Salut salut, j'espère que tout le monde va bien, toussa toussa.
Je viens de terminer ce premier bonus (qui, de fait, est considérablement plus petit qu'un OS normal) et je le poste vite fait, à peine relu, parce que je me connais, je vais pas savoir dormir si je le fais pas.
Bon, je vais pas vous dire que je trouve ça nul (même si je le pense) parce qu'apparemment vous aimez mes trucs nuls. Je croise les doigts pour que ce soit pareil avec celui-là.
Draco peut vous paraître super salaud, les explications précises de son comportement (so la manipulation de Lucius, tout le monde le sait) viendront dans le prochain bonus, donc... Un jour. A surveiller, quoi.
Au fait, j'ai un compte facebook spécial pour ma double vie d'auteur (hum..) Si ça vous intéresse, go sur mon profil, y'a plus d'infos! \o/
On se retrouve en bas! :)
La porte d'entrée venait de claquer, et Harry respirait enfin.
Planté au beau milieu du salon, les bras ballants, il se sentait soulagé. Parce que Draco venait de partir. Alors il se sentait affreusement mal, aussi. En fait, il était totalement perdu.
Ça faisait huit ans qu'ils habitaient ensemble. Draco amenait quelques affaires à chacune de ses visites, pour être plus à l'aise le lendemain matin, et au fil des mois, son appartement entier s'était invité dans celui de Harry. Ce qui, d'ailleurs, avait enchanté ce dernier.
Et aujourd'hui, Harry se demandait où avait disparu le Draco qui s'était greffé à sa vie si simplement.
L'homme qui venait de sortir, il ne le connaissait pas. Il était froid, distant, silencieux. Rien à voir avec son cher amour, celui qui avait tant besoin d'affection et d'être rassuré. Il vivait avec un parfait étranger.
Harry se força à sortir de son état catatonique pour aller laver la tasse de café que Draco avait laissé dans l'évier. Toujours déconnecté de la réalité, il ne pouvait arrêter le flot d'images continu qui lui remontrait sans cesse la scène qu'il venait de vivre. La goutte d'eau qui fait déborder le vase, comme on dit.
Il venait de se réveiller seul dans le lit deux places, après avoir encore passé une nuit – non, il ne voulait pas penser à ça maintenant. Stop.
Il s'était dirigé vers la cuisine pour préparer le petit déjeuner, tandis que Draco prenait sa douche. Quelques tranches de brioche, un pot de confiture de myrtilles et un café viennois plus tard, son – son quoi, d'ailleurs ? Son colocataire ? Son plan cul régulier ? Son amour perdu ? – sorti de la salle de bain habillé, coiffé et prêt à partir au travail. Il avait finalement, et contre toute attente, décidé de reprendre les affaires familiales, sans les aspects illégaux, bien sûr. Il s'installa sur sa chaise, prit sa tasse en main, et se leva. Harry, intrigué par son comportement, détourna son attention de ses tartines et le fixa. En le voyant vider sa tasse dans l'évier et remettre la cafetière en route, l'incompréhension le submergea. Il ne l'avait même pas goûté, pourquoi avait-il jeté son café ?
« Grandis un peu, Harry. Il serait peut-être temps de passer à quelque chose d'un peu plus adulte qu'un café viennois pour commencer la journée, non ? »
Quand la cafetière eut terminé, il se servit un grand café noir et le bu tel quel, sans sucre, sans lait, sans rien.
Comme avant.
Draco finit sa tasse en quelques gorgées, attrapa ses affaires et se dirigea d'un pas ferme vers la porte d'entrée. Harry, réagissant enfin, se précipita à sa suite et s'arrêta dans le salon et le voyant enfiler son manteau.
« Tu ne manges pas ?
- Je mangerai quand tu te décideras à me faire un vrai repas, et non pas te contenter de me présenter ces sucreries françaises. A ce soir. »
Harry posa la tasse dans l'égouttoir à côté de l'évier, et sorti de la cuisine d'un pas lourd pour se diriger vers la chambre. Il s'assit sur le bord du lit, les yeux dans le vague.
Merlin, qui était donc cet homme ?
Et qu'attendait-il pour réagir, bon sang ! Depuis quand était-il un homme rabaissé par son conjoint, sans volonté, sans dignité, soumis ? Il avait décidé de ne pas travailler, pouvant vivre aisément plusieurs vies avec l'héritage de ses parents. Mais il ne s'était pas rendu compte qu'un jour, il aurait l'impression de n'être plus qu'un homme au foyer. Il ne manquait plus que quelques bambins et un ventre énorme pour parfaire le cliché qu'il vivait !
D'accord, il déraillait totalement. Il fallait qu'il se calme, qu'il réfléchisse rationnellement.
Il avait besoin d'un verre.
La porte d'entrée venait de claquer, et Harry se crispa.
Il préparait le diner, s'acharnant à couper les carottes en rondelles au couteau plutôt que d'utiliser la magie. Il aimait cuisiner à la Moldue, ça le détendait, en quelque sorte. Enfin, ça l'obligeait à penser à plein de choses en même temps, ce qui vidait donc son esprit.
Il entendit Draco se rapprocher de lui. Il le sentit se hisser au-dessus de son épaule et déposer un baiser papillon sur sa joue gauche.
Voilà. C'était pour ça qu'il avait un mal de chien. Si Draco était soudainement devenu un véritable enfoiré, il l'aurait simplement quitté. Mais là, Draco était un enfoiré ayant parfois des gestes d'une tendresse et d'une douceur à pleurer. Alors il n'arrivait pas à faire quoi que ce soit, coincé dans une situation qui ne bougeait plus depuis bien trop longtemps, mais incapable de s'en extirper.
En fait, Harry était toujours aussi éperdument amoureux de Draco. Et ça, ça compliquait tout.
« Toujours à faire la cuisine à la main, hein.
- Je t'ai déjà expliqué que ça me…
- Faisait du bien, oui oui, je sais. Je ne te le reproche pas, j'en fais juste la remarque.
- Tiens, en voilà une nouveauté, tu ne me fais pas de reproche. »
Draco se tendit dans son dos et s'éloigna de quelques pas.
« Je… Qu'est-ce que tu veux dire ? »
Harry aurait pensé que sa voix serait hésitante, peut-être un peu plus faible. Mais non. Le timbre était posé, égal, banal. Il soupira et recommença à couper ses carottes.
« Rien, oublie. »
Il était dix-neuf heures trente, et Harry venait d'apporter le plat à table. Draco commença de suite à se servir tandis qu'il repartait dans la cuisine chercher à boire. Il déposa la bouteille de vin et s'installa enfin, sous le regard contrarié de l'autre. Au bout de plusieurs minutes de silence lourd et d'intense fixation, Harry posa sa fourchette en soupirant et s'enfonça sur sa chaise.
« D'accord, qu'est-ce qu'il y a, encore.
- Tu penses pas que boire de l'eau, c'est bien aussi ?
- Et apprécier un bon vin au diner, c'est sympa.
- Pas quand t'as descendu la moitié d'une bouteille de whisky dans la journée. »
Harry écarquilla les yeux. Il vérifiait le niveau des bouteilles, maintenant ?
« Eh bien, je me mets à une boisson plus adulte. »
Cette fois, Draco fut déstabilisé. Il ne s'attendait pas à une pique de la part de Harry. Il ne répondit pas, voulant éviter le conflit et se coucher rapidement.
Il était vraiment fatigué, ces derniers temps.
Quand Harry se réveilla le lendemain matin, le cœur lourd et le corps plus endolori que jamais, Draco était déjà levé depuis longtemps. Il fut soulagé de ne pas avoir à le supporter au réveil. Après la nuit qu'il venait de passer, il avait besoin d'un peu de temps pour pouvoir agir normalement face à lui, sans montrer qu'il avait mal, qu'il lui faisait chaque jour un peu plus de mal.
Mais il ne voulait pas y penser. Pas maintenant.
Il se leva difficilement, faisant rouler ses muscles pour les détendre et se dirigea d'un pas trainant vers la salle de bain. Mais une odeur bien connue l'alerta et finit de le réveiller.
L'appartement empestait l'alcool.
Inquiet, Harry décida d'aller voir ce que pouvait bien faire Draco avec de l'alcool à une heure aussi matinale. Il s'imagina beaucoup de choses sur le chemin entre sa chambre et la cuisine, mais certainement pas ça.
Dos à lui, Draco vidait consciencieusement chaque bouteille de l'appartement dans l'évier, pour en jeter ensuite le cadavre dans un grand sac poubelle.
Merlin, mais qu'est-ce qu'il foutait encore ?
« Je pourrais savoir ce que tu fabriques de si bon matin à foutre en l'air des bouteilles que j'ai achetées ?
- Je sauve ma réputation. »
Il avait répondu d'une voix froide – pour changer – sans même se retourner pour voir Harry, qui restait perplexe face à sa réponse.
« Développe un peu, parce que là, j'ai juste l'impression que tu te fous de ma gueule.
- C'est pourtant simple, Harry. Je suis un Malfoy, il me faut donc l'excellence dans tout, même dans ma vie sentimentale. C'est déjà énorme que les gens ferment les yeux sur le fait que tu sois un homme, mais tu es Harry Potter, alors je suppose que ça compense. Mais il est absolument hors de question que je vive avec un alcoolique. »
Harry se figea après ces paroles dures. Il n'était pas… Alcoolique ! Non, il buvait juste un peu pour dire de passer le temps, d'oublier sa vie minable, sa soumission absolue au tyran qu'était devenu son cher amour, mais pas tant que ça, juste…
Merlin, est-ce qu'il était alcoolique ?
Draco, qui s'était finalement retourné, avait bien suivi le cheminement de ses pensées, et décida de l'amener au bout de sa réflexion. Parce qu'Harry avait besoin d'aide, définitivement.
« Harry, tu crois vraiment que tout le monde boit environ un litre d'alcools divers et variés chaque jour ?
- Je… Je suppose que non.
- Alors qu'est-ce que tu supposes, hein ? »
Harry ne savait pas quoi dire. La révélation était un grand choc, en soi. Il n'avait jamais pensé qu'il puisse avoir un réel problème. Ça ne touchait que les autres, ce genre de choses, n'est-ce pas ?
Il revint peu à peu à la réalité en voyant Draco terminer de vider les bouteilles, puis fermer le grand sac noir et l'amener devant la porte d'entrée. Il enfilait déjà ses chaussures et son manteau, prêt à partir travailler une journée encore. Avant d'ouvrir la porte, il se tourna une dernière fois vers Harry.
« Je refuse de côtoyer quelqu'un qui a un tel problème. Je t'interdis de retoucher à la moindre goutte d'alcool, c'est clair ? Tu as intérêt à reprendre le contrôle de toi-même. »
Et sans attendre de réponse, il partit. Laissant Harry assommé par le choc, et dévasté par ses paroles.
A aucun moment il ne s'était inquiété pour lui.
« Oh tu n'as pas à t'en faire, amour, je vais reprendre le contrôle. »
Et fort de cette résolution, il entama une journée bien remplie.
En rentrant chez lui ce soir-là, Draco se dit qu'il y était peut-être allé un peu fort avec Harry. Mais il avait tellement peur de le voir sombrer, qu'il avait dû trouver un prétexte pour le faire arrêter de boire rapidement. Et pas question de lui dire que c'était parce qu'il s'inquiétait ou quoi que ce soit ! Il avait bien retenu les leçons que lui avait prodiguées son père ces dernières années.
Tu crois vraiment que Potter veut un sentimental à ses côtés ? Il a besoin d'un homme fort, aussi fort que lui ! Pas comme toi, Draco.
Ne parle pas de sentiments, enfin ! Entre hommes, ça ne se fait pas. Et tu n'es pas une fille, Draco.
Il avait suivi ses conseils à la lettre, adaptant son comportement au fil des mois, voulant être parfait pour Harry.
C'est pourquoi ce jour-là, en arrivant chez lui, il tomba de très haut en voyant toutes ses affaires dans l'entrée.
Il trouva Harry assis calmement sur le fauteuil, semblant l'attendre.
« Harry, qu'est-ce qu'il se passe ?
- Je te mets à la porte. C'est pourtant évident, non ? »
Draco sentit son cœur s'arrêter un court instant, mais parvint à ne rien montrer de son trouble.
Toujours garder ses émotions pour soi. Ne jamais étaler ses sentiments. Rester calme. Maitriser son destin.
« Tu me quittes ? »
Harry paru soudain fatigué et poussa un long soupir avant de lui répondre.
« J'aurais bien aimé, mais tu sais que je n'en ai pas la force. Je suis éperdument amoureux de toi, Draco, mais je pense qu'on a besoin de prendre du recul, de réapprendre à se connaitre, doucement, comme au début. Je crois qu'on s'est un peu perdu dans la vie commune. Et j'ai besoin d'espace pour reprendre le contrôle. »
Draco laissa échapper un soupir tremblant et, heureusement, imperceptible. Harry voulait juste de l'espace pour reprendre sa vie en main, il comprenait. Et il avait raison, lui aussi sentait qu'ils se perdaient un peu plus chaque jour. Cet éloignement ne pourrait que les obliger à se rapprocher, à long terme. C'était peut-être une très bonne idée, au fond.
« D'accord, je comprends tout à fait que tu en aies besoin. Je vais réintégrer mon ancien appartement quelque temps, s'il le faut. Et on fera comme avant, je viendrai tous les soirs, et on pourra discuter tranquillement.
- Merci. »
Et Harry avait l'air vraiment reconnaissant qu'il parte sans faire de scandale, sans cris ni larmes, juste en lui disant qu'il comprenait.
Mais après tout, il l'aimait plus que sa propre vie, alors il pouvait bien faire ça pour lui.
Les mois qui suivirent furent incroyablement douloureux, et en même temps infiniment apaisants pour Harry. Douloureux, car après avoir reconnu son problème d'alcool, le sevrage fut long et difficile. Mais aussi parce que, malgré tout ce qu'il avait vécu ces derniers temps, Draco lui manquait.
Mais c'était également Draco qui avait rendu ces longs mois assez paisibles. Ses visites quotidiennes rythmaient sa vie, et ils se redécouvraient doucement, sans se brusquer. Harry allait de mieux en mieux, et il songeait à demander à Draco de revenir s'installer chez lui. Après tout, ça se passait bien, entre eux, pourquoi ne pas refaire un essai ?
Mais un élément les bloquait pourtant encore : depuis qu'il avait mis Draco à la porte, Harry avait refusé qu'ils fassent l'amour. Il se rappelait encore de leurs derniers ébats, de la froideur, l'indifférence et même la violence, par moments, de son amant, et voulait donc prendre son temps et ne pas risquer de revivre une fois encore un acte qui l'avait fait se sentir humilié au plus haut point.
Mais ce soir, Harry avait décidé de retenter l'expérience. Il avait vraiment envie de Draco, de retrouver les courbes douces de son corps, ses gémissements étouffés quand il suçait la peau de son cou, ses frémissements incontrôlables quand il le prenait dans sa bouche…
Alors il avait tout préparé pour que la soirée soit parfaite. Il avait mis ses plus beaux draps, astiqué l'appartement comme jamais, préparé un repas qu'il espérait succulent. Il aurait bien acheté une bonne bouteille de vin, mais il était au régime sec, et il s'y tenait. Il se faisait l'effet d'une lycéenne à son premier rendez-vous tant il était sur les nerfs. Il fallait qu'il se calme, et rapidement ! En plus, s'il se rappelait bien, aujourd'hui Draco se rendait à Azkaban pour sa fameuse visite annuelle à son père, alors il voulait qu'en arrivant, il se sente le mieux possible pour oublier une rencontre sans doute houleuse et éprouvante.
Un bruit de clé dans une serrure le fit paniquer légèrement avant qu'il ne se reprenne.
La soirée pouvait commencer.
Tout s'était agréablement déroulé. Draco ne semblait pas perturbé outre mesure par sa visite à son père, et ils avaient mangé tranquillement en discutant de sujets légers. Harry avait tenté de faire passer quelques signaux à Draco par de savants effleurements, des sourires en coin et des regards appuyés. Il ne savait pas trop s'il avait réussi à lui faire comprendre comment il comptait passer le reste de la soirée, mais il espérait qu'il lui avait au moins mis la puce à l'oreille.
Finalement, ils s'installèrent sur le canapé, discutant toujours. Voyant qu'il ne ferait pas le premier pas, Harry décida de se jeter enfin à l'eau. Il se pencha doucement vers Draco, et comme ce dernier ne semblait pas vouloir se reculer, posa délicatement sa bouche contre la sienne, en un léger contact qui ne dura que quelques secondes à peine. Il recommença, appuyant de plus en plus ses baisers, jusqu'à l'embrasser fiévreusement, mordillant ses lèvres et forçant leur barrage pour aller caresser la langue de Draco de la sienne.
Sans qu'aucun d'eux ne comprenne comment, ils se retrouvèrent torse nu, Harry assis à califourchon sur Draco qui lui dévorait le cou en malaxant ses fesses avec fièvre. Leurs érections déjà bien avancées se frottaient sans relâche l'une contre l'autre, les faisant gémir désespérément pour obtenir plus, plus de contact, plus de peau, plus de plaisir. Harry accéléra le mouvement de ses hanches en agrippant les cheveux blonds contre lui, et se cambra en gémissant toujours plus fort. Les sensations étaient trop intenses après une telle période d'abstinence, il sentait qu'il ne tiendrait pas longtemps. Draco subissait avec joie les coups de bassin de son amant, s'abreuvant de son expression extatique, de ses joues rouges, ses cheveux ébouriffés, sa bouche entrouverte…
Dévasté par l'envie, il renversa Harry sans aucune délicatesse sur le tapis à poils hauts du salon, arrachant presque le pantalon gênant, et emmenant dans sa course le boxer déformé par l'érection plus que proéminente de Harry. Celui-ci rit de l'empressement évident de Draco, avant de se remettre à gémir sous les coups de langue experts que recevait son sexe. Ses hanches furent rapidement hors de contrôle, désireuses de s'enfoncer plus loin dans la bouche brûlante qui faisait de véritables merveilles et le plongeait dans un état second.
Il fut pourtant vite ramené sur Terre.
Draco se redressa, enleva rapidement ses derniers vêtements et retourna Harry, le faisant relever les hanches et bloquant son visage au sol d'une main. L'autre partit le préparer sommairement, et il s'enfonça en lui d'une poussée, entamant de suite un mouvement rapide et profond.
Harry, totalement soumis, sentit son désir et son plaisir redescendre d'un coup. Des mois qu'ils faisaient l'amour comme ça – non, que Draco le baisait comme ça ! Il n'en retirait aucune satisfaction, juste un sentiment de dégoût, par rapport à l'attitude de celui qu'il aimait pourtant, et envers lui-même. Parce qu'il ne faisait rien pour arrêter ça, et parce qu'au final il éjaculait toujours après deux ou trois mouvements de poignet bien placés.
Mais pas cette fois. Il ne voulait pas recommencer comme ça avec Draco. Il voulait revenir à leurs débuts, quand son cher amour le couvrait de tendresse et réclamait toujours son affection. Il refusait de continuer à se laisser faire comme ça.
Bon sang, il allait reprendre le contrôle !
Il leva difficilement un bras en direction des hanches qui le pilonnaient sans relâche, et tenta de stopper leur course folle. Il agrippa la peau à portée, la griffa, et gémit de dépit en voyant qu'il n'arriverait à rien de plus. Gardant sa main plantée dans la chair tendre, il essaya de se redresser, en vain.
« Draco… Draco, s'il te plait, arrête… »
Il ne l'entendait pas, plongé dans son propre plaisir, coupé du monde extérieur. Et même de lui.
« Draco arrête, maintenant. »
Il avait haussé le ton, espérant qu'il réagirait, mais Draco n'avait aucune réaction. Son sexe s'enfonçait toujours aussi profondément en lui, avec un rythme qui commençait à lui faire perdre de vue son objectif. Il sombrait dans un plaisir dont il ne voulait pas, et qui le ferait se sentir au plus mal dans quelques minutes.
Non, pas comme ça, s'il te plait pas comme ça…
« Draco, ARRETE ! »
Les mouvements ralentirent enfin, et Harry ne sut pas tout de suite s'il en était heureux ou pas. Et quand Draco se retira de lui, la sensation de vide fut si intense et dévastatrice qu'il se dit qu'il aurait mieux fait de se taire.
Derrière lui, Draco se demandait pourquoi il avait réclamé un arrêt aussi brutal. Son érection pulsait désagréablement, et il avait l'impression qu'il allait mourir s'il ne se renfonçait pas sur le champ en Harry. Celui-ci, toujours dans la même position, reprenait son souffle et ses esprits. Il avait beau ne pas aimer leurs ébats, son corps avait tout de même été coupé en pleine action, et il se sentait frustré au possible. Et pour arranger les choses, son anus se contractait compulsivement à la recherche du sexe qui le remplissait plus tôt.
Il entendit un rire, et Draco se pencha au dessus de lui, se collant à son dos.
« … Non. »
Et il le pénétra à nouveau.
De longues heures plus tard, cloué au canapé, Harry tentait de mettre de l'ordre dans ses idées. Cette nuit avait été à l'image de toutes celles qu'il avait passées avec Draco ces derniers mois : jouissive, humiliante et culpabilisante. Mais aujourd'hui, tout se mettait en place dans sa tête.
Il avait dit stop. Et Draco avait dit non.
Après son départ, Harry s'était laissé tomber sur son canapé, et avait pleuré longtemps en se demandant où tout cela allait le mener. Maintenant, Harry ne pleurait plus. Il regardait la bouteille de whisky à moitié vide devant lui, et il faisait un choix.
Merlin, Draco avait été si adorable avec lui après qu'ils aient… Il ne voulait même plus penser à ça. Il lui avait dit qu'il l'aimait, pour la première fois depuis des semaines, avant de partir presque en courant. Mais même ça ne compenserait jamais ce qu'il lui faisait vivre.
Draco ne changerait pas. Il ne redeviendrait jamais l'homme qu'il aimait si fort, si inconditionnellement. Cet homme avait disparu, il devait s'y faire.
Il se leva difficilement, avec l'impression que son corps s'était changé en plomb. Peut-être le poids de la tristesse et des désillusions.
Parce que Draco avait dit non, bordel.
Il ne put s'empêcher d'aller prendre le cadre au-dessus de la cheminée et de le contempler longuement. C'était une photo moldue qu'il avait prise le jour du retour de Draco dans sa vie. Quand il l'avait trouvé dans sa cuisine, couvert de chocolat en poudre, il s'était dit qu'il prendrait bien une photo. Ce fut l'expression de pur bonheur sur son visage qui le convainquit quelques minutes plus tard d'aller prendre son appareil et d'immortaliser le début de leur relation.
Cette photo avait une valeur absolument inestimable à ses yeux. Draco était si heureux, si rayonnant de bonheur et d'innocence. C'était la plus belle époque de sa vie, incontestablement.
Il reposa douloureusement le cadre à sa place. Il avait besoin de s'éloigner, d'oublier totalement, de se détruire en le quittant pour se reconstruire sans lui.
Il devait partir.
... Je sais franchement pas si je retenterai l'écriture de bonus avec un autre OS. Pour l'instant, ça me laisse une impression bizarre. Bref, j'attends vos avis avec impatience, positifs ou non :) Et je maintiens qu'un tout petit mot fait toujours super plaisir! :D
D'ailleurs, si vous voyez des fautes (de frappe ou non) n'hésitez pas à me le dire, que je corrige :p
Je vous invite encore et toujours à aller lire mes autres petits machins, si ça vous dit :p
A bientôt j'espère! :)
