Quand l'aube se leva, Draco était déjà prêt. Il avait enfilé des vêtements simples par dessus sa côte de maille qu'il ne quittait jamais le jour. Ses serviteurs avaient pris ses affaires et il n'eut qu'à descendre. Cratos et Cassiopée était déjà sellés, il monta sur Cratos qui renâcla nerveusement. Ce cheval était bien différent de Cassiopée. Il était brusque et imprévisible. Quand il était effrayé, il pouvait faire de gros dégâts mais Draco s'en sortait bien avec l'étalon. Il parvenait à mettre son caractère peu évident à son avantage. Le blond prit les rênes de Cassiopée et les attacha à la selle de Cratos. Les serviteurs s'empressèrent de sangler les affaires sur le dos de la jument. L'un d'eux était un peu maladroit, il avait les mains tremblantes. Draco l'interpella alors qu'il allait s'en aller. L'adolescent sursauta :

« Quel âge as-tu ? Demanda-t-il en descendant de Cratos.

- Dix.. Dix-sept ans, Monseigneur, répondit le serviteur en s'inclinant bas.

- Relève-toi et regarde moi dans les yeux. Je ne vais pas te manger... Tu es jeune, je trouve, pour servir ici.

- Mes parents sont pauvres, ici au moins, je mange et je dors au chaud, fit le garçon en rougissant sous le regard pénétrant de Draco.

- Quel est ton nom ?

- Armand, monseigneur.

- J'aime beaucoup ce prénom, Armand. Qu'est-ce-qui t'angoisse tant, Armand ?

Armand mit une de ses mèches sombres derrière son oreille. Ses yeux bruns brillèrent et il se mordit la lèvre :

- C'est que... Je fais partie du voyage. C'est la première fois que je quitte ma terre natale et je ne sais si je reviendrais un jour. Nous partons vers l'inconnu. J'ai peur de ne pas être à la hauteur de vous servir, Sir Malfoy... Je... Je vous admire beaucoup.

Draco sourit et posa sa main sur l'épaule du jeune homme tout en effleurant sa joue, aussi rouge que le soleil couchant.

- Tu n'as pas à t'en faire, Armand. Tout se passera bien, je te prêterai une attention toute particulière. Je te donne les rênes de Cratos pour le voyage. Une fois à Poudlard, tu seras dans mes appartements. Je ne doute pas de ta capacité à me servir. Tu peux aller rassembler tes effectifs, retrouve-nous à la porte du château dans une heure environ.

- Merci, Sir Malfoy. »

Armand partit, un peu troublé. Quant à Draco, fier et souriant, il enfourcha à nouveau Cratos et sortit des écuries.

Le soleil était un peu plus haut dans le ciel mais l'air avait gardé sa fraîcheur. Lucius, le roi, son fils et sa fille l'attendaient vers la porte. Draco les salua et s'inclina devant Éléonore.

« Bonjour, seigneur Malfoy fils. Comment allez-vous ce matin ? Fit le roi.

- Bien, votre Majesté. Mes serviteurs seront prêts d'ici une heure.

- Je suppose que vous le savez, mon fils vous guidera jusqu'à Poudlard. Ensuite, il logera dans le château avec vous le temps que vous lui appreniez l'art de la guerre. Un tournoi entre lui et vous sera organisé à la fin de son apprentissage.

- Très bien, mon Roi. Je m'acquitterai de mon devoir, soyez-en certain.

Le souverain acquiesça. Derrière lui, Harry s'amusait à refaire Draco en prenant des poses grossières ou efféminées. Le blond fronça les sourcils tandis qu'Éléonore étouffait un rire. Elle était vêtue d'une longue robe bleue marine et une cape de la même couleur était nouée à son cou. Ses cheveux étaient nattés. Harry se reprit alors que le roi se tournait vers lui :

- Harry. Fais un effort cette fois.

- Père, nous en avons déjà parlé. Je suis catégorique. »

Draco fut choqué de toute l'insolence qu'il percevait dans le ton et le regard du prince. Si lui avait osé, ne serait-ce qu'une seule fois, faire cela avec son père il aurait été jeté au cachot durant plusieurs jours sans rien manger ni boire que le bouillon insipide que l'on réservait habituellement aux porcs.

Harry monta sur le cheval noir qu'on lui présenta. Le fier destrier fut mené à côté de Cratos qui gratta le sol, toujours nerveux. Par la même occasion Harry se retrouva à côté de Draco qui se pencha et murmura des paroles apaisantes pour que la bête se calme sous le regard goguenard du prince. Quand l'étalon de Draco se fut un peu apaisé, Armand arriva avec un petit baluchon pour bagage. Le jeune garçon prit les rênes du cheval et attendit avec eux. Au fur et à mesure, des autres animaux et des chariots s'ajoutaient au cortège. Tout le monde se pressait, courait, s'énervait, s'installait. Une courtisane voulut donner ses bons services à Draco qui l'ignora superbement, parce qu'« avec le voyage que vous entreprenez, Monseigneur, rien de tel qu'un peu de plaisir ! »

Tout le monde fut prêt quelques temps après, le blond donna le signal du départ après avoir dit au revoir à son père, au roi et à sa fille. Ils partirent au pas, Draco était silencieux et fixait l'horizon tandis qu'Harry, après avoir indiqué le nord, était descendu de cheval, se fondait dans la foule et aidait les paysans. Draco avait observé son manège, un sourcil hautain levé, et ne comprenant décidément pas l'attitude de ce fils de roi, avait reporté son attention sur le cou d'Armand devant lui. Il avait l'air délicieux, ce garçon. Il paraissait gentil et innocent, une proie parfaite. Armand dut sentir son regard persistant car il se retourna et releva brièvement la tête vers lui avant de trébucher sur une pierre.

« Fais attention, je ne voudrais pas que tu te brises quelque chose, fit le blond d'une voix douce.

- Je... Excusez-moi monseigneur. » répondit Armand en baissant la tête à nouveau.

Oui, vraiment adorable. Entièrement soumis. Draco se demanda depuis combien de temps il n'avait pas commis le pêché de chair avec un autre homme et se trouva incapable de répondre. Ces derniers temps, il avait été trop occupé à autre chose. Désormais, il aurait ses terres, son domaine. Il pourrait faire ce qu'il voudrait et il sentait qu'avec Armand, il rattraperait bien les choses. Une voix retentit au loin et il vit une silhouette qui boitait avancer vers eux. Il reconnut là Gondemar et lui fit signe de s'approcher. Il se pencha à sa hauteur, ralentissant le pas de Cratos. Le vieil homme avait les yeux qui brillaient lorsqu'il flatta le col du cheval.

« Allons, nous nous reverrons, lui dit Draco, reprends-toi.

- Excusez-moi, c'est seulement... Après tant d'années à vos côtés vous voilà parti.

- Il était temps, tu sais. Je ne sais pas si je retrouverai quelqu'un d'aussi bien que toi. Enfin, nos routes se séparent ici. Prends ceci et va-t-en. Ne l'ouvre que lorsque nous serons à l'horizon."

Le chevalier lui tendit un petit sac de cuir dont s'empara le serviteur tout en s'inclinant. Il fit un sourire au jeune homme avant de retourner dans l'enceinte du château.

Ils cheminèrent ainsi vers le nord toute la journée durant, sous un soleil de plomb. Le soir, ils s'arrêtèrent à la lisière d'une petite forêt, près d'une rivière parce qu'Harry avait dit qu'en passant par les bois ce serait moins long.

La nuit tomba rapidement, tout le monde était autour de feux de camp, on fit sa tente à Draco. Celui-ci s'éclipsa pour aller se rafraîchir un peu dans la rivière, la journée avait été épuisante et il se sentait sale. Il se dévêtit, enleva sa côte de maille avec un soupir de soulagement, posa le tout sur la berge et entra dans l'eau. Sa peau se hérissa le temps qu'il s'habitue puis il s'immergea complètement. Il mit ses cheveux en arrière et jeta un œil à la lune qui se reflétait dans l'eau. Elle était presque pleine et des milliers d'étoiles l'accompagnaient, c'était magnifique. Un peu caché par les feuillages qui dépassaient, il aperçut, un peu plus loin, Armand entrer dans l'eau également mais n'y rester qu'à la hauteur de la taille. Il était nu. Draco le détailla. Ses cheveux bruns tombaient sur ses épaules fines. Son dos avait une jolie cambrure. Le blond se dit qu'effectivement, il ne s'ennuierait pas avec ce garçon à ses côtés. Il faudrait d'abord franchir le plus dur, les interdits, les tabous qu'il s'était sûrement imposés.

Lorsque le jeune homme fut au milieu du cours d'eau, dans un équilibre précaire sur les galets, Draco s'approcha de lui dans son dos. Il lui murmura à l'oreille :

« Pas trop dur, ce premier jour de voyage ?

Armand sursauta violemment et tomba à la renverse dans l'eau peu profonde dont il se releva avec peine. Draco eut un sourire face à ce spectacle.

- Monseigneur, je ne vous avais pas entendu arriver, vous m'avez surpris ! S'exclama le jeune homme en tentant de cacher son intimité.

- Oh, Armand, on est tous les deux faits de la même manière. Ne dissimule donc pas ce qui fait de toi un homme.

Le serviteur enleva ses mains mais s'enfonça un peu plus dans l'eau. Draco comprit qu'il était rouge de honte, bien que la luminosité de la lune ne le fit pas apparaître. Armand releva ses cheveux trempés de devant son visage alors que le blond se mettait à sa hauteur.

- Tu avais une... Bonne amie, dis moi, au village ? Ou au château peut-être ?

- Oui. Elle s'appelait Hestia, elle travaillait en cuisine.

- Je ne la connais pas. Comment était-elle ?

- Blonde, au moins autant que vous, sans vouloir vous offenser. Elle avait mon âge et faisait des plats merveilleux.

- Vous êtes vous déjà... unis ?

Les yeux d'Armand s'écarquillèrent :

- Oh non, Monseigneur ! Oh grand jamais avant le mariage !

- Ah oui ? Qu'est-ce-qui te retient de faire ça ?

- Je veux être fidèle à Hestia et...

Le garçon s'interrompit alors que la main de Draco glissait le long de son torse. Il essaya de se dégager mais les galets qui le faisaient déraper ne lui facilitaient pas la tâche. Le blond le retint d'un bras et se mis au dessus de lui.

- Qu'est-ce-que vous f...?! Laissez-moi !

- Calme-toi, Armand. Aie confiance, lui susurra le seigneur.

Armand tenta de le repousser alors que Draco caressait son corps. Il s'égratigna la cheville et se cogna le genou contre un pierre en se retournant. Il agrippa l'herbe de la berge et se hissa hors de l'eau. Draco fit de même et l'emprisonna de ses bras et ses jambes à nouveau. Essoufflé Armand ferma les yeux, terrifié, quand ses mains passaient sur son torse, traçaient le contour de son nombril, tantôt remplacées par une langue chaude.

« A-Arrêtez ! Je.. Je ne veux pas, arrêtez !

A sa plus grande surprise, le blond s'arrêta puis se releva, tendant une main pour qu'il fasse de même. Armand recula instinctivement. Draco le regarda de haut en bas et lui dit simplement, en souriant :

- Tu es sûr de ne pas vouloir ?

- Jamais, c'est malsain. Je ne suis pas un bougre ! Qu'est ce que vous croyez ! Hestia...

- Tu ne la reverras jamais, cesse donc de penser à elle.

Le jeune garçon ouvrit la bouche pour dire quelque chose puis la referma et se retourna pour reprendre ses vêtements.

- Le diable a du prendre possession de vous et corrompre votre âme.

- Non, Armand. Tout ça, c'est ce que t'ont inculqué ces gens de la religion.

- Je devrais vous dénoncer.

- Qu'y gagnerais-tu ? De l'argent ? Cela m'étonnerait. Mon père te ferait tuer plutôt pour ne pas ébruiter cela."

En parlant, Draco s'était approché d'Armand. Il posa une main sur sa joue.

« Ne me touchez pas, s'exclama le jeune garçon en reculant à nouveau.

- Je peux te toucher autant que je veux. J'ai des droits sur toi, tu m'appartiens. N'oublie pas que je suis ton seigneur et que tu dois me servir corps et âme.

Sur ce, Draco se pencha sur ses lèvres serrées et bleuies de froid et les embrassa. Il se détourna par la suite avec un petit sourire et alla se rhabiller également. Lorsqu'il revint sur le sentier qui menait aux tentes, Armand était déjà parti.

Il reviendrait bientôt, il n'avait pas été totalement insensible à ses avances. Personne ne l'était, il le savait bien. Draco rentra dans sa tente qui était la plus grande de toutes et s'allongea sur le lit de fortune. Il alla chercher une couverture, se déshabilla à nouveau et se coucha. Il ne tarda pas à s'endormir.


Le chapitre 2 est en cours d'écriture, ne vous inquiétez pas ! Je sais que c'est dur quand on aime une fiction plus que de raison... x) ( Je plaisante, bien entendu ! )

Je souhaite préciser également que j'accepte sans aucun problème les critiques négatives. Du moment qu'elles sont constructives et peuvent m'aider à avancer ! Si vous avez des questions, n'hésitez pas non plus. Ayant perdu mes dents, je ne peux plus vous manger...

Bises,

Onirybrius.