Re bonjour tout le monde! Je sais je suis en retard mais bon, le temps m'a un peu manqué. Voici donc un nouveau chapitre qui me semble un peu plus court que les autres mais qui va nous diriger vers les choses intéressantes pour nos deux génies préférés! Sur ce, bonne lecture ^^
Chapitre 9 : La clé
L'arme de métal que tenait Sebastian Moran chuta et rebondit en un claquement glaçant contre le carrelage de la chambre d'hôpital. Les quelques instants qui suivirent furent écrasés d'un silence de mort. Puis doucement, alors que personnes ne bougeait, la respiration chaotique du sniper commença à se faire durement entendre. L'homme se mit soudain à hurler comme s'il était seul au monde, en serrant de toute ses forces son avant bras au bout duquel demeurait ce qu'il restait de sa main ensanglantée.
Moriarty abaissa l'arme avec laquelle il avait tiré sur son ami. L'action avait été risquée pour Abigaïl mais finalement il avait eu de la chance. Il soupira et recula de quelques pas lorsqu'il entendit les agents courir dans le couloir.
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« Qu'est-ce que tu veux… Sherlock ?
_ …
_ Cesse de faire semblant et de jouer au bon petit frère qui regrette ses paroles. Et dit moi concrètement ce que tu attends de moi.
_ La clé.
Mycroft se retourna vivement vers le détective et fronça les sourcils.
« Quoi ?! Pourquoi ?
_ Il se pourrait qu'on en ait besoin. »
L'aîné tourna à nouveau le dos au brun et observa la rue.
« Qui ça : on ?
_ Moi, peut-être Abi, et Harry, John…
_ Il n'en est pas question. Et ça ne sera pas nécessaire. La seule menace envers vous est cet homme qu'on a arrêté. Je doute fortement qu'il puisse s'échapper.
_ Et moi je crois que tu le sous-estime. Tu n'as jamais pu le coincer, au même titre que Jim, tu sais qu'il est doué. S'il n'avait pas pété les plombs il serait d'ailleurs toujours en liberté.
_ Mes hommes sont assez compétents pour éviter un tel événement. De plus, la seule personne à risquer quelque chose s'il s'évade, c'est Abigaïl, et elle fait parti des meilleurs agents de mes services. Elle sait se défendre… et je peux m'occuper de sa protection. Tu es détective… ce n'est plus de ton ressors.
« JIIM ! Je te tuerais ! Je te tuerais Jim ! Tu m'entends ?! Et lui avec ! JIIIIIIM !... »
Sherlock se secoua la tête pour chasser le souvenir de Moran au moment de son arrestation. Il s'approcha de son grand frère et prit la cigarette que ce dernier lui avait tendue. Il l'alluma et prit le temps de l'apprécier avant d'engager à nouveau la conversation.
« Ce n'est pas pour Abigaïl que je crains. »
Mycroft interrogea l'autre homme du regard.
« Moran m'a également menacé et il sait parfaitement où j'habite.
_ Je peux également me charger de ta protection et te trouver un endroit en attendant la fin des procès. Une fois qu'il sera transféré en prison définitivement il n'y aura plus rien à craindre de lui. »
Sherlock fit quelques pas, le visage clairement agacé. Il fumait nerveusement et se passait l'ongle sur la tempe pour signaler sa frustration.
« Tu n'auras pas la clé.
_ C'est probablement l'endroit le plus sûr Mycroft ! Personne ne sait où il est, c'était le but de même de son existence !
_ Sherlock… qu'est-ce que tu me caches ?
_ Rien Mycroft.
_ Bien sûr… James Moriarty est en danger lui aussi n'est-ce pas ? Jamais tu ne l'emmèneras là bas, tu m'entends ? Jamais tu n'auras cette maudite clé. Et surtout, jamais je ne protègerai cet homme. De toute façon Moran n'est pas libre, et il n'arrivera pas à s'échapper, peu importe sa colère ou sa détermination.
Le détective consultant écrasa sa cigarette contre le mur de l'hôpital et la laissa tomber avant d'entrer, laissant en plan le « gouvernement britannique ».
« Pourquoi est-ce que tu me mets dans une situation pareille Sherlock… »
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Lorsque Sherlock entra dans la chambre 221 dans le but de récupérer son écharpe avant de rentrer chez lui, l'heure des visites touchant sa fin, il se trouva devant un Jim complètement endormi. Il tenait contre lui le tissu bleu comme un enfant qui s'accrocherait à son doudou. Le détective trouva ce tableau cliché et amusant à la fois. Cela lui arracha un léger rire qui eut pour effet de réveiller Moriarty.
« S'il ne s'agissait pas de mon écharpe je penserait qu'elle te rassure. »
L'homme qui émergeait doucement eut besoin de quelques secondes de réflexion pour comprendre ce à quoi Sherlock faisait référence. Lorsqu'il réalisa la façon dont il tenait le tissu, il soupira et lui balança en pleine tête.
« Crétin.
_ Ho mais non voyons, tu avais l'air tellement paisible avec elle, je ne voudrais surtout pas gâcher ça. »
Le détective posa alors l'écharpe sur la table de chevet pour narguer l'autre homme qui semblait lutter contre un retour immédiat dans les bras de Morphée.
« Comment tu te sens ?
_ Comme quelqu'un sous morphine… si cela répond à ta question.
_ Abigaïl est sortie tout à l'heure. Elle est chez Harry avec John.
_ Et Seb ?
_ Apparemment toujours sous contrôle des autorités.
_ Permets moi d'avoir quelques doutes quant à la capacité de ces derniers à maintenir la situation telle qu'elle. Il n'était pas mon second pour rien. M'enfin bon… je sortirais d'ici dans quelques jours. S'il arrive à s'échapper avant je suppose que je suis fichu. Et Abi ne peut pas rester chez Harry, elle et John non plus d'ailleurs. S'il parvient à faire quelques recherches il y a des chances pour qu'il fasse vite le rapprochement.
_ Je sais.
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Assis à son bureau et la tête entre les mains, Mycroft réfléchissait depuis déjà trois heures. Pour la première fois de sa vie il ignorait ce qu'il devait faire. Triste choix que de protéger son petit frère ou bien protéger les citoyens. Finalement, l'aîné des Holmes se leva et marcha jusqu'à un coffre fort situé dans le mur. Il hésita longuement mais finit par taper le code et ouvrir la minuscule porte blindée. Il se saisit alors d'une petite boîte rouge et l'ouvrit pour y découvrir ce qu'il s'apprêtait à confier à Sherlock. Une clé en or à la fois très fine et très complexe. Son dessin était précis, chaque minuscule cran semblait avoir son importance. Elle était magnifique et dégageait une allure très singulière.
« Finalement on dirait bien que cette maison va servir à nouveau… Je pense que Sherlock sera le seul à y remettre les pieds cette fois. »
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Durant les quelques jours qui suivirent la demande de Sherlock, Mycroft ne fit que jeter des coups d'œil réguliers à la clé. Il s'était maintes fois dit que l'occasion ne se présenterait pas deux fois. Il pouvait aisément profiter de la situation, mais à quel prix ?
Quant à Moriarty, il s'était petit à petit remis et pourrait bientôt sortir de l'hôpital. Le détective avait pris l'habitude de lui rendre visite tous les jours, étant donné que le travail ne l'étouffait pas depuis le congé improvisé du criminel consultant. Il fallait avouer que ses discussions avec l'autre génie étaient bien divertissantes et lui permettaient de focaliser son esprit. Aussi étrange que cela pouvait paraître, le sociopathe de haut niveau appréciait la compagnie de Jim.
Parallèlement, Abigaïl logeait toujours chez Harry qui lui avait proposé de rester quelques jours pour se remettre de cette histoire en n'étant pas seule. Elle n'avait pas souhaité reparler à son frère après l'arrestation de Sebastian et Jimmy n'avait pas insisté. John était pour l'occasion resté avec sa sœur et la cliente qui avait tant intéressé son ami. Le médecin avait également eu besoin de repos, ne sachant plus vraiment où il en était, ou ce qu'il devait penser des actions de son colocataire. Pour la première fois depuis qu'il vivait au 221B, il ne souhaita pas s'impliquer dans les affaires de Sherlock, jugeant que son intérêt pour l'autre génie dépassait le seuil de sa compréhension.
Enfin arriva le jour où Jim apprit qu'il pourrait libérer la chambre 221 de l'hôpital St Barts. Sa sortie était prévue pour le lendemain et le patient ne pouvait qu'en être soulagé, bien qu'une pensée se dirigeât vers son nouveau passe temps. L'homme au long manteau et à l'écharpe bleue s'était absenté pour un moment, le « gouvernement britannique » désirant lui parler. L'enfant capricieux qu'était le criminel en blouse d'hôpital se sentait dépérir sous l'ennui lorsqu'il se retrouva seul. Même son téléphone portable ne lui apportait pas la qualité de distraction qu'il attendait.
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« Je savais que tu cèderais.
_ Ne crie pas victoire trop vite… Sherlock. »
Il semblait à ce moment que les nerfs de Mycroft étaient proches de la rupture. De légers tics l'animaient depuis qu'ils avaient entamé la conversation et il faisait de temps en temps quelques pas, s'éloignant ainsi de son jeune frère. Son malaise, le détective avait du mal à l'interpréter malgré quelques idées vague concernant les sentiments que celui-ci pouvait éprouver en pensant à cet endroit. Mais le fait d'associer cette faiblesse d'esprit au « gouvernement britannique » le gênait tout autant que de ne pas savoir.
« Je pourrais très bien changer d'avis tant que la clé n'est pas entre tes mains.
_ Excepté que tu ne le feras pas. Puis-je ? »
Le brun tendit sa main en direction de son frère, paume face au ciel. Il attendait en le regardant dans les yeux de son air impassible.
Mycroft fixa le détective d'un air dubitatif durant quelques instants et sans détourner le regard, plongea sa main dans la discrète poche intérieure de sa veste.
« Tu as de la chance que nous soyons en été Sherlock.
_ Je sais.
_ De toute évidence.
_ Ça, c'est ma réplique.
L'aîné des Holmes posa brutalement la minuscule clé en or au creux de la main de son frère, un faux sourire plaqué au visage. Il soupira d'agacement, ne cachant pas sa contrariété et fit immédiatement demi-tour. Sherlock referma ses doigts autour de son trophée et laissa un petit rire cristallin s'envoler dans les airs.
Il fourra l'objet dans la poche de son manteau et allait retourner dans l'hôpital quand il vit le bureau de tabac de la rue d'en face. Ses lèvres s'étirèrent à nouveau en un grand sourire.
Ce n'est qu'une dizaine de minutes plus tard qu'il s'engouffra dans la chambre 221 sans même prendre la peine de s'annoncer. Il s'installa comme à son habitude à côté du lit, sur une chaise qu'il avait placé là quelques jours plus tôt pour remplacer le petit tabouret.
Jim ne disait rien et regardait Sherlock d'un air bizarre. Il aurait juré avoir entendu quelque chose de suspect au moment où le détective s'était assis. Il scruta alors minutieusement l'autre homme, se demandant s'il n'avait pas simplement imaginé le son étouffé de chewing-gums qui s'entrechoquaient. Mais lorsqu'il posa les yeux sur la poche du long manteau, ses lèvres s'étirèrent en un sourire qui laissait apparaître toutes ses dents.
« J'ai à chaque fois l'impression de ramener une côte de bœuf à un chien.
_ Tu aurais au moins pu faire l'effort de trouver une comparaison plus flatteuse…
_ C'est vrai que le cerveau d'un chien n'est pas spécialement plus stimulé et intéressant après une côte de bœuf.
_ Ces chewing-gums m'inspirent, que veux-tu… »
Sherlock lança le paquet au patient et s'appuya sur le dossier de sa chaise. Il plaça ses mains devant sa bouche et son menton, comme s'il priait, puis regarda dans le vide.
Moriarty cessa de mâcher un instant et l'observa attentivement, tentant vainement de découvrir l'objet des réflexions du détective.
« Tu sais que je ne pourrais pas reprendre mes affaires de « consultation » avant d'avoir retrouvé une infrastructure et un matériel adapté. Tu te dis que tu vas t'ennuyer demain quand je vais sortir de l'hôpital.
_ …
_ Je vais probablement devoir être plus ingénieux qu'à l'habitude pour me cacher. Je faisais confiance à Sebastian plus qu'à personne d'autre. Il me connait par cœur et connait tous les endroits où je pourrais me réfugier, ainsi que tous mes contacts les plus directs. Cet homme est un des meilleurs, je sais qu'il réussira à filer entre les doigts de la police.
_ … »
Le détective regardait l'autre génie dans les yeux et ne faisait aucun mouvement, se contentant d'attendre que celui-ci poursuive.
« Sherlock… toi il ne te connais pas. »
Les lèvres de ce dernier s'étirèrent en un demi-sourire victorieux, satisfait de voir qu'une fois encore il ne s'était pas trompé dans son anticipation.
« S'il te plaît, tu sais où je veux en venir, ne m'oblige pas à formuler cette demande.
_ Moi je ne t'oblige à rien, tu es tout à fait libre de faire comme de ne pas le faire… et laisser Moran t'abattre.
_ Je ne te savais pas aussi cruel…
_ Tu serais surpris.
_ Je ne demande que ça.
_ …
_ Bon très bien. Ce sacrifice est nécessaire après tout… Sherlock ? J'ai besoin de ton aide. De plus, toi aussi tu es en danger. Je pourrais argumenter davantage mais… ce ne serait qu'une perte de temps.
_ Parce que tu sais très bien que sans toi je pourrais mourir d'ennui.
_ Et vu ton sourire presque exagéré je vois surtout que tu avais déjà anticipé ça. Alors où on va ?
_ Tu verras.
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La route avait duré plus de deux heures. Deux interminables heures durant lesquelles Sherlock avait été muet comme une tombe, plongé dans les engrenages sans fin de son esprit. Moriarty, habillé de son costume que lui avait apporté le détective le jour de son admission à l'hôpital, se montrait plutôt nerveux. Le brun aux yeux bleus était resté très évasif sur le lieu où ils se dirigeaient. Cependant le criminel sans qu'il ne pût se l'expliquer fit confiance au cadet des Holmes, connaissant son dégoût pour l'ennui et son intérêt pour une intelligence égale à la sienne. Il était le seul à pouvoir rivaliser avec le musicien et ce dernier ne pouvait pas risquer de le perdre. Donc il l'avait accompagné à l'arrière de ce taxi tout en se posant mille questions.
« Est-ce que tu vas te décider à me parler de cet endroit ? Sérieusement, où va-t-on ?
_ Chez moi.
Voilà voilà, je n'ai pas résisté à l'envie de vous laisser sur ce "Chez moi" qui pourrait surprendre car il ne s'agit visiblement pas du 221B Baker Street! J'ai remarqué que sur ce chapitre j'avais souvent séparé les sous parties par les "OoOoOoOoOoOoO" et j'aimerais savoir si ça ne rend pas la lecture plus saccadée ou quoi... je n'arrive pas encore à prendre suffisamment de recul pour me juger moi même. Donc... review? ^.^ *Demande-t-elle d'un air tout innocent*.
Bref, sur ce, je vous dit à bientôt pour le chapitre 10 dont je n'ai encore aucune idée du titre! ^^
