Bonjour, mes chers lecteurs ? Vous allez bien ? Moi à merveille, c'est le week-end ! Enfin bref, je cesse de vous raconter ma vie, on n'est pas là pour ça. Voici le chapitre 7 !
Chapitre 7 : Promenade et Mélodie
Une brise légère réveilla la belle Lymia. Le ciel était encore noir, et le feu de camp s'était éteint. Seule la lumière blanche et pure des étoiles les éclairaient, elle et le Prince qui dormait à quelques mètres d'elle. Elle laissa son regard s'attarder sur son visage. Son front était plissé, il semblait concentré dans un rêve fou, tellement concentré qu'il ne se réveillerait même pas si une colonie d'Orques passait à côté de lui. Mais la jeune femme ne s'y trompait pas : elle savait très bien que le blond ne dormait que d'un œil, et qu'il serait debout en moins de temps qu'il ne faut pour le dire si un danger se flairait.
Aussi, s'efforçait-elle d'adopter une respiration calme et posée. La chevelure de celui qui se prénommait Legolas flottait dans le vent, et quelques mèches chatouillaient le bout de son nez fin et droit. Elle sentit un vague d'amertume monter en elle, à la pensée que ce Prince était un assassin. Ils n'avaient pas eu de conversation au sujet de la mort de son père, chacun évitant de remuer le couteau dans la plaie, ou de rouvrir d'anciennes blessures et de retomber dans un mutisme incessant et angoissant.
Néanmoins, la jeune femme ne pouvait vivre avec ce sentiment dans le cœur. L'engourdissement innocent qu'elle ressentait à la vue de son compagnon ne pouvait exister tant qu'elle ne serait pas sûre qu'il n'ait rien à voir dans cette affaire. Evidemment, celui lui coûtait. De toute sa vie, jamais elle n'avait ressenti une telle sensation. C'était comme si son cœur cessait de battre brusquement dès qu'elle le voyait, qu'elle mourrait pendant un instant pour revivre ensuite, plus vivante que jamais. Plus forte, plus déterminée. Plus… Amoureuse ? Elle soupira à cette idée : pour son premier amour, elle n'avait pas réussi son coup. Un homme qu'elle connaissait à peine, et dont elle savait juste qu'il avait participé à l'assassinat de son père… Elle ferma les yeux, et se retourna de la vue de cet homme si séduisant, et qui lui faisait tant d'effet.
De son côté, le Prince Legolas était profondément endormi, mais gardait quand même une parcelle de son esprit dans le monde réel. Il rêvait, et cela ne lui était pas arrivé depuis un bon moment. Son subconscient lui envoyait des images pour les moins troublantes : lui, en tenue de cérémonie, la même qu'il portait lors du mariage de son ami Aragorn. A ses côtés, perchée à son bras, se tenait une jeune femme aux longs cheveux noirs, et aux yeux du même bleu que ceux de l'Elfe Sindar. Cette femme n'était autre que la belle Lymia, vêtue d'une robe longue d'une blancheur éclatante, qui faisait ressortir la brillance de sa chevelure de jais. Devant eux, était présente toute la Communauté : non seulement les Hobbits, mais aussi ses amis humains, et le nain Gimli, qui les fixait d'un regard amusé. Le blond se complaisait dans son magnifique rêve, quand il se réveilla en sursaut, alerté par le bruit d'une bottine écrasant une fine feuille tombée de son arbre. Il ouvrit les yeux, et se détendit en reconnaissant la jeune femme.
– « Lymia ? Que faites-vous ? »
La belle, à son tour sursauta en entendant cette voix. Elle se retourna, et considéra rapidement l'Elfe qui s'était redressé sur un coude et la regardait avec un air interrogatif sur ses beaux traits.
– « Je… Ne vous inquiétez pas. Je n'arrive pas à trouver le sommeil. Je vais… Aller m'aérer quelques instants et je reviens. Ne vous en faites pas. »
Elle trouva sa réponse particulièrement stupide, étant donné qu'ils étaient déjà dehors. Cependant, le blond n'y prêta pas attention et lui répondit d'un ton soucieux.
– « Je ne pense pas que cela soit très prudent… Souhaitez-vous que je vous accompagne ? »
Il se rendit immédiatement compte de sa bêtise. La jeune femme ne souhaitait qu'une chose : être seule. Il s'attendit à être violemment rejeté, mais elle se contenta de lui sourire timidement, son visage faiblement éclairé par la lueur du feu, et de secouer la tête en signe de négation. Le Prince acquiesça alors, lui aussi d'un mouvement de tête, et se rallongea, feignant de n'avoir rien vu, rien entendu.
La jeune femme attendit que le bel homme referme les yeux, sachant que même s'il feignait le sommeil, il ne la suivrait pas. Elle soupira doucement en le contemplant, et siffla doucement et longuement. Le pas tranquille d'un cheval se fit entendre, et bientôt elle aperçut sa monture blanche, qui la contemplait, la tête inclinée sur le côté. Elle s'approcha lentement de la bête, un sourire fixé sur les lèvres, et la monta en s'accrochant à sa crinière. Aussitôt, elle exerça une légère pression sur les flancs de l'animal avec ses jambes, et partit d'un trot tranquille et mesuré. Elle ne s'attarda pas, faisant trotter son cheval toujours tout droit, et parfois en la lançant au galop afin d'évacuer la tristesse qui lui montait dans la gorge.
De son côté, le Prince Legolas ne cessait de se retourner encore et encore sur son lit improvisé, fait de feuilles et de branchages. Ses pensées s'agitaient dans son esprit, tournaient encore et encore, se répétaient en boucle, et l'encerclant tel un lasso de feu. Il ne se sentait pas lui-même, comme pauvre esprit prisonnier d'un corps qui ne lui appartenait pas, et d'un destin indépendant de sa volonté. Il ne voulait plus de cette vie de fuite, cette vie de tristesse et d'amertume, cette vie qu'il ne méritait pas. Cette vie dont il voulait à tout prix se séparer… Il soupira, et changea pour la énième fois de position, n'arrivant pas à penser à autre chose qu'à cette Lymia.
La jeune femme fit exécuter à son cheval un bond parfait au-dessus d'un tronc d'arbre renversé. Elle s'accrocha à la crinière de l'animal lorsqu'il s'éleva dans les airs, et se souleva légèrement de son dos lorsque ses sabots retouchèrent le sol dur. Elle aimait par-dessus tout être en l'air, dans un espace où elle ne touchait pas la terre, sentir son corps s'élever puis retomber avec une souplesse et une agilité d'acrobate. Oh oui, comme elle aimait ça. Elle avait même déjà envisagé de mettre fin à ses jours de cette façon. Sauter du haut d'une falaise, mourir en faisant l'ultime bond.
Mais elle avait renoncé à cette idée, certes séduisante. Manque de courage ? Besoin de vengeance ? Elle n'avait pas vraiment réfléchit à la question, et était vite retombée en dépression. Mais maintenant, c'était différent. Son plaisir à s'envoler était décuplé par l'image d'un certain homme, d'un certain Elfe, d'un certain Prince, qui flottait dans son esprit sans relâche. Ce blond la réconfortait par sa simple présence. Songeant à tout cela, même si elle ne voulait se concentrer que sur l'osmose que formait sa monture et elle, elle décida de retourner au campement, et ralentit l'allure de la bête.
Le Prince, lui, avait les yeux fermés, et tâchait de ne pas laisser s'échapper l'odeur de sa belle. Il ne pouvait plus entendre le martellement des sabots de son cheval, mais pouvait encore deviner leur présence. C'était à vrai dire une sensation étrange, un fait étrange : la terre lui disait qu'ils n'étaient pas loin. Elle lui parlait, s'exprimait dans un dialecte étrange, et que l'Elfe lui-même ne comprenait pas. Il savait, c'était tout. Il formait un tout avec la nature, et cela lui servait beaucoup. Concentré, son front plissé, les poings crispés, il perçut le pas calme d'un animal, un animal qu'il connaissait bien. Un cheval blanc, qui portait sur son dos la personne avec qui Legolas avait le plus envie de converser : la belle et dangereuse Lymia, celle qui avait ensorcelé son cœur dès le premier regard. Une douce musique, mêlant graves et aigües s'évoquait dans son esprit quand il revoyait son visage, quand il pensait à elle. La mélodie sonnait dans son crâne, le tenant éveillé et comme dans un rêve à la fois. Une mélodie jouée d'un instrument qu'il ne savait identifier, mais qui lui plaisait beaucoup. Une valse, un air doux et entraînant en même temps, un air qui lui donnait envie de pleurer et de danser. Un air qui le trahissait, et qui, d'une voix profonde, lui répétait : « Si seulement je pouvais la tenir dans mes bras, juste une fois. Pendant juste un court instant, j'aimerai qu'elle soit à moi. S'il le faut, ce sera juste une minute, mais dis-moi pourquoi cela ne te plairait pas ? Juste une fois, juste une fois, juste une fois, j'aimerai te serrer dans mes bras. »
« Quel chant… Pitoyable et niais. », se lamenta le Prince.
Il tenta d'oublier cette mélodie ensorcelante qui lui trottait dans la tête, et se concentra sur le bruit des sabots qui se faisaient de plus en plus fort. Son cœur battait la chamade, il suait à grosses gouttes, et ses pieds battaient l'air inutilement, si bien qu'ils finirent par sortir de la veste qui le couvrait. Il s'apprêta à refaire son « lit », quand la jeune femme parut. Aussitôt, il s'allongea et feint le sommeil. « Pourvu qu'elle ne m'a pas vu m'agiter de la sorte… »
La jeune Lymia sauta silencieusement de son cheval, essayant de ne pas réveiller le Prince qu'elle pensait endormi. Elle lui jeta un coup d'œil attendrissant, et détailla sa silhouette dont elle pouvait deviner les formes sous sa veste. Elle sortit un fruit de sa sacoche, et la donna à sa monture, qui la saisit et partit ensuite rejoindre le cheval de Legolas, qui l'observait à quelques pas de là. La belle jeune femme reporta son attention sur le visage et le corps de l'homme, dont elle remarqua les pieds déchaussés de leurs bottes qui sortaient de sa couverture improvisée. Elle s'approcha donc le plus silencieusement possible de lui, mesurant chaque pas de manière à ne pas faire craquer de branchages. Elle s'agenouilla face à lui, et tira doucement sa veste sur le bas de ses jambes qui étaient découvertes. Puis, elle souleva une mèche de cheveux blonds qui flottait sur son visage, et la coinça d'un geste tendre derrière son oreille. Elle aurait pu rester là toute la nuit, à veiller sur lui. Cette situation grotesque la fit sourire : jusqu'ici, c'est plutôt lui qui l'avait protégée.
La femme aux cheveux d'ébène sentait comme un vide quand cet Elfe était loin d'elle, et ne pouvait malheureusement pas l'ignorer. Elle était désormais complètement sous le charme, complètement amoureuse, complètement dépendante de cet homme. Elle aurait du être heureuse, oui : cela faisait tellement longtemps qu'elle attendait ce sentiment… Mais le problème était justement qu'il avait frappé là où il n'aurait pas dû. Elle se releva, et se précipita vers sa couche, comme saisie d'une profonde peur, qui se rapprochait d'elle et l'emprisonnait dans un anneau inextricable. Elle se projeta sur son matelas de feuille, et fit voler sa veste au dessus d'elle, s'enveloppant dedans comme dans un linceul de mort.
Le Prince Legolas, les yeux fermés, entendait, et pressentait que les pas de la jeune femme, certes contrôlés mais mal-assurés, venait dans sa direction. Il était assez anxieux : qu'allait-elle faire ? Tenter de l'assassiner ? Il ne bougea néanmoins pas d'un pouce. Il voulait pouvoir croire qu'il pouvait lui faire confiance. Il se tenait campé sur ses positions, mais n'y laissait rien paraitre. Lymia s'agenouilla devant lui, lui offrant son parfum, qu'il respira avidement. Elle recouvrit d'un geste rapide et délicat les pieds du blond. Pendant un court instant, l'homme dû résister de toutes ses forces à l'idée d'ouvrir les yeux et de la remercier. Mais, son attention fut soudainement accablée par un doigt long et fin qui lui balayait le visage. La jeune femme l'avait touché pour remettre ses mèches de cheveux en place. Cette caresse fit à l'Elfe l'effet d'un foudroiement immédiat. Son corps entier s'électrisa, son cœur battit soudainement plus vite, et il se sentit comblé, heureux, entier, puissant. Il se sentait… Bien, tout simplement.
La jeune femme se releva à une vitesse fulgurante, et se jeta sur son lit de feuilles. Elle rabattit avec rapidité sa longue cape sur elle, et se blottit dessous. Le jeune homme, intrigué, ouvrit une paupière à demi-close, et considéra la scène : la femme aux cheveux noirs s'était presque cachée sous cette cape, et tremblait. Le blond repoussa l'envie de se lever et de la prendre dans ses bras, et ferma tout simplement les yeux, triste de ne rien pouvoir faire pour la consoler, pour la rassurer. Ce n'était pourtant pas l'envie qui lui manquait. Juste le courage, la volonté. Même si, au fond de lui, il l'aurait fait si cette petite voix ne l'avait pas stoppé : « Arrête, Legolas. Ne gâche pas tout. Ne ruine pas les efforts que vous avez fait, tous les deux, juste pour une vulgaire parole creuse et sans vie. Tu feras pire que mieux. » Il s'était donc retenu, et finalement, au bout de ce qu'il lui semblait être des heures, endormi à son tour, bercé par le souffle régulier de la belle Lymia qui était déjà au pays des rêves depuis un bon moment.
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