Chapitre 12: Opposés ?
Note de l'auteur: Eh voila, nouvelle fanfiction terminée ! Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle m'aura pris du temps, mais je ne suis pas mécontente de l'avoir écrite avant mon UA. Mes idées ont eu le temps de mijoter, vous allez voir ce que je vous réserve... En espérant que ce chapitre ci comblera la petitesse du précédent, et que la fin vous plaira ! ) Merci à vous de m'avoir suivie tout au long de la publication, je vous adore !
A peine entrée dans la chambre où Gajeel se reposait après avoir failli mourir, Levy avait tiré une chaise et s'était affalée dessus, à coté du lit. Il était tard, et même si elle n'avait pas subi la fatigue avant, maintenant elle n'en pouvait plus. Avec un regard à la fois attendri et inquiet, elle fixa le journaliste. Il paraissait aussi blanc que la couverture immaculée qui le recouvrait. La jeune fille ricana sans pouvoir s'en empêcher en remarquant que sa jambe droite avait été agrémentée d'un joli plâtre. Mais sinon, il n'y avait vraiment pas de quoi rire. Le pauvre se retrouvait sans lunettes, et surtout sans chapeau. Elle espérait qu'il ne déprimerai pas trop en se réveillant, et y veillerai même personnellement. Après de longues minutes passées dans un silence de plomb, seulement brisé par les moniteurs et autres machines, Levy soupira. Epuisée, elle posa sa tête sur un petit bout du lit et s'endormit en remerciant silencieusement les Dieux d'avoir sauvé celui qu'elle aimait. Mais pour l'instant, c'était un secret…
Durant les deux jours qui suivirent, un nombre incalculable de personnes défilèrent dans la chambre du journaliste, qui pourtant continuait de ronfler sans se réveiller. Quel fainéant. Jason, Mystogan, Dragion, Ashley, Mirajane, Jett et Droy, et tous les autres vinrent lui rendre visite et saluer Levy. Ils venaient aussi pour l'entendre raconter ce qu'il s'était passé à Earthland, même si à chaque fois qu'elle recommençait le récit, les signes que cela l'énervait étaient de plus en plus visibles. Résultat, après le passage de tout ce beau monde, il traînait à présent une bonne pile de cadeaux dans la chambre, tous destinés à Gajeel.
D'ailleurs, le roi avait fait écrire un bon gros article sur elle et le jeune homme, dans le journal local. Elle allait devenir célèbre et pouvoir narguer la blonde ! Même si le succès ne lui plaisait pas tant que ça. Elle aurait préféré rester incognito. Des gens allaient la harceler dans la rue à présent, et elle n'allait certainement pas signer des autographes ! Enfin, ça lui faisait toujours de la pub gratuite pour son garage. A peine rentrée d'Erthland, elle avait aussitôt regardé les annonces dans le journal et les prix pour s'acheter un studio.
Le lendemain:
Mystogan était revenu en coup de vent pour prévenir Levy qu'il avait confié la moto de Gajeel à l'accueil de l'hôpital. Les gardes qui avaient été du coté de Faust l'avaient conservée et il l'avait sortie des décombres. Le temps de réparer deux ou trois petites choses, il la leur avait apportée, histoire de pouvoir rentrer à la capitale assez vite. Et vu la jambe cassée du journaliste, c'était Levy qui conduirait, et il ne pourrait pas s'y opposer. Elle s'en frottait les mains d'impatience.
Le roi était ensuite reparti, laissant seuls les deux jeunes gens. Le temps commençait à se faire long, mais les médecins disaient que Gajeel ne tarderait plus à émerger. C'était pas trop tôt, elle s'ennuyait elle ! Et trouvait la promesse qu'elle s'était faite totalement idiote maintenant. Elle avait dit ça sur un coup de tête, avec l'inquiétude, mais n'avait pas pensé qu'elle devrait attendre si longtemps. Une promesse étant une promesse, elle ne pouvait pas désobéir, ce n'était pas son genre. Après quelques heures passées à l'observer, une idée lui vint et elle sortit de la chambre. Elle allait le rendre classe, son plâtre, ce serait son cadeau. Traversant les couloirs, heureuse de se dégourdir les jambes. La mécanicienne se dirigea innocemment vers l'accueil, puis vers l'espace enfants. C'était un petit coin où quelques gosses s'amusaient derrière de petites barrières en bois, comme s'ils se trouvaient dans un champ. Mais tout cela disparut lorsque la mécanicienne détruisit les barrières d'un coup de pied pour marcher vers une petite table où se trouvait des craies grasses et autres feutres.
- J'vous emprunte ça, bande de sales mioches, dit-elle au milieu de leurs petits cris surpris et terrifiés.
Puis, toujours aussi emprunte d'innocence, elle retourna dans la chambre du jeune homme avec un petit sourire. Maintenant, elle avait de quoi s'occuper pour le reste de l'après-midi.
Le lendemain matin par contre, il fallait reconnaître que sa patience était à bout, elle avait besoin de se défouler, absolument. Et pour cela, quoi de mieux que de suivre les infirmières ? Elle devait se changer les idées, et pour cela, elle convainquit des stagiaires inexpérimentées de la laisser piquer à son tour. Beaucoup de patients avaient souffert, et le bouche à oreille était allé plus vite qu'elle. Elle entrait à peine dans les chambres que les malades s'évanouissaient, apeurés après avoir entendu l'histoire de "l'infirmière tortionnaire malgré son coté sexy". Même les hommes n'en voulaient pas. Et la plupart du temps, lorsqu'ils le disaient franchement, ils se prenaient également une baffe de la part de la mécanicienne, qui se retrouvait outrée par tous ces malpolis. Finalement, la direction était venue la voir pour faire cesser tout cela, et la jeune fille avait été "courtoisement" conviée à regagner la chambre de Gajeel, sous peine de se faire virer de l'hôpital si elle ne s'exécutait pas.
Elle le fit avec un peu de mauvaise volonté, puisque s'ennuyer était une des choses qu'elle détestait le plus. Si encore elle avait le droit de boire un verre ou deux à l'accueil, mais non, forcément, de l'alcool dans un hôpital n'était pas possible. Il fallait montrer le bon exemple aux malades et ne pas consommer. Résignée à attendre, elle s'était assise sur sa chaise habituelle, regardant le plafond et sortant une insulte mentale à chaque bruit que faisaient les machines. Jusqu'à ce que ce soit un drôle de gémissement qui les couvre. En premier lieu, Levy crut avoir rêvé. Elle avait tant espéré entendre un bruit du même genre ces derniers jours qu'elle pensait que son cerveau venait juste de le créer. Mais lorsqu'elle reporta son regard sur Gajeel, elle comprit que finalement, elle n'avait rien inventé du tout.
- Tiens... enfin debout tapette ? Demanda-t-elle narquoisement.
Avec un petit soupir, Gajeel ouvrit les yeux à l'entente de cette voix qu'il ne connaissait que trop bien. La première chose qu'il vit fut un plafond blanc, et lorsqu'il tourna la tête sur le coté, et qu'il vit les différents moniteurs, il comprit qu'il était à l'hôpital. La tête lui tournait et son corps lui paraissait lourd, comme s'il avait dormi trop longtemps, et c'était le cas de le dire. Tournant une nouvelle fois la tête de l'autre sens, il vit Levy et lui sourit timidement. Il savait ce qu'il avait fait, il s'en souvenait parfaitement.
- Comment tu te sens ? Demanda-t-elle gentiment en attrapant sa main.
S'il fut surpris de la voir aussi attentionnée, il ne montra rien et serra la main de la jeune fille en retour.
- Un peu fatigué encore, lui répondit-il doucement.
- Tu plaisantes ! Ça fait des jours que tu dors, feignasse !
- C'est que j'en avais besoin, mais mis à part cela, je vais bien.
Lorsqu'elle entendit ces mots, la mécanicienne se leva soudainement, avec un étrange sourire plutôt inquiétant et un air noir. Pourtant il avait dit cela pour la rassurer, ce n'était pas la réaction qu'il escomptait. Le journaliste eut la bonne idée de se tasser dans son lit et de se faire tout petit, même s'il ignorait pourquoi il était obligé d'agir ainsi. Levy était énervée, mais du diable s'il savait pourquoi. Étais-ce à cause de ce qu'il s'était passé il y a quelques jours ? Il fallait croire que oui. Lorsqu'elle prit une grande inspiration, Gajeel se douta bien avant qu'elle ne lâche le moindre son que ça allait gueuler.
- NAN MAIS Y'A INTERÊT A CE QUE TU TE SENTES BIEN VU TOUT LE TEMPS QUE TU M'AS FAIT POIREAUTER ICI !
Devant sa fureur, Gajeel s'était bouché les oreilles et tassé dans son lit. La mécanicienne était devenue rouge de colère et s'était mise à brailler d'une voix qu'il ne reconnaissait plus. Sans compter que sa technique de s'aplatir ne marchait pas tant que ça, vu qu'elle l'attrapa par le col pour le secouer par la suite. Les moniteurs avaient perdu la tête depuis quelques secondes déjà, mais les cris de la jeune fille les couvraient aussi facilement que s'ils étaient éteints.
- Sérieux, qu'est ce qui t'as pris de me lâcher espèce de petit con ! Tu tenais tant que ça à jouer les héros débiles ? Mais, sale égoïste, est ce que t'as pensé à moi en faisant cette connerie ? Tout ça pour un putain de chapeau, il est plus important que moi c'est ça ?
Levy avait hurlé si fort qu'elle s'était soudainement stoppée pour tousser, et avait lâché le journaliste comme s'il s'agissait d'un vieux linge sale. Ce dernier était retombé dans le lit, sans bouger, comme paralysé, les yeux fixé sur les joues de la mécanicienne devenues humides à cause de ses larmes. Après une dernière insulte, elle se détourna rageusement pour sortir de la salle, ouvrant la porte alors que juste derrière, un médecin et une infirmière voulaient faire de même, alertés par les cris.
- Occupez vous de cette merde, j'vais faire un tour moi, leur avait-elle dit en les poussant à l'intérieur.
Elle était sortie avec hâte pour se défouler et laisser faire les médecins, sans jeter ne serait-ce qu'un regard derrière elle. Elle fit cinq fois le tour du parc pour se calmer les nerfs, tout en insultant le journaliste. Il fallait que ça sorte, elle n'en avait rien laissé paraître ces derniers jours parce qu'elle réservait toute sa mauvaise humeur et son stress pour lui, pour qu'il comprenne tout ce qu'elle avait ressenti, tout ce qu'elle ressentait encore. Et elle espérait que ça avait marché. Elle n'aurait peut-être pas du lui crier dessus vu son état, même si les médecins avaient déclaré qu'il était en état de rentrer chez lui du moment qu'il ne bougeait pas trop, pour ne pas rouvrir ses blessures. Sans oublier qu'elle lui avait dit des choses qu'elle n'aurait pas avouées en temps normal. Elle avait montré clairement qu'elle s'était fait du souci pour lui, et qu'il était important pour elle. Enfin, maintenant qu'il était réveillé, ils allaient partir dès que possible. Elle lui laissait encore quelques heures de repos et c'était tout.
Avec un soupir, elle termina sa promenade qui avait tout de même duré une heure et demie et entra une nouvelle fois dans le bâtiment, pour aller retrouver le journaliste dans sa chambre. Levy avait défoncé la porte d'un coup de pied pour voir Gajeel se tasser en l'apercevant, de peur qu'elle ne recommence à le secouer. Elle l'avait aussitôt rassuré d'un ton boudeur et s'était affalée une nouvelle fois sur une chaise, se murant dans un profond silence qui dura quelques minutes, pendant lesquelles, elle vit le jeune homme lui jeter de brefs coups d'œil, n'osant pas engager ne serait-ce qu'un début de conversation. Finalement, avec une petite moue, la mécanicienne attrapa un sac qui trainait à coté du lit, le sien à n'en point douter, et fouilla à l'intérieur. Un sourire sadique qui inquiéta Gajeel apparut sur le visage de la jeune fille lorsqu'elle en sortit une boite fine et rectangulaire.
- Vu que t'as pété tes lunettes, j'ai fait l'effort de t'en racheter, tu m'dois des sous.
Ouvrant la boite, elle en sortit lesdites lunettes et les colla sur le nez du journaliste. Comme elle avait gardé son ancienne paire cassée, elle avait prit la même taille, donc il n'y aurait aucun problème. Sauf peut-être pour la couleur...
- Et comme t'es une tapette, j't'en ai pris des roses, pour que ce soit assorti à ton putain de caractère, ajouta-t-elle en croisant les bras. T'avise pas de les refuser.
En voyant ses lunettes, Gajeel ne put s'empêcher de rire. Il s'y habituerai sans doute. Et n'avait ni le courage, ni l'envie de les refuser. C'était un cadeau de Levy après tout, le premier qu'il avait jamais reçu d'elle. Il en rougit d'ailleurs lorsqu'il s'en rendit compte.
- Merci beaucoup Levy, ça me fait très plaisir, je les garderai précieusement.
Son sourire si heureux devait être contagieux, puisque les lèvres de la jeune fille s'étirèrent également et qu'elle le lui rendit. Gênée, elle détourna le regard et le reporta sur son plâtre qu'elle avait joliment décoré il n'y a pas si longtemps.
- Par contre, je doute que ça colle avec ton pied, ricana-t-elle.
Il fallait bien se rendre à l'évidence, des lunettes roses n'étaient pas idéales lorsqu'il y avait un gros dinosaure vert dessiné sur un plâtre, à coté de plusieurs signes obscènes et d'un "si tu me touches, tu vas te prendre ce plâtre dans les fesses". Typique de Levy en fait. Voulait-elle qu'il provoque les gens sans même dire ne serait-ce qu'un mot ? Il allait se faire frapper !
- Voyons, tu abuses Levy ! S'exclama le jeune homme.
La bleutée lui tira la langue et cette fois ce fut à cause d'un fou rire que les murs tremblèrent. Ils profitaient de la chance qu'ils avaient de ne pas être séparés. Levy avait repris la main du journaliste qui se massait le ventre, et toute trace de colère s'était dissipée à présent. Lorsqu'ils eurent repris leur sérieux, le silence et le calme retombèrent doucement, comme si un voile les avait recouverts. La mécanicienne en profita pour raconter tout ce qui était arrivé ces derniers jours, pendant qu'il dormait. Elle parla de Mystogan, de ce qu'il avait fait pour les aider, puis de tous ceux qui étaient venus le voir, avant de désigner les cadeaux qui traînaient d'un vague signe de tête. Gajeel les avait déjà remarqués, mais parût surpris de voir que tant de gens aient fait attention à lui. Ça n'avait que rarement été le cas jusqu'à maintenant. Peut-être qu'on tenait plus à lui qu'on ne le laissait paraître. C'était à la fois gênant et touchant. Pendant un instant, lorsqu'il avait lâché la main de Levy pour la sauver, il s'était dit que peu de personnes risquaient de le regretter. Il se rendit compte que tout laisser tomber avait été incroyable lâche.
- Je suis vraiment désolé, Levy, lâcha-t-il honteusement en regardant le sol.
La bleutée l'observa en haussant les sourcils, surprise. Elle avait bien compris pourquoi il s'excusait, et n'allait pas lui demander de se justifier. Il avait compris son erreur, c'était tout ce qu'elle souhaitait. Surtout qu'en plus, elle savait déjà ce qu'il allait dire, à peu de choses près. Autant ne pas s'embarrasser de telles situations. Au lieu de cela, elle poussa un long soupir avant de lui sourire à nouveau.
- Tu m'as fait peur tu sais, petit imbécile, dit-elle sur un ton qui se voulait grognon, même si elle ne l'était pas. Et j'accepterai tes excuses quand on sera sortis de ce foutu hôpital, ça commence à me gonfler.
- Les médecins ont dit que je pouvais sortir, à condition que je bouge le moins possible, mais avec mon plâtre, cela risque d'être contraignant, sans oublier les frais et le payement des soins.
- On s'est cotisés à Fairy Tail et on a tout payé. Donc en fait, y'a pas qu'à moi que tu dois des sous. C'est con, t'as même pas joué au casino et t'es déjà endetté. Et si, on va se casser, parce que je l'ai décidé, et puis de toute façon c'est moi qui conduis la moto.
Gajeel ouvrit la bouche pour protester mais préféra se raviser. Son amie avait toujours sa clé à molette. Et même si l'argument de la moto était des plus discutable coté sécurité, il fut bien obligé de plier sous son regard pesant et son air de tyran qui disait très clairement qu'elle le forcerai à monter. Poussant un léger soupir, il céda donc, et lui demanda poliment d'aller chercher un médecin pour signer une autorisation de sortie. Levy avait râlé, disant qu'il pouvait très bien se casser ni vu ni connu, mais ça ne se faisait pas. C'est donc avec une mauvaise volonté sans bornes qu'elle alla à l'accueil en traînant des pieds, et fit appeler un médecin qu'elle ramena ensuite dans la chambre par le col.
Une fois les papiers signés, elle renvoya l'homme en blouse blanche à ses occupations et s'empressa d'aider Gajeel à se lever. Cependant, en entendant ses gémissements de douleur, elle ralentit la cadence, n'ayant pas franchement envie que sa blessure se rouvre et que son séjour dans ce foutu hôpital soit encore rallongé. Avec prudence, la jeune fille passa un bras autour de la taille du journaliste et l'aida à boitiller jusqu'à l'accueil. Et la tâche n'était pas aisée, vu qu'elle était plus petite que lui, même avec ses semelles compensées. Quelle plaie ! Finalement, après une marche qui les avaient épuisés comme s'ils avaient couru un marathon, ils étaient finalement sortis et Levy avait installé Gajeel sur les marches devant le bâtiment, pendant qu'elle retournait à l'accueil chercher les clés de sa moto qu'on avait déposée à la réserve.
Lorsqu'il la vit revenir en trombe et freiner brusquement, le pauvre homme se demanda s'il ne devait pas sauter à cloche pied jusqu'à la cafétéria pour chercher de la sauce tomate et jouer le blessé. Enfin, avec son plâtre, c'était mission impossible. Mais Levy roulait bien trop vite à son goût. Surtout que pour l'instant, ils n'étaient encore que dans le parc ! Avec un sourire angélique qui présageait pourtant qu'elle allait se comporter en véritable diablesse, la bleutée l'aida à se relever et l'installa à l'arrière.
- Les rôles sont inversés maintenant, pas comme la dernière fois, ricana-t-elle en s'installant devant.
Bien évidemment, elle faisait référence à la fois où il l'avait emmenée faire un tour. Avec un sourire timide et mal assuré, Gajeel passa ses bras autour de la taille de Levy, en la priant de faire doucement. Et malgré ses précautions, il se prit encore une jolie remarque de la jeune fille, lui disant de ne pas la toucher ailleurs.
- Essaye de ne pas aller trop vite, je ne voudrais pas faire d'accident, la pria-t-il, même s'il savait qu'elle ne l'écouterai pas.
Le démarrage fut difficile. Un peu comme deux personnes installées sur une bicyclette en fait. C'était surtout un problème d'équilibre, et la moto était trop lourde pour la pauvre mécanicienne, qui, même avec un pied à terre, avait du mal à la faire démarrer. Gajeel prit donc le relais du mieux qu'il put malgré son plâtre, et une fois que le moteur ait enfin daigné répondre, Levy reprit les devants. Lui qui avait espéré pouvoir conduire, c'était raté. Au début il était plutôt raide, mais finalement il s'était laissé aller et avait posé son menton sur l'épaule de Levy. Elle n'avait rien dit, pour une fois, trop concentrée et heureuse de conduire sa belle moto. Le trajet leur pris plus d'une heure et demi, Louen était la ville la plus lointaine de la capitale. Mais finalement, ils atteignirent leur but, c'est-à-dire, la maison de Gajeel. Encore une fois, Levy l'aida à descendre et à rentrer chez lui, avant de l'installer dans le canapé.
- Vu ton état, si jamais t'as besoin de quelque chose, tu me préviens. Mais si tu veux pas me déranger par galanterie, ça me va aussi, déclara-t-elle, les mains sur les hanches avec un petit sourire.
- Très bien, mais je pense parvenir à me débrouiller par mes propres moyens, lui répondit Gajeel en lui tapotant l'épaule avant de la serrer brièvement dans ses bras.
Comme à chaque fois que ce n'était pas un contact qu'elle souhaitait elle-même, elle se raidit et se retint de le repousser. Même si étonnamment, à chaque nouvelle fois, ça devenait un peu moins dur. C'est vrai qu'elle se sentait bien là…
- Prend soin de toi, et fais pas de conneries, j'ai pas envie que tu te retrouves encore à l'hôpital, ou pire, parmi les morts.
Le repoussant gentiment, elle lui donna frappa dans le dos ce qui manqua de le projeter au sol. Elle s'attarda encore un peu pour boire un verre et parler de ce qu'elle comptait faire maintenant qu'elle était de retour chez elle. Avant tout, passer du temps à la guilde pour se battre avec Jett et Droy, un façon de dire qu'ils lui avaient manqué. Boire au comptoir et écouter les ragots de Mirajane aussi… Et après, visiter différents studios pour son garage. Elle en avait quelques uns en vue, mais elle ne voulait pas acheter sans avoir visité. Ça pouvait très bien être une arnaque. Puis elle prit congé et rentra chez elle. Ça tombait bien, Gajeel avait de la poussière et du rangement à faire. Avec son plâtre, il ferait du sport !
Durant le mois qui suivit, Gajeel et Levy n'eurent plus trop d'occasion de se voir. Le journaliste s'était peu à peu remis et avait repris le travail, il partait donc aux quatre coins d'Edoras tous les deux jours. Quant à la jeune fille, elle était occupée à meubler son garage et ne sortait plus trop. Les rares fois où ils s'étaient vu dans la capitale, ça avait été en coup de vent, pour échanger quelques politesses, mais rien de plus. Ça l'ennuyait, elle était habituée à sa présence, et adorait le taquiner avec des blagues sadiques. Son absence était un manque qu'elle n'arrivait pas à combler, même auprès de ses amis. Jett et Droy étaient bien évidemment là pour une bonne baston, ainsi que le reste des membres de la guilde, mais ce n'était pas pareil.
Elle l'avait vu sortir de chez lui ce matin, alors qu'il partait pour Traya, qui se trouvait à trente minutes à pied. Apparemment, une voiture ayant été identifiée comme celle de Natsu avait renversé un arbre sur une maison, et il avait été charger d'aller voir. Levy se frotta les mains en cachette. Elle pouvait faire pression sur Ashley, car si c'était bien Dragion qui était à l'origine de tout ça, elle pouvait l'obliger à faire tout ce qu'elle désirait, sinon elle demanderai à Gajeel de publier un bon gros article sur cette histoire. C'était démoniaque, mais elle était prête à le faire. Puis ils s'étaient séparés, comme à chaque fois en ce moment. La bleutée soupira en observant la maison du journaliste, puis repartit dans son garage, terminer de réparer des voitures. Pourtant, malgré cela, elle s'ennuyait. C'était la première fois qu'elle avait envie d'avoir une vraie conversation avec quelqu'un, qui plus est un homme, et une tapette en plus. Mais l'envie de voir Gajeel, de lui parler, d'entendre sa voix, devenait pire de jour en jour. Ça ne lui plaisait pas, et pourtant elle savait que c'était inévitable. Elle en était même venue à douter, à se dire qu'il l'évitait peut-être, qu'il ne voulait pas lui parler. Et elle se raisonnait les minutes suivantes en se disant que Gajeel était tout simplement trop galant pour ça. Quelle idiote, sans même s'en rendre compte, elle s'était rapprochée et avait fini par s'habituer à la présence du jeune homme, allant jusqu'à en tomber amoureuse. Fallait que ça tombe sur elle tout ça…
Elle avait besoin de savoir si c'était réciproque maintenant, sa curiosité devait être satisfaire même si cela impliquait de transgresser un interdit. Alors, d'un pas décidé, elle sortit de son garage et se dirigea vers la maison du journaliste. Elle avait prit soin d'emmener quelques outils et elle n'eut aucun mal à forcer la porte. Il allait la disputer, mais elle s'en fichait, elle pouvait toujours accuser un cambrioleur, en plus, il n'était même pas là. Elle entra dans sa chambre et ouvrit d'un geste vif le tiroir de la commode où Gajeel rangeait et classait toutes ses notes. Comme elle l'avait déjà entre-aperçu la dernière fois, elle n'eut aucun mal à trouver les feuilles sur lesquelles il parlait d'elle. Fouillant dans les papiers tout en évitant de trop les déplacer pour ne pas avoir à tout remettre en ordre et perdre du temps ensuite, elle attrapa les feuilles qui portaient la date du jour de leur première rencontre. Elle n'aimait pas lire, encore heureux que son écriture à lui soit propre et lisible.
Mirajane m'a présenté une de ses amies aujourd'hui, au bal. La connaissant, elle a dû la forcer à venir à ce bal, et avait dans l'idée de lui trouver un cavalier. C'est ce que je me suis dit en voyant sa tête. Elle semblait plus énervée qu'autre chose. Quoi qu'il en soit, la jeune fille en question s'appelle Levy. Levy Mcgarden. Elle a des cheveux d'une étrange couleur bleue, avec un ruban un peu excentrique. Disons plutôt qu'il était curieux par rapport à sa tenue, vu les têtes de mort qu'il y avait dessus… Le contraste entre les deux était d'ailleurs très amusant, j'ai tout de suite remarqué qu'elle n'était pas le genre de fille à aller danser et à se préoccuper des garçons. Et j'avais raison, puisque sa passion est la mécanique. (Note à soi-même: Il faut toujours suivre ses intuitions !) Après avoir dansé, elle m'a proposé de venir réparer ma moto demain… J'espère qu'elle y arrivera, je pense que je peux lui faire confiance pour cela, malgré son caractère introverti, elle a l'air de travailler rigoureusement. Et puis, je la trouve gentille sous ses petits airs de femme tyrannique. Elle semble froide et n'a pas l'air d'aimer la compagnie, en particulier celle des hommes. Pourtant, elle est très jolie et aurait beaucoup de succès si elle ne repoussait pas les prétendants avec son vocabulaire un peu familier. Elle fait partie de Fairy Tail, la fameuse guilde que chassait Faust du temps où il était encore au pouvoir. Elle doit être très courageuse pour avoir osé lui résister. Quoi qu'il en soit, je suis tombé sur un sacré brin de femme !
Comment ça tyrannique ? Elle en apprenait de belles ! Apparemment, monsieur le journaliste se lâchait plus à l'écrit qu'à l'oral. Elle allait se venger quand elle le verrait. Mais pour l'instant, elle avait autre chose à faire. En lisant les autres feuilles, ses yeux se plissèrent lorsqu'elle vit qu'il avait noté son âge, son adresse, et même ce qu'elle aimait faire ou ce qu'elle préférait manger ! Les gens avec qui elle parlaient, les derniers films qu'elle avait vu, les fleurs qu'elle avait chez elle pour lui faire un bouquet, et il avait même dressé une liste de tous les outils qu'elle avait chez elle au cas où il lui en manquerait ! A ce niveau là, ce n'était plus de la recherche d'information, c'était de l'espionnage ! Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne faisait pas les choses à moitié.
Cependant, au fur et à mesure qu'elle lisait toutes ces belles choses qu'il avait écrites, ses joues s'empourpraient, et son cœur battait de plus en plus vite. C'est vrai que cette étrange liste de tout ce qu'elle faisait l'énervait, mais elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il avait du y consacrer beaucoup de temps. Elle avait d'étranges sensations dans le ventre, comme si des papillons y étaient entrés et ses mains tremblaient de plus en plus. Les yeux fixés et hypnotisés par les courbes gracieuses de sa belle écriture, elle ne vit pas celui à qui elle appartenait entrer soudain dans la chambre et s'immobiliser sans un son. Pas plus qu'elle ne l'entendit s'approcher sans un bruit. Sans blague, il venait juste de rentrer pour voir sa porte à moitié ouverte, le pauvre Gajeel avait fait une crise de panique. Il venait tout juste de rentrer, mais n'allait pas tarder à devoir repartir en fait. Bras croisés, il se planta derrière elle, tapant discrètement du pied, les lèvres pincées.
Un léger toussotement brisa sa concentration et la feuille qu'elle lisait lui échappa des mains pour retomber au sol. Elle se raidit et se retourna, pour finalement croiser deux yeux rouges qui la fixaient, emprunts d'une colère qu'elle ne pensait jamais pouvoir voir. Elle sursauta violemment et buta contre la commode en voulant reculer, et avant qu'elle ne puisse émettre le moindre son, les mains de Gajeel jaillirent et tapèrent avec violence sur le meuble derrière elle, de chaque coté de son corps, pour lui couper toute chance de s'échapper. Les traits tirés dans un rictus contrarié, il s'approcha doucement, réduisant son espace personnel à une infime bulle qu'il fit éclater lorsque Levy entendit pour la première fois sa voix nimbée de rage, de frustration, et plus froide que jamais. Et pourtant, elle était calme, malgré la menace qui y était à peine voilée.
- Je peux savoir ce que tu faisais ?
- Euh… Je… C'est-à-dire que… ça ne te regarde pas ! Bégaya la jeune fille, dégoutée elle-même par sa pitoyable réponse.
- Au contraire, je crois que je suis personnellement impliqué. Je t'ai pourtant déjà dit que j'ai horreur qu'on fouille dans mes notes et que je ne le supportais pas. Alors pourquoi m'as-tu désobéi comme ça, étais-ce une promesse trop difficile à tenir pour toi ?
- La ferme ! Tu crois p'tet que j'le sais pas ? J'avais envie de savoir, c'est tout…
Elle avait peut-être haussé le ton, mais elle n'osait plus soutenir son regard noir et étrangement triste, elle avait honte de s'être fait prendre. Et pourtant, une partie de sa conscience lui hurlait de résister, de coller une baffe à cet impertinent qui osait lui parler sur ce ton. Sauf qu'elle savait qu'elle était en tord et ne pouvait définitivement pas faire ça. Honteuse comme jamais, elle se mit à jouer consciencieusement avec la cravate du journaliste afin de se trouver une excuse pour ne pas le regarder, et aussi pour essayer de ravaler les larmes qui risquaient de couler lorsqu'elle songeait que le Gajeel qui l'avait tant complimentée dans ses écrits était maintenant furieux contre elle. Elle sentait son regard fixé sur elle, et cela devenait vite invivable. Et la boule dans sa gorge formée par la tristesse lui fit encore plus mal lorsqu'elle entendit la suite de ses paroles.
- La curiosité est un vilain défaut. Tu me déçois Levy.
- Tu parles, j'ai bien fait de venir voir, c'est quoi toutes ces choses que t'as écrites sur moi, d'abord ?
Il plissa les yeux et pinça les lèvres, ne sachant pas quoi répondre. Il ne voulait pas lui mentir, mais s'il disait la vérité, il s'enfoncerai encore plus. Pourtant, elle ne méritait que ça, une bonne engueulade. S'il était énervé contre elle, c'était parce qu'il était horriblement gêné également.
- Tu n'avais pas à entrer par effraction ! S'écria-t-il.
Il préférait encore changer de sujet, ça l'arrangeait mieux. Oui, c'était lâche, mais il ne voulait pas gâcher son amitié avec Levy. Surtout que là, ils étaient déjà sur la corde raide et menaçaient de tomber tous les deux. Sans compter que la bleutée aussi commençait à s'énerver. Elle savait que Gajeel se demandait pourquoi elle avait fait cela, et ne se voyait pas lui répondre. Enfin, pas par des mots.
Elle resserra sa prise sur sa cravate et d'un mouvement sec, elle tira vers le bas, obligeant la tête du jeune homme à suivre le mouvement. Aussitôt la sienne se redressa et sans réfléchir ses lèvres heurtèrent celles de Gajeel avec fougue, espérant que cela suffise à calmer sa colère. Les sensations qu'elle avait eues un peu plus tôt revinrent à la charge, beaucoup plus violentes et pressantes qu'avant, mais tellement meilleures à ressentir. Sa gorge était sèche, et elle avait l'impression que son cœur tonnait à l'intérieur. Cependant, toujours énervé et maintenant surpris, Gajeel résista encore et déclara soudainement, sans pour autant quitter ses lèvres:
- Si tu crois que je vais te pardonner avec ça…
La jeune fille grogna en réponse et le tira un peu plus fort, collant sa bouche à la sienne à s'en faire mal, mais elle s'en fichait, du moment qu'il se taisait. Elle ne voulait plus entendre sa voix pleine de rancœur contre elle, elle ne voulait plus qu'il lui mette ses erreurs en face. Pendant longtemps il ne bougea pas, mais Levy le sentit soudain se détendre et la colère quitta peu à peu ses gestes lorsqu'il lui répondit avec douceur. Ses mains passèrent de la commode aux hanches de la jeune fille qui y était maintenant assise et il réduisit l'infime écart qui séparait leurs corps. D'un geste vif, elle écarta les jambes et les enroula autour de sa taille, parvenant à peine à retenir le gémissement qui menaçait de s'échapper de sa gorge. Pendant ce temps là, les lèvres du journaliste, si chaudes et douces, d'une taille parfaite pour elle, tentaient de lui en arracher d'autres avec une ardeur qui ne cessait d'augmenter. Une bouffée de chaleur emporta la jeune fille aux cheveux bleus et un étrange frisson secoua tout son corps, si violent qu'il la fit se relever soudain. Avec force, elle poussa Gajeel et le fit tomber sur le lit derrière lui. Avant qu'il ne proteste, elle se jeta sur lui et posséda une nouvelle fois ses lèvres qui partirent dans une danse folle et passionnée, se sondant mutuellement. Ensuite ses mains terminèrent dans les cheveux bouclés du jeune homme qu'elle avait, il fallait bien le reconnaître, toujours eu envie de toucher. Gajeel se releva lentement à ce moment là et Levy en profita pour s'asseoir sur ses genoux, enlevant lentement sa veste.
- Levy… Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, lâcha-t-il soudain d'une voix tremblante et mal assurée.
- J'm'en fous, ferme là, grogna la jeune fille en retour.
Les mains de la bleutée serpentèrent vers du col de sa chemise où elle tira une nouvelle fois sur sa cravate, puis la défit lentement pour la jeter un peu plus loin. Sa chemise blanche suivit le mouvement peu de temps après et elle dessina du doigt une longue cicatrice blanche sur son ventre, petit reste de son combat contre José. C'était viril les cicatrices après tout, et ça prouvait qu'il n'était pas aussi lâche que ça.
- Je sens qu'on va passer un bon moment toi et moi, lui murmura-t-elle à l'oreille en le faisant retomber sur le lit, avec un drôle de sourire. Si t'as encore envie de reparler de ce que je foutais avant, ce sera plus tard.
Il hocha timidement la tête, bien trop galant pour refuser. Mais, ce n'était pas uniquement par galanterie, loin de là…
Un peu plus tard…
Levy observait le plafond lorsque Gajeel rouvrit les yeux. Couchée à coté de lui, emmitouflée dans la couverture, elle ne lui en avait même pas laissé un petit bout. Un simple coup d'œil à son réveil lui indiqua qu'il était en retard. Très en retard. Il aurait déjà du être parti pour Sycca depuis une demi-heure. Donc, depuis qu'il avait trouvé la mécanicienne chez lui. Sur le coup, ça lui était sorti de l'esprit.
- Oh c'est pas vrai, gémit-il en se relevant d'un bond.
- Calme toi, on s'en fiche, lui répondit Levy.
- Toi peut-être mais pas moi !
Rassemblant en hâte ses affaires qui traînaient, il les enfila rapidement avant de se précipiter vers la salle de bain. La jeune fille grogna, frustrée par tant d'agitation. Lorsqu'il revint et s'assit sur le bord du lit pour chercher puis ranger son carnet dans sa veste, elle lui attrapa les épaules et le força à se coucher une seconde fois.
- Levy, je n'ai pas le temps pour ça, je vais louper mon rendez vous, Jason m'attends là bas...
Elle étouffa le reste de ses explications en l'embrassant.
- Toujours aussi pressé hein, râla-t-elle en sortant les clés de la maison de la poche du journaliste. Un peu plus et j'aurais pas pu fermer la porte en sortant après toi. Et crois pas que je vais rester toute la journée ici à attendre que tu reviennes !
Gajeel sourit et lui rendit timidement son baiser, puis il se releva et se précipita vers la sortie.
- Fais gaffe à toi le mouton, j'ai pas envie de te ramasser à la petite cuillère.
- Ne t'inquiète pas, tout se passera bien. On se voit demain !
Couchée sur le ventre, elle lui sourit et ne le quitta pas des yeux jusqu'à ce qu'il soit sorti. Elle entendit sa moto vrombir dans la rue et mit un coussin sur sa tête. Elle se reposait encore cinq minutes puis repartait au garage. Quoi qu'il en soit, cette fois là était bien plus qu'un "coup d'un soir". C'était le début d'une nouvelle aventure. Une aventure à deux. Et ça ne lui déplaisait aucunement.
A Earthland:
Quel enfer ! Gajil était allé faire les magasins d'habits aujourd'hui. Et le pire, c'était qu'il l'avait décidé de lui même. Pas de pari perdu, pas de regards suppliants de la part de Levy, pas de défi pour prouver sa résistance face à l'ennui horrible qu'il subissait lorsqu'il y allait habituellement. Limite il préférait encore le calme des bibliothèques aux cris hystériques des filles et à la musique toujours trop forte dans ce genre de magasins. Nulle qui plus est. Il détestait perdre son temps de cette façon, il avait mieux à faire. Mais aujourd'hui, il avait plusieurs raisons d'y aller:
Premièrement, on (pour ne pas dire il) avait déchiré son beau costume blanc lors d'une bagarre, justement débutée pour le faire taire alors qu'il expérimentait une nouvelle chanson.
Deuxièmement, Levy lui avait conseillé d'en acheter un noir, qui lui irait bien mieux.
Troisièmement, il venait de rentrer de mission. Il ne roulait peut-être pas sur l'or malgré ça, mais il avait largement de quoi se le payer.
Tout cela l'avait donc décidé à venir fouiller dans ce magasin de vêtements. Au moins, il savait ce qu'il cherchait, ce qui ferait un gain de temps. Parce que d'habitude, les filles venaient pour voir et fouiller parmi tous ces amas de tissus, sans cible précise. D'ailleurs, la plupart des clients le reluquaient comme s'il était un alien. Eh oui, même lui était capable de foutre les pieds ici. Sérieusement, il ne les comprendrai jamais. Heureusement qu'ils n'étaient pas en période de soldes ! Après quelques essais infructueux, il tomba sur un joli costume noir avec une chemise blanche et une cravate rouge. Tiens, son double d'Edoras avait-il acheté ses habits ici ? Ou bien avait-il inspiré le couturier en le croisant par hasard dans la rue, lors de son séjour à Magnoria ? Gajil l'ignorait, mais en tout cas, ce costume lui plaisait énormément. Et comme il s'ennuyait à mourir, et crevait de chaud d'ailleurs, son choix ne fut pas difficile. Au diable les trois mille Jewels que cela lui coûtait, il le prenait. Se dirigeant en vitesse vers la caisse, il paya avec un sourire satisfait et attrapa sa petite folie de peur que la caissière ne la lui reprenne. Il allait faire une surprise à Levy en rentrant. Oui, il y a peu, elle avait emménagé chez lui. Sa maigre collection de livres, jusqu'à maintenant inaccessibles pour elle, avait dû l'attirer. Le Dragon Slayer ricana en passant ni vu ni connu par la fenêtre ouverte de la chambre. Il se changea rapidement en s'observant dans le miroir pour ajuster certains détails, avec un grand sourire. Puis, sans un bruit, il ouvrit la porte et se dirigea à pas de loups vers la cuisine où il sentait une bonne odeur de nourriture. Il ne fut donc pas surpris d'y trouver Levy qui lui tournait le dos. Deux semaines qu'ils ne s'étaient pas vus, elle ne devait pas s'attendre à le voir. Avec un grognement sauvage, il lui sauta dessus, lui attrapant les poignets pour l'empêcher de s'échapper. Comme il l'avait prédit, elle sursauta violemment et se heurta à lui en poussant un petit cri.
- Gajil ! Tu m'as fait peur ! Se plaignit-elle en faisant la moue.
- Gihihihi, j'ai vu ça, ronronna-t-il en se rapprochant d'elle encore un peu, en profitant pour mordiller son cou et lui arracher un frisson.
Avec un petit rire, elle se retourna et son sourire s'agrandit encore lorsqu'elle découvrit la tenue du mage d'acier.
- Là, dit-elle soudain en ouvrant les boutons de sa chemise, tu es mieux comme ça.
Il ne répondit pas, mais n'en pensait pas moins. Si Levy le trouvait bien ainsi, alors il le resterai, mais pour elle seulement. Quel privilège. La mage aux cheveux bleus l'embrassa tendrement en guise de "bon retour" puis le repoussa gentiment et se dirigea vers le salon sous le regard surpris de son partenaire.
- J'ai quelque chose pour toi, lui souffla-t-elle avec un clin d'œil.
Une surprise ? Il aimait les surprises, surtout celles de sa crevette. Sans se départir de son sourire, Levy revint avec un drôle de chapeau noir bien familier, qu'elle avait posé sur une table basse. Il ressemblait à s'y méprendre à celui de son double d'Edoras, mais n'avait rien à faire là pourtant, puisque ce dernier était reparti avec Edo-Levy il y a quelques temps.
- Où tu l'as trouvé ? Interrogea Gajil en écarquillant les yeux.
- C'est Lucy qui me l'a ramené. Elle l'a ramassé alors qu'elle était en mission près de l'endroit où nos doubles sont repartis. Elle l'a reconnu et m'a dit de te le donner.
Ah oui, il avait vu cette mission (le hippie qu'ils avaient vaincu la première fois qui faisait encore des siennes en vendant des plantes qu'il n'était pas sensé posséder.), mais Natsu l'avait prise avant lui. Dommage, même si ce n'était pas dramatique. Tournant et retournant le chapeau de son ami entre ses mains, il se demandait s'il ne lui était pas arrivé quelque chose. Il ne se serait jamais séparé de son chapeau autrement. Il aurait bien aimé le revoir oui, l'avait même espéré, mais au fond, il savait qu'Edo-Gajeel était mieux à Edoras qu'ici.
- Je vais le garder, mon autre moi n'aura pas à s'en faire, son chapeau est entre de bonnes mains, déclara Gajil en le mettant sur sa tête.
Son costume était complet maintenant, il chanterai avec lui et au moins, ce chapeau lui porterai chance. Il en était convaincu. Levy lui sourit et déposa un petit baiser sur sa joue. Oui, son double n'avait pas à s'en faire pour son couvre-chef adoré, car comme le Dragon Slayer l'avait dit, il était en de bonnes mains.
FIN !
