Bonjour tout le monde,
Je n'arrive pas à rester loin de vous et donc je poste bien trop vite à mon goût mes chapitres… Vos reviews me font chaud au cœur et j'espère chaque jour que la suite vous plaira… J'ai été très touchée de vos attentions et je vous en remercie.
J'aimerai remercier mon Ptit Amour pour ses corrections et ses attentions. Merci mon ange pour être toujours avec moi dans n'importe quelle aventure, me soutenant dans quelque soit mon entreprise. Tu es un amour ! Donc merci d'être là et d'être toi…
Beaucoup d'entre vous on identifiait l'enleveur sous celle d'Edward. Je vous laisse découvrir si tel est le cas…
Bonne lecture…
Anykim : Je suis ravie que cela te plaise autant, j'espère que la suite en fera de même. Bisous et merci…
Czarnyciemno : je suis touchée que pour l'instant mon histoire te plaise. Ta supposition est surprenante concernant l'identité de l'enleveur : Mike Newton ou un de ses proches… Je ne l'avais pas vu venir. Je te laisse donc découvrir l'identité de l'ombre… Juste petite information, cette fiction est une all Human donc aucun vampire mais l'idée était là -). Merci et j'espère que la suite va te plaire…
Cata : Bonjour à toi. Pour l'ombre alors tu découvriras son identité dans ce chapitre mais je suis ravie que tu te prête au jeu -). Je suis touchée que l'histoire te plaise. J'essaierai de poster régulièrement mais ce sera aussi selon mon avancée dans l'écriture mais pour l'instant je m'en sors :-D. Merci et bonne lecture…
Chapitre 1
Je ne savais depuis combien de temps j'avais sombré dans l'inconscience. Mon esprit embrumé faisait petit à petit surface alors que des bruits d'abord amortis devenaient nets à mesure que je me réveillais. Mes sens encore engourdis, j'essayais tant bien que mal de m'orienter mais toutes les informations que je pouvais récolter convergeaient et m'annonçaient que j'étais en mouvement.
Mes poings étaient liés, mes yeux bandés ou était-ce parce qu'ils étaient encore fermés ? Je me forçais à les ouvrir mais tout restait noir autour de moi, je les avais bandés. Mon nez ne me renvoyait que des odeurs de renfermé, de sueur et d'un parfum féminin. Je me forçais à reprendre conscience totalement. Les bruits étaient étouffés, je sentais mon corps en mouvement et bientôt je dus me rendre à l'évidence : j'étais enfermée dans un camion.
Je sentais près de moi du mouvement, puis une chaleur sur mon flanc. L'odeur de parfum féminin se fit plus forte. J'en déduisais que soit j'avais été enlevée par une femme, ce dont je doutais car mes souvenirs me renvoyaient l'image d'une ombre de grande taille vraisemblablement masculine, soit que j'avais une compagne dans mon malheur.
Un virage plus violent propulsa ce corps un peu plus contre moi et mon dos heurta la paroi glaciale du fourgon.
-Désolée, me dit une voix fluette.
-Y'a pas de mal… Soufflai-je
-Je m'appelle Alice, tu as été enlevée comme moi. Quel malheur ! Dire que je n'aspirai qu'à rentrer avec mes sacs de shopping et qu'à cause de ce monstre, j'ai laissé tomber toutes mes nouvelles affaires sur le trottoir… finit-elle essoufflée car elle n'avait pas repris sa respiration durant toute se tirade.
- Estime-toi heureuse d'être toujours vivante… Siffla une troisième voix située un peu plus loin sur ma gauche.
-Heureuse ! Tu plaisantes j'espère ? Toutes mes affaires de marque sont restées sur le trottoir et la première femme qui passe va pouvoir les porter et ce gratuitement. Je suis loin, mais alors très loin d'être HEUREUSE ! Et puis d'ailleurs, tu es qui au juste ?
-Rosalie. Dit la voix d'un air supérieur. D'ailleurs on ne sait toujours pas à qui appartient la voix de ta compagne…
-Bella, je m'appelle Bella.
Nous ne pûmes discuter ou simplement faire plus amplement connaissance que les freins du fourgon se mirent en marche violemment et mon corps fut propulsé en avant contre celui d'Alice. Rosalie ne devait pas être loin de moi, car sa chaleur réchauffait mon côté gauche.
La portière avant grinça et des pas sur la route firent crisser le gravier sous le poids de notre ravisseur. Un courant d'air glacial frappa bientôt l'arrière du véhicule alors que les portes s'ouvraient. Mon sang se mit à se glacer dans mes veines, mon corps se tendait et je n'étais pas la seule comme en témoignait la tension chez ma voisine.
Ma respiration était sifflante, mon cœur se mettait à tambouriner avec force contre ma poitrine et je ne savais pas quoi faire pour calmer mes tremblements. J'avais peur, j'étais tétanisée. Notre ravisseur nous avait-il entendues parler ? Je ne pus me poser la question plus longtemps qu'une voix dure retentit.
-Alors on fait causette ? Mais allez-y tant que vous pouvez, vous n'aurez plus longtemps ce privilège…
Que voulait-il dire par là ? Où nous emmenait-il ? La peur qui me terrassait devint plus grande encore. Ma voix était éteinte, comme bloquée dans ma gorge. Tous mes sens étaient en alerte, comme si la moindre information qui allait être délivrée allait être vitale pour la suite.
Je sentais Alice s'agiter contre moi et je me redressais comme je le pouvais pour lui laisser un peu plus de place. Je la sentais pousser vers moi, se détendre quelque peu. Bien que je ne la connaisse pas, j'avais le pressentiment qu'elle allait de nouveau parler.
-Pouvez-vous nous expliquer ce que vous nous voulez, ce n'est pas que vous nous dérangez mais j'aimerais retrouver mes affaires avant qu'elles ne disparaissent. Dit-elle avec un agacement non feint.
Le rire qui s'ensuivit me glaça le sang. Notre ravisseur se moquait bien de ses affaires et la réponse semblait être claire, jamais plus elle ne reverra ses maudits sacs. Je ne savais même pas si nous reverrions notre liberté un jour…
-Je sens que mon employeur va beaucoup rire avec toi, petite chose. Il va bien rire avec vous toutes. Entre une sauvageonne qui m'a presque arraché les doigts en me mordant, une écervelée folle de shopping… Il n'y a que la troisième qui semble convertie à la soumission. Si vous l'aviez vue avec ses yeux de biche regarder aux alentours quand elle se faisait traquer, un vrai régal…
Cet homme n'allait vraiment pas bien. Il adorait traquer et avoir vu mon absence de réaction semblait lui avoir plu. Je me sentais insultée bien que ma peur prédominait.
-Bon ce n'est pas que je m'ennuie mais nous avons encore pas mal de route avant d'arriver à la dernière étape de notre voyage. Pour être plus tranquille, vu que vos voix pleurnichardes sont tellement agaçantes, je vais vous laisser choisir, soit je vous scotche vos jolis minois, soit je vous renvoie dans les bras de Morphée…
-Si je devais choisir, je préfèrerais rester éveillée, dit Alice.
-Alors ce sera les bras de Morphée. Vous pouvez remercier votre amie. Je vous souhaite une bonne nuit mesdemoiselles.
Mes sens en alerte se firent encore plus vifs si cela était encore possible. Mon corps se contractait dans l'expectative de l'odeur âpre du mouchoir ou de la piqure de somnifère. Je voulais m'enfuir et j'essayai de nouveau de me redresser sur mes jambes. Ces dernières toujours cotonneuses refusaient de me soulever et je retombais de tout mon poids contre la paroi du camion.
Des bruits de lutte sur ma gauche me parvinrent. Rosalie semblait se révolter contre notre ravisseur. J'espérais intérieurement qu'elle puisse le propulser à terre et l'assommer mais bientôt plus aucun bruit provenant de sa direction ne parvint. Seul un corps chaud vint se poser sur mon flanc. Elle avait perdu son combat…
Seuls des gémissements de douleur se faisaient entendre en face de moi alors que la même sensation de froid mêlée à une chaleur désagréable m'envahissait. Le monstre était en face de moi et c'était à mon tour d'être endormie. Pourtant rien ne vint.
Alice à mes côtés se tendit de nouveau, elle aussi était sur le qui-vive et attendait son tour. Elle se mit à gigoter et bientôt son corps tomba contre le mien comme un poids mort. Elle venait de s'endormir. Je me retrouvai seule, coincée entre deux poids, apeurée et vaincue face à un ennemi armé.
-Nous revoilà de nouveau face à face. J'aurais bien aimé voir tes yeux si intenses lorsque tu ressens la peur ma biche mais je manque cruellement de temps. Hum, je me demande si…
Je sentis alors une main sur mon bandeau avant qu'elle ne se ravise. Tout ce dont je me souviens de ce contact, c'est l'odeur qui en émanait. Un parfum d'eau de Cologne bon marché mélangé à de la sueur et à du sang. Mon ventre se tordit alors que la senteur rouillée et salée du sang emplissait mon nez. Je me sentais de plus en plus nauséeuse et j'essayais tant bien que mal de rester lucide et de me détourner de cette proximité. Mon ravisseur dut sentir mon trouble et comprendre mon geste de malaise comme une tentative de révolte car je sentais bientôt une poigne puissante sur ma trachée. Ma respiration se fit de nouveau très courte.
-Allons, allons. Tu ne comptais quand même pas me faire faux bond. Moi qui pensais que tu étais la plus intelligente des trois, ne me donnes pas tort en te révoltant un temps soit peu. Tu pourrais vraiment le regretter.
Je ne pus lui répliquer que je n'en avais rien à faire de son avis car son emprise sur moi se fit plus forte. Je me sentais inutile sous sa poigne et l'air commençait cruellement à se faire rare dans mes poumons.
-Bien, j'ai déjà beaucoup trop tardé avec toi mon ange. Laisse-toi faire et je te promets que tes rêves seront doux, finit-il sur un ton mielleux à m'en faire vomir.
Mes muscles se crispaient alors que la peur me terrassa. Pourtant rien ne vint encore. Au lieu de sentir un mouchoir ou une seringue contre ma peau, je sentis un souffle. Son souffle. Je voulus me rebiffer mais son poing était toujours refermé sur mon cou.
Son haleine de menthe et de vieux tabac emplit mes narines alors que son souffle heurtait ma peau et que des frissons malsains envahissaient mon épiderme.
-C'est bien dommage que je ne puisse pas jouer avec toi, tu sembles être très appétissante. Rien que ton odeur est entêtante. Hum est-ce que ta peau laiteuse est aussi gouteuse qu'elle ne le parait ?
Sur ces mots, je sentis sa langue parcourir toute la longueur de mon cou. Mes jambes jusqu'alors anesthésiées, se mirent à bouger et je me mis à gigoter contre lui. Je dus donner un coup dans ses parties car je l'entendis reculer, tomber et gémir de douleur sur le sol du camion à quelques centimètres de ma position.
-Salope, gémit-il en sifflant. Tu vas payer pour ce que tu viens de me faire.
Je ne dus pas attendre bien longtemps avant de sentir de nouveau sa chaleur malsaine ainsi qu'une brulure sur ma joue. Il venait de me gifler. Il ne s'arrêta pas là et commença à me tabasser avec plus de vigueur.
Chaque coup était plus violent, je sentais mon corps se crisper à chaque contact. La douleur devint bien vite insupportable et je me mis à geindre sous la souffrance. Il devait adorer cela car il redoubla l'intensité de ses coups.
Quand enfin il se stoppa, je ne sus dire quelle partie de mon être n'était pas touchée. Tout en moi criait de douleur et mon souffle n'était qu'un halètement. Mon esprit était perdu dans les vagues de la souffrance, ma peau était surplombée par la douleur et je rêvais maintenant de cette anesthésie qui tardait à venir.
Je ressentis comme une libération la piqure dans ma gorge alors qu'à mesure mon esprit sombrait de nouveau…
Mon réveil fut douloureux, tout mon corps me criait au supplice alors que chaque muscle de nouveau éveillé amplifiait un peu plus cette souffrance. Mes sens redevenaient un peu plus clairs. Mes yeux étaient toujours bandés et les effets du somnifère subsistaient quelque peu. Mes paupières étaient toujours lourdes mais il me fallait redevenir lucide. Ma gorge était comme déshydratée et encore brulante au souvenir de la poigne qui l'avait écrasée. Je voulus ouvrir ma bouche pour voir si Alice et Rosalie étaient elles aussi éveillées mais je ne pus, un bâillon m'en empêchait.
Un moteur surpuissant remplaçait le ronronnement du moteur de la camionnette. Etions-nous dans un avion ? La panique latente s'éveilla et tout mon corps se crispa et la douleur devint plus vivace.
Je sentis bientôt sur mon poids le choc de l'atterrissage. Depuis combien de temps, avais-je dormi ? Etais-je seule ? Où était ma destination ? Reverrai-je un jour mon appartement ou seulement mon père ? Je ne pouvais malheureusement que répondre à cette dernière interrogation. Non jamais je ne pourrais les revoir. J'en avais la certitude... Un sentiment de résignation emplit mon être et pourtant une flamme jusqu'alors inconnue de révolte emplit mon corps.
L'avion dut se stabiliser au sol car bientôt je ne sentis plus mon corps en mouvement. J'allais bientôt être fixée sur mon avenir. Qu'allait-il me réserver ?
Un courant d'air me parvint un peu plus loin, j'allais débarquer. Des voix d'hommes m'atteignirent ainsi que des bruits de pas. Je sentis bientôt une poigne se refermer sur mes cheveux et s'enrouler autour alors qu'une violente pression se mit à tirer dessus. La douleur qui me transperça éclipsa toutes les autres et je crus que j'allais m'évanouir tant j'avais mal.
-Allez debout sale chienne ! Cracha une voix dure.
J'avais, semble-t-il changé de ravisseur. Dans combien de mains allais-je être jetée avant de savoir ce que mon avenir me réservait ? Je ne pus m'interroger plus longtemps. La poigne se fit plus violente et je me sentais presque soulevée de terre. Mes jambes ankylosées et douloureuses tremblèrent sous mon poids en se posant sur le sol et je me sentis tomber. Je fus retenue par l'emprise de mon ravisseur sur mes cheveux et la douleur déjà insupportable au niveau de mon crâne devint encore plus intenable.
J'entendis un soupir derrière moi et un bras passa sous mes genoux. Je fus propulsée à toute vitesse contre l'épaule de cet homme alors que ma tête heurta son dos. Je me retrouvai en travers du dos de mon ravisseur et tout mon corps au contact de cet individu redevint douloureux.
L'air frappa bientôt mes jambes, puis mon dos. Je sortais de la cabine de l'avion. Puis bientôt, je ne distinguais plus rien, uniquement une atmosphère plus chaude et isolée. Je supposais que c'était une voiture.
On m'enleva le scotch sur ma bouche. Elle devait être sèche car de la peau de mes lèvres fut arrachée et un goût de sang envahît ma bouche. Je gémis sous la douleur. Un bruit de gigotement me parvint alors, j'appréhendais l'identité de cet inconnu…
-Bella, c'est toi… dit la voix fluette d'Alice.
Je n'étais pas seule. Nous étions donc toutes les deux ensembles. Je ne savais pourquoi je ressentais un léger sentiment de soulagement. Peut-être parce que dans mon malheur, j'allais connaître un visage, ou plutôt une voix, vaguement familière.
Je voulais lui répondre mais ma gorge sèche et douloureuse me piquait. Seul un gémissement franchît mes lèvres ensanglantées.
-Je suis contente de te savoir avec moi, tu ne peux pas savoir. J'ai cru que j'étais seule et je me sentais déjà devenir folle.
-Tu ne peux pas te taire, ta voix est agaçante. Siffla la voix toute proche de Rosalie.
-Tu es là toi aussi ! Tu n'aurais pas pu me répondre avant ! S'insurgea Alice.
-Pour te dire quoi, ça fait cinq minutes qu'on t'a enlevé ton bâillon et franchement je le regrette. T'entendre bavasser et pleurer sur tes achats que jamais plus tu ne reverras, y'a de quoi péter un plomb ! Mets-toi dans la tête que tu ne les reverras pas et que ce n'est pas la fin du monde ! Crois-moi, la perte d'habits c'est un grain de sable comparé à ce qui va nous arriver…
-Pfff n'importe quoi ! Des habits pas importants, maugréa tout bas Alice.
Le silence refit place dans l'habitacle, il devenait angoissant. Nous ne nous déplacions toujours pas et seules des voix masculines étouffées nous parvenaient. Nous ne savions pas encore où nous allions et mon corps déjà tendu se raidissait toujours un peu plus, me faisant affreusement souffrir aux endroits où les coups de notre précédent ravisseur avaient plu.
-Où pensez-vous qu'ils nous emmènent ? Demanda Alice.
-Je n'en sais rien, peut-être qu'ils vont nous exploiter sexuellement ? Ils peuvent tout aussi bien nous vendre comme esclaves. Que sais-je ? Je ne suis pas mieux avancée que toi. Dit Rosalie avec exaspération.
-Hey, sois plus sympa, je t'ai rien fait… Cracha Alice.
-Arrête de te plaindre et de poser des questions idiotes aussi. Tu me tends des perches. Lui répondit Rosalie avec une colère non feinte.
-Bella, tu pourrais m'aider au lieu d'être silencieuse ! S'indigna Alice.
-Taisez-vous, ils reviennent… dis-je d'une voix si rauque que je la reconnus à peine.
En effet, des bruits de pas assez sonores se rapprochaient de la voiture et bientôt les portières situées à l'avant claquèrent alors que des odeurs de parfums masculins puis des voix parvenaient à nos oreilles.
-Alors tu fais quel pronostic ? Dit une première voix rocailleuse.
-Tu parles de quel chargement ? Des filles ? Dit la voix dure que je reconnus comme l'homme de l'avion.
-Ba ouais. Tu penses qu'ils vont en faire quoi ? Dit la première.
-J'en sais rien Félix, les Cullen peuvent se montrer si inventifs. Peut-être qu'elles sont là pour compléter leur personnel de chambre, ou bien pour leurs « besoins » si tu vois ce que je veux dire…
-Ouais je vois tout à fait Demetri. Dit le dénommé Félix dans un rire gras.
A l'arrière, nous étions toutes les trois silencieuses. Qui étaient ces Cullen ? Et qu'allions-nous devenir ?
-Attendez, quand ils parlent de besoin, ils ne parlent pas de ce à quoi je pense, murmura Alice.
Aucune réponse de Rosalie et de moi-même ne s'ensuivit. La même fatalité hantait nos esprits. Nous allions peut-être devenir des esclaves sexuelles. Un frisson parcourut mon épiderme alors que ma peur revenait au galop avec une puissance dévastatrice. Je ne pouvais pas devenir une esclave sexuelle, je ne voulais pas. Je n'avais jamais connu d'homme auparavant et je ne voulais pas donner ma virginité à un homme qui m'avait achetée après avoir commandité mon enlèvement. Je ne pensais pas donner ma pureté à un monstre, j'avais toujours attendu le bon et voilà où cela m'avait mené…
-Si tel est le devenir de ces filles, je les plains… Je ne sais lequel est le meilleur entre les trois fils… Dit plus sérieusement Demetri.
-Tu peux aussi parler de Monsieur Carlisle, je ne connais pas d'homme plus froid. Répliqua Félix.
-Tu plaisantes, je préfèrerais être aux bons soins du docteur que d'être par exemple victime des assauts de la grande brute !
-Il est peut-être mieux que le blond trop calme à mon avis.
-Je n'en sais rien… Soupira le premier.
-En tout cas, je n'aimerais pas être la fille qui va tomber sur le rouquin. Je n'ai jamais connu homme plus violent, plus sombre et lunatique que lui.
-On est bien d'accord. La fille qui va tomber sur ce bon vieux Edward est la fille la plus malchanceuse de l'univers. Y'a pas plus inconstant et mystérieux comme homme. Il ne parle presque jamais, il ordonne toujours. Il veut tout contrôler, c'est même un maniaque du contrôle. Seule la colère et la menace transparaissent sur ses traits et la seule fois où je l'ai entendu parler calmement, c'est bien pire que lorsqu'il ordonne. Je n'ai jamais entendu plus flippant…
Le reste de la route se passa silencieusement. Je ne pouvais vous dire combien de temps cela dura. Cela me parut trop court. Je ne cessais de m'interroger sur mon avenir proche, et de méditer sur les paroles de ces hommes. Qui pouvaient bien être ces Cullen qu'apparemment ils craignaient ? Que nous voulaient-ils ?
L'homme rouquin semblait être une menace absolue. Si nous devions être leurs esclaves sexuelles, je priais pour ne pas devenir celle de cet homme. La description que nos ravisseurs avaient fait de lui n'était pas glorieuse et rien que le pressenti que j'avais me terrifiait.
Le bruit des roues sur le gravier d'une allée me parvint et je me tendis un peu plus. Nous allions bientôt être fixées. Le bruit d'immenses grilles en métal, telles celles que l'on voit souvent dans les films d'épouvantes, grincèrent et la voiture se remit en route après un bref arrêt.
Le temps semblait s'être figé mais en même temps il paraissait bien trop court. Chaque seconde semblait durer une éternité comme elle semblait en même temps bien trop rapide. Mon cœur battait puissamment dans ma poitrine, une pellicule de sueur recouvrait ma peau et de violents frissons parcouraient mon épiderme. Ma respiration était sifflante et mes douleurs jusqu'alors omniprésentes étaient devancées par la peur et l'anticipation.
La voiture s'immobilisa et les portières à l'avant claquèrent et bientôt ils furent de notre côté. Je sentis une poigne ferme au niveau de mes poignets attachés et meurtris. On m'emmena jusqu'à l'extérieur de la voiture et non sans peine vers un lieu surélevé, peut-être une entrée ou un perron que la présence d'un escalier m'inspirait. Chaque marche était un calvaire. Mes yeux bandés, mon corps endolori et à moitié comateux, n'étaient pas en la faveur de mon ravisseur.
J'avais toujours été une calamitée concernant une quelconque coordination alors vous pouviez imaginer mon calvaire pour aligner mes pas dans ceux de mon ravisseur. Je l'entendais grogner et protester sur mon incapacité à marcher. Puis bientôt, plus rien, plus de marche.
-Attend ici, dit le soi-disant Félix.
Où pouvais-je aller de toute manière ? Ce n'est pas avec les yeux bandés et dans un lieu inconnu que j'allais pouvoir m'échapper. Je sentis bientôt l'odeur du parfum que j'avais identifié comme celui d'Alice puis sa chaleur sur mon côté droit. Rosalie nous rejoignit bien vite sur ma gauche.
La pression au niveau de mon bandeau se fit plus lâche et bientôt il tomba à terre. Mes yeux d'abord aveuglés, s'habituèrent peu à peu à la lumière faible du lieu où nous nous trouvions.
Les murs étaient façonnés en pierre assez vieille de couleur miel. Des torches électriques illuminaient la pièce, qui était une sorte de hall, et donnaient à l'ensemble une tonalité ancestrale. Je tournai mon regard tout autour de cette pièce. Le plafond était très haut, un immense lustre y était accroché, des piliers de type corinthiens étaient placés à intervalle régulier alors qu'une immense double porte en bois massif, ainsi que trois autres tout aussi imposantes et un escalier en pierre complétaient l'ensemble. Le premier mot qui me venait à l'esprit était impressionnant.
Je me tournai vers mes voisines et je les découvris pour la première fois. Celle que je devinais être Alice était petite, brune, les cheveux hérissés. Elle était fine, presque fragile. Elle se tourna vers moi et me fit un sourire qui se voulait encourageant. Ses yeux étaient d'une couleur marron tirant vers le noir. Je lui rendis son sourire mais cela devait plus ressembler à une grimace au vu de la légère moue qu'elle me fit. Rosalie, quant à elle, était grande, sublime, un corps sculpté, presque divin. Ses longs cheveux blonds encadraient un visage digne des plus grands magasines. A côté de ses beautés, je me sentais encore plus banale et insignifiante.
-Hum, je vois que mes commandes sont arrivées. Dit une voix douce et chaude.
Je vis Rosalie se crisper à mes côtés alors que je portais mon attention vers cette voix. Un homme de la trentaine, voire de la quarantaine, nous surplombait sur les escaliers. Il était grand, blond, ses yeux me paraissaient, avec la distance, assez clairs. Il était habillé d'une manière décontractée tout en étant sophistiquée. Son sourire bienveillant me fit me tendre un peu plus. Et si c'était un piège. Il venait de nous appeler ses « commandes » et rien que cela me glaça d'avantage.
-Quel maladroit je fais… Je vous souhaite bien le bonjour Mesdemoiselles. Je m'appelle Carlisle Cullen et je vous souhaite la bienvenue dans ma demeure. Dit-il toujours avec son sourire bienveillant.
-Que faisons-nous ici ? Pourquoi nous avoir enlevées ? Cracha Rosalie.
-Ne dit-on pas que les réponses viennent à point à qui sait attendre Mademoiselle Hale ? Répondit l'homme nullement inquiété par la colère de ma voisine.
Le sourire de Carlisle se fit mesquin et froid, il nous tourna le dos et par ce geste nous demandait implicitement de le suivre. Nous ne pûmes objecter car les hommes derrière nous exercèrent une légère poussée entre nos épaules, nous poussant à suivre leur employeur.
Nous montâmes les escaliers et suivîmes cet homme blond dans un dédale de couloirs. Je perdis toute notion d'orientation et je réalisais que peu importe ce que l'avenir proche me réservait, jamais je ne saurais retrouver le chemin par lequel j'étais passée. Etait-ce le but de la manœuvre ?
Il s'arrêta près d'une double porte en bois massif et se tourna vers nous alors qu'il ouvrait les battants. Il nous invitait bientôt à y entrer et ferma après lui tout en laissant son personnel à l'extérieur.
La pièce était à l'instar du hall précédent, en vieille pierre miel. Une grande cheminée chauffait dans un coin alors qu'un immense tapis persan de couleur sanguine tapissait le sol. Une grande table en bois occupait la majeure partie de la pièce alors qu'un immense lustre en cristal nous surplombait. J'étais estomaquée devant tant de richesses et de luxe. Je n'étais pas habituée à cela et j'avais l'impression de remonter dans le temps, d'être replongée dans les contes qui avaient bercé mon enfance. Dans quel monde venais-je de tomber ?
Je ne pus me poser plus longuement la question qu'un raclement de gorge rappela mon attention…
Et oui, le mystérieux enleveur était James… Merci en tout cas pour celles qui ont joué le jeu !
Alors votre avis ?
Bisous.
Vôtre. Potine.
