Voici le chapitre de cette histoire, il est... trois fois plus long que le chapitre précédent. Jimmy n'est toujours pas à moi malgré mes efforts déterminés et mes nombreuses plaintes auprès de Steven Moffat et Mark Gatiss... et d'Andrew Scott lui même.
Bonne lecture!
Chapitre 2 : Des secondes et des heures…
Trois semaines auparavant.
« Si vous utilisez le canard en plastique comme je vous l'ai indiqué, la police ne vous soupçonnera jamais. Maintenant parlons du paiement. Vous pouvez régler par chèque ou par virement bancaire. »
Ding dong.
James Moriarty se trouvait devant son ordinateur avec lequel il passait ses appels masqués. Il mit fin à la conversation et fit une pause de quelques secondes pour se demander qui pouvait bien se trouver à la porte. Jim ne recevait jamais de visites. Personne ne parvenait à savoir où il habitait. Il afficha sur son écran l'image de la caméra de surveillance disposée à l'entrée de la maison.
Il fut étonné d'y voir une femme qu'il ne connaissait pas. Elle avait les cheveux lisses et mi-longs qui lui tombaient sur les yeux et lui cachaient le visage, un long manteau, d'imposantes lunettes de soleil, et un portait en sa fine main un paquet qui semblait être entouré d'un ruban à la manière d'un cadeau.
Il se méfia immédiatement de l'objet qui pouvait être n'importe quoi, alors il n'ouvrit pas. Il laissa la jeune femme sans réponses et attendit qu'elle reparte. Elle s'était résignée mais avait laissé le paquet devant le portail. Jim réfléchit quelques instants et envoya des hommes pour vérifier qu'il n'y ait pas de danger.
De son écran, il observa attentivement un homme en noir passer l'objet au scanner, puis finalement l'ouvrir. Lorsqu' l'objet fut sorti, le criminel consultant ressentit pour la première fois depuis de longues années ce coup de couteau dans le ventre qui coupe la respiration et peut rendre quelqu'un aussi pâle que la mort. Il ferma les yeux, se reprit, et se maudit pour cet écart qu'il n'avait su maîtriser. Il s'affala sur son siège baquet et tenta d'éviter de fracasser son ordinateur.
« Amenez-le-moi. » dit-il dans un petit micro.
Toc, toc, toc
« Entrez, posez le sur la table et fichez moi le camp ! »
Le brun se leva difficilement, marcha lascivement vers son cadeau et le prit dans ses mains. Il lut sur un petit papier à côté « Joyeux anniversaire Jimmy ». Il s'agissait d'une montre à gousset. Une précieuse montre à gousset qu'il connaissait bien, et dont il savait la valeur, puisqu'il l'avait conçue.
Son anniversaire… il avait presque oublié la coutume habituelle portée pour ce jour sans importance qu'était celui de sa naissance. Il s'autorisa un sourire léger pour quelques instants qu'il laissa ensuite s'envoler et se perdre dans le néant comme s'ils n'avaient jamais existé. Il commença tout à coup à ressentir un flot d'émotions parasitant sa pensée, il étouffa comme il put ce déferlement moléculaire qu'il méprisait plus que tout au monde. Soudain il se mit à en vouloir à cet objet qui était la cause de ce trouble, il en voulut à sa sœur de l'avoir trouvé alors qu'il avait complètement coupé les ponts des années auparavant, il en voulut au monde parce qu'il se sentait tout à coup faible. Alors il se dirigea vers la fenêtre et envoya de toutes ses forces la montre à gousset s'échouer dans la piscine. Il claqua sa fenêtre pour la fermer et partit s'étaler dans son lit. Il dormait très peu, pourtant il sombra dans les bras de Morphée aussi vite que son père qui ne se réveillera heureusement jamais.
Le sommeil de Jim fut hanté par des souvenirs cette nuit là. Son conscient ne posait plus aucune barrière et son subconscient était libre de lui montrer ce que bon lui semblait.
OoOoOoOoOoOoO
Flash back
« Joyeux anniversaire Abi. »
Un petit garçon avait tendu un petit paquet vers sa grande sœur. Le papier cadeau était rouge et du raphia ornait joliment le tout en faisant office de ruban. La jeune fille prit l'enfant dans ses bras et lui déposa un baiser appuyé sur le front. Elle déchira délicatement le papier et trouva une petite boîte qui semblait provenir de ce grand bijoutier artisan du centre de Londres. Lorsqu'elle souleva le couvercle, elle resta émerveillée devant une magnifique montre à gousset. Elle était en argent et comportait des motifs finement gravés sur la surface. Abigaïl appuya sur le clip pour ouvrir la montre et découvrit qu'elle avait de magnifiques aiguilles au style gothique et que le bruit du tic tac était une caresse pour l'oreille. A l'intérieur était gravé un mot : « Ni les secondes ni les heures ne m'enlèveront ma grande sœur. »
Abigaïl échappa une larme discrète et approcha la montre de son oreille pour entendre le doux son régulier qui en sortait. Elle prit une nouvelle fois son petit frère dans ses bras et ne le lâcha qu'un long moment plus tard en lui murmurant un sincère « merci ». Jim souriait et garda une main agrippée sur la veste de sa sœur quand elle l'eut lâché.
Dès lors elle ne se sépara plus de cette montre qui l'accompagnait partout. Elle en avait fait son objet fétiche et la chérissait autant qu'elle le pouvait. Tous les deux étaient heureux avec leur mère qui les aimait du mieux qu'elle le pouvait. Cette situation dura jusqu'à ce qu'Abigaïl n'atteignît l'âge de seize ans, et Jim l'âge de douze ans. Leur mère avait rencontré un homme. Un homme qui l'aimait, un homme gentil, galant et attentionné. Il était presque l'homme parfait, au détail près qu'il s'attachait peut-être trop vite aux gens, et en particulier à cette petite famille qui l'avait vite attendri. Tous avaient déménagés et pris un appartement en location. Ils vécurent ensemble quelques mois, puis vint leur première dispute. Cet homme avait beau être exceptionnel, leur mère ne pouvait faire autrement que se méfier. Le traumatisme de son ex mari était toujours dans son esprit de façon très vive et son nouveau petit ami en avait été plusieurs fois profondément vexé, voire parfois blessé.
Un soir, les voix commencèrent à s'élever. Jim se réfugia vers sa sœur, comme à son habitude dans ce genre de situations. Il y avait un bouquant infernal dans la pièce juxtaposée à la chambre d'Abi. Et d'un seul coup, plus rien. Il y eut un blanc pendant quelques secondes et les deux enfants entendirent des pas précipités.
« ABIIII ! JIIIM ! VENEZ M'AIDER ! »
Le frère et la sœur se regardèrent, inquiets, puis se précipitèrent dans le salon. Leur beau père entreprit tout juste de faire un massage cardiaque à leur mère et leur cria d'appeler les secours.
A l'hôpital, quelques heures plus tard, un médecin se dirigea vers les deux enfants et l'adulte pour leur annoncer qu'il était trop tard, qu'elle avait succombé à une crise cardiaque. Ce soir là pas un mot n'avait été prononcé. Leur beau père Eric s'était occupé des démarches pour les obsèques et tint bon pour s'occuper des enfants mais était sur les nerfs. Il relâcha la pression après l'enterrement et commença à sombrer dans l'alcool.
Dès lors, Abigaïl s'occupa constamment de son frère. Un jour, Eric disparut complètement et ne laissa qu'un mot aux deux enfants : « Au revoir. Désolé. »
Il était parti alors qu'ils étaient à l'école. Il avait prit ses affaires et les avait abandonnés.
Au début, Jim ne comprit pas. L'homme semblait pourtant très attaché à eux avant. Il s'était senti coupable de la crise cardiaque de leur mère et n'avait plus supporté de soutenir leurs regards.
Les enfants n'avaient plus de quoi vivre. Ils avaient trouvé une combine pour gagner un peu d'argent sur internet et prirent un appartement moins cher étant donné qu'Abi s'était retrouvée émancipée à dix sept ans. Ils s'étaient débrouillés pour qu'Abi obtienne la garde de Jim et qu'il n'aille pas en orphelinat.
Ils semblaient s'en sortir convenablement malgré les épreuves, mais malgré ça quelque chose n'allait pas. Jim s'ennuyait terriblement et plus rien n'arrivait à contenter son esprit qui tournait plus vite qu'un moteur d'avion. Un jour, il se dit qu'il allait gagner de l'argent lui aussi, pour soulager sa sœur. En surfant sur internet, il discuta avec un homme qui n'en pouvait plus de sa femme, et qui pensait même à la tuer parfois. Puis Jim se rappela de la façon dont il avait orchestré le meurtre de son géniteur. Il donna une combine à cet homme sans vraiment y croire et lui reparla quelques jours plus tard.
Il n'en revint pas. Il lut et relut son dernier message reçu qui disait que la police ne l'avait même pas soupçonné une seule seconde, et qu'il était enfin débarrassé de cette folle. A ce moment là une fierté immense parcourut le jeune Jimmy. En se servant de ses connaissances il avait effacé toute trace de cette conversation et une idée lui vint en tête.
« Il faudrait que je me fasse payer pour ça, après tout il me doit bien ça. »
A partir de là et dans le dos de sa sœur, il commença effectivement à organiser ces meurtres. C'était ce qui lui plaisait. Le casse-tête le satisfaisait entièrement et il commençait à gagner une petite fortune qu'il économisait.
Plus les jours passaient, plus il prenait de risques. Il se faisait de plus en plus d'ennemis et reçu plusieurs fois des menaces sans que les gens n'arrivent à le coincer ou à le trouver.
Un jour alors qu'il avait seize ans, sa sœur ne rentra pas du travail. Jim reçu un email de la part d'un inconnu lui ordonnant de se dénoncer à la police. Il tenait Abi en otage et n'aurait pas hésité à lui faire du mal. Ce jour il comprit qu'elle serait un problème pour ses affaires, et qu'en étant son point faible, il prenait des risques… Il lui faisait prendre des risques.
Il avait finalement réussi à faire relâcher sa sœur même s'il avait eu énormément de mal, et il s'était exposé, donc mis en danger, et il ne voulait plus recommencer. Mais il avait beau réfléchir, la seule façon pour lui d'être complètement inatteignable était de ne pas avoir d'attache, et cela signifiait : pas de sœur. Tout d'abord, il s'était dit que c'était impossible, puis un pensée lui vint à l'esprit. « Eric l'a fait. Eric nous aimait mais il a quand même réussi à nous quitter car c'est ce qui était le mieux pour lui. Si Eric a pu le faire, je le peux aussi. »
Le lendemain, il prit sa sœur dans les bras, chose qu'il n'avait pas faite depuis longtemps. Une larme roula sur sa joue et elle comprit immédiatement ce que cela signifiait maintenant qu'elle avait découvert l'activité cachée de son petit frère.
Sur le coup elle voulut le repousser car elle lui en voulait. A un moment elle ne le trouva même pas humain. Organiser des meurtres… qui peut faire ça ? Qui est assez dérangé pour se lancer là dedans ? Son Jimmy était un meurtrier, un criminel, mais il était toujours son petit frère, et elle l'aimait plus que tout au monde. Alors elle le serra dans ses bras aussi fort qu'elle le put.
« Je sais que tu as déjà compris ce que je m'apprête à faire donc inutile que j'en rajoute. Tu te souviens de ce que je t'ai dit une fois il y a quelques années en arrière ? Je t'ai dit que selon moi les sentiments étaient la plus grande tare de l'être humain et que je voudrais ne plus jamais en avoir. Aujourd'hui ce désire s'est confirmé car j'ai mal.
_ Je suppose que je n'ai aucun moyen de t'en empêcher ou d'essayer de te convaincre…
_ C'est juste.
_ Jimmy…
_ Désolé. Dans trois jours je ne serais plus là. Et tu n'entendras plus jamais parler de moi. C'est pour notre intérêt à tous les deux. »
Abigaïl avait souvent eu mal dans sa vie, mais ce qu'elle ressentit à ce moment là était d'une violence insoutenable. Son petit frère avait eu deux choix. Arrêter ses activités ou bien couper les ponts avec sa sœur. Et le fait de se dire qu'il avait préféré continuer d'être un criminel consultant et jeter définitivement sa sœur en dehors de sa vie plutôt que d'arrêter et pouvoir rester avec elle l'anéantit complètement. Son petit frère était sa seule famille, son seul ami, il était ce qui lui permettait d'avancer, son moteur, sa raison de se lever tous les matins pour aller en cours et travailler dur tout en trouvant le temps de prendre soin de lui à son propre détriment.
La rage qui l'envahit aurait presque put la pousser à le tuer sur le coup. Elle avait fondu en larmes et crachait ses émotions sous les yeux coupables de son frère.
« T'as pas le droit de me faire ça. TU N'AS PAS LE DROIT ! JE TE HAAIIIIIS !
_ Je le sais. Je suis sûre qu'au fond tu comprends. Tu es ma sœur. Tu es intelligente toi aussi.
_ TAIS TOI ! Tu n'as que seize ans…
_ Tu sais parfaitement que ce n'est pas important.
_ Je n'avais pas besoin de ça… surtout pas… comment est-ce que tu arrives à me faire ça… Comment en es-tu seulement capable ? Ne t'en va pas… s'il te plaît…
_ Je reste encore trois jours. Dans trois jours je serais parti. »
Abigaïl relâcha son petit frère et posa un regard vide en sa direction. Le désespoir était clairement lisible sur son visage et Jim se sentit atrocement coupable. Les émotions étaient définitivement une tare…
Abi se détourna de lui et s'enferma dans sa chambre. Jim se retrouva seul dans le salon et fondit en larmes à son tour. Il s'écroula à genoux et se répétait mentalement que c'était ce qu'il y avait de plus logique à faire, et qu'il avait pris la bonne décision. Il se dit que cette douleur insoutenable s'en irait avec le temps, qu'il arriverait à se débarrasser de ses émotions.
Le lendemain, Abi sortit de sa chambre, souriante comme si rien ne s'était passé. Ils ne parlèrent pas de ce qui allait arriver, et Jim fut profondément étonné de cette réaction. Elle n'alla ni à la fac, ni au travail. Elle avait fait les courses et s'adressait à son frère comme si elle avait tout oublié de la veille, et il était déphasé par cette attitude. Un tel déni lui faisait presque pitié. Sa culpabilité n'en était que plus grande.
« Jimmy, ça te dit un cinéma ce soir ?
_ Heu… pourquoi pas.
_ Cool ! La séance est à dix neuf heures. Après si tu veux on pourra aller se faire un bowling !
_ … »
Le soir venu, ils étaient effectivement allé au cinéma, le film avait été génial, et ils n'avaient jamais autant rigolé que cette fois là au bowling. Ils s'étaient plus amusés en un soir qu'en une année. Cependant la teneur dramatique que comportaient ces rires cherchait à s'échapper sans pour autant y parvenir.
En rentrant chez eux, Abi envoya un mail à son travail pour leur dire qu'elle était souffrante et qu'elle ne pourrait pas venir les prochains jours.
Le lendemain, ils allèrent à un parc d'attraction dont ils avaient parlé plusieurs fois sans trouver le temps d'y aller. Cette journée fut magique. Ils avaient autant ris que la veille au bowling. Ils s'étaient lâchés et avaient fait n'importe quoi. Le sujet n'était toujours pas ressorti de la surface des cœurs. Le déni était toujours le plus total et ils passaient du bon temps. Un temps que Jim chérissait autant que sa grande sœur. Le soir ils ne se couchèrent pas longtemps après être rentrés tant ils étaient exténués.
James préparait son départ les moments où il n'était pas avec Abi. Il avait tout fait par internet et par l'intermédiaire de contacts et de personnes qu'il pouvait se permettre de payer pour qu'ils se montrent efficaces.
Le lendemain était la dernière ligne droite. Le matin ils étaient allés faire plusieurs parties de lasergame avec des connaissances d'Abi rencontrées à la fac. Le midi, ils avaient mangé dans un petit restaurant italien sympathique nommé « Chez Angelo », et l'après midi ils s'étaient reposés, tous deux exténués. Ils s'étaient mis un film et s'étaient vautrés sur le canapé.
Au bout d'une vingtaine de minutes, Abi craqua légèrement et échappa quelques larmes discrètes. Demain son frère ne serait plus là. Et elle était toujours partagée entre amour et haine envers lui. Deux sentiments intenses qui la détruisaient à petit feu, s'ajoutant à l'immense souffrance que son départ lui infligeait.
A demi allongée sur le sofa, son frère s'installa dans ses bras et profita de ces instants qui ne seraient plus. Il n'avait plus été aussi proche de sa sœur depuis des années. Il regretta presque son choix durant quelques instants et se demanda ce qu'il se passerait s'il n'y arrivait pas. S'il était trop faible pour vivre seul, loin de sa grande sœur. Après un moment de réflexion, il se dit qu'il n'avait pas à s'inquiéter, qu'il y arriverait, et que de toute façon, c'était ce qu'il devait faire. Il s'ennuyait terriblement quand il ne travaillait pas et ça lui était insupportable. Il avait trouvé sa voie. Elle lui avait été exposée déjà petit. Rien n'avait autant satisfait son intellect que d'organiser le meurtre de son géniteur.
Le soir, Abi cuisina le plat préféré de Jimmy, un pot-au-feu. Selon Jim, elle seule en avait réellement le secret et il ne l'appréciait pas vraiment s'il était préparé par quelqu'un d'autre que sa sœur.
Le criminel consultant se délecta de cette saveur qu'il ne retrouverait plus, du moins pas comme ça.
A la fin du repas, Abi hésita un moment et tenta de dire quelque chose au brun. Elle ouvrit plusieurs fois la bouche mais aucun son n'en sortait. Finalement, elle prit une inspiration et réussit à s'adresser à lui.
« Tu… pars demain ou cette nuit ? »
Jim marqua une pause, surpris qu'elle entame la conversation après ce déni de plusieurs jours.
« Je pensais partir demain matin.
_ D'accord. »
Sur ces mots, elle partit dans sa chambre et Jim fit de même. Aucun des deux ne put vraiment dormir et le lendemain à l'aube ils se retrouvèrent dans le salon. James avait posé sa valise près de l'entrée, un taxi passerait le prendre. Ils prirent le petit déjeuner ensemble dans un silence quasi religieux. Il ne leur restait qu'une heure et Abi ne cessait de regarder sa montre à gousset avec désespoir. Chaque seconde qui passait l'arrachait à son frère. A un moment, elle jeta un coup d'œil sur la fine inscription à l'intérieur. « Ni les secondes ni les heures ne m'enlèveront ma grande sœur. »
Une larme devenue familière roula sur sa joue avant de s'échouer sur le cadran.
« Finalement… »
Jim leva le regard vers elle, ne comprenant pas ce à quoi elle faisait référence avant de se rappeler de l'inscription dans la montre. A ce moment il ressentit comme un coup de couteau dans le ventre. Il n'osait la regarder en face. Il termina son déjeuner la tête baissée.
Une heure plus tard, un taxi klaxonna devant l'appartement. Instinctivement, Abi attrapa la manche de Jimmy et la serra avant le regarder, une douleur intense émanant de tout son corps, claire comme de l'eau de roche. Elle le relâcha et attendit, ne bougeant pas. Son petit frère eut soudain peur. Peur de ce qu'il ressentirait une fois parti. Il fit un effort surhumain pour penser à autre chose et inhiber ses émotions avant qu'il n'explose.
« Est-ce qu'il y a une chance pour que tu gardes le contact ?
_ Aucune… »
Elle ferma les yeux, de nouvelles larmes menaçant de répondre à l'appel.
« D'accord… J… Jimmy.
_ Je n'ai pas d'excuses. Mais c'est ma décision.
_ Je sais. Je ne comprends juste… pas. Pourquoi ?
_ Si… tu comprends.
_ Je t'aime mon Jimmy.
_ Moi aussi. »
A nouveau la jeune femme éclata en sanglots devant son petit frère qu'elle devrait désormais oublier.
« Je t'en prie, si tu peux changer d'avis et… ne serais-ce que me donner signe de vie. N'importe quand. Demain, dans dix ans.
_ Au revoir Abi. Merci pour tout.
_ Dégage… dégage de chez moi petit con.
_ Abi…
_ DEGAAAGE ! DEGAAAAAAAAGE ! Dé…
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, Jim se jeta dans ses bras et la serra aussi fort qu'il le put.
« Désolé…
_ Va-t-en… »
Elle s'accrocha à lui malgré ses mots lorsqu'un nouveau coup de klaxon retentit.
James lâcha sa sœur et prit sa valise avant de partir définitivement.
« Au revoir mon Jimmy… »
La première chose qu'avait faite Abi quand son frère fut parti eut été de regarder sa montre à gousset. Elle ne la lâcha pas des yeux durant deux heures de suite, relisant l'inscription et observant les aiguilles.
« Jimmy… »
Fin flash back
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Par la suite Jim apprit sans la contacter qu'elle était tombée en dépression et était en arrêt maladie. Sur le coup il s'en était voulu atrocement, puis le temps passant, le travail sur lui-même fut de plus en plus efficace. La culpabilité avait fini par le quitter complètement. Il ne prit plus jamais de nouvelles de sa sœur et décida de l'oublier pour de bon. Toute cette partie de lui était enfoui profondément dans sa mémoire et son inconscient mais il la reniait volontairement. Du moins jusqu'à ce qu'il reçoive cette montre à gousset. Comment l'avait-elle retrouvé ?
« Ha ! »
James Moriarty se réveilla en sursaut le lendemain matin. Il se souvint s'être endormi habillé et courut directement le plus vite possible vers la piscine. Il plongea sans ménagement et sans quitter ses vêtements. Il se saisit de la montre et la ramena à la surface. Naturellement, elle ne marchait plus. Il se maudit intérieurement et la fit porter dans la journée à ce grand bijoutier qui l'avait autrefois fabriqué selon ses directives. Elle lui fut ramenée en état de marche deux jours plus tard. Le mécanisme avait été changé, ainsi que la pile. Elle avait également été lustrée, ce qui n'étonnait pas Jim étant donné la somme qu'il avait versé à ce grand artisan.
Jimmy prit la montre dans sa main et l'ouvrit. Il l'observa durant plusieurs longues minutes, relut l'inscription, admirant ces belles aiguilles qu'il avait lui-même dessinées. Après tout, cela avait été un cadeau pour sa sœur donc il l'avait extrêmement soigné.
« Abi… Comment tu m'as retrouvé ? Et pourquoi… ? »
Alors? Qu'en pensez-vous? Je n'ai pas l'habitude d'écrire comme ça sur le tas et sans forcément réfléchir à la construction de l'histoire, c'est une première pour moi, donc j'aimerais avoir quelques retours par review sur votre ressenti.
