Salut tout le monde ! Merci pour vos reviews, vous ne pouvez imaginer à quel point elles me font plaisir. Elles me donnent la motivation pour avancer ! Allez, je vous laisse profiter de ce chapitre. D'ailleurs, pour ceux que ça intéresse, je l'ai écrit en écoutant « The Council of Elrond », une des compositions d'Howard Shore pour La Communauté de l'Anneau. A mes yeux, la meilleure scène du premier volet du film !

Dernière chose : ce chapitre est un peu court, et je m'en excuse.


Chapitre 2 : Ton nom.


Legolas grimpa sur le dos de son cheval et partit au galop vers l'endroit où il avait aperçu l'inconnue pour la dernière fois – au pied de l'arbre. Une fois arrivé en ce lieu, il mit pied à terre en sautant agilement de sa monture.

Il caressa la terre à l'endroit où l'inconnue avait sauté du peuplier. Les traces de ses chaussures étaient encore profondément ancrées sur le sol rugueux, et suivre sa trace sur les premiers mètres fut aisé. Il pouvait suivre les pas de la jeune fille comme si elle avait été devant lui. Après avoir marché pendant quelques minutes en scrutant le sol, le jeune Prince déboula dans une clairière entourée d'arbres : des hêtres, des frênes, des chênes. L'odeur fleurie de l'inconnue s'arrêtait ici.

Il se pencha vers le sol et caressa une nouvelle fois l'herbe fraîche. Il huma l'air frais de la soirée et n'y trouva que le parfum de la terre. Il avait trop tardé, il avait perdu sa trace. Il avait perdu sa seule chance de retrouver cette inconnue à qui, il le savait, il n'était pas indifférent. Quand il avait abaissé son capuchon, qu'il avait aperçu sa beauté, il avait senti son cœur se fendre, sa gorge se nouer, son pouls s'emballer. Mais il n'avait rien laissé paraitre. Trop noble, ou peut-être trop timide, pour montrer ses sentiments. « Trop faible », lui susurra une petite voix dans sa tête.

Il laissa son regard vagabonder autour de lui, ne voulant se résigner. Il devait la retrouver. Pourquoi était-ce si important pour lui ? Parce que, pour la première fois, c'est lui qui avait été touché par une flèche, et pas un de ses ennemis. On l'avait visé en plein cœur, ne lui laissant aucune chance de s'en sortir. Et puis, cette femme était si mystérieuse. Il voulait apprendre à la connaitre, lui demander pourquoi il avait eu l'impression de mourir, lors de leur première rencontre. Il voulait la connaître par cœur, connaître son nom, ses pensées, son passé, son présent et son futur. Tout savoir d'elle, et de cette particularité qu'il avait ressentie chez elle.

Il sentit son cœur se serrer alors qu'une douce larme naissait dans le coin de son œil et dévalait lentement sa joue. Il sursauta et l'essuya d'un revers de la manche. Mais que lui arrivait-il donc, à la fin ? Il ne put y réfléchir davantage, un museau doux et humide se posa sur sa joue. Son cheval, ayant senti sa tristesse, cherchait à le consoler. Le prince lui sourit, caressant son front. Il ne devait pas traîner ici. Il devait prendre une décision : rentrer chez lui, à Fondcombe, en ne gardant qu'un froid souvenir de l'inconnue, ou partir à sa recherche, s'aventurer au hasard, et peut-être au final, apprendre la réponse qui allait résoudre toutes ces questions. Ignorant l'étau qui lui enserrait le cœur, Legolas, d'un bond prestigieux dont lui seul était capable, grimpa sur le dos de son fidèle destrier, et, tel un chevalier en quête de sa belle, le fit démarrer au galop.

Longtemps, il erra dans la forêt de la Vallée de Fondcombe, cherchant une trace, aussi infime soit-elle. Longtemps, mais sans aucun résultat. Il faisait déjà presque entièrement noir, et il ne pouvait discerner le chemin que grâce à la faible lueur des étoiles ainsi qu'à sa vue d'Elfe.

La jeune femme s'était tout simplement évaporée, téléportée dans une autre dimension, dans un autre lieu. Etrangement, le Prince s'en sentait triste, affligé même. Au fond de lui, il avait aspiré pouvoir nouer une romance avec cette mystérieuse personne. Mais, c'était une chose impossible. Comment une personne qui veut vous tuer peut-elle vous aimer ? Non, tant pis. Il avait abandonné depuis longtemps l'espoir de trouver l'amour. A cette heure, il espérait juste en savoir plus sur cette inconnue mystérieuse, connaître la raison de sa tentative d'assassinat, lui rendre sa dague, la prévenir du danger des Orcs, essayer de se faire pardonner, et retourner chez lui, seul.

Seul. Seul. Ce mot l'hantait, depuis le début de son aventure. Depuis qu'il avait croisé la route de nombre de belles femmes, qui ne s'étaient intéressées qu'au prétendant au trône du Gondor. Attirée par sa beauté, par son pouvoir, son charisme ? Il n'en savait rien, et de toute façon il ne préférait pas y penser. Il ne pouvait pas en vouloir à Aragorn : il avait une mentalité de justicier fort et galant, c'était tout à fait normal que les femmes soient attirées.

Legolas, lui qu'avait-il, comparé à Aragorn ? Il était un bon archer, il se battait bien ? Rien qui ne puisse figurer dans l'estime d'une femme. Il ne deviendrait pas Roi tout de suite, à moins que son père, Thranduil, ne meure prématurément, chose qui s'avérerait fort étonnante. Et ceci, il ne cessait de se le rappeler. Il n'aspirait pas exactement au trône, mais il se doutait bien que s'il avait une chance de devenir Roi très bientôt, plus de femmes s'intéresseraient à lui.

Oh, certes, pendant toute son aventure auprès de ses amis, il avait su cacher ce mal-être, mais dès qu'il était seul, sa conscience lui rappelait toue sa tristesse et son mal-être, comme une petite voix à l'intérieur de lui-même, qui ne voulait que sa perte. Comme un poison dissimulé dans son âme. Comme… Non, stop ! Il devait juste retrouver l'inconnue, pas se lamenter ! Il vira brusquement à droite, ayant senti comme un parfum familier. Un parfum de fleurs mêlé à la senteur si particulière de la mélancolie. Bien vite, il découvrit d'autres traces dans le sol, des empreintes de pas, appartenant à une personne au petit pied.

C'était elle, ça ne faisait aucun doute. Il avait retrouvé sa trace. Il avait réussi. Le cœur plein d'espoir, il fit accélérer son cheval, suivant les traces de pas, encore et encore. Il la suivrait où qu'elle aille, et ce pour toujours. Tant qu'il ne l'aurait pas retrouvé, il ne connaitrait pas le repos. Il avait besoin d'elle pour vivre, mais s'il pour l'instant, il l'ignorait encore. Seule une petite partie de lui avait sombré dans cet océan bleu qu'étaient ses yeux, et pourtant il ne pourrait plus jamais s'en détourner. Il lui appartenait déjà, corps et âme. Cette femme l'avait littéralement ensorcelé, telle la Sorcière du Bois d'Or pour Gimli. Et pourtant, à ce moment, alors qu'un chant d'espoir résonnait dans son esprit, il ne put s'empêcher de douter. Mais il maintint sa position, et s'avança toujours plus vers elle, vers son avenir.