Chapitre 2 : Escapade nocturne
Lorsque Harry ouvrit ses yeux le soleil s'était déjà levé depuis un bon moment. Il s'étira comme un chat et se frotta les yeux conscient d'avoir passé une excellente nuit, quoique un peu trop courte.
En tentant de se lever il se rendit compte avec horreur qu'il n'était pas seul dans son lit, les événements de la veille lui revinrent à l'esprit et son cœur se mit à battre furieusement tandis qu'une chaleur inexplicable lui montait aux joues. Ron le tenait toujours aussi solidement contre lui et ses jambes étaient toujours emprisonnées entre les siennes.
- Ron réveille toi ! gémit t-il en tentant de se dégager de son emprise.
- Hmmm… non encore 5 min… lui répondit une voix ensommeillée.
Ron ouvrit difficilement les yeux et protesta à nouveau.
- Hm ?
- Lève toi Ron bon sang ! répéta Harry qui sentit la panique monter.
- Oh... Harry ?
Ron se redressa d'un bond et semblait se rendre compte de la situation embarrassante dans laquelle il s'était fourré.
Harry se demanda s'il était aussi embarrassé que lui et d'après la rougeur qu'affichait Ron cela avait du être le cas, il espérait que lui aussi ne rougissait pas comme une collégienne.
Gêné il évita de le regarder dans les yeux et tenta de se remémorer la nuit passée, il se souvenait avoir dormi comme une souche blotti contre un corps chaud et réconfortant… Celui de Ron.
- Bordel! Je suis désolé Harry hier soir je… j'ai pas réfléchi je…
- Non c'est rien… on oublie d'accord ? l'interrompit t-il.
Ron hocha la tête et leva ses yeux vers Harry mal à l'aise. Pourtant difficile d'oublier ce qui s'était passé, pour la première fois depuis des semaines Ron avait réussir à dormir correctement, dans son lit certes mais c'était mieux que rien. Après tout il arrive parfois que des amis proches dorment ensemble.
- Oui… bien sur, fit Ron en évitant de le regarder droit dans les yeux.
L'heure étant déjà bien avancé ils se changèrent dans un silence embarrassant pour finalement rejoindre la grande salle et prendre leur petit-déjeuner.
La journée avançait avec une lenteur exaspérante, Ron se comportait comme à son habitude mais son regard fuyant le trahissait. Harry tentait de son côté de ne plus y penser et se dit qu'au moins il avait réussi à résoudre les problèmes de sommeil de Ron, enfin en partie. Il ne s'imagina pas un seul instant renouveler l'expérience de cette nuit.
Le soir à son retour dans le dortoir Harry constata qu'une boîte de chocolat entièrement vidée était posée sur son lit, et à ses côtés se tenait Ron. Celui-ci fit un grand sourire en l'apercevant et son visage s'illumina, dans son regard il y avait de l'admiration et de la tendresse.
- Ne me dis pas que tu mangé les chocolats de Romilda Vane? lança Harry en sentant la panique le submerger.
A son plus grand désarroi Ron s'approcha à grandes enjambées et se blottit tout contre contre lui.
- Tu m'as tellement manqué Harry, ces chocolats étaient délicieux jamais je te remercierai assez pour cette merveilleuse attention, souffla t-il doucement contre son cou.
Une douce chaleur se répandit dans son corps et Harry se figea en songeant que ces derniers temps le contact physique entre eux était bien trop fréquent. Pourquoi ne s'était-il pas débarrassé des chocolats avant que quelqu'un ne tombe malencontreusement dessus? Il se dit qu'il était un parfait imbécile et que son ami en payait le prix par sa faute.
- Ecoute Ron... tu n'es pas dans ton état normal, je vais aller chercher de quoi te soigner et tout redeviendra comme avant d'accord?
Ron écarquilla les yeux et Harry nota une lueur une panique dans son regard.
- Ne... ne t'éloigne pas de moi, supplia t-il en glissant amoureusement ses doigts dans les cheveux d'Harry.
Celui-ci le repoussa en prenant soin de ne pas le brusquer et fit un effort pour ne pas éclater de rire. Bien que la situation soit gênante elle était d'un autre côté plutôt hilarante, Ron avait tout l'air d'un amoureux transi et il ne serait pas étonné si celui-ci lui faisait une déclaration en lui disant à quel point son amour pour lui était fort et à quel point ses yeux étaient beaux...
- Que dirais-tu d'aller faire une petite promenade, rien que tous les deux? suggéra t-il en tentant de dissimuler un sourire. Il avait l'intention de rendre visite au Professeur Slughorn qui pourrait probablement résoudre son problème.
Pris au dépourvu Ron mit à un instant avant de réagir, son visage s'éclaira lorsqu'il comprit et il acquiesça des étoiles plein les yeux:
- Comme c'est romantique Harry, je te suivrai jusqu'au bout du monde tu le sais? Je serai capable de tout pour toi et...
- C'est bien gentil de ta part de te soucier autant de moi, l'interrompit-il rapidement. On devrait y aller maintenant mais il faudra être discret compris? fit-il en vérifiant autour de lui. Il ne tenait pas spécialement que toute la salle commune le voit en compagnie d'un Ron fou amoureux.
Ron poussa une sorte de gloussement et rougit légèrement, avec toute la force de sa volonté Harry se retint de se moquer de lui et respira profondément pour se contenir. Voir son ami dans un tel état de niaiserie était assez amusant quoique très perturbant.
- Harry ! Que me vaut l'honneur de ta visite ? demanda Slughorn visiblement surpris.
Il lui exposa rapidement le problème en lui désignant Ron.
- Une histoire de philtre d'amour ? Je devrai pouvoir arranger ça mais ne restez pas ici entrez donc vous réchauffer.
La température n'étant pas très clémente en cette fin de soirée et malgré l'affolante chaleur que dégageait Ron il accepta avec gratitude et s'engagea prudemment dans les appartements de Slughorn suivi de près par Ron.
- Je dois probablement avoir un antidote dans le coin, j'en garde toujours pour les moments délicats, annonça t-il avec un petit rire. Il poursuivit son monologue tout en fouillant méthodiquement dans ses étagères pleines à craquer.
Un feu crépitait dans la cheminée et diffusait une agréable chaleur, Harry avait soudain envie de s'installer dans un de ces canapés moelleux et de s'y reposer jusqu'à ce que le sommeil vienne le chercher. Des bribes de phrases au sujet d'antidotes lui parvinrent aux oreilles mais il n'y prêta aucune attention. Il fut cependant bien vite extirpé de sa torpeur par une main qui se glissa doucement dans la sienne. Ron l'interrogea du regard et lui demanda ce qu'ils faisaient ici.
- Je pensais qu'on irait faire une balade romantique au clair de lune, rien que tous les deux... murmura t-il d'un air contrit. Ses yeux exprimaient une vive douleur et une grande déception.
Malgré la niaiserie de ses propos Harry eut soudain de la peine pour lui et dans un élan de tendresse il songea à le réconforter en lui chuchotant des mots doux devant un feu de cheminée tout en lui caressant les cheveux.
A l'idée de cette pensée absurde il s'infligea une claque mentale et se ressaisit bien vite, c'est à cet instant que Slughorn finit par retrouver l'un de ses précieux flacons.
- Prenez donc ceci mon cher Weasby, c'est un breuvage fait à base de plantes qui devrait vous réchauffer et vous aidez à vous endormir, expliqua Slughorn en lui tendant un verre qu'il avait au préalable rempli d'antidote.
Méfiant Ron jeta un regard interrogateur à Harry qui soupira et confirma les propos du Professeur :
- Il a raison ça t'aidera à résoudre tes problèmes de sommeil, allez bois .
Ron hocha la tête en signe de compréhension et but une gorgée avec précaution, il recommença avec une autre et vida rapidement son verre.
En à peine deux minutes son visage se décomposa et un air horrifié s'afficha sur son visage, il avait entièrement repris ses esprits. Soulagé Harry fit un sourire de contentement, il avait réparé son erreur et c'était le plus important.
- Qu'est ce... que ? Harry ? s'enquit Ron désorienté.
- Je t'expliquerai plus tard on ferait mieux d'aller se coucher.
Il s'adressa ensuite à Slughorn :
- Merci de votre aide Professeur et... excusez-nous de vous avoir dérangé en plein milieu de la soirée.
- Mais tout le plaisir est pour moi Harry, à l'avenir s'il y a le moindre soucis je serai ravi de pouvoir apporter ma contribution, le rassura t-il.
- Comment ça Ron est tombé dans le piège de Romilda? Je vous avais bien prévenu pourtant, il vous arrive de m'écouter de temps en temps?
- C'était un accident et ça n'a pas même pas fonctionné personne n'est tombé amoureux d'elle, protesta Harry. C'est de ma faute j'aurai du m'en débarrasser avant, Ron ne savait pas qu'il s'agissait de chocolats.
Hermione lui jeta un regard plein de reproches.
- Et j'imagine que tu n'as pas pris la peine de le prévenir? Tu laisses traîner des chocolats, qui dissimulent entre autre un philtre d'amour et tu t'étonnes de causer des problèmes?
- Je l'avais bien caché sous mon lit... tenta t-il de se justifier.
- Oublie ça Hermione, c'était un accident et tout est réglé de toute façon, intervint Ron. Ce qui provient de la boutique de Fred et Georges n'est pas forcément efficace.
- Et d'ailleurs pourquoi est-ce que ça n'a pas fonctionné? Quel était le but de cette manoeuvre à votre avis? demanda t-elle sceptique.
- Ne te prend pas la tête à cause de ça elle a raté son coup et c'est tant mieux pour nous, soupira Ron.
A la nuit tombée Harry prit la décision de faire une escapade dans les couloirs du château, les derniers événements le tourmentaient et il sentait que le sommeil serait long à venir. Cette nuit passée avec Ron et cette histoire de philtre... Tout ça s'enchaînait beaucoup trop vite à son goût.
Ses déambulations hasardeuses le menèrent dans un couloir désert, il s'installa au sol dos au mur en fixant songeur la lune par la fenêtre. Inconsciemment ses pensées étaient dirigées vers Ron, il ne pouvait s'empêcher de penser à lui et à son parfum... Dernièrement il avait été surpris en se rendant compte qu'il aimait savoir que Ron était à ses côtés et il avait compris que ce parfum délicieux auquel il était habitué et qui le rassurait autant venait de son meilleur ami.
Des bruits de pas se firent entendre et résonnèrent dans le silence du couloir. Inquiet Harry se redressa et retint son souffle, il se maudit de ne pas avoir pensé à apporter sa cape d'invisibilité avec lui.
Une odeur familière lui chatouilla le nez tandis que la lumière de la lune éclairait une silhouette de grande taille avec des reflets roux dans les cheveux. A sa vue il sentit son coeur bondir de joie.
- Ron ? Qu'est ce que tu fais ici ?
- Tu m'avais promis une promenade en amoureux au clair de lune, se lamenta Ron en s'approchant lentement.
- Je... Je n'ai rien promis du tout, rétorqua t-il abasourdi.
- Mensonges ! Tu as promis qu'on serait rien que tous les deux.
- Harry Potter doit tenir sa promesse, intervint alors une voix aiguë.
Deux énormes yeux en forme de balle de tennis le fixaient accusateurs, il se sentit piégé et tenta en vain de se fondre dans le mur derrière lui.
Avec un regard d'incompréhension Ron insista :
- Tu as pourtant dit que les étoiles étaient bien pâles comparé à la lune si belle cette nuit-là. Et tu as dit qu'on danserait tous les deux nus sous la pleine lune.
Il manqua de s'étouffer en entendant la dernière partie de sa phrase et fut horrifié par l'image qui lui vint à l'esprit. Il l'interrompit brusquement :
- Non ! Non je n'ai rien dit de tout ça c'est faux.
Une voix familière s'éleva soudain :
- Pourquoi tant de haine alors que je me morfond les nuits de pleine lune ? Pourquoi ? Danser au beau milieu des loups t'amuse t-il autant ? Est-ce une sorte de provocation envers nous autres les loups-garous ?
- Professeur Lupin! s'écria t-il en reconnaissant son ancien professeur. Que faites vous ici ?
Celui-ci semblait profondément déçu, il détourna le regard pour éviter de croiser le sien et l'ignora.
- Je n'ai jamais proféré de telles absurdités, c'est un délire de Ron...
- Mon délire ? protesta le concerné. Regarde moi, j'ai même commencé à me préparer pour ce soir !
Sur ce il retira sa robe et entreprit de déboutonner sa chemise avec une lenteur démesurée. Acculé contre le mur Harry assista le coeur battant au spectacle que lui offrait son ami. Ron se débarrassa bien vite de sa chemise et Hermione apparut à son tour avec un air renfrogné au visage :
- Ron que fais-tu dans cette tenue ? C'est indécent voyons.
- Harry Potter doit sauver son Wheezy de la débauche, couina Dobby en sautillant dans tous les sens.
- J'ignorais que tu pratiquais ce genre d'activités Harry. Que penseraient James et Lily s'ils te voyaient ainsi? fit Lupin en le regardant tristement.
Et soudain sans prévenir Ron s'approcha et se colla contre lui, il se retrouvait piégé entre son ami et le mur. La prise de Ron sur lui se raffermit et il leva les yeux pour croiser ceux de Ron, ils étaient brûlants de désir.
Avant même d'avoir eu le temps de dire un mot Ron s'empara furieusement de ses lèvres, Harry protesta en poussant un « Hmmpf » mais cela permit à Ron d'accéder plus facilement à ses lèvres désormais entrouvertes. Des mains solides et fermes s'égarèrent sur lui et se glissèrent lentement sous sa chemise. Il réagit immédiatement et de toutes ses forces repoussa les assauts répétés de Ron.
- Mais qu'est-ce qui t'arrive ? s'indigna Harry le souffle court.
- C'est ce que tu désires je le sais très bien, chuchota Ron. Laisse moi te montrer à quel point je peux être doué avec mes mains...
- Comment oses-tu me voler Ron ? Sous mon nez en plus ! Ce que tu es en train de faire... c'est... abominable il n'y a pas de mot pour décrire ça ! s'insurgea Hermione.
- Dobby n'a rien vu, Dobby s'est caché les yeux ! piailla Dobby fier de lui. Dobby ne voudrait pas voir monsieur Harry Potter dans une situation aussi déplacée.
Il s'éloigna tant bien que mal du corps ardent de Ron et tenta de s'expliquer en étant conscient qu'il était aussi rouge qu'une tomate:
- Arrêtez immédiatement, vous ne comprenez pas ! Laissez moi vous...
Ses paroles furent rapidement noyées sous le flux d'accusations incessant qui l'entourait, il gémit et se rendit compte trop tard que Ron était de nouveau sur lui, ses mains partout sur son corps et cette chaleur... cette chaleur indescriptible accompagné de l'odeur envoûtante de Ron. Toutes ces émotions lui fit perdre pied et il crut un instant qu'il allait s'embraser sur le champ. Il suffoqua...
Le sol sous lui était dur et glacé, il était étendu par terre en plein milieu d'un couloir. Son corps tremblait sans qu'il puisse y mettre un terme et ses jambes protestèrent violemment quand il fit mine de se relever. Le rythme de son coeur ne semblait pas vouloir ralentir. Son visage était toujours en feu et il avait l'impression d'avoir réellement vécu tout ça, ici même dans ce couloir.
Toujours Ron. Il était toujours question de lui, impossible d'y échapper.
