Titre : Savage Amusement
Rating : M - viol(ent), déprimant, gore, slash, yaoi. Que du bonheur !
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Square Enix. Je n'ai de profit sur cette fiction que les reviews que vous voudrez bien me laisser. D'ailleurs, n'hésitez pas !
Remerciments : x-DDM-th-x pour la bétalecture !


Chapitre 1 : Enlèvement


Vincent entra dans la pièce, pour s'approcher sans bruit de Tseng. Celui-ci dormait profondément, et il put sans problème attraper le dossier accroché aux pieds du lit. Il le feuilleta quelques instants, avant de froncer les sourcils. Puis il s'approcha silencieusement du brun et lui pencha la tête des deux côtés. Il dénuda les clavicules, et soupira avant de descendre vers les poignets : il ne l'avait pas remarqué de suite, mais le poignet droit était protégé par un bracelet mousse. A y réfléchir, il l'avait déjà l'avant veille, lors de leur rendez vous. Il le retira en douceur, et passa un doigt sur la peau offerte à lui. Comme il s'y attendait, elle était grumeleuse sur environs 5 cm. Il porta le poignet à son visage, reniflant doucement celui-ci. Concentré sur sa tache, il revint à la réalité en entendant le déclic d'un cran de sûreté relâché, suivi de la pression froide du métal contre son front.

"- Je ne savais pas qu'ils autorisaient les armes ici.
- Lâche moi." Gronda Tseng, glacial.

Vincent laissa retomber la main, et vit l'arme se rabaisser. Il remarqua que le bras de Tseng tremblait légèrement, certainement à cause de la perfusion qui bloquait l'articulation du poignet. L'homme aux yeux rouges en profita pour s'en saisir et serrer, arrachant une exclamation de surprise à l'utaien qui laissa tomber son arme.

"- Qui est-ce ? murmura-t-il en rapprochant son visage de celui de Tseng.
- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. répondit Tseng d'un ton égal, sans ciller."

Mais quand Vincent raffermit sa prise, enfonçant ses doigts griffus dans la chair de l'utaien, celui-ci eut une grimace de douleur.

"- Je parle de celui qui te pompe du sang, Tseng. Qui vient même ici, d'après tes analyses."

Tseng se dégagea de son étreinte par une torsion de poignet, et détourna le regard.

"- Vous divaguez complètement. Peut-être votre cercueil au manoir ShinRa vous manque-t-il ?"

Violemment, Vincent le plaqua contre les barreaux de la tête de lit, resserrant ses doigts humains sur le cou de l'utaien.

"- Ne me prend pas pour un imbécile, Tseng. Tu ne sais pas à quoi tu joues... " grogna-t-il, avant de le relâcher.

Il regarda son subordonné retomber sur le lit, se frotter la gorge en le regardant avec haine. Peu à peu, une idée germait dans son esprit, et un léger sourire flotta sur ses lèvres, alors qu'il se relevait sans bruit. L'utaien lui jeta un regard inquiet, mais ne comprit que trop tard : Vincent lui avait déjà injecté un puissant somnifère.

oO°Oo

Tseng se réveilla en sursaut, avec l'impression qu'un danger imminent le guettait. Peut-être n'avait il pas tord : il était menotté à un lit par le poignet gauche.

Avec un soupir, il tendit la main vers la table de nuit, inondant rapidement la pièce d'une faible lumière. Il était dans une chambre décorée avec un certain goût, même s'il n'appréciait pas du tout celui-ci. Le parquet semblait être en pin massif sombre, ainsi que la totalité des meubles. De ce qu'il pouvait voir du papier peint -assorti aux draps-, il était vert forêt, presque totalement caché par des bibliothèques remplies de livres de tailles diverses. La porte n'était pas fermée, et donnait sur un salon. La réponse à la question "comment en suis-je arrivé là ?" semblait tellement absurde que le brun soupira, se concentrant sur son attachement un peu trop marqué à son goût pour la tête de lit. Le métal lui entaillait le poignet douloureusement, et rien dans la chambre ne pouvait l'aider à se détacher. Le lit massif était en bois, et il était encore à chercher à se libérer lorsque Vincent entra dans la chambre, avec un plateau. Il posa celui-ci à une distance raisonnable, avant de se rapprocher. Tseng lui jeta un regard sombre, se ramassant sur lui-même. L'homme aux yeux rouge vit se profiler la confrontation, et il soupira. Dans l'état actuel de Tseng, le mettre KO aurait été particulièrement facile, et n'aurait fait qu'envenimer les choses.

"- Je t'ai apporté à manger.
- Oh, merci, j'avoue qu'en plus de me séquestrer, je me demandais si vous alliez me laisser mourir de faim."

Son supérieur accepta la remarque sans broncher, et s'installa à l'extrémité du lit.

"- Tu n'aurais jamais pu te rétablir avec quelqu'un qui venait te vider régulièrement de ton sang. Tseng, s'il y a un vampire à la Shinra, j'ai besoin de le savoir.
- Les vampires n'existent pas. Vous devriez arrêter de lire Anne Rice... Se moqua Tseng, en secouant la tête.
- Et la marque au niveau de ton poignet, elle s'est faite toute seule ?"

Tseng baissa les yeux sur son poignet droit découvert, plus spécifiquement sur la cicatrice récente qui courait sur la veine. Indéniablement, c'était une morsure. On voyait le léger arrondi des dents, et les morsures plus profondes des canines.

"- Une amante un peu trop gothique à mon gout."

Vincent soupira, refusant de céder à l'exaspération.

"- Je peux être détaché? J'ai besoin d'une douche, et de manger. Entre autres. "

Ils se jaugèrent du regard pendant un moment, avant que Vincent hoche la tête. Une fois détaché, Tseng ramena son poignet à lui, pour faire revenir la circulation. Son supérieur se leva, pour revenir avec le plateau.

"- Maintenant, mange."

Devant le plateau, Tseng eut une hésitation, mais il se mit docilement à boire la soupe, l'accompagnant du pain complet et du verre de jus de fruit, sans bruit. Ce fut lorsqu'il reposa son verre vide que Vincent sentit le changement, et le plateau lui fut lancé en plein visage. Tseng lui envoya son pied en plein estomac, avant de bondir hors du lit et se mettre à courir. L'homme aux yeux rouges chercha son souffle quelques instants, avant d'essuyer la soupe qui lui coulait sur le visage. Il se releva souplement, posant le plateau à terre, avant de se diriger vers l'entrée.

Tseng poussa un juron, jetant un trousseau de clefs à terre. Il introduisit une nouvelle clef dans la serrure, lorsqu'une main métallique se posa sur la sienne, avant de commencer à la broyer fermement. L'utaien envoya son coude dans la mâchoire de son supérieur, se dégageant d'une torsion de poignet, pour se retrouver face à Vincent. La chemise blanche du directeur des affaires administratives était tachée de nourriture, mais ça ne le rendait pas moins inquiétant.

Il évita à peine le poing de Vincent, mais pas la main qui lui attrapa le cou, le plaquant contre la porte. La poignée lui rentrait dans les côtes, mais sans se laisser déconcentrer l'utaien effectua un balayage, pour se laisser tomber sur l'autre brun, les coudes en avant. Vincent poussa une exclamation de douleur et de surprise, mais éjecta Tseng par dessus lui en se servant de ses genoux, le faisant cogner violemment le bureau qui trônait dans le salon. Les deux bruns se relevèrent pour se faire face. Tseng cligna des yeux, au bord de l'évanouissement. Il fonça sur son adversaire, profitant de sa petit taille pour passer la garde de celui-ci, mais lorsqu'il voulut frapper, il n'y avait plus rien. Vincent se tenait derrière lui, et le plaqua face contre le mur.

"- La clef n'est pas dans l'entrée. Nous sommes au 30ème étage, je n'ai pas de voisin direct et une bonne partie des fenêtres sont équipées d'un système anti-intrusion. Tu ne pourras pas sortir d'ici tant que JE ne l'aurai pas décidé. Compris ?"

Tseng hocha la tête, la vue brouillée.

"- Alors tu vas réfléchir vite, me dire QUI te suce le sang, et je te laisserai sortir, d'accord ?"

Même réponse, et Vincent le relâcha. Tseng se retourna, et l'homme aux yeux rouges eut un pincement au cœur. Son subordonné semblait à la fois épuisé et au bord de l'évanouissement.

"- La salle de bain est par là. Indiqua Vincent, montrant la salle à gauche de la cuisine. Les toilettes juste à côté. En cas de problème, ma chambre est à côté de la tienne."

Puis il se détourna, ramassant quelques papiers qui étaient tombés du bureau. Tseng jeta un regard aux alentours. Tout l'appartement était centré sur le salon. En arrivant de l'entrée, qui était simplement un petit couloir, il y avait la cuisine à gauche, suivie de deux portes. Sa "chambre" était en face, et à droite il y avait deux portes, ce qui ne laissait aucune place pour une fenêtre. La totalité du sol était en bois presque noir, comme les meubles, et l'atmosphère intimiste semblait étouffante. Un canapé dans le style Wilmerg IV, accompagné de ses deux fauteuils massifs, était d'un bleu sombre, et les murs recouverts de bois. Tseng soupira, et se dirigea vers la salle de bain, encore chancelant.

oO°Oo

Vincent passa la porte, crispant ses muscles, prêt à bloquer une attaque. Rien ne se produisit, et il se détendit légèrement. Tseng était assis en tailleur sur le tapis, des dossiers étalés sur la table basse et autour de lui. Il était habillé d'un pantalon trop grand, noir, et d'une chemise blanche ample.

"- J'aimerai bien avoir les dossiers liés à mes affaires en cours ainsi que des vêtements potables. Annonça-t-il en guise de bonjour. Je vous ai aussi fait la liste de ce qu'il faudra mettre dans votre frigo, vous mangez vraiment n'importe quoi."

Vincent soupira, hésitant entre l'accablement total et l'énervement.

"- Ce n'est pas la peine que tu t'installes.
- Vous allez me laisser partir ? " demanda Tseng, haussant un sourcil.

Sans répondre, Vincent sortit plusieurs feuilles d'un dossier, les étalant sur la table.

"- J'ai étudié tes rapports sur ces trois derniers mois, c'est à dire depuis ta dernière visite médicale. Je pense pouvoir placer ta rencontre avec ce vampire, à une semaine près. Maintenant, j'ai besoin que tu me dises qui c'est. Si c'est moi qui trouve, je serai sans pitié."

Tseng s'était relevé, et l'homme aux yeux rouges remarqua qu'au cours de son monologue il avait pâli violemment. C'était donc quelqu'un de proche. Quelqu'un que Tseng protégerait à tout prix, et qui plus est qui était venu à l'infirmerie.

"- Tu ne me dis pas que c'est absurde ? Que les vampires ça n'existe pas ?"

L'utaien sursauta, avant de le fixer.

"- Je n'ai pas envie de me répéter à chaque fois. " Se défendit-il, soudain mal à l'aise.

Son malaise s'intensifia lorsque les yeux rouges de son supérieur le fixèrent.

"- A présent, je vais étudier précisément la liste des gens qui sont venus te voir, et traquer ce malade...Gronda-t-il, menaçant.
- Je n'ai jamais raté une mission ! Explosa Tseng. Que ce soit pour liquider quelqu'un, espionner, faire chanter, vous n'avez jamais eu à me reprocher quoi que ce soit ! Ca ne change rien à mes résultats !"

L'utaien s'arrêta, passant une main dans ses cheveux. Son air épuisé le rendait plus jeune, et les lourdes cernes qui marquaient ses yeux amplifiaient l'effet.

"- Tseng, nourrir un vampire, c'est... Trop pour un humain. Ton sang ne se régénère pas aussi vite, c'est pour ça que tu t'épuises. C'est pour ça aussi que tu t'es évanoui devant mon...
- J'avais deux nuits blanches derrière moi ! J'ai... j'ai passé 48h en planque, à bouffer des nouilles lyophilisées, n'importe qui aurait... ! " Hurla Tseng, frappant du poing sur la table.

Ils se regardèrent, et Tseng s'assit lourdement, pour se prendre la tête dans les mains. Vincent soupira, regardant son subordonné. Il s'agenouilla pour lui relever le visage, sidéré du manque de vigueur dont faisait preuve le brun lorsqu'il se dégagea.

"- Je... Je sais que ça ne mène à rien... murmura le plus jeune.
- Alors dis moi tout... Tu ne tiendras pas à ce rythme là. Et c'est dangereux de laisser un vampire en liberté.
- Comment... savez-vous tout ça ? demanda soudainement Tseng, le fixant avec un air inquiet."

Vincent lui rendit son regard, avant de se relever. Il laissa peser le silence, sans savoir comment répondre au plus jeune, retirant sa veste d'uniforme.

"- J'ai... été dans le même cas que toi. J'ai attendu, attendu, mais ça ne s'arrangeait pas... Au final, j'ai dû... être radical. Tseng, ne me dis pas que tu te laisses pomper avec plaisir !"

En haussant le ton, il fit sursauter l'utaien, qui le fixa avec un regard de bête effrayée.

"- Qu'est ce que je peux faire d'autre ? murmura-t-il. J'ai... l'impression que si je l'abandonne, il va..."

Vincent nota au passage l'utilisation du pronom masculin, et passa sa main normale dans les cheveux raides qui s'offraient à lui. Son estomac se tordit d'envie, lorsqu'il respira le parfum délicat du jeune homme.

"- C'est... arrivé récemment ?"

Tseng hocha la tête, et Vincent prit ça pour un encouragement.

"- Tu... étais présent ? C'est pour ça?"

Le brun se raidit, et l'homme aux yeux rouges sut qu'il était allé trop loin. Et qu'il avait certainement touché juste. Tseng se dégagea, s'éloignant d'un geste vif.

"- Evitez de me toucher."

oO°Oo

Tseng se frotta les yeux, jetant un coup d'oeil à la comtoise du salon. Vincent ne lui avait plus parlé. Ils avaient mangé en silence, chacun dans leur coin. A présent, son tortionnaire travaillait au bureau, l'air absorbé. Lui, il avait passé toute la journée à fouiller minutieusement l'appartement, sans rien trouver qui puisse l'aider. Un vase particulièrement lourd aurait pu l'aider à assommer Vincent, si celui-ci n'avait pas eu des réflexes surhumains. Avec inquiétude, il réalisa que cela faisait déjà deux nuits qu'il était là : bientôt, un vampire affamé rôderait dans Midgard. Mais Vincent ne semblait pas comprendre ça, tout du moins il ne voyait pas la situation sous cet angle là. Et dans ces pièces peu éclairées, il devenait fou. Comment Vincent supportait-il ça? Dans la chambre du maître de maison, la fenêtre était dissimulée par de lourds rideaux bordeaux, et dans le bureau les volets étaient coincés en position quasiment fermée. La cuisine et la salle de bain, elles, avaient leurs fenêtres opaques, et des barreaux à celles-ci. Les boiseries étaient sombres, les tentures encore plus. Tout donnait une impression d'ancienneté étouffante. Il se replongea dans le dossier qu'il était en train d'étudier avec un pincement au coeur. La préparation des missions lui manquait cruellement. Bien sûr, il avait toujours les rapports de Reno à relire et à corriger, ainsi que ceux de ses coéquipiers, mais tout l'aspect enquête préliminaire revenait à présent à Vincent. Il termina d'annoter le dossier, avant de proposer Reno en note pour cette mission.

oO°Oo

Vincent releva la tête de son dossier, et eut un presque sourire : Tseng s'était endormi, appuyé contre l'assise du canapé. Il se releva, récupérant le dossier qui trônait sur les genoux du brun, le parcourant rapidement. Un léger malaise le saisit lorsqu'il se rendit compte que le travail soigné de Tseng valait largement le sien : lui, il avait toujours été sur le terrain, et Tseng préparait les missions depuis des années. Il connaissait parfaitement chaque membre de son équipe, et quand il vit en conclusion que l'utaien avait proposé Reno pour la mission, il eut un rire désabusé. Lui, il aurait plutôt envoyé Elena, mais à y réfléchir, le roux était un meilleur choix... Délicatement, il souleva son subordonné, respirant l'odeur encore présente du vampire sur lui, mais aussi de son propre gel douche, et de son shampooing. Sans parler des vêtements, que Tseng avait récupérés dans sa propre armoire. Vincent émit un grognement de frustration, posant l'utaien sur le lit. Il le déshabilla rapidement, essayant de ne pas penser à ce qu'il faisait. Les hématomes de leur dernier combat marquaient le corps du brun, et Vincent soupira, lançant un sort de soin pour les atténuer. Tseng poussa un gémissement dans son sommeil, et l'homme aux yeux rouges ferma les yeux, luttant contre son désir. Avec envie, il caressa la peau sensible du poignet mordu, remontant jusqu'au pli du coude, puis jusqu'au cou... Puis il sursauta, lorsqu'il se rendit compte qu'il s'était mordu la lèvre inférieure jusqu'au sang. Rapidement, il quitta la chambre, après avoir refermé les couvertures sur le brun.


A suivre...