Suite à ces évènements, Tami et Sho s'installèrent définitivement chez Yokoyama et la vie devint beaucoup plus simple et agréable pour tout le monde. Bien sûr, les deux hommes ne devinrent pas un couple du jour au lendemain et Sakurai refusa longtemps de faire des gestes aussi anodins que se prendre la main dans la rue. Il finit par accepter, acceptant par la même occasion toutes les marques d'amour de son compagnon. Délivré du poids trop lourd d'un loyer à payer, le plus jeune abandonna son troisième travail et, à la demande de Yokoyama qui détestait se réveiller seul le matin quand il avait un autre choix, également le premier. Ne travaillant donc plus que de quatorze heures à dix-neuf heures, il avait tout son temps, le matin, pour se réveiller tranquillement à côté de son petit ami et rentrait assez tôt, le soir, pour voir grandir sa fille.
Un matin qu'il se préparait dans la salle de bain, un cri lui parvint depuis le salon.
- Sho, viens voir ! Vite !
Craignant une catastrophe, il se précipita, encore en boxer et écarquilla les yeux : sa petites fille se tenait debout toute seule et avançait d'un pas chancelant vers Kimitaka, sans que celui-ci la tienne.
- Elle marche ! s'exclama le jeune papa, ému et heureux.
- Oui, tu as vu, sourit de même le plus âgé.
La fillette, qui approchait des deux ans, s'écroula en riant dans les bras tendus et Yokoyama la couvrit de bisous. Il allait dire quelque chose, mais elle le prit de vitesse.
- Papa ! fit-elle en le regardant.
L'étonnement se peignit sur le visage de l'interpellé et Kimitaka regarda son compagnon, avant de reporter son attention sur la petite fille.
- Non, ma puce, ce n'est pas moi, ton papa, la corrigea l'aîné.
- Si. Tu l'es depuis qu'on a emménagé ici, Kimi, le détrompa Sho en s'accroupissant près de l'attendrissant duo. Elle t'as sous les yeux autant que moi, alors c'est normal qu'elle t'appelle papa aussi.
- Mais ça ne t'ennuie pas ? Après tout, c'est toi son père biologique.
- Je suis content au contraire. Maintenant, on est une vraie famille. C'est ce que je voulais pour elle. Et pour moi aussi.
- Papas à plein temps !
