Hello!
Et voilà (après des années d'attente) le troisième et dernier chapitre de Demolition Lovers. C'est celui de Ginny, qui je le rappelle, trompe son mari Harry avec son ennemi Draco, des années après leurs études. Encore une fois ça ne va pas vous faire sourire, encore moins vous faire rire, mais bon, c'est un peu le thème de ce Triple-Shot. Je ne me rappelle plus si j'avais fait un disclaimer ou pas, alors au cas où, je précise que tout ce petit monde appartient à JKR et que bien entendu, personne ne va me payer pour avoir écrit cela.
Et voila je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que vous allez être satisfaites par ce 3eme PdV sur cette histoire. A bientot dans de nouvelles aventures, celle ci est terminée :)
Moony
3. Demolition Lovers
Les choix. Ce sont eux qui tracent notre destin, qui décident de là où nos vies vont nous mener. Ils peuvent faire de vous un Roi, ou un moins que rien. Ils peuvent transformer votre vie en Paradis, ou en Enfer. Et il semblerait, vu où j'en suis dans ma vie, que j'ai toujours fait les mauvais. Demander à être répartie à Gryffondor. Pourquoi ? Pour ne pas me démarquer de mes frères, pour faire exactement ce qu'on attendait de moi... Quelle erreur ! Puis travailler dans une banque. Quelque chose de répétitif, d'ennuyeux, qui ne me ressemble en rien. Me marier avec Harry Potter. Subir sa notoriété, me justifier à chacun de ses faux pas, m'obliger à le rendre l'homme le plus heureux du monde, car c'est ce qu'il mérite. Faire des enfants aussi jeune. Assumer toutes ces responsabilités, me priver des plus belles années de ma vie... Tout ça pourquoi ? Bientôt ils seront grands, ils auront leurs propres vies, et je ne servirais plus alors qu'à leur prêter de l'argent ou à jouer aux nounous pour leurs propres enfants.
Oui, il semblerait que j'ai toujours fait les mauvais choix. Pourtant, je ne partais pas forcément avec de mauvaises bases. Une famille unie, une intelligence moyenne, de nombreux amis, du succès auprès des hommes... Mais il a fallut que je gâche tout. C'est souvent le cas, n'est-ce pas ? Finalement ceux qui n'ont rien, n'ont rien à gâcher. Comme je regrette, aujourd'hui... J'ai déjà l'impression d'être une vieille dâme, pleine de remords, d'amertume. Une marâtre aigrie qui ne supporte plus de voir le bonheur des autres, qui voudrait faire plonger tous ceux qu'elle connait avec elle, simplement pour se sentir un peu moins seule. Mais je me suis mise seule dans cette situation, et il ne me reste qu'à la supporter, seule, sans faire subir de souffrance à ceux qui m'entourent. Voyez donc, j'arrive même à me mentir à moi-même ! Bien sûr que je fais du mal aux autres. Je détruis tout autour de moi, et je me détruis moi-même. Car ma plus grosse erreur, mon plus mauvais choix, le voilà : tromper mon mari.
Je ne sais même plus comment ça a commencé. Tout ce dont je me rappelle, c'est que j'avais besoin de plus. Toujours plus, tellement plus. J'ai toujours été comme ça, jamais satisfaite. Ca n'était pas une question de sexe, encore moins d'amour. Je voulais juste donner un peu plus d'épaisseur à ma vie. Quelle égoïste ! Alors j'ai commencé à voir Draco. Après notre première soirée, j'ai passé une heure et demi sous la douche. J'ai frotté, frotté, à m'en donner des rougeurs, presque à m'en arracher la peau. Et j'ai pleuré aussi. Je pensais à Harry, aux enfants, à mes parents, à leurs regards accusateurs que je voyais danser devant mes yeux. Je me suis jurée de ne jamais recommencer. Mais c'est arrivé une deuxième fois, puis une troisième, et puis j'y suis retournée toutes les semaines. Au début, ce n'était que physique, entre Dray et moi. On couchait ensemble, je repartais chez moi, satisfaite, et on ne fixait jamais le prochain rendez-vous. Il est sans doute l'opposé d'Harry, et c'est sans doute ce qui m'a plu. Grand, imposant, blond, la peau diaphane, ce regard d'acier qui sonde les âmes...
Et peu à peu, ça a pris de l'ampleur. Nous restions ensemble des heures, parfois presque des nuits entières, parfois seulement à discuter. Il était vivant, bien plus que moi. Drôle, fougueux, avec juste cette pointe de désenchantement qui faisait de lui un homme, et plus un gamin. C'est ça qui a changé la donne. Cette personnalité que je lui enviais, que je voulais partager avec lui. C'est là que j'ai commencé à sentir cette boule tomber dans mon estomac, quand je composais son numéro de téléphone. Là encore que je me suis mise à frémir d'impatience, lorsque j'attendais qu'il m'ouvre sa porte. Là que je me suis mise à rire nerveusement quand il me regardait, nue. Là que mon coeur s'est mis à s'emballer, chaque fois que ses mains se posaient sur moi. J'en suis tombée amoureuse, et ça ne faisait pas partie de mes plans. Alors je continuais de me persuader : ce n'était rien, rien qu'une passade, je pourrais m'en défaire dès que je le souhaiterais... Déjà là, je me mentais.
C'était devenu une drogue. Je ne pouvais plus me passer de lui, il faisait partie de moi. J'aurais voulu partir en vacances avec lui, lui jurer de l'aimer et de le chérir jusqu'à la nuit des temps, lui faire de beaux enfants... Mais c'était impossible, ce n'était pas ce pourquoi notre relation s'était construite. Alors j'ai compris. Il fallait que je prenne de lui tout ce qu'il était en mesure de me donner, car pour une fois, je ne pourrais pas en avoir plus. Et je reste sur ma faim, toujours. J'aimerais lui dire, j'aimerais qu'il me comprenne, mais cela n'aurait aucun intérêt, sinon de me torturer. Alors j'arrête de rêver. J'arrête de penser à cette vie que j'aurais pu avoir avec lui, de penser à quel point mon quotidien pourrait être différent si je le vivais à ses côtés. Je me contente, je survis, j'accepte mon sort. Il n'y a personne d'autre que moi à blâmer, dans cette histoire.
N'allez pas croire que quelque chose a changé entre Harry et moi, pour autant. Mon amour pour lui n'a jamais flanché, et je ne pense pas que ça arrivera un jour. Je n'ai jamais regretté la moindre chose que j'ai pu faire avec lui. C'est le survivant, c'est un héros, et pour moi, c'en était un bien avant que la Gazette ne le confirme. Je l'ai toujours beaucoup admiré, et j'ai toujours trouvé qu'on se ressemblait un peu. Deux éternels insatisfaits, désireux de tester leurs limites, d'aller toujours plus loin que ce que le destin leur proposait. Il est doux, attentionné, câlin, tendre. C'est un amoureux transi, qui se battrait contre vents et marées pour satisfaire le moindre de mes caprices. Et il m'a fait les plus beaux enfants que la terre ait jamais porté, pour ça, personne ne pourra jamais le remplacer.
Non, personne ne pourra jamais remplacer Harry. Son air mince, torturé, cette fabuleuse cicatrice, ces yeux verts étincelants d'intelligence et de malice. Malgré les années qui passent, rien n'a changé. La passion, le feu, l'amour sont toujours restés les mêmes. L'homme de ma vie. C'est ce que je me répète depuis mes dix ans. Je l'ai toujours su, je l'ai toujours senti, au plus profond de moi. Ma vie ne se ferait pas sans Harry Potter. Il a su tout m'apprendre de lui, tout m'apprendre de moi-même, me pousser à devenir la femme que je voulais être. Le détail de l'adultère en moins. Non, je ne le blâmerais jamais pour ça. Il a toujours été parfait, je n'ai jamais eu quoi que ce soit à lui reprocher. J'ai juste été une belle idiote, prise à son propre jeu. La roue tourne, et je ne sais même pas comment j'ai pu imaginer que je passerai à travers les mailles du filet.
Et peu à peu, je nous détruis. Je le sais, je le sens dans leurs regards, je le vois dans le miroir. Je nous ronge de l'intérieur, je nous enferme dans ce cercle vicieux dont je ne sais plus comment m'échapper, comment nous échapper. Non seulement j'ai foutu ma vie en l'air, mais je suis aussi en train de piétiner les leurs. Je ne sais pas lequel me fait le plus de peine. J'aspire l'espoir d'Harry, et j'en donne vainement à Draco. Qu'est-ce qui est le pire ? Je n'en sais rien. Peut-être que ça se vaut, peut-être que ça n'a rien à voir. Je ne sais même pas quand c'est arrivé. Quand est-ce qu'ils ont compris tous les deux que ma double vie ne changerait jamais ? Que je ne pourrais plus jamais me passer ni d'un, ni de l'autre ?
J'ai vu les yeux de Draco s'éteindre. J'ai vu ses membres se crisper à mon contact, j'ai vu ses mâchoires se contracter chaque fois que je parlais d'amour. Je crois bien qu'il me hait. Il ne me regarde plus dans les yeux. Il me provoque. Il attend que je devienne folle, que je rompe, que je retourne à ma vie d'avant. Ca n'arrivera pas. J'ai beau le voir souffrir, le voir peu à peu s'éloigner de moi, je n'arrive pas à me résoudre à me passer de lui complètement. Parce que, lorsque nos nuits arrivent, il y a toujours un moment où il se laisse aller, où il redevient le Draco des débuts. Lorsque sa passion, son amour, l'emportent sur la colère. Peut-être qu'un jour il ne sera plus qu'acidité et désolation. Peut-être qu'un jour il trouvera le courage de me dire que c'est fini. Peut-être même qu'il trouvera une femme, une vraie, qui pourra se consacrer à lui. Ce jour-là, j'aurai certainement le coeur déchiré, mais je l'aurai bien mérité. Après tant d'années que j'aurai passées à lui faire du mal, consciemment, comment pourrais-je l'accuser de se défaire de mon emprise, de chercher le bonheur que je ne pourrai jamais lui offrir chez une autre ?
Et Harry. Comment a-t-il compris ? J'ai pourtant pris soin de tout faire pour le protéger. Mais les secrets ne vivent jamais longtemps. Peut-être Draco lui a-t-il tout avoué ? Peut-être voit-il la culpabilité dans mes yeux ? Peut-être sent-il son parfum sur moi ? Je ne peux imaginer la dévastation que cette découverte a du provoquer chez lui. Le grand Harry Potter, droit comme la justice, toujours aux petits soins de ceux qui l'entourent, trahi par l'amour de sa vie. Peu à peu, il s'est mis à me détester, lui aussi, j'en suis persuadée. Je sens son regard accusateur me brûler le dos lorsque je rentre de mes rendez-vous secrets. Parfois, j'entends les trémolos dans sa voix lorsqu'il me dit qu'il m'aime. Il peut rester des heures à me regarder, quand je fais sembler de dormir. Et il jure contre moi. Je ne dors pas vraiment, j'encaisse. C'est la seule chose qui me ramène un peu à la réalité, qui me montre vraiment à quel point ils m'en veulent. Mais le pire, c'est ce dégout que je lis dans ses yeux, parfois, quand on fait l'amour. Qui peut supporter de dégouter son propre mari ? Moi, car je l'aime trop.
Je sais qu'un jour, l'un des deux craquera. On ne pourra pas vivre comme ça éternellement. Ils ne le supporteront pas. Et puis les enfants deviendront grands, ils comprendront, et à leur tour, ils me détesteront d'avoir gâché leur paradis. J'espère vraiment qu'un jour, un d'eux deux aura la force et le courage de mettre un terme à cette folie. Car pour moi, le choix est impossible. Je les aime trop, ils sont trop différents et complémentaires, trop adorables et sincères, pour que choisisse duquel je veux me séparer. Je veux les garder, avec moi, pour l'éternité. Et moi-même, je me déteste pour ça. L'amour n'est plus cette eau salvatrice, ce feu animé que j'ai connu autrefois. L'amour est ma prison, et on m'y a envoyée pour avoir aimé. L'amour me dévore, me désole, et je ne peux plus le contrôler. L'amour et ses grandes griffes pourries se sont emparés de moi, m'ont fait coupable et victime de lui avoir cédé. L'amour me pousse à me haïr, à haïr la vie, mais je ne peux pas m'en passer.
