Me revoilà avec un nouveau chapitre! Celui là sera un peu plus penché sur les dialogues que sur la narration, je ne saurais pas dire ici si c'est une bonne ou une mauvaise chose, mais le fait est là.
J'ai mis une petite référence à Peter Doherty et je remercie Under This Rain de m'avoir fait re-découvrir une magnifique chanson de cet homme, nommée "Last of the english roses". Et puis c'est aussi un clin d'œil à qui apparemment, à l'air de bien aimer ce gars là.^^


Chapitre 6 : Qu'est-ce que j'ai fait?

[Laisse-la se débrouiller, ne reste pas avec elle. – JM]

[Pourquoi ? – SH]

[Si tu devais mourir avec elle je m'ennuierais bien trop. – JM]

[Merci. Il va falloir que tu cesse de me faire des compliments à tout bout de champ, je vais finir par croire que tu es tombé gravement malade. – SH]

[Ce n'est pas mon genre voyons. – JM]

[Et pour la seconde fois : je ne te laisserais pas faire. – SH]

[La dernière fois je t'ai demandé pourquoi et tu n'as pas répondu. Ne me dis pas que tu t'es entiché d'elle. – JM]

[Non. – SH]

[Elle ne te paye même pas. – JM]

[Son visage me rappelle le tien. – SH]

[... – JM]

[Dans ce cas le mien suffit, tu n'as pas besoin d'elle. – JM]

OoOoOoOoOoOoO

La pluie commençait doucement à tomber sur Brighton. Sherlock observait distraitement les fines gouttes qui s'écrasaient contre les carreaux du salon, songeant un moment à son frère, toujours préparé à ce genre d'intempéries avec son fidèle parapluie. Il échappa un léger rire en pensant que celui-ci devait avoir une grande valeur sentimentale à ses yeux, un peu comme un objet fétiche ou porte bonheur. Une pensée en entraînant une autre, le détective consultant ne pouvait s'empêcher de se demander si « le gouvernement britannique » allait lui venir en aide ou bien lui faire payer son insolence. Pour une des rares fois dans sa vie, il ne pouvait donner de réponse par une suite de déductions logiques, étant donné que le choix de son frère allait entièrement dépendre de ses émotions… très loin de pouvoir être qualifiées de logiques.

{« Nous venons à l'instant d'avoir du nouveau dans l'affaire Abigaïl Moriarty, elle aurait à nouveau fait deux victimes, au nord de la ville de Brighton cette fois ci. D'après la police, les preuves de sa culpabilité sont irréfutables, quant à leurs supposés complices Sherlock Holmes et John Watson, ils ont été innocenté et les forces de l'ordre ne recherchent désormais que la jeune femme. Dans la mesure où des vies sont menacées, les agents auraient ordre de tirer en cas de tentative de fuite de cette dernière s'ils parvenaient à procéder à son arrestation. A tous les habitants de Brighton, si vous apercevez cette femme, ne l'approchez pas et contactez immédiatement la police. Nous passons maintenant à un nouveau reportage sur le célèbre chanteur Peter Doherty et l'hypothétique reformation du groupe des Libertines…}

« Sherlock, tu as entendu ça ? On est innocentés. Mais qu'est-ce qu'on va faire pour Abi en fin de compte ?

_ La bonne question est… pourquoi est-ce que Jim nous a fait déclarer comme innocents ?

_ Je suppose qu'on a de la chance.

_ Parler de chance alors qu'il s'agit de Moriarty… si tu savais à quel point j'envie ton petit cerveau John…

_ Je dois le prendre comment ?

_ Peu importe. Je pense qu'il cherche à nous épargner au cas où nous serions pris.

_ Qu'est-ce que ça veut dire ?

_ Ça veut dire qu'il abaisse ses défenses et que nous avons une chance de sauver Abi. En ce moment même il doit s'en vouloir, et se dire qu'il a fait une erreur en nous faisant rechercher en même temps que sa sœur. John, tu avais raison, je crois que nous sommes chanceux.

_ Je ne comprends pas.

_ Étonnant… John, nous étions tous trois recherchés et risquions de nous faire embarquer à cause d'Abi. Cela constituait une raison de plus pour elle de ne pas se montrer, sinon elle se serait sentie responsable de notre inculpation. A cause de ça, Jim avait encore moins de chance que la police ne trouve sa sœur. Il a donc éliminé cette contrainte en nous proclamant innocents, mais a ordonné l'exécution d'Abi en cas de fuite. Il s'impatiente, John. Ses émotions l'ont conduit à faire une erreur au départ, il veut qu'elle soit exécutée à tout prix mais nous épargne en même temps, il commence à paniquer.

_ En quoi sommes-nous chanceux ?

_ Ses émotions. Elles se libèrent et l'induisent en erreur… ce qui signifie qu'on a une chance de lui faire changer d'avis. Il est l'homme le plus intelligent, si on ne tient pas compte de moi, de ce pays… mais il reste un humain dont le mécanisme de défense commence à dégringoler.

_ D'accord. Donc en résumé, tu penses te servir de ses sentiments… mais comment ?

_ C'est mon affaire…

OoOoOoOoOoOoO

[Je pense que tu es en train de perdre, et que tu le réalises. – SH]

[Est-ce que tu penses que ce sera meilleur si je rajoute un peu de sel dans la pâte à crêpe ? – JM]

[… – SH]

[Oo – SH]

[Ce n'est pas dans mon habitude d'user de ce genre de smiley… mais il s'avérait nécessaire. – SH]

[John dit que les fois où j'ai préféré ses crêpes, elles n'avaient pas de sel. – SH]

[Dans ce cas je n'en mets pas. Merci du conseil. Mon cuisinier a démissionné. – JM]

[Pourquoi ? – SH]

[Il en avait marre que je ne cesse de critiquer son pot-au-feu, comme quoi il n'était pas à mon goût. – JM]

[Alors tu admets quasiment que tu es en train de perdre… – SH]

[Je suppose que je dois m'attendre à une visite, non ? Selon mes calculs, tu as probablement dû parvenir à cette conclusion. – JM]

[Cela m'étonnerait fort que tu m'assassines, et John aussi. Mais je ne peux pas faire ça. Il n'y a que très peu de chances que ta sœur s'en tire, même si nous sommes là. – SH]

[Mais c'est ta seule chance. – JM]

[Il ne s'agit pas d'une chance mais d'un piège. – SH]

[L'un n'empêche pas l'autre. Et j'aimerais beaucoup que tu me dises ce que tu penses de mes crêpes. – JM]

« SHERLOCK, JOHN ! »

Le premier se retourna vers Harry qui se trouvait au pas de l'escalier menant vers les chambres.

« Est-ce que par hasard vous auriez vu Abigaïl ? »

Au moment même où la sœur du blond entama sa phrase, le détective consultant réalisa qu'il avait commis une imprudence et se mit à parler à toute vitesse sur ce ton grave et sérieux qui le caractérisait si bien.

« John. Vérifies que ton arme soit bien à sa place. Je me suis laissé distraire, Abi ne sait pas que Jim ne compte pas nous faire de mal à toi et moi, elle n'était pas là quand ils ont dit à la télé que nous avions été innocentés. Elle a dû vouloir prendre de l'avance pour qu'on ne risque rien. Dépêche-toi. »

Sur ces mots, le médecin courut dans sa chambre et regarda dans le tiroir. Ses craintes furent confirmées.

Sherlock enfila ses chaussures en vitesse, puis attrapa son écharpe et son long manteau noir.

« C'est elle qui a mon arme ! Et elle a pris des affaires à ma sœur, elle a dû se déguiser.

_ J'espère qu'on n'a pas été trop lents… »

OoOoOoOoOoOoO

« Excuse moi de te déranger alors que tu as l'air tellement concentré dans cette tâche, mais j'ai fini de désactiver toutes les sécurités.

_ Faire de bonnes crêpes nécessite de s'investir dans la préparation, Sebastian. C'est ce qu'avait dit Steve la dernière fois. Ce bon vieux cuisinier est tout de même doué, je regrette qu'il en ait eu marre.

_ Rappelle moi pourquoi tu laisses l'accès libre à ton salon déjà ?

_ Pour mes trois invités.

_ Tu n'as pas peur qu'il t'arrive quelque chose ?

_ Sherlock ne me fera aucun mal et ne laissera pas les deux autres m'en faire.

_ Tu m'en diras tant… et tu crois qu'il te laissera faire du mal à la fille ?

_ Souviens toi que je ne me salis jamais les mains.

_ Tu veux que je m'en charge ?

_ Inutile d'essayer de duper Sherlock. Tu peux rentrer chez toi et te reposer, je t'accorde un peu de congé.

_ Merci. Tu es sûre qu'elle n'arrivera pas seule au moins ?

_ Oui. Il y avait des risques que ça se produise tant que Sherlock et John étaient encore menacés par la police, mais j'ai rectifié cette option.

_ Tu n'a plus aucune protection Jim… ça reste dangereux.

_ Je sais. Ne t'inquiète pas. Je suppose que c'est encore le mauvais jour pour mourir.

_ J'espère que tu sais ce que tu fais Jim. Je te dis à plus.

_ A plus Seb.

Ce dernier s'éloigna de la cuisine et passa par le salon pour récupérer son manteau et sa blague à tabac en vieux cuir noir. Il jeta un coup d'œil à la montre à gousset disposée joliment dans le buffet en verre près de l'entrée. Décidément, s'il ne connaissait pas Jim il penserait qu'une femme vit ici et s'occupe de la décoration. Il prit soin de refermer la porte blanche et partit peu rassuré malgré les dires de son patron en lequel il avait pourtant une confiance totale.

OoOoOoOoOoOoO

« JOOHN ! PAR LA ! »

Les deux acolytes détalaient la rue jusqu'à atteindre l'allée principale, où ils seraient sûrs de trouver un taxi. Tous deux étaient essoufflés à en perdre haleine mais ne pensaient qu'à courir.

« QU'EST-CE QUI VA SE PASSER SI ON N'ARRIVE PAS A TEMPS ?!

_ UN MEURTRE !

_ LE QUEEL?!

_ MORIARTY!

_ OUI JE M'EN DOUTAIS MAIS LEQUEEEEEL?!

_ JIM!

_ ALORS POURQUOI ON COURT?!

_ JOHN HAMISH WATSON UN MEURTRE RESTE UN MEURTRE JE PENSAIS QUE TU SERAIS LE PREMIER A LE PROCLAMER! ET IL Y A TOUJOURS UNE CHANCE POUR QU'ABI PERDE, ALORS NE DISCUTE PAS ET COURT ! »

Au bout de trois kilomètres, le blond et le brun purent souffler en hélant un taxi qui s'empressa de se garer sur le bas côté. Ils montèrent à l'arrière et tentèrent tant bien que mal de reprendre leur respiration. Le cerveau ailleurs et les muscles enflammés, John regardait dans le vide, se demandant encore une fois pourquoi est-ce qu'ils avaient eu à courir comme des dératés.

« Sherlock… pourquoi on n'a pas pris la voiture de ma sœur ?

_ Abigaïl a crevé les pneus.

_ …Ok. Je n'y ai même pas fait attention.

_ De toute évidence. »

Le médecin ferma les yeux et entendit son ami ordonner au chauffeur d'accélérer avant de tomber dans un demi-sommeil. Il pensa inconsciemment à sa situation, à ce dans quoi il s'embarquait, accourant vers la demeure du plus grand criminel que cette planète ait connu. Pourtant il avait choisi d'être là, une multitude d'actes l'y engageaient d'une force incroyable. Il était une parfaite illustration de l'idiot tombant dans un piège abscons* redoutable. Il commença ensuite à rêver d'un tas d'autres choses, durant plus d'une heure il échappa à la réalité, réfugié dans son propre esprit, plus tranquille.

« John. On arrive dans quinze minutes, réveille toi. »

OoOoOoOoOoOoO

Toc, toc, toc.

« Je t'en pris, entre donc. »

Le criminel consultant était assis sur son siège, dos à la porte, une main près du menton et les jambes croisées. Il portait un costume sur mesure flambant neuf et des chaussures noires cirées par ses propres soins.

« Trop aimable. »

A la porte se trouvait la jeune femme, les yeux plus creusés que jamais, et le visage plus pâle que celui d'un fantôme.

« Toujours, avec mes invités. »

Abigaïl étira ses lèvres d'un côté. Cela ressemblait vaguement à une sorte de sourire dont seul quelqu'un de très proche d'elle pourrait percevoir la signification.

« TES invités ? »

Jim ne mit pas longtemps à comprendre la situation qui s'avérait imprévue. Un facteur variable avait décidé de ne pas écouter les probabilités et de n'en faire qu'à sa tête. Il ouvrit grand les yeux et réfléchit à toute vitesse pour voir où était son erreur.

« Tu es seule… Ce n'était pas ce que… »

« … tu avais prévu. »

« Tu t'es enfuie. Sherlock n'est arrivé à la conclusion qu'il devait être avec toi ici qu'après que tu sois partie… Peu importe. »

Le brun fit lentement tourner sa chaise jusqu'à être positionné bien en face de la nouvelle arrivante, il la regarda en face et son cœur ne fit qu'un tour. Ses yeux naviguèrent de haut en bas, observant ce qu'elle était devenue en toutes ces années, avant de se poser sur l'arme braquée droit sur lui.

OoOoOoOoOoOoO

« Encore cinq petites minutes et nous y sommes. Juste cinq petites minutes. »

Le taxi avançait aussi vite qu'il le pouvait, fortement influencé par la somme d'argent tendu par le détective consultant. Il naviguait de rue en rue vers leur destination finale qui n'était plus très loin. L'état de nerf dans lequel se trouvait Sherlock était palpable et John en avait presque des frissons dans le dos.

OoOoOoOoOoOoO

« Je suppose que tu t'es abstenu de faire des recherches sur ma vie personnelle, je me trompe ? Sinon tu aurais su qui était Valène. »

« Quoi ? Elle travaillait dans le même service que toi, non ? C'est pour ça qu'elle a essayé de te sauver. Je n'avais pas prévu ça, même si je m'en suis ensuite servi. »

« Et savais-tu aussi que nous avions fait équipe durant quelques années ? »

« Non… »

« Et que nous avons été ensemble quelques années également ? Avant de nous séparer mais tout en restant amies proches ? »

« Je… »

« Et tu m'accuses de son meurtre… DEPUIS COMBIEN D'ANNÉES N'ES-TU PLUS HUMAIN ?! »

« Je… »

« SA FAMILLE, SES PARENTS QUI ME CONSIDÉRAIENT COMME LEUR PROPRE FILLE ME VOIENT MAINTENANT COMME L'ASSASSIN DE LEUR ENFANT ! ELLE EST MORTE DANS MES BRAS JIM ! »

« Je sais. »

OoOoOoOoOoOoO

« Vite vite vite… garez-vous là ! »

Le cadet des Holmes paya l'homme en vitesse et courut en direction du portail grand ouvert de la maison, suivit de près par l'ancien militaire.

« Dépêche-toi ! »

OoOoOoOoOoOoO

« Tes snipers doivent êtres sur le point de me tirer dessus si jamais je fais quoi que ce soit, mais tu sais quoi ? Je m'en fiche, tu réussiras à me tuer de toute façon, je suppose que c'est tout ce que je peux faire. »

« ABI ! »

« MON FRERE EST MORT ! CE N'EST PLUS LUI ! JE TE HAIIIS ! »

« ABI NON ATTENDS ! IL N'Y A PAS... »


* Le piège abscons est un principe d'auto-manipulation en rapport avec l'engagement. Par exemple, quand une personne se dit qu'elle va attendre le bus et non prendre un taxi, cette personne va commencer à attendre alors que le car est visiblement très en retard, et à partir de là, la personne va persister dans sa démarche alors qu'elle pourrait simplement aller prendre un taxi et rentrer chez elle plus tôt, alors qu'au final elle risque d'attendre trente minutes sous la pluie. Ici ça marche pour John qui a commencé à aller avec Sherlock et à partir de là persiste dans son acte, sans pouvoir faire demi-tour.

... N'hésitez pas à mettre des review, seule récompense de ce dur labeur ^^'