La galanterie est aussi un vilain défaut

Note de l'auteur: Bon ! C'est le dernier chapitre "doux" on entame les choses sérieuses dès le prochain ! Je vous ai laissé un peu de répit, je n'ai pas fait ma sadique, mais ça va recommencer, croyez moi ! 8D Sur ce, bonne lecture !


Il était 8 heures lorsque le réveil de Gajeel sonna bruyamment. Il étouffa un gémissement en enfouissant sa tête dans les coussins de son lit et l'éteignit d'un geste à la fois fatigué et hargneux. Aussitôt le calme retomba et le journaliste soupira profondément. Il détestait se faire réveiller de cette manière. D'habitude, il était même déjà levé à cette heure, mais pas aujourd'hui, non, aujourd'hui il était fatigué. Et il savait pertinemment pourquoi, enfin plutôt à cause de qui. Levy. Il s'était couché et avait réfléchi à tout ce qu'il s'était passé avec elle, sauf que ça l'avait aussi empêché de dormir. Il l'avait cherché, il savait bien que s'il réfléchissait trop il ne trouvait pas le sommeil. Malheureusement, il devait sortir du lit, même s'il n'en avait pas envie. Les scoops et les nouvelles ne l'attendraient sûrement pas. Il se leva et poussa un énorme soupir, comme si c'était quelque chose de particulièrement douloureux. Il se doucha sans trop faire attention à ses gestes, tellement il était habitué à les reproduire chaque matin. Puis il s'habilla et prit sont petit déjeuner.

Avant de sortir il vérifia que son chapeau adoré était correctement placé sur sa tête, puis partit recueillir des informations comme son métier l'exigeait. Et pour cela, il avait un endroit qu'il affectionnait tout particulièrement. Un petit bistro/restaurant/auberge situé dans une ruelle adjacente à l'avenue dans laquelle il vivait. C'était celle-là même où il avait rencontré son double d'Earthland, donc depuis ce jour, elle était encore plus importante à ses yeux. Et il s'entendait très bien avec le propriétaire et les serveurs. Il ouvrit la porte du bar et entra pour ensuite la refermer derrière lui, puis il se dirigea vers le comptoir en saluant aimablement les quelques gens qu'il connaissait. Il s'installa à sa place favorite, juste en face de la porte de service et presque aussitôt le serveur vint l'accueillir. Il était blond aux yeux bruns et avait l'air à la fois excentrique et sérieux. Gajeel le connaissait bien, car c'était un ancien journaliste qui avait décroché il y a quelques années pour faire un travail moins dangereux, depuis qu'on l'avait frappé avec son appareil photo et accusé d'être un paparazzi. Donc il était devenu serveur, mais était resté avide de ragots.

- Salut Gajeel, c'est cool que tu sois là ! Tu prends la même chose que d'habitude j'imagine ? Dit-il d'une voix enjouée en échangeant une poignée de main avec son ami.

- Bonjour Jason, comme vas-tu aujourd'hui ?

- Oh moi ça va, toi t'as l'air crevé par contre, c'est pas cool !

Oui, Jason avait l'habitude de placer au moins un "cool" dans toutes ses phrases.

- Oui, je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit, soupira le reporter en se massant les tempes, les yeux fermés. Heureusement qu'il avait son café !

- Moi aussi figure toi que j'ai quasi pas dormi ! Repris le blond, très excité tout d'un coup. J'ai un scoop trop cool pour toi !

- Vraiment ?

Le jeune homme sortit immédiatement son carnet, sa curiosité piquée au vif par la voix du serveur. Jason s'accouda au comptoir et observa les alentours pour vérifier que personne ne les espionnait, puis débuta son récit:

- Hier soir j'ai fait la fermeture du bar et il devait être une heure du mat' quand je suis rentré chez moi. Je marchais dans la grande rue qui permet d'aller au palais royal, et devine ce que j'ai vu ?

- Je ne sais pas, raconte ! Le pressa Gajeel.

Il écrivait à toute vitesse et sautillait presque sur sa chaise.

- J'ai vu des trafiquants d'armes qui sortaient du palais, escortés par des gardes !

Le serveur ponctua sa déclaration par un hochement de tête grave et appuyé.

- Tu en es sûr ? Des armes magiques ? Peut-être qu'ils cherchaient juste à s'en débarrasser, elles ne servent plus à rien maintenant.

- Je ne sais pas si elles étaient magiques ou non, elles étaient dans des caisses. Mais les types et les gardes parlaient d'aller les livrer à Faust, mais ils n'ont pas dit où exactement. J'ignore où il se cache, mais à mon avis notre ancien roi prépare un mauvais coup.

Gajeel sentit un frisson lui parcourir le dos. Il allait justement partir pour sa mission, qui était d'espionner les faits et gestes de Faust, demain. Peut-être en apprendrait-il plus sur cette histoire ? En tout cas, c'était une information d'une importance capitale. Mais ce n'est pas vraiment cette découverte en elle-même qui lui faisait le plus peur.

- Mais si j'ai bien compris, cela veut dire qu'il y a des gens dans l'armée qui sont de son coté ! Réalisa-t-il avec horreur.

- Ça m'en a tout l'air ! C'est louche cette histoire, pas cool du tout. Faudrait en parler à Mystogan.

- Je verrais. Mais quoi qu'il se passe, je ne peux pas rester les bras croisés.

- Fait gaffe quand même. J'ai pas envie que tu te fasses tuer parce que t'as mis ton nez dans des affaires trop louches. Et comme je te connais, t'en serais capable.

- Ne t'en fais pas pour moi, tout se passera bien.

Le journaliste resta encore une bonne heure au bar à discuter avec Jason et à échanger les dernières nouvelles à propos d'Edoras. Puis le journaliste s'apprêta à repartir, il devait préparer ses affaires pour demain et terminer ses articles. Il salua le serveur et lui promis encore une fois de ne pas prendre de risques à propos de sa découverte, puis il s'en alla.

Tout le monde le savait, le hasard faisait bien les choses. Gajeel était à peine sorti du bar, il avait à peine fermé la porte et fait quelques pas, que Levy déboula dans la ruelle, venant d'une autre rue à sa droite. Le seul problème, c'est qu'elle semblait en mauvaise posture. Elle était entourée par trois grands types qui avaient l'air peu recommandables et elle se débattait tout en hurlant des insultes pendant que l'un d'eux, un grand brun menaçant, lui tenait fermement les bras. Sur le moment, Gajeel ne comprit pas le flot d'émotions qui l'envahit. De la surprise, et de la peur aussi un peu. Mais pas seulement, et une étrange colère grimpa en lui, le faisant voir rouge. Comme le preux chevalier qu'il était, il se jeta sur celui aux cheveux noirs qui s'apprêtait à frapper sa princesse en détresse. Même si en fait, il l'avait surtout fait à cause de la montée d'adrénaline, parce que sur le coup il ne s'était pas maîtrisé. Aveuglé par son désir de sauver son amie, il fit alors quelque chose d'incroyablement, d'absurdement, de totalement stupide et irréfléchi. Il frappa. Sous les yeux ébahis de Levy qui venait de remarquer sa présence, son agresseur se prit le poing du jeune homme en pleine figure et un craquement sonore en résulta. Et sous les yeux étonnés des trois types et de la jeune fille, Gajeel se mit à sautiller sur place en se tenant la main et en poussant des gémissements douloureux. Apparemment il s'était plus fait mal à lui-même qu'à son adversaire qui n'avait même pas été ébranlé. Au moins ils avaient arrêté de s'en prendre à la mécanicienne pour le reluquer comme s'il sortait d'une autre dimension.

- J'peux savoir c'que tu fous là toi ? Tire-toi, te mêle pas de ça ! S'écria Levy qui fut la première à réagir.

Elle se débattait du mieux qu'elle pouvait, mais ne parvenait pas à se libérer. Et la peur s'empara d'elle lorsque les deux types qui l'entouraient se rapprochèrent soudain de Gajeel avec des expressions qui n'auguraient rien de bon.

- T'as un problème mec ? Cherche pas les embrouilles, ok ? Menacèrent-ils en faisant jouer leurs poings.

Mais c'était loin de pouvoir impressionner le jeune homme qui se remettait de son geste, choquant même pour lui. Reprenant peu à peu contenance, il se tourna vers eux et cacha tant bien que mal sa main blessée dans son dos, avant de se mettre à les menacer à son tour

- Libérez-là ! Vous n'avez pas honte de vous en prendre à une femme ? Si vous faites ce que je vous dis, je consentirais peut-être à m'excuser de vous avoir frappé, mais sinon je vais devenir méchant !

Il avait les genoux qui tremblaient et il pressentait les ennuis, surtout que celui qu'il avait frappé ne le lâchait pas des yeux et paraissait furieux. Et cela empira lorsqu'il attrapa ce qui s'apparentait à une batte de baseball en métal, accrochée dans son dos. Gajeel se mit à reculer instinctivement, mais le troisième qui lui n'avait pas de cheveux fut plus rapide et l'attrapa à son tour par les bras pour l'immobiliser.

- Eh minute ! Vous n'allez pas vous vexer pour si peu, si ?

Soudain il ne cherchait plus à faire la morale, mais surtout à sauver sa peau.

- Lâchez-le bande d'enfoirés ! Il a rien à voir avec tout ça ! S'écria Levy qui rua et se cabra de plus belle.

- Et tu crois qu'on va écouter une sale gosse dans ton genre ? Ce minus nous a cherchés, il va payer pour avoir osé nous tenir tête. Mais t'en fais pas, tu seras la prochaine, susurra le brun qui tenait la jeune fille.

Impuissante, elle ne pût que regarder la suite. Elle vit le type lever son arme. Elle vit Gajeel fermer les yeux. Elle n'entendit pas son propre cri, juste le bruit horrible que fit le métal en cognant la tête de son ami, qui fut propulsé quelques mètres plus loin sous la puissance de l'impact. Et il ne se releva pas. Pour elle, il venait de s'écouler un temps infini, alors que tout cela n'avait duré que quelques secondes.

- Quel minable ! Même pas capable de se défendre, que de la gueule ! Ricanèrent les trois hommes.

Et malheureusement pour eux, ils avaient baissé leur garde à ce moment là. Levy en profita et donna deux violents coups de pied en arrière. Avec le premier, elle atteignit le genou de son attaquant et toucha son entrejambe avec le second. Aussitôt le corps de l'homme fut secoué d'un spasme douloureux et elle se libéra vivement. Déjà les deux autres réagissaient. Elle esquiva le premier qui heurta son camarade qui était tombé au sol et attrapa l'autre par les cheveux avant de lui enfoncer la tête dans le sol et elle ponctua son geste avec un bon coup de pied. Pressentant que le blond s'était relevé et arrivait par derrière, elle pivota sur elle-même, et par chance, sa clé à molette qu'elle venait de sortir heurta son nez. Il s'effondra avec un cri et le calme retomba dans la rue. Calme qui fut brisé par un cri lorsque Levy eut récupéré son souffle.

- Merde, le mouton !

Elle s'élança vers Gajeel qui était étendu face contre terre, probablement évanoui.

- Allez, réveille-toi crétin ! Gémit la mécanicienne d'une voix nouée par l'inquiétude.

A ce moment précis, elle se fichait bien de montrer qu'elle se faisait du souci, ce n'était pas le plus important. Son cœur tonnait dans sa poitrine, et elle sentit ses mains trembler lorsqu'elle retourna le journaliste sur le dos avec précaution. Du sang coulait de sa tempe, en grande quantité même si la blessure restait superficielle et qu'elle pouvait facilement s'en occuper. Et voila, à cause de lui elle devait jouer l'infirmière, tout ça parce que monsieur n'était pas capable de rester à sa place. Enervée, elle l'attrapa par sa veste et le secoua dans une dernière tentative pour lui faire ouvrir les yeux, sans succès. Elle était tellement furieuse que de la fumée lui sortait presque des oreilles et elle se releva avec un grognement menaçant. Si ça ne tenait qu'à elle, elle l'aurait laissé là dans la rue, mais malgré sa rancune envers lui, elle lui était reconnaissante. Après tout, il lui avait donné l'occasion de se libérer. Alors elle le hissa sur son dos et tenta de le caler le plus confortablement possible pour qu'il ne bouge pas. Et bien sûr, la meilleure position pour eux deux était quand sa tête était posée contre son cou et que ses cheveux bouclés la chatouillaient.

- Espèce de boulet ! En plus d'être inutile t'es lourd ! Râla-t-elle tout en ramassant son chapeau et ses lunettes qui avaient volé un peu plus loin.

Evidemment, Gajeel ne lui répondit pas et Levy en profita pour l'engueuler copieusement pendant qu'elle l'emmenait jusque chez lui, le tout sous les regards déroutés des passants. Cependant, lorsqu'elle arriva devant sa porte, un autre problème lui tomba dessus. Elle n'avait pas les clés. Et elle ne pouvait se résoudre à trafiquer la serrure. Donc, elle fut obligée d'asseoir le jeune homme contre le mur de sa propre maison pour le fouiller, ce qui n'était pas facile vu qu'il ressemblait à une marionnette à qui on aurait coupé les fils. Sans oublier les gens dans la rue qui avaient l'air de se demander si ce n'était pas elle qui l'avait mise dans cet état et si elle n'était pas une voleuse. Mais égoïstes comme ils étaient, pas un seul ne viendrait l'aider non plus. Elle leva les yeux au ciel et s'agenouilla devant lui tout en maugréant des insultes de plus en plus méchantes lorsqu'elle se rendit compte avec gêne qu'il n'avait pas rangé ses clés dans les poches de sa veste. Maintenant elle devait choisir entre fouiller les poches du pantalon d'un type évanoui en public ou se casser et le laisser là. La deuxième solution était terriblement tentante pour elle. Alors lorsqu'elle choisit la première, elle consentit à dire qu'elle ne se reconnaissait pas.

- J'te déteste, cracha-t-elle contre le journaliste en plongeant la main dans une première poche.

Qui, Dieu merci, contenait ses fameuses clés. Dès qu'elle les attrapa, elle retira sa main, les joues roses. Puis elle se releva et le laissa s'écrouler sur le sol pendant qu'elle tournait la clé dans la serrure. Elle lui attrapa le poignet et le traîna à l'intérieur avant de claquer furieusement la porte. Sur les nerfs, elle donna des coups de pied dans les livres sur son passage et l'installa sur son canapé. La jeune fille se laissa ensuite tomber au sol, légèrement fatiguée après avoir porté son ami. Elle attendit quelques minutes pour récupérer et voir s'il se réveillait, et voyant que ce n'était toujours pas le cas elle se dirigea vers sa chambre d'un pas lourd. Elle en ouvrit la porte d'un coup de pied, entra puis se dirigea vers la commode que Gajeel avait ouverte hier pour chercher des médicaments. Elle dû se retenir d'aller fouiller dans la seconde aussi. Avec un soupir, résignée, elle retourna au salon et s'occupa de lui du mieux qu'elle put.


Peu à peu, la douleur qu'il ressentait réveillait Gajeel. Il avait l'impression que son cœur tapait violemment dans ses tempes et sa tête lui tournait à tel point qu'il en avait la nausée. Il grimaça et sentit qu'il était couché sur quelque chose de mou. Désireux de savoir où il se trouvait il ouvrit lentement les yeux et comprit immédiatement qu'il n'avait pas ses lunettes et qu'il était chez lui. S'attendant au pire, il effleura le haut de sa tête avec sa main droite qui était maintenant couverte de bandages, pour ne sentir que ses cheveux. Ou était son chapeau ? Il se releva brusquement en entendant un drôle de bruit, vaguement intrigué. Il commençait à se rappeler de ce qu'il s'était passé. Etais-ce Levy qui l'avait ramené chez lui ? Ignorant sa tête douloureuse, il s'apprêta à aller vérifier par lui-même lorsque la voix de la jeune fille retentit, suivie du bruit de ses pas précipités.

- Eh ! Reste couché le mouton ! T'es malade de te lever maintenant, tu veux aggraver les choses ?

Elle arriva devant lui à toute vitesse, l'attrapa par les épaules et le plaqua dans son canapé. Gajil émit un gémissement de douleur, complètement déboussolé soudain.

- Levy ? Que s'est-il passé ? Tu vas bien ? Demanda-t-il avec inquiétude.

- Ferme là ! Evidemment que je vais bien, allez calme toi, tu vas encore te faire mal.

Il sentit alors quelque chose de froid et mouillé se poser sur sa tempe et il grimaça avec un cri plaintif, même si cela apaisa légèrement sa douleur.

- Arrête de te comporter comme une chochotte tu veux ? Ordonna la jeune fille qui était en train de lentement nettoyer la blessure de sa tête à l'aide d'un tissu mouillé avec de l'eau froide.

- Ce type ne m'a pas raté on dirait, j'ai horriblement mal à la tête, bredouilla-t-il d'une voix faible.

- Ouais il t'a bien eu. Je les ai dégommés et j't'ai ramené chez toi.

- Merci beaucoup.

- T'as pas à me remercier pour ça. J'aurais vraiment été dans la merde si t'avais pas été là, je te devais bien ça. Même si t'as réagi comme un con.

- J'ignore ce qui m'a pris. C'est la première fois que j'ai volontairement fait du mal à quelqu'un. Sur le coup, l'envie de te protéger s'est imposée à moi, et j'avoue ne pas avoir compris mon geste.

Il avait l'air honteux et gêné après cette confession, et désolé par son geste, ce qui fit sourire Levy.

- Bah t'as voulu jouer au chevalier sauf que tu t'es foiré. Mais… Merci de m'avoir aidée.

Elle rougit et détourna le regard lorsqu'elle vit l'immense sourire de Gajeel. Comme elle n'avait pas l'intention de le remercier plus que ça, elle continua de soigner sa blessure à la tête tout en évitant son regard qui l'observait tranquillement.

- Dis moi, ajouta le journaliste, pourquoi ces types t'ont-ils attaqué ?

La mécanicienne pinça les lèvres et ne répondit pas avant un long moment.

- Je les ai provoqués… Et ben alors ? Pas de critiques, ni de reproches à me faire ?

- En temps normal je t'aurais reproché ton attitude, mais après ce que j'ai moi-même fois, je doute avoir le droit de te faire la moindre remarque.

Elle répliqua par un drôle de bruit agacé, et la suite se passa en silence. Lorsque son travail lui parût acceptable, elle se leva pour mettre ce qui lui avait servi de compresse dans la cuisine. Dès qu'elle revint, Gajeel en profita pour lui demander:

- Est-ce que par hasard tu saurais où sont mon chapeau et mes lunettes ?

La bleutée l'observa quelques secondes, les bras croisés, avant de se diriger vers la porte pour lui envoyer son chapeau qu'elle avait posé sur un meuble à coté. Il l'attrapa au vol avec un grand sourire et le posa sur sa tête avant de la remercier. Cependant l'inquiétude naquit dans son cœur lorsqu'elle s'assit à coté de lui avec une moue désolée qu'il voyait pour la première fois.

- T'es moche sans tes lunettes, dit-elle dans une faible tentative d'humour et de provocation qui parvint à le faire rire.

- Dans ce cas je dois les retrouver, je tiens à retrouver ma beauté d'avant, plaisanta-t-il en retour.

- Ben… Je les ai mais…

Elle lui tendit ses lunettes, mais la violence du coup qu'il s'était pris les avait cassées.

- J'ai essayé de les réparer mais ça a pas marché, ajouta-t-elle.

- Zut ! Quelle bande de rustres ! Je n'ai jamais vu des gens aussi violents, sauf peut-être mon autre moi, et encore. Ne t'en fais pas ce n'est pas grave, j'ai toujours une paire de rechange.

Le jeune homme voulut se relever pour aller la chercher mais Levy réagit immédiatement et l'enfonça à nouveau dans le canapé.

- Bouge pas ! Dis-moi où elles sont, je vais te les chercher !

- Dans le tiroir de la table de chevet à coté de mon lit. Mais ne t'avises pas de fouiller ailleurs !

- Et toi ne t'avises pas de me donner d'ordres ! Bougonna-t-elle.

Elle partit vers la chambre et ressortit une minute plus tard avec une petite boite qu'elle lui donna. Il en sortit sa seconde paire de lunettes et les mit avec un soupir de contentement. Puis il observa sa main avec laquelle il avait frappé les agresseurs de son amie et qui était déjà bandée. Apparemment, elle s'en était occupée avant qu'il ne se réveille.

- C'est pas possible, tout me tombe dessus aujourd'hui, comment je vais faire pour travailler ? Et je dois partir demain !

- Tu l'as cherché aussi ! Tiens d'ailleurs ça me rappelle un truc que t'as dit hier.

- Quoi donc ?

- Pourquoi t'as dit que t'étais souvent seul à cause de ta réputation ?

- Oh ça… soupira-t-il en regardant ailleurs à son tour. Et bien ce que je dis dans mes articles ne plait pas aux gens parce que je dis la vérité, et qu'ils préfèrent fermer les yeux sur les problèmes qui existent dans le monde, parce qu'ils pensent que cela ne les concerne pas. C'est pour cela que peu de gens à Edoras m'apprécient réellement.

Tout comme pour la fois où il lui avait parlé de son homologue à Earthland, Levy ne sut pas quoi lui répondre. Elle se sentait vaguement désolée pour lui, surtout qu'elle vivait à peu près la même chose. Peu de gens l'appréciaient parce qu'elle était franche, provocante et sadique. Ils étaient complètement opposés, et pourtant ils parvenaient à trouver des points communs. Cette simple conclusion fit réaliser quelque chose à Levy. Quelque chose qu'elle ne connaissait pas jusqu'à présent. Sans comprendre elle-même ce qui lui arrivait, ses mains se posèrent sur la poitrine du jeune homme avec une lenteur calculée. Elle sentit le cœur de Gajeel s'accélérer soudain par ce seul contact, et son cœur à elle lui répondit par un soubresaut incontrôlé et plutôt déstabilisant, qui sur le coup, la fit avancer encore vers lui. Elle ne voyait plus que son visage, mais n'arrivait pas à déchiffrer son expression stupéfaite. L'incompréhension la noyait, mais elle ne parvint même pas à se poser la question de savoir pourquoi elle faisait ça. Soudain leurs nez se touchèrent, leurs soufflent se croisèrent, et leurs lèvres se frôlèrent par un contact plus léger qu'une plume. Gajeel avait terriblement envie de s'approcher encore, de se redresser pour réellement l'embrasser. Mais la jeune fille ne semblait pas vouloir bouger, complètement immobilisée dans son geste, donc il ignorait s'il pouvait le faire. A vrai dire, même si on ne pouvait pas réellement dire qu'ils s'étaient embrassés, le choc d'une telle possibilité choqua si profondément la jeune fille que son accès de folie disparut soudain, pour la laisser en face de la dure réalité. Les yeux de Gajeel qui la fixaient, l'air d'attendre qu'elle réagisse enfin. Et justement, la réaction fut immédiate. Rouge comme jamais elle ne l'avait été auparavant, la mécanicienne recula d'un bond, étrangement essoufflée, tout comme le journaliste qui se retrouvait bien malgré lui à courts de mots. La bleutée n'avait pas l'habitude de se comporter ainsi, mais cela lui sembla la meilleure solution.

- Il faut qu'j'y aille, dit-elle avec précipitation.

Puis elle le planta là, lui qui était encore choqué et surpris par son geste, et sortit de sa maison en claquant la porte avec peut-être un peu trop de violence. Elle rentra à toute vitesse chez elle, comme si elle avait peur qu'il ne la poursuive, et pourtant elle se trouvait dans un état second. Qu'est ce qui venait de se passer ? Qu'est ce qui lui avait pris ? Pourquoi elle avait réagi comme ça ? C'était complètement impossible, elle était dans un cauchemar et allait se réveiller d'une minute à l'autre ! Jamais elle ne s'était comportée ainsi, et n'avait certainement pas envie qu'il soit la première personne à assister à ce qu'elle considérait comme un moment de pure faiblesse. Sans s'en rendre compte, sans prêter attention à ce qu'il y avait autour d'elle, elle s'enferma chez elle comme si elle venait de se faire agresser dans la rue, et une fois à l'intérieur, les rares gens qui marchaient dans sa rue purent tous entendre son cri perçant et parfaitement audible, même à travers les murs de sa maison.