Et voilà encore un chapitre ennuyeux, sans la moindre action ! Les premiers tomes ne sont vraiment là que pour introduire ma chère petite Freya. Je pense d'ailleurs qu'il serait préférable de ne pas s'attarder sur le tome 2 que j'apprécie moins que les autres, ainsi que le 3, que j'apprécie trop fortement pour oser le toucher de mes doigts pervers... un petit avis qui pourrait m'aider à me décider ?
Le cours [de potions] avait lieu dans l'un des cachots. Il faisait plus froid que dans le reste du château et les animaux qui flottaient dans des bocaux de formol alignés le long des murs rendaient l'endroit encore plus effrayant. La froideur des lieux semblait même mettre mal à l'aise une grande partie des élèves de Serpentards. Seuls Malefoy et Anderson avaient l'air heureux dans la fraîcheur glaciale des cachots. Et pour le plus grand malheur de Hermione, la brune était assise à la même table qu'elle, affichant toujours son discret sourire arrogant et provocateur.
-[…] Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon si vous étiez autre chose qu'une de ces bandes de cornichons à qui je dispense habituellement mes cours.
Cette entrée en matière fut suivie d'un long silence, qu'Anderson avait brièvement interrompu en lâchant un petit rire nerveux qui signifiait qu'elle n'était pas d'accord avec la façon dont le professeur la mettait au même niveau que les autres. Rogue ne l'avait pas ignorée et lui avait jeté un regard encore plus glacial que la température des sous-sols. Harry et Ron échangèrent un regard en levant les sourcils. Hermione Granger était assise tout au bord de sa chaise et avait visiblement hâte de prouver qu'elle n'avait rien d'un cornichon.
A chacune des questions du professeur de Potions, ponctuées par le bras levée de Hermione et les réponses peu satisfaisantes de Harry, un murmure s'échappait des lèvres d'Anderson. Hermione tournait à chaque fois son regard vers sa voisine, comme pour lui demander de se taire. Mais elle était surtout surprise par l'exactitude de chacune des réponses que la Serpentard, qu'elle croyait plus stupide et incompétente que n'importe qui d'autre, chuchotait discrètement.
[…] [Rogue] répartit alors les élèves deux par deux et leur fit préparer une potion destinée à soigner les furoncles. Il passait et repassait parmi les élèves, sa longue cape noire flottant derrière lui, en les regardant peser les orties séchées et écraser des crochets de serpent. Chacun eut droit à de sévères critiques, sauf Malefoy pour qui il semblait éprouver de la sympathie. Au contraire, il surprit beaucoup d'élèves en n'épargnant pas Anderson, dont il avait critiquer chacun des faits et gestes, sous les discrets rires de Hermione, qu'il ne manqua pas de réprimer par la suite.
-[…] [Dumbledore] travailla en étroite collaboration avec l'alchimiste Nicolas Flamel et on lui doit la découverte des propriétés du sang de dragon !
Hermione se leva d'un bond, l'air aussi surexcitée que le jour où on leur avait rendu leurs premiers devoirs.
-Attendez-moi ici, dit-elle avant de se précipiter dans le dortoir des filles.
En entendant Harry dire que Flamel était un alchimiste, elle s'était rappelée d'une des journées qu'elle avait passée à la bibliothèque pour leurs recherches sur ce mystérieux sorcier. Elle se souvenait d'une étrange réplique qui lui avait semblée totalement futile et illogique. Mais elle avait eu tord.
Quelques tempes auparavant :
Hermione, sous les regards endormis de Ron et Harry, faisait le tour de la bibliothèque d'un pas ferme. Elle disparaissait derrière des étagères, pour réapparaître quelques minutes plus tard, les bras malheureusement vide, le regard empli de fatigue. Elle partit au fond de la bibliothèque, comme si les livres qui s'y trouvaient, avaient plus de chances de lui apporter les réponses qu'elle cherchait. Elle posa ses yeux sur une élève de Serpentard, toute seule à une table, plongée dans un énorme et ancien livre, qui semblait plus vieux que les autres. Elle se tourna vers la Gryffondor, qui regretta de suite de s'être approchée. Freya Anderson la fixait, droit dans les yeux. Pour la première fois depuis leur rencontre, Hermione prit le temps de vraiment la regarder. Elle possédait de magnifiques et longs cheveux châtains parfaitement bien coiffés, et ses yeux emplis de maturité et d'orgueil étaient d'un charmant brun clair. Les traits de son visage étaient fins, mais ne semblaient pas appartenir à une personne âgée de seulement onze ans.
« Que veux-tu Granger ? Ma supériorité te fascine ?
-Absolument pas ! Et tu n'es supérieure à personne, d'ailleurs !
-Ca tombe bien, tu n'es personne, petite née moldue. »
Elle se détourna d'Anderson, agacée par sa mesquinerie, mais fit rapidement volte face. Cette fille était née dans une grande famille de sorciers, et elle connaissait peut-être Nicolas Flamel, puisqu'elle avait grandi dans ce monde de magie. Et elle avait aussi de nombreuses connaissances.
« Est-ce que tu as déjà entendu parlé de Nicolas Flamel ?
-Quoi ? Ce vieux fou et son caillou ? »
Hermione soupira avec dédain. Elle ne pouvait vraiment pas compter sur cette fille. Même si elle était intelligente, elle était dénuée de tout logique et de gentillesse.
« Freya, tu sembles prendre très à cœur le fait d'humilier chaque jour cette Granger… »
Anderson tourna lentement son visage vers Drago Malefoy, assis juste à à côté d'elle sur la confortable banquette de la salle commune de Serpentard. Elle dévisagea le garçon pendant quelques instants avant de reporter son attention sur le vieux livre poussiéreux posé sur ses genoux.
« Je ne vois absolument pas de quoi tu veux parler, Drago. »
Le blond soupira de mécontentement.
« Tu sais toujours tout, Freya ! s'exclama Drago avec impatiente.
-Je suis effectivement intelligente, mais je n'ai pas assez d'arrogance pour prétendre tout savoir.
-Mais ce n'était pas le sujet. Qu'est-ce que tu penses de cette Sang-de-Bourbe de Granger ?
-Je ne pense rien à son sujet. »
Cette fois, Freya avait levé les yeux, mais ne regardait pas Drago. Son regard parcourait la grandeur de la salle en évitant soigneusement chacun des élèves présents.
« D'habitude, tu as toujours un avis à donner… et il est généralement très négatif ! Ne me dis pas que tu n'as rien à critiquer avec une saleté pareille !
-Drago, il ne sert à rien de s'énerver. Granger n'est qu'une née-moldue. »
Le fils Malefoy laissa échapper un petit cri, exaspéré par les réponses que lui donnait son amie, sa meilleure amie. Elle trouvait, normalement, toujours quelque chose à dénigrer pour l'amuser. Elle savait très bien qu'il prenait plaisir à l'écouter se moquer des autres. Il appréciait entendre ses arrogantes et complexes répliques qu'il avait parfois du mal à comprendre.
« Pourquoi refuses-tu de l'insulter ! hurla Drago, tel un enfant capricieux.
-Parce que je préfère l'humilier directement, répondit Freya d'une voix calme comme celle d'une mère pouvait l'être lorsqu'elle parlait à son précieux enfant.
-Comment ça ? »
Freya eu un étrange petit rire qui ne dura que pendant un bref instant, qui fut tout de même assez long pour glacer le sang des personnes qui se trouvaient autour d'elle.
« La critiquer droit dans les yeux, mon cher Drago. Lui montrer à quel point elle nous est inférieure, pour qu'elle comprenne mieux. »
Un rire gras et collectif s'éleva dans toute la pièce. Un rire peu élégant, et très désagréable aux douces petites oreilles de Freya, qui préféra se retira dans son dortoir.
A la table de Serpentard, tous les élèves hurlaient de joie, applaudissaient leur propre performance, et leur victoire de la Coupe de Quatre Maisons. Certains s'étaient même levés pour se faire encore plus remarquer que les autres. Malefoy, toujours aussi fier, frappait la table de son gobelet. Un murmure désapprobateur attira son attention. Il se tourna vers Anderson, dont le visage semblait aussi strict que celui du professeur McGonagall, malgré un léger et discret sourire, qui prouvait sa joie d'avoir remporté la Coupe.
« Qu'est-ce qu'il y a, Freya ? demanda le blond avec nonchalance.
-Tu devrais avoir honte d'agir comme cela, Drago, rétorqua-t-elle sur le même ton.
-Ne sois pas aussi coincée, montre-toi heureuse, on a gagné !
Anderson ne répondit rien, et préféra reporter son attention vers Dumbledore, qui venait de couper les conversations en annonçant qu'il allait donner des points. Tous les sourires des Serpentards s'étaient effacés, ceux qui s'étaient levés étaient maintenant sagement et silencieusement assis sur leur banc.
Freya, aux côtés de Drago, se mettait sur la pointe des pieds pour essayer de mieux voir autour d'elle. Mais rien y faisait, il y avait bien trop de monde dans la gare. Il était impossible de repérer quelqu'un, et encore moins le corps trapu de sa mère. Drago lui donna une petite tape sur l'épaule, et lui indiqua du regard un grand homme aux cheveux blonds pâles qui marchait d'un pas impérieux. L'homme s'arrêta devant les deux enfants et posa des yeux bleus et froids sur eux.
« Bonjour, Mr. Malefoy, le salua Freya en s'inclinant légèrement.
-Freya, je suis heureux de te revoir, répondit Mr. Malefoy.
-Mes parents ne viendront pas, n'est-ce pas ? questionna timidement la brune. »
Mr. Malefoy acquiesça rapidement d'un simple petit signe de la tête. Il tourna les talons dans un tourbillon de tissus noir et s'éloigna d'un pas assuré, suivi par les deux enfants. Freya lâcha un soupir discret. Une personne qui ne la connaissait pas aurait pu penser que cela était normal venant d'une sang-pur aussi arrogante qu'elle, mais Drago, lui, savait que Freya n'était pas comme à son habitude. Il savait très bien que les parents de son amie n'étaient pas présents pour elle. Sa mère ne faisait que lui apporter une éducation très sévère, mais Freya continuait de l'aimer, tout comme son père, qui n'était presque jamais là, trop occupé à travailler.
