« Un moyen de diversion et un point de mire. »
Loki eut un sourire amusé en regardant le premier humain qu'il avait pris sous son contrôle. C'était avec lui qu'il avait essayé pour la première fois ce nouveau pouvoir, et il n'était en rien déçu. Le sortilège marchait à merveille, et sa victime était le meilleur de tous les agents qu'il avait en sa possession. Oui, parce que maintenant, c'était propriété privée. Il était plus que ravi par sa prise. Ce Clint Barton était une véritable perle. C'était plus que rassurant de l'avoir sous son contrôle. Loki savait parfaitement que l'agent ferait tout pour mener sa mission à bien, sans compter qu'il était d'une discrétion à toute épreuve. Bien qu'il n'ait jamais réussi à le surprendre, – que diable, il était un Dieu ! – il avait presque failli le faire sursauter – tout était dans le presque, bien sûr. Ne poussons pas pépé Odin dans les orties non plus.
Le Jotun observa l'humain, un arc à la main. Son air sérieux, ses yeux de prédateurs qui promettaient un talent indéniable pour cette arme étaient le parfait tableau d'un sniper d'élite. Pas un petit guerrier sans conviction. Au contraire, il paraissait redoutable.
« Un véritable Cupidon ! » lança Loki, fier de son archer rien qu'à lui.
Celui-ci se retourna, un sourire plus que satisfait aux lèvres. Il s'apprêtait à aller vaquer à des occupations plus importantes – comme s'entraîner à faire des rictus diaboliques et méchants à souhait. Il ne s'attendait pas à être gelé sur place, par une voix digne d'un froid d'hiver de Jotunheim.
« Vous voulez une flèche dans l'œil, ou quoi ? »
Incrédule, Loki se retourna vers l'agent. Il n'était pas sensé être sous son contrôle ? Et donc ne pas le menacer ainsi ? Sa petite marionnette ?
« Heu, non ? » répondit-il, très ironique.
« Alors ne vous avisez plus de m'insulter. »
Là, Loki eut très, très envie d'attraper cet arc et de taper avec sur la tête de Clint pendant très, très longtemps. Mais il se retint de toutes ses forces. Il n'avait jamais abîmé ses jouets personnels, ce n'est pas maintenant qu'il commencerait. De même, il détestait qu'on les lui abîme : Thor le savait mieux que quiconque. Le pauvre Dieu du tonnerre avait du, plus d'une fois, courir dans tout le palais pour éviter le courroux de son terrible frère qui se transformait en furie lorsqu'il retrouvait sa dinette en miettes. Mais à force, même cet idiot congénital avait finit par trouver l'astuce. Alors, Thor se débrouillait toujours pour finir sa course dans les cuisines au moment où une odeur alléchante de pâtisseries se faisait sentir. Le pire, c'est que c'était plus qu'efficace.
« Je ne vous ai point insulté. » contre-attaqua Loki.
« Je suis pas un Dieu de l'amour qui lance des flèches en forme de cœur tout rose et qui se balade à poil, alors le Cupidon, allez le mettre là où j'pense. »
« La proposition est alléchante, lorsque l'on sait que Cupidon est un magnifique Alfe qui, non seulement est le cousin du Prince d'Álfheim, mais aussi le meilleur archer des neufs royaumes. »
« Ah. » répliqua l'agent Barton.
Il semblait plus que perplexe, et sa magnifique répartie le démontrait assez bien. C'est juste que pour lui, Alfe, Álfheim, et neufs royaumes, ça ne lui parlait pas du tout. Ce qu'il essayait surtout de retenir, c'était magnifique, cousin du Prince, meilleur archer. Au moins ces mots avaient-ils le don de le rassurer un peu. Même si ça le laissait perplexe. C'est vrai, quoi, il n'en savait rien si cet « Alfe » aimait bel et bien le rose. C'était une notion très dérangeante pour son esprit.
Le Dieu Nordique soupira lourdement face à la tête de son archer, et décida de le rassurer.
« Si les stupides mortels qui ont écrit vos mythologies croient qu'il est Dieu de l'Amour, c'est parce que Cupidon est un véritable bourreau des cœurs. Ses flèches sont parmi les plus tranchantes, et les Alfes sont de natures assez pudiques. Et sa couleur préférée est le vert. »
Loki planta son regard dans celui, d'un magnifique bleu, de Clint. Il l'avait vu se détendre au fur et à mesure, et maintenant il affichait un petit sourire en coin.
« Alors, oui, je vous complimentais. »
Sur ces mots, l'asgardien détourna très vite la tête. Il ne put pas voir le sourire absolument lumineux de l'archer, et c'était tant mieux pour sa santé mentale, merci bien !
Là, il remarqua qu'un autre de ses jouets personnels s'avançait vers lui, avec dans les mains une petite boîte.
« Ah ! Mon fournisseur préféré ! » s'écria Loki.
Il avait les yeux brillants de curiosité et d'envie, montrait une certaine impatience mais également un sourire digne d'un gosse à Noël. Sa langue mutine qui passa lentement sur ses lèvres acheva totalement Clint, qui se questionnait de plus en plus sur la santé psychologique de son agresseur. D'un visage indifférent, il observait la scène avec, en réalité, horreur. Qu'apportait donc cet agent contrôlé ? Une arme secrète ? Non, plutôt un élément important pour le plan diabolique du super-vilain. Quelque chose d'effroyable. Il n'osait même pas imaginer comment son collègue avait récupéré cet objet. Peut-être en tuant des innocents, en détruisant une zone civile. Et ils ne pouvaient rien faire, à part subir en silence le contrôle de ce fou furieux.
Les doigts fins du Jotun ouvrirent la boîte, confiant le couvercle à l'agent. Son visage montra une parfaite béatitude. Ses doigts continuèrent leur chemin à l'intérieur de la boîte. Ils agrippèrent quelque chose, et lentement, sortit l'objet de son réceptacle. Tout d'abord, un manche en bois fut visible, où, à l'extrémité, devait certainement contenir cette arme dévastatrice…
« Non mais vous vous foutez de moi ! » cria Clint.
« Pourquoi cela ? » interrogea innocemment le super-vilain.
Il tenait à ce moment là, la chose qui se trouvait dans la boîte. Et, au bout de ce bâton de bois, trônait une magnifique sphère rouge carmin, enroulé dans une espèce de couche translucide. Aux yeux de Loki, cette petite sucrerie avait l'air des plus appétissantes, et ne voyait pas en quoi elle pouvait offenser le pauvre agent. Ce dernier avait le visage sombre, les poings fermés en une moue hargneuse, une lueur meurtrière dans les yeux. L'allégorie parfaite de la colère. Et, en plus d'être effroyable, elle était d'une beauté furieuse. Clint ne devait franchement pas aimer le goût de cette chose.
« C'est une pomme d'amour. » expliqua froidement l'archer.
Il y eut un moment de flottement, durant lequel le Dieu Nordique afficha un visage perplexe. Pourtant, voyant l'air parfaitement écœuré mais sérieux de sa victime, il éclata d'un rire, qui pour la première fois, sonnait sincèrement amusé aux oreilles des personnes présentes. Malheureusement, cela ne dura que quelques secondes, puisqu'il dut vite déchanter. En effet, l'agent Barton avait bandé son arc vers lui. De nouveau, Loki dut le rassurer.
« Détendez-vous. Je ne cherche pas à vous offenser de quelques manières que ce soit. Je ne fais que goûter aux spécialités locales, je ne savais même pas ce qu'allait m'apporter votre collègue. »
Malgré l'air le plus sincère que pouvait prendre le Dieu des Mensonges – quelle ironie – l'archer ne s'était pas encore décrispé. Il restait immobile, sondant les yeux divins. Pour sûr qu'ils étaient divins, d'ailleurs. Finalement, après de longues minutes de tension presque palpable – et de nature inconnue, ou peut-être pas si inconnue que cela – Clint abaissa très lentement son arme. Aussitôt Loki afficha un sourire de contentement, alors il jugea utile de rajouter une certaine mise en garde :
« Je vous planterais volontiers une flèche dans l'œil. »
Pourtant, cela ne fit qu'agrandir le sourire de son bourreau, qui tout d'un coup, eut les yeux brillants d'une lueur malsaine. D'un mouvement élégant de la main, il désigna la table où l'agent fut contraint d'y poser son arme. Encore une fois, mais de façon un peu plus impérieuse, Loki lui fit signe de s'approcher. Sous l'envoûtement, Clint n'était qu'une simple marionnette qui ne put qu'obéir docilement. Ils commencèrent à marcher doucement, l'un à côté de l'autre, jusqu'à un coin de la pièce où il n'y avait personne à proximité. Là, le Dieu se retourna vers sa victime préférée, un faux air de connivence amicale sur le visage. Sa voix suinta le sarcasme lorsqu'il commença doucement :
« Alors, agent Barton ? Ainsi l'Amour vous effraie-t-il ? À moins que vous n'ayez quelques problèmes avec ? Vous savez, » il se pencha doucement, les yeux brillants de malice, « vous êtes là pour moi, certes. Mais l'inverse est vrai aussi. Vous pouvez m'en parler si l'envie vous en prend. »
« Je vous en foutrais de l'envie, moi. » asséna du tac au tac l'assassin.
Il regretta bien vite ses mots. Le regard de Loki se fit alors totalement prédateur. À ce moment là, Clint, s'il l'avait pu, aurait fui très, très loin en hurlant sa terreur. Le pauvre mortel en était hélas incapable, et devait se contenter de rester là, sous l'emprise de l'envoûtement qui le forçait à faire les pires horreurs. Pourtant, l'extraterrestre ne dit et ne fit rien – pour le moment – mais se redressa lentement, toujours le même sourire. Il prit un air faussement soucieux.
« Vous semblez tendu, Clint. Puis-je me permettre de vous appeler ainsi ? Oui, bien sûr que oui. Vous ne pouvez rien me refuser, après tout… Que diriez-vous d'un jour de repos pour vous détendre ? Je vous accompagnerais, je ne voudrais pas qu'il vous arrive quelque chose de malheureux. On dit que Paris est une ville magnifique. » Proposa gentiment le Dieu.
Bien entendu, son visage ne montrait en rien son amusement intérieur. Hé, on est Dieu des Mensonges ou on ne l'est pas. Le pauvre archer eut envie de se claquer la tête contre le mur. Bien sûr, c'était tellement évident ! Et il ne l'avait même pas anticipé. Paris ! Ville des amoureux…
« Je vous jure que je vais vous planter une flèche dans l'œil un de ces jours. »
Bonjour à tous mes lecteurs adorés !
Avant tout, désolé du retard. J'étais hier dans un coin paumé sans aucun réseau, donc ni internet, ni même de portable, pas même de téléphone… Bref, un des nombreux bouts perdus de la France. J'espère que ce chapitre sera cependant à la hauteur pour vous faire oublier un tant soit peu ce petit écart de ma part ? D'ailleurs, personne n'a trouvé ce passage ! J'étais étonnée, vous étiez tous partis sur l'arrivée de Loki. C'est vrai que je pourrais, mais Fury me gêne un peu puisqu'il est du genre pressé, et donc difficile de faire long là-dessus… Oh ! mais je peux faire juste après, lorsqu'ils s'enfuient en voiture ? Hmm, c'est une idée que je garde sous le bras. (Voyez ? Je ne manipulais pas, c'était la vérité !)
Pour aujourd'hui, je me suis un peu lâchée niveau sous-entendus. De tous petits, infimes, mais que j'espère les fans du pairing Loki/Clint trouveront à leurs goûts ! Je tiens quand même à préciser que, dans ces petites histoires, il n'y a aucun véritable couple. J'essaie de faire pour tous les goûts. Ah ! aussi, j'ai faillit oublier. L'histoire avec Cupidon, tout ça… C'est de l'invention pure et simple. Il n'y a ni mention de cela dans la mythologie, ni dans les comics Marvel. J'ai juste profité du peu de connaissance des Alfes et leur royaume Álfheim. La seule chose que l'on sait d'eux, c'est que ce sont des « elfes lumineux ». Bref, je vais pas y mettre un copyright non plus, mais si vous réutilisez cette petite histoire totalement inventée par moi-même, je serai curieuse de voir ça !
Merci à ma bêta, Cecilette, qui gère la fougère de sa grand-mère ! (Je tiens à préciser que cette expression est l'invention même de ma chère bêta, je lui fais juste hommage en la réutilisant spécialement pour elle.)
À la semaine prochaine.
Prochain délire : Thor et l'éclair.
