Casanova
Salutations à tous ! J'ai le grand honneur de vous présenter le troisième chapitre, bonne lecture !
Note : désolée, je ne me rappelle plus du nom de la danse « spéciale », pardon.
Chapitre 3 : L'Océan de Masques
La touche finale, avant de mettre le masque qu'Angelo m'avait offert. Il m'allait mieux que l'autre et était bien plus élégant et avec davantage de personnalité que le dernier.
Je me regardai dans le miroir mural et fis quelques révérences, reproduisant l'emphase de la haute société, pour ensuite sourire et remarquer que je ne ressemblais en rien au Mü habituel.
Je me sentais plus mature, plus sûr de moi derrière ce nouveau masque. C'était justement ce que je voulais.
Je descendis sur la place, non sans avoir auparavant sorti du vase la rose qui arborait encore son intense et vive couleur. Celle qui était soudainement apparue dans ma chambre la nuit dernière.
Dehors, la musique faisait danser les gens comme dans l'époque antique. Des valses de couleurs et de la musique qui entraînait comme les eaux qui inondaient la ville à travers toute la place avivant le cœur, alimentant l'âme et enrichissant l'esprit.
C'était inspirant. C'était le rêve devenu réalité, pur et palpable.
Plusieurs femmes m'approchèrent et me draguèrent cachant leurs lèvres colorées derrière les éventails de plumes et de dentelles, jusqu'à ce que l'une d'entre elles s'anime et m'emmène danser.
Je ne savais même pas comment cela se dansait, mais j'eus très vite trouvé l'astuce pour suivre les pas sans trébucher ou me cogner contre d'autres couples. C'était si simple que j'avais l'impression de voler.
À la troisième danse, l'une d'entre elles, qui pouvait me comprendre, m'annonça qu'il y aurait à minuit une danse spéciale et qu'elle avait hâte de la danser avec moi. Car au milieu de cette danse, de nombreux couples disparaissaient dans les obscures et étroites ruelles qui entouraient la place.
Je souri et, inconsciemment, regardai derrière elle si je percevais un masque connu. Et j'en vis énormément, ceux que j'avais vus la veille au soir, mais pas les noirs, ni le blanc que j'espérais voir.
Nous continuâmes à danser pendant plusieurs heures et à boire du vin, ce qui me forçait à lever mon masque, lorsque je vis l'un d'entre eux. Debout au milieu des danseurs, regardant vers moi. Je posai mon verre et en me retournant pour aller le rejoindre, il n'était plus là. Il avait disparu comme un fantôme.
Je me réajustai le masque, me sentant quelque peu déconcerté, ne sachant pas si cela avait été le produit de la boisson ou de mes désirs de le voir à nouveau, ou le mélange des deux. À nouveau, on me força à danser quand les cloches de la tour de la basilique sonnèrent minuit. Il était l'heure de cette danse spéciale.
Les gens coururent chercher une place, ils se mélangèrent et changèrent de place, formant plusieurs rangées mixtes pour commencer la danse. Tout le monde avait l'air encore plus animés. Cette danse était une manière de rompre avec le formalisme et d'aller vers tous ceux qui dansaient, leur prenant leur compagne, échangeant les places sans se préoccuper de la taille, du sexe ou de la nationalité. Et presque toujours, des couples disparaissaient pour quelques minutes, voire toute la nuit.
Moi, je restai à ma place, en voyant une file se former où je me trouvais. En face de moi, se plaça une femme au corps gras qui me souriait et le simple fait de m'imaginer m'enfuir avec elle ce soir me causa l'hilarité. Le masque me permit d'esquisser un sourire, me riant de la scène dans mon esprit, lorsqu'on annonça le début de la danse.
- C'est à ce bal que j'ai rencontré mon mari… – Me raconta la femme que je devinai étrangère par son accent et à la façon dont elle me parla, comme si elle savait que je n'étais pas d'ici.
La musique commença et la révérence se fit. Le fait de prendre ma compagne par la taille et commencer à danser, indépendamment de la taille de la femme, me ramena à cette illusion créé par la fête. Elle avait même l'air attirante grâce à son masque, un masque rouge qui laissait voir ses lèvres et le grain de beauté qui les ornait. Bien que je ne pus déterminer s'il était vrai ou peint.
Quelques tours plus tard, vint le premier échange de couple. L'une des jeunes filles de tout à l'heure me cola contre son corps tout en continuant à tourner. Apparemment, toutes voulaient fuir du bal, mais elle ne réussit pas à me faire sortir des rangs, quand arriva le nouveau changement. Me tournant, à nouveau, pour danser avec le suivant, je fis face à un masque noir et un costume connu.
Il me serra la taille et me prit la main comme si j'étais la dame, et je me tendis, jusqu'à être presque rigide, mais cela ne lui posa aucunement problème pour me mener au centre de la danse. J'ai alors regardé partout, et entre chaque tour j'ai repéré près de trois autres, mais pas le Casanova. Cependant, leur proximité me causait de la nervosité et une certaine terreur. J'étais confus.
Un autre changement, cette fois, ce fut un homme plus âgé, qui n'avait pas l'air d'apprécier de danser avec un autre homme, qui fut soulagé quand nous changeâmes à nouveau de partenaire. Moi, je me retrouvai une autre des filles de toute à l'heure.
- Fuyons du bal… – Me susurra-t-elle.
Mais alors, hors du moment du changement, je me senti tirer par le bras et entendis la plainte de la jeune fille, quand je fis à nouveau face à un autre masque noir. Je ne pouvais pas cesser de me crisper et j'ai même lutté quand j'ai remarqué qu'il m'emmenait à l'autre bout de la place.
Un autre changement se fit et se fut un autre d'entre eux et la fois suivante arriva encore un autre et tout cela commençait à ressembler à une mauvaise blague. Bientôt, durant toute la danse, je n'avais fini par danser qu'avec eux, sans qu'ils me laissent danser avec personne d'autre. Je fini alors par exploser et en pousser un, suite à mon acte, les personnes autour de nous s'arrêtèrent et se poussèrent pour éviter que l'homme au masque noir ne leur tombe dessus. Cependant, dans cette brèche, je vis, fier et solitaire, le Casanova.
L'homme au masque noir avec qui je dansais se mit de côté, comme les trois autres, alors que le Casanova s'approchait, d'un pas sûr, de moi, me faisant sentir comme son regard me pénétrait à nouveau et me faisait transpirer sous le masque. Il cachait son visage sous la cape noire et, quand elle s'ouvrit, je le vis sortir une rose comme la mienne.
C'est alors que je me souvins que je ne l'avais pas attachée et, à force de tourner, je la vis sur le sol, piétiné par les danseurs.
Le Casanova me tendit la sienne et, alors que je levai ma main pour l'accepter, il me la prit, puis de l'autre me tint la taille et me fit reprendre la danse.
Et je me sentais dans les nuages… J'avais l'impression de voler.
C'était comme si nous étions fait pour danser ainsi, cela me sembla si léger, si subtil que j'avais l'impression de ne pas toucher le sol. Je ne pouvais pas arrêter de le fixer, cherchant à voir ses yeux dans ses obscures orbites. Si je n'avais pas eu mon masque, le Casanova aurait remarqué mon expression chavirée.
Et ainsi termina le bal.
Tout le monde applaudi enthousiasmé par le bal, excité. Certains retournèrent à leurs précédents partenaires, d'autres restèrent avec ceux avec qu'ils dansaient actuellement et d'autres… avaient simplement disparu.
Le Casanova me fit une légère révérence que je la lui rendis, croyant qu'il retournerait à sa fête privée entre ses quatre disciples, mais au lieu de cela, il me tendit la main quand la musique reprit et m'invita à continuer à danser avec lui.
Je ne savais pas quoi ressentir, ni comment réagir, je me contentais de le suivre alors qu'il continuait à me regarder. J'avais chaud, quand sa main raffermissait sa prise pour me faire tourner, ou, lorsque nous nous retrouvions dans un endroit étroit entre les autres personnes et obligés de coller nos corps, je remarquais qu'il s'inclinait légèrement, comme s'il voulait me chuchoter quelque chose.
Pour moi, le reste de la fête et les gens autour avaient disparu. Et peu à peu, ce fut le cas. La musique s'éloigna, l'agitation de la foule, ses rires s'éteignirent et les lumières disparurent. Et sans m'en rendre compte, je me retrouvai contre un mur froid, le Casanova me retirant mon masque et le sien, dévoilant un second petit masque, qui ne me laissait pas voir ses traits. L'obscurité de l'étroite ruelle ne m'aida pas non plus à découvrir son identité, mais bientôt ses baisers turent mes doutes et ses bras autour de moi, et le bruit de sa respiration contre mon cou me firent m'agripper à lui avec une seule idée en tête.
Je le désirais et je ne savais pas à quel point jusqu'à ce qu'il m'embrassa avec une passion démesurée.
Lentement, il déboutonna chaque bouton de ma chemise de soie et fit tomber mon sac de mes épaules pendant que mes mains serraient la cape de velours qui le couvrait entièrement. Il laissa tomber le tricorne et se pencha pour m'embrasser la poitrine, me mordre, me lécher alors que je ne pouvais que mordre mes lèvres et gémir de plaisir. Mes doigts s'accrochèrent à ses cheveux, la perruque qu'il portait attachée avec une bande de tissu noir comme moi, alors qu'il descendait. Tout à coup, je me retrouvai à noyer mes gémissements et mes spasmes contre mes doigts, que je mordais avec force pendant que la bouche du Casanova m'engloutissait de ses lèvres. Je n'aurais jamais pensé ressentir autant de plaisir. Je n'avais jamais eu d'amant qui me rende si chaud.
Mon père contrôlait toujours mes amitiés et ne me laissait jamais rester plus de trois heures chez une amie. Mes amis n'avaient pas les mêmes tendances que moi et ne m'attiraient pas… mais ce type-là, un parfait étranger, m'avait intrigué et avait réussi à me conquérir simplement en sentant son regard sur moi.
Mes hanches voulaient bouger contre sa bouche, mais ses mains me coincèrent contre le mur avec une telle force qu'il me soumît complètement. Je me sentais humide, sale… pourtant, dans ses bras je me sentais libre… prenant part à cette liberté que je désirais… la liberté de pouvoir coucher avec qui je voulais et en y pensant, j'eus un frisson, un spasme que me secoua et me fit me tendre entièrement jusqu'à exploser dans sa bouche.
Un orgasme exquis, qu'aucune masturbation n'avait auparavant réussi à me donner.
J'amenai une main à mon front, trempant mon gant de sueur, je sentais mes yeux embués par les endorphines qui parcouraient mes veines, rapides à m'apporter cet extase de fatigue et de paix qui laissaient un sourire satisfait sur le visage et, pour cacher mon sourire, il me donna un autre intense baiser, me faisant goûter de ses lèvres la saveur de l'obscène qui me fis écarquiller les yeux. Dégoûtant… mais après un moment et à force de sentir les caresses de sa langue mélangées au goût de ma semence, je fini par m'abandonner à nouveau dans ses bras.
Cependant, ce baiser pris fin abruptement. Quand je rouvris les yeux, il avait déjà remis son masque et son tricorne et s'inclina comme les dernières fois.
Je mis du temps à réagir, alors que je le voyais partir du côté le plus sombre de la ruelle.
- A…attends ! – Ai-je hurlé dans l'espoir de le retenir, mais il s'arrêta juste, agitant sa cape pour à peine se retourner et me regarder. – Qui es-tu ? – Ai-je demandé, intrigué et désireux de connaître la réponse et si je le reverrai.
Je voulais le revoir.
- Non chi importa sono. Intendendo incontrarci ancora. (Peu importe qui je suis. Nous nous reverrons.)
Cela me pétrifia, sans savoir ce qu'il m'avait dit, je le ressentis comme une façon de me dire que je ne devais pas être trop curieux.
Il disparut, complètement entre les profondes ombres de cette ruelle, qui ne semblait pas très sûre.
J'arrêtai de m'inquiéter pour lui et je découvris l'état dans lequel il m'avait laissé. Je fermai mon pantalon, réajustai mon sac et ma chemise, replaçai mes cheveux et pris mon masque, me le remettant. Je devais probablement être rouge comme pas possible. Ce fut avec cette dernière pensée que je retournai à la fête.
Néanmoins, après cela, je ne voulais plus danser. Je voulais juste me rappeler de ce moment et finalement, je décidai de rentrer à l'hôtel.
Je fermai la porte de ma chambre, j'enlevai le masque. Je fermai les yeux pendant que mes mains allaient contre ma bouche. Je revécu l'intensité de ses baisers tandis que mes mains parcouraient mon corps, me débarrassant du costume, le laissant par terre. Je me rendis à mon lit, nu, m'allongeai, rêvant de l'avoir au-dessus de moi, me faisant l'amour avec passion.
Maintenant, je le désirais davantage.
Je désespérais tant de le sentir contre moi que mes mains ne pouvaient égaler les siennes, ou encore ses lèvres. Je ne pouvais croire qu'un parfait étranger m'ait fait me comporter ainsi. Si mon père le savait… ou s'il me voyait, je ne voulais même pas l'imaginer.
Cette nuit, j'eus un autre orgasme et m'endormis, nu, pour la première fois avec les fenêtres ouvertes, entendant la fête à l'extérieur et ayant l'envie qu'il entre par la fenêtre et me fasse l'amour.
Voilà, qu'en avez-vous pensé ?
