Titre : Savage Amusement
Rating : M - viol(ent), déprimant, gore, slash, yaoi. Que du bonheur !
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Square Enix. Je n'ai de profit sur cette fiction que les reviews que vous voudrez bien me laisser. D'ailleurs, n'hésitez pas !
Remerciments : x-DDM-th-x pour la bétalecture !
Chapitre 3 : Bouée de Sauvetage
Vincent releva la tête de ses mains, osant enfin jeter un regard à Tseng. Le jeune homme ne bougeait plus, étendu sur le lit. Des larmes silencieuses coulaient sur ses joues devenues cireuses, et sa respiration soulevait à peine sa cage thoracique.
Il allait mourir à ce rythme, et ils en étaient tous les deux conscients. Le vampire sentit son cœur se serrer. C'était sa faute, et il ne pouvait pas rester à rien faire.
Lentement, il attrapa son PHS, et composa un numéro, essayant d'ignorer le fait que sa main tremblait. Après une attente interminable de trois sonneries, une voix neutre lui répondit.
"-Rude. J'ai besoin de quatre poches de sang. ... Non, tout de suite. Chez moi. ... Dépêche toi. "
Puis il se tourna vers Tseng, rassuré de voir que l'utaien détournait le regard pour l'éviter. Vincent marqua une pause devant l'état lamentable de son subordonné. Il n'en revenait pas, il n'arrivait pas à imaginer qu'on ait pu lui faire ça. Que Chaos... Qu'IL ait pu... Le violer -plusieurs fois-, le vider de son sang. Il avait arrêté avant que l'utaien ne meure, mais pour quel résultat... Il se ressaisit lorsque son regard buta sur la chemise blanche déchirée de Tseng, qui trainait à coté d'un pantalon dans le même état. Rapidement, il se débarrassa des affaires déchirées, avant de retourner près du blessé, une matéria de soin à la main. Des écorchures rougeâtres marquaient sa peau au niveau du torse et des hanches, et Vincent se concentra pour les faire disparaître, regardant la peau pâle reprendre sa couleur d'origine. Il s'attarda sur le ventre lisse dont les abdominaux finement dessinés étaient maculés de sperme, pour redescendre vers les hanches de l'utaien, véritables incitations à la luxure, se repaissant de la vue délicate. Les jambes du Turk bougèrent légèrement, et Tseng tendit la main vers les couvertures roulées en boule de l'autre côté du lit, certainement pour se recouvrir, mais son aîné lui saisit le poignet au vol, rougissant. Qu'est-ce qui lui prenait? Il aurait voulu dire quelque chose, mais se contenta de lancer un sort de Morphée avant de retourner son subordonné sur le ventre, constatant les dégâts qu'avait fait Chaos sur le dos du brun. Le scorpion stylisé qui descendait vers ses reins était barrée de trois blessures profondes, défigurant le tatouage de manière irrémédiable. Vincent se rappelait encore du plaisir qu'IL avait eu à griffer cette marque, du cri de douleur et de détresse qu'avait poussé Tseng lorsque les griffes s'étaient plantées dans son dos. Se concentrant, Vincent laissa la magie affluer vers sa main, pour la transmettre aux plaies, qui formèrent rapidement des cicatrices livides sur le dessin. Vincent soupira, retournant son cadet avec délicatesse. Avant qu'il ne décide ce qu'il allait faire, on frappa à la porte deux coups secs. Il recouvrit rapidement Tseng avant d'ouvrir à Rude, le laissant entrer sans un mot.
Le Turk marqua une hésitation à l'entrée de la chambre en voyant Tseng étendu sur le lit, mais ne fit aucun commentaire. Il frôla le jeune homme et attrapa son bras, frémissant au contact de sa peau glacée. De ce qu'il connaissait, Tseng avait beau être impassible, il avait toujours une température corporelle élevée, seule expression de son bouillonnement intérieur.
Il posa son pouce sur le poignet violet, encore plus inquiet lorsqu'il sentit le pouls particulièrement faible du jeune homme.
Rude ouvrit la mallette pour en ressortir la poche de sang, qu'il fixa à la tête de lit, avant d'enfoncer le cathéter dans la veine du brun, puis réitéra l'opération sur l'autre bras, pour enfin lisser les couvertures sur le lit du blessé.
Lorsque Vincent, resté en arrière, le rejoint dans la chambre, il retira ses lunettes de soleil pour fixer le directeur des Turks de son regard perçant. Son œil gauche, d'un vert doux, semblait tout à fait normal, mais le droit était doré, et la pupille irrégulière mettais généralement mal à l'aise les interlocuteurs du Turk.
"- Qu'est ce qui s'est passé ?"
Vincent eut une courte inspiration, avant de sortir le premier mensonge qui lui vint à l'esprit.
"- Je l'ai trouvé comme ça."
Il retint son souffle devant le regard inquisiteur de son subordonné, et fut rassuré malgré lui quand Rude remit ses lunettes pour s'occuper de changer les perfusions. Les minutes s'écoulèrent dans le silence le plus pesant, tandis que Rude passait sa main sur la joue de Tseng, d'un geste étonnement doux. Enfin, la transfusion fut terminée. Rude se leva alors, et se saisit du corps de son supérieur.
"- Etant donné le niveau de danger du quartier et son état, je pense que c'est mieux qu'il reparte avec moi." informa Rude, la voix mordante d'ironie.
Impossible, c'était sa proie ! Il n'avait même pas le droit de la toucher !
Vincent ferma les yeux pour essayer de calmer Chaos qui grondait en lui, et pour ne pas se jeter sur Rude. Jugeant que le silence du brun était plus de nécessaire pour l'accuser, il sortit de l'appartement.
oO°Oo
Rude s'assit dans sa voiture, après avoir posé Tseng toujours inconscient sur le siège passager. Il contempla un instant le visage du brun, rongé par l'inquiétude : Tseng avait pleuré. La seule fois où il avait pleuré, il était mort quelques minutes après. Certes, l'équipe de la Shinra avait réussi à le faire repartir, et les deux mois de coma qu'il avait subi n'avaient heureusement laissé aucune séquelle, mais Rude se rappelait parfaitement du regard terrorisé que leur avait jeté Tseng quand ils l'avaient retrouvé. Terrorisé et en larmes. Peu de gens auraient pu penser ça du chef impassible des Turks, mais la mort ne laissait personne indifférent.
Tseng reprit connaissance un peu avant qu'ils arrivent à destination, clignant des yeux d'un air perdu.
"- R... Rude?" murmura-t-il, la voix éraillée. "On... on est où ?
- On arrive bientôt chez moi."
Tseng remua légèrement, avec un grognement de douleur. Puis, captant le regard inquiet de son coéquipier, il détourna le regard vers la vitre. La douleur remontait le long de sa colonne vertébrale, irradiait dans ses cuisses et il avait du mal à respirer. Chacun de ses membres lui envoyait des signaux de douleur, et il aurait préféré rester encore inconscient... Il avait beau essayer de se rassurer, la terreur et la honte avaient encore le dessus sur lui. Il jeta un coup d'œil à Rude qui conduisait impassiblement : Il était encore en costume, malgré l'heure tardive.
"- Désolé de te déranger. "
Rude le dévisagea un instant, surpris. Il gara la voiture sans répondre, avant de descendre et d'ouvrir la portière côté passager et de s'agenouiller pour être à la hauteur de Tseng. Seule sa tête et un poignet bleuit ressortait de la couverture dans laquelle il était enroulé, et il semblait vraiment misérable.
"- Tseng, tu penses VRAIMENT que j'aurais pu te laisser là bas, avec lui? Arrêtes de dire des bêtises. Tu peux marcher? On est arrivés."
Le brun détacha sa ceinture de sécurité et pivota, pour se plier en deux à cause de la douleur.
"- D... Désolé, je...
- C'est bon, je vais te porter, d'accord? "
Rude souleva délicatement Tseng, le sentant se raidir lorsqu'il l'attrapa. L'ancien chef de Turks expira difficilement, mais son coéquipier pouvait toujours sentir ses jambes trembler.
Il grimpa rapidement les 3 étages qui les séparaient de son appartement, préférant éviter l'ascenseur : va savoir ce qu'aurait pu ressentir Tseng, coincé avec lui?
Ouvrant d'une main la porte, remarquant que Tseng ne bougeait pas. Il se dirigea avec son précieux fardeau dans les bras vers une porte et l'ouvrit doucement.
"- La salle de bain est juste là. Prends ton temps, appelle s'il y a un problème."
Tseng hocha la tête, titubant sur ses jambes. Il avait l'impression que ce que Vincent lui avait fait lui avait coupé les jambes, mais il avança dans la pièce, remerciant Rude d'un hochement de tête.
oO°Oo
Il fit tomber le drap à terre et boitilla vers le lavabo pour s'appuyer dessus, fixant son reflet. Son visage avait relativement été épargné, et dans l'ensemble la majorité de ses plaies avaient été refermées par des soins. Certaines marques laissaient des cicatrices blanches et fines sur son corps, lorsque les griffes de Chaos s'étaient trop profondément enfoncées en lui, et les bleus qu'il lui avait faits en le tenant n'étaient pas partis. Tseng fit quelques mouvements avec ses doigts, rassuré que, malgré sa couleur violette, son poignet aille plutôt bien.
Il baissa les yeux sur son ventre, et rougit de honte. Peut-être aurait-il pu éviter ça, se défendre plus? Le pire était certainement le plaisir qu'il y avait prit. Tseng avait beau se chercher toutes les excuses possibles, le sperme qui maculait son ventre ne laissait aucun doute : c'était le sien. Ravalant un soupir, l'utaien enjamba difficilement le rebord de la baignoire, pour s'agenouiller au fond. C'était encore la position qui lui faisait le moins mal. Il laissa couler l'eau un instant avant de laisser aller sa tête en dessous, faisant une totale abstraction de ce qui l'entourait.
Avec un soupir, il coupa enfin le robinet, et essora ses cheveux. Il s'extirpa avec difficultés de la baignoire, remarquant la prévenance de Rude qui avait fait apparaître des vêtements propres sur le rebord de l'évier.
oO°Oo
Rude releva la tête lorsque la porte de la salle de bain s'ouvrit sur Tseng. Celui-ci boitait toujours, et resta à tripoter la poignée de porte, sans savoir quoi faire. Il avait enfilé le pyjama de Rude, trop grand bien sur, et gardait une serviette sur les épaules pour ses cheveux mouillés.
Le chauve retint un soupir, et tapota le canapé à côté de lui, regardant le brun s'approcher timidement et s'asseoir à distance respectable, avant de baisser les yeux pour les fixer sur ses mains posées sur les genoux.
"- Tu... ne devrais pas garder les cheveux mouillés."
Tseng se contenta d'un grognement vaguement affirmatif, sans pour autant bouger. Rude se leva et entra dans la salle de bain, jetant un regard écœuré au drap maculé posé en tas dans un coin, pour ressortir avec une brosse et s'installer derrière Tseng. Celui-ci se crispa lorsqu'il lui posa la main sur l'épaule, mais se laissa faire devant la douceur et la patience de Rude. Il commençait à somnoler, lorsque son subordonné arrêta son traitement.
"- Merci. Murmura Tseng, cherchant à se redresser."
Le chauve lui intima d'une pression sur l'épaule de rester assis et soupira.
" - Tu veux quelque chose de chaud?"
Tseng secoua négativement la tête, et se cala dans le canapé, fixant devant lui. Rude s'assit précautionneusement à une bonne distance du brun. Celui-ci cilla lorsqu'il posa la main sur son épaule pour le fixer sérieusement.
"- Tseng... Dis-moi ce qui s'est passé."
Tseng le fixa et son visage s'assombrit alors qu'il baissait la tête. Rude lui saisit le menton malgré la peur qu'il lut immédiatement dans les yeux noisette de son supérieur, et retira ses lunettes pour les poser sur la tables.
"- Tu as disparu presque une semaine après un séjour à l'infirmerie, et je te retrouve dans cet état... J'ai besoin de savoir si je tue Vincent pour t'avoir séquestré et violé ou ... "
L'utaien tremblait à présent comme une feuille. Malgré tout, il secoua la tête.
"- V... Vincent n'est pas responsable."
Rude soupira, relâchant le menton du brun. ll se leva pour faire chauffer de l'eau, et quelques minutes après fourra une tasse fumante dans les mains de Tseng.
"- Bois au moins ça..."
oO°Oo
Le Turk chauve sursauta en entendant la porte d'entrée claquer.
"- Milde ?[1] Ca s'est bien passé?"
La jeune femme lui sourit, et vint lui faire la bise. Ses cheveux couleur chocolat s'harmonisaient parfaitement avec sa peau sombre, et faisaient ressortir ses yeux, semblables à ceux de Rude. Elle remarqua ensuite Tseng, qui dormait sur le canapé.
"- Hum? Tu ramènes des hommes maintenant?
- Oh... C'est une longue histoire. Eluda Rude. J'aurais d'ailleurs besoin que tu t'occupes de lui, un peu..."
La jeune femme soupira de manière exagérée.
"- Encore du boulot ! Enfin... Tu veux quoi? La complète ?
- S'il te plait."
En s'installant, Mildheid passa une main gantée sur le front du jeune homme endormi.
"- Tu lui as donné quoi? Il dort comme une masse.
- Saule, valériane, mélisse et gentiane. Plus le machin bizarre dans le pot gris."
Elle hocha la tête, avec un sourire, et s'installa face à l'utaien.
"- Bon, commençons."
Elle retira son gant, et posa une main sur le front du brun. Lorsqu'il la vit tressaillir, Rude se précipita pour la récupérer, et elle s'appuya fortement sur lui, laissant échapper un juron.
"- P... Y'a pas idée de faire ça à quelqu'un ! "
Elle le regarda un instant, avant de secouer la tête.
"- Non, dans l'absolu ça va, il n'a rien qui ne cicatrise de lui même... Pour le reste..."
Mildheid haussa les épaules avec impuissance.
"- Tu as pu voir ce qui s'était passé? demanda Rude, anxieux. Au moins le £%& # qui lui a fait ça?
- Rude, c'est très flou... Assez... Enfin, tout est flou dans son esprit. Pour lui, c'était représenté par un... espèce de démon grisâtre aux ailes rouges."
La jeune femme lui jeta un regard gêné, et soupira.
"- Je... suis pas sûre qu'il... s'en remettre... Rudy, ça l'a...
- Détruit ?"
Mildheid eut une hésitation, avant de secouer la tête.
"- Ce serait un de mes patients habituels, je répondrai oui. Mais d'après ce que tu m'en as dit, je dirais juste... Profondément ébranlé. Ca va prendre du temps avant qu'il ne se remette, il faudra juste garder ça à l'esprit. Oh, et dors dans la même pièce que lui ce soir, il fera des cauchemars."
La jeune femme soupira, avant de se diriger vers la cuisine.
oO°Oo
Comme si son cauchemar voulait à tout prix le retenir, Tseng émergea avec difficulté du sommeil. La pièce était plongée dans la pénombre mais éclairée par une veilleuse, et à côté du lit, dans un fauteuil, Rude dormait, un livre ouvert posé sur sa poitrine. Tseng aurait préféré être chez lui, seul, mais en jetant un regard vers la fenêtre il fut rassuré de voir les étoiles luire. Cela l'aidait à sortir de son cauchemar, ou Vincent le violait, encore et encore, dans cette pièce où la lumière ne rentrait pas. Il frissonna et se redressa silencieusement, attrapant sa tête dans ses mains pour faire le point. Son condisciple remua légèrement, avant d'ouvrir les yeux et de se redresser, posant son livre sur la table de nuit.
"- Tseng, ça va? demanda-t-il, déjà alerte.
- Désolé, je voulais pas te réveiller. murmura le brun, sans quitter sa position."
Il aurait voulu que Rude ne soit pas là, qu'il puisse se laisser aller. Il sursauta au contact de la main chaude du chauve, et lui jeta un regard presque effrayé.
"- Tseng... "
Rude se mordit la lèvre, sans savoir quoi dire, et commença à frotter le dos de son ancien chef, avant de s'asseoir sur le lit, prenant bien garde de ne pas toucher plus le brun.
"- C'est rien, juste un cauchemar. Ca va passer, t'inquiète pas, tu devrais te rendormir... murmura Tseng sans le regarder, comme pour se persuader lui même."
Pourtant, le petit utaien tremblait sous sa main, et se laissa emporter quand Rude l'invita à se caler contre son torse. Le silence s'installa, tandis que Rude cherchait désespérément quoi dire. Contre lui, Tseng tentait de maîtriser sa respiration, comme s'il luttait contre l'étouffement, et lorsqu'il comprit qu'il luttait contre les larmes, Rude fut bouleversé. Tseng ne pleurait pas, Tseng était quelqu'un de fort. Et Vincent avec balayé tout ça en quelques jours. Le brun inspira profondément, plusieurs fois, et eut un soupir haché en secouant la tête.
"- Ca marche pas... murmura-t-il misérablement. Je n'arrive pas à m'enlever ces images de la tête, je vais devenir fou... Je ne veux pas revivre ça encore... "
Sa voix se brisa lorsqu'il arrêta de respirer, comme pour contenir ses sanglots. Rude resserra très légèrement son étreinte, pour ne pas effrayer son ami, et sentit le visage du brun venir se fouiner contre lui, les épaules parcourues de secousses. Le T-shirt du chauve s'humidifia rapidement, tandis qu'il frottait doucement le dos du brun blotti contre lui. Enfin le brun s'écarta légèrement, s'essuyant les yeux du revers de la main. Rude lui tendit un mouchoir, et le laissa l'utiliser sans rien dire, encore une fois...
"- Désolé...
- Tseng, tu ... Ne t'inquiètes pas, ok? Tu peux pas être désolé qu'un malade t'ait..."
Rude regretta immédiatement sa phrase en voyant que Tseng baissait les yeux. Avec toute la douceur possible, le chauve lui releva le menton.
"- Tseng, tu ne dois pas t'en vouloir pour ce que t'as fait Vincent, ce n'est pas ta faute..."
Il aurait voulu que Tseng le regarde, mais celui-ci fuyait le contact visuel.
"- J'ai... pas réussi à me défendre. J'ai essayé, mais à chaque fois, il.. Était plus fort, plus rapide que moi. "
Tseng s'interrompit, et rougit. Si seulement il n'y avait eu que ça. Il se rappelait encore de l'extase qu'il avait ressentie alors que Vincent abusait de lui, le vidait de son sang. Il ne pourrait certainement plus se regarder en face, sans parler de Vincent, ou même Reno... Rude le ramena contre lui, et il soupira. S'il savait, le chauve ne le tiendrait pas comme ça... C'était mentir que de ne rien lui dire, le tromper, abuser de sa confiance...
Lorsqu'il inspira, Rude sentit le changement dans l'attitude du brun, et raffermit sa prise sur l'épaule de son ancien supérieur. Mais celui-ci se dégagea pour se placer face à lui, tripotant la couette.
"- Lorsqu'il... a abusé de moi...
- Vincent ? glissa Rude dans l'espoir d'avoir confirmation de ce qu'il redoutait.
- Non... Il... La première fois... j'ai... j'ai aimé. Il avait beau être violent, me vider de mon sang..."
Tseng s'interrompit, et baissa la tête, attendant la sanction. Que Rude s'éloigne, profondément écoeuré... C'était tout ce qu'il méritait...
"- Oh, Tseng... "
Lorsque Rude tendit la main vers lui il se crispa, attendant le coup, et sursauta lorsque le chauve passa sa main derrière sa tête pour l'attirer contre lui.
"- Je suis vraiment désolé, de pas avoir réussi à te retrouver avant... On a cherché, mais on aurait jamais pensé que ce soit Vincent qui te séquestre... et pour ce … type... "
Rude prit une inspiration, regrettant que Mildhe ne soit pas là.
"- Il t'a violé. Le fait qu'il t'a fait jouir ou non ne change pas cet état de fait. Tu sais bien que ce genre de chose est purement physique... C'est pas toi qui a un problème..."
Avec douceur, il lui caressait le dos, et sentit peu à peu Tseng céder, et recommencer à pleurer, peut-être de soulagement... Quelques temps plus tard - plusieurs minutes, une heure peut-être ?- Rude sentit que les larmes s'étaient taries, et il retint une grimace. Dans cette position inconfortable, il sentait tous les muscles de son dos protester, mais n'osait pas bouger.
"- Je... peux rester comme ça ? demanda Tseng d'une toute petite voix, la tête toujours contre son torse."
Rude murmura une approbation, avant de se caler contre la tête de lit. Après tout, il avait déjà vécu plus inconfortable... Mais Tseng le tira légèrement, pour le laisser s'allonger, avant de se blottir contre lui.
oO°Oo
Le réveil vint trop tôt, et Tseng chercha un instant où il était. Contre lui, à la limite de tomber de lit, Rude dormait encore. Il hésita à réveiller son collègue, lorsque le réveil se mit à sonner : Rude s'étira paresseusement, avant de se redresser.
"- Ca va ?"
Tseng se contenta de hocher la tête, et la soirée précédente lui revint en mémoire, le mettant mal à l'aise.
"- On va passer chez toi avant d'aller au boulot… Enfin, si tu veux y retourner tout de suite…
- O… oui, c'est mieux… "
Il n'aurait pas supporté de rester un jour de plus dans l'inactivité, surtout pas chez quelqu'un d'autre que lui-même…
A suivre...
[1]Mildheid signifie "douce", je trouvais que ça allait bien avec "Rude" ^^
