Sèche tes larmes…
Honnêtement, j'ai cru que je ne terminerai pas ce chapitre. Il m'est arrivé tellement de mauvaises choses en ce moment que j'avais totalement perdu l'envie d'écrire. Heureusement pour moi, elle est revenue. C'est justement l'écriture qui me permet de me défouler, et de me sentir mieux lorsque quelque chose ne va pas. Grâce à cela, même dans les pires moments j'arrive à sourire. C'est bien pour cela que j'ai commencé à écrire des fanfictions. Depuis le temps que je suis devenue fan du couple GajilxLevy et que je cherchais un moyen d'exprimer ma passion ! Et je l'ai enfin trouvé. Oui, c'est une résolution que je tiendrai (ça sera bien la première…), plus jamais je ne me laisserai perturber ainsi, peu m'importe que ma propre famille me rabaisse, j'ai de nombreux amis (et vous en faites partie aussi évidemment ) qui m'aiment pour ce que je suis et pour ce que je fais. Rien que pour ça, j'ai l'envie de continuer. Le temps des pauses est fini ! Je vaincrai la page blanche et je ferais chauffer mon clavier pour vous, chers fans ! Encore une fois, un gros merci à Erilys, qui, depuis que nous nous connaissons, n'a jamais cessé de me soutenir ! Les fanfics et le GajilxLevy nous ont rassemblées, puisse notre amitié durer éternellement ! Et évidemment, merci à tous les autres qui m'ont soutenue dans cette dure période de page blanche, je vous adore ! Non, même ce mot n'est pas assez fort pour exprimer ce que je ressens pour vous ! Maintenant, peu importe combien de difficultés je rencontrerai lorsque j'écrirai un de mes chapitres, jamais je ne m'arrêterai, même si ça implique que je n'écrive qu'un mot par jour ! xD
Accoudée au bar de l'auberge de Fairy Tail, Levy observait avec une joie immense les regards courroucés de ses camarades, à qui la blague de la veille n'avait pas spécialement plu. Son début d'après-midi commençait à merveille. Elle n'appréciait pas qu'on la reluque ainsi d'habitude, mais aujourd'hui elle y prenait un certain plaisir et l'intense satisfaction de la vengeance se lisait sur son visage. Derrière elle, Mirajane lavait rageusement des verres dans son évier et gardait sur son joli visage quelques traces de ce qu'il s'était passé sous forme d'égratignures.
Hier matin lorsqu'elle était arrivée pour commencer à travailler, la jeune femme aux cheveux blancs ne s'était doutée de rien, tout lui paraissait normal. Avec un geste façonné par l'habitude, elle s'était mise à ranger son plan de travail et à apporter des caisses remplies de boissons en attendant que les premiers membres de la guilde arrivent et lui commande quelque chose. Et c'était à midi, heure de pointe, que le cauchemar s'était déclenché. Elle était en train de préparer un cocktail dont elle avait le secret tout en écoutant Bisca raconter la nuit qu'elle avait passée avec Arzak, lorsqu'elle avait entendu un étrange sifflement. Elle avait cherché d'où il provenait, mais malheureusement pour elle, elle n'eut pas le temps d'en trouver la source. Avec une explosion retentissante et des sons aigus à vous faire grincer des dents, une vingtaine de pétards et de feux d'artifices s'étaient allumés et voltigeaient dans toute la salle, semant la panique et le chaos, faisant voler les chaises et brisant les verres. De surprise, Mirajane avait failli défaillir. Il y avait de la fumée partout et ça crépitait dans tout les coins, donc ils avaient du évacuer le bâtiment. Et tous savaient qui en était responsable puisque seule Levy n'était pas à la guilde, de plus, elle ne cessait de s'en vanter depuis qu'elle était arrivée il y a une demi heure.
Avec un geste hargneux, Mirajane déposa le verre d'alcool qu'elle lui avait préparé sur le comptoir brûlé et recouvert de marques noires, et la mécanicienne lui adressa un adorable sourire angélique en signe de remerciement.
- Je peux savoir pourquoi tu as fait ça Levy ? Demanda-t-elle avec colère, sans la lâcher des yeux.
- T'avais qu'à pas me faire chier à cette soirée, répondit la bleutée dans un grognement.
- Tu oublies que je t'avais promis de l'argent si tu te tenais bien ! C'était notre marché, tu devais danser !
- M'en fous, d'toute façon je l'ai l'argent maintenant.
Devant les yeux de la jeune femme, Levy agita sous son nez la liasse de billets que Gajeel lui avait donnée hier pour les réparations de sa moto. Maintenant, l'argent de son amie, elle s'en passait volontiers, elle ne lui devait plus rien. Par la suite tout aurait pu bien se passer si Lucy ne s'en était pas mêlée.
- Eh ben ! Tu l'as certainement drogué pour lui prendre une somme pareille, à moins que tu lui ais volé. Parce que pour une salope dans ton genre, crois-moi c'est cher payé le service, ricana la blonde en passant derrière elle.
Dans sa fureur, Levy en broya son verre et la brûlure de l'alcool lui traversa le corps lorsqu'il coula sur les écorchures qu'elle venait de se faire en se coupant la main. Mais elle ne montra aucun signe de souffrance, au contraire, elle se leva de sa chaise et attrapa Lucy par le col, un rictus de haine pure animant ses traits.
- Crois moi Ashley, je sais pas qui est la plus salope d'entre nous deux. Et sache que je lui ai pas volé cet argent, pas plus que j'aurais couché avec lui. Je l'ai gagné loyalement, en réparant sa moto, et c'est ça qui te fous en rogne, parce que toi t'es obligée de jouer la pute et de te pavaner partout pour gagner ta vie.
Sa voix était dangereusement calme, mais son autre main qui se resserrait en un poing prêt à frapper signifiait qu'elle risquait de bientôt se passer de mots.
- Vu comment tu réagis elle a du voir juste. Enfin je m'attendais à mieux de ta part, lâcha soudain Jett pour ajouter son grain de sel avec une belle moue dégoûtée.
- Ta gueule Jett, te mêle pas de ça ! Rétorqua la bleutée, puisque je vous dis que je l'ai gagné honnêtement, pourquoi vous me croyez pas ? Vous êtes cons ou quoi ?
- Perso, honnête et toi ça fait deux, pouffa Droy qui de toute façon suivait toujours ce que disait son partenaire, je suis sûr que tu l'as chopé dans son garage, sinon tu réagirais pas comme ça, avoue que la vérité blesse.
- Dès que j'en ai fini avec cette blonde j'te jure que vous le sentirez passer tous les deux !
Levy enrageait, elle n'allait pas tarder à exploser. Alors c'était cela qu'ils appelaient la confiance ? S'ils le pensaient réellement, elle pouvait s'en passer. Et pourquoi personne ne la défendait ? Pourquoi tous les autres regardaient ailleurs ? Et ce qu'ils s'imaginaient la même chose ?
- T'as vu, je suis pas la seule à le penser, faut te rendre à l'évidence ma belle, on t'a percée à jour, ricana Lucy.
La provocation avait assez duré. Levy cracha une insulte et lui envoya un crochet du droit, auquel Lucy répondit par un coup de pied dans le ventre et le tout dégénéra rapidement sous les encouragements des garçons qui appréciaient particulièrement de voir les deux femmes se battre, et surtout déchirer leurs vêtements. Déterminées, les deux jeunes filles n'abandonneraient pas de sitôt et chacune se battrai jusqu'à ce qu'elle n'ait plus rien à offrir. Quitte à devoir griffer et mordre. La bleutée était bien décidée à infliger le maximum de souffrance à sa congénère, et ne se privait pas de lui arracher les cheveux. Mais Lucy le lui rendait bien et ne cessait de lui donner des coups de pieds dans le ventre et les jambes pour lui faire lâcher prise. Et comme elles étaient de force égale, le match se termina une nouvelle fois sur une égalité. Essoufflées, elles restèrent longtemps couchées au sol. Humiliée et hors d'elle comme jamais auparavant, Levy se releva dès qu'elle y parvint et sortit rageusement de la guilde sous les sifflements narquois et moqueurs des autres, drapée dans ce qu'il lui restait de dignité. Evidemment, avec la réputation qu'avait Gajeel, tout le monde le connaissait et elle ne doutait pas qu'ils allaient se moquer d'elle encore longtemps. Les paroles de ses amis l'avaient vraiment mis en rogne, rien qu'en y repensant, à eux et à leurs visages, elle avait envie de les torturer puis de les tuer lentement, pour que ces enfoirées souffrent autant qu'elle en ce moment.
Elle tapait hargneusement dans les cailloux qu'elle voyait, et trop préoccupée et malade à l'idée que ses camarades aient pu penser qu'elle avait couché avec le journaliste, elle ne faisait même pas attention où elle allait. Peut-être qu'elle était violente et sadique, mais ça ne l'empêchait pas d'avoir des principes et des sentiments. Elle les haïssait tous d'avoir pu penser ça d'elle. Elle avait justement ressenti la même chose hier chez Gajeel: à Fairy Tail, tout le monde se fichait bien d'elle, la preuve, ils n'auraient jamais réagi ainsi s'ils avaient réellement été ses amis. Vivement qu'elle parte et qu'elle n'ait plus tous ces imbéciles égocentriques sur le dos. Rapidement, elle sortit de la cité royale, mais n'alla pas très loin, préférant s'arrêter à l'un de ses endroits favoris, où elle allait souvent lorsqu'elle avait besoin d'être seule.
Quittant la route sur quelques mètres, elle finit par arriver devant la rivière passant à coté de la capitale, et elle s'assit contre le tronc d'un arbre avec un profond soupir. Le bruit de l'eau l'apaisait étrangement lorsqu'elle était tourmentée, ce qui lui arrivait plus souvent qu'elle n'osait l'admettre. Elle faisait peut-être la forte en apparences, mais ce que les autres lui disaient la touchait aussi, et elle était capable d'en souffrir. Elle replia ses jambes contre son corps, les entoura de ses mains et y posa la tête. Et sans qu'elle le veuille réellement, un sanglot éclata et elle se mit à pleurer. Contrairement à ce que les gens pensaient, elle pleurait souvent, mais celui qui la voyait à ce moment là ne s'en souvenait étrangement plus ensuite, ou alors n'était plus capable de le répéter à d'autres. Au moins, elle se sentait mieux après, il fallait que ça sorte tôt ou tard, du moment qu'elle était seule elle pouvait se le permettre. C'est pourquoi elle venait souvent ici, à cet endroit calme et apaisant. Elle y resta un temps indéfini, à observer le soleil briller à la surface de l'eau entre deux sanglots.
Jusqu'au moment où un bruit suspect brisa la bulle formée par sa solitude. Elle entendit soudain des pas derrière elle et la peur la prit à la gorge, elle ne tenait absolument pas à être découverte en train de pleurer. Et elle se crispa brusquement lorsque la voix de quelqu'un qu'elle connaissait et ne souhaitait absolument pas voir dans de telles circonstances résonna dans son dos.
- Que fais-tu donc là toute seule Levy ?
Gajeel. De toutes les personnes qu'elle aurait détesté rencontrer maintenant, il était bien la première. Elle n'avait envie de parler à personne, et certainement pas à lui, il fallait qu'il parte.
- Rien du tout ! Dégage ! S'écria-t-elle sans pour autant bouger, ni le regarder.
- Ça ne va pas ? Que s'est-il passé ? S'inquiéta le journaliste en s'approchant encore. Grossière erreur.
Levy se releva avec hargne, l'empoigna par sa veste et le plaqua avec une facilité déconcertante contre l'arbre, hors d'elle. Il avait bien remarqué qu'elle pleurait mais n'avait rien dit, et malgré son tact, il l'énervait comme jamais. Oui elle pleurait, et alors ? Elle n'avait pas besoin qu'il en soit témoin et l'humilie encore plus !
- Je t'ai dit de dégager crétin ! Ça t'regarde pas, t'as pas à savoir ! Casse-toi et va voir ailleurs si j'y suis avant que je t'en colle une et que j'te fasse bouffer tes lunettes !
Elle haletait et ses larmes ne cessaient de couler sur ses joues qui en étaient déjà criblées, l'enfonçant toujours un peu plus dans la honte. Franchement, elle était pitoyable. Et pourtant, elle soutenait son regard, ses yeux à présent aussi rouges que les siens. Lui ne bougeait pas et se contentait de la fixer intensément, comme s'il s'attendait à ce qu'elle le lâche, mais voyant qu'elle ne le ferait pas sans mots, il décida soudainement de jouer le jeu de la provocation.
- Et bien vas-y, frappe moi. Je ne répliquerai pas, je n'ai jamais frappé personne, et je serais bien incapable de lever la main sur une femme, mais si ça peut te défouler, fais-le.
Sa voix était étrangement calme, sans aucune once de crainte. La jeune fille avait beau se faire la plus intimidante possible, ses larmes la trahissaient toujours et elle serra les dents de fureur. Avec une lenteur calculée, la main droite de Gajeel attrapa celle qui le tenait collé à l'arbre et tenta de desserrer son étreinte mais il aurait tout aussi bien pu faire face à de la pierre. La main valide de la mécanicienne, mais également celle où elle s'était fait mal plus tôt et qui était en sang à présent, se serra à son tour en un poing, mais avant qu'elle ne puisse exécuter son geste, il lui avait fermement attrapé le poignet. Il possédait une force qu'elle ne connaissait pas et ne s'attendait pas à voir pour sa carrure plutôt fluette, et rapidement il l'avait immobilisée.
Elle n'arrivait plus à soutenir son regard sérieux qui la sondait au plus profond d'elle-même, comme s'il voulait y chercher ce qui l'avait mise dans cet état. Alors, résignée, elle se détourna et le relâcha pour finalement pousser un sanglot qu'elle n'aurait jamais voulu voir sortir de ses lèvres, avant d'essuyer rageusement ses yeux.
- Tu m'as l'air légèrement susceptible aujourd'hui. Je ne sais pas ce qu'il t'est arrivé, et si tu ne veux pas en parler je ne peux aucunement te forcer à le faire. Par contre je pense que tu aurais grandement besoin de te changer les idées. Si tu es d'accord, nous pouvons allez chez moi soigner cette vilaine blessure sur ta main puis partir faire un petit tour, proposa gentiment le reporter.
La jeune fille aux cheveux bleus sursauta et fut honnêtement très surprise de ne sentir aucune rancœur ni aucune méchanceté dans sa voix alors qu'elle avait failli le frapper. Il était tout simplement trop gentil avec elle. Alors elle hocha la tête, malgré sa conscience qui la traitait d'idiote. La voila qui se transformait en une petite fille qui avait besoin de se faire consoler, elle se serait donné des gifles.
- Allez, sèche tes larmes et viens avec moi.
Il lui tendit un mouchoir qu'elle accepta non sans une certaine réticence, mais lorsqu'il voulut passer un bras réconfortant autour de ses épaules elle le repoussa violemment, encore énervée.
- J't'ai déjà dit de faire gaffe où tu mets tes pattes non ? Grogna-t-elle.
Comme au bal, il pouffa et lui obéit, tandis qu'un étrange sourire s'épanouissait sur son visage, et ce, jusqu'à ce qu'ils arrivent à destination. Durant tout le voyage, elle ne prononça pas un mot, se contentant de reprendre peu à peu une contenance et de faire comme si elle n'avait jamais pleuré. Puis, arrivé devant sa maison, Gajeel ouvrit la porte, invita Levy à entrer et la suivit. La jeune fille était à peine arrivée à l'intérieur que Gajeel l'empoigna par le bras et l'emmena dans sa cuisine. Sans lui laisser le temps de protester, il ouvrit le robinet d'eau froide de son évier et lui mit la main en dessous. A la fois gênée et agacée, la mécanicienne releva la tête vers lui pour lui dire clairement d'aller se faire foutre et de la laisser tranquille, mais il ne la regardait même pas. Concentré, il était occupé à vérifier si elle n'avait pas des bouts de verre sous la peau et peu à peu une rougeur naquit sur les joues de la mécanicienne. Après un moment qui lui parût interminable, il daigna enfin la lâcher et elle reprit aussitôt sa main.
- Ça m'a l'air d'aller, ce n'est pas très grave et ça ne saigne déjà plus. Cependant prudence est mère de sûreté et je préfère quand même mettre quelque chose dessus, déclara-t-il en lui tendant un torchon pour qu'elle s'essuie la main.
Puis il l'attrapa à nouveau par le poignet, mais cette fois-ci il lui fit traverser le salon jusqu'à sa chambre où il se mit à chercher des bandages dans son armoire à médicament. Levy n'avait encore rien dit, consciente qu'aucune parole ne le ferait changer d'avis. Elle croisa les bras, s'adossa contre le mur et observa d'un regard réprobateur les livres qui trainaient au sol ici aussi. Sa chambre n'était pas différente du reste de sa maison, si ce n'est qu'il y avait moins de meubles, seulement le lit, une table de chevet et deux commodes. Poussée par la curiosité, la mécanicienne s'approcha innocemment de celle qui se trouvait à sa gauche. Gajeel était occupé à fouiller dans la seconde, donc il lui tournait le dos. Avec un grand sourire, la jeune fille ouvrit le tiroir pour tomber sur quelque chose de surprenant. Effectivement, il ne lui avait pas menti, il était très organisé lorsqu'il s'agissait du travail, puisque sous ses yeux étonnés il y avait toutes ses notes triées par date, ou par ordre alphabétique. Captivée et curieuse, elle se demandait si elle tomberai sur un document où il parlait d'elle en fouillant un peu. Elle tendit la main vers les feuilles et au moment d'en saisir une, elle entendit soudain un "NOOOOON !" désespéré et Gajeel se jeta devant elle pour refermer le tiroir. Paniqué, il se tourna ensuite vers elle comme si elle venait de commettre la pire atrocité possible au monde.
- Eh ça va, t'es pas obligé de réagir comme ça, c'est que des papiers ! Râla la jeune fille.
- Non ce sont mes notes, et personne n'a le droit de les lire ! S'écria-t-il avec colère en la foudroyant du regard.
C'était la première fois que Levy le voyait répondre ainsi, apparemment elle venait de toucher un point sensible. Tant mieux pour elle, elle pouvait une nouvelle fois faire preuve de sadisme.
- De toute façon tu réécris tout ça dans tes articles, pourquoi j'aurais pas le droit de lire alors ?
- Ce n'est pas la même chose, je n'aime pas qu'on fouille dans mes affaires, c'est tout !
Elle l'attrapa par le bras et l'arracha à sa commode, puis elle rouvrit le tiroir avec un rire moqueur. Poussé par la jeune fille, le journaliste tomba sur son lit avant de s'écrouler au sol, mais il se releva, se jeta aussitôt sur elle et lui attrapa le bras en la suppliant presque de ne pas regarder. La mécanicienne soupira, exaspérée. Elle savait qu'il ne la laisserait pas tranquille tant qu'elle serait là, à fouiller dans ses affaires. Elle referma le tiroir d'un coup sec et se retourna soudain vers lui, constatant avec un certain plaisir qu'il affichait une moue gênée et qu'il avait rougi.
- J'te l'ai jamais dit, mais t'es mignon quand tu rougis, plaisanta-t-elle avant de lui tirer la langue.
Elle lui tapota vigoureusement la joue et fit tomber son chapeau pendant qu'il la regardait d'un air courroucé, puis elle sortit nonchalamment de la pièce avant de lui dire:
- Laisse tomber pour ma main, ça ira comme ça, allons plutôt faire un tour de moto comme tu me l'as promis.
- Très bien, comme tu voudras, soupira Gajeel en lui emboitant le pas jusqu'au garage.
La jeune fille avait la même attitude que si elle avait été propriétaire de ces lieux. Evidemment, elle n'avait pas oublié où se situait le garage et traversa à toute vitesse la maison, suivie de près par le journaliste qui s'empressa d'ailleurs de la dépasser pour lui ouvrir la porte. Il sortit sa moto sur le trottoir et verrouilla les entrées de sa maison pendant que Levy s'approchait doucement de son véhicule avec des yeux de chat affamé. Puis il se retourna vers la jeune fille qui était déjà penchée sur la machine avec des yeux remplis de convoitise.
- Tu as déjà fait de la moto auparavant ? Demanda-t-il en s'approchant.
- Mais tu me prends pour qui ? J'suis mécano, évidemment que j'en ai déjà fait ! Répliqua-t-elle, vexée soudain.
- A deux ?
- Euh… Non, toute seule.
Evidemment, personne ne lui avait jamais fait une proposition comme celle-ci, comment voulait-il qu'elle ait déjà fait cela à deux ?
- Et bien voila, mets-toi derrière moi.
Elle ne lui répondit pas et l'observa simplement s'installer sur sa moto puis l''allumer. Comme hier, le bruit du moteur fit sourire la jeune fille et elle s'approcha pour ensuite s'asseoir avec réticence à l'arrière. A vrai dire, elle avait complètement oublié cette partie. Comment quelque chose d'aussi primordial avait pu lui sortir de la tête ? Cependant, elle avait trop envie de pouvoir faire un tour sur sa superbe moto pour refuser, et puis, après tout, il n'y avait rien entre eux, il ne fallait pas se faire de fausses idées. Elle ne faisait pas ça pour être avec Gajeel, elle se fichait bien de lui, mais elle savait pertinemment qu'il avait raison et qu'elle devait se changer les idées.
Elle resta un bon moment à l'écart du journaliste. Puis avec une grande réticence, elle passa ses bras autour de la taille du jeune homme et se colla à lui, mais veilla toutefois à garder une certaine distance entre eux. Elle faisait la même tête que si elle venait d'avaler une moitié de citron vert bien acide, et son ventre se noua immédiatement lorsqu'elle sentit son corps contre le sien. Elle sentit aussi ses joues s'échauffer et prendre des couleurs, alors, désireuse de clarifier tout de suite la situation avec lui, elle s'empressa d'ajouter:
- J'espère pour toi que tu roules plus vite que tous ces putains de bourgeois qui ont peur d'user leurs pneus !
- Tu n'as aucun souci à te faire, pour ce qui est de conduire, je suis capable d'aller très vite, cependant je préfère attendre que nous soyons sortis de la capitale, question de sécurité.
Levy répliqua par un grognement frustré. Elle n'avait jamais voulu rougir, ni ressentir toutes ces émotions, tout ça parce qu'elle était collée à un homme et le tenait par la taille. Heureusement qu'il ne voyait pas son visage, il l'avait déjà vue pleurer, c'était suffisant. Si seulement son coté fille qui ressortait dans ces moments gênants n'existait pas ! Elle ne voulait plus être une petite fille, elle voulait être l'égal des hommes, se montrer aussi forte qu'eux.
Elle poussa un léger soupir couvert par le bruit du moteur et se serra un peu plus contre Gajeel lorsqu'il démarra enfin. Comme il l'avait dit, il roula à une vitesse honorable et accéléra ensuite, une fois que les contreforts de la ville furent derrière eux. La mécanicienne reconnut bien malgré elle que faire de la moto à deux était très différent, et bien mieux que lorsqu'on était seul. Elle sentait le vent qui ébouriffait ses cheveux bleus et la grisante impression d'avancer à toute vitesse sans rien faire ne la lâchait pas. Au fur et à mesure qu'ils avançaient et qu'elle sentait de vrombissement apaisant de la machine sous elle, elle se détendait. Elle finit même par poser la tête contre le dos du jeune homme pour observer le paysage qui défilait. Pour l'instant, ils suivaient la route, la seule chose qu'il y avait autour d'eux était la plaine, une grande forêt au loin, et parfois quelques arbres. Mais vu de cette façon, Levy trouvait tout cela presque beau. Gajeel lui jeta un rapide coup d'œil amusé avant de se concentrer une nouvelle fois sur la route. La jeune fille se demanda en observant l'arrière de sa tête comme faisait son chapeau pour rester en place et ne pas s'envoler malgré la vitesse. La jeune fille ne sut pas combien de temps s'était écoulé depuis qu'ils étaient partis, mais à sa grande surprise le voyage lui parût trop court lorsque Gajeel s'arrêta.
- On est où ? Demanda aussitôt la mécanicienne qui lâcha immédiatement le journaliste dès qu'il eut éteint le moteur.
- À un endroit qui m'inspire, éluda ce dernier avec un sourire mystérieux.
Il descendit et posa sa moto contre le seul arbre qui se tenait à coté d'eux avant de la rejoindre, les mains dans les poches. Il les avait emmenés sur une grande colline qui surplombait la vallée dans laquelle se trouvait la capitale. En fait, elle avait été crée par la chute de l'une des îles qui flottait dans le ciel d'Edoras. A présent, cet étrange monde se voyait composé de drôles de collines dans le même genre, qui ressemblaient presque à des montagnes. Et comme la croissance des plantes était plus rapide qu'à Earthland, il n'avait fallu que très peu de temps pour qu'elles soient toutes recouvertes d'herbe et de jeunes arbres, si bien qu'elles ne ressemblaient plus du tout à des îles flottantes. En contrebas de celle sur laquelle ils se trouvaient, on voyait un beau paysage qui s'étendait jusqu'à l'horizon, composé avant tout d'arbres et de prairies verdoyantes, et le soleil faisait miroiter quelques lacs. Au loin, on peinait à distinguer la cité royale, mais Levy parvenait à suivre le chemin qu'ils avaient empruntés pour venir.
- Alors ? Magnifique tu ne trouves pas ?
La jeune fille se tourna vers Gajeel, et comme elle avait bien l'intention d'être sadique au moins une fois par jour, elle ne répondit pas à sa question mais lâcha dédaigneusement:
- T'sais qu'tu ressembles à une fille à t'émerveiller comme ça pour un paysage ? D'ailleurs, t'as déjà les boucles d'oreilles, y manque juste le maquillage…
Après tout, elle ne voulait pas lui donner la satisfaction d'entendre qu'elle aimait beaucoup cet endroit, même si c'était le cas. Le journaliste pouffa et ne releva pas, comme à son habitude. A la place il s'assit en tailleur dans l'herbe et attendit qu'elle fasse de même.
- Suis-je parvenu à te changer les idées ?
- J'serais tentée de te dire non juste pour te faire chier, mais… Ouais. J'me sens mieux.
Malgré sa concession, elle n'était pas prête d'en faire plus et de le remercier. Et pourtant cela ne semblait pas le déranger le moins du monde, au contraire, il avait même l'air content de lui. Mon Dieu, qu'est ce qu'elle avait envie de l'étrangler avec sa cravate pour faire disparaitre son putain de sourire ! Réprimant ses pulsions meurtrières, Levy s'assit à son tour dans l'herbe et s'amusa à arracher des brindilles pendant qu'un long silence s'installait entre eux, principalement parce qu'ils ne savaient plus trop quoi se dire.
La mécanicienne soupira faiblement et continua son petit jeu pour ne pas avoir à reluquer bêtement le jeune homme, même si cela ne marcha pas bien longtemps et qu'elle se mit peu à peu à papillonner vers lui. Et le doute s'insinuait en elle à chaque fois qu'elle le faisait. Peut-être… Peut-être devait-elle lui parler de ce qu'il s'était passé avec Lucy. Gajeel avait déjà prouvé à maintes reprises qu'il était digne de confiance. Mais elle ne pouvait pas se confier à lui, ça blessait trop sa fierté, elle n'avait pas envie de passer pour une petite fille pleurnicharde qui partait brailler chez les grands au moindre problème. Même si elle savait au fond qu'elle se sentirait mieux après s'être dévoilée, son orgueil l'empêchait de le faire. Remarque… Son orgueil n'était pas contre une bonne occasion de discréditer sa rivale aux yeux des autres. Et puis, les exceptions existent nan ? Pensa-t-elle, maudissant sa conscience qui lui avait soufflé ces mots par la suite. Indécise, plongée dans une tempête intérieure, elle jeta un petit coup d'œil au journaliste à coté d'elle. Il était une nouvelle fois en train d'écrire sur son petit carnet. Son regard concentré suivait le tracé de son crayon sur le papier. Mais là encore, elle n'arrivait pas à lire ce qu'il écrivait. Frustrée, elle fit une petite moue et replia ses jambes contre son corps. Elle avait toujours été d'une grande curiosité, et devait malheureusement reconnaître qu'un homme comme Gajeel, enveloppé de tant de mystères, l'attirait irrémédiablement. Elle ressentait le besoin de découvrir ce qu'il cachait, de percer ses secrets. D'ailleurs, il lui faisait admettre beaucoup de choses, elle avait compris bien malgré elle qu'elle ne détestait pas foncièrement les hommes, mais en était jalouse, parce qu'ils lui seraient toujours supérieurs. Et ça la rendait malade. Mais Gajeel n'était pas comme les autres de ce coté là, c'était elle qui dominait depuis qu'ils s'étaient rencontrés. Elle pouvait très bien se confier à lui sans courir aucun risque. Décidée, elle se tourna franchement vers lui, pris une grande inspiration et commença timidement:
- Gajeel…
- Oui ? Qu'y' a t-il ? Demanda automatiquement l'intéressé en s'arrêtant d'écrire.
- Avant de partir tu m'as demandé pourquoi je pleurais. C'était à cause de Lucy.
- Lucy Ashley ? De Fairy Tail ? Que t'as t'elle donc fait pour te mettre dans un tel état ?
- Ouais celle là. Lorsqu'elle a vu l'argent que tu m'as filé hier, elle m'a accusé d'avoir couché avec toi pour l'avoir gagné, et tous les autres l'ont suivie. Donc je l'ai frappée parce que ça m'a énervée.
- C'est de là que viennent les coupures sur ta main ?
- Entre autres… mais elle à plus morflé que moi. On s'entend pas trop, on se tape souvent dessus.
Après ces paroles, Levy vit Gajeel afficher un drôle de rictus qu'elle ne lui connaissait pas. Il semblait vexé et agacé, lui aussi à cause de ce que la blonde avait dit. Il attrapa son chapeau et le remit correctement sur sa tête, tout comme il replaça ses lunettes sur son nez. La mécanicienne avait deviné qu'il s'agissait d'une sorte de tic, puisqu'il le faisait très souvent. Mais ses réflexions tournèrent court lorsqu'elle entendit la voix sèche et courroucée du journaliste.
- Je sais que je suis souvent seul du fait de ma réputation, mais de là à être désespéré au point d'avoir des relations sexuelles avec la première fille avec qui je m'entends plutôt bien, c'est exagéré. Je pensais que Lucy me connaitrait mieux après tout ce temps.
- "Tout ce temps" ? Interrogea soudainement Levy qui avait plus buté sur cette partie de la phrase que sur celle où il parlait d'elle. Qu'est ce que ça veut dire "tout ce temps" ? T'es pote avec elle ?
- Je n'irais pas jusqu'à dire que nous sommes amis, non. Disons… Qu'elle est une vague connaissance. Je lui donne parfois des informations, et en contrepartie elle m'en donne aussi. Comme un échange de bons procédés si tu veux.
- Ça vaudrait mieux pour toi que tu sois pas pote avec cette blondasse ! Tu m'aurais plus vue sinon.
- Et ce n'est absolument pas ce que je veux.
Gajeel rigola, il ne savait pas trop, mais il se demandait s'il n'y avait pas un soupçon de jalousie dans sa menace. Et bizarrement, il ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'elle soit jalouse. Parce que… Peut-être qu'en dessous de cette jalousie elle cachait autre chose… Comme de l'amour ? Non ! Voila qu'il se mettait à analyser la moindre de ses paroles, juste pour se convaincre lui-même qu'elle l'aimait ! Il se gifla intérieurement et secoua la tête, tentant de chasser toutes ces pensées de son esprit. Sauf que Levy, elle, n'analysa pas son comportement de la même façon, et, déjà énervée parce qu'elle repensait à ce qu'il s'était passé, elle se releva et fit sursauter le journaliste, puis elle explosa.
- Toi aussi tu penses que je suis une salope qui couche avec n'importe quel mec ? Allez avoue ! Cria-t-elle dans sa direction, les poings serrés, toute rouge.
De surprise, Gajeel se releva à son tour, affolé par sa soudaine colère. Il eut la bonne idée de s'éloigner un peu et pris son temps pour donner une réponse. Pour une fois qu'il avait le droit de reluquer la tenue d'une femme sans se faire prendre pour un voyeur, il n'allait pas s'en priver. Son esprit critique et son coté galant s'affrontèrent quelques secondes pendant que ses yeux papillonnaient sur les vêtements de la jeune fille, qui n'étaient autres qu'une mini-jupe et une brassière, sans oublier son bandeau dans les cheveux et ses talons. Les mains sur les hanches, l'air énervé, Levy attendait en tapant du pied. Soudain, le journaliste se sentait un peu à l'étroit dans ses vêtements, et pas que au niveau de la poitrine où son cœur tapait furieusement.
- Et bien… C'est vrai que c'est un peu court et que tout cela peut porter à confusion, déclara-t-il timidement, suant à grosses gouttes.
La mécanicienne ouvrit de grands yeux qui se rétrécirent immédiatement ensuite, et elle s'approcha dangereusement. Gajeel lisait très clairement dans ses yeux qu'il allait se prendre une baffe, alors il recula en agitant les mains et s'empressa d'ajouter:
- Mais jamais une idée comme celle que Lucy à énoncée ne m'aurait effleuré l'esprit, après tout si tu préfères t'habiller comme cela je n'ai pas le droit de porter un jugement trop rapide sur toi.
Levy se rapprocha encore et le journaliste finit par buter contre l'arbre contre lequel il avait posé sa moto. Il était bloqué. La jeune fille l'attrapa par sa cravate et le força à se rapprocher encore puis elle lui murmura à l'oreille:
- J'espère pour toi que ce que tu dis n'est pas qu'un ramassis de conneries, sinon je te ferais passer un très mauvais quart d'heure.
Le jeune homme hocha vigoureusement la tête mais ne prononça pas un mot et elle le relâcha rapidement avant de s'éloigner, sans pour autant le quitter des yeux. Elle se lécha les lèvres avec un sourire démoniaque lorsqu'elle vit qu'il avait à nouveau rougit puis se détourna pour observer le paysage une nouvelle fois, prenant l'attitude d'un ange rempli de pureté. Lorsqu'elle aperçut dans le ciel un gros oiseau qui semblait voler dans leur direction. Et justement, elle sursauta et s'écarta avec un petit cri lorsqu'il se posa juste devant elle. La mécanicienne ouvrit la bouche et plissa les yeux puis se tourna vers Gajeel qui s'était posté à coté d'elle.
- Tiens, c'est Horizon, déclara-t-il avec un demi-sourire.
Il s'accroupit et l'oiseau, qui d'ailleurs était un grand aigle, s'approcha de lui. Levy remarqua qu'il portait une lettre au moment ou il la posa dans la main du journaliste.
- Ça te dérangerai de m'expliquer qui est ce piaf ? Râla-t-elle, les bras croisés.
- Et bien, avec la disparition de la magie, c'est le seul moyen de communication rapide que le roi Mystogan ai trouvé pour l'instant. Et comme il a besoin de moi… pour certaines choses, il me dit ce que je dois faire par lettres et Horizon me les apporte.
- Il est nul ce nom.
- C'est moi qui le lui ai donné.
- C'est bien pour ça que je dis qu'il est nul.
Le journaliste fit grimper l'aigle sur son bras, puis sur son épaule et ignora superbement la remarque de la mécanicienne qui se mit à bouder. Cependant, l'énervement laissa peu à peu la place à la curiosité lorsqu'il ouvrit la lettre, mais bien sûr, ne la laissa pas lire. Puis, lorsqu'il eut terminé, il griffonna une réponse de l'autre coté de la feuille et Horizon l'attrapa dans son bec avant de s'envoler. Et aussitôt, Levy repassa à l'attaque dès qu'il eut disparu au loin.
- Alors y'avait quoi dans la lettre ?
- Désolé Levy mais je ne peux pas en parler, je refuse de te mettre en danger.
- Allez putain, tu peux m'le dire, je sais garder un secret ! Personne le saura et je serais pas en danger !
Elle sautillait sur place et lui faisait ses yeux doux, elle voyait bien qu'il n'allait pas résister très longtemps vu comment il regardait ailleurs.
- Je ne peux pas en parler, c'est quelque chose que je dois faire seul, n'insiste pas.
- Connard, lâcha-t-elle méchamment.
Il sursauta et pivota vers elle, choqué par l'insulte, mais elle s'assit plus loin et lui tourna délibérément le dos, vexée.
- Levy s'il te plait, ne soit pas fâchée, gémit-il.
Il s'approcha d'elle mais elle ne répondit pas et poussa un petit grognement à la place. Il ne résisterai plus très longtemps.
- Levy…
- Dis le moi, j'aime pas les secrets.
Il soupira, vaincu, et Levy retint difficilement un sourire. L'air agacé, il s'assit une nouvelle fois à coté d'elle et déclara, lui aussi en tournant la tête dans la direction opposée à la jeune fille:
- Cela fait maintenant un mois que Mystogan m'a demandé d'espionner les agissement de son père, l'ancien roi Faust, pour lui, parce qu'il à commencé à agir bizarrement. Je dois essayer de trouver ce qu'il mijote, et pour cela je me fais passer pour l'un des leurs, comme un agent double si tu préfères. Je repars demain en fin d'après-midi. Tu comprends pourquoi je ne souhaitais pas t'en parler ? Si jamais tu le répètes à quelqu'un, cela risque de me mettre en danger, et toi en prime. J'espère que tu t'en rends compte maintenant.
- Voila qui est déjà plus intéressant. Petit cachotier, tu as énormément de secrets hein ? Pouffa-t-elle avec un immense sourire en lui tapotant l'épaule. Ne t'en fais pas, je ne dirais rien, même si c'est vrai que ça serait marrant de faire foirer ta mission juste pour voir comment tu t'en sortirais dans une situation comme ça.
- Levy, je ne plaisante pas ! Menaça-t-il d'une voix grave.
- Ça va ! Si on peut plus rigoler ! Allez ramène moi chez moi maintenant, j'ai des trucs à faire, exigea la jeune fille qui était plus que ravie de l'avoir fait céder.
- Très bien, mais je compte sur toi pour ne rien dire !
- T'en fais pas, je promets qu'aucun mot à propos de ça ne sortira de ma bouche.
Elle sautilla gaiement en direction de sa moto et il la suivit d'un pas raide, parce que lui était furieux d'avoir tout lâché, contrairement à elle. Il n'arrivait pas à lui résister et ça ne lui plaisait pas du tout, il fallait que ça change. Comme pour l'aller, il s'assit sur sa moto et démarra, mais cette fois la mécanicienne s'installa avec moins de réticence derrière lui, et ils repartirent non sans avoir une dernière fois observé le magnifique paysage qu'ils avaient sous les yeux. Le retour se passa sans encombre, quoique plongé dans un long silence pendant que tous les deux méditaient sur ce qu'avait dit Gajeel. Puis ils arrivèrent enfin devant la maison de ce dernier, qui proposa d'ailleurs à Levy de l'accompagner jusque chez elle. Cependant, la bleutée n'avait pas besoin d'un garde du corps, ni d'un chevalier servant, donc elle refusa, non sans le chambrer une dernière fois. Le journaliste rentra chez lui en poussant un long soupir avec un sourire mi-amusé, mi agacé, et termina d'écrire l'article qu'il devait envoyer à son journal pour le lendemain. Cependant, bon nombre de pensées, pour la plupart tournées vers sa nouvelle amie, lui trottaient dans la tête et il avança bien moins vite que d'habitude. Cela faisait seulement trois jours qu'ils se connaissaient, il ne savait pas s'il devait s'inquiéter ou être heureux de la tournure que prenait les choses…
