Titre : Savage Amusement
Rating : M - viol(ent), déprimant, gore, slash, yaoi. Que du bonheur !
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Square Enix. Je n'ai de profit sur cette fiction que les reviews que vous voudrez bien me laisser. D'ailleurs, n'hésitez pas !
Remerciments : x-DDM-th-x pour la bétalecture !


Chapitre 4 : Retour


Tseng inspira profondément avant de passer la porte du bâtiment, conscient que l'appréhension qu'il ressentait n'avait pas lieu d'être. Il était chez lui, bordel ! Juste avant que l'ascenseur ne s'ouvre sur l'étage qui leur était réservé, Rude lui serra brièvement l'épaule avant de le laisser passer, regagnant son bureau comme d'habitude. Il s'installa à son bureau, rassuré d'y retrouver ses clefs, son PHS et le reste des affaires qu'il avait "abandonné" quelques jours plus tôt.

Bien sûr, il avait une montagne de mails à lire, et la moitié de la matinée y passa… Jusqu'à ce que Vincent apparaisse à la porte. Leurs regards se croisèrent, un lourd instant, jusqu'à ce que le vampire accepte enfin de parler.

"- Dans mon bureau. Tout de suite."

Sans montrer la peur presque viscérale qui le saisit, Tseng acquiesça, prenant la suite de son directeur. Il s'assit sans rien dire, le stress accroché au ventre.

"- Je veux que tu prennes le poste de sous-directeur." Annonça de but en blanc Vincent, croisant les mains sous son menton.

"- Vous pensez acheter mon silence comme ça ? Ou c'est une sorte de lot de consolation ?"

L'homme aux yeux rouges soupira, fermant les yeux.

"- Non Tseng. Tu connais mieux les hommes que moi, c'est évident. Alors occupes toi de préparer les missions, ça me permettra de passer un peu plus de temps sur le terrain, ça me semble… pertinent."

L'utaien prit un instant pour évaluer la proposition, puis hocha la tête.

" - Bien. Je te transmettrais les dossiers version informatique d'ici la pause repas. Tu peux disposer."

L'utaien se releva, rigide, avant de sortir de la pièce. Il attendit que ses pas ne soient plus perceptibles depuis le bureau pour accélérer, s'enfermer aux toilettes et rendre son petit déjeuner.

Il resta un instant encore penché sur la cuvette, tremblant, refoulant la crise de larmes.

oO°Oo

"- Tseng, j'étais mort d'inquiétude ! Cria presque Reno, rentrant dans le bureau de son ancien chef."

Celui-ci eut un mouvement de recul inaperçu par le vampire, qui se jeta sur lui pour le serrer dans ses bras. L'utaien sentit la chape de la culpabilité tomber sur lui, sans qu'il ne puisse rien y faire. L'impression d'avoir trahi le roux, malgré tout ce dont il essayait de se convaincre, le rongeait… Reno fouina sa tête dans les cheveux du brun, respirant goulûment le parfum… Il se figea. Tseng sentit sa crispation, et fut projeté contre le mur. Il se réceptionna souplement, mais lorsque le roux lui sauta dessus, avec violence, il n'eut pas le courage de répliquer. Il ne savait pas pourquoi Reno le frappait, la raison se perdait dans le flot de paroles amères du vampire…

"- Reno, arrête…" Gémit Tseng, totalement incapable de se défendre efficacement.

Il se recroquevilla, protégeant au mieux sa tête avec ses bras, et attendit.

Il était à peine conscient lorsque les coups s'arrêtèrent enfin, faisant retomber le bureau dans le silence. Puis l'afflux de sang quitta les oreilles de Tseng. Le silence était entrecoupé par les sanglots déchirants de Reno, et sa propre respiration, sifflante et glaireuse.

"- Pourquoi… pourquoi tu m'as fait faire ça… "

Les larmes roulaient librement sur les joues du roux, alors qu'il serrait entre ses doigts la chemise maculée de sang de Tseng. Lentement, parce que chaque geste le faisait souffrir, Tseng posa sa main sur la joue de Reno, caressant doucement celle-ci pour essuyer les larmes qui la maculaient…

"- C'est bon Reno… je suis là, je suis là pour toi…
- Et moi aussi."

Les deux Turks tournèrent la tête vers l'homme, ou plutôt le vampire, qui se tenait à l'entrée. Une fureur pure brillait dans le regard carmin de Vincent, et avant que Reno ait pu se relever, il souleva le roux, l'envoyant s'encastrer contre un mur.

"- Comment oses-tu lever la main sur lui !?" éructa le brun, fondant sur l'autre vampire.

Tseng se recroquevilla sur lui-même. Le combat qui se déroulait devant lui était hors de sa portée, d'une violence qu'il n'avait jamais imaginée possible. Chaque coup était porté dans l'idée de tuer l'autre, de le blesser sérieusement… Ce fut lorsque la main métallique de Vincent s'enfonça dans les côtes du vampire roux que Tseng réalisa quelque chose : Reno allait mourir s'il ne faisait rien…

"- Stop…" murmura-t-il, d'une voix faible. "Stop… STOP !"

Tseng avait crié cette fois-ci, mais rien ne semblait pouvoir arrêter ce combat de bêtes sauvages… Se relevant avec difficulté, l'utaien se dirigea vers les deux et… Se campa fermement entre les deux. Il sentit le poing de Vincent s'écraser contre ses côtes, douloureusement, alors que Reno butait contre lui de toute sa force...

"- J'AI DIT STOP!" Hurla-t-il, titubant.

Vincent baissa ses poings, Reno les épaules. L'utaien ferma les yeux, pris de malaise… Lequel des deux le récupéra ? En tout cas, il se retrouva allongé, tandis que des sorts de soins lui étaient lancés. Le roux s'installa par terre, tirant délicatement Tseng pour que sa tête repose sur ses genoux pliés, caressant la cascade de cheveux noirs… Ses mains tremblantes traduisaient son angoisse, ainsi que son regard totalement perdu…

oO°Oo

Tseng émergea difficilement, nauséeux. Son corps le faisait souffrir, comme s'il avait fourni trop d'efforts. Contre son torse, Reno semblait dormir, et dans son dos… Il supposait que c'était Vincent. Ils étaient tous les trois nus, sans grande surprise.

Vaguement, Tseng se souvenait d'avoir interrompu les deux vampires, et à priori son état les avait stoppés. Ils s'étaient occupés de le soigner en se disputant, cherchant à montrer chacun qu'il valait mieux que l'autre… Puis ils s'étaient décidés pour l'appartement de Tseng, sans qu'il ait réellement son mot à dire, et ensuite… Volupté, stupre et luxure… il n'avait pas vraiment eu le choix, encore une fois… L'utaien voulut s'extirper du lit, mais déjà ses deux assaillants se réveillaient.

Vincent colla ses lèvres au cou fragilisé du brun, sans pour autant le mordre, et la main de Reno vint se poser sur une fesse. Tseng pouvait sentir l'excitation des deux vampires, et ce fut comme si quelque chose se fanait en lui… Mais Reno se redressa, s'étirant, pour s'installer sur un coude. L'homme aux yeux rouges l'imita… Sans faire attention à lui, ils se consultèrent du regard, hochèrent la tête… et fondirent sur Tseng, tels deux fauves. L'utaien se débattit, jusqu'à ce qu'une bouche se referme sur son sexe, rejointe rapidement par une seconde… Les deux langues jouaient de ses sens, des mains parcourraient son corps… Tseng oublia même la notion de temps, perdu dans un marasme de plaisir… Il se laissa faire lorsqu'on le redressa, appréciant de sentir enfin en lui plus que des doigts… Vincent, dans son dos, le tenait sur ses genoux, lui écartant les cuisses pour mieux le pénétrer, Reno continuait à le sucer… Un doigt vint s'ajouter en lui, suivi d'un second…

L'utaien avait l'impression qu'il allait mourir de plaisir, et ne put retenir un cri de frustration lorsque la bouche quitta son sexe, étouffé par le baiser vorace et possessif de Vincent… Tseng ne fit pas attention au léger changement de position du vampire brun, qui se redressa sur les genoux, ni au torse du roux qui se pressa contre le sien… Une main se glissa entre leurs corps, lui écartant les fesses, et la verge de Reno s'inséra lentement en lui. L'utaien se crispa de surprise. C'était douloureux, mais quand ses deux amants entamèrent un mouvement de vas et viens, cette sensation fut balayée par l'extase. Il criait son plaisir à chaque mouvement, et la main refermée sur son sexe lui intimait le même rythme… Il ne sut pas réellement lequel de ses deux vampires l'avait mordu, mais l'autre suivit, juste pour le plaisir de mordre, et les crocs plantés dans sa chair lui donnaient le tournis, une ivresse inexplicable et divine….

Le premier des trois hommes qui jouit se crispa, son sexe palpitât pour envoyer des jets de semence chaude jusqu'à emmener les deux autres dans l'orgasme… Ils s'arrêtèrent alors de bouger, reprenant leur souffle. Tseng se dégagea difficilement, presque douloureusement. Il se détestait d'avoir encore cédé au plaisir bestial que lui proposaient les deux vampires, il détestait le sourire béat et satisfait qui flottait sur les lèvres de l'idiot de roux… Les bras de Vincent se refermèrent sur sa taille, et une bouche frôla son oreille.

"- On se doutait que ça te plairait… murmura le vampire brun, d'un ton suffisant."

C'en fut trop, et Tseng se releva, démêlant les corps pour sortir du lit.

"- Quand je sors de la douche, je ne veux plus vous voir chez moi. Trancha-t-il, glacial."

oO°Oo

Sous la douche, l'utaien essaya de se détendre un peu, de faire le point… Il se sentait épuisé, vidé… Quand Reno vint le rejoindre sous la douche, il soupira.

"- S'il te plait… pas maintenant…"

Mais le roux lui attrapa simplement l'éponge fleur avec laquelle il se lavait pour lui frotter doucement le dos.

"- Tseng… Je n'ai pas envie de te perdre. Je sais bien que tu nous supporteras pas longtemps tous les deux, j'en suis conscient… Mais je ne te cèderai pas à Vincent. Il a beau être un vampire plus puissant, plus vieux que moi, tu comptes trop pour que je puisse t'abandonner comme ça…"

Les gestes du roux s'apparentaient à la tendresse la plus profonde, mais Tseng se sentait tellement épuisé que même celle-ci n'arrivait plus à le toucher… Il se retourna simplement vers Reno, entourant les épaules du vampire de ses bras. Il était responsable de lui, de toute façon… Ce n'était pas comme s'il pouvait s'en détourner, comme ça, sans prendre la peine de s'en occuper.

"- Je ne te laisserai jamais Reno… Ne t'inquiète pas pour ça."

Tseng supporterait les deux vampires s'il le fallait, il s'offrirait tout entier… Le roux vint se blottir contre lui, possessif, plantant rapidement ses quenottes dans l'épaule tendre de l'utaien comme pour se rassurer.

Le brun ferma les yeux. Il ne tiendrait jamais à ce rythme…


A suivre...