Note de l'auteur: Voila le chapitre 6 ! J'espère qu'il vous plaira ! Enfin on passe à la partie que j'aime et que je déteste le plus ! Je sais pas comment je vais faire pour différencier les Edos des Earthlands xD


Arrivée à Earthland

Lorsque José les avait poussés dans l'Anima, Gajeel et Levy avaient fermé les yeux par instinct, même si la lumière était parvenue à les éblouir malgré tout. L'affolante sensation de la chute leur avait noué la gorge et l'estomac en même temps. Ils avaient beau s'époumoner et hurler de frayeur, ils n'entendaient rien et avaient l'impression que leurs cris n'étaient que des murmures. Et lorsqu'enfin, la lumière aveuglante disparut, ils furent envahis par un grand froid et le vent les ballota dans tous les sens. Cette fois, ils ouvrirent furtivement les yeux pour découvrir un paysage qu'ils n'avaient jamais vus, et comprirent qu'ils étaient bien à Earthland. Sauf qu'ils étaient bien loin du sol, et qu'ils n'allaient pas tarder à s'écraser. Sans même pouvoir comprendre ce qu'il leur arrivait, désespérés et résignés, ils ne purent qu'attendre leur mort prochaine. Qui n'arriva pas, en fait. Sans savoir ce qu'il venait de se passer, ils percutèrent de l'eau glacée alors que l'instant d'avant, ils étaient dans le ciel. A croire que la chute avait été plus rapide que prévue.

Gajeel s'échoua sur le rivage de l'étang qui venait d'amortir leur chute, épuisé, haletant et trempé. Son chapeau se posa délicatement à coté de lui, c'est vrai qu'il n'avait pas eu le temps de l'attraper lorsqu'ils étaient tombés, il était soulagé. Levy sortit à son tour de l'eau en crachotant, éclaboussant tout autour d'elle, et le couvre-chef du journaliste, ainsi que ses lunettes, ne furent pas épargnés, malheureusement. Tous les deux restèrent sur le dos, transis de froid, observant le ciel gris rempli de nuages duquel ils venaient de tomber.

- 'Tain… Pourquoi fait aussi froid ? C'quoi ce bordel, ça a vraiment marché ? Demanda Levy d'une voix rauque.

Elle était habituée à la chaleur d'Edoras, là tout était glacé. C'était normal, leur monde se trouvait au dessus de ses nuages, il faisait toujours chaud, même en hiver, puisqu'aucune barrière ne retenait ses rayons.

- A Edoras, c'était l'Eté, il serait tout à fait probable que nous soyons en Automne ici. C'est normal qu'il fasse froid, répondit faiblement Gajeel en retour.

Et comme pour confirmer ses dires, il se mit à pleuvoir. Un torrent bien froid et glacé venait se déverser sur eux, les gelant encore plus qu'ils ne l'étaient déjà. Bienvenue à Earthland ! Le journaliste se releva avec difficulté en gémissant, mit son chapeau sur sa tête, réajusta sa cravate et ses lunettes, puis se mit à marcher en direction de la forêt dont on voyait la cime des arbres un peu plus loin.

- Eh ! Où tu vas le mouton ? Demanda Levy en se relevant à son tour.

Avec sa brassière et sa jupe, elle était littéralement frigorifiée sur place. Si on l'avait mise dans un congélateur, ça aurait eu le même effet. Et elle commença légèrement à trembler lorsqu'il se retourna vers elle, la vrillant d'un regard noir.

- Arrête de m'appeler comme ça, grogna-t-il, menaçant soudain. Vu le temps qu'il fait, je ferais mieux de me chercher un abri. Mais je ne me rappelle pas t'avoir invitée à me suivre.

- Non mais qu'est ce qui te prends d'me parler comme ça ? T'veux que j't'en colle une ?

- Je crois que, de nous deux, c'est moi qui aurait le plus de raisons de te disputer et de te frapper. Tu es mal placée pour me crier dessus, je te rappelle que c'est de ta faute si nous sommes là.

- Ma faute ? Comment tu peux dire ça ? Excuse-moi d'avoir voulu t'aider hein !

- M'aider ? Et tu penses que c'est aider quelqu'un que de dévoiler ses secrets à la première personne venue ? Je te faisais confiance, tu m'avais promis de ne rien dire !

Le ton commençait légèrement à monter, même si Gajeel faisait tout son possible pour rester calme, donc Levy le dépassait grandement sur le plan des décibels.

- Mais comment tu voulais qu'je sache que les gardes étaient du coté de ce salopard ? Moi, je m'inquiétais pour toi, c'est tout !

- Et bien tu n'aurais pas dû. Je suis à même de m'occuper de moi, je n'avais pas besoin de toi.

Sans un mot de plus, le journaliste repartit et laissa la jeune fille où elle était, sous la pluie battante. Enervée, une lueur de mort passa dans son regard, et si elle avait eu des cailloux sous la main, elle l'aurait lapidé.

- Alors c'est comme ça qu'tu m'remercies espèce de salaud ? S'écria-t-il d'une voix rendue aigue par la rage. J'espère que tu te feras bouffer par des loups tiens, ça t'apprendra !

- C'est ça, c'est ça. Répliqua-t-il sans même se retourner vers elle. Moi au moins je suis encore assez gentil et poli pour ne pas te souhaiter la même chose.

Poussant de longs soupirs rageurs, elle le suivit de loin, puis le perdit de vue lorsqu'il entra dans la forêt. Elle y entra aussi, mais suivit son propre chemin. Grâce au feuillage il pleuvait moins, mais elle était toujours trempée et n'avait jamais eu aussi froid de sa vie. Son souffle se changeait en nuage de vapeur dès qu'il sortait de sa bouche, et elle avait beau se frotter les bras, ça ne marchait pas. Elle ne savait pas quelle heure il était, ni où elle était, tout comme elle ignorait dans quelle direction elle allait. Les plantes, le climat, les animaux, tout était différent d'Edoras, elle ne reconnaissait rien. C'est à ce moment là qu'elle se rendit compte qu'elle était seule. Ses amis et ses camarades de Fairy Tail n'étaient pas avec elle, et elle ne les reverrai probablement jamais. Ses rêves, ses racines, tout était resté à Edoras, sauf elle. Elle, elle était définitivement seule et perdue. Epuisée, elle s'écroula sur le sol mouillé, sous le tronc d'un gros arbre renversé, espérant que cet abri de fortune la protégerai suffisamment de la pluie. Et elle pleura. Malgré ses dents qui claquaient et son corps qui tremblait, elle pleurait. Jusqu'à ce qu'il cesse de pleuvoir et que la nuit tombe. Et elle s'arrêta seulement parce que la peur commençait à l'oppresser et l'atmosphère à l'étouffer, sinon elle aurait continué.

Levy faisait tout son possible pour respirer sans bruit, tous ses sens en alerte depuis que le jour s'était couché. Elle avait horriblement peur qu'un animal surgisse des buissons pour l'attaquer, et chaque craquement qu'elle entendait dans cette sinistre forêt suffisait à la faire sursauter. Sa peau glacée lui faisait mal et elle était trop engourdie pour pouvoir bouger. Elle avait l'impression d'attendre sa propre mort, de s'offrir aux animaux sauvages de cette forêt. Elle savait très bien qu'elle ne pourrait pas se défendre dans cet état. Comme elle aurait aimé que Gajeel soit là avec elle finalement ! Mais c'était impossible, elle ignorait où il était. Et elle l'avait trahi, involontairement peut-être, mais elle l'avait fait. Comment avait-elle pu être aussi idiote ? C'est elle qui avait tout faux depuis le début, et maintenant son monde était menacé sans qu'elle ne puisse rien faire ! Voila, elle allait mourir ici parce qu'elle avait commis un acte purement irréfléchi. Elle sentit ses larmes revenir, mal à l'aise comme jamais de ne pas être chez elle.

Jusqu'à ce qu'elle entende un craquement bien trop proche, et aussitôt toutes ses pensées désertèrent son esprit. Elle recommença à respirer par petits coups désespérés et son cœur battait furieusement, la pétrifiant sur place un peu plus à chaque seconde. Et le pire, c'est que le bruit se rapprochait. C'était sûr, elle venait de se faire découvrir par elle ne savait quoi. Maintenant elle allait servir de repas, c'était la fin, prostrée au sol, elle ne pouvait qu'attendre.

Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsque son cri strident se heurta à Gajeel qui venait de surgir des buissons. Levy se tut aussitôt et un soulagement sans commune mesure tomba sur elle. Comme l'énorme vague qui s'abat brusquement sur le navire et qui le fait s'échouer. Elle n'en revenait pas.

- Gajeel… Sanglota-t-elle, laissant ses larmes redoubler d'intensité une nouvelle fois.

Il était en chemise, sa veste sous le bras, et il avait l'air soulagé de la retrouver. Même s'il se tenait à bonne distance, bien droit, et que son visage ne reflétait aucune émotion. Oui, il était encore fâché, mais ça ne l'empêchait pas d'être heureux de la voir en fait.

- Ouf ! Enfin je te retrouve, ça fait des heures que je te cherche !

Levy ne lui répondit pas et se jeta à son cou, envoyant son image de rebelle qui ne veut rien savoir de personne au diable. Ça ne lui avait servi à rien ici, elle avait le droit de s'en passer pour une fois. Elle frissonna encore plus et grimaça de douleur lorsqu'elle bougea, c'était horrible. Contrairement à elle, ses vêtements étaient secs, et il avait chaud, elle en serait presque jalouse. Mais de ça aussi, elle s'en fichait un peu. Enfin, la jeune fille pouvait relâcher toute la tension qu'elle avait accumulée en pleurant et en hurlant.

- Gajeel, je suis désolée c'est d'ma faute, tout est ma faute ! J'ai agi comme une conne et c'est pour ça qu'on est là, j't'en prie me laisse pas toute seule ici, j'voulais pas ça, j'veux rentrer chez moi !

- Là, là, soupira-t-il en lui tapotant le dos. Calme-toi, je ne te laisse plus seule. On retourne ensemble à Edoras, ou on reste ensemble à Earthland, maintenant.

Elle balbutia quelques vagues remerciements et s'accrocha à lui comme s'il était une bouée de sauvetage, sa tête posée contre son épaule.

- Mon Dieu, mais tu es complètement glacée ! S'exclama-t-il ensuite, horrifié.

Il passa sa veste par-dessus les épaules de la mécanicienne et entoura sa taille d'un bras chaleureux. Pour une fois, elle ne le repoussa pas, et ils se mirent lentement à suivre le chemin que le jeune homme avait emprunté pour venir. Levy essayait de marcher droit malgré son épuisement, histoire de garder un semblant de dignité, mais ne pouvait refuser que son ami la soutienne un peu. Il ne pleuvait plus mais il y avait du brouillard maintenant, et la visibilité était de plus en plus réduite. Heureusement Gajeel semblait avoir un bon sens de l'orientation et il savait ce qu'il cherchait. La Lune était déjà haute dans le ciel lorsqu'ils arrivèrent devant une petite grotte, éclairée par un feu qui brûlait dedans.

- Comment t'as trouvé cet endroit ? Demanda Levy qui grelottait et n'allait pas tarder à devenir aussi bleue que ses cheveux.

- Et bien j'ai malencontreusement croisé le chemin d'un ours. Comme je sais qu'ils vivent dans des grottes, je l'ai suivi à bonne distance et je lui ai fait peur.

- Tu lui as fait peur ? Répéta la jeune fille, perplexe. Alors qu't'es pas capable de gérer trois types, tu flanques la frousse à un ours ?

- Les animaux sauvages craignent le feu, il m'a suffit de faire brûler une branche et il est parti, ce n'était pas difficile, répliqua-t-il en sortant un petit briquet, répondant ainsi à sa deuxième question qui aurait sans doute été "comment tu as fait du feu ?".

Ils s'abritèrent dans la grotte et Levy se rapprocha immédiatement du feu, savourant la douce chaleur qui s'en dégageait. Gajeel y jeta du bois qu'il avait ramassé, puis il s'assit contre la paroi en pierre avec un soupir.

- Quel accueil ! Je crois qu'Earthland ne nous fera pas de cadeaux, ironisa-t-il.

La mécanicienne n'ajouta rien, encore trop frigorifiée. Elle avait juste envie de se jeter dans le feu à cet instant précis. Le jeune homme le vit bien et l'attrapa par la taille pour la ramener contre lui.

- Eh tu fous quoi là ? S'écria-t-elle, menaçante.

Ses joues avaient viré au rose, heureusement, on pouvait le mettre sur le compte du feu, sinon elle n'aurait rien expliqué. Surtout que ça aurait pu rappeler l'incident de l'autre jour qu'elle tenait à oublier.

- Calme-toi s'il te plaît. Il ne manquerait plus que tu tombes malade dans ce monde où nous ne connaissons rien. C'est le meilleur moyen pour te réchauffer rapidement.

Ah ça oui, elle chauffait ! Non mais quel profiteur ! Elle plissa les yeux et serra les dents et les dents, pendant qu'il replaçait sa veste de telle façon qu'on aurait dit une couverture.

- Un mot sur ça et j'te jure que j'te tue, grogna-t-elle.

Il ne répondit pas et comme à son habitude, afficha un petit sourire. Elle soupira dédaigneusement, puis elle posa sa tête contre sa poitrine avec réticence et ferma les yeux pour se détendre. Il sentait à la fois le vieux parchemin et le papier neuf, avec un petit quelque chose en plus qu'elle n'arrivait pas à identifier. Même si elle préférait clairement l'odeur de l'huile et du métal des machines qu'elle réparait, elle devait reconnaître qu'elle appréciait celle là aussi. Gajeel se mit à lui frotter le dos gentiment et son cœur se serra. Malgré tout ce qu'elle avait fait, il était encore là pour elle. Certes, leur relation était à recommencer sur bien des points, et en premier la confiance, mais ils étaient partis sur de bonnes bases, et Levy espérait pouvoir rattraper son erreur bientôt.

- On fera quoi demain ? Demanda-t-elle soudainement en relevant la tête vers lui.

- Je l'ignore… Mais je pense que nous devrions chercher la Fairy Tail d'ici, mon double y est, il pourra nous aider. Enfin pour l'instant, nous ferions mieux de dormir.

La jeune fille hocha la tête en guise de réponse, et se laissa peu à peu aller contre lui. Elle entendait son cœur qui battait tranquillement contre son oreille et elle se sentait en sécurité dans ses bras. Comme si le froid et le danger au dehors ne l'atteignaient plus. Elle sentait qu'elle s'enfonçait dans la torpeur et se lova inconsciemment contre lui, lentement bercée par le crépitement du feu et le bruit apaisant de la respiration du jeun homme.


Le soleil n'était qu'à moitié levé lorsque Levy ouvrit les yeux. La première chose qu'elle fit fut de sourire en sentant les doux rayons sur sa peau. Elle avait bien chaud dans son lit douillet, elle ne voulait pas se lever. Minute… Depuis quand un lit l'obligeait-elle à dormir assise ? Elle fronça les sourcils. Elle ignorait que son lit bougeait et avait des bras aussi. Gajeel dormait encore, lui, sa tête posée sur celle de la jeune fille. Le feu était éteint et il ne s'en dégageait que quelques volutes de fumée à présent. La bleutée repoussa le journaliste qui tomba au sol, se redressa et lui administra un bon coup de pied dans les jambes pour le réveiller. Le jeune homme gémit et se recroquevilla sur lui-même, ce qui lui valut un second coup de pied.

- Allez debout tapette ! J'ai la dalle et on a du chemin à faire, on se casse d'ici !

Il se releva lentement et difficilement pendant que la jeune fille s'étirait. Il regrettait presque son réveil matin, tiens.

- Une minute s'il te plait, soupira-t-il en se frottant les yeux, encore engourdi.

Levy fit quelques pas à l'extérieur de leur abri de fortune et remarqua alors quelque chose d'inquiétant, qu'elle rapporta immédiatement à son ami.

- Et si j'te dis que t'as pas le temps par un ours dehors, tu m'réponds quoi ?

Apparemment le même ours que Gajeel avait chassé avait décidé de venir récupérer son territoire.

- Hein ? Répondit simplement le journaliste, qui venait d'arriver derrière elle à moitié réveillé seulement.

- Cours crétin !

Le cri du gros animal qui se tenait à quelques mètres d'eux fit enfin comprendre au jeune homme qu'il avait suffisamment dormi. Mais comme il tardait encore à réagir, surpris cette fois, la mécanicienne lui attrapa le bras et l'entraina à toute vitesse dans la forêt, évitant l'ours qui avait commencé à les charger. Elle se demandait si elle ne devait pas lui dire que les ours mangeaient des moutons pour le faire avancer plus vite. Pendant cinq bonnes minutes ils ne cessèrent pas de courir, désireux de mettre le plus de distance entre eux et cette grosse bestiole. Puis ils s'arrêtèrent, essoufflés mais hors de danger. Et perdus aussi, puisqu'ils ignoraient où ils se trouvaient et que tout se ressemblait dans cette forêt.

- J'ai besoin d'un café, geignit lourdement Gajeel en s'asseyant sur un rocher.

- Ouais ben pour l'instant y'en a pas, tu feras sans ! Allez on y va ! Ordonna la bleutée.

Ils se reposèrent encore quelques minutes de leur course puis repartirent, mais bien moins vite qu'avant, suivant un ancien sentier recouvert de feuilles mortes. Gajeel avait eu raison, c'était apparemment le début de l'Automne, même si la végétation existait encore. Et c'est sûrement parce qu'il y avait beaucoup de végétation qu'il se prit les pieds dans un piège posé au sol qu'il n'avait pas vu. Les deux jeunes gens entendirent un claquement sec et le journaliste poussa un hurlement aigu et surpris, avant de se retrouver suspendu en l'air par une corde enroulée à son pied ainsi qu'à une branche d'un arbre. Levy avait instinctivement reculé, mais ne put s'empêcher de rire en comprenant ce qui venait d'arriver.

- Tu cries comme une fillette ! S'exclama-t-elle, pliée en deux par le rire.

- Ce n'est pas drôle Levy ! Descends-moi de là s'il te plait ! S'écria Gajeel.

Son visage commençait à virer au rouge et ses lunettes n'arrêtaient pas de glisser. En plus, il devait tenir son chapeau sinon il tomberai par terre. Malheureusement pour lui, la jeune fille n'en fit rien et continua de rire un bon moment. Puis, les larmes aux yeux, elle s'approcha et le tira par sa cravate qui cachait à moitié son visage, histoire de le faire descendre à son niveau. Elle attrapa ensuite son pied en lâchant un "qu'est ce que tu ferais pas sans moi" et essaya de défaire la corde qui l'entourait. Gajeel, lui, détournait la tête, tout rose parce que s'il regardait droit devant lui et un tout petit peu plus haut, et bien il verrait ce qu'il se cache sous la jupe de son amie. Il n'était pas un voyeur, et la connaissant, il doutait que ce soit involontaire de sa part. Si elle voulait qu'il regarde pour pouvoir le frapper et l'insulter gratuitement, elle allait être déçue, jamais il ne ferait une chose pareille. Il ne serait plus un gentleman après ça.

- T'ain j'y arrive pas ! C'est trop serré ! Râla la jeune fille qui se mordait la lèvre en essayant de dénouer ses liens.

Gajeel ouvrit la bouche, mais avant de pouvoir dire quoi que ce soit, cinq types sortirent des buissons en hurlant. La mécanicienne recula avec un cri et lâcha son ami qui s'envola faire un bisou à la branche à laquelle il était accroché. Puis il retomba et se balança mollement de droite à gauche, sans pouvoir rien faire pour se libérer si ce n'est s'agiter et gémir.

- On à choppé le gros lot on dirait ! S'esclaffa un petit gars aux cheveux bruns, assez trapu.

- Pour une fois ouais, on devrait en tirer un bon prix, ricana un deuxième qui avait d'étranges cheveux verts, longs et raides avec des fleurs dedans, et de grosses lunettes noires toutes rondes.

(NDA: si si, j'ai rêvé de ce hippie extrémiste du parti écologique dont le nom est Mickael, ça faisait peur mais il m'a fait tripper, donc je l'ai ajouté à l'histoire. Et je précise que je n'ai pris aucune substance illicite pour le faire apparaître dans mes rêves, je m'en serais passée.)

Le cerveau de Levy ne fit qu'un tour, évidemment ils parlaient d'eux, c'était ces types qui avaient crée ce piège, et ils n'avaient pas l'air d'être des saints. Elle serra les poings et s'élança vers eux, ignorant le cri de Gajeel. Et là, il se passa quelque chose qu'elle n'avait pas prévu. Celui qui venait de parler, le type avec les cheveux verts, tendit son bras vers elle et un cercle de magie apparut devant les yeux ébahis de la jeune fille. Elle se stoppa dans sa course mais ne put pas se défendre contre le sort, pas plus que Gajeel qui en fut touché aussi.

- Flower Power !

Sans comprendre à quoi ça lui servait de crier ce genre de choses, et sans comprendre comment il avait fait, une énorme fleur apparut sous les pieds de la mécanicienne, lui faisant perde l'équilibre, puis les pétales se refermèrent sur elle dans un claquement sec. Et ce fut pareil pour le journaliste qui ne pouvait pas se défendre. Tout devint noir et ils n'entendirent plus aucun bruit venant de l'extérieur. La fleur qui les avait happé s'ébranla alors et Levy tomba lourdement sur Gajeel avec un cri.

- Bordel de merde ! C'quoi ce délire ? S'écria-t-elle complètement perdue, tapant contre les parois.

- C'est de la magie, répondit le journaliste, vaguement écrasé sous la jeune fille. A Earthland, les gens ont une magie propre et peuvent l'utiliser, contrairement à nous.

La bleutée parût enfin se rendre compte de la présence de son ami, et s'installa à coté de lui, furieuse.

- Comment tu sais ça ?

- J'ai vu mon double faire, c'était impressionnant.

Levy croisa les bras en grognant, hors d'elle, avant de se remettre à marteler les pétales de l'étrange fleur.

- Mais c'est de la triche, on peut pas s'défendre comme ça ! Comment on va faire, j'veux rentrer à Edoras bordel !

- Ne t'en fais pas Levy, je suis sûr qu'on va s'en sortir, tenta-t-il dans une faible tentative pour les rassurer tous les deux.

- Ouais ben pas sans se battre je crois !

Tous les deux étaient stressés et angoissés de ne pas savoir ce qui allait leur arriver. Ils ne savaient même pas pourquoi ils s'étaient fait capturer. Et contre des mages, ils ne pouvaient rien faire. Ils ne possédaient plus d'armes magiques et leur force seule ne servirait à rien, ils ne pouvaient qu'espérer un miracle. Après un long moment qu'ils passèrent en silence, leur "prison" s'immobilisa soudain, puis disparut. Ils tombèrent sur un sol froid et dur, et des ronces bardées d'épines s'enroulèrent autour d'eux. Ils se trouvaient dans une sorte de cabane qui ressemblait également à un hangar, et les cinq hommes qui les avaient capturés étaient assis en cercle sur de grosses caisses en bois.

- Hey ! Ça vous dérangerai de nous expliquer ce qu'on fout là ? Cria immédiatement Levy.

Contrairement à Gajeel, ses vêtements ne permettaient pas de la protéger des épines, et elle avait déjà quelques belles écorchures. Leurs ravisseurs se tournèrent vers eux, moqueurs, puis le petit trapu s'approcha et s'accroupit devant la jeune fille qui plissa les yeux.

- Oui, ça nous dérange, ricana l'homme en face d'eux. Mais comme tu es une belle femme, je vais te le dire. Le trafic humain rapporte beaucoup d'argent en ce moment, faut qu'on gagne notre vie. Par contre je me demande si on devrait pas en profiter avant de te vendre, tu es vraiment jolie.

- Ne t'avises pas de la toucher toi ! S'écria soudain Gajeel qui se rendait compte de ce que sous-entendait ses paroles et recommençait à voir rouge. Il ne pouvait pas rester là sans rien faire.

- Et si je la touche, tu feras quoi ? Rien, j'imagine.

Et comme pour illustrer ses mots, une lueur violette entoura son pied et il donna un violent coup de pied dans le visage de Levy. La jeune fille hurla et se cogna contre le mur, avant de retomber au sol, le visage en sang, évanouie. Gajeel se releva d'un bond malgré ses liens, mais le coup de poing qu'il reçut dans l'estomac le fit retomber au sol, à court de souffle. Les coups de ce type faisaient plus mal que des coups normaux, il était sûr que c'était lié à sa magie.

Soudain, la porte sauta hors de ses gonds et rentra dans le mur opposé, défoncée, un énorme trou en son milieu. Tous ceux présents dans la pièce firent un bond et se tournèrent vers l'entrée.

- Gajil ! Tu n'étais pas obligé de défoncer la porte ! Protesta une voix féminine qui ressemblait étrangement à celle de Levy, et qui appartenait d'ailleurs à une jeune fille en robe jaune qui lui ressemblait en tout points.

- Un problème avec ça Crevette ? Fallait bien que je soigne mon entrée ! Répliqua la seconde, qui le journaliste reconnut aussitôt, tout comme la personne à qui elle appartenait.

Le Gajil et la Levy d'Earthland venaient d'arriver, ils étaient sauvés !

Les cinq hommes qui avaient capturés le Gajeel et la Levy d'Edoras se précipitèrent sur les nouveaux arrivants, prêts à se battre. Et ils se firent ratatiner en beauté, comme jamais auparavant.

- Rugissement du Dragon d'acier !

Le Dragon Slayer balaya quatre de ses adversaires et le mur, faisant tomber le toit d'un coté de bâtiment. Le bruit grinçant qui suivit fit comprendre que les arbres n'avaient pas été épargnés. Par contre, le hippie aux cheveux verts avait évité l'attaque et se précipitait sur eux. Mais il ne résista pas à Levy.

- Solid Script: Fire !

Il flamba comme si on avait mis le feu à une brindille, à croire que ses cheveux et sa tenue étaient combustibles.

- C'est allé vite, je pensais que ça serai plus marrant, geignit le mage d'acier qui se frotta l'arrière de la tête, déçu par le manque de résistance de ses adversaires.

Jusqu'à ce qu'il remarque qu'il restait deux êtres vivants dans la salle, et pas n'importe lesquels. Son regard grenat croisa celui de quelqu'un qui lui ressemblait trop pour qu'il ne s'en souvienne pas. Et les deux jeunes hommes répondirent la même chose, en même temps.

- TOI ? QU'EST-CE QUE TU FAIS LA ?