Hey hey!

Alors vous allez bien? Pas trop déprimées de voir ce ciel tout gris alors qu'il n'est que...17h? u_ù'.

Si c'est le cas j'espère que ce chapitre vous mettra un peu de baume au coeur :p

Bon alors d'abord je tiens à préciser que vous être difficiles :p Entre celles qui veulent du gore, du trash, du meurtre et celles qui veulent du bisounours, je ne sais plus où donner de la tête :p Alors bon, ce chapitre est un peu plus soft pour Roxas et Axel :).

Comme promis Zexion et Demyx sont un peu plus mis en avant et Riku prend une décision décisive...

Arrivée de nouveaux personnages aussi. Bref, j'espère que vous aimerez.

Je vous fais de gros ! 3


Assis dans un coin de la pièce, les genoux repliés contre la poitrine, la tête entre les mains, Zexion luttait. Il luttait contre une horrible migraine et contre la petite voix qui l'accompagnait. Il avait l'horrible impression que son âme était déchirée en deux. Il se sentait seul, il se sentait vide, il se sentait mal…et Demyx n'était pas là pour le calmer. Habituellement, la présence du punk – bien que ce dernier soit un être encombrant et extravagant- l'apaisait et le rassurait.

Il n'avait jamais su pourquoi d'ailleurs : après tout Demyx n'était pas un modèle de sérénité. Et pourtant il avait toujours su trouver les mots pour calmer son mal-être. Mais maintenant Demyx n'était plus là et, en réalité, il ne l'avait jamais été. Si Saix avait dit vrai, le punk s'était servi de lui. Il l'avait manipulé, il lui avait menti et lui il…il était tombé amoureux de lui. Réellement amoureux. Comment avait-il pu se laisser avoir aussi facilement ?

Et c'était bien ça le problème : les révélations de Saix. Une part de lui-même refusait de le croire. Quelque part au fond de lui, une voix lui hurlait que ce n'était que mensonge, qu'il devait parler avec Demyx, lui laisser une autre chance et pourtant il se sentait incapable de faire le moindre geste vers lui. C'était comme si son corps était contrôlé par une entité supérieure, comme s'il n'était plus qu'un pantin entre les mains d'un autre. Et il détestait cette sensation.

Il avait envie de crier, de hurler. Il voulait être capable de retenir Demyx, de ne pas lui lancer ce regard noir et glacial qu'il posait sur lui, d'effacer la tristesse qu'il pouvait lire au fond de ses prunelles. Mais au lieu de ça, il ne faisait rien. Pire encore, il se sentait indéniablement attiré par Saix…SAIX cet homme froid, manipulateur. Cet homme qu'il n'aurait jamais aimé. Cet homme qui était si différent de Demyx…

Ce n'était pas possible. Que lui arrivait-il ? Pourquoi se comportait-il de cette manière ? Il ne voulait pas faire de mal à la seule personne qui avait toujours été là pour lui…à la seule personne qu'il ait jamais aimée. Mais il ne pouvait rien faire : quelqu'un le manipulait et lui il assistait, impuissant, au désastre qu'il répandait autour de lui. Il se voyait faire les yeux doux à un spectre dont il s'était toujours méfié pendant qu'il voyait l'homme qu'il aimait lui échapper.

-Zexion ?

Le jeune homme sursauta : sa migraine avait doublé d'intensité comme la voix de Demyx avait traversé la cloison de la porte. Cette voix qu'il voulait tant entendre et qui lui faisait pourtant tellement mal.

-Zexion ce…c'est moi. C'est Demyx.

Ses doigts se crispèrent sur ses tempes. La voix du punk lui faisait mal. Elle le rendait presque fou. Dans son esprit, il pouvait parfaitement sentir que deux puissances se battaient l'une contre l'autre. La première en faveur de Demyx tandis que la seconde voulait le lui faire oublier.

-Je sais que tu es là…s'il te plaît, parle-moi.

Il aurait tellement voulu pouvoir en être capable ! Il aurait voulu lui répéter toutes les atrocités que Saix lui avait dites. Lui demander pourquoi…lui demander si seulement il avait jamais compté pour lui. Ou si, comme le lui avait certifié Saix, il n'avait été qu'un jouet pour lui. Un passe-temps. Un rempart.

-Ecoute-moi je…je ne comprends pas Zexion. Je ne comprends pas pourquoi tu te comportes de la sorte. Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Je voudrais au moins qu'on en parle. Je voudrais comprendre. Est-ce que j'ai fait quelque chose qui t'a déplu ? Est-ce que je t'ai blessé ? Zexion s'il te plaît, dis-moi !

Non, bien sûr que non ! Il n'avait rien fait de mal…ou du moins pas directement. Si, il lui avait fait du mal, beaucoup de mal ! Il l'avait trahi ! Il l'avait humilié ! Il était prêt à perdre sa fierté pour lui, à tout lui avouer et Demyx s'était simplement joué de lui ! Non, non, non, non ! Demyx n'aurait jamais fait une chose pareille, sinon pourquoi viendrait-il encore lui parler ? Ça devait être une ruse, une ruse pour mieux pouvoir le blesser par la suite.

-Tu me manques tu sais…

Zexion releva la tête : que venait-il de lui dire ? Qu'il lui…manquait ? Non, c'était un mensonge ! Il ne devait pas l'écouter !

-Mon ami me manque. Nos conversations me manquent. Ta voix, ta présence, tes insultes, tes regards, tout me manque ! Tu me manques Zexion, s'il te plaît reviens.

Lui aussi il lui manquait ! Il lui manquait énormément même ! Même ses blagues stupides commençaient à lui manquer même ses questions idiotes qui avaient pourtant le don de le mettre en colère. Demyx lui manquait, vraiment beaucoup. Mais non, il ne devait pas lui manquer ! Il l'avait trahi, il lui avait fait du mal. Il ne tenait pas à lui, il ne devait pas lui manquer ! Il devait l'oublier. De l'autre côté de la porte, il put entendre le punk soupirer.

-Très bien…tu ne veux pas me parler, n'est-ce pas ? Zexion…je ne sais pas ce que Saix t'a raconté mais je t'assure que c'est faux. Tu es la seule personne qui compte vraiment pour moi ici. Tu n'imagines même pas ce que je serai capable de faire pour toi…trahir mon meilleur ami, le blesser, le séparer de la personne qu'il aime…uniquement pour être avec toi. Pour que tu cesses de m'en vouloir. Alors s'il te plaît réfléchis Zexion. Je tiens à toi, je ne veux pas te perdre. Je ne veux pas qu'on se fâche, c'est trop douloureux.

Il tenait à lui ? Demyx aurait-il réellement été capable de trahir Axel, son meilleur ami…pour lui ? Non, ce n'est pas ce qu'il voulait ! Il ne devait pas trahir Axel ! Il devait l'aider à protéger Roxas, c'était important. Non, il devait l'aider à tuer Roxas, à se débarrasser de lui. Roxas était un parasite, un ennemi, il devait disparaître. Mais alors, Saix avait menti ? Demyx tenait vraiment à lui ? Comment avait-il pu croire de tels mensonges, surtout venant du balafré ? Non, non, Saix avait raison, Demyx essayait de l'amadouer. Il avait besoin de lui pour mettre son plan à exécution et…

STOP ! Stop, stop, stop ! Il n'en pouvait plus de ce combat perpétuel qui se déroulait en lui. Il était perdu : il ne savait plus qui croire. Demyx lui semblait tellement sincère et pourtant…les paroles de Saix refusaient de le quitter. Elles étaient ancrées dans son esprit sans qu'il ne puisse s'en défaire. Elles résonnaient douloureusement dans son cœur, alimentant le côté sombre qui avait pris possession de lui…et qui voulait le séparer de Demyx.

-Je ne veux pas qu'on se fâche parce que moi je…

Oui ?

-Je…

Oui ?

-Tu m'écoutes, Zexion ?

Mais oui, bien sûr qu'il l'écoutait !

-Moi je…

Oui ?

-Qu'est-ce que tu fais là, minable ? Si c'est Zexion que tu cherches, je te conseille d'abandonner. Il ne veut plus entendre parler de toi, tu ne l'as pas encore compris ?

Quel abruti ce Saix ! Qu'est-ce que Demyx s'apprêtait à lui dire ? Se pourrait-il que…non, non, c'était impossible. Demyx ne l'aimait pas, pas comme lui ! Il se servait de lui voilà tout…pourtant il connaissait son ami il savait que le punk n'aurait jamais avoué une telle chose s'il ne l'avait pas réellement pensé…alors…

-Je ne sais pas ce que tu lui as dit, Saix, mais je ne te laisserai pas lui faire du mal.

-Je ne lui ai rien fait, mauviette, ton petit copain s'est rendu compte de lui-même de l'être lâche et manipulateur que tu étais !

Non c'était faux ! Il lui avait monté l'esprit, il l'avait convaincu que Demyx se servait de lui. Il mentait, comme toujours. Demyx ne devait pas croire une telle chose, c'était absurde !

-J'ai toujours été sincère avec lui, et il le sait très bien !

-On parie ?

La porte s'ouvrit devant lui, laissant apparaître les deux hommes qui lui faisaient tant de tort en ce moment. Face à lui, Demyx le regardait avec insistance, le suppliant presque du regard de faire quelque chose et pourtant…il planta son regard dans celui de Saix, incapable de détourner ses yeux des siens, comme hypnotisé par son regard.

-Zexion, murmura-t-il d'une voix à la fois autoritaire et douce, viens donc saluer ton ami, si tu le crois aussi sincère qu'il prétend l'être.

Zexion aurait aimé pouvoir faire un pas vers lui, lui demander de le pardonner. Lui dire que lui non plus il ne comprenait pas ce qu'il se passait…qu'il avait besoin de lui. Mais il fut incapable d'avancer. Il essaya de lui lancer un regard réconfortant, un regard pour le rassurer, lui dire que tout cela n'était qu'un terrible malentendu. Mais il fut tout juste capable de poser sur lui un regard vide de toute émotion. Son visage était impassible, il le savait. Et la lueur triste qui se reflétait dans les prunelles du punk lui faisait incroyablement mal sans qu'il ne puisse rien laisser paraître.

-Tu vois, Demyx, ajouta Saix en s'approchant de lui jusqu'à enlacer ses épaules, Zexion n'a plus besoin de toi maintenant. Il ne veut plus de toi, abandonne.

Non c'était faux ! Il avait besoin de lui, au contraire ! Mais Zexion n'eut pas le temps de réagir que déjà, les lèvres de Saix se posaient sur les siennes. S'il aurait voulu pouvoir le repousser, son corps réagit au baiser et, presque machinalement, ses bras allèrent s'enrouler autour du cou du balafré. Il ne voulait pas ça…il ne voulait pas embrasser Saix et pourtant il n'était plus maître de son corps. Quand il se sépara de lui, il eut tout juste le temps de voir les larmes sur les joues de Demyx avant de voir ce dernier partir en courant. Le visage de Saix se rapprocha encore du sien comme il le collait doucement contre le mur :

-N'est-ce pas, Zexion, tu n'as plus besoin de lui à présent. Tu es à moi.

C'était faux, il le savait, mais la seule chose qu'il fut capable de faire fut d'acquiescer en lui souriant. Son âme pleurait en silence alors qu'il se glissait entre les bras d'un homme qu'il n'aimerait jamais.


-Salut monsieur ''je fais la tête et j'aime ça'', bien dormi ?

Axel arborait toujours le même sourire victorieux qui l'énervait tant. Non, Roxas n'avait pas fermé l'œil de la nuit, bien trop occupé à préparer sa revanche. Le roux s'était bien assez amusé avec lui à son goût. Lui, Roxas, ange déchu, ne se laisserait pas faire par un être imbu de lui-même comme Axel. Avec ou sans ailes, il allait le prendre à son propre jeu sans même qu'il ne s'en rende compte.

-Je vois, toujours aussi bavard.

Du coin de l'œil, Roxas le regarda s'approcher de lui pour profiter de son manque de répartie. Un léger sourire apparut sur ses lèvres et, alors que les sourcils du rouquin se fronçaient et qu'il se penchait vers lui pour l'embrasser, Roxas retourna la situation et, l'empoignant par le col de sa chemise, appuyant de tout son corps contre le sien pour l'empêcher de reprendre le dessus, il l'embrassa.

Pas un baiser de pré-adolescente dont Axel avait l'habitude de l'assaillir pour se moquer de lui, non, un VRAI baiser. Et, si pour lui ce n'était qu'un jeu, il sentit que le roux pensait autrement. Alors que leurs langues avaient débuté un ballet enflammé, le maître des enfers baissa sa garde et Roxas put sentir ses mains parcourir son corps jusqu'à venir se glisser autour de sa taille et derrière sa nuque pour le serrer un peu plus contre lui. Axel ne jouait plus et Roxas adorait profiter de lui de la sorte.

Quand il sentit la main du seigneur des ténèbres se glisser sous son haut, il cessa le baiser, le faisant gémir de frustration. Une main toujours nichée au creux de son cou, Axel le maintenait néanmoins contre lui, l'empêchant de fuir. Il pouvait sentir son souffle se mêler au sien et, si le roux avait perdu son sourire, l'ange, lui, avait retrouvé le sien. Un sourire sournois et fier.

-Tu voulais jouer, Axel ? Alors on va jouer, mais ne sois pas si sûr de gagner.

-Je suis prêt à te laisser gagner si tu recommences ce que tu viens de faire, ronronna le maître des enfers et cherchant à nouveau le contact.

Mais Roxas le repoussa de toutes ses forces et le colla contre la porte derrière lui, approchant son visage du sien, ravi de voir les yeux envieux d'Axel posés sur lui.

-Ne crois pas que je vais me rendre si facilement. Ça ne fait que commencer.

Dans ce cas, Axel ne demandait qu'à connaître la suite. Roxas lui faisait terriblement envie quand il agissait de la sorte.


-Sora ?

-Oui mon amour ?

Le brun perdit son sourire éclatant quand il franchit la porte du salon : Riku le regardait d'un air mauvais. Un air qu'il ne lui connaissait pas et qui lui faisait peur. Son petit ami semblait très en colère contre lui et Sora n'eut aucun mal à comprendre pourquoi : Riku tenait le tube d'antidépresseurs qu'il avait découvert la veille.

-De quel droit as-tu fouillé dans MES affaires ?

-Riku, ce n'est pas ce que tu crois, je…

Mais Sora n'eut pas le temps de terminer sa phrase : avant même qu'il ne se soit rendu compte de quelque chose, Riku s'était approché de lui, une main serrée autour de son cou. Le brun cessa de respirer l'espace d'un instant, effrayé par la lueur de haine qu'il pouvait voir briller au fond des prunelles de son amoureux.

-Riku ? Qu'est-ce que tu fais ? Arrête !

-Ne t'avises plus jamais de faire une chose pareille, tu m'entends ? Jamais.

-Je n'avais pas de mauvaises intentions, je te le jure ! Je m'inquiète simplement pour toi !

Imperceptiblement, les doigts du jeune homme s'étaient resserrés autour de son cou, commençant doucement à le faire souffrir. Sora tenta de se débattre mais Riku était bien plus fort que lui, il le maintenait sang aucun mal entre sa poigne. Son regard semblait lointain, comme s'il n'était plus tout à fait lui-même et cela fit frissonner le brun.

-Riku arrête, tu me fais mal !

Comme si cette simple phrase avait déclenché en lui le déclic dont il avait besoin, Riku le lâcha avant de reculer, regardant ses mains tremblantes d'un air horrifié : il avait voulu…étrangler Sora ? Bon sang, il aurait été capable de lui faire du mal ! Il lui avait fait du mal ! Face à lui, le petit brun tâtait sa gorge douloureuse, à la fois soulagé et effrayé. Il ne reconnaissait plus son compagnon. Au bout de quelques minutes, voyant qu'il ne bougeait pas, il osa faire un pas vers lui, restant tout de même sur ses gardes.

-Riku…

-Ne t'approche pas de moi !

Riku s'était reculé : il était à présent un danger pour son petit ami. Il ne devait pas rester avec lui, il devait s'en aller. Il devait partir loin, très loin, là où il serait incapable de lui nuire à nouveau. Il avait complètement perdu pieds et, même s'il détestait devoir l'avouer…il aurait parfaitement été capable d'aller plus loin. Si Sora ne l'avait pas supplié de le lâcher, il n'était pas certain d'avoir pu s'arrêter à temps. Son traitement ne faisait plus effet. Sa seconde personnalité avait pris le pas sur la première, il ne pouvait plus rester ici.

-Riku je m'inquiète pour toi, dis quelque chose.

-Je vais m'en aller, Sora. Pardonne-moi s'il te plaît.

Mais le brun ne semblait pas d'avis à le laisser partir : Riku était son petit ami il le connaissait par cœur et maintenant il savait qu'il avait besoin de lui. Il ne pouvait pas le laisser s'en aller seul. Riku n'était pas fait pour vivre seul, encore moins dans cet état. Il avait besoin d'aide mais il savait que jamais il ne l'avouerait. Riku avait bien trop de fierté pour ça.

-Non ! S'il te plaît, reste. Je peux t'aider je…je vais t'aider, je te le promets !

Riku planta son regard dans le sien et, aussitôt, Sora sentit son cœur se serrer. Son petit ami semblait tellement triste. Blessé, perdu, anéanti. Il ne l'avait jamais vu si fragile. Riku avait toujours voulu lui montrer l'image d'un homme fort et sûr de lui alors, le voir dans cet état le déstabilisait et lui donnait envie de le serrer contre lui, oubliant en un instant ce qu'il venait de se passer.

Alors qu'il tendait une main vers lui, il vit son compagnon se retourner et, comme un film qui passe au ralenti, il s'approcha de lui. Sora le regardait sans bouger, attendant simplement que les choses se passent. Doucement, Riku enlaça ses épaules tout en l'attirant contre lui avant de glisser une main dans ses cheveux. Contre lui, Sora pouvait sentir qu'il respirait son odeur à pleins poumons, comme pour s'en imprégner à tout jamais. Comme pour lui dire adieu.

-Je suis tellement désolé mon amour, j'espère qu'un jour tu pourras me pardonner. S'il te plaît, ne cherche pas à me retenir, je suis devenu un danger pour toi. Peut-être pas maintenant, peut-être pas demain mais un jour je te ferai du mal à nouveau. Alors laisse-moi m'en aller. Et surtout n'oublie jamais que je t'aime de tout mon être. Merci pour tout.

-Riku, non.

-Je t'aime.

Et ensuite, sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, Sora vit que son petit ami s'en allait. Riku le quittait. Il tirait un trait sur leur vie commune une vie pour laquelle il avait tout abandonné. Seul dans ce trop grand appartement, Sora sentit une larme rouler le long de sa joue : tout était fini. Il avait perdu.


-Mais…mais…mais c'est un…un…un…

-Un suçon, répondit Axel, mort de rire devant l'air totalement dépité de celui qu'il avait officiellement rebaptisé ''SON Roxy''.

-Bordel, tu fais chier Axel !

-Oh arrête, c'est mignon comme tout.

Mignon ? Cette horrible chose qui laissait déjà une jolie marque violette sur sa peau blanche ? Décidément, Axel et lui n'avait pas vraiment la même vision de la beauté. Comment avait-il pu se laisser avoir de la sorte ? Il n'avait pas vu Axel s'approcher sournoisement de lui et, quand il l'avait entendu respirer derrière lui, c'était déjà trop tard. Le roux n'avait pas perdu de temps pour l'emprisonner dans une étreinte de fer et plonger son visage au creux de son cou. Et, si Roxas s'était vivement débattu au début, il ne pouvait pas nier avoir aimé la sensation des lèvres d'Axel sur sa peau. Mais ça, c'était avant de voir cette horrible marque violacée.

-Oh Roxy, tu as de la chance que je me sois retenu. Si je m'étais écouté, j'aurais bien été capable de te manger tout cru.

Et voilà que le rouquin le prenait à nouveau pour sa nourriture…vraiment, quelle mouche avait bien pu le piquer le jour où il avait décidé de quitter le paradis ? Là au moins personne n'essayait de le dévorer…

-Arrête de me regarder comme ça, Axel, je ne suis pas un ragout de scarabées.

Le seigneur des enfers fit la grimace : un ragout de scarabées ? C'était bon pour les spectres, ça. Un être de son rang avait droit à des mets plus…exotiques. D'ailleurs, si Roxas avait été un plat, Axel aurait aimé le manger sous forme de flan. Roxas avait la peau douce comme un flan au caramel. Oh oui, il aurait été parfait en dessert ! Ou servi avec de l'anguille en sauce…Ou bien…

-Hé ! Dit-il comme Roxas s'était violemment collé contre lui, je savais que je te faisais de l'effet mais pas à ce point !

-Tu n'as même pas idée, répondit l'ange, un sourire vorace accroché aux lèvres.

Le maître des ténèbres aimait particulièrement lorsque son Roxy préféré se montrait si entreprenant. Ça lui donnait un petit air sexy auquel il ne pouvait absolument pas résister. En Roxas sommeillait un ange maléfique qu'il se plaisait à découvrir un peu plus au fil du temps. Et dont il était déjà accro. Roxas était sa drogue à présent et il savait que plus jamais il ne pourrait se passer de lui. Surtout pas quand il l'embrassait comme il le faisait maintenant.

-Aie ! Non mais ça va pas la tête, hurla-t-il en le repoussant alors que, derrière lui, Roxas pouffait doucement.

Ce sale gosse avait…osé le mordre. Lui, l'être le plus puissant de tous les enfers, le maître de ces lieux, le monstre le plus admiré et le plus craint avait été…blessé par un vulgaire poulet déplumé. Les yeux rivés sur le miroir en face lui, il toucha doucement sa lèvre meurtrie en grimaçant : Roxas ne l'avait pas raté ! Il pouvait sentir le sang remplir sa bouche. Dans le reflet il pouvait voir le regard fier du blondinet posé sur lui. Cet enfoiré ne perdait rien pour attendre !

-Roxas, gronda-t-il, ton geste ne restera pas impuni. Je te promets de te faire payer.

Et, alors qu'il s'attendait à voir son petit protégé détaler comme un lapin, comme il le faisait toujours au début, il le vit s'approcher de lui d'un air victorieux. Pire encore, Roxas vint se coller contre son dos et, automatiquement, la colère que ressentait Axel se dissipa. Il ne pouvait définitivement pas résister au contact de l'ange contre lui.

-Arrête d'user ta salive pour rien. Tu sais aussi bien que moi que tu es incapable de me faire le moindre mal.

Axel n'en revenait pas : Roxas avait pris confiance en lui. Vraiment confiance en lui et...il le connaissait à présent presque par cœur. Ce n'était pas normal même Saix n'avait jamais osé lui parler de la sorte et pourtant, il avait vécu bien plus longtemps auprès de lui.

-Tu m'as défiguré et je te jure que…

-Oh arrête, c'est mignon comme tout.

Il lui avait coupé la parole. Cet ange le rendait dingue. Dans tous les sens du terme.


Il avait emprunté la porte des mondes, marché trois kilomètres en direction du nord, tourné à droite après le deuxième passage intergalactique et compté trois rues avant de tourner à gauche. En résumé, il avait suivi à la lettre les instructions de Riku. Alors il fallait vraiment qu'on lui explique COMMENT il avait pu tomber entre les mains de créatures aussi difformes que sanguinaires qui ne l'avaient pas laissé s'expliquer avant de le jeter dans une cellule en compagnie de monstres dont il ne connaissait même pas l'existence.

Cet endroit n'était même pas sur la carte, c'était insensé ! Il savait qu'il aurait mieux fait d'abandonner dès le début, ça lui aurait évité de se retrouver coincé ici ! Maintenant il devait trouver un moyen pour se sortir de ce pétrin avant de se rendre en enfer, ce planning était décidément plein de réjouissances !

-Si j'étais toi je ne resterai pas là.

Cloud se retourna pour voir un jeune homme à la chevelure brune qui se tenait derrière lui. Un humain tout comme lui. Le jeune homme n'eut pas le temps de pousser un soupir de soulagement que déjà, le brun le tirait vers l'arrière. Si Cloud voulut d'abord lui faire regretter de l'avoir ainsi secoué, quand il vit une bouillie gélatineuse s'écraser sur le sol – ça aurait dû être sur lui- il se dit que, peut-être, il avait plutôt intérêt à le remercier.

-Ne me regarde pas comme ça, je n'ai pas fait ça pour toi. Si ces écervelés t'avaient dévoré, j'aurais dû faire des heures supp' en nettoyage. Et très franchement, passer la savonnette sur des entrailles, ce n'est pas mon passe-temps favori.

Cloud tourna la tête et la scène qui se déroulait sous ses yeux lui donna un haut-le-cœur : les créatures s'étaient jetées sur ce qui devait être leur nourriture. Ils se battaient pour avoir leur part. Qu'est-ce que cette…chose pouvait bien avoir de ragoutant ?

-Au fait, moi c'est Léon.

-Cloud, dit-il sans le regarder. Où sommes-nous ?

-Coincés dans un passage temporel entre deux mondes.

Un passage temporel ? Cloud ignorait que cela existait. Riku aurait au moins pu le prévenir. Il allait finir par croire qu'il avait fait ça uniquement dans le but de se débarrasser de lui.

-Comment est-ce qu'on en sort.

-Si je le savais, je ne serais déjà plus ici.

Un étrange grognement franchit la barrière des lèvres de Cloud : il n'avait pas de temps à perdre ici. La seule chose qu'il voulait, c'était aller en enfers, retrouver Roxas, l'amener à Riku et toucher sa récompense. Il n'était pas d'humeur à se retrouver enfermé dans une cellule puante avec des êtres tout aussi répugnants.

-Squall ! Tu t'es fait un nouvel ami ?

Squall ? Mais ce type venait tout juste de lui dire qu'il s'appelait Léon !

-Tu me le présentes ? Il est vraiment mignon, gloussa la petite brune en tirant sur la manche de sa veste.

-Aerith, fais-la taire.

-Sois gentille Yuffie, laisse Léon tranquille.

Léon, Squall…Squall, Léon…qui était-il à la fin ? L'air perdu de Cloud n'échappa pas au jeune homme, qui l'entraîna un peu en retrait pour lui expliquer plus en détails qui ils étaient. C'est ainsi qu'il apprit que les trois personnages étaient en réalité des militants qui luttaient contre l'invasion des enfers et qui avaient été piégés par une jeune fille qu'ils pensaient être leur alliée mais qui était en fait une ennemie de la pire espèce, prête à tout pour contrôler les trois mondes à elle seule.

Une minute : une jeune fille arrogante, égoïste, ambitieuse, rusée et manipulatrice ? Cloud n'eut aucun mal à la reconnaître. Peut-être s'était-elle jouée de lui à son tour. Si c'était le cas, il s'occuperait personnellement d'elle une fois sorti de cet endroit. En attendant, s'il voulait avoir une chance de sortir d'ici vivant, il avait tout intérêt à rejoindre les trois autres humains. Même si cette nouvelle alliance ne lui disait rien qui vaille…


Naminé arborait à présent un sourire satisfait : si même Léon et sa petite bande n'étaient jamais parvenus à sortir de cet endroit, Cloud était condamné. Sans Cloud, Riku ne récupérerait jamais Roxas. Sans Roxas, il n'atteindrait jamais son but. Maintenant il ne lui restait plus qu'à empêcher les enfers d'exploiter le potentiel de Roxas et pour ça, elle avait sa petite idée. Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait plus rendu visite à cette chère Larxène…


Il était perdu. Totalement perdu. Il ne savait plus quoi faire : rester aux côtés d'Axel ou bien…le trahir pour récupérer Zexion ? Et si jamais Zexion ne voulait réellement plus entendre parler de lui ? Et s'il refusait de lui adresser à nouveau la parole ? Demyx ne savait plus quoi faire. Oh bien sûr, il tenait à son amitié avec Axel. Après tout sans le roux, il aurait été banni depuis longtemps. Axel avait toujours tout fait pour que son intégration se passe au mieux. Mais il avait besoin de Zexion, vraiment. Il ne supportait plus cette distance entre eux. Si ça continuait comme ça, il allait devenir fou.

Pourtant s'il avait voulu, s'il n'avait pas eu tant de scrupule à trahir Axel, il aurait aisément pu aider les autres. Après tout Axel lui faisait confiance et le laissait approcher Roxas sans problème. De plus l'ange ne semblait pas se méfier de lui. Oui mais il ne voulait pas leur faire de mal. Il les trouvait tellement mignon tous les deux. Mais pouvait-il réellement sacrifier son propre bonheur ? Axel finirait peut-être par l'oublier lui aussi et alors il se retrouverait totalement seul. Ce n'était pas ce qu'il voulait. Il voulait que quelqu'un l'apprécie pour ce qu'il était réellement. Il voulait que Zexion lui revienne.

Zexion ou Axel ? Amour ou amitié ? Il ne savait plus, il était perdu. Il avait besoin d'aide, vraiment. Mais il était seul, il ne pouvait plus compter que sur lui-même à présent.


-Hors de question, c'est mon côté.

-Oui mais c'est mon lit.

-Mais tu me l'as officiellement légué le jour où je suis arrivé.

-Je n'ai jamais dit une chose pareille !

-Soit tu acceptes, soit tu peux dormir par terre, Axel !

Non mais il devait rêver : depuis quand cette demi-portion lui donnait-il des ordres ? Après s'être longtemps chamaillé avec Roxas, Axel avait gagné le droit de dormir avec lui. Oui mais voilà, ni l'un ni l'autre ne voulait dormir à gauche. Axel qu'il avait toujours dormi à droite et Roxas parce qu'il avait envie de l'embêter. Et voilà qu'un simple petit conflit d'intérêt s'était transformé en véritable scène de ménage.

-Mais qu'est-ce que ça peut te faire ? De toute façon tu termines toujours ta nuit en travers du lit !

-Et alors ? Ce n'est pas pour ça que je ne peux pas la commencer à droite !

Axel soupira : il savait qu'avec Roxas il n'aurait pas le dernier mot. Il n'avait plus qu'à trouver une ruse pour le faire changer d'avis et quand il s'agissait de taquiner le blondinet, il avait des idées à revendre !

-Roxy, on fait un deal ?

Le dit Roxy fronça les sourcils : qu'est-ce qu'Axel allait encore inventer ?

-On s'embrasse et le premier qui rompt le baiser a perdu et dormira à gauche.

Axel ne perdait jamais le nord ! Mais Roxas devait bien avouer qu'il prenait doucement goût aux lèvres du rouquin. Il aimait ces petits moments qu'ils partageaient et, même s'il faisait uniquement ça pour garder Axel dans son camp, si le roux n'avait pas été son pire ennemi, il aurait presque pu tomber amoureux de lui.

-D'accord. Prépare-toi à perdre.

Presque.


-Il faut qu'on passe à la vitesse supérieure.

Allongé sur le flanc, sentant la main de Xemnas descendre et remonter le long de son dos, Saix aurait presque ronronné de bonheur. Sauf qu'il n'était pas un chat et que, par conséquent, il ne ronronnait pas. Alors il se contentait de soupirer d'aise en écoutant la voix de son désormais –futur- amant lui roucouler un plan machiavélique au creux de l'oreille.

-Je ne coucherai pas avec lui.

-Ce n'est pas ce que je te demande.

Il réservait ses envies libidineuses pour la concrétisation de sa relation avec Xemnas. Il ne voulait pas dépasser le stade du baiser avec ce…ce petit pédant de Zexion. C'est à peine si ce type était capable d'embrasser correctement alors il préférait ne pas imaginer ses prouesses sexuelles. Il laissait à Demyx le soin de lui faire découvrir les plaisirs de la vie adulte. Quoique, si le punk était aussi doué que l'était son fantasme, ils n'étaient pas prêts de passer au plat de résistance tous les deux.

-Tu m'écoutes, Saix ?

-Bien sûr.

-Tu dois obliger Zexion à lui parler.

-Mais je pensais qu'il devait justement s'éloigner de lui.

-Nous avons besoin de Demyx pour nous emparer de Roxas. C'est pourquoi nous devons utiliser Zexion. Oblige-le à lui parler, à lui faire croire que, s'il le fait, ils pourront peut-être se reparler un jour.

-Demyx ne le croira pas.

-Demyx ferait tout pour lui, même l'impensable.

Saix acquiesça : après tout ça lui ferait des vacances de ne plus avoir cette plante vivante dans les pattes. Et puis pour que Xemnas soit fier de lui, lui aussi été prêt à commettre l'impossible. Tant pis si Demyx devait en souffrir, lui parviendrait à ses fins.


-Tu boudes Axelinou ?

Le seigneur des ténèbres était un très mauvais perdant. Il ne pouvait pas perdre, jamais. Alors quand un chatouillis au fond de la gorge l'avait obligé à rompre le baiser qu'il donnait à Roxas, il s'était mis à bouder. Non seulement parce que le blondinet dormait à droite mais aussi parce que ce fabuleux baiser n'avait pas duré assez longtemps à son goût.

-Oh fais pas cette tête, ça arrive de ne pas assurer, tu sais !

Et aussi parce que depuis tout à l'heure, Roxas savourait sa victoire en se moquant gentiment de lui. Axel assurait toujours, quoi qu'il fasse. Il avait simplement été perturbé, voilà tout ! Allongé sur le dos, les bras croisés derrière la tête, il résistait vaillamment aux moqueries de l'ange en adoptant le comportement d'un sourd. Mais s'il espérait que le petit blond le laisse tranquille, il se trompait. Au contraire, Roxas savait que, si Axel n'en montrait rien, à l'intérieur de lui il était en rogne.

-Axel ?

-Hm ?

-Tu arrêtes de bouder si je te fais un bisou ?

Quand le doigt froid de Roxas se posa sur ses lèvres, Axel frissonna. Il tourna la tête sur le côté et, passant une main derrière la nuque de l'ange, il l'attira tendrement contre lui, cherchant à nouveau ce contact qui lui avait tant manqué. Un avant-bras posé contre son torse, Roxas le regardait tout en enroulant une mèche de cheveux roux autour de son index. La couleur de ses cheveux l'avait toujours beaucoup intrigué. La couleur des flammes de l'enfer. Il aimait cette couleur autant qu'il la détestait parce qu'elle lui rappelait qu'Axel était son ennemi.

-J'arrête de bouder si tu me fais un gros bisou , dit-il en souriant.

-Tu es certain de pouvoir tenir le rythme ?

-Roxas !

-Oh ça va, ça va. Viens-là.

Sans perdre une seconde, Axel suréleva légèrement la tête, jusqu'à ce que ses lèvres entre en contact avec celles de Roxas et aussitôt, il oublia tout le reste. Roxas l'apaisait, l'attendrissait, le…rendait heureux ? Oui c'était ça Roxas le rendait heureux. Il l'attira un peu plus contre lui, jusqu'à ce que la totalité de leurs deux corps soit en contact. Il avait besoin de le sentir contre lui, de savoir que personne ne chercherait à les séparer. Et Roxas répondit joyeusement à l'étreinte, sans vraiment le réaliser, répondant simplement à ses envies.

Lorsqu'ils étaient ensemble, rien ne pouvait leur arriver. Ensemble ils étaient invincibles. Ils se complétaient. Ensemble ils oubliaient les problèmes, les spectres, la trahison et la souffrance. Ensemble ils profitaient simplement de ces bons moments. Le calme avant la tempête.