Bonjour tout le monde,
Bonne année avant tout, j'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d'année et pour ceux qui en ont eu, de bonnes vacances… j'ose pointé par ici le bout de mon nez pour vous poster un chapitre après je ne sais combien de semaines d'absence… j'avais mes partielles et tout et je n'ai toujours rien écrit depuis des lustres et donc je m'inquiète de pouvoir vous poster une suite prochainement si je ne me mets pas un coup de pied dans le derche.
Je suis désolée de ne vous avoir pas répondu à toutes alors que vous avez laissé de magnifiques reviews mais je me rattraperai au prochain poste, nous en sommes à 48 reviews depuis le dernier poste donc merci à : anais88, cricrou86, lou, mlanie, cassi, sandrine, sarinette60, aveery, cchope, celine, jsjmpcm, sandrine50, Nassouuu, marinc, soso, fan-par-hasard21, charlene, amelie, doudounord2, littlemissbelly, bellaeva, vinie65, marie, marie-eva cullen, kikinette11, cathou3, pounine, frimousse30, cerisebella, celine11, ulkan13, jackye, nini hathaway, caro, nana, anayata, grazie, citronade, virginiiiiiiiiiiiie, caropat07, clia, blood-of-vampire, bellardtwilight, patiewsnows, twilight200, fifer, shona91, erika showal.
Je vous souhaite une bonne lecture et on se retrouve en bas…
Chapitre 10
-Je peux te prendre dans mes bras ? Me souffla-t-il tout près de mon oreille alors qu'il était dans mon dos.
Je crus défaillir en sentant son souffle si proche de moi et je sentis mon corps s'enflammer un peu plus. J'acquiesçai et quand je sentis son bras entourer ma taille et son corps se rapprocher du mien, puis le coller, je me crus en plein désert aride… Son désir était contre mes fesses, j'avais envie de lui mais il subsistait une gêne au fond de moi. Edward ne fit rien, ni caresse, ni baiser. Je le sentis humer mes cheveux et soupirer mais rien de plus…
-Bonne nuit mon Isabella… Souffla-t-il contre mon épaule.
Un baiser aussi léger que les ailes d'un papillon fut déposé sur ma peau puis plus rien…
Je me sentais comateuse. Ma peau se réchauffait peu à peu alors que les rayons du soleil levant caressaient mon épiderme. Je fondai sous cette sensation divine en sortant peu à peu de mes songes. Je ne savais pas si j'avais rêvé. Ce devait être le cas. Mes songes m'avaient menée dans des contrées lointaines, ou plutôt sur le chemin d'un destin que je n'aurais jamais cru possible…
Edward avait été si doux et si humain… Il s'était montré si coupable et si désolé que mon cœur ressentit instantanément un pincement à cette idée. Je me mettais à toucher ce sentiment, cet espoir que tout cela était bien réel… Tout cela était il le fruit de mon imagination ou cela s'était il vraiment passé ?
Le soleil réchauffait toujours ma peau alors que je sentais le contact des draps sur mon corps, du moelleux du matelas sous mon poids et d'une main dans le creux de ma hanche… Attendez une minute, quelle main ?
Je me figeai sur place en sentant cette chaleur tout contre moi, dans mon dos et cette respiration dans ma nuque. Mon cœur se mit à battre fortement dans ma poitrine alors que la peur prit possession de chacun de ses battements. Je ne savais pas quelle solution était la meilleure : me soustraire à cette étreinte ou bien rester où j'étais ?
Plus les secondes passaient et plus je ressentais la peur devenir panique. Elle fut tout du moins canalisée quand je me rendis compte que je n'étais pas nue. Une vague de soulagement m'envahit à cette observation.
L'étreinte se renforça un peu plus contre ma hanche alors que je sentais un corps se coller un peu plus contre mon dos. Une chose dure et ferme se logea tout contre mes fesses et je me mis à déglutir avec difficulté alors que je me rendais compte de sa nature et de l'identité de son propriétaire.
Edward.
Ma raison se remit à combattre mon cœur et mon corps. J'étais le champ de bataille d'un dilemme perpétuel et je ne savais pas si un jour j'allais retrouver une paix intérieure comme jadis. Je voulais faire confiance à l'un des deux camps et suivre la voie qu'il m'indiquerait mais je ne savais pas lequel serait le meilleur. La voie du désir, de l'espoir et peut-être même de l'amour, ou la voie de la peur, de la haine, de l'amertume mais de la dignité et de la fierté…
Je voulais connaitre l'amour et je savais quel parti je devais prendre part mais je ressentais comme un manque de confiance en Edward et surtout en moi. C'était pour cela, pour cette raison, que je ne pouvais pas me laisser totalement aller dans la voie que me dictait mon corps et surtout mon cœur. J'avais l'espoir qu'un jour prochain, j'aurais assez comblé cette part défaillante de ma personnalité, que j'aurais assez travaillé sur elle pour pouvoir connaitre ce sentiment si unique et passionnel qu'était l'amour…
Je voulais croire au changement mais je doutais toujours de la réalité de celui d'Edward. J'avais vraiment un espoir au fond du cœur qui me disait que tout cela s'était bel et bien passé mais le doute subsistait en moi.
Mes dilemmes incessants m'agaçaient de plus en plus mais que pouvais-je y faire ? J'avais toujours douté de moi, et aussi de mes choix mais depuis mon enlèvement, cette part de ma personnalité était d'autant plus accentuée. C'était un signe de mon manque de confiance en moi et je ne savais toujours pas si un jour, je pourrais aller de l'avant. Je me demandais d'ailleurs si j'allais pouvoir oublier tout cela, tout ce qui avait fait que je me méfiais d'Edward, qui me faisait avoir peur de lui…
Je me mis à gigoter contre lui et sa prise se renforça un peu plus sur ma hanche. J'avais chaud et son contact ne faisait qu'amplifier cette sensation. Une toute autre chaleur se mit à grandir dans mon corps alors que je sentais toujours le sexe dur d'Edward contre mes fesses. Mes reins se mirent à bruler tandis que mon désir se mettait à croitre…
Je ne savais pas d'où me venait cette volonté mais je voulais me retourner et contempler Edward pendant qu'il dérivait dans le pays des songes. Ne dit-on pas que c'est en rêvant que l'on est le plus vulnérable ? Et je désirais voir cette part de lui, cette part d'humanité et de fragilité. Etait-ce mal ?
Je me mis à tenter tant bien que mal de me retourner pour lui faire face mais son étreinte diminuait mes possibilités pour bouger sans le réveiller. Quand je remuais un peu trop, la main d'Edward se resserrait et des grognements, quoique sexy bien qu'ils soient un peu effrayants, sortaient de sa poitrine. A ce son, mon désir grimpa un peu plus en flèche dans mon corps.
J'avais toujours peur de cette attirance que j'avais pour Edward et cela me frappa un peu plus quand je pus enfin lui faire face. Il avait le visage détendu et illuminé par le soleil, ce qui lui donnait un côté surnaturel et angélique.
Ses paumettes sculptées, sa mâchoire carrée et virile, ses lèvres roses et pleines qui n'appelaient qu'au baiser, ses longs cils noirs dessinant des ombres sur ses joues déjà assombries par une barbe naissante… Tous ces traits me rendaient toujours plus désireuse de lui, ne faisaient que faire grandir ce sentiment inconnu dans mon cœur et je ressentis un léger pincement dans ma poitrine en me rendant compte de nouveau de la beauté de cet homme.
Je me demandais toujours pourquoi il était ainsi, enfin pourquoi il avait été ainsi… Un homme tel qu'Edward ne devrait pas passer par l'enlèvement pour trouver une femme pouvant le combler. Il ne devrait pas vouloir dominer ainsi sa compagne en la rabaissant, pour la fuir avant de la faire désirer. Ce ne devrait pas être possible.
Si j'avais croisé Edward avant que tout cela ne se produise, je l'aurais trouvé beau, très beau même, voire séduisant. J'aurai rêvé d'un être charmant et non pas de cet homme instable, dominateur, lunatique et si sombre. Peut-être me serais-je imaginée une romance avec lui ? Tout cela me paraissait risible à présent alors que je me retrouvais dans ses bras, attendant son réveil mais aussi la fin de tous mes espoirs.
Son souffle s'écrasait sur mon visage et son nez glissait le long de mes cheveux avant de descendre le long de mon front, balayant les quelques mèches qui y subsistaient. Sa bouche se retrouva à la hauteur de mes lèvres et je sentis bientôt sa respiration s'y heurter. Je me mis à soupirer contre lui alors que ma langue tentait de capter son gout. Cela me surprit encore alors que je me rendais compte des réactions de mon corps face à cet homme. Je me demandais d'ailleurs dans combien de temps j'allais finir par capituler et le lui donner tout entier… Plus les jours passaient et plus je réalisais que mes chances pour lui résister devenaient minimes. Cela me rendait dingue et je tentais de m'opposer à cette attirance, à cette trahison de mon corps, à Edward.
Je voulais voir toujours plus de lui, de son corps et rien que la pensée de regarder en dessous des draps me fit rougir. Je désirais ardemment le revoir nu. Etait-ce étrange d'avoir de telles envies pour cet homme ? Je n'avais pas des souvenirs très glorieux de la dernière et seule fois où je l'avais vu en tenue d'Adam mais je ne pouvais résister à le revoir ainsi… Le dévisager ainsi dans son sommeil était une chose mais le regarder nu alors qu'il est toujours inconscient, cela me faisait penser à un viol. Je fis tout de suite barrage à ce genre de pensées, c'était risible, n'est-ce pas ?
Je sentais comme des fourmis sur le bout de mes doigts alors que des papillons se mettaient à voler dans mon ventre à mesure que je sentais mes dernières résistances fondre. Mes mains s'agrippèrent aux draps et doucement les firent glisser le long du corps d'Edward…
Ses épaules bien bâties se dévoilèrent alors que je voyais des frissons parcourir sa peau à peine découverte. Un autre désir vint bientôt hanter mes pensées : je désirais embrasser sa peau, partir à sa découverte… Prudemment, je m'approchais tout en faisant attention de ne pas le réveiller. Je n'étais plus qu'à quelques millimètres de sa peau, son odeur envoutait mes sens et je ne pus résister d'avantage… Doucement, je déposais mes lèvres sur la peau de son épaule. De nouveaux frissons parcoururent sa peau alors qu'un léger gémissement sortit de la poitrine d'Edward. Je me redressai immédiatement, l'avais je réveillé ? Le souffle régulier et les yeux fermés, je me sentis tout de suite apaisée de savoir Edward toujours endormi…
Une peur nouvelle se logeait dans ma poitrine en prenant conscience de mon audace. Cette peur, je ne savais pas comment l'expliquer. J'avais toujours été terrorisée depuis mon enlèvement par ce qu'Edward pouvait faire de moi, avec moi. Mais maintenant… Maintenant, j'avais peur de ce que moi je pouvais faire, devenir… Mon envie de lui, mon désir était si incontrôlable et me tenir face à lui, si proche de lui, rendait ce feu toujours plus instable…
Je voulais encore me pencher sur sa peau et découvrir cette douceur, cette chaleur et me laisser partir dans ce feu si tentateur, dans ce désir. Je voulais lâcher prise et me laisser aller mais j'avais peur des conséquences. Je rêvais de me lancer et de faire fis de tout ce qui pouvait découler de mes actes mais ma raison me bloquait… Si je partais dans cette direction, dans cette voie que me dictait mon corps, j'allais me perdre…
Tu n'en sais rien et si tu ne te lance pas, jamais tu sauras ce qu'il pourrait vraiment t'arriver…
Je pris une profonde inspiration et je suivis la voie que me dictait mon corps, mon cœur et ma conscience. J'avais toujours peur mais je ne pouvais vivre avec cette terreur persistante dans ma poitrine. Ne dit-on pas « il faut surpasser ses peurs pour pouvoir avancer » ? Etais-je seulement prête à avancer ? Oui. Enfin c'était ce que je pensais être le mieux pour moi…
Je me penchai de nouveau sur sa peau. Mon souffle s'écrasa sur son épaule qui fut parcourue de frissons. Son odeur m'intoxiqua et je mourrais d'envie de gouter cet épiderme si tentateur. Je me penchais toujours plus près et sa chaleur réchauffa bientôt mon visage. Mes lèvres se posèrent enfin sur cette tentation. Des doigts se glissèrent dans mes boucles alors que j'embrassais son épaule, pour longer le creux de sa gorge avant de remonter sur son cou. Je ressentis de l'appréhension et de la peur en sachant qu'Edward était maintenant réveillé mais rien ne pouvait m'empêcher de prolonger ce moment…
-Isabella… m'appela-t-il dans un souffle rauque.
Je me redressai mais ne pouvais pas lui faire face, je ne voulais pas le regarder dans les yeux. Je ne savais toujours pas si notre conversation avait été une invention de mon esprit et je ne désirais pas m'écraser au sol trop rapidement si mon rêve n'avait été que cela… Son regard était un miroir, le reflet de ses émotions et je ne pouvais pas découvrir que tous mes espoirs n'avaient été que les affres de mon esprit, faire face à cette désillusion…
Sa main quitta ma hanche pour prendre mon menton en coupe. Je n'osais résister à cette pression et bientôt je me retrouvais devant de magnifiques yeux émeraude, qui me jaugeaient alors qu'une lueur intense les animait. Je ne saurais vous décrire leur intensité, je voyais la flamme de son désir mais ce n'était pas que cette émotion qui faisait flamboyer ses yeux. Un sourire en coin se forma sur ses lèvres mais ce n'était pas celui que j'avais connu depuis que nous nous étions rencontrés. Il n'y avait plus de cruauté et cela me déstabilisait encore. Sa main qui n'avait pas quitté mon visage, se mit à caresser mes traits alors que je me sentais fondre contre Edward, happée par son regard si lumineux…
-Bonjour Isabella… Me susurra-t-il d'une voix légèrement rauque.
-Bonjour… Soufflai-je, un rougissement m'échappant alors que ses yeux me paralysaient toujours à l'instar de sa voix.
Je crus déceler une légère pointe d'inquiétude dans son regard alors qu'il me regardait toujours. J'étais captivée par Edward et je me demandai si un jour, tout ce charme, cette attraction, allait se rompre… Son regard quitta un instant le mien pour descendre et se poser sur mes lèvres, il le détourna très vite pour le plonger dans mes yeux. Venais-je de rêver ou voulait-il m'embrasser ? Mon cœur s'emballa à cette idée alors que mon corps s'embrasait de nouveau à son côté. La lueur d'inquiétude que j'avais cru déceler était toujours présente alors que les yeux d'Edward faisaient des allers-retours entre mon regard et ma bouche.
-Puis-je t'embrasser Isabella ? Me demanda-t-il, ses yeux toujours emplis d'inquiétude.
Son attitude me surprit. Il ne m'avait jamais demandé jadis si je voulais de ses baisers, si je désirais cette attention. Cela ne ressemblait pas à l'Edward que j'avais toujours connu, celui qui avait fait que j'avais maintenant peur de lui, qui me faisait douter de lui mais surtout de moi.
Des bribes de mon rêve me revinrent. Il voulait mon pardon et désirait que l'on reparte de zéro, apprenant à nous connaitre. Depuis mon réveil, j'avais gardé l'espoir que mes songes étaient réels et voir Edward se comporter ainsi, demander mon approbation pour se pencher sur mes lèvres, cela me fit d'autant plus espérer. Je me mettais à toucher du bout des doigts mon rêve mais je continuais à avoir peur que tout cela s'effondre. Edward dut voir le doute dans mes yeux ou peut-être était-ce l'attente, quoiqu'il en soit, il s'éloigna…
-Je me suis peut-être trop avancé ou peut-être ai-je trop espéré… Désolé. Quand j'ai senti tes baisers sur ma peau à mon réveil, j'ai cru… Hum. J'ai cru que… Dit-il hésitant, ses yeux teintés de tristesse et de doute.
Je n'avais jamais vu Edward mal à l'aise et le voir ainsi désarmé et vulnérable était si choquant et si surprenant. Je sentis mon cœur se serrer d'émotion alors que je me rendais compte que son attitude me touchait. Moi, qui combattais depuis le début cette attraction, le simple fait de le voir si humain, je me mis à fondre et à vouloir lui donner cette chance, à désirer me laisser aller…
Edward avait toujours les yeux plongés dans les miens, il était toujours hésitant et je le sentais quelque peu mal à l'aise. Prise d'une résolution qui me dépassait, je me rapprochais de lui et avant qu'il ne se recule de nouveau, je posais mes lèvres sur les siennes. Elles étaient si douces et si chaudes, mon corps tout comme mon cœur s'embrasa et une douce chaleur m'emplit toute entière. Je le sentis se figer contre moi et alors que j'étais seule à me donner dans ce baiser, je pris peur et s'il me rejetait… C'était risible puisqu'il m'avait demandé s'il pouvait m'embrasser mais maintenant…
Le sentir immobile contre moi me fit de nouveau douter de moi… Pourtant quand il se mit enfin à bouger ses lèvres contre les miennes, tout doute s'envola, toute pensée me déserta. Je me sentais au paradis, j'étais bien. N'était-ce pas inquiétant que je succombe ainsi avec lui alors qu'hier encore il était mon bourreau ?
Mon cœur s'emballait, ma respiration se faisait lourde et heurtée alors que notre baiser continuait, s'intensifiait. Sa langue, bientôt, voulait rejoindre la danse de nos lèvres et vint cajoler le contour de ma bouche. Je croyais m'embraser toujours plus, m'envoler vers cette chaleur toujours plus forte qu'était mon désir pour cet homme. Sa langue continuait sa caresse, insistant sur ma lèvre inférieure, je baissais les armes et le laissais découvrir ma bouche. Notre baiser d'abord timide devint vite passionné et langoureux.
J'avais l'impression de danser le tango avec Edward et c'était comme si nous nous battions… Tout était si puissant, si intense que je sentais mes dernières réserves fondre dans ce baiser. Notre condition d'humains se rappela bien vite à nos esprits et nous dûmes mettre fin à cette douce torture… Nous nous séparâmes pour reprendre notre souffle, Edward continua à poser des baisers sur ma peau, descendant le long de mon cou pour finir sur mon épaule dévoilée.
-Je devrais arrêter avant que je n'aille trop loin, murmura Edward contre ma peau. Je ne veux pas dépasser les bornes même si tu es aussi tentante… finit-il sur un grognement en s'éloignant de nouveau.
Mon cœur battait toujours aussi rapidement et puissamment dans ma poitrine, me donnant presque l'impression qu'il voulait sortir de mon corps. Sa dernière phrase ne m'aidait guère à me calmer. L'envie de vouloir plus d'Edward était forte mais il y avait toujours cette peur sous-jacente dans mon âme, cette appréhension concernant ce plus… Et s'il faisait tout cela pour que je lui donne ce qu'il désire : mon corps et seulement mon corps. Qu'il prenne ma virginité puis qu'il s'éloigne loin de moi. Je ne voulais pas tomber dans ce travers. Une infime part de moi était régie par cette angoisse. Ma conscience me hurlait de combattre cette terreur, de baisser ma garde et de ne pas regarder en arrière. Des bruits de draps me sortirent de mes pensées, de mes tourments.
Edward était debout à côté du lit, son regard ancré au mien alors qu'un nouveau sourire apparut sur son visage. Il détourna les yeux vers la salle de bain avant de me regarder à nouveau. Un léger pli se forma sur son front alors qu'il me fixait avant de balayer une nouvelle fois du regard la distance entre la salle de bains et mes yeux. Il passa une de ses mains dans ses cheveux avant de caresser sa nuque, le froncement entre ses sourcils toujours présent… A quoi donc pensait-il ?
-Hum… Je vais prendre ma douche, j'aimerais te proposer de me rejoindre… Désolé, je suis maladroit, dit-il alors qu'il me regardait toujours inquiet peut-être de ma réaction. C'est prématuré de te faire cette proposition d'ailleurs … continua-t-il en grimaçant à ses mots. Mon Dieu, je n'ai jamais vécu quelque chose comme cela !
Je ne savais toujours pas ce qu'il voulait. Enfin, je savais qu'il voulait que je l'accompagne dans la salle de bain mais… oh. Oh ! Hum. Je comprenais mieux. Il voulait… Enfin, il désirait que je l'accompagne dans la douche avec lui, tous deux nus. J'eus du mal à déglutir… Il me voulait nue avec lui dans la douche. Des rougissements envahirent mes joues alors que tout mon corps se mit à bruler à cette vision. Hum, Edward nu, sa peau humide avec de la vapeur un peu partout autour de lui. Une nouvelle vague de chaleur terrassa mon corps.
-J'ai pas l'habitude de demander ce genre de choses aux femmes… Hum, je m'exprime vraiment mal. Ecoute, n'aies pas peur. Je ne vais pas insister… Souffla-t-il toujours mal à l'aise. Je m'enfonce, merde ! Jura-t-il pour lui alors qu'il me jetait un dernier regard et qu'il se dirigeait vers la salle de bain.
Je ne pus détourner les yeux de son corps s'éloignant. Ses épaules larges, son dos si sculpté et musclé, ses fesses si bien moulées dans son boxer Calvin Klein noir, ses reins marqués par deux belles fossettes,… Avant qu'il n'atteigne sa destination, ses mains se logèrent au niveau de l'élastique de son sous-vêtement et sans un regard pour moi, il l'abaissa sous mes yeux. Ses fesses apparurent et je crus défaillir alors que mon souffle se coupa devant cette vision. Mes yeux glissèrent sur ce morceau de tissu qui glissa le long de ses cuisses, de ses mollets avant de finir dans un bruit sourd sur le sol. Toujours de dos à moi, il atteignit la salle de bain et mit bientôt l'eau en route, la vapeur envahit peu à peu l'espace l'entourant.
Alors qu'il fermait la porte, il me regarda un instant. Nos yeux se fixèrent un instant et je crus me perdre dans son regard aussi profond que les abimes. J'avais chaud, terriblement chaud. Le voir ainsi s'éloigner, se dévêtir, j'avais cru mourir mais maintenant… C'était une toute autre affaire. Mes yeux ne purent s'empêcher de dériver le long de son corps, caressant sa poitrine si ferme, ses abdominaux si tentateurs, son V si déroutant et bien vite mon regard dérapa sur le sexe d'Edward. Je l'avais déjà aperçu lors de cette fameuse nuit qui avait failli me couter ma raison en plus de mon corps mais aujourd'hui tout était différent. Je n'avais jamais vu de verge avant lui mais j'avais déjà entendu de nombreuses filles au lycée parler du sexe de leur copain et à regarder celui d'Edward, je me dis qu'il devait faire partie des hommes bien montés… Ce fut son raclement de gorge qui me détourna de cette vision quelque peu troublante. Je me perdis de nouveau dans ses yeux, il m'adressa un léger sourire avant qu'il ne ferme la porte et qu'il ne me coupe de la vue de son corps tentateur…
Je pus de nouveau souffler et je me laissai tomber dans le lit. Mon cœur battait toujours fort dans ma poitrine, mon corps avait toujours aussi chaud, il était même brulant. La vision du corps d'Edward m'avait fait ressentir tant de choses : beaucoup de désir certes mais de nombreuses envies m'avaient assaillie. Je me voyais embrasser sa peau, la toucher, la lécher, la vénérer tout comme il avait vénéré ma bouche plus tôt. Je devrais être effrayée par cela mais je l'ignorais… Le bruit de l'eau de l'autre côté de la porte me fit partir un peu plus dans mes songes éveillés. J'imaginais Edward nu, l'eau coulant sur sa peau, ses mains savonneuses caressant chaque partie de son corps. Je me sentais fiévreuse et mon désir ne se fit que plus grand… Je devais être partie vraiment loin dans mes pensées car ce fut sa voix qui m'en fit sortir, me faisant sursauter et me redresser.
-Tu devrais aller te doucher également Isabella. Dit Edward, ses yeux me fixant avec intensité. J'aimerais t'emmener quelque part aujourd'hui, je vais te préparer des vêtements pendant que tu seras sous la douche.
Je ne me le fis pas redire deux fois et sortis du lit comme si j'avais le diable au corps. Le voir ainsi nu et mouillé, ses hanches simplement protégées par une petite serviette, je crus que j'allais mourir tant le désir irradiait dans mon corps. Je fermai rapidement la porte de la salle de bain derrière moi et y collai mon dos. J'entendis un léger rire derrière la porte et je me mis à jurer tout bas contre Edward et contre le destin pour avoir mis un tel homme sur mon chemin.
Son odeur était partout alors que la vapeur m'entourait. Si la vision de son corps ne m'avait pas assez terrassée, son essence m'acheva. Je me dévêtis rapidement et bien que l'eau chaude détendit les nœuds de mon corps, me retrouver ainsi nue entourée de son odeur m'embrasa un peu plus. Je pris une noisette de savon et je parcourus ma peau.
Quand je me mis à savonner mes seins, je sentis des vagues électriques envahirent mes reins en passant sur mes pointes tendues et dures. Mes yeux se fermèrent sous la sensation et je rejetais ma tête en arrière en gémissant sous la sensation. Bien vite il m'en fallut plus et alors je me mis à les étirer, à les pincer et mes cuisses se resserrèrent instinctivement. Je me sentis défaillir… Je ne m'étais jamais donné du plaisir et jusqu'à maintenant, je trouvais cela sale et honteux mais après la vision que m'avait donné Edward, je n'arrivais pas à faire descendre la pression… Mes mains, prises de leur propre volonté, progressèrent le long de mon ventre pour se loger entre mes jambes. Je me mis à rêver que c'était lui qui me faisait ce genre de caresses. Je crus m'évanouir quand je me touchais là où j'en avais besoin, mes hanches, tout comme l'ensemble de mon corps, se cambrèrent contre la main qui s'était logée sur mon sexe. Je me laissai aller par instinct, mes doigts partaient à la découverte de mes chairs alors que le plat de ma main s'appuyait sur un point très sensible. Mes paupières baissées, je voyais Edward me prodiguer ces caresses. Je sentais les battements de mon cœur envahir mes oreilles, ma respiration déjà coupée était erratique et courte. De nouvelles vagues électriques envahissaient mon corps alors qu'une boule de chaleur naissait, emplissait d'avantage mon bas ventre, puis mes reins, s'intensifiant toujours plus. Je ne me sentis pas partir, j'étais écrasée par le plaisir et des étoiles éclatèrent derrières mes paupières, des paroles incompréhensibles sortant de mes lèvres entrouvertes… Je ne pus tenir d'avantage sur mes jambes et je m'affaissais sous mon poids.
C'était donc cela le plaisir sexuel, l'orgasme. Je n'aurais jamais cru que c'était aussi bon pourtant le fait que je me le sois donné toute seule, dans cette douche, je trouvais cela quelque peu gênant… Je ne voulais plus y penser et quand je crus que mes jambes étaient de nouveau stables, je me levais et finissais en vitesse ma douche…
Quand j'entrais de nouveau dans la chambre, je n'osais regarder si Edward était toujours présent. Je sentis la chaleur de son regard sur moi mais savoir que je m'étais donné du plaisir en pensant à lui, je ne pouvais lui faire face. Mes joues se mirent à rougir alors que je me rendais compte que je m'étais masturbée en l'imaginant me caresser. Jusqu'à hier, je me serais sentie coupable et folle si j'avais fait un acte pareil mais aujourd'hui, tout était différent…
-Tout va bien Isabella… Dit Edward alors que son regard était toujours posé sur moi.
Mes joues rougirent un peu plus et j'aurais voulu me donner des gifles pour que mon corps arrête de réagir à ses côtés. Sans que je ne m'en rende compte, il était devant moi, sa main logée sous mon menton, ses yeux me dévisageant toujours alors que les miens se sentaient happés par leur profondeur. J'avais quelque peu peur qu'il se rende compte que je m'étais caressée, j'avais même l'impression d'avoir un néon placé sur mon front – où était marqué « Bella vient de se caresser et de prendre son pied en pensant à Edward » – et rien que cela intensifia mes rougissements. Je crus déceler une nouvelle lueur dans son regard et je ne savais pas comment l'identifier, c'était comme s'il avait compris… Je me sentis d'autant plus gênée et horrifiée. Pourtant il ne dit rien, il ne fit que caresser mes joues et ma bouche avec son pouce avant de s'éloigner.
-Tes affaires sont sur le lit. M'indiqua-t-il avant de se reculer un peu plus.
Je me dirigeai vers le lit, mes pensées toujours focalisées sur ce que j'avais fait dans la douche, et de savoir qu'Edward avait peut-être deviné cela, je me mis éprouver de la honte et en même temps, je me sentais fière. Mes sentiments étaient toujours perturbants et si opposés. Je me penchai pour m'habiller, son regard était toujours sur mon corps et seule une serviette me protégeait encore de son attention. Je voulus alors lui rendre la pareille et l'ignorer alors que je me vêtirai devant lui pourtant j'avais une légère appréhension et si tout cela allait trop loin… Cette peur fut plus forte et je m'habillai rapidement sous la serviette. Quand ce fut fait, je fus soulagée mais aussi énervée, sans que je ne sache pourquoi.
Je levais mes yeux vers Edward et je tombais de nouveau dans leur profondeur. Un léger sourire illuminait ses traits et il s'approchait de moi. Sa main caressa mon bras, longeant mes hanches en les effleurant puis prit ma main, ses doigts s'entrelaçant aux miens avec force. Les yeux dans les yeux, il nous conduisit hors de notre chambre. Je ne savais pas où il voulait me mener, il nous dirigeait et je parcourais de nouveaux couloirs, voyant de multiples portes se succéder et je me revoyais lors de mes premiers jours. Les mêmes sensations, s'il me laissait là, je serai perdue…
Nous atteignîmes l'escalier que j'avais – me semblait-il – emprunté à mon arrivée et nous le descendîmes. Nous passâmes la grande porte que jadis j'avais passée les yeux bandés et nous arrivâmes dans une sorte de parc. Des graviers gris crissaient sous nos pieds, la fontaine devant nous semblait chanter alors que l'eau y coulait dans un flux sans fin. Jadis, j'avais ressenti tant de peur en prenant ce chemin et aujourd'hui, j'étais une toute autre personne mais les émotions étaient là. Avant que je n'arrive en ce lieu, j'étais libre et maintenant… Je ne savais plus. J'étais leur prisonnière, sa prisonnière mais je ne le ressentais plus ainsi, plus depuis hier…
Edward ne sembla pas remarquer mon trouble, il continuait à me mener jusque dans une sorte de hangar où étaient rangées d'innombrables voitures – de sport, des 4X4 énormes et luxueux, des berlines – mais il ne s'arrêta pas pour autant et il me mena dans un coin plus éloigné où étaient rangés d'autres véhicules tout aussi rapides et chers… Il me fit m'arrêter devant une sportive noire mate, avec des vitres teintées et des roues noires. Jamais je n'avais vu voiture aussi belle, luxueuse et agressive dans ses lignes. Je sentais le regard d'Edward sur moi et je me tournais vers lui à mon tour.
-C'est mon petit bijou. Je te présente la Lamborghini Reventon Roadster. Je sais que pour les femmes, une voiture c'est une voiture mais voilà, je voulais… Je ne sais pas, je voulais au moins que tu saches dans quel modèle tu allais monter. C'est absurde, n'est-ce pas ? Finit-il alors que la main qui ne me tenait pas passait dans ses cheveux et restait sur sa nuque, ses yeux me dévisageant toujours avec gêne.
Je n'y connaissais rien en voiture mais le voir ainsi gêné parce qu'il me présentait sa voiture, je trouvais cela adorable. Toute son attitude depuis ce matin était adorable. Je lui fis un léger sourire pour le détendre et cela fonctionna puisque je l'entendis souffler et se mettre à répondre à mon sourire. Je le vis même se redresser et bomber le torse alors qu'il m'accompagnait au niveau de la portière passager. Il l'ouvrit pour moi et je me mis à sursauter en réalisant que ce n'était pas des portières normales mais des portières papillons. Je l'entendis rire devant ma réaction et il m'aida à m'assoir dans son carrosse. Je me mis à observer l'habitacle et tout n'était que cuir noir et beige. Je pris une grande inspiration et le peu de sérénité que je mettais mis que j'avais commencé à ressentir depuis l'épisode de la douche s'envola quand je fus entourée par son odeur. Ce fut la main d'Edward sur mon genou qui me fit revenir à l'instant présent. Je me tournai vers lui et fus happée par ses yeux alors qu'un sourire satisfait illuminait son visage. Les hommes et les voitures, je vous assure… Un drôle de sentiment m'envahit alors que je le voyais balayer du regard la distance entre sa voiture et moi. C'était une sorte de colère sourde qui me prenait aux tripes, c'était comme si… Non c'était risible. C'était comme si j'étais jalouse de sa voiture… Ma conscience leva les yeux au ciel à cette constatation et je me mis à me faire toute petite dans mon siège.
Edward mit le contact et nous nous éloignions pour la première fois depuis mon arrivée de ce manoir. Je me mis d'ailleurs à l'observer et j'avais l'impression de me retrouver devant le château du Comte Dracula. La façade avait des airs gothiques mais c'était bien plus discret et sinistre. Il y avait des gargouilles un peu partout, de fines pierres sculptées, je ne saurais vous la décrire. C'était à la fois maléfique mais aussi splendide. Elle reflétait la nature des hommes qui y habitaient, enfin vous me comprenez, il y a avait une part d'ombre et une part de lumière…
La main d'Edward ne me quitta pas du trajet, caressant mon genou pour remonter le long de ma cuisse pour s'arrêter à mi-chemin et redescendre pour mieux recommencer. Mon attention tentait de rester focalisée sur le paysage somptueux qui nous entourait mais ces caresses ne m'aidaient guère à garder l'esprit clair à son côté.
Les bois nous entouraient de part et d'autre, la lumière tentait de percer les feuillages mais c'était comme si nous étions absorbés par toute cette verdure. Lorsque nous traversions des prairies, nous faisions face à un spectacle à couper le souffle, des montagnes enneigées tentaient de faire leur chemin dans le ciel nuageux. Je devins curieuse quant au lieu où nous nous trouvions. J'avais peu voyagé dans ma vie et bien que ce paysage me fasse penser à Forks pour sa verdure, la péninsule d'Olympie était loin d'égaler la vue qui s'offrait à moi. Je voulais me tourner vers Edward pour lui demander mais je n'osais pas le faire ayant trop peur de briser l'instant.
-Hum Isabella, est-ce que ça te gêne si je mets de la musique ? Dit-Edward d'une voix rauque.
Je me tourne vers Edward et je pus le voir me jauger avec attention. Je lui fis un léger sourire.
-Non, ça ne me gêne pas…
Il appuya sur un bouton sur le volant et un air de guitare emplit la voiture, berçant mes pensées alors que je me détournais de nouveau vers le paysage.
°°° Playlist: Muse – Unintended °°°
You could be my unintended choice Tu pourrais être mon choix involontaire
To live my life extended De vivre ma vie jusqu'au bout
You could be the one I'll always love Tu pourrais être celle que j'aimerai toujours
La chanson me prit à la gorge alors que les paroles m'allaient droit au cœur. Je me tournai vers Edward et il me regardait toujours, ses yeux avaient perdu leur lueur joyeuse pour quelque chose de plus sérieux, presque secret et je pouvais voir en leur profondeur, qu'il vivait lui aussi la chanson…
You could be the one who listens Tu pourrais être celle qui écoute
To my deepest inquisitions Mes questions les plus indiscrètes
You could be the one I'll always love Tu pourrais être celle que j'aimerai toujours
Mon cœur se mettait à battre fort alors que les paroles continuaient à créer un lien étrange entre Edward et moi. Ses yeux continuaient de me fixer, j'avais un peu peur de finir dans le décor mais cette pensée était minime comparé à ce que j'étais en train de vivre. On aurait dit que le chanteur nous faisait partager quelque chose dont je ne connaissais pas encore la nature. C'était étrange et déstabilisant.
I'll be there as soon as I can Je serai là dès que je le pourrai
But I'm busy mending broken Mais je suis occupé à réparer les morceaux cassés
Pieces of the life I had before De la vie que j'ai eu avant
Etait-ce Edward qui voulait me faire partager quelque chose à travers cette chanson ou serait-ce moi qui m'imaginais encore des choses ?
First there was the one who challenged D'abord il y a eu celle qui a défié
All my dreams and all my balance Tous mes rêves et tout mon équilibre
She could never be as good as you Elle ne pourra jamais être aussi bien que toi
Edward se détourna de moi, prit une profonde inspiration et regarda de nouveau la route. Seules les paroles de cette chanson troublaient le silence entre nous. Je ressentais comme un malaise alors que la voix du chanteur prononçait des mots qui trouvaient un sens étrange au plus profond de moi.
You could be my unintended choice Tu pourrais être mon choix involontaire
To live my life extended De vivre ma vie jusqu'au bout
You should be the one I'll always love Tu devrais être celle que j'aimerai toujours
La main d'Edward sur ma cuisse exerça une pression plus intense alors qu'elle continuait ses caresses. Si je n'étais pas aussi troublée par cette chanson, peut-être que je pourrais mieux me détendre et me laisser aller à son toucher mais je ne pouvais le faire…
I'll be there as soon as I can Je serai là dès que je le pourrai
But I'm busy mending broken Mais je suis occupé à réparer les morceaux cassés
Pieces of the life I had before De la vie que j'ai eu avant
Je me demandais ce qu'il ressentait et je me tournai de nouveau vers lui pour essayer de déchiffrer les secrets de son âme. Edward semblait tendu, ses mâchoires étaient serrées alors que tout son corps était raide. Ses yeux étaient toujours dirigés vers la route mais je ressentais comme une émotion les animant, comme s'il avait peur… Je devais vraiment divaguer pour penser une absurdité pareille.
I'll be there as soon as I can Je serai là dès que je le pourrai
But I'm busy mending broken Mais je suis occupé à réparer les morceaux cassés
Pieces of the life I had before De la vie que j'ai eu avant
La chanson commençait à mourir peu à peu et la tension dans l'habitacle était palpable. Je ne savais pas ce que nous venions de vivre mais c'était intense et si perturbant. Je me demandais même comment nous allions nous comporter après pareille expérience.
Before you... Avant toi..
Les dernières notes à la guitare furent jouées puis le silence reprit sa place dans l'habitacle, nous laissant troublés et pour ma part mal à l'aise. Le reste du trajet se fit sans un mot bien que la musique continue à combler le vide entre nous mais je ne l'entendais même pas bien trop perdue dans mes pensées.
Ce fut quand le moteur fût coupé et que je sentis le regard d'Edward sur moi que je me rendis compte que nous étions arrivés. Je me tournai vers lui et perdis mes mots quand je me plongeai dans ses yeux. Je ne saurais vous décrire les sentiments que j'y trouvais tant j'étais soufflée par leur intensité. Il me fit un léger sourire avant de sortir de la voiture et de venir de mon côté pour m'aider à m'extraire de son petit bijou. Nous restâmes, je ne sais combien de temps, à nous regarder avec pour seule connexion nos mains et nos regards. Je pouvais voir qu'il restait une légère gêne dans le vert intense des siens mais je ne savais pas quoi faire pour retrouver l'innocence de nos échanges avant cette chanson. Ce fut Edward qui détourna son regard du mien et toujours main dans la main, il me mena le long d'un chemin forestier.
Je me demandais encore où nous étions, tout m'était si inconnu et pourtant je trouvais ces forêts si familières, me rappelant ma jeunesse à Forks. Je me revoyais marchant avec Charlie et rien que ce simple souvenir me fit me perdre dans mes émotions. J'en voulais toujours à Edward pour m'avoir enlevée, pour m'avoir pris ma vie mais ma rancune à sa proximité disparaissait comme neige au soleil. Je voulais le haïr pour m'avoir fait subir cela, mais je ne le pouvais pas… Je désirais lui faire mal, lui faire subir ma colère, lui faire ressentir mon mal être mais j'oubliais tout quand il était là, près de moi. Ça allait plus loin que le simple désir, je le savais bien, mais je ne connaissais pas la nature de mes sentiments…
Edward continuait à me mener à travers le sentier, m'aidant à garder l'équilibre lorsque je trébuchais, me portant lorsque la pente était trop abrupte. Le silence entre nous était quelque peu pesant mais il était loin d'égaler celui gênant que nous avions partagé dans la voiture. Bien vite, il nous stoppa et je découvris une clairière protégée sur l'un des côtés par un grillage me faisant penser à une clôture, une cabane en bois était logée contre le flanc de la montagne qui nous faisait face, où mourrait la prairie. Edward me mena jusque devant la cabane et se tourna vers moi.
-Cela fait plusieurs jours que je voulais te faire partager cet endroit. C'est une partie de notre propriété ainsi que la forêt qui nous entoure. J'aime bien venir ici et y réfléchir. Tu vois l'enclos là bas, me dit-il en pointant la clôture. C'est l'entrée de l'enclos aux loups, on en possède une belle meute d'une vingtaine d'individus. J'aime m'y rendre et voir l'étendue sauvage dont regorge la forêt. J'en ai même adopté un que je laisse à l'état sauvage quand je trouve que c'est nécessaire, j'aimerais te le faire rencontrer…
Il me fit approcher avec lui de la cabane et tapa à la porte. Il ne nous fallut pas longtemps avant qu'un homme immense vint nous ouvrir. Il avait de longs cheveux noirs, la peau tannée et des yeux couleur charbons. Il sourit de façon mauvaise à Edward alors qu'il se tourna vers moi et qu'il me dévisagea avec sérieux. Une lueur vint illuminer ces prunelles de la couleur des ténèbres. Je me sentis mal à l'aise face à lui.
-Que me vaut le plaisir de ta visite Edward. Dit l'homme cyniquement.
-C'est Monsieur Cullen pour toi, Black. Répondit durement mon voisin. Je me tournai vers lui et je crus faire face à l'Edward de mes débuts.
A voir l'hostilité qu'il y avait entre les deux hommes, je me sentis d'autant plus mal.
-Tu ne me présentes pas au bel oiseau qu'il y a à tes côtés, Cullen. Ajouta Black d'un ton mielleux en se tournant vers moi.
-Isabella, je te présente Jacob Black, le gardien de l'enclos aux loups. Black, voici ma future femme Isabella. Dit Edward en appuyant bien sur le mot « femme ».
-Et bien tu me l'avais bien cachée. C'est un beau morceau que tu as là. Je parie qu'elle est aussi bonne qu'elle n'y parait. Dit le rustre en se pourléchant les lèvres tout en me fixant.
Je fus horrifiée par ses paroles. Je ne pus pourtant pas répondre à ce Jacob qu'Edward était déjà rentré à l'intérieur de la cabane, poussant Black contre le mur. Il l'avait saisi par le col de sa chemise et appuyait avec force sur sa trachée. La peau de Jacob passa de son teint bronzé à un rouge tirant vers le violet du fait du manque d'air. Edward avait beau faire une bonne tête de moins que Black, il avait le dessus sur cet individu et je crus même qu'il allait le tuer alors qu'il avait toujours une emprise sur sa gorge.
-Redis une seule fois que ma femme est bonne et je te promets que je te ferai souffrir mille morts. Respecte-la, elle vaut mille hommes comme toi. Tu as de la chance qu'elle soit là sinon je ne donnerai pas cher de ta peau connard ! Gronda Edward avec une voie calme, basse et menaçante.
J'avais devant moi l'Edward qui m'avait toujours fait peur et faire face à ce monstre me fit revenir en arrière avec mes appréhensions et mes angoisses, avec ma haine et ma colère. Je voulais m'enfuir ou me cacher, je ne savais quelle solution était la meilleure, mais il me fallait partir d'ici, loin de lui. Je me mis à regarder un peu partout alors que les deux hommes se faisaient encore face. Je ne voyais aucune issue mais cela ne m'arrêta pas pour autant, je m'éloignai d'eux et de cet abri. Il y avait bien la forêt mais entre ma mauvaise orientation et ma maladresse, j'avais toutes les chances de me perdre en ces lieux. Il y avait l'enclos mais faire face aux loups, ce n'était vraiment pas une idée glorieuse…
Je ne savais pas combien de temps dura encore leur duel, j'étais toujours en train de regarder autour de moi, cherchant une échappatoire… J'entendis au loin la voix d'Edward m'appeler alors que je me trouvais à la lisière de la forêt par où nous étions arrivés.
-Isabella. M'appela encore Edward.
Je le sentis plus que je ne le vis arriver. Ses bras m'entourèrent et je me mis à me débattre contre lui pour m'extraire de lui.
-Lâche-moi. Lâche-moi, je t'en prie. Hurlai-je alors que je sentis ma voie se briser.
-Non ! Isabella, calme-toi… Je ne te lâcherai que si tu te calmes… me dit-il à l'oreille.
Je continuai à me débattre dans ses bras alors que mon corps et tout mon être étaient contrôlés par ma peur. Je me sentais comme une biche prise dans les griffes d'un prédateur et je n'arrivai pas à me calmer. Mes nerfs craquaient et bientôt tous mes assauts étaient vains alors les larmes débordaient. De violents sanglots m'échappèrent et son emprise sur moi se fit plus forte lorsqu'il me retourna et que je me retrouvai contre son torse. Mes poings s'abattirent à plusieurs reprises sur son torse. Je voulais lui faire mal, le blesser, lui montrer combien je le détestais…
-Isabella, calme-toi… me susurra-t-il dans le cou.
Pourquoi sa voix, son odeur, sa présence m'apaisaient ? Je le détestais encore plus parce qu'il me faisait me sentir faible et ce, depuis notre rencontre. Mes sanglots se calmèrent alors que les larmes continuaient à couler sur mes joues. Ses mains me caressaient le dos continuant à m'apaiser, faisant envoler ma rancœur et ma peur. Comment pouvait-il être ainsi alors qu'au fond il restait le même ? Que cherchait-il avec moi par la fin ?
-Je n'aime pas te sentir pleurer contre moi, je n'aime pas t'entendre pleurer Isabella… Je suis désolé que tu aies vu ma colère mais je ne peux pas m'excuser de pourquoi je l'étais et je le suis encore. Black a dépassé les bornes et il me fallait mettre les points sur les « i », je regrette juste de l'avoir fait devant toi. Je ne permettrai jamais qu'un homme te parle ainsi, parle de toi ainsi devant moi… Me dit-il de sa voie redevenue douce, celle du nouvel Edward.
Je voulais le croire mais qui me disait qu'un jour il ne se retournerait pas contre moi et me fasse de nouveau du mal. Comment pouvais-je avoir foi en ses dires ? Comment pouvais-je lui faire confiance alors que je ne me faisais pas confiance à moi-même ?
-Je ne laisserai personne te faire du mal, je te le promets Isabella. Me confia-t-il d'une voie devenue rauque.
Ses mains continuaient à caresser mon dos, remontant dans mes cheveux, massant mon cuir chevelu au passage. Mes dernières larmes m'échappèrent et alors que ma respiration redevenait normale, je m'éloignai pour le regarder. Ses yeux plongèrent dans les miens et je crus y déceler de la tristesse et de l'inquiétude. Je me sentis me perdre de nouveau dans leur profondeur. Mon cœur se serrait par l'émotion qui m'envahissait.
-Viens, allons dans l'enclos. Je veux te faire connaitre ce qui me rend libre et heureux, ce qui m'apaisait avant que je ne te connaisse, ce qui me rendait vivant… Viens avec moi… Finit-il en remettant une mèche de mes cheveux derrière mon oreille.
Il prit l'une de mes mains, ses yeux me fixant toujours alors qu'il me demandait mon accord. J'avais toujours peur de lui mais il avait réussi à me calmer, à endormir mon mal être… Je lui fis un léger sourire à travers mes yeux devenus secs après tant de larmes. Il me fit un sourire en retour, qui illumina son visage tant il était grand et heureux. Il raffermit son emprise sur ma main, glissant ses doigts entre les miens. Il me guida ainsi jusqu'au niveau de l'enclos où nous attendait Jacob. Je me tendis en arrivant vers lui. J'avais encore peur de voir Edward lui sauter à la gorge à la moindre parole qu'il pourrait dire. Black ne dit pourtant rien et nous ouvrit la porte, il avait un fusil à son côté et il nous accompagna à l'intérieur, gardant une certaine distance avec nous. Sans que je ne le veuille vraiment, mes yeux dérivèrent pour se porter à la gorge de Jacob et je vis la marque rouge distincte de doigts, des doigts d'Edward.
Nous fîmes le chemin en silence jusqu'à ce que nous arrivions dans une nouvelle prairie. Là Edward et Jacob se regardèrent un instant avant que Black s'avance en son centre et lance des morceaux de viande assez anciens vu l'odeur qui s'en dégageait. Même de là où j'étais, j'arrivais à sentir l'odeur sanglante et rance de la viande pourrie. Edward m'emmena vers une roche où il nous fit nous asseoir. Il se mit derrière moi, son torse collé dans mon dos, ses jambes m'entourant alors que ses bras m'enlaçaient. Sa tête se logea dans mon cou, son souffle s'écrasant sur ma peau alors que des frissons naquirent sur ma peau.
-Je suis encore désolé pour mon comportement de tout à l'heure. Je n'aurais pas du me mettre en colère devant toi… Ton silence me fait peur, dis-moi quelque chose Isabella… dit-il contre mon épaule.
J'avais encore du mal à effacer la vision d'Edward alors tenant Jacob à la gorge. Ses yeux n'avaient plus aucune trace de chaleur, plus aucune trace d'humanité, plus de lueur. J'avais fait face au monstre qui avait apporté l'ombre dans ma vie il y avait de cela quelques semaines et même jusqu'à hier…
-Tu m'as fait peur tout à l'heure. Je refaisais face à mon pire cauchemar… murmurai-je.
J'avais encore peur de le voir s'énerver et je ne savais pas comment je réagirais s'il redevenait l'homme qu'il était encore hier.
-Ce matin j'ai cru que ton changement était un rêve, que tout n'était que le fruit de mon imagination… J'ai eu peur que tout cela ne soit faux mais tu m'as montré que non… J'ai vraiment envie de me laisser aller avec toi mais je ne sais pas si je le pourrais si tu redeviens l'homme que j'ai vu dans la cabane. Me confessai-je sans que je n'aie de volonté à propos de cela.
Son étreinte se renforça autour de moi alors que son visage était toujours niché dans mon cou. Ses cheveux chatouillèrent bientôt ma gorge alors qu'il se penchait sur mon épaule et embrassait ma peau.
-Je suis encore désolé…
- « L'homme qui pardonne ou qui demande pardon comprend qu'il y a une vérité plus grande que lui. » Dis-je.
-Vraiment tu cite Jean Paul II ? Me demanda-t-il surpris.
-Euh, c'est la citation qui me semblait appropriée… Grimaçai-je.
-Tu es vraiment une femme étonnante Isabella.
Je me mis à rougir sous le compliment. Je crus voir de l'agitation dans les buissons de l'autre côté de la clairière. Je sentis Edward se tendre contre moi.
-Regarde bien, observe bien Isabella.
Bientôt des loups approchèrent de là où nous étions en trottinant, appâtés par l'odeur de la viande. Ils avaient le pelage allant du gris argenté presque blanc au noir le plus profond. Ils étaient magnifiques, robustes et grands sur pattes. Leur fourrure longue semblait aussi douce qu'épaisse. Ces loups nous offraient un tableau magnifique dans cette prairie avec la montagne et la forêt environnante.
Un gros loup noir se détacha du lot et s'approcha un peu plus de nous et nous observa de ses prunelles ocres virant vers le caramel. Mon cœur se mit à battre fortement dans ma poitrine alors qu'il nous regardait toujours. Une toute autre peur envahit chaque pore de ma peau et s'il nous attaquait…
-Isabella, je te présente Sam, mon loup… susurra Edward dans le creux de mon oreille.
Comme s'il l'avait entendu, le loup nous fit un léger hochement de tête et couina avant de rejoindre ses congénères qui se repaissaient un peu plus loin.
-N'est-il pas magnifique ? Me demanda Edward.
-Si… très. Couinai-je. J'ai cru un instant qu'il allait nous approcher pour nous attaquer, continuai-je dans un rire nerveux.
-S'il n'était pas inoffensif, jamais je ne lui aurais permis de t'approcher Isabella. Me répondit-il.
-J'aimerais que tu sois à l'aise avec moi… Jamais je ne laisserai quiconque te faire du mal Isabella…
J'aimerais le croire aussi facilement. J'aimerais avoir assez confiance en lui pour me perdre aveuglément avec lui. J'aimerais me faire assez confiance pour être libre avec lui…
-J'aimerais te connaitre Isabella. Laisse moi te connaitre pour que nous puissions avancer à deux, ensemble.
Je me tournai vers lui et je fus de nouveau happée par son regard intense. Je ne voyais aucune lueur d'amusement, aucune marque montrant une quelconque fourberie de sa part. Mon cœur battait puissamment dans ma poitrine alors que je me perdais dans l'émeraude de ses yeux.
-Que veux-tu savoir de moi ? Demandai-je d'une petite voie.
-Tout de toi. Me dit-il du tac au tac.
-Très bien mais à une condition…
-Laquelle ? Me demanda-t-il avec espoir bien que je vis une légère réserve.
Mes yeux toujours plongés dans les siens, je tentais de prendre assez de force en eux pour lui demander ce qui me taraudait depuis qu'il m'avait dit vouloir me connaitre. Je me demandais s'il allait être franc ou s'il allait me cacher indéfiniment les réponses aux questions que je me posais depuis que je le côtoyais.
-Je veux tout connaitre de toi… Dis-je tout bas.
Alors votre avis ?
Est-ce qu'Edward va vouloir se dévoiler ou va-t-il garder une part d'ombre ?
Pleins de bisous et à bientôt.
Vôtre. Potine.
