Coucou tout le monde :)

Alors comme promis, voilà le 2eme chapitre. Un tout grand merci à tous ceux qui ont pris la peine de laisser une petite trace, spécialement à tous les anonymes à qui je n'ai pas pu répondre directement. Donc merci 3

J'espère que vous aimerez tout autant ce chapitre et à bientôt :D

Bisous bisous!


-Hey, dit Axel en posant son index sur le front du chérubin, hey mon mignon, tu t'es trompé d'étage !

Roxas se dégagea brutalement et recula, visiblement effrayé. Autour de lui, il pouvait voir que les démons souriaient et il n'aimait pas ça du tout. Une fois debout, il vacilla dangereusement et se serait très probablement évanoui si Axel ne l'avait pas rattrapé en jurant. Il ne manquerait plus que ça, que Blanche neige vienne à faire un infarctus chez lui, tiens ! Il tapota un peu ses joues pâles, sans autre résultat qu'un ''Ne me touchez pas'' de la part de l'ange qui avait atterri dans son royaume.

-Ho ne t'endors pas ! Je veux savoir ce que tu fous chez moi !

Le blondinet entendait la voix du seigneur des enfers lui hurler dans les oreilles, mais il était bien incapable de comprendre ce qu'il essayait de lui dire. Tout était flou dans son esprit. Un horrible bourdonnement avait pris possession de son crâne et il était maintenant assailli de sueurs froides. Impossible pour lui de dire ou de faire quoi que ce soit. Il était paniqué et pourtant il ne parvenait pas à se dégager du rouquin qui lui faisait face. Il devait partir d'ici…

-Je…Je…Sora…

-Sora ? Tu t'appelles Sora ?

Axel poussa un profond soupir quand l'ange en face de lui secoua la tête de gauche à droite. Bon, c'était pas gagné. Les bras du petit blond étaient glacés contre ses mains. Cette vague de fraicheur l'avait envahi au moment même où sa peau avait frôlé la sienne. Contre lui, le blondinet cherchait vainement à se débattre…enfin, il interprétait ses gestes désarticulés comme une technique de défense. Absolument pas efficace, mais un moyen de se défendre quand même.

-Non mais qu'est-ce que tu fais ?

Roxas avait beau lutter, il ne tenait plus debout. Il avait l'impression de manquer d'air ses poumons se compressaient dans sa poitrine comme son cœur battait plus vite. Il voyait flou et le visage qui se tenait au-dessus de lui disparaissait peu à peu derrière un voile de brouillard. Il ne comprenait toujours pas comment il en était arrivé là, ni pourquoi il n'était pas encore mort. Il n'avait plus envie de penser. Il était de toute façon bien incapable d'aligner deux pensées cohérentes. Ses yeux se faisaient plus lourds à mesure que le temps avançait. Sa tête était prête à exploser. Quand ses jambes se dérobèrent, il s'accrocha un peu plus au blouson du seigneur des ténèbres pour ne pas tomber.

-Bordel !

Et voilà que l'ange venait de s'évanouir dans ses bras. Est-ce qu'il n'avait que ça à faire que de jouer la nounou avec ses ennemis ? Non. Il aurait mieux fait de balancer ce gamin directement dans le Tartare, mais il voulait avant tout savoir pourquoi il était ici. Comment un ange avait-il réussi à pénétrer dans son royaume si bien gardé ? Il soupira un peu plus fort en regardant ses yeux clos : au moins maintenant, il n'avait plus le temps de s'ennuyer. Et il regrettait déjà ce temps où il n'avait pas de chérubin dans les pattes. Larxène s'approcha de lui, il pouvait sentir son souffle contre son épaule.

-Seigneur Axel, susurra-t-elle, que voulez-vous qu'on fasse de lui ? Si vous me permettez de donner mon avis, je pense que le supplice de la roue serait parfait pour l'accueillir comme il se doit.

-Ou nous pouvons toujours l'offrir à Cerbère, renchérit Xaldin, cela fait bien longtemps qu'il n'a plus goûté à la chair fraiche des anges.

-Seigneur, si je puis me permettre, c'est notre travail de remettre la sentence et…

-Ca suffit tous les trois.

Ils lui donnaient déjà la migraine, à se chamailler pour savoir de quelle manière ils se débarrasseraient du petit chérubin qui avait été assez fou pour s'aventurer sur leur territoire. Axel n'avait habituellement aucune pitié envers ses ennemis, mais cette fois c'était différent. Il ne voulait pas le punir avant de savoir pour quelles raisons il était là. Le paradis et les enfers avaient toujours été en guerre et ni l'un ni l'autre n'avait jamais voulu se rendre. Alors que c'était-il passé là-haut pour que ces êtres auréolés décident de leur envoyer un des leurs ?

-Saïx, conduits-le dans mes quartiers.

-Mais Axel…

-Et ne discute pas mes ordres.

Le balafré grogna, mais il chargea l'ange sur son épaule et disparut du cercle des démons. Axel resta un long moment immobile, se contentant de regarder l'assemblée qui le dévisageait. Personne ne semblait comprendre sa décision. Il pouvait déjà en entendre certains chuchoter derrière lui et la mine blasée qu'arborait Zexion ne lui laissait aucun doute quant à ses pensées. Seul Demyx n'avait pas encore froncé les sourcils, probablement parce qu'il n'avait pas encore compris ce qu'il se passait.

-Retournez à vos postes. Plus vite que ça !


-On n'aurait jamais dû faire cela !

-Oh Kairi je t'en prie, tu me donnes mal au crâne.

La blondinette rejeta une mèche de cheveux rebelle en arrière tout en effleurant le dossier concernant Roxas. Elle n'avait aucun remord à avoir fait ce qu'elle avait fait un peu plus tôt dans la journée. Elle les avait certainement tous sauvés. Depuis le début, elle avait toujours su que Roxas et Sora auraient été un danger pour la communauté. Sora était parti tout seul et maintenant qu'elle avait réussi à évincer Roxas, plus rien de mal ne pourrait leur arriver. Elle en était persuadée.

-Mais Naminé, il est en enfer !

-Il était de toute façon perdu.

Il l'avait toujours été. Depuis sa naissance. Elle avait toujours su que son existence au paradis n'était que passagère et, si son cousin habitait ce lieu céleste, son cœur avait toujours été ailleurs. Elle aurait dû se débarrasser de lui bien avant. Grâce à elle, l'ange supérieur était persuadé d'avoir sauvé le salut de leur terre sainte et la voyait maintenant comme une véritable sauveuse à qui il était bon de demander conseil.

-N'est-ce pas ce que tu as toujours désiré ? Demanda-t-elle en entortillant un doigt autour d'une mèche rousse de son amie.

-Si, bien sûr mais…

-Alors silence.

Kairi ne devait pas faiblir, sinon elle serait dans l'obligation de se séparer d'elle aussi. Son amie avait toujours été une de ses plus fidèles alliées, même si elle était aussi très attachée aux deux garçons qui avaient maintenant disparus. C'était certainement la seule en qui Naminé avait un tant soit peu confiance, mais elle n'hésiterait pas à se débarrasser d'elle si jamais Kairi aurait pu compromettre son plan. Elle glissa un peu plus sa main dans sa chevelure et exerça une légère pression sur son crâne, l'obligeant à la regarder.

-Tu n'as pas l'intention de me trahir Kairi, n'est-ce pas ?

-N-Non !

-Parfait. Tu n'as rien à craindre dans ce cas.

La petite rousse déglutit quand le regard clair de son ami s'ancra dans le sien. Elle pouvait voir à quel point Naminé ne reculerait devant rien. Elle n'avait pas hésité à tout faire pour que Sora s'en aille, tout comme elle n'avait pas hésité à sacrifier Roxas, uniquement dans le but d'acquérir plus de pouvoir. Kairi commençait à se demander si c'était vraiment des ténèbres dont elle devait se méfier…


-Je ne comprends pas pourquoi tu as fait ça !

-Tu me fatigues, Saïx.

Affalé sur une chaise au chevet de l'ange, le menton posé sur la paume de sa main droite, Axel écoutait depuis tout à l'heure le long et pénible monologue jaloux de son ami. Saïx était comme les autres, il ne cherchait pas plus loin que le bout de son nez. C'était peut-être un piège…peut-être que les traitres du premier étage leur avaient envoyé cet appât pour mieux les piéger par la suite. Axel n'était pas dupe, il savait à quel point les anges pouvaient être fourbes et malsains. Et puis de toute façon, il n'avait pas à se justifier, pas même auprès de Saïx. Il était le maître des lieux après tout.

-Mais enfin Axel, c'est un ange ! Un ennemi, un…

-Je sais très bien qui il est.

-Alors pourquoi est-il toujours en vie dis-moi ?

Le seigneur des enfers étendit ses longues jambes devant lui en s'étirant. Ce que son ami pouvait être barbant parfois. Même souvent.

-Ça ne te regarde pas.

Est-ce qu'il lui demandait de justifier ses moindres faits et gestes, lui ? Non. Alors il en attendait de même en retour. Axel agissait souvent sans réfléchir mais pourtant il savait que cette fois, il avait fait le bon choix. Oh il n'était pas certain que l'ange resterait encore longtemps en vie, mais il allait le préserver encore quelques temps, le temps de savoir ce qu'il faisait ici alors que sa place était un peu plus haut, dans le monde merveilleux des bisounours drapés de blanc.

Il vit Saïx ouvrir la bouche avant qu'un long gémissement ne retentisse juste à côté de lui. Il tourna légèrement la tête pour voir que l'ange se réveillait doucement à côté de lui. Aussitôt, il chassa Saïx, prétextant qu'il souhaitait s'entretenir seul avec leur invité –et surtout parce qu'il n'avait pas envie de l'avoir dans les pattes- et il ne tint même pas compte des protestations de son ami. Il était le maître, et quand le maître parlait, on l'écoutait. Vraiment, il devrait peut-être faire une nouvelle charte avec de nouvelles règles comme par exemple : ne pas contredire le maître, ne pas traiter le maître comme son pote et surtout, surtout, caresser le maître dans le sens du poil. Un petit déjeuner au lit de temps en temps et l'entente aux enfers serait parfaite.

Il revint les pieds sur terre quand il sentit le regard insistant de l'ange sur lui. Il clignait des yeux, comme s'il cherchait à sortir d'un douloureux cauchemar. Axel arbora son sourire le plus sadique tout en se penchant un peu vers lui. Les coudes posés sur le matelas du chérubin, il le regardait émerger. C'était tout de même mignon, un ange qui sortait du sommeil.

-Enfin, Blanche neige se réveille !

Roxas le fixa sans avoir l'air de comprendre. Qu'est-ce qu'il faisait dans un lit qu'il ne connaissait pas, avec un homme qu'il ne connaissait pas et dans un endroit qu'il ne connaissait pas ? Et qui était cet homme au juste ? Un kidnappeur ? Un pédophile ? Un psychopathe ? Les trois en même temps ? Se serait-il aventurer trop loin du paradis ? Et puis tout lui revint en mémoire : Sora, Naminé, l'ange supérieur, la décision du conseil. Il était en enfer. Quand l'index du seigneur des enfers s'enfonça contre sa joue, il se recula brusquement, battant des ailes et faisant tomber le roux à la renverse.

-Wow, non mais ça va pas la tête ? Ça fait vachement mal ton truc !

Roxas colla son dos contre le mur, tentant de se reculer un maximum de cet homme qui le regardait. S'il était en enfer, il savait qu'il ne lui restait probablement plus beaucoup de temps avant de passer à la rôtissoire. Dans le monde d'où il venait, chaque ange craignait cet endroit comme la peste. On racontait beaucoup de rumeurs au sujet de ces lieux maudits. Certains pensaient que les anges étaient brûlés, d'autres croyaient qu'on utilisait leur sang pour repeindre les murs et d'autres encore étaient persuadés qu'on leur faisait subir les pires tortures, jusqu'à ce qu'ils leur disent ce qu'ils voulaient entendre. A savoir qu'ils renonçent à leur statut céleste pour devenir des créatures de la pire espèce. Des monstres, des spectres, des démons.

Axel tendit à nouveau une main vers lui et, quand l'ange voulut encore se jeter sur lui, il le colla contre le mur sans attendre. Il était bien plus rapide et bien plus puissant que lui. Il n'éprouva donc aucune difficulté à emprisonner ses poignets pour caler ses bras au-dessus de sa tête. L'ange était à présent à sa merci.

-Je te déconseille de faire ça.

Sa voix était rieuse, certainement autant que les orbes verts qu'il avait ancrés sur lui. Roxas frémit quand son souffle s'écrasa contre son visage il était incapable de se dégager de sa poigne de fer et puis de toute façon, il n'avait pas envie de s'enfuir. Au mieux, il risquerait une mort plus longue et plus douloureuse encore. Alors autant attendre sagement de subir sa peine. Après tout, c'était bien pour ça que les siens l'avaient envoyé ici, n'est-ce pas ?

-Ton nom ?

-Qu'est-ce que ça peut bien vous faire ?

-Est-ce que tu sais qui je suis ? Demanda à nouveau Axel en s'approchant un peu plus de lui si c'était possible.

Roxas retint son souffle : la pression sur ses poignets s'était faite plus forte et il pouvait déjà presque deviner les jolies marques rouges qui se dessineraient bientôt. Axel desserra légèrement sa poigne quand l'ange en face de lui couina. Il avait parfois du mal à contrôler sa force, il n'en avait pas besoin avec les démons. C'était une deuxième différence qui les séparait des habitants d'en haut : les anges n'étaient pas des créatures destinées au corps-à-corps. Eux si. Et à tous les types de corps-à-corps…

-Je suis le seigneur des enfers. Le maître de ces lieux. Et c'est moi qui décide où, quand et comment tu dois mourir.

-Alors qu'est-ce que vous attendez ?

-Je veux d'abord connaître ton prénom.

Il s'éloigna un peu de lui, comme pour lui montrer qu'il n'avait rien à craindre. Et c'était vrai : Axel n'était pas une mauvaise personne. Après tout, il était simplement responsable de la torture de 1567381 âmes et de la mise en œuvre de 3485 guerres, ce qui en soit n'était pas tant que ça. Si on comparait son règne à celui de ses prédécesseurs, on pouvait dire qu'Axel n'était pas une mauvaise personne, vraiment. Bon, il avait un petit faible pour tout ce qui était sanglant et cruel, mais c'était un péché mignon comme les autres. Rien d'alarmant.

-R-Roxas.

-Roxas, répéta-t-il en inclinant légèrement la tête sur le côté.

C'était un prénom bizarre ça, Roxas. Un prénom d'ange, quoi. De toute façon, le blondinet fleurait l'ange à plein nez. Il suffisait de regarder sa bouille et ses grands yeux bleus pour comprendre qu'il en était un. Axel se gratta la joue tout en réfléchissant. Roxas le dévisageait toujours, cherchant secrètement un plan pour se faire la malle au plus vite.

-Et qu'est-ce que tu fais ici, Roxas ?

Ce qu'il faisait ici ? Il n'en savait rien lui-même. La seule chose dont il était certain, c'est qu'il avait été trahi. Il avait été trahi par les siens et envoyé ici sans raison valable. Était-ce un piège ? Un moyen de mettre un terme à la guerre ? De leur tendre une embuscade ? Ou bien était-ce simplement un moyen plus rapide de se débarrasser de lui ? Il n'en savait rien. Roxas n'aspirait qu'à une seule chose, retrouver Sora, et il se retrouvait finalement dans cet endroit sombre et lugubre qui lui faisait froid dans le dos.

Assis face à lui, Axel fixa son regard voilé sans comprendre. L'ange n'avait pas l'air de savoir ni pourquoi ni comment il avait atterri dans son royaume. Serait-il possible que le monde d'en haut soit assez désespéré pour envoyer l'un des leurs à une mort certaine ? Le seigneur des enfers lui-même ne pouvait pas croire qu'ils soient si lâches. Parce que si vraiment c'était le cas, il n'aurait alors aucun remord à exterminer cette race qui se disait pure. La trahison était le pire des défauts, celui qui était le plus sévèrement puni par ses juges. Ici aux enfers, les démons trompaient, jugeaient, torturaient, mentaient, tuaient, mais ils ne trahissaient pas. Jamais. Sous peine de quoi ils étaient rapidement perçus comme étant des ennemis. Et subissaient le sort qui leur était réservé.

-Roxas ? Insista-t-il en posant à nouveau une main sur la sienne.

-Ne me touchez pas !

Roxas bondit sur ses pieds et, dans la précipitation, trébucha. Axel voulut le rejoindre dans l'unique but de l'aider, mais l'ange se recroquevilla sur lui-même comme un petit animal blessé. Il avait été trahi, Axel en était à présent presque certain. Il s'approcha doucement de lui et, avec toute la douceur dont un seigneur des ténèbres était capable de faire preuve, l'obligea à relever la tête. Le regard de l'ange était meurtri, il semblait totalement perdu dans ce monde qui n'était pas le sien. Et Axel ne connaissait que trop bien ce sentiment.

-Calme-toi, murmura-t-il.

Le blondinet ne sursauta pas cette fois, il ne hurla pas non plus. Il y avait toujours autant de terreur dans son regard, mais il ne dit rien. Axel soupira, se demandant ce qu'il allait bien pouvoir faire de lui. Avait-il vraiment droit de sacrifier ainsi un être qui l'avait déjà été par les siens ? Et puis d'abord, depuis quand avait-il des scrupules ? Roxas était peut-être une victime, mais il ne pouvait pas se permettre de le garder en vie ! Ça nuirait fortement à sa réputation d'être-sans-cœur-et-sans-pitié. Que penseraient ses sujets de lui ? Et depuis quand se souciait-il de ce que les autres pouvaient bien penser de lui ? Rah, il détestait vraiment ça !

Mais comme il se plaisait de le rappeler, il était le maître, n'est-ce pas ? Alors il avait encore le droit de décider du sort de ses invités…Et puis il ne leur mentirait pas en disant qu'il n'en avait tiré aucune information. Roxas ne lui avait rien dit quant à la raison de sa présence dans son royaume…Il n'était donc pas obligé de le juger tout de suite. Il pouvait très bien jouer la comédie quelques temps, et quand il serait parvenu à ne plus avoir aucun remord à l'idée de le mettre en pièce, il se débarrasserait de lui. Oui, c'était une très bonne idée. Parfois il s'étonnait lui-même.

-Reste-là, lui indiqua-t-il en se relevant, je repasserai te voir plus tard.

-A-Alors vous…vous n'allez pas me torturer ?

Le rire d'Axel s'éleva autour d'eux : les anges avaient décidément beaucoup d'humour.

-Non, dit-il en ouvrant la porte, pas encore…


-Je n'arrive pas à croire qu'il ait pu faire une chose pareille !

-Calme-toi Zexy, tu veux un petit massage pour te détendre ?

-Je suis sérieux, Demyx.

Le punk fit la moue en se laissant tomber à ses côtés sur le lit. Mais lui aussi, il était très sérieux ! Il ne comprenait pas pourquoi tout le monde était en colère contre Axel. Après tout, il n'avait rien fait de mal, si ? Il avait tout à fait le droit de tomber sous le charme du blondinet, non ? Bon d'accord, le blondinet en question était un de leurs ennemis jurés, mais quand même, à quoi pouvait bien leur servir tant de violence ? Dans le monde de Demyx, les gens s'aimaient sans avoir besoin d'appartenir au même monde. De toute façon, c'était toujours la même rengaine : ils se battaient contre les anges, perdaient, se battaient encore pour prendre leur revanche, gagnaient, puis se rebattaient encore parce qu'ils s'ennuyaient terriblement.

Bref, c'était une guerre sans fin et sans véritable raison. Ah si, Axel voulait dominer les trois mondes, mais ça ne voulait pas dire qu'il devait tous les exterminer, si ? Et puis le petit chérubin n'aurait pas été capable de faire du mal à une mouche, alors pas la peine d'en faire tout un fromage !

-Ça va à l'encontre des règles de notre communauté !

-Zexion a raison, punky !

Larxène. Qu'est-ce qu'elle faisait là elle, au juste ? Demyx avait parfois l'impression qu'elle les suivait à la trace, et ça ne lui plaisait pas vraiment. Il avait du mal avec les blondes. Quand elle les rejoignit sur le lit, Demyx mâchouilla un crayon sans rien dire. Il savait bien que, quoi qu'il puisse trouver comme argument, les deux autres se feraient une joie de les démonter. C'était toujours la même chose de toute façon, il n'arrivait jamais à en placer une. C'était pareil pour les sentences, pour les décisions de groupe et même pour le choix du menu !

-Moi en tout cas, je ne tolère pas qu'une telle créature ne soit pas punie !

-Mais toi, tu ne tolère rien de ce qui s'approche à moins d'un mètre du seigneur Axel. Tu es dingue de lui !

Ce n'était plus un secret pour personne, que la blondinette en pinçait pour leur maître. Il fallait être aveugle pour ne pas le voir. Mais elle se contenta de hausser les épaules en piochant un biscuit qui trainait par-là.

-Pas plus de lui que de toi, se contenta-t-elle de répondre en se penchant vers Zexion.

Demyx grogna en enfouissant son visage dans un oreiller : pourquoi est-ce que cette fille draguait Zexion alors qu'elle pouvait déjà avoir tous les autres ? Il faudrait vraiment qu'on lui explique le fonctionnement du cerveau féminin, un jour. Non pas qu'il soit jaloux, loin de là, mais il n'aimait pas qu'on touche aux choses qui lui appartenaient. Et dans son cerveau de punk, Zexion lui appartenait d'une certaine façon : c'était son ami. Il les écouta encore débattre de la question du chérubin qu'Axel n'avait pas encore jeté en pâture au Cerbère et finit par s'endormir. Cette journée riche en émotions l'avait vraiment beaucoup fatigué.

Ce n'est que bien plus tard, quand Larxène fut partie et qu'un petit ronflement s'était élevé dans la pièce que Zexion se rendit compte que son ami s'était endormi. Il soupira tout en tirant la couverture un peu plus haut sur sa taille. Demyx était impossible.

-Espèce de larve, murmura-t-il en reprenant sa lecture.

Peut-être trouverait-il dans ses livres un moyen pour chasser l'ange de LEUR royaume ?


Axel bâilla : après Saïx, Larxène, Xaldin et Vexen, c'était Luxord qu'il avait vu débarquer dans son bureau pour lui démontrer par a plus b qu'il devait à tout prix se débarrasser de Roxas. Il avait radoté quelque à propos de la fin du règne des ténèbres, d'une race impure et d'une malédiction. Et il avait vu tout ça grâce aux cartes. Pour être franc, Axel n'avait pas compris la moitié de ce qu'il avait essayé de lui dire, mais il lui avait promis de prendre sa mise en garde très au sérieux. Même s'il ne comptait rien en faire, au moins Luxord avait déguerpi de son bureau. Il repoussa son siège et se releva dans l'unique but d'aller voir comment allait l'ange qu'il avait recueilli, mais il eut la surprise de le trouver endormi sur SON lit.

Bon. Et où était-il censé dormir lui maintenant ? Certainement pas avec lui ! Il avait peut-être accepté de le garder en vie plus longtemps, mais ce n'était certainement pas pour ça qu'il était prêt à pactiser avec l'ennemi. Parce que Roxas était et resterait toujours un ennemi. Un être dont il fallait se méfier. Pourtant, quand il le voyait comme ça, endormi, le seigneur des enfers n'avait pas l'impression qu'il fallait le craindre. Au contraire. Il s'assit au bord du lit et repoussa une mèche de cheveux blonds qui barrait le front de l'ange, le faisant grogner. Il sourit : c'était très amusant de voir quelqu'un à sa merci comme ça. S'il l'avait voulu, il aurait très bien pu mettre un terme à l'existence de Roxas. Il lui suffisait simplement de serrer son cou et…

Il secoua la tête et se releva avant que ses idées noires ne prennent totalement possession de lui. Bon, puisque le blondinet avait visiblement décidé de passer la nuit dans son lit, il n'avait plus qu'à trouver une autre solution…Comme élire domicile dans la chambre de Saïx pour la nuit, par exemple…Après tout, son ami ne pouvait rien refuser au maître qu'il était et puis il aurait probablement bien besoin de prendre un peu d'avance s'il voulait que la pilule ''je ne compte pas me débarrasser de Roxas tout de suite'' passe sans trop de problèmes. Finalement, c'était peut-être une bonne chose que Roxas se soit endormi…