Hello mes chers lecteurs ! Je vous remercie de vos lectures ainsi que de vos reviews, et vous présente la deuxième partie du chapitre 10, Minas Tirith.
Chapitre 9, Partie II : Minas Tirith.
« Et nos deux compagnons se quittèrent, chacun regagnant sa chambre respective, et, dans le cas d'Aragorn, sa femme. La Soleil n'allait pas tarder à illuminer la Terre du Milieu de ses chauds rayons, et alors la Nature s'éveillerait, les fleurs s'ouvriraient. Mais, en attendant, en cette nuit profonde, un air de mélancolie régnait dans l'atmosphère. »
Les oiseaux volaient haut dans le ciel bleu de Minas Tirith, projetant leurs ombres sur le sol marbré. La Soleil était à son zénith, envoyant ses rayons brûlants sur la pierre. Il faisait une chaleur étouffante qu'aucun souffle de vent ne venait altérer. Le Prince Legolas de Mirkwood, Elfe Sylvain, s'étira en baillant, et se frotta les yeux. Sa chambre, encore plongée dans l'obscurité grâce aux longs rideaux ocre qui descendaient en torsades sur le tapis vert, était fraîche et sentait le matin de printemps. Le blond se releva petit à petit, et s'assit finalement sur le rebord de son lit en bois richement sculpté. Il n'eut aucun mal se diriger vers sa fenêtre, ses yeux d'Elfe étant plus perçants que ceux de toutes les autres races, même dans le noir. Il ouvrit les tentures d'un geste sec, et plissa le front, ébloui par la clarté du dehors. Il détourna le visage, et contempla cette petite pièce mise à disposition rien que pour lui par son ami Aragorn.
Le Roi du Gondor avait bien choisi les couleurs : ses tons verts n'étaient pas sans rappeler ceux des arbres de Vertbois-le-Grand. Le marron du bois faisait penser aux troncs encore sains, et cette couleur sable qui ornait les rideaux… Legolas eut un sourire. Encore une farce de son cher Estel, sans aucun doute… L'ocre, la couleur qui se rapproche le plus de celle du sable. Sûrement un petit clin d'œil aux prédictions de la Dame Galadriel :
« Legolas Vertefeuille, longtemps sous l'arbre
Dans la joie tu vécus. Prends garde à la Mer !
Si tu entends le cri de la mouette sur le rivage,
Ton cœur plus alors dans la forêt ne se reposera. »
Ces paroles ne s'étaient pas encore réalisées. Pourtant, Legolas avait bien pressenti l'appel de la mer, au travers de cette maudite mouette dont il avait ouï le cri. Mais il arrivait à résister à son appel, bien que ce fût une tâche assez aisée. Et s'il s'était passé une chose à laquelle la Dame des Galdhrims ne s'attendait pas ? Et si… Et si Lymia avait changé la donne ? Le Prince sentit l'excitation pondre en lui. Et voilà qu'une nouvelle fois, il s'emballait pour un rien. La jeune humaine ne changerait rien à la situation. Elle n'avait fait que la retarder. La voix de la mer reviendrait, plus forte, plus puissante, et l'entraînerait dans ses flots pour ne jamais le laisser revenir. La Sorcière du Bois d'Or ne pouvait se tromper. Impossible.
Legolas soupira, et se dirigea vers son lit. Il saisit le drap vert et marron, et le plia. Il avait toujours été soigneux, et, maintenant qu'il séjournait chez son meilleur ami, il voulait être irréprochable. Il se regarda dans le miroir posé près de la grande commode, et brossa ses cheveux à l'aide d'un peigne qu'il avait trouvé dans un tiroir de sa table de nuit. Il refit ses puis tresses, preuves de ses aptitudes guerrières et des épreuves qu'il avait traversées, puis passa une tenue propre – une simple tunique blanc cassé et des collants gris. Il n'avait pas l'habitude de se vêtir de cette façon, mais il avait trouvé cette toilette soigneusement pliée et déposée sur une des plus basses planches de l'armoire, et avait eu envie de changement.
Chaussé maintenant de ses habituelles bottes brunes, il sortit de la pièce, fermant doucement la porte. Il ne savait où aller. Il n'avait pas vraiment faim, pas vraiment soif, pas vraiment envie de voir quelqu'un. Il opta donc pour une promenade solitaire dans les grands jardins de la Tour de Garde de Minas Tirith.
Aaaah, la nature faisant palpiter ses sens, la chaleur de la Soleil inondant son corps et réchauffant son cœur, cet air pur et libre qu'il respirait avec avidité. Le Prince de Mirkwood profita de toutes ses merveilles qu'Arda pouvait lui offrir. Il s'allongea dans l'herbe encore fraîche, et, croisant ses bras derrière sa tête, admira le ciel bleu baigné de nuages blancs.
– « Legolas, vous allez bien ? »
L'Elfe était revenu dans la Tour Blanche environ quelques minutes avant l'heure du déjeuner. Le cœur encore empli des sensations pures que lui prodiguait la nature, il n'avait pas vraiment porté attention à qui il pouvait bien croiser dans les couloirs, et à ce qu'il se passait autour de lui. Il s'était assis à la table, à la même place que la veille. Le repas était donné en comité restreint : ainsi, n'étaient présent que le Roi, sa femme, Lymia et lui-même. Il sursauta quand la voix d'Aragorn s'adressa à lui.
– « Oui, oui, Estel. Je rêvassais. »
– « Je vois. » Il lui lança un regard oblique. « Comment s'est déroulée votre petite promenade de ce matin ? »
– « A merveille, je vous remercie. Minas Tirith est particulièrement agréable si tôt dans la journée. »
– « Je ne vous le fais pas dire, Legolas. Et le temps de ce jour est particulièrement radieux ! »
Lymia écoutait d'une oreille discrète la conversation qui se déroulait. Elle fit d'ailleurs bien, car, quelques instants plus tard, Arwen prit la parole.
– « Et vous, Demoiselle Lymia ? Comment trouvez-vous notre cité ? » Elle prit la main de son mari et la pressa.
– « Elle est magnifique, certes. »
– « Oui, mais ceci, nous le devons tous à son Roi ! » Elle sourit à Aragorn. L'humaine acquiesça. « Et vous, d'où venez-vous, si ce n'est pas indiscret ? »
La femme aux cheveux noirs jugea que cette question ne représentait aucune potentielle « menace » pour son secret, et se décida donc à répondre. Legolas guettait le moindre mouvement, la moindre parole.
– « Je viens de ces terres magnifiques que sont celles du Rohan. J'habitais dans les contreforts d'Edoras. »
Elle n'avait pas totalement menti. Elle ne vivait pas dans les contreforts d'Edoras, certes, mais dans son château, Meduseld. Mais ceci devait rester secret, du moins pour l'instant. Elle ne remarqua pas le regard méfiant que lui lançait le monarque du Gondor.
– « Ce n'est plus le cas ? » Continua l'Elfe.
– « N… Non, je suis partie il y a de cela quelques mois. »
– « Mais… Pour quelle raison ? » Elle fronça les sourcils.
– « Je ressentais simplement le besoin de… Voyager, voir d'autres choses que les murs d'or de Meduseld, connaitre de nouveaux visages. »
– « Et c'est comme cela que vous avez fait la connaissance de notre cher Legolas, n'est-ce pas ? » Coupa Aragorn.
Il était au courant de tout ce qui concernait de près ou de loin la jeune humaine, et ne voulait pas que sa femme puisse la mettre mal à l'aise.
– « C'est exact. » Interrompit le concerné. « J'avais, moi aussi, envie de changer d'air, et nous nous sommes croisés par pur hasard, près de Fondcombe… »
– « Fondcombe ? Mais vous aviez dit venir du Gondor du Sud ! » S'exclama Arwen.
– « Oui, c'est exact. Nous avons fait un petit détour par-là, car Lymia ici présente avait depuis longtemps le désir de visiter cette région certes déserte, mais toujours aussi fascinante. »
La jeune femme fit diversion.
– « A propos, si je peux me permettre, Seigneur Aragorn, vous devriez remettre cet endroit à neuf ! C'est, comme Le Prince l'a dit, une région fort intéressante, et je suis sûre qu'avec un peu d'efforts, elle pourrait devenir très attractive… »
– « J'en prends bonne note, jeune demoiselle. Je vous remercie de vos conseils. »
Ils s'en prirent ensuite à un tout autre sujet.
– « Mais, en parlant de Fondcombe, mellon nîn, comment se porte ce bon et sage Elrond ? »
– « Je suis ravi de vous apprendre, Estel, que votre père adoptif va très bien. Mais, vous lui manquez beaucoup, Arwen. » Il s'adressa à l'autre Elfe. « Et vous aussi, d'ailleurs, Aragorn. »
– « Mon père a toujours tendance à trop dramatiser. » Répondit la belle Elfe en souriant. « Il faudra que je pense à lui rendre visite, en effet. »
Et enfin, nos camarades quittèrent la table, la laissant aux soins des domestiques. Avant de quitter la pièce, Legolas murmura à Aragorn :
– « Mellon nîn, puis-je me permettre d'abuser de votre hospitalité pour quelques nuits encore ? »
– « Autant que vous voudrez, Legolas ! »
– « Je vous remercie. »
– « Ce fut un plaisir. Je dois malheureusement vous laisser, Arwen et moi-même sommes attendu dans la salle du trône pour traiter de toutes ces fastidieuses choses dont on doit s'occuper quand on est Roi… Faites comme chez vous, mellon nîn. »
Il fit un clin d'œil à son ami blond, puis le couple royal s'en alla vers la dite salle du trône, laissant Lymia et Legolas seuls.
– « Aurais-je l'outrecuidance de vous demander de venir vous promener avec moi, Demoiselle Lymia ? »
– « Il n'y a rien d'outrecuidant là-dedans, mon Prince. J'accepte avec grande joie. »
– « Combien de fois devrais-je vous le répéter ? Legolas me suffit amplement. Cessez de m'appeler 'Prince'. »
– « Vos désirs sont des ordres, Seigneur. » Elle offrit un petit sourire coquin à son camarade.
– « Je constate que vous êtes têtue comme une mule ! »
– « Effectivement. »
– « Bon, et bien… Allons-y ? »
Il offrit son bras à la jeune femme, qui le saisit. Ils partirent en direction des jardins.
– « Quel magnifique endroit… »
– « Vous avez totalement raison, Lymia. Cette cité est enchanteresse. Hélas, ça n'a pas toujours été le cas. Si vous l'aviez connu pendant son siège, vous aurez vite changé de discours. De même avant qu'Aragorn ne prenne le poste de Roi ! »
La jeune femme ne répondit pas, et ils continuèrent leur route, bras-dessus bras-dessous, en silence. Pourtant, au bout d'un moment, l'Elfe fut tenaillé par une question qu'il voulait poser depuis un bon moment déjà, mais n'osait pas. Finalement, il prit son courage à deux mains, et respira profondément.
– « Quelque chose ne va pas ? » S'enquit l'humaine.
– « Lymia… Je voulais vous poser une question. Si elle vous blesse, je vous prie de m'excuser, ce n'était aucunement mon intention. Je vous avoue que ce point m'obsède depuis déjà quelques temps, et le besoin de savoir ce fait de plus en plus pressant en moi. Acceptez-vous de m'écouter ? »
Le visage de la belle se durcit, mais elle acquiesça tout de même d'un signe de tête. Le Prince poursuivit.
– « Alors, voilà. Dès le premier instant où j'ai aperçu votre visage, j'ai su que vous n'étiez pas une simple humaine. » Il choisit ses mots avec soin. « En effet, quelque chose me porte à croire que vous n'êtes pas seulement ça. Qu'il y a autre chose. Si cela est dû à votre son royal, je n'en sais strictement rien, mais je pense que c'est différent. Et je vous avoue que la curiosité me ronge, à tel point que je n'en ferme plus l'œil. »
La jeune femme resta muette quelques instants, mais soupira enfin.
– « Et bien, je suppose qu'après tout, vous méritez de savoir… Je vais donc vous raconter toute l'histoire.
Un jour, une Elfe appelée Edalanor arriva à Edoras. Pour quelles raisons elle était là, personne ne le savait vraiment. On supposait qu'elle s'était perdue, version, qui, je vous l'avoue, m'étonne un peu. Elle venait du Lindon, l'ancien royaume de feu Gil-Galad, puissant Seigneur Elfe –Vous n'êtes pas sans savoir qu'il perdit la vie lors de la Bataille de la Dernière Alliance, aux côtés du roi Oropher de Vertbois. Mais passons, elle vint donc, et tous se méfièrent d'elle. Après tout, que pouvait donc venir faire une Elfe d'apparence une vingtaine d'années, seule et perdue dans le Rohan ? Elle alla, la tête haute, réclamer l'asile aux portes du palais du roi. Théoden, fils de Thengel, fut frappé par sa beauté si pure, caractéristique des Elfes, et l'accueillit sans poser de questions. Sa femme, Elfhild, étant morte en donnant naissance à Théodred, il avait le champ libre, mais, dans les coutumes Rohirrims, il est très mal vu de se remarier ou d'avoir une autre aventure après la mort de sa femme. En tant que roi, il devait montrer l'exemple.
A force d'acharnement et d'efforts, le roi su parvenir à ses fins et s'accorder les faveurs d'Edalanor. Ils entamèrent une relation complexe, devant sans cesse se cacher, ne jamais être vu, ne jamais se crier leur amour en public. Finalement, ce qui devait arriver arriva. Au bout d'une année de vie commune, Edalanor, ma mère, tomba enceinte. Et ce fut le drame. Le roi ne pouvait aisément pas reconnaitre cet enfant, et il inventa donc une histoire montée de toute pièce, qui disait en bref qu'Edalanor avait été engrossé sans quelconque intervention humaine. C'était, comme il le disait si bien « La Volonté Des Valars. »
Ma mère fut méprisée, insultée. Elle n'avait jamais vraiment eu la confiance du peuple, mais là, c'était pire que tout. Ils ne gênaient pas leurs regards curieux, voire haineux, sur son passage, et prononçaient des malédictions quand ils la voyaient. Elle cachait son désarroi mieux que personne, si bien qu'au début, Théoden ne s'en rendit pas compte. Elle gardait toujours la tête haute, se tenait droite, n'accordait aucune attention au mépris des gens. Mais, une fois seule, ses sanglots amers reprenaient le dessus et elle se laissait aller, roulée en boule dans son lit, ses longs cheveux noirs reposant sur son oreiller de plumes.
Puis, enfin, ça arriva. Ma naissance. L'accouchement de ma mère. Elle n'avait pas vraiment parlé de mon potentiel nom avec mon père. Je n'ai pas besoin de préciser que me mettre au monde fut la pire erreur de sa vie, puisqu'elle y resta. Non, non, ne m'interrompez pas, Legolas. Je ne sais pas vraiment si c'est le fait d'être à bout de forces, où si c'était volontaire, mais son ultime parole fut en Sindarin. Sa phrase, coupée, hachurée par ses pleurs et son souffle, fut incompréhensible. De plus, personne ne parlait vraiment cette langue, ici… Un des maîtres guérisseurs cru néanmoins entendre un mot, un petit mot : Lymia. Ce qui fut pris pour un mot fut donné à mon nom. Vous savez sûrement que ceci n'existe pas. Je pense qu'ils ont du ouïr un bout de phrase, puis un autre, et les ont assemblé.
Voilà, vous savez tout, mon Prince. J'espère que vous ne nous jugerez point, mon défunt père et moi. »
Ledit Prince resta quelques instants silencieux, se répétant mentalement tout ce qu'il venait d'être dit. Il devait bien avouer que l'histoire de cette jeune femme l'avait émue, bien plus qu'il ne le laissait paraitre. Mais, un point le taraudait néanmoins.
– « Mais… Ca n'a pas de sens. »
– « Comment ça, ça n'a pas de sens ? » La jeune femme avait parlé plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu, mais après tout, de quel droit le disait-il ça, alors qu'elle venait de se confier ?
–« Et bien, si j'en crois tout ce que vous venez de me raconter – et je vous crois, je vous rassure – vous êtes une Peredhel, n'est-ce pas ? »
– « Peredhel ? »
– « Une Semi-Elfe. Comme le Seigneur Elrond. » Expliqua-t-il en souriant.
– « Et bien, oui, je suppose… »
– « Alors comment se fait-il que vous n'avez ni les oreilles, ni autres caractéristiques Elfiques, comme l'immortalité ? »
– « C'est donc ça qui vous taquine. » Sourit-elle. « Et bien, je suppose que j'ai plutôt hérité du côté Homme de mon père, que du côté Elfe de ma mère… Dans ce cas-là, je suis plutôt une Semi-Humaine, non ? »
– « Certes. » Le Prince rit. « Je vous remercie de m'avoir fait confiance. »
– « Il n'y a pas de quoi me remercier, je vous devais bien ça… »
Les deux compagnons continuèrent leur petite promenade dans Minas Tirith. Le temps passa à une vitesse fulgurante, si bien que le Prince commença à se demander si ce n'était pas une chose propre à cette cité. C'est vrai quoi, à chaque fois qu'il passait du bon temps avec Aragorn, et maintenant avec Lymia, il avait l'impression que les heures se transformaient en minutes !
L'air se faisait plus frais alors qu'un magnifique coucher de soleil rougeoyant pointait le bout de son nez. Lymia et Legolas se précipitèrent vers le bout de la grande terrasse de la Tour Blanche, emplacement qui leur permettait de dominer toute la ville en hauteur. Appuyés sur le rebord de la pierre, l'Elfe des bois sentait naitre en lui une douleur qui lui inondait le ventre. Ce n'était pas une de ces douleurs qu'on ressent quand une épée nous blesse, loin de là. C'était une douleur interne, brûlante, et qui semblait ne jamais vouloir s'arrêter. Il aimait à en avoir mal, aimait à en mourir. Il ne pouvait simplement pas regarder la jeune femme qui se tenait à côté de lui sans avoir envie de quitter ce monde définitivement. Trop de chagrins, trop de déceptions. Pas d'espoir. Et le pire, l'ignorance. Oui, car il ignorait tout des sentiments de cette jeune semi-humaine. Il ignorait s'ils étaient les mêmes que les siens, ou au bien contraires. L'aimait-elle, le détestait-elle ? Ou l'indifférait-il ? Trop de questions. Pas de réponse. Maudit soit-il de ne pas oser tendre le bras pour se saisir de sa main, la presser contre son torse en lui murmurant qu'il l'aimait, qu'il serait prêt à sacrifier sa vie pour elle. Qu'il donnerait tout pour qu'elle vive heureuse. Qu'il l'accompagnerait jusqu'à la fin, jusqu'à se qu'elle rende son dernier souffle. Qu'il la voulait, elle, et aucune autre chose sur cette terre. Qu'elle était tout ce dont il avait toujours rêvé. Qu'elle était plus belle que toute autre chose vivante ou non, qu'elle rayonnait plus que la Soleil elle-même, et que son éclat était plus divin que le Lune et les étoiles. Elle était à la fois l'ombre et la lumière, la lumière et l'ombre. Elle était ce qu'il lui fallait pour oublier les douleurs de la guerre, pour se sentir important. Mais il ne fit rien, et garda son poing fermé sur la rambarde.
La Soleil se couchait, dardant pour la dernière fois Arda de ses rayons, du moins jusqu'à la prochaine journée. Les étoiles commençaient à briller, illuminant tout. Le Lune éphémère pointa le bout de son nez, et un papillon de nuit voleta autour du Prince, fugace à l'image de l'unique larme qui roula sur sa joue droite.
