Bonjouuuur tout le monde.

Ow je suis vraiment désolée pour ce retard, je n'ai pas vu le temps passer.

Même si je n'ai pas pu vous répondre personnellement cette fois, sachez que tous vos commentaires m'ont (comme toujours) fait extrêmement plaisir!

J'espère que vous aimerez ce chapitre, qui révèle quelques interrogations...et en ajoute d'autres :p.

Bref, j'espère que personne ne fera de syncope et que...vous serez toujours là pour la suite :p

Bisous bisous et encore merciiiii 3.


-Mhm…Riku ?

Sora papillonna des cils pour voir le visage de son petit ami se dessiner peu à peu devant lui. Il était très tard et Riku venait tout juste de rentrer du travail. Même si le brun tombait de fatigue, il s'entêtait toujours à attendre son retour il n'aimait pas aller dormir sans lui, les draps étaient toujours froids et il détestait ça. Il avait besoin de la chaleur caractéristique des êtres humains pour parvenir à trouver le sommeil. A peine eut-il le temps de retrouver ses esprits que déjà, son petit ami s'affalait à côté de lui, un bras passé autour de ses hanches, pour déposer un baiser sur sa mâchoire. Sora adorait ce côté câlin qui semblait habiter son compagnon à chaque fois qu'il rentrait du travail.

-Tu rentres tard aujourd'hui, se plaint-il après avoir jeté un coup d'œil à l'horloge accrochée au mur, qu'est-ce que tu faisais ?

D'habitude, même si Riku finissait tard, il était toujours rentré avant vingt-deux heures. C'était une sorte de rituel entre eux. Mais depuis quelques temps, le jeune homme rentrait assez régulièrement après vingt-trois heures, prétextant une surcharge de travail qu'il ne pouvait éviter. Oh bien sûr, Sora le croyait aveuglement : il était persuadé que son petit ami était incapable de le tromper. Et puis de toute façon, l'odorat exceptionnel qu'il avait gardé de son ancienne vie aurait presque instantanément détecté une odeur autre que la sienne. Mais il n'y avait rien. Riku ne le trompait pas.

-Je suis désolé, s'excusa Riku en l'embrassant doucement à la commissure des lèvres, j'avais un dossier important à terminer.

Son cœur retrouva un rythme cardiaque normal quand il vit que son brun faisait la moue avant de se blottir contre lui en allumant la télévision, prétextant qu'il ne devait pas se laisser exploiter comme ça et que si jamais son patron décidait de lui faire faire d'autres heures supp', il s'occuperait personnellement de son cas. A vrai dire, Riku était incapable de lui dire où il était réellement, quelques heures plus tôt. Il se souvenait simplement d'avoir quitté son bureau, acheté un café au coin de la rue, comme à son habitude…et puis ensuite plus rien. Un trou noir. Depuis qu'il avait arrêté son traitement, il souffrait de longues absences durant lesquelles il était incapable de se souvenir de ses moindres faits et gestes.

Riku était malade, il le savait. Et sa maladie n'était pas à prendre à la légère mais pourtant il avait arrêté de prendre son traitement peu après l'arrivée de Sora sur terre. Non seulement parce qu'il craignait que son brun ne découvre quelque chose mais aussi parce qu'une force irrépressible l'avait empêché de le continuer. C'était comme s'il n'était plus maître de lui-même, comme si une force extérieure le contrôlait. Et ça lui faisait peur parce qu'il ne savait pas ce dont il était capable dans ces moments-là. La seule chose qu'il espérait, c'est ce Sora n'en souffrirait jamais. Il s'en voudrait beaucoup trop si jamais un jour il lui faisait du mal.

-Riku ! Tu m'écoutes ?

-Pardon, j'étais ailleurs. Qu'est-ce que tu disais ?

-Tu veux des chips ou du pop-corn ?

-La même chose que toi.

Sora fronça dangereusement les sourcils : la même chose que lui ? Depuis quand son petit ami aimait-il les chips au ketchup ? Riku devait vraiment être dans la lune pour lui répondre une chose pareille ! Le brun le fixa intensément l'espace de quelques secondes avant de finalement hausser les épaules : après tout, il était peut-être fatigué…il allait lui amener du pop-corn sans faire aucun commentaire. Ou peut-être que Riku était préoccupé par son travail ? Sora n'en savait strictement rien mais il comptait bien aider son petit ami à se changer les idées. Il connaissait un très bon moyen pour ça…


-Roxas ? Roxas, tu es là ?

Axel avait fouillé les enfers de fond en comble, en vain. Aucune trace de l'ange qui partageait son quotidien depuis quelques temps déjà. Au début, il ne s'était pas inquiété, pensant que le blond était parti à la recherche de nourriture, comme toujours lorsqu'il s'absentait…et puis sa présence lui avait manquée, alors il était allé voir en cuisine et… rien. Pas la moindre trace de Roxas. Il était ensuite repassé par ses appartements, persuadé de l'y trouver sauf qu'il n'y était pas non plus. Peu à peu, l'angoisse s'était emparée de lui : et si jamais ses spectres lui avaient fait du mal ? Il n'était pas sans savoir que, dans l'ombre, ils attendaient tous le moindre faux pas de sa part pour s'emparer du blondinet qu'il avait pris sous sa protection.

Le roux ne laissait pas facilement la panique prendre possession de lui, sauf quand il s'agissait de Roxas…il savait à quel point il était en danger en enfers. Il se trouvait à présent stupide de l'avoir laissé partir seul. Il aurait dû l'accompagner, ou le retenir. Il avait même été jusqu'à questionner Demyx –qu'il savait être son seul allié- et lui avait ordonné de lui ramener Roxas illico-presto si jamais il le voyait. Mais Demyx n'était jamais venu…et Roxas non plus, d'ailleurs. Axel accéléra le pas au détour d'un couloir : la situation lui échappait et il détestait ça. Roxas pouvait être n'importe où à l'heure qu'il était et il s'en serait voulu éternellement si jamais quoi que ce soit lui était arrivé par sa faute.

Il avait promis de le protéger et pourtant il était incapable de prendre soin de lui ! Son regard croisa celui de Vexen alors qu'il passait devant son laboratoire et, même si celui-ci ne dit rien, Axel n'eut aucun mal à déceler la lueur moqueuse qui brillait au fond de lui. Et, aussitôt, sa crainte avait augmenté : il était à présent persuadé que quelque chose de grave était arrivé au blond. Il lui restait juste à espérer que ses spectres n'aient pas mis la main dessus, sinon il ne donnait pas cher de la peau de l'ange. Stupide, il était stupide !

Alors qu'il ruminait encore et encore son incompétence, il se rendit compte qu'il était arrivé au fin fond des enfers, au fond de la grotte la plus sombre et la plus froide qu'on pouvait y trouver. Une grotte qui jadis avait longtemps fait office de salle des tortures pour les ennemis et les traitres. L'atmosphère y était si pesante que même lui, le seigneur des ténèbres, avait froid dans le dos rien qu'à l'idée de se retrouver dans un endroit qui portait un si lourd passé. Tout le monde évitait cette grotte comme la peste. Axel était sur le point de faire demi-tour quand un bruit atteint son attention : c'était comme un sanglot qui s'élevait dans cet endroit sombre et sinistre. Comme une marque du passé qui reprenait vie.

Il déglutit et frissonna malgré lui : il avait beau être un être tout puissant, il n'aimait pas trop se retrouver seul dans cet endroit. Mais le bruit se répéta, encore et encore, tellement qu'il éveilla sa curiosité. Il avança dans le noir, clignant des yeux pour essayer d'y voir quelque chose, trébuchant de temps à autre sur un rocher. Peu à peu, le bruit devint plus fort, même s'il pouvait deviner que les sanglots étaient à présent étouffés. Dans la pénombre, il crut reconnaître une chevelure familière et aussitôt, son pouls s'accéléra dangereusement.

-Roxas ?

Recroquevillé contre la paroi rocheuse, l'ange avait le visage enfouit entre ses bras. Axel voulut s'approcher, lorsqu'il remarqua quelque chose. Quelque chose qu'il n'aurait jamais dû voir. Son regard fit l'aller-retour entre le blondinet et la mare de sang à côté de lui et, le temps que l'information atteigne son cerveau, il se jeta sur lui, le faisant gémir de douleur. Mais il était bien trop en colère pour tenir compte de cela.

-Bordel Roxas, dis-moi qui t'a fait ça !

-Lâche-moi…

-Tout de suite !

-Arrête, Axel, répéta le blond en essayant de se détacher de lui.

-Qui est-ce ? Vexen ? Larxène ? Saix ? Donne-moi un nom et je te promets qu'il ne passera pas la journée !

-Tu me fais mal, lâche-moi !

Aussitôt, le roux stoppa net tout mouvement. Quand il releva la tête, Roxas le dévisageait, apeuré, et aussitôt il regretta de s'être emporté. Il lui avait fait peur, il lui avait fait mal alors que tout ce qu'il voulait c'était le protéger. Il ne faisait décidément rien de bon aujourd'hui. Alors tout doucement, comme pour se faire pardonner, il glissa sa main dans la chevelure blonde de Roxas, lui massant lentement le crâne pour le calmer. Il n'aimait pas le voir pleurer il aimait encore moins avoir la désagréable sensation de lui faire peur. Il voulait qu'il ait confiance en lui, pas le contraire !

-Je suis désolé, murmura-t-il, dis-moi ce qu'il s'est passé, s'il te plaît.

-M-Mes ailes, répondit l'ange à mi mots, la gorge nouée.

-Quoi tes ailes ?

-Mais tu le vois, s'énerva alors l'ange, elles sont en train de mourir !

Dans un geste de rage, il glissa sa main le long d'une de ses ailes, arrachant sans aucun mal les longues plumes blanches qui la recouvraient, couinant lorsque le sang s'écoula de la nouvelle plaie qu'il venait de se faire. A la rapidité de l'éclair, Axel saisit ses poignets pour l'empêcher de se faire plus de mal, plongeant son regard dans le sien, embué et perdu. Roxas ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait, il ne supportait pas le fait de perdre la seule chose qui le différenciait des démons. Il voulait repartir au paradis, mais il ne le pouvait pas.

-Arrête, dit-il comme Roxas tentait de se débattre.

-Non ! Non, je ne veux pas devenir comme vous !

-Calme-toi, Roxas.

-Je ne suis pas comme vous ! Je veux rentrer maintenant, laisse-moi partir ! Ramène-moi là-bas, s'il te plaît !

Le roux vit son regard se voiler avant que de nouvelles larmes dévalent ses joues sous ses yeux impuissants. Pour l'ange, qui subissait perpétuellement la pression des spectres, perdre ses ailes était la goutte qui faisait déborder le vase. Il le suppliait presque de le ramener au paradis…et Axel en était incapable. Oh bien sûr, il aurait pris un malin plaisir à aller narguer les anges sur leur propre territoire mais…il ne voulait pas que Roxas soit à nouveau victime de leurs agissements. Très égoïstement, il voulait le garder pour lui seul. Il ne voulait pas que Roxas ait envie de repartir il voulait qu'il reste avec lui. Il ne pouvait plus se passer de lui maintenant, c'était trop tard.

Doucement, il l'attira dans ses bras et l'obligea à caler son visage contre son cou. Roxas se laissa faire sans chercher à fuir, comme s'il eut espéré qu'Axel l'achève pour mettre fin à cette horrible douleur qui lui serrait à présent la poitrine. Mais au contraire, le maître des ténèbres ne lui fit aucun mal. Toujours avec beaucoup de précautions, il caressa ses ailes meurtries du bout des doigts et déposa un baiser sur le haut de son crâne pour le calmer.

-Je suis désolé Rox', vraiment. Je te promets de ne pas te laisser tomber. Je serai avec toi pendant cette étape difficile, et je ferai tout pour que tu souffres le moins possible. C'est promis.

-Je ne suis pas comme vous, murmura le blondinet d'une voix rauque contre son cou.

-Je sais, répondit le roux, je sais. Et tu ne seras jamais comme nous, ne t'en fais pas.

-Mais…mais mes ailes !

-Ne font pas de toi la personne que tu es. Tu n'es pas un démon Roxas. Pour moi tu seras toujours un ange, et peu importe ce que tu es, ça ne change rien à la manière dont je te vois. Tu es quelqu'un de très bien et j'ai beaucoup d'affection pour toi, tu le sais n'est-ce pas ?

Roxas hocha la tête en reniflant : il savait tout ça, il savait qu'Axel ne le laisserait pas tomber, mais il ne comprenait pas pourquoi il perdait ses ailes. Qu'est-ce qu'il avait fait ? N'avait-il pas été suffisamment puni ? Il avait été envoyé dans cet endroit dans l'unique but d'être sacrifié et, maintenant qu'il pensait être enfin hors de danger, un autre malheur s'abattait sur lui. Et puis ses ailes…c'était son seul atout dans cet endroit sordide. Généralement, elles dissuadaient les spectres de lui faire du mal parce qu'il savait pertinemment qu'il pourrait aisément leur échapper. Alors qu'allait-il faire maintenant qu'il était désarmé ? Alors qu'il était perdu dans ses pensées, il sentit l'étreinte d'Axel se refermer un peu plus sur lui.

-Et puis ne te fais pas de soucis pour ta cote de popularité avec ou sans ailes, les autres voudront toujours autant te faire la peau.

-Abruti.

Au moins, Roxas avait souri.


-Regarde où tu mets les pieds, Saix.

-Il faut qu'on parle.

-Demyx m'attend et…

-C'est important.

Zexion planta son regard dans celui du balafré et poussa un long soupir d'exaspération quand il comprit que celui-ci ne le laisserait pas lui échapper si facilement. Il n'avait pas du tout envie de lui parler il n'avait pas confiance en lui. Zexion n'était pas dupe il savait que les autres lui en voulaient de s'être rallié au punk et il sentait l'entourloupe arriver à des kilomètres. Pourtant Saix semblait avoir quelque chose de très important à lui dire et, puisqu'il ne pourrait de toute façon pas se débarrasser de lui, il accepta de le rejoindre.

-D'accord, dit-il sans courtoisie, mais j'ai promis à Demyx de le rejoindre au plus vite.

-Ne t'inquiète pas pour ça.

Après les révélations qu'il allait lui faire, Zexion ne voudrait plus jamais adresser la parole au punk, il en faisait la promesse.


-Je viens de sa part. Tu n'as pas encore entièrement rempli ton contrat.

-Tout comme il n'a pas rempli le sien. Il devait exploiter son potentiel, pas roucouler comme une adolescente de quinze ans.

-Il ne peut rien faire sans la seconde moitié de la clef du destin.

-Quand il aura décidé de passer à l'action, je m'occuperai de Roxas.

-Où est-il ?

-En lieu sûr, qu'il ne s'inquiète pas pour lui…Mais dis-lui que s'il ne prend pas les choses en mains rapidement, le pouvoir tombera en enfers, et tu sais ce que ça signifie, n'est-ce pas ?

Naminé ne put s'empêcher de sourire lorsqu'elle vit la mine décomposée de Cloud l'espace de quelques secondes. Mais le jeune homme reprit bien vite ses esprits, peu habitué à laisser ses émotions transparaître de la sorte.

-Je suis venu dans un seul but, repartir avec lui.

-Ce n'est pas possible.

Le regard interrogateur qu'il lui lança la fit se sentir un peu plus supérieure encore.

-Il est déjà de l'autre côté.

Par tous les saints, voir Cloud arborer cette mine dépitée était presque jouissif. Elle aurait donné cher pour voir la tête de Riku quand il apprendrait que le double de son charmant petit ami était entre les mains de son pire ennemi. C'est elle qui contrôlait tout à présent, plus personne ne pouvait l'arrêter.


-Pardon, murmura Axel quand Roxas poussa un gémissement de douleur.

Après avoir retrouvé le blondinet, il l'avait emmené jusqu'à ses appartements personnels, semant de longues plumes blanches sur son passage. Si au début Roxas s'était calmé, l'obligeant à reprendre ses occupations habituelles sans se soucier de lui, il avait été dérangé dans son travail par un hurlement de douleur poussé par l'ange. Aussitôt, il s'était précipité dans la chambre, le retrouvant recroquevillé sur lui-même, le suppliant presque de faire cesser la douleur lancinante qui se répandait le long de sa colonne vertébrale. Sans réfléchir plus longtemps, le roux s'était approché de lui, stoppant tout mouvement lorsque son regard s'était posé sur les plaies béantes qui ornaient ses omoplates : ses ailes se résorbaient et déchiraient totalement la peau de son dos.

Alors presque machinalement, le maître des enfers avait pris soin de lui, désinfectant les plaies au fur et à mesure qu'elles s'agrandissaient, soutenant Roxas dans cet horrible moment. L'ange s'était totalement collé contre lui, enfonçant ses ongles dans son dos, cherchant en vain un moyen de calmer sa douleur. Alors Axel le berçait doucement de gauche à droite, lui murmurant que tout allait bien se passer, que ce serait bientôt fini. Et Roxas pleurait dans ses bras, refusant de perdre à jamais ce qui faisait de lui un ange.

-Shhh, dit-il en effleurant le contour de ses plaies.

-Je veux qu'elles reviennent, fais-les revenir !

-Je ne peux pas, Roxas.

-Tu ne sers à rien !

-Calme-toi.

La douleur était si forte que Roxas ne pouvait s'empêcher de déverser toute sa haine sur le roux…qui encaissait les remarques et les insultes sans rien dire, bien conscient que la situation rendait fou le blondinet. Il le serra un peu plus fort contre lui et attendit simplement que cela passe. Le processus dura plus de quarante minutes, jusqu'à ce que les ailes de l'ange se résorbent totalement, laissant simplement deux larges déchirures béantes derrière elles. Contre lui, Roxas reniflait mais ne hurlait plus. Axel profita de cette accalmie pour prendre les choses en mains et soigner le blond. Doucement, il passa derrière lui et appliqua le désinfectant, voyant l'ange grimacer en silence.

-Je suis désolé si je te fais mal, glissa-t-il en déposant un léger baiser contre son épaule, le faisant sursauter.

Il pansa rapidement ses blessures avant de l'attirer à nouveau contre lui. Roxas se laissa faire immobile entre ses bras, il avait du mal à réaliser ce qu'il venait de lui arriver. Il avait…perdu ses ailes. Il ne faisait officiellement plus partie de la communauté des anges. Mais alors, qu'était-il à présent ? Pas un démon, pas un humain…alors quoi ? Rien. Il n'était plus rien. Il avait perdu son identité, son âme. Il n'existait plus. Il aurait voulu pouvoir se dire que tout cela n'était qu'un horrible cauchemar : se réveiller le lendemain et découvrir que ses ailes étaient encore là, qu'il était encore quelqu'un. Mais il savait que c'était impossible.

-Axel…

-Oui ?

-S'il te plaît ramène-moi là-bas.

-Roxas…

-S'il te plaît, dit-il encore en relevant ses yeux larmoyants pour les ancrer dans les siens, je veux que tout redevienne comme avant. Je ne veux pas devenir comme vous, je…je veux rester Roxas !

Axel lui caressa les cheveux, cherchant comment lui avouer qu'il ne pouvait pas le ramener chez lui qu'il ne voulait pas. Il savait que l'ange était à fleur de peau et que ce n'était pas le moment de le brusquer et pourtant le simple fait de savoir que le blondinet voulait le quitter serrait douloureusement sa poitrine. Il avait pris Roxas sous son aile et maintenant il ne pouvait plus concevoir de le laisser partir. En si peu de temps il s'était attaché à lui plus que de raison et refusait maintenant de le voir lui échapper. Il avait besoin de lui et…il voulait lui prouver qu'il était capable de le protéger qu'il n'était pas juste bon à juger des âmes meurtrières.

-Axel ?

-Quoi Roxas ? Demanda le roux d'une voix lointaine comme le blondinet reposait sa tête contre son épaule.

-Tu ne vas pas me ramener, n'est-ce pas ?

-Je suis désolé.

-J'ai peur.

Le seigneur des enfers l'obligea à relever la tête pour le regarder. D'un geste doux qui l'étonnait lui-même, il encadra son visage pâle de ses grandes mains rugueuses et essuya ses larmes à l'aide de ses pouces. Presque machinalement, leurs regards se connectèrent et Axel s'approcha de lui jusqu'à ce que leurs visages ne soient plus séparés que par quelques centimètres, laissant leurs souffles s'entremêler. Les yeux rougis de Roxas le regardaient de telle sorte que le roux aurait bien été incapable de savoir ce qu'il attendait de lui. Il s'approcha encore, laissant leurs fronts se rejoindre pour ne plus se lâcher et ses mains partirent à la rencontre des siennes pour nouer leurs doigts.

-Excuse-moi de ne pas être à la hauteur. Je sais que tu souffres et crois-moi si je le pouvais, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter ce drame mais…je ne le peux pas. Je sais aussi que tu veux t'en aller mais…reste avec moi, s'il te plaît. Je te promets que je ferai tout pour te protéger maintenant, pour que tu n'aies plus jamais à verser d'autres larmes. Je ferai tout parce que je…s'il te plaît, ne t'en vas pas. Pas tout de suite.

-Axel…

-Reste avec moi Roxas.

-Mais je…

-Dis-moi seulement que tu restes.

Les rôles étaient à présent inversés : si le seigneur des ténèbres s'était retenu jusque-là, voir que le blond lui échappait l'avait affecté bien plus qu'il ne voulait le laisser paraître, déclenchant en lui une forme d'angoisse qui ne se calmerait que sous les paroles de l'ange qui avait oublié sa douleur pour focaliser toute son attention sur l'homme qui tremblait légèrement contre lui. Rester ici ? Dans cet endroit où tout le monde voulait sa peau et où il était à présent totalement sans défense ? C'était une blague. Et pourtant…pourtant il n'aimait pas voir Axel dans cet état : après tout il l'avait toujours aidé et puis il avait besoin de lui. Peut-être que ce mystérieux médaillon dont il ne se séparait jamais pourrait l'aider à retrouver son frère ? Il savait déjà qu'il ne pourrait jamais revoir Sora s'il retournait au paradis alors…peut-être pourrait-il faire encore quelques efforts pour finalement arriver à ses fins ?

Toujours à genoux à côté de lui, le front collé au sien, Roxas s'approcha encore un peu plus de lui avant de pencher la tête pour venir frotter son nez juste sous son oreille. Il ne put retenir un sourire satisfait quand il sentit le rouquin frissonner contre lui. Il aimait ces moments pendant lesquels il était totalement maître de la situation. Axel était à sa merci, incapable de lui résister et Roxas jouait admirablement bien de ce pseudo pouvoir de séduction. Il savait à quel point il était important pour lui qu'Axel reste de son côté le plus longtemps possible.

-Je ne pars pas, murmura-t-il après un court moment de silence.

Les doigts d'Axel se resserrèrent un peu plus autour des siens comme l'ange sentait ses lèvres se déposer au creux de son cou. Et ce fut à son tour de frissonner. Et de se détester aussitôt : il ne devait pas se laisser piéger par Axel. S'il acceptait de se rapprocher de lui, c'était uniquement parce qu'il n'avait pas d'autre choix. Mais il ne devait pas se laisser prendre à son propre jeu. Il ne devait pas apprécier ses étreintes, il ne devait pas se languir de son absence, ni frémir lorsque ses lèvres se posaient sur sa peau. Il ne devait pas s'attacher à lui, non. Pourtant quand le maître des enfers se laissa tomber en arrière, l'entraînant dans sa chute et quand il se retrouva au-dessus de lui, son visage à quelques millimètres seulement du sien, il eut presque envie de céder à la tentation. Il voulut presque fermer les yeux, comme le faisait déjà Axel et s'approcher de lui, encore et encore. Mais, alors qu'il pouvait déjà sentir le grain de sa peau sous ses lèvres, il s'écarta brusquement de lui, bafouillant qu'il avait besoin de se reposer, avant de disparaître.

Resté seul sur le lit aux draps froissés, Axel se passa une main sur le visage, se demandant pourquoi diable il avait essayé d'embrasser Roxas. Il aurait pourtant dû savoir qu'aux yeux de l'ange, il ne serait jamais autre chose qu'un ennemi, un démon, un être détestable auquel il ne voulait pas ressembler. Il n'aurait pas dû se dévoiler ainsi pour qui le prendrait-il à présent ? Il devait se ressaisir au plus vite avant que son attachement pour le blond ne devienne un obstacle entre eux. C'était décidé, à partir du lendemain il n'essayerait plus de le suivre à la trace il ne le harcèlerait plus de questions pour savoir où il était passé quand il s'absenterait plus de deux minutes. Il devait mettre un terme à ce petit jeu tant qu'il en était encore temps. Si seulement c'était aussi simple qu'il n'y paraissait…


-Zex ? Où est-ce que tu étais passé ? Je t'ai attendu toute la journée et…

-Laisse-moi tranquille Demyx.

-Ben…Zexion ? Qu'est-ce que tu fais ?

-Comme tu le vois, je réintègre mes appartements.

-Mais…pourquoi ? Je suis désolé, je me suis juste inquiété et je pensais que tu…

-Arrête de jouer à ce petit jeu. Ca t'amuse de te moquer de moi comme ça ?

-Mais enfin qu'est-ce que tu racontes ? !

-Je sais tout, Demyx.

-Et moi je ne comprends rien !

-Tu t'es bien moqué de moi, en tout cas. Et moi je me suis laissé avoir comme un imbécile.

-Zexion s'il te plaît, explique-moi, je te jure que je ne comprends rien !

-Oublie-moi Demyx.

Le punk n'eut pas le temps de faire le moindre geste, de dire le moindre mot pour essayer de le retenir que déjà, Zexion avait quitté la pièce, les bras chargés des affaires personnelles qu'il avait oubliées dans sa chambre. Il s'appuya contre le mur derrière lui, sentant le sol se dérober sous ses pieds : il avait dû rater un épisode, ce n'était pas possible ! Pourquoi Zexion avait-il réagi de la sorte ? La réaction de son ami lui faisait mal et le plongeait dans l'incompréhension la plus totale.

Il ne savait pas que, quelques couloirs plus loin, Zexion avait rejoint Saix, qui arborait un sourire de vainqueur, très fier du petit effet qu'il avait déclenché chez le jeune homme.

-J'espère pour toi que ce que tu m'as dit était vrai, prévint tout de même Zexion en se remémorant les paroles du balafré.

-Comment peux-tu encore douter de moi après tout ce que je t'ai dit ?

Saix s'approcha de lui, glissa un bras autour de sa taille pour le rapprocher de lui et respirer à pleins poumons l'odeur de ses cheveux.

-N'oublie pas ce qu'il a fait.

Zexion fronça les sourcils : comment Demyx avait-il pu faire une chose pareille ? Et dire qu'il avait été prêt à tout quitter pour lui, pour ne pas le laisser seul, parce que…parce qu'il tenait à lui. Comment avait-il osé, ce traitre ? Il se dégagea de l'étreinte que Saix exerçait sur lui et le balafré le laissa s'en aller sans chercher à le rejoindre : Xemnas lui avait dit que cela prendre un peu de temps mais Vexen savait ce qu'il faisait. Il lui avait garanti une mission fructueuse, il avait juste besoin d'un peu de temps. Bientôt, Zexion serait à lui et il pourrait alors se délecter de la douleur de Demyx et profiter des avances plus qu'alléchantes de Xemnas. Finalement, ce plan allait peut-être finir par lui plaire…


-Qu'est-ce qu'il y a encore, Kairi ?

-Naminé, on doit arrêter ! C'était horrible ! C'était horrible, il avait tellement mal ! Si seulement tu avais senti à quel point il souffrait !

-Est-ce que tu as fait ce que je t'ai demandé ?

-Oui mais Roxas il…on ne peut pas faire ça !

-Kairi, murmura la blonde en s'approchant du corps secoué de spasmes qui lui faisait face, tu as fait ce qu'il fallait, tu n'as rien à te reprocher.

-Mais Roxas…

-Nous a trahi en choisissant de rester là-bas. Il n'a que ce qu'il mérite.

Naminé serra doucement l'épaule de la rousse, lui ordonnant par ce simple geste de sécher ses larmes. Quand elle se releva, un sourire satisfait avait pris place sur ses lèvres : alors comme ça, Roxas n'était à présent plus un ange ? C'était parfait ! Tout se déroulait exactement comme elle l'avait prévu. Roxas ne faisait définitivement plus partie de leur communauté alors ça voulait dire qu'il n'était plus sous protection divine. Tout comme Sora avait lui-même renoncé à ses privilèges. Plus rien ne pourrait l'empêcher d'arriver à ses fins à présent : il suffisait simplement que Riku dévoile son vrai visage et la clef du destin serait à elle. Ce n'était plus qu'une simple question de temps…


QUI osera encore me dire qu'il n'arrive jamais rien à Roxas? :P (D'ailleurs j'espère que vous êtes content(e)s, à cause de vous notre blondinet préféré à souffert le martyr!

Sinon, qu'est-ce que le trio infernal Saix/Xemnas/Vexen mijote? Et comment se faisse-ce (:D) que Zexion suive si facilement notre diabolique balafré?

A bientôt pour la suite :D