Voici le chapitre 7 de cette histoire! Je ne suis pas satisfaite de la fin de ce chapitre mais bon... on fait avec. Je commence déjà à réfléchir pour la suite des événements! (Non, je n'avait pas spécialement pensé à la suite, ma réflexion s'était arrêtée là) x)
Bon, je vous souhaite une bonne lecture et encore merci à mes trois fidèles revieweuses pour cette histoire : Dook, Dulanoire, et Qyume.


Chapitre 7 : Premier sang versé

Jim Moriarty avait plongé ses yeux dans ceux de sa sœur, le regard chargé d'une multitude d'émotions qu'on ne pouvait définir, si ce n'était le choc et la douleur. Des gouttes de sueurs commencèrent à perler sur son visage tandis qu'il approchait une main tremblante de son torse. En un effort surhumain il se mit debout et fit un pas en avant. Le sang dégoulinait le long de son avant bras et de son ventre, se perdant dans le tissu noir. Ses jambes flageolèrent violemment jusqu'à le faire tomber à genoux. Il appuya son autre main au sol et finit de s'écrouler contre le carrelage glacé.

Abigaïl était arrêtée dans le temps, sa vision n'enregistrant que des images abstraites de cet homme tombant sur le côté. Elle ne comprenait pas pourquoi… pourquoi elle n'était toujours pas morte. Elle avait voulu tirer avant que l'un de ses complices n'agisse, mais elle attendait toujours sa sentence et le fluide carmin continuait de redessiner le carrelage sous ses yeux.

« Il… n'y a pas… »

La jeune femme abaissa son arme et commença à retrouver ses esprits. Ses jambes ne supportèrent pas son poids et elle tomba au sol.

« Jimmy…

_ Il n'y a pas… de snipers… »

Qu'est-ce que j'ai fait ? Abigaïl laissa son regard naviguer sur le corps de son petit frère qui ne respirait presque plus, les yeux bientôt dans le vide. Alors, d'un seul coup, la panique afflua d'elle-même, son cœur s'accéléra et sa tête était prête à exploser. Elle composa en vitesse le numéro des urgences, indiqua la situation et remit son téléphone dans sa poche. Elle ne réfléchit plus, se leva, se mit à courir, et se débarrassa de l'arme à feu encore chaude qu'elle tenait dans la main. Ce n'est pas moi, je t'ai trouvé ici en te rendant visite. Quelqu'un est entré chez toi et t'a tiré une balle dans la poitrine. Je n'ai fait qu'appeler les urgences... c'est ce que je leur dirais...

« Jimmy… reviens… les secours seront bientôt là… Jimmy… tiens bon ! »

Nous en sommes finalement arrivés là… Je suppose qu'il n'y avait que peu d'autres issues possibles. Tu as voulu me tuer, puis tu as renoncé sans prendre le temps de me le dire… une simple erreur de calcul… une simple phrase prononcée trop tard… Des actes et des mots… une attitude pour ne plus affronter… et finalement le premier sang versé… fut le seul, et le tien.

OoOoOoOoOoOoO

« Un coup de feu… JOHN COURS ! »

Le détective consultant explosa la porte d'entrée contre le mur juxtaposé et commença à grimper les escaliers quatre marches par quatre. Le blond avait un peu plus de mal et devait se faire violence pour tenir la cadence. Sherlock tomba sur un couloir et courut jusqu'au second escalier qu'il monta à toute vitesse. Il regarda à gauche, puis à droite, et finalement prit la première direction pour arriver sur une grande porte blanche qui devait selon lui être la porte du salon. Il abaissa la poignée et fit légèrement grincer les charnières.

La porte était ouverte, le brun était là, debout dans l'entrée, et à quelques mètres, Abi tenait la main de son petit frère étendu sur le sol. John arriva derrière, à bout de souffle, et ouvrit grand les yeux devant l'homme qui ne respirait plus.

« John… tu es médecin.

_ Ho non Sherlock, tu n'y penses même pas. C'est le plus grand criminel de ce continent Sherlock !

_ JOHN S'IL TE PLAIT ! FAIS CE QUE JE TE DIS !

_ Sherlock… c'est…

_ JE SAIS QUI IL EST ! »

L'ancien militaire regarda son ami droit dans les yeux. Il y vit de la douleur et de la supplique, ce qui n'était jamais arrivé en tout ce temps de collaboration. Ses yeux profondément bleus transperçaient sa conscience et sa morale s'en retrouva meurtrie. Il se tourna vers la jeune femme qui pressait un tissu sur sa blessure, le regard perdu dans une rivière de larmes. Alors il ne chercha plus, réagit en soldat, et obéit sans poser de question, s'activant comme sur un champ de bataille de l'Afghanistan.

Malgré l'emplacement de la balle, le médecin entreprit un massage cardiaque. Abigaïl était de l'autre côté et avait repris la main de Jim dans la sienne. Sherlock fit quelques pas en avant, se plaça du côté de la tête du criminel consultant et rejoignit les autres au sol. Il observait sans pouvoir s'en empêcher le visage paisible que le brun semblait arborer. Il ne portait pas ces expressions de calcul ou d'agacement qui lui étaient pourtant si familières. Il y avait juste… Jimmy.

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Le détective consultant posa délicatement ses doigts sur la tempe droite du génie inconscient.

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De l'autre main, il attrapa son BlackBerry et tapa un message à la va vite, le rangea, puis ferma les yeux… patientant.

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! !

! !

! !

Sherlock ouvrit soudainement grand les yeux. Il pouvait sentir sous ses doigts de légères pulsions.

« Ok, les secours arrivent, je vais les chercher. Sherlock, Abi, essayez de le réveiller et de le garder conscient. Pressez un tissu épais contre la blessure. Si on ne l'emmène pas au bloc avant que son cœur ne s'arrête à nouveau, il y aura très peu de chances pour qu'on réussisse à le réanimer encore une fois. »

Sur ces paroles autoritaires, le médecin descendit en vitesse chercher ses confrères. Le brun se déplaça du côté où était son colocataire et prit inconsciemment l'autre main du cadet des Moriarty. Abigaïl tapota légèrement la joue de ce dernier dans l'espoir de le voir ouvrir les yeux. Elle secoua son bras tandis que le brun appuya la veste de la jeune femme contre l'impact de la balle.

« Réveille toi… aller… réveille toi ! Jimmy !

_ Regarde. »

Il y eut alors un silence de quelques secondes où les paupières de Jim tentèrent tant bien que mal de s'ouvrir, tremblantes. Sa respiration était lente et désastreuse.

Le bruit des sirènes de l'ambulance commença à être recouvert par celui des sirènes de la police. Le vacarme que faisaient les médecins pour monter les escaliers, un brancard vide à la main, devenait presque effrayant. Les policiers montèrent à leur suite et hurlaient des ordres qu'Abigaïl ne comprenait même plus. Elle savait que c'était la fin pour elle. Ses yeux commencèrent à se fermer lentement, et son esprit s'éteignit comme une bougie plongée dans l'eau.

OoOoOoOoOoOoO

Quelques heures plus tard, Sherlock et John furent rejoints par Harry. Ils attendaient dans un grand couloir blanc avec cette étouffante odeur si caractéristique de l'aseptisant utilisé dans les hôpitaux.

« Où est Abigaïl ?

_ Menottée dans cette chambre juste à côté, porte fermée à clé.

_ Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Pourquoi elle ne s'est pas enfuie ?

_ Elle s'est évanouie et sa tête a violemment heurté la table basse en verre à côté d'elle, rien de grave, ça lui a ouvert le crâne et elle a perdu pas mal de sang. »

Le blond avait répondu avec un air préoccupé, il ignorait comment se déroulerait la suite des événements. Sherlock lui ne dit pas un mot. Il était assis sur un des trois sièges qui longeait le mur entre deux chambres, le regard perdu dans le vague, triturant désespérément la poignée du sac qui reposait sur ses genoux.

Harriet prit place à côté de son petit frère, semblant hésiter à ouvrir la bouche.

« Je suppose qu'elle n'a pas droit aux visites ?

_ Elle aura le droit dans un petit moment. »

John se tourna vers Sherlock, l'interrogeant du regard.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? Les agents ont été formels.

Le détective consultant leva la tête et observa l'angle du couloir où des pas bruyants se faisaient de plus en plus proches. John suivit alors son regard, interloqué.

« Ce soit être des médecins, je ne vois pas le rap… Mycroft ?! »

Au bout du couloir venait d'apparaître l'aîné des Holmes accompagné de plusieurs gardes et du policier qui avait menotté la jeune femme quelques heures plus tôt.

Sherlock observa « le gouvernement britannique » quelques instants, sans bouger de son siège. Son frère ordonna au policier d'ouvrir la porte et de libérer Abigaïl avant de se tourner vers le brun.

« J'ai fait passer un message à la télévision comme quoi c'était un test de la part du gouvernement pour mesurer le taux de réactivité de la population face à un criminel en liberté. Et nous avons dit la vérité aux forces de l'ordre.

_ Merci d'être venu.

_ Et si j'avais agi avant ça aurait évité tout ça. Hors tu m'as prévenu tardivement. Et j'aurais pu ne pas agir après ce que tu m'as dit. Tu as de la chance qu'Abi travaille pour moi et que je m'en soucie.

_ Je ne me sens pas coupable.

_ Tu devrais. »

Mycroft pointa Sherlock avec son parapluie avant de faire volte face et d'entrer dans la chambre d'Abigaïl, invitant ceux qui le désiraient à faire de même. C'est alors que les deux Watson pénétrèrent d'un pas hésitant. La brune venait de se réveiller et les accueillirent avec un grand sourire. Harry lui prit la main en la saluant et John se contenta d'un bref « salut ».

Alors qu'elle reprenait ses esprits, Abi laissa son sourire s'effacer pour laisser place à une expression de peur.

« Comment va mon frère ?

_ Pour l'instant on n'a pas de nouvelles. Tout à l'heure les médecins ont dit à Sherlock de revenir d'ici une demi-heure, ce qui laisse encore… quelques petites minutes. Mais au moins son cœur a tenu durant le trajet, ils ont pu l'emmener directement au bloc. »

Mycroft avança près du lit d'Abigaïl d'un air solennel et demanda aux gardes et au policier de sortir.

« Abigaïl Moriarty, je vous présente toutes mes excuses, j'aurais pu agir plus tôt et vous éviter cela si… »

Il recula d'un pas et tourna en direction du couloir.

« … si Sherlock Holmes m'avait tenu informé de la situation ou m'avait alerté plus tôt ! »

L'aîné des Holmes se retourna vers Abigaïl, un faux sourire largement affiché faisant ressortir son ressentiment.

« Et bien sûr il ne s'excusera pas, lui… ce serait trop facile. »

Dans le couloir, Sherlock afficha de l'exaspération à l'entente des paroles de son frère. Il jeta un œil sur l'horloge au mur et constata qu'il était temps pour lui de se diriger vers le bloc opératoire. Il se leva alors, le sac plastique à la main, et marcha le long de ces longs couloirs blancs qu'il exécrait tant.

Arrivé dans le bon département de l'hôpital, il s'adressa au premier homme en blouse blanche qu'il croisa.

« Excusez-moi, un homme blessé par balle a été transporté ici non ?

_ Ho, oui vous devez parler de James Moriarty. Vous le connaissez ?

_ On peut dire ça.

_ Il est tiré d'affaire mais il est encore sous anesthésie et ne se réveillera que dans un petit moment. On l'a transféré dans la chambre 221 à l'étage. C'est juste à gauche en passant par l'escalier qui est à votre droite.

_ Merci. »

Le détective consultant sourit à l'entente du numéro de la chambre, se disant que parfois les coïncidences pouvaient être réellement abusées.

« Je dois beaucoup à cet homme vous savez. »

Sherlock s'était apprêté à faire demi-tour mais reporta son attention sur le vieux médecin.

« Comment ça ?

_ Ho, c'était il y a longtemps. Un homme me harcelait sans cesse, me menaçait, voulait même me tuer. Il me suivait à longueur de temps et détruisait ma vie peu à peu. Et un jour j'ai été mis en contact avec un certain Moriarty. Je lui ai parlé de mon problème, nous nous sommes arrangés, et je n'ai plus entendu parler de cet homme qui me poursuivait, j'ai pu avoir une vie normale, m'épanouir dans ma vie professionnelle. Enfin, vous voyez. »

_ Est-ce lui qui a demandé à être dans cette chambre avant l'anesthésie s'il s'en sortait ?

_ Comment le savez-vous ? »

Le brun sourit à nouveau en guise de réponse et fila vers les escaliers. Les coïncidences sont effectivement trop abusées pour en être parfois.

Sherlock sortit son portable et envoya un message à John.

[Il va bien. Il dort. – SH]

[Abigaïl s'est mise à pleurer de joie quand je lui ai montré le message. Oo – JW]

[Pas étonnant. La situation lui a échappé mais il reste son petit frère. – SH]

221 à l'étage… le nom de cette chambre aurait même pu être 221B.

Il entra doucement dans la chambre, et constata que l'autre génie dormait toujours d'un air paisible. Il tira alors un tabouret près du lit et s'assit, l'observant toujours. Il avait son téléphone dans la main et sentait qu'il ne résisterait pas plus longtemps à l'envie d'immortaliser ce visage adouci par le sommeil. Il prit alors discrètement une photo et rangea son portable avant d'ouvrir le sac qu'il s'était traîné jusqu'ici. Il en sortit une petite boîte en plastique qu'il posa sur la table de chevet, accompagné d'un mot. Il contempla encore quelques instants le visage de Jim dont il ne se lassait pas et finalement se fit violence pour sortir de la chambre.

Sherlock inspira longuement, et décida de sortir prendre l'air pour se purger le nez de cette infâme odeur d'hôpital.

OoOoOoOoOoOoO

Il y avait cette odeur dans l'air qui lui fit soudain plisser les sourcils. Cette odeur d'aseptisant qui prenait les narines et dont il fallait un moment pour s'y habituer. Au bout de quelques instants, l'esprit encore embrumé par l'anesthésie, Jim Moriarty ouvrit doucement les yeux. Il vit du blanc, beaucoup trop de blanc à son goût.

On dirait bien que je m'en suis tiré finalement.

Soudain, alors qu'il allait se replonger dans le matelas, une bribe d'odeur un peu sucrée lui fit ouvrir grand les yeux. Il regarda sur sa gauche et vit une boîte sur la table de chevet.

Hé ! Elle est à moi cette boîte.

Il l'attrapa alors difficilement et lu le mot qui y était scotché.

[C'est injuste que quelqu'un comme toi sache faire d'aussi bonnes crêpes. – SH]

Le criminel consultant dut lire le mot à plusieurs reprises pour s'assurer qu'il ne rêvait pas. Un léger rire lui échappa et il ouvrit la boîte pour trouver plusieurs crêpes soigneusement pliées en triangle. Une au sucre, une autre au Nutella, une à la confiture. Il avait réellement du mal à imaginer que Sherlock ait réellement goûté ses crêpes et se soit même donné la peine de préparer tout ça. Mais ça ne pouvait pas être sa sœur, il avait entendu les sirènes de la police, et ça ne pouvait pas être John qui le haïssait. Il se méfia alors en se disant que les crêpes pouvaient très bien être empoisonnées. Il inspecta alors ces dernières et ne remarqua rien.

Le poison peut être indétectable à l'œil nu à l'odorat… mais elles ont l'air tellement bonnes… bon. De toute façon, j'ai toujours dit que je pourrais mourir pour une crêpe alors…

Finalement, Jim constata après plusieurs minutes qu'il ne s'agissait pas d'un piège et que les crêpes ne contenaient rien de suspicieux. Il les avait d'ailleurs beaucoup appréciées, n'ayant pas eu le temps d'en goûter avant l'arrivée de sa sœur.

S'affalant contre les oreillers qui le soutenaient, James Moriarty se mit à imaginer une scène bien spécifique. Sherlock dans sa cuisine en train d'étaler soigneusement de la confiture sur une crêpe et de la plier délicatement, avant de passer au sucre, etc. Ensuite, il se surprit à l'imaginer en tablier pour accomplir cette tâche, un regard très sérieux et concentré, sa cuillère à la main. Et pour la première fois depuis bien longtemps, il se mit à rire d'une façon sincère, sans pouvoir s'en empêcher.

Le détective consultant arrivait tout près de la porte de la chambre 221 quand il entendit le rire cristallin du génie à l'intérieure. Il s'approcha alors de la porte entre ouverte et jeta un regard au cadet Moriarty qui riait toujours et essuyait ses yeux, les joues rougies par l'effort. Il ne pouvait s'empêcher de le trouver infiniment humain.

Lorsque Sherlock toqua à la porte et pénétra dans la pièce, Jim posa instantanément les yeux sur lui. Celui-ci se fit violence pour arrêter d'imaginer le tablier et la petite cuillère pour retrouver un peu de sérieux mais son regard brillant et le coin plissé de ses lèvres le trahissaient aisément.

« Comment va ma sœur ? Je crois que je l'ai vu tomber dans les pommes, juste avant qu'on m'emmène.

_ Elle va bien. Mycroft s'est occupé de son « état d'arrestation », et elle s'est ouvert le crâne en tombant, ce qui lui a fait perdre beaucoup de sang. Elle ne devrait pas tarder à sortir.

_ D'accord. »

Le plus jeune commençait à connaître Jim mais il crut pourtant voir de la culpabilité dans ses yeux, et du regret.

« Au fait, je t'ai apporté deux ou trois trucs. »

Il posa le sac qu'il avait gardé sur le côté du lit et en sortit plusieurs choses. Il commença par un iPhone, qu'il tendit directement au criminel consultant, puis la montre à gousset qu'il posa sur la table de chevet, pour enfin sortir des vêtements propres.

« Je me suis dit que tu voudrait éviter une fouille dans ta maison, qui mènerait directement à ton arrestation. J'ai donc pensé qu'une fois réveillé et avec ton téléphone entre les mains, tu voudrais sûrement éviter ce risque. J'ai au moins sauvé la montre, j'ai vu qu'Abi y tenait beaucoup. Et les vêtements c'est pour que tu ne sois pas obligé de sortir avec la vieille blouse bleue turquoise de l'hôpital. »

Jim savait parfaitement que l'homme en face de lui était un génie également, mais il ne s'était pas du tout attendu à ce qu'il se donne cette peine.

« Merci Sherlock. »

Le détective sortit alors un dernier objet du sac qui se trouva à présent vide.

« Mon portefeuille. Je vois que mon message implicite est bien passé.

_ Oui. Je suis retourné chez toi pendant que tu dormais encore. Au début je me demandais pourquoi tu avais demandé à être dans cette chambre. Puis je me suis rappelée de la boîte qui semblait contenir quelque chose d'important et dont le code secret était composé de quatre caractères.

_ Au moment de choisir mon mot de passe je n'ai pas résisté. Je me suis dit que 221B conviendrait parfaitement. »

Il commença alors à pianoter sur son téléphone et finit par appuyer sur un « ok » devant lequel il avait hésité quelques secondes.

« Cette maison… n'est plus. »

Il posa son portable sur la table de chevet et s'affala à nouveau sur ses oreillers, regardant son ennemi avec qui sa relation avait changé depuis peu.

« J'ignore comment… Abigaïl a réagit en apprenant que j'étais toujours vivant. Mais le fait qu'elle ait tiré sur mon torse, en évitant le cœur, et non pas là où dans la tête… me fait dire qu'il y a une toute petite chance pour que j'échappe à sa colère. J'ai atterris trop tard, je me suis résigné alors que j'avais déjà causé tout ça. J'ignorais que cette Valène… dont j'ai fait accuser Abigaïl pour son meurtre… était si proche d'elle. J'ai paniqué et je n'ai pas pris le temps de faire des recherches.

_ Je sais. Il était déjà trop tard pour toi à ce moment là. Tu as montré plusieurs signes de panique qui ont révélé que tu n'arrivais plus à lutter.

_ J'ai fait tout ça et pourtant je lui en veux. Je lui en veux de m'avoir retrouvé, ce n'est pas pour rien que suis parti des années auparavant. Tu te rends compte que cette séparation est vaine maintenant ? Tout ça pour rien. Et je me retrouve dans la même situation qu'avant de partir.

_ En danger ? A l'époque tu avais quoi… seize ans ? Tu as laissé des traces qui ont permis à un homme lambda de te retrouver. Aujourd'hui ne va pas me dire que tu risques la même chose.

_ Tu m'as bien retrouvé toi.

_ Merci de me considérer comme un homme lambda.

_ Je t'en prie.

Sherlock lança un regard exagérément froid à l'autre homme dont les yeux continuaient de pétiller. Il abandonna alors et échappa un léger rire.

Les deux génies continuèrent à discuter ainsi durant une petite heure, jusqu'à ce que Jim ne tombe de fatigue. Sherlock décida alors qu'il avait suffisamment respiré cette odeur insupportable, et qu'il était temps pour lui de rentrer chez lui. Il ne prit pas la peine d'aller voir Abigaïl ou même d'attendre John et se dirigea directement vers la sortie.

Alors qu'il allait passer les dernières portes le séparant du mauvais temps, il fut interpellé par une voix dont il se serait aisément passé.

« Sherlock ? »

Il inspira un bon coup, se retourna et s'adressa à celui qui l'avait appelé d'une voix sereine.

« Oui Mycroft ?

_ Je t'ai entendu rigoler tout à l'heure avec Moriarty.

_ Et ?

_ Tu sais qu'on finira par le coincer Sherlock.

_ Qu'est-ce que tu sous-entends ?

_ Fais attention à toi.

_ Au fait. Je suppose que tu attends ça depuis un moment : Désolé.

Sur ces dernières paroles, le brun aux cheveux bouclés sortit finalement de l'hôpital et fit quelque chose qu'il n'avait pas fait depuis longtemps : Allumer une cigarette.


Oui oui je sais, Sherlock qui s'excuse, quelle infamie! Vous inquiétez pas, je me rattraperais intelligemment ;p
Mais qu'est-ce qui se passe ensuite? Il vont réagir comment Abigaïl et Jim? Et Sherlock? Dans quoi il s'embarque là? rhaaa lala... la suite au prochain numéro... ^^
(Review? ^.^)