Voilà un chapitre un peu particulier, je dirai même complètement différent des autres ! Il se déroule lors des grandes vacances dans la demeure des Anderson !
Freya lâcha un profond soupir en se laissant tomber sur son lit. Même si elle était heureuse d'être chez elle, les deux semaines qu'elle avait passées en compagnie de ses parents avaient été très ennuyeuses. Ils étaient toujours occupés à quelque chose et ne lui accordaient donc que très peu de temps. Mais elle était habituée à cela. Toutes les vacances qu'elle passait chez elle, se déroulaient de cette manière. A chaque fois. Elle examina sa chambre, tristement vide, froide. De fades murs gris, un sol de marbre noir, un imposant bureau en fer accompagné d'une chaise et un lit, il n'y avait rien de plus dans cette pièce. Un petit craquement fit sursauter Freya, qui se leva d'un bond, pour faire face à un elfe de maison dans un sale état.
« Miss, les maîtres souhaitent vous voir, miss, dit-il de sa voix tremblante er effrayé. »
Il disparut dans un nouveau craquement. Freya sortit de sa chambre d'un pas pressé, traversa le long couloir de l'étage auquel elle se trouvait et descendit les nombreuses marches qui menaient au rez-de-chaussée. Elle prit une profonde inspira avant de pousser la lourde porte de bois du salon. La pièce était grande, bien éclairée et décorée avec un luxe qui ne pouvait passer inaperçu. Ses parents étaient là, assis sur l'un des canapés, un verre de vin à la main. Lorsqu'ils se rendirent compte de sa présence, il se levèrent, et sa mère, une petite femme trapue ayant de ternes cheveux blonds attachés en un stricte chignon, s'approcha lentement. Freya s'inclina légèrement. Elle le faisait à chaque fois qu'elle se trouvait en présence de sa mère, pour lui montrer son respect et son obéissance.
« Ma fille, tu n'es pas sans savoir que ton père et moi sommes très occupés en ce moment.
-Comment pourrai-je l'ignorer ? »
La belle brune regretta ses mots à la secondes même où elle les avait prononcés. Les sourcils de sa mère s'étaient brusquement froncés sous la colère de la femme. Freya soupira intérieurement en voyant que cette personne qui l'effrayait tant, ne relevait pas son comportement rebelle.
« Narcissa s'est, une fois de plus, proposée pour te garder, annonça la femme sur un ton neutre.
-Pourquoi ne pas simplement avouer que vous souhaitez, une fois plus, vous débarrasser de moi ? »
Le revers de la main de sa mère claqua brutalement son visage, entaillant sa lèvre inférieure. Elle frappait toujours au même endroit, là où la cicatrisation de fille se faisait lente, et de plus en plus douloureuse, car elle lui interdisait l'utilisation de la magie pour soigner les blessures qu'elle lui infligeait lorsqu'elle se comportait mal. Alors qu'une nouvelle gifle allait lui meurtrir le visage, le bras de sa mère fut arrêté par la main puissante de son père. Il était grand, et cela se voyait d'autant plus quand il se trouvait aux côtés de sa fiancée. Contrairement à elle, il n'était jamais brutal avec sa fille. Jamais il n'aurait pensé lever la main sur elle. D'après lui, Freya ressemblait bien trop à sa mère. Steve Anderson, à l'opposé d'une majorité d'hommes de famille au sang pur, aimait passionnément sa femme. Freya ne le comprenait pas. Il voyait le bien partout, même à des endroits où il ne se trouvait pas.
« Al, ma belle, je suis sûr que Freya est juste énervée de ne pas pouvoir passer plus de temps en notre compagnie. S'il te plaît, garde ton calme, trésor. »
Sa voix, douce et apaisante, était la seule chose à pouvoir raisonner la femme qu'il aimait.
« Freya, chérie, comme ta mère le disait, tu passeras le reste des vacances chez les Malfoys.
-Tout le reste des vacances ! Mais- ! »
Sa mère la fit taire d'un petit geste de la main. Freya baissa brusquement les yeux, prise d'une frayeur qu'elle n'éprouvait qu'à cause de la colère de cette femme qui se trouvait être celle qui lui avait donné naissance, même si elle avait parfois du mal à le croire.
« J'attends un comportement exemplaire, de ta part, Freya. Si Narcissa me parle du moindre signe de désobéissance de ta part, tu le regretteras, compris ? lança la petite femme, d'une voix glaciale et autoritaire, très menaçante.
-Oui, mère, répondit simplement la fille, ses mains tremblantes serrer sur sa robe. »
Elle s'inclina une nouvelle fois et remonta le plus vite possible dans sa chambre. La seule chose qu'elle souhaitait, était de s'éloigner le plus possible du monstre qu'était sa mère. Un monstre. Non, elle n'en était pas réellement un. Elle ne supportait pas les mauvaises manières, voilà tout. Elle élevait son enfant comme elle avait été élevée, rien de plus. Freya se jeta sur son lit et fondit en larmes, le visage enfoui dans son oreiller. Pourquoi continuait-elle à essayer de trouver des excuses à cette femme ? Elle releva brutalement la tête. La plaie à sa lèvre la faisait atrocement souffrir. Elle l'avait oubliée, tant sa peur était grande. Mais le douloureux contact avec le tissu lui avait brutalement fait se rappeler. Se rappeler du coup. Du sang qui coulait le long de son menton.
« Tout va bien, Miss ? demanda la voix aigue de son elfe de maison. »
Freya s'assit sur son lit et essuya les larmes qui avaient humidifié son visage, tandis que les grands yeux bruns de la petite créature la fixaient.
« Non, tout ne va pas bien, Nyx… lâcha l'adolescente dans un murmure.
-Au moins, Madame votre mère n'a pas utilisé de sortilège Doloris ou d'Impero sur vous, cette fois ! »
Freya serra ses genoux contre sa poitrine, et y cacha son visage avant d'une fois de plus laisser les larmes couler. Elle avait l'impression que la douleur des sorts impardonnables parcourait encore son corps. Sa mère pouvait se montrer bien plus cruelle qu'elle ne l'avait été en ce jour, elle le savait très bien. Le souvenir de la torture que sa mère lui avait infligé lorsqu'elle avait refusé de dégrader les personnes d'ascendances moldus en les traitant de Sang-de-Bourbe, lui donna la nausée. Ce jour-là, la douleur avait été atroce, insupportable, elle avait eu l'impression que chacun des membres de son corps allait exploser. Mais une fois de plus, son père était intervenu, ce jour, il lui avait probablement sauvé la vie. Une frêle main, qui se voulait rassurante, se posa son l'un de ses bras. Nyx était la seule qui la soutenait toujours. Cette petite elfe avait de nombreuses fois désobéi à sa mère pour pouvoir la réconforter et écouter tout ce qu'elle avait à dire.
« Miss devrait se reposer, Nyx est sûre que Miss se sentira mieux après ! Miss a besoin de dormir !
-Tu as surement, Nyx… réussit à chuchoter Freya
-Nyx va aller chercher de quoi vous changer, Miss ! s'exclama l'elfe en disparaissant.
-Merci… dit la brune, alors que Nyx était déjà partie. »
