Coucou tout le monde :p
Alors voici le prochain chapitre de ''Wish I had an angel''. J'espère qu'il vous plaira :)
Je sais qu'on ne parle pas beaucoup de l'histoire Demyx/Zexion/Saix mais je vous promets une jolie scène là-dessus pour la prochaine fois :p
Par contre les choses prennent un nouveau tournant entre Roxas et Axel, ça devrait vous plaire :p
En attendant je vous fais pleiiiiin de bizow et vous dis encore un tout grand merci pour votre présence :)
-Axel ?
-Ouiiii ?
-Cours.
Le rouquin eut tout juste le temps de voir le regard noir que lui lançait Roxas avant que ce dernier ne se rue sur lui en le traitant de tous les noms d'oiseaux possibles et imaginables. Pouffant légèrement alors que les poings de l'ange s'abattaient sur son torse, Axel n'eut aucun mal à l'immobiliser, assurant à nouveau sa suprématie sur le blondinet, qui hurla de plus belle comme il le collait contre le mur.
-Calme-toi demi-portion.
-La ferme !
-Franchement Roxy, tu vas te faire mal, ajouta le seigneur des enfers alors que Roxas essayait de se défaire de son emprise.
-T'es vraiment un connard Axel.
-C'est comme ça que tu me remercies pour tous mes efforts ?
-Tu sais où tu peux te les mettre, tes efforts ?
Axel fit la moue : Roxas n'était franchement pas sympa avec lui. C'est vrai quoi, il avait dû jouer de tous ses talents de séducteur pour que Larxène le laisse passer…et il avait perdu de précieuses minutes avant que, à grands coups de menaces et de torture, le sauvage fraîchement précipité en enfer accepte de lui céder la peau de mouton qu'il portait sur le dos. Et –cerise sur le gâteau- il avait dû faire appel à des talents de bricoleur…qu'il n'avait pas.
Bon d'accord, le résultat n'était pas parfait. Il voulait bien admettre que cette peau de mouton asymétriquement agrafée à quatre morceaux de bois ne rendait pas parfaitement la légèreté des longues ailes plumeuses qu'il portait autrefois…mais le geste y était !
Oui, sauf que quand il avait donné son cadeau à Roxas, il avait d'abord ouvert la bouche…avant de la refermer aussitôt. Axel avait alors eu tout le loisir d'observer les traits de son visage se crisper, ses sourcils se froncer, son front se plisser…Et ensuite Roxas, les yeux toujours embués de sommeil, avait bondi du lit et lui avait littéralement hurlé dessus, criant haut et fort qu'il n'était pas une brebis galeuse et qu'il préférait encore ne plus avoir d'ailes plutôt que de porter cette ''abomination artisanale de très mauvais goût''.
-Ce n'est pas si moche que ça !
-Non tu as raison ''moche'', c'est un euphémisme !
Le seigneur des ténèbres jeta un coup d'œil à sa construction bancale qui était vulgairement jetée sur le lit : non, ce n'était pas si moche que ça ! C'était peut-être très approximatif et ça fleurait la vieille côté d'agneau à des kilomètres à la ronde mais c'était mieux que rien.
-Pour qui est-ce que tu me prends, un homme des cavernes ?
-Mais Roxy…
-Et arrête de me regarder avec ces yeux de merlan frit ! Et lâche-moi !
Axel relâcha la pression qu'il exerçait sur ses poignets en poussant un long soupir d'agonie : Roxas n'aimait pas son cadeau, c'était terrible ! D'ailleurs le blondinet ne perdit pas une minute pour confirmer son dégoût balançant dans un coin de la pièce l'œuvre d'art abstraite qu'Axel avait confectionnée pour lui avant de se glisser à nouveau sous les couettes, pestant parce qu'elles sentaient le mouton à leur tour.
Sur la pointe des pieds, craignant de se manger l'oreiller si jamais Roxas l'entendait arriver, Axel s'approcha doucement du corps emmitouflé qui – pour ne pas changer- le boudait. Un genou posé sur le bord du matelas, il se pencha légèrement en avant pour emprisonner le corps recroquevillé entre ses bras tendus. Quand Roxas le fusilla du regard, il fit sa moue la plus triste, persuadé que cela amadouerait l'ange. Ou pas.
-Dégage Axel.
-Tu boudes ?
-Non. Tu me prends pour une brebis galeuse mais non, je ne boude pas du tout.
D'accord il était vraiment très en colère contre lui. C'est fou ce que ce petit blondinet pouvait dépenser comme énergie à râler. Axel le plaqua contre le matelas pour se retrouver à califourchon sur ses cuisses, le faisant un peu plus grogner alors qu'il s'approchait dangereusement de son visage. Il s'était promis de s'éloigner de lui, de ne jamais tomber sous son charme…mais il avait été incapable de tenir ses bonnes résolutions plus de cinq minutes.
-Roxy ?
-Quoi encore ?
-Je peux me faire pardonner ?
-Impossible.
-Je peux au moins essayer ?
Roxas ne répondit rien, absorbé par les orbes verts qui avaient accroché son regard. Peu à peu, il le vit fermer les yeux avant de s'approcher encore un peu plus de lui. Non, Axel n'allait tout de même pas le…
-AXEL, IL FAUT QU'ON PARLE ! Ow désolé je…je vous dérange peut-être ?
Si Demyx n'avait pas été un ami de longue date –et son seul allié dans le combat qui les opposait, Roxas et lui, au reste des enfers- Axel l'aurait désintégré en moins de deux secondes. D'ailleurs, le regard incendiaire qu'il lui lança ne présageait rien de bon pour la suite. Demyx pouvait même y lire : toi mon vieux, je vais te faire regretter de t'être levé ce matin.
Le blondinet quant à lui, avait violemment repoussé le roux avant de se tapir sous les draps, les joues rouges et le cœur battant à cent à l'heure. Que se serait-il passé si Demyx n'avait pas débarqué ? Axel aurait-il réellement osé…l'embrasser ? Non non non, ça ne faisait pas partie de son plan ! Axel ne devait pas…l'embrasser ! Jamais ! Il ne voulait pas ça. La seule chose qu'il voulait, c'était réussir à garder le roux de son côté, juste le temps qu'il trouve un moyen de s'enfuir. Alors devait-il vraiment aller jusqu'à l'embrasser pour ça ? Il fut coupé dans ses réflexions par Axel, qui relevait doucement le drap, dévoilant le haut de sa chevelure blonde.
-Roxas ? Je dois m'absenter une heure ou deux, je peux te laisser seul ?
-Je ne suis plus un gamin !
Le rouquin sourit : ça il n'en était pas certain. Avant de les voir disparaître, Roxas entendit la voix de Demyx, rapidement suivie par un bruit de claque.
-Ca pue le mouton dans ta chambre, tu te lances dans la zoophilie maintenant ?
Paf. Aie.
Roxas sourit il aurait presque pu commencer à s'habituer à cette ambiance. Presque. Mais il ne le ferait pas. Jamais.
-Riku ? Tu viens ?
-J'arrive, une minute !
Bon sang, où avait-il rangé ces fichues gélules ? Il en avait besoin, il le sentait. Peu à peu, il perdait le contrôle de lui-même. Il ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait la seule chose qu'il savait, c'est que la présence de Sora ne suffisait plus à le calmer. Il ne s'était jamais senti aussi mal, pas quand il était là ! Il devait mettre la main sur ses médicaments, sinon il craignait de lui faire du mal.
-Rikuuuuuuu !
Et Sora qui ne semblait pas saisir la gravité de la situation et qui continuait de se comporter comme un gamin de cinq ans n'arrangeait rien à son état. Il avait vidé la moitié de l'armoire à pharmacie mais il s'en contrefichait. Il lui fallait ses médicaments et vite !
Quand il entendit des pas précipités dans l'escalier, il prit peur : Sora ne devait pas savoir jamais ! Il ne devait rien découvrir. Il savait que, si jamais Sora découvrait quoi que ce soit, il se ferait du souci pour lui. Et un Sora inquiet se résumait à des milliers de questions dont il serait assailli et, dans son état, il n'était pas certain de le supporter. Entendant les pas se rapprocher, il se jeta sur la porte pour la verrouiller.
-Riku ? Mais qu'est-ce que tu fais ? Ca va être froid ! Tu es malade ?
-N-Non je…j'arrive tout de suite.
-Mais tu dis ça depuis vingt minutes déjà ! Il y a un problème ? Tu peux me le dire tu sais.
-Mais puisque je te dis qu'il n'y a rien !
Une main plaquée sur la bouche, effrayé par le ton qu'il venait d'employer, Riku se retenait au bord du lavabo. Il avait l'impression qu'une horrible migraine lui broyait le cerveau, prenant le contrôle de tout son être. Il devait trouver ses médicaments et vite !
-Riku ?
Non, Sora devait se taire ! Il fallait qu'il se taise ! Dans un ultime mouvement de désarroi, Riku renversa la dernière étagère de médicaments, laissant le tout s'écraser sur le sol dans un horrible fracas. Il était là son tube de médicaments. Juste devant lui. A quelques centimètres seulement. Il lui suffisait de tendre la main et…pourtant, sa main tremblait.
-Bordel !
Ce n'était pas le moment de craquer ! Il devait absolument prendre ses médicaments sinon…il préférait ne pas penser aux conséquences. Rassemblant ses dernières forces, il réussit à atteindre le tube, luttant contre une part de lui-même, qui tentait par tous les moyens de s'emparer de lui. D'une main tremblante, il fit glisser les gélules sur sa paume avant de les avaler à toute vitesse, craignant de ne pas être capable de résister plus longtemps.
-R-Riku ?
Appuyé contre le lavabo, Riku regarda le désastre qu'il avait créé. Alors comme ça il…il était vraiment malade ? Il ne pouvait définitivement pas se passer de ses médicaments ? Non ce n'était pas possible, il était plus fort que ça ! Il devait être plus fort que ça ! Se passant une main sur le visage, il s'apprêtait à tout remettre en ordre quand il entendit des sanglots derrière la porte. Sora.
Il ouvrit la porte à la volée pour tomber sur le brun, qui recula légèrement lorsqu'il vit son petit ami apparaître. Riku tendit le bras jusqu'à poser sa main sur sa joue, essuyant les larmes qui y avaient déjà coulé.
-Sora…
-Riku tu…tu es fâché contre moi ?
-Non, bien sûr que non.
-Alors pourquoi tu…pourquoi tu m'as crié dessus ?
Parfois, Riku oubliait à quel point son petit ami pouvait être fragile. Il s'approcha de lui et l'attira entre ses bras, le laissant se blottir contre lui à souhait. Il devait faire en sorte que cela n'arrive plus jamais. Il ne devait plus jamais se comporter ainsi envers lui. Il l'avait effrayé il l'avait blessé. Il ne voulait pas ça. La seule chose qu'il voulait, c'est que Sora soit heureux, enfin.
-Pardonne-moi, dit-il en embrassant ses cheveux, et si on allait goûter ce que tu as préparé ?
Le brun hocha la tête en reniflant et, doucement, il entrelaça ses doigts aux siens. Il sonda un instant son regard avant de laisser un énorme sourire prendre place sur ses lèvres sourire auquel Riku ne répondit qu'à moitié. Alors que Sora le traînait jusqu'à la cuisine et qu'il se promettait de ne plus jamais le faire pleurer quelque part au fond de lui une petite voix lui disait que c'était loin d'être la dernière fois.
-Comment ça ?
-Je ne sais pas ce qu'il lui arrive, il m'évite et…il dit que je l'ai trahi ! Jamais je n'aurais fait une chose pareille ! Comment peut-il croire une telle chose ?
-Alors il n'est plus avec nous ?
-Axel, tu m'écoutes ? Il refuse de m'adresser la parole !
-Oui Demyx, j'ai compris. Et je suis désolé pour toi, mais la seule chose qui m'importe pour le moment, c'est la survie de Roxas. Si Zexion nous trahit, nous devrons redoubler de vigilance.
Le punk soupira tout en hochant la tête : même lui, même Axel n'avait plus le temps de l'écouter. Il n'y en avait plus que pour Roxas. Seul le blondinet comptait à présent. Et lui, que lui restait-il au juste ? Zexion ne lui parlait plus. Jour après jour, il le voyait s'éloigner de lui. Si Roxas n'avait pas débarqué, rien de tout ça ne serait arrivé ! Il n'aurait jamais eu à prendre part pour l'un ou l'autre camp et…et il n'aurait pas perdu Zexion !
Après tout, les autres avaient peut-être raison : ce serait peut-être préférable que Roxas disparaisse. Il n'était pas fait pour vivre en enfers il ne leur attirerait que des ennuis ! Peut-être qu'il était temps maintenant qu'ils se débarrassent de lui…Roxas était là depuis bien trop longtemps.
-Demyx ? Tu es toujours avec nous, n'est-ce pas ?
-Oui, bien sûr.
Du moins pour le moment.
Xemnas glissa une main dans la longue chevelure de Saix, le repoussant légèrement alors que ce dernier essayait à nouveau de happer ses lèvres. Son plan marchait parfaitement : Vexen avait fait un excellent travail en préparant ce philtre et il devait bien avouer que Saix pouvait être très convaincant quand il le voulait. Que ce soit avec Zexion ou avec lui-même.
D'ailleurs la dernière heure qu'il venait de passer ensemble en était la preuve. Saix n'avait pas perdu de temps pour venir réclamer son dû après avoir quitté Zexion. Et Xemnas n'avait pas mis longtemps avant de céder à ses avances. Parce que, comme il l'avait déjà remarqué auparavant; le balafré avait des talents de séducteur qu'il cachait très bien.
-Du calme, murmura-t-il d'une voix rauque comme Saix essayait de le retenir.
-J'ai bien droit à une récompense, lui répondit-il sur le même ton, séduire Zexion n'est pas une tâche aisée.
-Tu as déjà eu ta récompense.
-Un baiser ? Rien que ça ?
-Dois-je te rappeler que Zexion n'est pas encore totalement sous ton charme ?
Et c'était vrai : si le jeune homme était involontairement sous l'emprise du philtre de Vexen, une part de lui-même semblait encore vouloir se débattre. Saix n'avait pas eu beaucoup de mal à convaincre le jeune homme des atrocités qu'il avait inventées au sujet de Demyx et pourtant…l'esprit de Zexion restait lié à celui du punk sans qu'il ne puisse rien y faire.
-Ce n'est pas de ma faute si le philtre de Vexen ne marche pas !
-Le philtre de Vexen marche parfaitement bien. C'est toi qui ne sais pas t'y prendre. Si Zexion était réellement sous le charme de Demyx, tu auras du mal à le convaincre avec ton tempérament.
-Si pour le séduire je dois me comporter comme cet imbécile de punk, je préfère encore tout arrêter. Même pour toi !
-Même pour moi ?
Xemnas s'approcha de lui, un étrange sourire collé aux lèvres et, quand ses mains se glissèrent sous le veston de Saix, il sut qu'il avait gagné le combat. Décidément, le balafré ne pouvait pas résister à son charme. Comme tous les autres d'ailleurs. Mais Saix avait un air dévoué que les autres n'avaient pas…et qui lui plaisait beaucoup. Ce serait bien plus agréable de jouer avec lui plutôt qu'avec tous les autres.
-C'est bien Saix, je te promets que tu ne le regretteras pas.
Et lui non plus d'ailleurs.
-Il est déjà là-bas.
-Alors tu devras aller l'y chercher.
-Il est en enfer !
-Débrouille-toi Cloud. Mais n'oublie pas, je le veux vivant. J'ai besoin de lui pour finaliser mon plan. Je veux lui arracher le cœur moi-même.
Le jeune homme soupira quand son regard se plongea dans celui, sombre et vide de son supérieur. Riku allait trop loin. Il n'avait jamais été question de faire du mal à qui que ce soit. Il avait changé et Cloud n'aimait pas ce changement. Pas du tout. Mais il avait besoin de racheter ses fautes et si pour ça il devait s'en prendre à Roxas, il le ferait. Rien n'avait plus d'importance que sa liberté.
- Ramène-le-moi, dit Riku en se penchant vers lui, tu as une semaine.
Une semaine pour aller dans le plus dangereux des trois mondes, kidnapper un blondinet qui devait probablement être aussi têtu que son frère et revenir incognito. Et tout ça sans se faire tuer, et sans apparaître sur le menu du dimanche : spécial chair fraîche. Rien de plus simple quoi, des vacances en quelques sortes.
-Roxy, tu fais encore la tête ?
-Non.
-Alors tu ne boudes plus ?
-Non.
-Et tu ne m'en veux plus de t'avoir ridiculisé ?
-Non.
-Alors pourquoi est-ce que tu refuses de m'adresser la parole ? !
-Parce que je te hais.
-Mais tu as dit que tu ne m'en voulais plus !
-Non, je te hais. Ce n'est pas la même chose, Axel.
Le rouquin soupira alors que le petit blond n'avait même pas daigné relever la tête vers lui. Vraiment parfois, il se demandait si Roxas n'était pas une fille : en tout cas il devait avoir les mêmes hormones, ce n'était pas possible autrement ! Son passe-temps favori : faire la tête. Son sport préféré : l'embêter. Vraiment, Roxas devait être une fille.
Axel fronça les sourcils : depuis quand lui, le maître des enfers, le seigneur des ténèbres, l'être le plus puissant en ce bas monde se laissait-il faire par une gonzesse ? Non mais franchement, c'était le monde à l'envers ! Il devait reprendre le pouvoir et vite, avant que Roxas ne s'impose réellement et finisse par prendre le contrôle de son esprit. Il allait reprendre les choses en mains et vite, avant même que le blond n'ait eu le temps de s'en rendre compte.
Il ne perdit d'ailleurs pas une minute pour passer à l'action : il colla violemment l'ange contre le mur et s'approcha brusquement de lui pour coller ses lèvres aux siennes. Un baiser un surface mais suffisant pour faire comprendre au blondinet qu'il n'avait pas dit son dernier mot. Quand il se recula, Roxas le dévisageait sans comprendre. Il s'approcha à nouveau de lui, jusqu'à ce que son nez se perde dans ses cheveux et, doucement, il lui murmura :
-Tu me hais ? Pas de problème, mais tu ne te débarrasseras pas de moi si facilement. Tu veux jouer ? Alors jouons et si je gagne…tu ne partiras jamais d'ici, Roxas. Tu m'appartiendras pour toujours. Et sache que j'ai toujours ce que je veux.
Ensuite il se sépara de lui et repartit travailler, un sourire victorieux accroché aux lèvres : non seulement il avait réussi à reprendre sa place de dominant mais en plus il avait embrassé Roxas. Autant dire qu'il avait gagné le gros lot aujourd'hui. Deux pour le prix d'un…et pas des moindre. Les lèvres de l'ange avaient un goût de paradis. Un paradis dont il ne pourrait à présent plus se passer.
-Alors Vexichou, tes recherches avancent ?
-Tu n'as pas de la peinture à terminer, au lieu de venir fourrer ton nez dans mes affaires ?
Marluxia fit la moue tout en tournoyant sur le large fauteuil noir qui décorait le bureau de son scientifique préféré. Bureau qu'il aurait d'ailleurs pris un malin plaisir à repeindre…mais ça c'était une autre histoire.
-Tu me vexes, tu sais ? Moi qui pensais que ma présence t'aurait fait plaisir…je t'avais même préparé des petits fours aux yeux de crapaud pour l'occasion. Tant pis…je suis certain que Lexaeus en raffolera lui aussi.
-Une minute ! Si tu as amené le casse-croute, tu peux rester.
Décidément les spectres ne pensaient qu'à leur ventre et Vexen ne faisait pas exception à la règle ! Mais il ne pouvait pas lui en vouloir : son petit Vexen chéri était tellement sexy quand il croquait un petit-four comme il le faisant maintenant, émiettant son blouson. Parfois Marluxia aurait aimé être un petit-four pour que Vexen ne fasse qu'une bouchée de lui et…
-Arrête de baver, Marluxia. Pour quelqu'un que si dit être glamour, je peux t'assurer que comme ça tu ne l'es vraiment pas.
Et bien évidemment, comme à chaque fois qu'on s'adressait à lui autrement que pour lui faire un compliment, Marluxia fit la tête. Il ÉTAIT l'être le plus glamour, le plus distingué, le plus sensuel de tout l'enfer et ça, ni Vexen ni personne d'autre ne pourrait le nier. Vexen était jaloux, voilà tout !
-Trèves de bavardage, pourquoi es-tu venu ? Je doute que tu te sois déplacé dans l'unique but de me donner la béquée.
-Quand est-ce qu'on se débarrassera de lui, Vexy ? J'en ai plus qu'assez d'attendre !
-Patience. Bientôt Zexion sera de notre côté et je parie tout ce que j'ai que Demyx ne mettra pas longtemps à nous rejoindre. Il ferait tout pour notre rat de bibliothèque. Quand nous serons au grand complet, nous n'aurons aucun mal à nous retourner contre Axel. Mais pour ça nous ne devons pas confondre vitesse et précipitation.
Marluxia posé son menton sur ses mains jointes, l'air rêveur. Il pouvait déjà imaginer la scène : ce sera sanglant et glauque. Tout ce qu'il aimait !
-Vexen ?
-Quoi encore ?
-Est-ce que je pourrais lui arracher les entrailles ?
-Si tu veux.
-Tu es un amour tu sais.
Le scientifique leva les yeux au ciel avant de se remettre au travail : Marluxia était cinglé…mais au moins il s'occupait de son petit confort personnel et c'était très agréable….
-Tu fais encore la tête ?
Assis sur le bord du lit, un livre entre les mains, Roxas ne daigna pas lui répondre. Un sourire cynique aux coins des lèvres, Axel haussa les épaules et s'approcha de lui jusqu'à passer un bras autour de ses épaules et lui coller un baiser sur la tempe. Sa main remonta le long de sa nuque et, avec beaucoup de satisfaction, il sentit l'ange frissonner sous sa caresse.
-C'est toi qui vois, dit-il avant de se séparer de lui.
Après tout plus Roxas lui faisait la tête et plus il pouvait lui faire des câlins à gogo, ce n'était que du bénéfice pour lui. Derrière lui l'ange grimaça : il devait à tout prix trouver un moyen de contre-attaquer. Non mais, depuis quand un monstre comme Axel pouvait le manipuler ? C'était le monde à l'envers !
Sora se faufila à pas de loup dans la salle de bains : Riku était directement parti se coucher après son retour et, visiblement, sa mauvaise humeur était revenue puisqu'il l'avait envoyé balader sans même lui dire bonsoir. Si le brun était resté souriant, faisant preuve d'une bonne humeur inconditionnelle, il n'avait pourtant rien oublié du déroulement de la journée. Son petit ami était différent et ce n'était pas la première fois qu'il remarquait un changement de comportement de sa part.
Il se faisait du souci pour lui : il avait peur que le jeune homme ait fait de mauvaises rencontres et –pire encore- qu'il se soit laissé entraîner dans une dangereuse combine. Il le voyait peu à peu s'éloigner de lui et sa peur de le perdre n'était rien comparé à sa peur de le voir sombrer dans un monde de débauche. Il ne voulait que son bonheur…et Riku n'était pas heureux. Il pouvait le voir se battre contre lui-même et ce scénario lui brisait le cœur.
Alors il avait profité du sommeil de son petit ami pour faire l'impensable : fouiller dans ses affaires. Pourquoi Riku s'était-il enfermé dans la salle de bains tout à l'heure, quand il n'allait pas bien ? C'était insensé ! Habituellement son petit ami trouvait refuge dans ses bras quand ça n'allait pas alors, pour qu'il ait préféré la solitude, c'est qu'il devait vraiment avoir un problème. Et Sora voulait découvrir quel était ce problème…pour l'aider.
Toujours sans faire de bruit, il ouvrit la pharmacie, persuadé d'y trouver des réponses. Il avait très bien vu que son petit ami avait tout mis sans dessus-dessous et, quand il avait voulu l'aider à ranger, Riku était devenu agressif avant de le prendre dans ses bras pour s'excuser, prétextant qu'il ne voulait pas qu'il répare ses erreurs. Mais Sora savait qu'il y avait autre chose. Quelque chose qu'il essayait de lui cacher.
Il fouilla la pharmacie pendant de longues minutes…jusqu'à tomber sur un petit tube qu'il ne connaissait pas et qu'il n'avait pas souvenir d'avoir rangé. Il s'en saisi d'une main tremblante pour lire ce qu'il était écrit sur l'étiquette et là, il sut qu'il avait eu raison de se faire du souci : des antidépresseurs. Riku avait eu besoin de prendre des antidépresseurs. Pourquoi ? Qu'est-ce que son compagnon lui cachait ?
Cette nuit-là, quand il rejoignit son petit ami et quand celui-ci se colla contre son dos, il ne put s'empêcher de ressentir un étrange mal-être. Riku n'était pas l'homme qu'il pensait connaître. Et si jamais il s'était trompé ? Et si Roxas avait eu raison ? Et s'il avait été trop vite ? Pour la première fois depuis longtemps, il regretta d'avoir quitté le paradis…et son frère jumeau. Il voulait retrouver l'étreinte réconfortante et rassurante de son frère. Il voulait oublier tout ce qu'il venait de voir. Il espérait simplement que Roxas s'en sortait mieux que lui…et qu'il lui pardonnerait.
