Chapitre 9: retour à Edoras
Note de l'auteur: Mon Dieu, un mois pour sortir ce chapitre ! Un MOIS ! J'en reviens pas. Comment j'ai pu être aussi longue ? Faut dire qu'entre, les RPs, les commentaires, les forums et tout ça, j'ai pas vraiment le temps de gérer. Enfin, même quand je l'avais je faisais autre chose. Eh oui, je suis en période flemme. Heureusement, on entre dans la dernière phase de ma fanfic, et ça va être bien mouvementé par la suite. J'espère que je mettrai moins de temps à écrire les derniers chapitre, et encore désolée de vous avoir fait attendre. Un gros merci à Baella qui est devenue ma bêta-lectrice pour les derniers chapitres xD
Lorsqu'Edo-Levy se réveilla le lendemain matin, dans la chambre d'hôtel, le soleil était déjà bien haut dans le ciel. Elle se blottit dans ses couvertures quand elle sentit le vent froid d'automne passer par la porte ouverte. Elle ne voulait pas se lever, pourtant il le fallait bien. Edo-Gajeel et elle devaient absolument retrouver leurs doubles respectifs et enfin trouver un moyen de rentrer chez eux.
Avec un soupir, la mécanicienne se leva et ferma la fenêtre. Elle s'habilla rapidement tout en jetant de brefs coups d'œil à la porte de la salle de bain ou son ami dormait. Une fois que sa brassière et sa mini-jupe furent en place, elle noua son bandeau noir dans ses cheveux et partit réveiller le journaliste. Sauf qu'il n'était même pas dans la salle de bain en fait. Restée plantée dans l'entrebâillure de la porte, la bleutée observait l'intérieur de la douche où le jeune homme avait dormi, s'attendant presque à le voir apparaitre comme par magie.
Mais après quelques secondes, elle se résigna et ferma sèchement la porte. Même les affaires de son ami n'étaient plus là, est ce qu'il était parti ? Mais où ? Et ce n'était pas son genre de ne pas prévenir.
- Putain quel enfoiré, il ose me laisser toute seule ! Ragea-t-elle.
Edo-Levy rangea furieusement ses propres affaires, puis sortit de la chambre en claquant une nouvelle fois la porte. Elle lança la clé au visage de l'hôtesse d'accueil en marmonnant des insultes, avant de s'élancer dans la rue. Peut-être qu'Edo-Gajeel se trouvait chez son double ? Elle l'espérait, n'ayant pas spécialement envie d'aller le voir si ce n'était pas le cas. Et elle ne voulait pas passer pour une pauvre fille inquiète auprès des deux mages d'Earthland, plutôt mourir !
Earth-Levy émergeait lentement, réveillée par le bruit des oiseaux. Un grognement dans son dos lui indiqua qu'Earth-Gajil était bien là, lui aussi. Elle sourit et s'étira longuement en gémissant, plus heureuse et apaisée que jamais. Elle se retourna lentement vers le Dragon Slayer, qui lui était couché sur le ventre, la tête dans les coussins. Avec un petit rire, elle se rapprocha de lui et se coucha dans son dos en murmurant son prénom. Après tout, il paraissait tellement dur et dense que la jeune fille ne devait pas peser bien lourd. Elle caressa ses épaules musclées puis glissa ses mains dans ses cheveux.
- Tu es si fatigué que ça ? Demanda-t-elle innocemment.
Elle se pencha et déposa un baiser dans le cou du mage d'acier, avant qu'il ne tourne la tête vers elle.
- J'suis pas fatigué, je réfléchissais, c'tout, grogna-t-il en capturant les lèvres de la jeune fille.
- A propos d'hier soir ? Tu sais, je suis restée avec ton double parce que je voulais mieux le connaître, tu m'en as tant parlé. Ne sois pas jaloux de lui, je ne veux pas que votre amitié soit gâchée par ma faute.
Gajil fit la moue. Il s'était bien rendu à l'évidence qu'il n'avait aucune raison d'être jaloux. Mais même s'il se sentait proche de son homologue d'Edoras, il ne pouvait ignorer leurs côtés opposés. Et il savait qu'il avait beaucoup de défauts, contrairement à Edo-Gajeel. Se calant plus profondément dans le lit, il passa lentement ses bras autour de la taille de Levy, caressant son dos du bout des doigts.
- Pourtant, tu as plus en commun avec lui qu'avec moi, marmonna-t-il.
La mage aux cheveux bleus leva les yeux au ciel puis donna une petite tape sur le front du Dragon Slayer.
- Ce que tu peux être borné. Je te préfère toi, avec ton côté fort et sauvage, plutôt que lui qui est serviable et cultivé. Déjà, tu es apparu avant dans ma vie et ensuite, je préfère apprendre à connaître quelqu'un qui n'a pas les mêmes centres d'intérêts que moi.
Elle sourit, espérant l'avoir convaincu, puis posa la tête contre sa poitrine et ferma les yeux. Elle n'avait pas prévu de parler de cela à vrai dire, mais elle était de trop bonne humeur pour laisser la jalousie idiote de son petit ami gâcher sa matinée. Rien n'aurait pu troubler la quiétude du moment, si ce n'est la porte d'entrée que les deux mages d'Earthland entendirent claquer violemment. Surpris, ils relevèrent la tête en même temps en percevant des pas précipités, puis sursautèrent lorsque la porte de la chambre s'ouvrit sur Edo-Levy, essoufflée et décoiffée.
- Eh ! La baleine aux piercings ! Sort tes fesses du lit et vient m'aider ! Brailla-t-elle en faisant trembler les murs.
Elle écarquilla les yeux et manqua de s'étouffer en voyant que son double d'Earthland était aussi dans le lit, sous la couverture et bien trop proche du Dragon Slayer. Et vu leurs habits qui trainaient un peu partout, l'hypothèse qu'ils avaient couché ensemble était clairement justifiée. La mécanicienne vira au pourpre et sa main se serra sur la clenche de la porte. Ses yeux furieux croisèrent ceux, à la fois surpris et choqués de la mage aux cheveux bleus, puis ceux d'Earth-Gajil qui lui était assez mécontent.
- D'abord, tu toques au lieu de défoncer la porte, râla le mage d'acier. Et ensuite, dis-moi pourquoi je devrais aider une chieuse comme toi.
Pour une fois, Edo-Levy décida d'oublier les histoires de cœur des deux mages. Après tout, elle avait mieux à faire maintenant.
- Edo-Gajeel a disparu ! J'sais pas où cet idiot est passé, il était plus à l'hôtel quand j'me suis levée. Et j'te signale que ton chat est pas là non plus.
- Lily a disparu aussi ? S'inquiéta soudainement Gajil.
- Tu es déjà allée voir à la guilde ? Demanda Earth-Levy.
- Non, alors habillez-vous et venez !
Sur ces mots, la mécanicienne quitta la chambre en claquant la porte et attendit dans le salon que ses deux amis se préparent. Oui, elle était inquiète, surtout qu'elle voyait mal Edo-Gajeel se défendre contre des mages en cas d'agression. Le Dragon Slayer sortit soudain de la chambre, l'air maussade, suivi de Levy, qui elle semblait gênée que son double d'Edoras l'ai surprise dans cette situation. Sans un mot, dans le silence pesant, ils atteignirent la guilde et entrèrent.
L'intérieur était déjà animé, puisque Natsu, Grey et Elfman se battaient dans un coin. Erza mangeait du gâteau avec Wendy à la table des filles et le maître lisait des magazines douteux sous le regard réprobateur de Mirajane, mais aucune trace d'Edo-Gajeel. Les mages s'éloignèrent précipitamment lorsqu'Edo-Levy traça vers Lucy, assise à table. Elle l'attrapa par le col et se mit à la secouer en ignorant les cris et les protestations qui avaient fusé.
- Je sais que les blondes sont connes d'habitude, mais je suis sûre que c'est TOI qui a fait disparaître l'autre mouton pour me faire chier. Dis-moi où tu le séquestres avant que je te fasse manger tes dents, grosse vache ! Hurlait-elle avec fureur.
Presque aussitôt, Gajil se jeta sur elle, suivi par Natsu et Grey, et même Loki était apparu. Ils la firent lâcher prise et le mage d'acier la cloua au mur. Quant à la blonde, elle s'était tout simplement évanouie, traumatisée par cette nouvelle attaque du double de sa meilleure amie. Earth-Levy s'excusa platement d'ailleurs, puis demanda plus calmement si quelqu'un avait vu le journaliste.
Seules des réponses négatives lui revinrent. Personne ne l'avait vu, il n'était pas venu à la guilde. Gajil le chercha en même temps que son chat dans toute la ville, essayant de retrouver leurs odeurs, mais il rentra bredouille. Edo-Levy passait ses nerfs et ses inquiétudes sur les mages, et ça en devenait insupportable. Earth-Levy, au contraire, essayait de les rassurer malgré sa propre inquiétude. Mais au fur et à mesure que les heures passaient, l'énervement et le stress augmentait, si bien que la mécanicienne finit par craquer. Sans crier gare elle se mit une nouvelle fois à insulter tout le monde, criant que son ami l'avait abandonnée et était rentré à Edoras sans elle.
Ce sentiment oppressant l'étouffait, et malgré sa colère, elle ne parvenait pas à l'extérioriser assez pour se calmer. Elle sortit une nouvelle fois de la guilde en courant, de la même façon qu'hier, sans que personne n'ai le temps de la rassurer. Elle ne ressentait maintenant que le besoin de se vider l'esprit, et pour cela, elle devait courir, le plus loin possible. La tête baissée, elle passa la porte d'entrée et s'engagea dans la rue. Erreur fatale. Sans avoir pu le remarquer avant, elle fonça tête la première contre un certain journaliste aux cheveux noirs qui venait juste d'arriver. Les mages de Fairy Tail sursautèrent en entendant un grand bruit et se précipitèrent dehors. Edo-Gajeel avait terminé étendu sur le sol, et la mécanicienne était tombée sur les fesses et se massait à présent la tête.
- KAH ! z'avez pas idée de courir ainsi ! Cria soudain un petit chat blanc avec un chapeau de paille.
Happy et Sharuru qui étaient restés aux cotés de Natsu et Wendy, sursautèrent en reconnaissant les deux chats d'Edoras qui les avaient hébergés alors qu'ils avaient fui Extalia. Et ils étaient, entre autre, les parents du petit chat bleu. Même s'ils ne lui en avaient pas parlé.
- Marl ! Charlie ! Ça faisait longtemps ! Répondirent les deux petits chats en sautant sur leurs ainés.
- Oh, vous êtes là aussi ? S'exclama Marl en serrant son fils et Sharuru contre elle.
- KAH ! Z'avez pas changé depuis la dernière fois.
Le câlin de l'étrange chat blanc et moustachu se fit plus maladroit, mais Charlie était comme ça, et le raffut qu'il faisait amusait tout le monde. Au moins, l'atmosphère était plus détendue. Détendue ? Oui, peut-être, jusqu'au moment où des cris et des insultes retentirent à coté des Exceeds réunis. Lorsqu'Edo-Levy prit enfin conscience qu'elle était rentrée dans son ami qu'elle pensait disparu, elle se releva rageusement, sa clé à molette à la main.
- Mais t'étais où ? Brailla-t-elle à s'en casser la voix en lui jetant son outil dessus.
Le pauvre homme qui venait juste de se relever fit un bon et se protégea la tête de ses mains. Même si ce fût la fenêtre de la maison derrière lui qui fut touchée, et pas lui.
- Je suis allé chercher les Exceeds avec Panther Lily, se défendit Edo-Gajeel. L'idée qu'ils pourraient peut-être nous aider à remonter à Edoras lui est apparue cette nuit, et il est venu me chercher. Mais je t'avais laissé un mot sur le lit pour te prévenir !
Un mot ? La mécanicienne n'avait rien vu pourtant… Enfin, elle n'avait pas pris la peine de chercher et l'avait immédiatement accusé à tord, c'est vrai…
- Donc tu nous as fait chier pour rien ? S'écria soudain Earth-Gajil, qui n'avait pas été ravi qu'elle le sorte du lit.
- Gajil, arrête, le reprit Earth-Levy en posant une main apaisante sur son bras. Elle ne l'a tout simplement pas vu, ça arrive à tout le monde.
La jeune fille d'Edoras avait baissé la tête, contrite et rouge de honte. Elle s'était énervée pour des prunes et passait à présent pour une idiote aux yeux de tout le monde. Serrant les poings, elle se retint de pleurer du mieux qu'elle put. Elle savait très bien qu'elle avait pourri la matinée à ces mages, ils lui en voulaient, c'était clair. Vraiment, il ne manquait plus que ça. Son sang battait à ses oreilles, si bien qu'elle n'entendait plus rien et fixait simplement le sol comme si elle voulait y créer un trou pour disparaitre dedans. Dans sa colère, elle ne fit que sentir des bras l'attraper fermement par la taille, et elle se retrouva plaquée contre quelque chose de chaud et qui sentait le papier. Edo-Gajeel. Elle releva la tête vers lui et croisa son regard où brillait une étincelle timide. Elle aurait voulu le repousser, mais elle ne le fit pas.
- Tu t'es inquiétée pour moi ? Demanda-t-il innocemment.
Trop de preuves étaient contre elle, elle ne pouvait pas mentir. Autant éluder. Détournant la tête, elle fit la moue.
- A ton avis ?
Elle sentit le journaliste la serrer un peu plus fort, et par un geste instinctif elle fit de même, passant ses bras derrière son dos, secrètement soulagée de le revoir.
- Ça me touche, avoua-t-il d'une petite voix. Mais tu sais, je ne t'aurai jamais laissée tomber. Tu es mon amie, ça ne se fait pas.
Ils restèrent ainsi quelques secondes, puis se séparèrent, vaguement gênés l'un l'autre. Et avec la sensation que leurs cœurs avaient fondu aussi, accessoirement.
- Bon, et si quelqu'un pouvait m'éclaircir un peu les idées… Hasarda Earth-Gajil, les bras croisés.
Panther Lily sauta agilement sur l'épaule de son partenaire qui s'empressa de le caresser. Oui il s'était inquiété pour son chat, et alors ? Prenant une grande inspiration et vérifiant que tout le monde l'écoutait, parce qu'il n'avait pas envie de se répéter, le petit chat noir se lança dans de brèves explications.
- Les ailes des Exceeds ont été crées pour pouvoir retourner à Edoras. Ils ne sont venus à Earthland que parce qu'Extalia a chuté, mais ils peuvent y retourner. La reine Chagotte m'avait indiqué le lieu dans lequel elle et les autres chats allaient s'installer. Lorsque j'y ai pensé, j'ai cherché ton double pour l'y emmener. Il aurait été plus à même d'exposer le problème à la reine que moi. Ainsi, Charlie et Marl se sont portés volontaires pour les aider à remonter chez eux.
- C'est vrai ? S'écria soudain Edo-Levy d'une voix joyeuse.
Des étoiles dansaient presque dans ses yeux. Enfin elle entrevoyait une nouvelle fois l'espoir de pouvoir rentrer chez elle.
- Oui, c'est le cas. Et puis ça nous fait plaisir de vous aider, sourit Marl à coté d'elle.
Des exclamations optimistes fusèrent du groupe, les plus fortes provenant bien sûr de celui de Natsu, Grey, Lucy et Erza. La bonne humeur et le soulagement les gagnèrent. Edo-Gajeel s'excusa d'être parti sans les prévenir de vive voix, suivi avec réticence de son amie aux cheveux bleus, qui n'aimait pas rendre des comptes à quelqu'un. Même si au fond d'elle, la compassion dont firent preuve les membres de Fairy Tail la touchèrent énormément. C'était si différent à Edoras, où tout le monde se moquait d'elle et où elle devait rembarrer tout le monde pour ne pas perdre son honneur.
Cependant, malgré le nouveau sentiment d'euphorie qui l'avait gagné, Edo-Levy ne ménageait pas son empressement. L'envie qu'elle avait de retourner à Edoras au plus vite crevait les yeux, et une bonne partie de la guilde, plus le journaliste et elle, ainsi que les Exceeds, prirent le train en direction de Shirotsume, la ville la plus proche de l'endroit où ils étaient tombés. Non sans avoir salué ceux qui restaient à Fairy Tail au passage une dernière fois.
De là, ils sortirent une carte pour retrouver l'étang dans lequel ils étaient tombé en arrivant, puis se mirent en route dans un silence morose, que seul brisait quelques bribes de conversations. Le groupe traversa la forêt dans laquelle les deux jeunes gens d'Edoras s'étaient fait "enlever", et ils eurent même la chance de tomber sur l'ours qui les avaient chassé de la grotte. Mais vu le nombre de mages présents, il avait préféré fuir. Earth-Gajil était déçu, ça l'aurait amusé de se battre contre un ours. Il aurait pu impressionner sa crevette. Il faisait froid et humide ce jour là, sans doute risquait-il de pleuvoir. Une journée déprimante pour dire adieux à ses amis…
Ils arrivèrent bien trop vite à destination et les soupirs communs se firent entendre de partout. Sauf venant de la mécanicienne. Elle sautait presque de joie, elle. Instinctivement, tous levèrent la tête vers le ciel. Vers ce monde qu'ils ne pouvaient pas voir, mais dont l'entrée se trouvait juste ici. Edoras était plus petit qu'Earthland. Evidemment, ils auraient pu partir directement de la guilde et chercher une fois dans les cieux. Mais rien ne garantissait que Charlie et Marl puissent tenir avec leur magie activée. Autant leur faciliter la tâche en réduisant la distance.
- Bon, j'crois que c'est l'heure d'y aller, lâcha le Dragon Slayer d'une voix bourrue.
Il passa une main rêche dans ses cheveux noirs, une étrange moue collée au visage. Non, il ne voulait pas que son double parte. Et ça se voyait en plus de se faire sentir. Mais il s'en foutait, pour une fois. Edo-Gajeel avait la même tête que lui lorsqu'il se retourna vers son homologue. Ils craquèrent presque en même temps et se jetèrent l'un contre l'autre pour s'étreindre virilement. Du moins, le plus virilement possible malgré leurs yeux humides.
- Prend soin de toi, mon moi d'Edoras, grogna Earth-Gajil, les yeux étroitement clos pour que personne ne puisse y voir sa tristesse.
- Toi de même, mon moi d'Earthland, lui répondit Edo-Gajeel en lui tapotant le dos. J'ai été content de te revoir.
Un faible sourire emprunt de maladresse s'afficha sur son visage et il tapota gentiment l'épaule du mage d'acier avec qui il avait tant partagé. Puis, il se tourna vers Earth-Levy qui le serra à son tour contre lui.
- Fais attention à toi, Edo-Gajeel. Et n'oublie pas de penser à moi quand tu liras avec mes lunettes, plaisanta-t-elle pour détendre l'atmosphère.
- Je n'y manquerai pas. Veille sur mon double du mieux que tu le peux, Earth-Levy.
Sa phrase lui valut un regard à la fois courroucé et moqueur de la part de la mécanicienne, et le Dragon Slayer leva les siens vers le ciel. Il pensait le contraire, mais n'avait pas le cœur à rembarrer son double. Cependant le journaliste était trop occupé à passer dans les bras de tout le monde pour remarquer son air agacé. Marl et Charlie échangeaient quelques mots avec Happy et Sharuru, au bord de l'étang. Timidement, Edo-Gajeel se dirigea vers eux après avoir fait ses adieux à tout le monde, puis déclara:
- Nous sommes prêts à partir je pense.
- KAH ! C'est pas trop tôt ! Vous alliez pas tarder à me faire pleurer avec vos retrouvailles ! S'écria Charlie qui en fait pleurait déjà.
Edo-Levy était restée à l'écart, et n'avait rien dit à personne. Mais elle ne put ignorer la main qui se tendit vers elle.
- Sans rancune ? Râla Earth-Gajil, qui s'était discrètement approché d'elle, l'air indifférent même si ses paroles trahissaient bien ce qu'il ressentait, pour une fois que ce n'était pas l'inverse.
Si sa nouvelle petite amie ne lui avait pas collé son coude dans le ventre, il n'aurait pas fait le premier pas. Ah les filles… La mécanicienne observa sa main tendue, puis les mages, puis le journaliste. Avec un soupir, elle la serra, essayant de lui faire le plus mal possible, tout comme il essaya aussi. Tous les deux arboraient un regard arrogant, mais pour une fois, aucun ne lança de pique à l'autre.
- Ouais. Sans rancune, lâcha-t-elle avec un sourire en coin provoquant.
Elle se tourna ensuite vers Earth-Levy, qu'elle contempla longuement, plongée dans l'indécision. Puis elle finit par craquer aussi et enlaça à son tour son double, lui administrant les mêmes recommandations que la mage lui donnait. Elle adressa un geste vague et timide aux autres membres de la Fairy Tail d'Earthland, qui le lui rendirent avec un sourire étincelant. Puis elle se plaça à coté de Marl qui l'attrapa et la souleva du sol grâce aux ailes qui lui avaient poussé dans le dos. Elle se tourna vers Edo-Gajeel qui était dans la même position et tenait son chapeau pour ne pas qu'il tombe. Le décollage alla lentement, le temps pour tout le monde de crier une nouvelle fois des encouragements et des mots d'espérance pour ceux qui venaient du monde qui leur était opposé. Les gestes de la main fusaient, jusqu'au moment ou les deux jeunes gens d'Edoras furent tellement haut que les silhouettes en bas leur apparaissaient comme des grains de sable colorés.
- KAH ! Toutes ces émotions, c'est plus pour moi, brailla le chat blanc qui fixait un point dans les nuages, comme si cela pouvait empêcher les autres de voir ses larmes.
- Allons Charlie, ne pleure pas pour ça, il faut penser positivement, le réconforta Marl avec un sourire gêné.
Elle essayait tant bien que mal de gérer une mécanicienne qui se révélait avoir un gros problème de vertige et criait en battant des bras. Le journaliste lui attrapa la main avec un petit rire et lui intima de regarder au dessus pendant que les deux chats se rapprochaient de plus en plus de la couche nuageuse. La température devenait glaciale, et l'air qui entrait dans leurs poumons était comme figé. Ils passèrent à travers les nuages, et en ressortirent presque entièrement trempés. Avant de devoir ralentir brusquement après avoir manqué de se cogner à une énorme masse rocheuse.
- KAH ! On voit rien avec ce brouillard, un peu plus et on serait retombés !
Edo-Levy se retint de balancer une remarque au chat à propos de ses "KAH" incessants, mais se retint, trop heureuse de revoir enfin Edoras. Même si techniquement, ils étaient en dessous. Les deux chats volèrent le long de la paroi rocheuse, puis en suivirent la courbe pour remonter. Les nuages passés, ils débouchèrent au dessus de l'île principale, devant une grande plaine. C'était le début de l'après-midi, contrairement à Earthland où le soleil n'allait pas tarder à se coucher, paradoxalement. Les Exceeds les déposèrent enfin au sol, sur lequel la bleutée s'empressa de se coucher, heureuse d'avoir retrouvé la terre ferme.
- Merci infiniment, sans vous nous n'aurions pas pu revenir, déclara Edo-Gajeel avec un large sourire.
- De rien, c'est normal. Et puis ça nous à fait plaisir de vous accompagner, même si Extalia n'est plus, revoir notre ancienne patrie nous rends heureux aussi, lui répondit Marl en lui tapotant la joue.
- KAH ! Tu parles ! Z'étiez lourds ! Se plaignit Charlie même s'il s'empressa de faire de même.
Ils se dirent adieu rapidement, puis les deux chats redescendirent vers Earthland sans perdre de temps, pour ne pas tomber en rade de magie. Le journaliste resta un long moment à regarder les nuages dans lesquels ils avaient disparu, déjà nostalgique. Edo-Levy ne dit rien sur le moment, et se contenta de poser une main sur son épaule, sans toutefois le regarder. Tous les deux savaient ce que ça impliquait. Retourner à Earthland pour rester avec leurs doubles respectifs n'était pas dans l'ordre des choses. Même si Edo-Gajeel le souhaitait plus que tout parce que le Dragon Slayer avait été son seul confident, il devait se faire à l'idée qu'il ne le reverrai plus. Et pour cela, il valait mieux que la mécanicienne ne dise rien, même si étrangement, elle aurait souhaité lui souffler qu'elle était là, elle. Les minutes passèrent en silence, un silence morose, chargé de tristesse. Mais le journaliste ne pleurait pas, non. Fixant les nuages, la jeune fille aux cheveux bleus se décida enfin à demander faiblement:
- On fait quoi maintenant ?
Le jeune homme se tourna vers elle, une drôle de lueur dans les yeux. Lui savait déjà ce qu'il voulait faire.
- On va arrêter Faust avant qu'il ne prenne d'assaut la capitale ! En trois jours, il n'a certainement pas eu le temps de stocker toute la magie nécessaire à l'offensive, on a encore une chance.
La jeune fille hocha la tête. Ça c'était un plan qui lui plaisait. Ils se repérèrent rapidement, et en déduisirent que le repaire de l'ancien roi devait se trouver à environ une demi-heure au Sud. Et c'est main dans la main qu'ils partirent exécuter leurs plans.
