Dirty Little Secret
Inspiration : Twilight de Stephenie Meyer - Room 106 de Shiina Chika
Création : Lex Lina
xoxo
Je remercie toutes les personnes ayant voté pour ma pomme, vu que j'ai fini 3ème ex aequo au concours des 7 péchés capitaux du Starbuck Twilight…
Et donc, comme promis voici la suite de mon dirty little secret ! Enjoy !
xoxo
Chapitre 2 – 1ère partie
Chanson choisie pour ce chapitre : Katy Perry feat Kanye West – E.T.
xoxo
I got a dirty mind, I got filthy ways,
I'm try'na bath my Ape in your Milky Way
I'm a legend, I'm irreverent, I be reverend,
I be so far up, we don't give a fuck,
Welcome to the danger zone, step into the fantasy,
You're not invited to the other side of sanity
They calling me an alien, a big headed astronaut,
Maybe it's because your boy Yeezy get ass a lot…
Les lumières s'éteignent laissant l'amphi dans une quasi-obscurité. Les étudiants, déjà à l'intérieur se poussent pour laisser entrer les nouveaux venus. Alors que les places se font chères près de l'estrade, Edward trouve aisément à s'installer dans un coin bien plus sombre que les autres, entouré de sa meute de filles énamourées et de son meilleur ami.
Comme à son habitude, il fait semblant de sortir ses affaires, de porter de l'intérêt au cours et d'être souriant et agréable face au bavardage inutile et incessant de ses camarades de faculté.
Pourquoi est-ce que je m'inflige cela ? Je n'ai qu'à descendre ces marches et tout sera dévoilé.
Tout ça pour elle. Car, au bout de deux ans et six mois de recherches infructueuses, elle est là. Sous ses yeux. Dans la même pièce, bien que séparés par une centaine d'élèves, Edward ne voit qu'elle.
Elle. La femme qui lui a fait découvrir un monde qu'il ne soupçonnait pas. La maîtresse qui lui a fait payer ses erreurs adolescentes. La succube qui l'a abandonné, emportant dans sa fuite une partie de lui-même.
Le silence se fait dès l'instant où la prof entre dans l'amphithéâtre. Quelques murmures admiratifs se font entendre mais très vite, tout le monde se concentre sur la leçon du jour. Edward sourit, plus rien ne vient le contrarier dans son observation. Seuls le bruissement du papier, les cliquetis des claviers ou le griffonnage sur les blocs notes, perturbent légèrement ses sens. Le regard concentré sur le dos du professeur, il la foudroie du regard.
Tournes toi... Tournes toi vers moi...
Edward aimerait tant que cette prof, la plus appréciée de tout le campus, daigne se tourner vers lui. Que par quelque miracle télépathique, elle se rende compte de sa présence, qu'elle sache qu'il est tout près.
J'aimerais tant que tu me regardes... J'en ai déjà assez de ne pas croiser ton regard…
Il est surpris quand elle se tourne vers lui, enfin vers l'endroit où il est situé mais elle ne prête attention que quelques rangées en contrebas. Encore un crétin qui pose une question stupide, et tente d'attirer l'attention de la jeune femme. Est ce qu'il avait l'air si con lorsqu'il s'est présenté à elle ? Est ce qu'il bafouillait et ne trouvait pas ses mots comme cet étudiant ? Oui et même plus encore.
Elle finit de noter quelque chose sur le grand tableau à sa disposition puis entreprend de s'assoir sur un coin de son bureau, prête à écouter les commentaires ou les questions de ses élèves. Malgré le fait que cela fait près de trois ans qu'il ne l'avait pas revu, elle respire toujours cette sophistication sexy et dominatrice, galbée dans sa jupe haute et sa cravate négligemment nouée autour de sa chemise cintrée. Edward devine aisément qu'elle porte encore des bas de soie, aussi fins et fragiles qu'une toile d'araignée, et ses éternels escarpins Louboutin vertigineux. Il réprime un petit rire au souvenir de la leçon qu'elle lui avait octroyée quand il s'est permis un commentaire sur la trentaine de paires, de la même marque, qui étaient entreposées quasi religieusement dans une armoire. Puis, vient le soupir quand il se remémore le plaisir qu'il avait à lui retirer, ou non, les dits escarpins et quand téméraire, elle l'attendait uniquement vêtue de cet accessoire, lors de leurs sessions amoureuses.
Allez quoi ! Regardes moi !
Le jeune homme se redresse et une main est, rapidement, posée sur son épaule. Jasper, son meilleur ami, hoche la tête négativement, pensant surement qu'Edward est prêt à se démasquer, à montrer qu'il est présent. Celui-ci bougonne quelque chose d'incompréhensible avant de se réinstaller au fond de son siège.
xoxo
You're so hypnotizing... Could you be the devil
Could you be an angel... Your touch magnetizing
Feels like I am floating... Leaves my body glowing
Les minutes s'égrainent rapidement, principalement à cause de l'atmosphère détendue et studieuse que le professeur de littérature parvient à instaurer. Comme toutes les fois où elle donne son cours, tout le monde est surpris quand la sonnerie, annonçant la fin de leur session, retentit. Ensuite, ils rient quand le prof s'exclame qu'en son temps, les élèves se précipitaient vers la porte avant même que la cloche ai fini de sonner.
Mais ils sont tous comme moi, avides de ton aura et du moindre soupir qui s'échappe d'entre tes lèvres…
Un groupe d'étudiants, plus ou moins bien intentionnés, s'approche du bureau et entame une discussion sur un des sujets explorés lors du cours. Edward enrage tant il remarque bien que certains ne sont là que pour tenter de la séduire alors que... alors qu'elle lui appartient… Enfin, qu'elle va lui appartenir à nouveau.
Encore un coup d'œil par-dessus son épaule et son regard est pris par la courbe gracieuse de sa nuque, quand la femme fait passer ses cheveux sur un côté et qu'elle éclate de rire, portant ses doigts fins vers sa bouche pour tenter de le contenir. Un rire léger et insouciant.
Deux ans, six mois et vingt-sept jours... Rien que de la voir ainsi m'exciterait presque... Je veux la toucher... l'embrasser...
La manche de sa veste en cuir est tirée par Jasper qui tente vainement de l'entrainer hors de l'amphi. Maugréant son mécontentement, il finit par suivre la bande avec lequel il est venu.
Pourtant, Edward sait qu'il ne peut se permettre de râler car Jasper a bien voulu le suivre à l'autre bout du pays et cela sans demander quoi que ce soit. Surtout que passer d'une université à l'autre n'est pas aisé mais, même les Ivy League ont conscience que recevoir le petit génie Cullen et le fils du Sénateur Withlock est un véritable atout lors des demandes de fonds.
Le texan a vite compris la raison de leur transfert quand, lors de la présentation du corps enseignant de l'université de Brown, il a entraperçu le professeur de littérature qu'il avait lors de ses années de lycée.
Bella Swan.
Après une bonne quantité d'alcool et de menaces bien senties, Edward a bien voulu dévoiler le terrible secret qui le minait depuis ce jour où il revenu en cours, après avoir disparu plus d'une semaine, sans aucune explication. Pour résumer l'avis de Jasper, Edward se remémore tout simplement son expression outrée. « Tu as joué et tu as perdu. Tu avais une putain de chance et tu l'as gâchée. Je ne t'avais jamais vu aussi heureux alors qu'on se connait depuis la maternelle. Sans savoir qui elle était, j'étais jaloux de te voir planer autant ! ».
Lorsqu'Edward s'est mis en tête de la retrouver, ce ne fut pas chose facile. Surtout quand il a réalisé qu'il ne la connaissait pas vraiment. Puis, qui aurait pensé que la prof de littérature qui exerçait dans la petite ville de Forks était en fait diplômée d'Harvard avec un cursus à Cambridge, tout cela avant ses 25 ans ? Qu'elle n'était venue à Washington que pour régler des affaires familiales et que par simple flemme, elle n'était jamais repartie. L'oisiveté de Bella avait toujours fait sourire Edward, surtout que lui est tout son contraire, mais là cela battait tous les records.
C'est pourquoi, tout en suivant un parcours plutôt fructueux dans les différentes sessions qu'offrent les Ivy Leagues, Jasper et Edward sont partis à la recherche de l'amour perdu de ce dernier, espérant qu'elle sera d'accord pour lui laisser une seconde chance. Et c'est à l'université de Brown, Providence qu'elle se planquait.
Cela fait maintenant deux mois qu'ils sont là, vivant juste à côté du campus et suivant leurs cursus habituels et les cours supplémentaires donnés par le professeur Swan. Edward a concocté tout un stratagème afin de s'insinuer, petit à petit, dans la vie de Bella et cela sans qu'elle ne s'en rende compte. Il tisse une toile autour d'elle et bientôt, enfin tant qu'il sera capable de se contenir, la jeune femme n'aura d'autre choix que de revenir vers lui.
Lors d'un après-midi ensoleillé, une petite troupe se retrouve sur un des parvis du campus et s'amuse à se lancer un ballon ovale, entre les étudiants allongés qui profitent des derniers rayons de soleil. Après avoir joué quelques minutes, Edward s'allonge dans l'herbe, les bras croisés derrière sa tête, savourant la chaleur lumineuse sur sa peau et se souvenant que ce sont sous les mêmes auspices qu'il a découvert celle qui allait réveiller son âme et déterrer son cœur.
xoxo
They say « be afraid »
You're not like the others... Futuristic lover
Different DNA... They don't understand you
You're from a whole other world... A different dimension
You open my eyes... And I'm ready to go, lead me into the light
Près de deux ans et demi plus tôt …
Pour une fois qu'il fait beau à Forks, ville où il habite depuis tout petit, Edward se retrouve à lancer des balles avec certains de ses amis. Jasper, Emmett, James, Laurent et lui-même font les beaux devant la brochette de jeunes filles énamourées qui se pâment près d'eux.
Les autres mecs ne cessent de se moquer de la virginité du petit génie. Car oui, contre toute attente et malgré le fait qu'il soit magnifique, riche et doté d'un QI à triple chiffres extravagant, Edward Cullen est bien plus vierge qu'une page blanche.
Il faut dire que la gente féminine l'intéresse peu. Tout ce qu'il a besoin de savoir et toute sa satisfaction sont souvent détenus dans un livre ou un quelconque autre support. Peut-être n'est-il jamais vraiment sorti de cette période où les garçons pensent que les filles sont 'beurk' et rien d'autre, ou est-ce dû à la malédiction des Cullen qui fait que les hommes de la famille ne sont amoureux que d'une seule femme au cours de leurs existences dorées et qu'ils ne se remettent jamais de sa perte s'il advient quoi que ce soit.
Donc, par ce joli après-midi, après une passe manquée d'Emmett, la vie d'Edward change du tout au tout. Escaladant une des terrasses de son immeuble pour tenter de récupérer leur balle, le jeune homme ne savait pas que la malédiction allait s'abattre sur lui, telle la foudre sur un arbre isolé. Sa rencontre avec Bella.
Après plusieurs mois d'une relation incroyable et passionnée et bien qu'ayant une vision limitée de ce que peut être l'amour, il sait que les sentiments qu'il ressent pour la jeune femme sont aux frontières du réel. Mais à mesure que le temps passe, le fait qu'elle ne veuille exposer leur couple au reste du monde mine petit à petit leur relation en pâtit. Jusqu'au moment où Edward commet l'irréparable. Sa personnalité encore peu mature, malgré son intelligence, créée une dualité peu commune. L'amoureux et l'infidèle. Le jeune homme porte un amour fou pour son professeur mais en même temps, il vit une seconde vie usant et abusant des filles qui le prennent pour un prince.
Le jour où Bella a tout découvert, il a tenté de jouer l'indifférence, de lui retourner le fait qu'elle n'était rien pour lui et qu'il profitait d'elle, comme le gamin qu'elle voulait qu'il soit.
Mais, il ne s'attendait pas à ce regard. Quand sa trahison... qu'il mettait sur le dos de cette putain de Tanya au départ avant de réaliser sa propre culpabilité... est parue évidente, les yeux dorés de Bella étaient vides de toute émotion avant que son corps ne reprenne cette nonchalance habituelle et fumant son éternelle cigarette, elle lui a bien caché le fait qu'elle était profondément blessée.
Le problème est qu'elle ne lui a jamais montré un réel attachement, disant qu'il partirait un jour avec une fille de son âge.
Comme si ces connes immatures pouvaient un jour atteindre son niveau...
Edward avait beau lui répéter à maintes et maintes reprises qu'il n'y avait qu'elle, enfin dans le sens où il l'interprétait à l'époque, qu'elle répondait toujours avec le même dédain.
Flashback...
Cela fait près d'une heure qu'il fait semblant d'étudier son livre d'histoire. Edward relève la tête doucement, et admire la jeune femme, à moitié nue, sur laquelle il repose sa tête. Prenant son courage à deux mains, il demande sérieusement. « Et si on sortait ce soir ? ». La dissertation, que Bella était en train de lire, tape doucement le bout de son nez.
Relevant les feuillets, elle le regarde, l'air sévère. « Peut-être que tu as assez de temps libre pour rigoler mais moi j'ai du boulot. Alors, ne blagues pas s'il te plait. ».
Edward repousse sa main et se redresse pour insister. « Ce n'est pas une blague. Je suis sérieux Bella. Je veux qu'on sorte tous les deux. ».
Bella pose le devoir sur le tas de feuilles posé sur la table basse et soupire. « Réfléchis. On aura de sacrés problèmes si on fait un truc pareil. ». Elle tente de saisir son paquet de cigarettes mais il l'en empêche.
Le jeune homme sourit et entame une série de baisers, « Dis oui... », plus ou moins appuyés, « Dis oui... », partant de son oreille jusqu'à sa poitrine. « Dis oui... On ne va pas rester toute notre vie dans ton appartement ! ».
Elle sourit tristement et tente de lui échapper. « Toute notre vie ? Edward... Tu te trompes si tu crois que cela va durer. Cette pseudo admiration que tu as pour moi va s'estomper avec le temps. ». Sa main retire une mèche de cheveux qui lui barre la vue. « Ça arrive souvent. Puis tu trouveras cette fille faite pour toi et tu passeras tranquillement à autre chose. ». Sa main vient ensuite gratter le crane d'Edward. « Alors, calmes toi mon cœur. ».
Puis, comme à son habitude, Bella se lève gracieusement et prend le premier vêtement qui passe à portée de main. Une chemise, celle d'Edward. Elle y passe les bras et sans réellement prendre le temps de la boutonner, avance vers la terrasse pour fumer une nouvelle cigarette.
Edward, couché sur le dos, se retourne sur le ventre et la regarde faire. Rien que ces gestes anodins suffisent pour passer sa colère.
Bella qui porte un de ses vêtements et rien d'autre... Bonne habitude à prendre. Bella qui lève sa main nonchalante pour porter sa cigarette à ses lèvres... Mauvaise habitude à perdre. Bella qui pose son regard doré sur lui et sourit avant de se renfrogner... Parvenir à la convaincre qu'ils sont faits pour être ensemble.
La paume de sa main frotte son visage et il se surprend à murmurer. « Et le fait que je t'aime, cela ne te suffit pas ? ».
Alors qu'elle s'évertuait à relancer son briquet, Bella a bien entendu ses propos malgré les cliquetis. La jeune femme passe une main lasse dans ses longs cheveux bruns et répond. « On en reparlera quand tu seras plus grand. ». Malgré le ton enjoué de sa voix, aucune joie ne ressort de son propos.
Fin de flashback...
Peu de temps après, vu qu'à ses yeux, le comportement de Bella n'avait changé en rien, Edward a commencé à suivre les conseils qu'elle lui avait prodigués. Aller voir ailleurs, rencontrer des filles de son âge, avoir d'autres expériences et devenir le monstre sans cœur qui profitait de celles qui osaient avoir des sentiments pour lui alors que Bella, qu'il désire plus que tout, refuse tout avenir avec lui.
Il aimait voir ces filles qui se décomposent en le voyant dans les bras de leurs meilleures amies. Pris dans l'acte, avant ou après ? Peu importe tant qu'il peut tranquillement admirer ces yeux vitreux et larmoyants, signe extérieur visible que leurs cœurs se brisent en un petit tas de cendres. Elles viennent à lui si facilement que jamais il n'aura une once de considération pour ces connes qui se jettent sans pudeur sur lui.
Si ça ne suffisait pas, il pourrissait leurs premières fois. Quoi de mieux que de faire comme s'il ne s'était rien passé quand une fille vous offre sa virginité ? Qu'elle tente de faire face dignement alors qu'elle se sent plus que salie par le fait qu'Edward les ignore.
Sans réellement comprendre que Bella faisait pourtant et déjà des efforts incroyables pour être avec lui. Avec la fougue romantique et bourrée d'hormones d'un gamin de 17 ans, jamais il n'est venu à l'esprit d'Edward que la jeune femme jouait gros à chaque moment où elle se permettait d'être intime avec lui, tant professionnellement pour elle que pour son avenir à lui. Comment n'as t-il jamais songé au fait qu'une relation avec un professeur aurait ternie son image d'élève plein d'avenir. Jamais il n'a réalisé que le fait d'aller 'voir ailleurs' aurait pu la faire souffrir et que le fait qu'elle soit sortie de sa vie si brutalement changerait complètement la donne.
Sa punition a été sans appel, à hauteur des fissures créées dans son cœur. Bella l'a séquestré plusieurs jours, lui prodiguant soins, sexe et nourriture ainsi qu'une attention de chaque instant et cela malgré les menaces qu'elle proférait à l'occasion. Elle a bien tenté de le faire souffrir, de lui faire du mal, mais son cœur détenait encore bien trop d'amour pour lui. Elle paraissait tout aussi choquée qu'Edward.
C'est pourquoi, au bout de quelques jours, La jeune femme l'a drogué afin qu'il s'endorme et, à son réveil, Edward était détaché des liens qui le maintenaient au lit. Comme s'il s'éveillait d'un mauvais rêve ou d'une grippe, il était tout courbaturé et en tendant le bras, il retrouva ses affaires ainsi que son téléphone portable à côté du lit.
Edward se rattrapa, in extremis, à une chaise quand il tenta de se redresser trop brutalement mais dans un ultime effort, il parvient jusqu'à la porte de la chambre, bien décidé à retrouver la jeune femme et à en découdre.
Un mélange d'émotions et de sentiments le parcoure quand il se rend compte que l'appartement est complètement vidé. Les meubles sont toujours là mais tout le reste semble avoir été balayé. Plus de vêtement, de photos, de magazine... Rien n'indique la présence d'une jeune femme en ce lieu.
Bella est partie.
xoxo
You're so supersonic...
Wanna feel your powers... Stun me with your lasers
Your kiss is cosmic... Every move is magic
Edward se redresse brutalement, prenant en compte le fait que le soleil a considérablement diminué. Il jette un œil vers sa montre et se maudit en remarquant l'heure. Saluant ses camarades d'un geste las avant de réajuster sa casquette, il se dirige rapidement vers le starbuck le plus proche.
Bella est déjà là, elle sirote son café d'une main et tient un livre de l'autre. Comme tous les soirs, juste avant son dernier cours, elle a cette routine. Sa main émiette son muffin et avant de porter un morceau à sa bouche, la jeune femme se tourne brusquement. Elle est perspicace mais Edward est bien plus rapide.
Cela fait maintenant deux semaines qu'il prend bien plus de risque qu'auparavant au point que Bella sait que quelqu'un l'observe. Et, il faut reconnaître qu'Edward aime cette légère terreur qu'il lui inflige, comme pour lui faire payer son absence auprès de lui.
Le professeur ressent sa présence et il aime voir le corps de la jeune femme se raidir quand elle se sait épiée.
Le dimanche à la bibliothèque de l'université… Durant certains de ses cours… Quand elle dine avec certains de ses collègues ou le peu d'amis qu'elle s'est fait sur le campus… Alors qu'elle entame une relation avec un autre mec que lui...
A chaque fois, ses longs cheveux virevoltent quand son regard doré recherche l'ombre de celui qui la suit, mais il n'y a jamais personne.
Pourtant, il est là et attend juste le bon moment pour agir.
xoxo
Il ne reste plus qu'une semaine avant les vacances de noël et Edward décide encore de passer à la vitesse supérieure. Il suit Bella jusqu'au starbucks et la bouscule presque quand ils passent la grande porte vitrée au même moment. Le couple se marmonne des excuses et Bella ne se soucie déjà plus de l'étudiant emmitouflé dans une grande écharpe avec sa casquette et son hoodie assortis aux couleurs de Brown U quand elle commande son latte et son muffin. Alors qu'elle pose ses affaires à sa table habituelle avant de récupérer sa commande, le jeune homme s'en empare avant qu'elle ne revienne au comptoir.
Quand elle arrive pour récupérer sa collation, la barista lui indique que le beau gosse avec qui elle est venue, lui a déjà pris son plateau. Bella soupire, sentant déjà la drague lourdingue qu'elle va se taper durant sa pause et se retourne pour tenter de retrouver le client indélicat. Bien vite, sa frustration se transforme en colère quand elle réalise qu'il n'y a aucun gamin boutonneux qui l'attend patiemment mais plutôt qu'on vient de lui piquer sa commande.
La barista, réalisant son erreur, lui montre la porte d'entrée. « Regardez ! Il est encore là ! ». Ni une, ni deux, Bella se dirige vers celui qui ose lui piquer sa dose de caféine... Enfin aussi rapidement que sa jupe étroite et ses talons vertigineux lui permettent. Une fois dehors, des volutes de fumées s'échappent de sa bouche quand elle respire plus rapidement en essayant de le rattraper.
C'est chose faite quand le voleur interpelle un taxi et qu'elle parvient au véhicule juste avant qu'il ne reparte. Bella se penche pour voir qui va être la victime de son courroux mais se retrouve nez à nez avec Benjamin Franklin, enfin si on peut dire ainsi, vu que son visage est imprimé sur le billet de cent dollars. Elle a, à peine le temps de se remettre de l'affront et de lui dire qu'il peut se carrer le billet où elle pense, que le taxi démarre, la laissant seule sur le trottoir, le président froissé dans sa main.
Tapant du pied par dépit, Bella croise les bras sur sa poitrine et regarde le taxi s'en aller. La silhouette qui se retourne pour la regarder, au travers du pare-brise, lui semble familière. Mais, il n'y a pas assez de lumière pour qu'elle distingue aisément ses traits. Puis, non... Pas lui... C'est impossible ! Edward doit être à l'autre bout du pays...
Se trouvant hautement pathétique, elle se frotte les yeux du plat de la main. Pourquoi son cœur bat il encore la chamade alors que de l'eau a coulé sous les ponts depuis leur histoire ?
Au bout de deux minutes, et surtout parce qu'elle commence sérieusement à se geler les miches (comme le disent si bien ses élèves), la jeune femme retourne dans le café pour s'inoculer sa dose de poison liquide.
Plus tard, Bella parvient dans son amphi avec quelques minutes d'avance. La plupart de ses élèves inscrits pour les cours du soir sont déjà présents. Elle soupire. Le malaise qu'elle ressent déjà depuis plusieurs jours, ne fait que s'accentuer et avec ce crétin de voleur de café qui a ajouté une couche de stress à son angoisse, c'est le pompon. Notant dans un coin de son esprit, l'idée de déménager, elle commence son cours, supposant que le poids qu'elle ressent sur sa nuque, n'est pas le regard intense d'un psychopathe mais juste de la fatigue.
Quand elle finit par souhaiter une bonne soirée aux derniers élèves, il est déjà près de 23 heures. Éteignant une partie des lumières, Bella s'installe à son bureau pour corriger quelques copies. Sans même regarder, sa main sort une canette de coca cola cherry, car depuis qu'elle a arrêté de fumer, la jeune femme tourne à la caféine et à ses dérivés chimiques. Elle cherche ensuite un stylo plutôt que le crayon noir qu'elle possède mais ne trouve rien. Se servant de ce dernier pour nouer ses cheveux en chignon, Bella part dans la petite réserve à proximité à la recherche d'un stylo.
Lorsqu'elle revient à son bureau, sa canette n'est plus sur la table. Le professeur marmonne. « Purée ! Qu'on en finisse! ». Elle se tourne vers les paliers, ne discernant pas grand-chose en raison de l'obscurité. Sa voix se fait haute et claire quand elle demande. « Est-ce qu'il y a quelqu'un ? Montrez-vous ! ».
Du bruit se fait entendre un peu plus haut, dans les marches. Quelqu'un descend doucement. Le cœur de Bella manque de s'arrêter jusqu'au moment où elle reconnaît la silhouette, qui reste pourtant à une bonne distance. Elle se tourne et se dirige vers son sac. Fouillant dedans, la jeune femme en retire un billet encore plus froissé qu'auparavant.
Ne montres pas que tu as la trouille et il partira de lui-même… Il serait là pour te tuer qu'il l'aurait déjà fait, non ? Ou suis-je tombée sur le seul psychopathe qui tue nerveusement ses victimes ?
Sa main tendue vers le jeune homme qui lui a piqué son café en cette fin d'après-midi, elle le sermonne. « Vous m'avez flanqué une de ces trouilles ! Sachez que ce n'est pas joli joli de piquer une commande ! Puis cette façon de me rembourser, ça ne va pas ? Reprenez-le ! Je vous rends votre argent. ».
Toujours emmitouflé dans ses habits, l'étudiant lui répond. « Désolé, je ne voulais pas être en retard... ». Les yeux de Bella s'écarquillent. Cette voix suave et velouté lui rappelle quelque chose.
Non ! Ce n'est pas possible ! Faites que...
Sans même prendre le temps de finir sa pensée, elle lui fourre le billet dans la main et lui intime l'ordre de rentrer chez lui. Il parvient à conserver la main de Bella dans la sienne, qu'il serre tel un étau et de sa main libre, il retire sa casquette.
De longues mèches bronze s'en échappent et lui cachent le regard. Mais Bella n'a pas besoin d'en voir plus, elle devine que les orbes qui la scrutent sont d'un vert émeraude le plus pur qu'il soit.
Il essaie de l'attirer contre lui mais trouvant résistance, sa main colle celle de Bella contre son torse. « Mon cœur menace de sortir de ma poitrine tant il bat à tout rompre... ». Tournant sa tête de côté, son regard se perd dans le vague. « Et, il n'y a rien que je puisse faire contre cela. ». Le jeune homme porte la main chaude de son professeur contre ses lèvres. « Il fallait que je te retrouve Bella. Que tu comprennes… Je suis désolé… Tellement désolé. ».
Bella, livide, retire violemment sa main de l'emprise d'Edward. « OK… OK… Ce qui est fait, est fait. On peut dire toutes ces conneries sur le temps qui passe et tout. On fait table rase du passé et on oublie tout. J'ai compris. Maintenant que tu as allégé ta conscience, rentres chez toi. ». Sa main reste blottit contre sa poitrine, et elle la frotte comme pour atténuer la brulure de leur contact.
Edward s'avance vers elle, serrant l'arrête de son nez pour garder son calme. « Nan, tu ne comprends pas Bella. Tu es la seule dont je sois amoureux. Je ne veux pas oublier. ».
La jeune femme retourne vers son bureau et dit froidement, ne voulant faire transparaitre sa douleur. « Il n'y a plus rien entre nous. Depuis le jour où tu as trouvé nécessaire d'aller voir ailleurs. ».
Il murmure. « J'ai changé Bella… et tu me repousses encore… Comme tu l'as fait par le passé. Cette peur de l'abandon a miné notre couple… ».
Elle l'interrompt en levant la main. « Arrêtes ta psycho de comptoir… on avait peut-être cette peur mais chacun l'a traité à sa manière. Je suis, effectivement, tout aussi coupable car j'ai préféré la fuite mais toi… Toi… Tu t'es joué de moi, tu m'as trahi. ».
Edward tente vainement de lui expliquer, son ton montant en puissance à mesure que sa colère prend le dessus. « C'est vrai que je t'ai trompé mais merde ! Tu te rends compte de ce que je vivais ? J'aurais fait n'importe quoi pour te faire souffrir. C'est aussi pour ça que je t'ai dit de telles choses... Pour voir enfin ce rejet sur ton visage, que tu te rendes compte de cette douleur que je subissais. Et après, tu m'as abandonné ! ».
Bella lève les yeux au ciel. « Que voulais tu que je fasse ? Je venais de séquestrer un gamin de dix-sept ans avec qui j'avais eu des relations sexuelles. Tout cela parce qu'il m'a trompée et que j'ai pété un câble. C'est vrai que dans ce cas, je ne relève pas de la psychiatrie mais directement de l'asile. ». Elle range ses affaires rageusement dans son sac. « Retournes d'où tu viens Edward et laisses moi tranquille. ».
Il fait le tour du bureau avant même qu'elle n'ait le temps de se lever et lui barre le passage. Bella saisit la lame dont elle se sert pour couper son courrier et la porte contre la gorge d'Edward.
Le revoir lui inflige des fourmillements qu'elle pensait bien enfouis. Mais là, maintenant, il se tient devant elle, la surpassant physiquement et mentalement. L'esprit de la jeune femme tente, en vain, de comprendre pourquoi ils se retrouvent dans une telle situation. Ils se sont quittés à égalité. Peut-être pas dans les meilleurs termes mais chacun avait quelque chose à se reprocher. Elle, sa séquestration et lui, son infidélité. Bella comprend dorénavant d'où venait cette menace qui pesait tant sur ses épaules, qui l'obligeait constamment à vérifier que personne ne la suit quand elle marche dans la rue, ou qui la torture quand elle donne ses cours. Elle savait qu'il n'en resterait pas là.
Putain qu'est-ce que je ne ferais pas pour une clope…
Plus de deux ans sont passés et ils ne sont plus des gamins. Il est temps de tourner la page.
Bella tente une nouvelle fois de lui expliquer. « Je me moque de ce que tu as en tête. Quel que soit le jeu auquel tu joues, je n'y participerais pas. ».
Sa voix résonne dans le gigantesque amphithéâtre. Elle tente de paraître menaçante, en grondant. « Je veux que tu t'en ailles. ». Aucun des deux ne bouge. Edward reste stoïque, la lame risquant de le couper au moindre geste brusque. « Tu n'es plus un enfant et… Quels que soit tes idées de revanche, dis-toi que je ne suis pas assez stupide pour y participer. Dénonces-moi si ça te chante, mais en tout cas, laisses moi en paix. ».
La jeune femme recule d'un pas, ne voulant pas le blesser et voulant laisser de l'espace entre eux. Mais encore, il avance tout autant, emplissant la place vacante.
Edward saisit son poignet, délogeant son arme improvisée qui tombe en tintant sur le sol. Bella grimace car tous les gestes de son ancien amant sont agressifs. Elle tourne son regard vers les yeux verts, pour tenter de comprendre où il veut en venir.
Elle reste surprise quand son souffle est coupé par les lèvres du jeune homme. Il l'embrasse comme si sa vie en dépendait, une main bloquant Bella à la taille alors que l'autre lui tient toujours le poignet. Elle tente de se débattre, mais il la tient fermement. Son mascara, ou peut-être est-ce son eye-liner, laisse une longue trainée noirâtre sur ses joues, tant ses yeux larmoyants brulent de colère et d'envie.
Il faut le reconnaître, ce sont les émotions qui l'animent. Depuis le début, leur relation est malsaine voire, il faut l'avouer, condamnée à l'échec et il est hors de question qu'elle abdique en replongeant dans ce vice. Car le combat qu'elle a mené pour ne plus aimer Edward a été aussi intense et virulent que celui qu'elle a mené pour arrêter la cigarette. Mais, son corps semble vibrer depuis qu'il est en contact avec celui qui a partagé tant de plaisirs passionnés avec elle.
Bella se débat encore plus férocement. Sa main libre claque la joue d'Edward qui se recule sous le choc. Elle parvient à récupérer son sac et se met à courir fébrilement vers les grandes portes doubles. Avant que celles-ci ne se referment, Edward lui crie simplement. « Ne crois pas que j'en ai fini avec toi. Ça ne fait que commencer Bella. ».
xoxo
Le lendemain, alors que Bella tente difficilement de garder les yeux ouverts devant son latte, Edward se poste devant sa table. Il reste ainsi plusieurs secondes avant de s'assoir lourdement en face d'elle.
La jeune femme repose son livre, qu'elle ne parvenait pas à lire de toutes les façons et soupire bruyamment. « Qu'est-ce que tu fous encore là ? ».
« Oui bonjour à toi Bella. ». Il sourit, même si elle est odieuse, car cette simple interaction est plus qu'il n'en demandait. « Je viens juste prendre un café. ».
Bella renifle. « Ah AH ! Et où il est ? ». Au même moment, une des baristas apporte un plateau, disposant un café et une part de cheesecake devant le jeune homme. Elle lui fait un clin d'œil avant de repartir vers le comptoir. Bella croise les bras devant sa poitrine, clairement outrée et ennuyée par ce traitement de faveur. « Depuis quand on fait le service à table dans un starbucks ? Et ce n'est pas comme si tu n'en trouverais pas chez toi ! ».
Edward manque de recracher sa gorgée. « Tu parles de Forks ? Tu me vois demander un latte vanille à Sue ? Sérieusement ? ». Elle tente bien de réprimer un sourire mais l'idée est vraiment ridicule en effet. Edward dit ensuite plus calmement. « J'habite dans le coin. Donc, j'ai tout autant le droit d'être ici que toi. ».
« Tu… ? ». Non, elle ne doit pas lui montrer un quelconque intérêt. Ne voulant pas tester ses limites en sa compagnie, la jeune femme range ses affaires mais la main d'Edward la retient. « On peut quand même avoir une conversation civilisée, non ? J'aimerai avoir de tes nouvelles. ».
Bella pose son sac sur la table et se lève. « C'est bien trop me demander Edward. Je ne peux pas. ».
Il se repose contre le dossier de son fauteuil et boit un peu de son café. Bien loin de s'avouer vaincu, il cogite déjà à l'idée de leur prochaine rencontre.
C'est ainsi que s'installe une certaine routine, malsaine et peu constructive selon Bella mais Edward n'en a cure. Tout ce qu'il veut et qu'il finit par obtenir est qu'elle ne puisse penser qu'à lui. Il est présent dans tous les lieux publics où elle part se réfugier, cherchant le contact ou une simple discussion et le pire est qu'elle finit par s'y faire.
xoxo
Enfin, c'est la fin de la semaine. Bella finit son dernier cours et l'ambiance est presque festive vu que le lendemain débutent les vacances de Noël. Plusieurs élèves l'invitent à passer quelques jours chez eux dans les Hamptons, ou à une des fameuses fêtes qui auront lieu sur le campus. Elle préfère refuser car une photo d'elle, complétement ivre, en train de danser, en petite tenue sur une table, serait mal venue. Pourtant relâcher la tension qui l'habite par de l'alcool et se taper un petit étudiant en prétextant d'être saoule est bien tentant mais, c'est arrivé à une de ses collègues et encore maintenant, sa carrière professionnelle a du mal à se remettre du désastre. Puis, elle a ses valises à faire, vu que le doyen a accepté le fait qu'elle prenne des vacances illimitées.
Elle finit par se débarrasser de tout le monde et soupire à l'idée d'être obligée de corriger des projets avant d'être réellement libre de s'enfuir. Maintenant qu'elle n'est plus dans un lycée de campagne, elle ne peut plus se permettre de flemmarder à loisir.
Une fois à son bureau, la jeune femme se penche pour retirer son éternelle canette de Cherry Coke quand un bruit de plastique froissé se fait entendre. Relevant la tête brutalement, Bella se retrouve face à Edward. Il prend une chaise et s'assoit près d'elle. « Je me suis dit que tu aurais peut-être faim. ».
Elle n'a pas le temps de répliquer que son estomac la devance et le fait bruyamment. L'étudiant psychopathe sourit et dévoile le contenu du sac. Des raviolis aux champignons. Bella marmonne. « OK…. Là, je commence à flipper. ».
Edward lui fait son sourire en coin. « Voyons Bella. Pour qui me prends-tu ? Pour quelqu'un qui droguerait ton repas ? Ah non ça c'est toi ! ».
Depuis qu'il est de retour dans sa vie, Edward a été courtois et Bella préfère lui laisser le bénéfice du doute, plutôt que de l'accuser de folie. La jeune femme prend une des fourchettes en plastique et porte un ravioli à sa bouche. Mâchant consciencieusement elle ne remarque pas de saveur particulière, enfin, autre que la douceur du ravioli. Edward saisit son cherry coke et lui tend. Finissant par se détendre, elle accepte volontiers et réussit à dénouer le nœud qui lui serrait la gorge. « C'est délicieux. ». Savourant le pétillement de son soda, les yeux clos, elle ne remarque pas le sourire d'Edward. « Pourquoi fais-tu tout cela ? ».
Il détourne la conversation, faisant mine de ne pas comprendre. « Parce que je me suis dit que tu aurais surement faim. Et que ça me permet de rester un peu avec toi. ».
Les yeux fixant son assiette, elle marmonne. « Je vois. ».
Edward tente à nouveau. « Ça te dit qu'on sorte demain ? Un truc simple, enfin… une ballade ou prendre un verre ? ».
Elle finit sa bouchée avant de répondre. « Non, j'ai déjà un rendez-vous… ».
Il plante sa fourchette un peu plus brutalement que prévu dans son plat. « Avec qui ? Un mec ? ».
Pourquoi cette simple conversation semble tourner à l'interrogatoire en règle ?
Elle soupire. « Oui en effet. Un mec. Tu es le seul qui ne veut pas tourner la page. ».
Il balance sa barquette vide dans le sac en plastique et relève ses pieds pour les poser en hauteur devant lui. « Je t'ai dit que je ne pouvais pas. Notre histoire n'est pas finie. ».
Bella finit sa boisson et dégage les pieds du malotru de son bureau. « Alors… ne comptes pas sur moi. ». Elle tente de jeter la canette, maintenant vide, dans le sac mais rate sa cible. Elle lève un sourcil en regardant sa main, ne comprenant pas pourquoi.
Le jeune homme, divertit son attention en lui offrant la sienne. « Qu'est-ce que tu veux dire par là ? ».
Bella reste silencieuse, regardant ailleurs quand elle porte la nouvelle canette à ses lèvres. « Je fais ce que je veux… et avec qui j'en ai envie. ».
« Je sais que tu eu d'autres mecs dans ta vie. Je suis mal placé pour t'en blâmer. Bien que je n'apprécie pas l'idée que tu aies des fucking-buddies. ». Il lui montre le cherry coke du doigt, faisant mine de vouloir le reprendre.
« Tes paroles sont… déplacées… Edward. Je ne… Je ne te permets pas. ». Elle lui rend sa boisson, où il ne reste qu'une gorgée, à peine, de disponible.
Il sourit.
Edward écrase entre ses doigts la canette qu'il tenait. « Je ne pense pas être celui qui va trop loin. ».
Bella l'observe, sans réellement comprendre. « Pourquoi es-tu en… colère ? Je tiens à te rappeler que nous ne sommes plus… ensemble. Et tu as eu des… ». Elle fait les guillemets avec ses doigts relevés. « 'Des fucking-buddies', même lorsque nous étions ensemble. ».
« Je ne suis pas en colère, juste déçu. Je ne te pensais pas dans le genre à baiser avec n'importe qui. ».
Les joues de la jeune femme prennent rapidement une couleur carmin. « En quoi ? Je suis célibataire, je te rappelle. Je le faisais… avant de te connaitre et je le fais encore maintenant. Tu peux penser… ce que tu veux, je m'en fous… carrément. ». Son doigt montre Edward avant de se tourner vers elle. « Parce que…Parce que tu trouves que cela m'a apporté quelque chose de bien… de coucher avec un mec que… que j'aimais vraiment ? Il n'y aura rien entre nous. C'est fini… Edward, comprends le. ». Sa main se porte à son front, depuis quand est-ce qu'elle a tant de difficulté à parler ? Elle bégaie presque.
Edward sourit encore et essaie d'alléger la situation. « Désolé. Changeons de sujet ok ? ».
Ils discutent quelques instants mais le malaise est toujours présent et Bella semble de plus en plus dans les vapes, jusqu'au moment où il lui demande. « Qu'est-ce que tu fais pour Noël ? ».
Préférant ne pas lui avouer qu'elle compte s'enfuir loin de lui, Bella dit simplement. « Rien… Rien de spécial… Je reste… dans le coin. ». Elle tente de réprimer un bâillement mais parvient à peine à contenir le suivant. « Je ne pensais pas… Etre… être si fatiguée. ».
Peu étonné de la situation dans laquelle la jeune femme se trouve, Edward débarrasse le bureau. « Veux-tu que je te raccompagne ? ».
Bella se redresse péniblement, ses jambes étant peu assurées. « Nan… ça va aller. Rentres… chez toi, Edward et pa… Pass… Passes de bo… Bonnes fêtes. ».
Peut-être que je vais m'assoir un peu…
Il lui fait un petit sourire et fait mine de se tourner vers les grandes portes. « Ne t'inquiètes pas Bella… ». Un grand bruit mat l'interrompt dans ses propos, surement le corps de la jeune femme. « Je me suis chargé de mon cadeau. ».
xoxo
8 pages déjà écrites pour le final…
à bientôt !
:3
