pourtant la jeune femme savait que c'était important pour son neveu.

Heureusement, trois jours plus tard, Emily sortit effectivement des soins intensifs. Son état s'était assez nettement amélioré. Les médecins étaient maintenant très optimistes quand à sa sortie de coma et son rétablissement. D'après eux c'était une question de jours. C'est ainsi que Jessica prit l'avion pour Seattle avec son neveu. Les vacances scolaires tombaient vraiment bien pour le coup.

Ils atterrirent en fin de journée et durent attendre le lendemain matin pour aller à l'hôpital. Jack avait passé la soirée à faire des dessins pour Emily.

« Tu crois que ça lui fera plaisir, tante Jessica ? » avait-il demandé.

« Tu sais, Jack. Emily est très fatiguée et il se peut qu'elle ne se réveille pas quand on ira la voir demain. Tu comprends, elle a besoin de beaucoup dormir. Alors il ne faudra pas être triste. Surtout que Papa a du s'inquiéter aussi et qu'il n'a pas besoin que son petit garçon soit triste. Il faudra que tu sois courageux. »

Jack acquiesça. Il savait qu'il pouvait être courageux. Et il allait aider son Papa. Et Mily à guérir. Le lendemain, ils montèrent dans l'ascenseur pour se rendre à l'étage. Sur les indications d'une infirmière, ils allèrent à la chambre d'Emily. Jack était silencieux, impressionné par cet endroit tout blanc et calme. Il suivit sa tante sans broncher. Elle toqua à une porte entrouverte et il entendit la voix de son papa.

« Aaron ? »

« Jessica ? Mais, qu'est-ce que … Jack ! »

Son père semblait très surpris de les voir et Jack s'approcha de lui. Il tendit les bras et Aaron le prit dans ses bras. Le petit garçon lui fit un bisou.

« Je voulais voir Mily, Papa. T'es pas fâché ? »

« Non, mon grand. Je ne suis pas fâché. Mais tante Jessica aurait du me le dire. »

« Elle a dit que s'était pour pas que tu t'inquiètes. »

Jessica quitta discrètement la chambre, laissant le père et le fils. Ils n'avaient pas besoin d'elle. Aaron s'assit dans le fauteuil avec son fils sur ses genoux. Jack posa pour la première fois les yeux sur Emily. Elle était très pâle, avec un tube dans la bouche. Ses yeux étaient fermés. Il se blottit contre son père un peu plus.

« Papa ? »

« Oui, Jack. »

« Elle va pas mourir, Mily ? »

Aaron se tendit légèrement en entendant la question de son fils. Ce n'était qu'un murmure mais il savait que c'était important pour lui.

« Non, Jack. Emily ne va pas mourir. Le docteur a même dit qu'elle allait vite aller mieux. »

« Elle ne va pas nous laisser comme Maman, alors ? »

« Non, Jack. »

« Tu sais, Papa. Je l'aime bien Mily. Je me sens moins triste quand elle est là. »

Aaron serra les dents. Comme il le pensait, son fils s'était aussi beaucoup attaché à la jeune femme.

« Moi aussi, mon grand… moi aussi. »