Coucou tout le monde!

Me revoilà en ce jour pluvieux avec un nouveau chapitre.

Je suis désolée, il y a encore une fois eu un très long moment d'attente... mais je vous avoue que j'avais un peu perdu l'inspiration pour cette fic. Et aujourd'hui, sans vraiment savoir pourquoi (et alors que je suis censée être en plein blocus et donc, étudier mes cours u_ù), l'inspiration est revenue!

Je vous poste donc ce chapitre que j'ai écrit que 3-4h, j'espère donc qu'il vous plaira!

Je vous préviens d'avance, ce chapitre est en 2 parties (oui, j'aime beaucoup les chapitres en 2 parties ^^). J'ai préféré me concentrer essentiellement sur un Axel/Roxas pour cette partie.

Je tenais aussi à vous remercier, je ne pensais pas que cette fiction aurait autant de succès. Je vous promets de répondre à vos reviews une fois les examens passés et sachez que ça me fait toujours extrêmement plaisir de vous lire! Alors 10000000 fois merci de me suivre et n'hésitez pas à me laisser vos avis!

Je vous fais de gros bisous! Bonne lecture!


-Et sinon, tu es célibataire, beau blond ?

-P-Pardon ?

-Yuffie ! gronda Aerith.

-Quoi ? Puisqu'on est coincé ensemble, autant faire connaissance. Et puis, avoue qu'il est très mignon, tu ne dirais pas non toi non plus !

-Ca suffit maintenant, Yuffie.

La brune déglutit en voyant le regard mauvais que lui lançait Léon. Ils étaient coincés dans cet endroit maudit depuis ce qui leur semblait être une éternité. Aucune issue ne semblait possible. Yuffie se voyait déjà croupir ici, alors elle avait bien le droit de s'amuser un peu, non ? C'aurait tout de même été stupide de mourir si jeune et surtout… célibataire.

Cloud était très mignon, c'était du gâchis de laisser un si beau garçon lui passer sous le nez. Et puis s'ils devaient mourir, autant mourir à deux, non ? Sauf que le blond n'avait pas l'air très réceptif et, de toute façon, Aerith et Léon surveillaient ses moindres faits et gestes comme une poule couve ses poussins.

-Si on ne peut même plus s'amuser, bougonna-t-elle.

-Utilise plutôt tes neurones pour trouver un moyen de nous sortir de ce pétrin.

-Ca, c'est votre job ! Et qu'est-ce que j'y gagne, d'abord ?

-La vie ? soupira Léon en levant les yeux au ciel.

-T'es pas drôle, Squall.

La vie ? Elle s'en fichait, elle, elle voulait Cloud ! Et puis ça les arrangeait bien, que ce soit elle qui fasse tout le boulot. Ils étaient tous là à se tourner les pouces pendant qu'elle faisait tout le boulot.

-J'ai peut-être une idée, dit alors Cloud, mais ça risque de ne pas vous plaire…


Riku n'était pas revenu. Il ne l'avait pas rappelé. Il ne rappellerait pas, il ne reviendrait pas. Sora commençait à le comprendre. Mais il ne pouvait pas se résoudre à le perdre. Il n'acceptait pas de le voir partir.

-Quoi ? Bien sûr que non, je ne t'abandonnerai jamais, Sora. Qu'est-ce que tu vas t'imaginer là ?

-Oui mais… mais si un jour on est séparés, qu'est-ce que je ferai, Riku ?

Il se souvenait que son humain l'avait alors attiré dans ses bras, embrassant doucement le haut de son crâne. Il s'était laissé aller à cette douce étreinte, profitant au maximum de la tendresse de son petit ami. Il aimait plus que tout le côté câlin de Riku lorsqu'ils étaient juste tous les deux.

-Eh bien si un jour on est séparés pour une raison ou une autre… je te retrouverai, je te le promets.

-Mais si tu ne peux pas ?

-Comment ça ?

-Si tu ne peux pas venir me retrouver ?

A l'époque, Sora pensait qu'il se faisait du souci pour rien, que Riku et lui ne seraient jamais séparés. Mais il avait déjà perdu son frère et il ne voulait pas revivre ça. Roxas devait venir le rejoindre et il n'était pas venu. Et, comme il n'avait pas de plan B, il n'avait pas pu le retrouver, lui non plus. Alors cette fois, il préférait prendre ses précautions.

-Si je ne peux pas te retrouver, je compte sur toi pour venir me chercher, mon amour.

-Et si tu ne veux plus de moi ?

-Ne dis pas de conneries, je voudrais toujours de toi ! Et si je dis le contraire, c'est que je mens. Tu sais, parfois je dis des bêtises aussi grosses que toi, avait-il dit en enfonçant tendrement son doigt sur le ventre de Sora, qui avait ronchonné, alors n'écoute pas toujours ce que je dis. Et s'il te plaît, si on est séparés et que je ne peux pas venir te retrouver, toi, retrouve-moi.

-Promis !

Aujourd'hui, ils étaient séparés. Et Riku ne pouvait pas, ne voulait pas le retrouver. Alors il allait tenir sa promesse. Il allait le retrouver. Il allait le retrouver et il le ramènerait à la maison. Il l'aiderait, il ne le laisserait plus jamais partir. Il avait perdu Roxas, il ne perdrait pas Riku.

-J'arrive, mon amour.


-Axel...

-Fiche-moi la paix, Larxène. Je t'ai déjà dit que je n'étais pas intéressé.

La brune vit rouge: Axel la rejetait encore. Et dire qu'avant, il lui sautait dessus à la moindre occasion pour assouvir ses pulsions... elle ne pouvait pas croire qu'il ait changé à ce point. Pas en si peu de temps, pas pour LUI! Axel était réputé pour s'envoyer en l'air avec n'importe qui, alors pourquoi refusait-il ses avances? A cause de lui! Ce petit fouineur sans intérêt qui avait chamboulé leurs existences. Mais croire qu'elle renoncerait si facilement, c'était mal connaître Larxène. Elle obtenait toujours tout ce qu'elle voulait, heureusement d'ailleurs.

-Pourquoi est-ce que tu me repousses? demanda-t-elle en massant les épaules tendues du seigneur des enfers.

Axel ne répondit pas, cherchant à repousser les mains de la jeune fille, mais elle tint bon. Elle se pencha en avant pour lui glisser à l'oreille.

-C'est à cause de lui, c'est ça?

Elle ne laissa pas le temps à Axel de répondre, embrassant doucement le lobe de son oreille.

-Pourtant, j'ai cru comprendre qu'il s'était moqué de toi...

Le rouquin se tendit davantage, cherchant à s'éloigner de cette sorcière le plus vite possible. Mais Larxène se colla contre lui.

-Tu te demandes comment je le sais? Les nouvelles vont vite, par ici... et il semblerait que quelqu'un vous ait entendus. Il n'a visiblement pas apprécié votre petite partie de jambes en l'air. Le petit chou est bien trop frigide pour ça.

-Ne parle pas de Roxas comme ça!

-Excuse-moi, murmura-t-elle d'un ton affreusement hypocrite en le poussant légèrement contre le mur derrière lui.

Même s'il tentait de lui résister, elle savait qu'il ne pourrait pas tenir bien longtemps. Chasser le naturel et il revient au galop. Axel aimait séduire, il aimait les plaisirs charnels. Et Larxène était prête à user de tous ses charmes pour arriver à ses fins. Elle voulait le médaillon, et elle était bien décidée à l'obtenir. Elle voulut l'embrasser mais il tourna la tête, elle glissa alors son visage au creux de son cou, le couvrant de baisers.

-Il s'est moqué de toi, glissa-t-elle entre deux baisers, il voulait juste se servir de toi.

-Tu te trompes.

-Alors pourquoi veut-il partir?

Axel ne lui répondit pas. Elle profita de son silence pour appuyer ses caresses, glissant une main sous le haut du seigneur des ténèbres. Elle le sentit frissonner sous son toucher et elle mit alors tout en œuvre pour qu'il cède définitivement à ses avances. Et elle savait très bien comment s'y prendre.

-Depuis le début, il cherche à partir. Il ne t'aime pas, Axel. Comment as-tu pu tomber sous son charme?

-Tais-toi, tu ne sais rien.

-Tu penses qu'il t'aime? Alors où est-il maintenant? Tu ne comptes pas pour lui. Il va partir. Il est déjà parti.

Larxène ne manqua en rien la lueur de tristesse et de profond désarroi qui passa dans les prunelles d'Axel. Elle adorait ça. Elle adorait le sentir si vulnérable. Lui qui s'était toujours joué d'elle, se servant de son corps sans se soucier de son avis, allait enfin savoir ce que ça faisait d'être trahi. Elle comptait bien profiter de cette vulnérabilité et de cette colère pour arriver à ses fins.

-Alors tu vois, dit-elle en remontant davantage son haut, embrassant sa mâchoire, si c'est pour lui que tu te retiens, tu n'as plus à le faire. Il est parti.

Elle profita du manque de réaction d'Axel, visiblement trop affecté par ce qu'il venait d'entendre pour réagir, pour retirer son propre haut, se retrouvant ainsi à moitié nue devant lui avant de totalement coller son corps contre le sien, glissant à nouveau son visage au creux de son cou.

-Je sais que tu en as envie, dit-elle. Souviens-toi de ne petites parties de jambes en l'air... tu les aimais tellement.

Et c'est là qu'elle la vit, cette lueur de désir au fond de son regard. Elle était bien là. Le corps d'Axel réagissait à ses caresses, à ses baisers. Mais son esprit n'était pas encore à sa merci. Axel se retenait, tentait de la repousser et elle n'aimait pas du tout ça.

-Il est parti, Axel. Il ne reviendra pas. Saix l'a vu partir. Il est loin maintenant.

De la colère. De la tristesse. Voilà ce qui transpirait des prunelles du seigneur des enfers. De la tristesse. Puis de la colère. Et enfin du désir. Sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte, Axel se jeta sur elle, embrassant sa peau avec violence, l'obligeant à enrouler ses jambes autour de sa taille pour l'emmener vers son bureau.

Elle avait gagné.

Il était parti.


Axel ne comprenait plus ce qui se passait. Il n'était plus maître de lui-même. Son corps avait agi de lui-même lorsqu'elle lui avait annoncé que Roxas était parti. Il était parti. Il avait fait l'amour, il lui avait avoué qu'il l'aimait et maintenant... il était parti. Il s'était bien foutu de sa gueule! Axel se sentait tellement... honteux. Honteux d'avoir cru que l'ange pouvait l'aimer lui aussi. Honteux de l'avoir cru lorsqu'il lui avait dit qu'il ne jouait plus. Honteux de s'être laissé aller entre ses bras. Et trahi. Il se sentait terriblement trahi. Comment Roxas avait-il pu se jouer de lui à ce point? Comment avait-il pu être aussi aveugle?

Pourtant il s'était senti tellement bien entre les bras du blond. Il s'était senti... vivant. C'était stupide, bien sûr; il était mort depuis longtemps. Mais Roxas le faisait se sentir vivant. Il éveillé en lui des sensations, des sentiments perdus depuis longtemps. Il avait cru... il avait espéré que Roxas reste à ses côtés. Lorsqu'ils avaient fait l'amour, lorsqu'il l'avait entendu gémir son nom en se serrant contre lui, lorsqu'il s'était endormi, entouré par la chaleur rassurante de son étreinte, il avait vraiment cru que quelque chose était possible entre eux. Que Roxas l'aimait aussi. Mais il ne l'aimait pas. Et il était parti.

Pourtant il aurait tout fait pour lui. Quelques minutes plus tôt, il s'apprêtait à retourner dans ses appartements. Il voulait le voir, lui dire qu'il était désolé d'avoir réagi de la sorte. Il voulait simplement avoir l'occasion de le tenir encore dans ses bras, de le serrer contre lui. Et si Roxas voulait partir, il l'accepterait. Bien sûr, ce départ lui briserait le coeur qu'il n'avait plus, mais il l'accepterait car la seule chose qu'il voulait, c'était le voir heureux. Ici ou ailleurs, il voulait le savoir heureux. Mais il voulait qu'il lui appartienne encore, même si ce n'était que pour quelques jours, que pour quelques heures.

Il était à deux doigts d'aller à sa rencontre, lorsque Larxène lui était tombée dessus. Elle avait tenté de le séduire. Et il l'avait repoussé. Il ne voulait plus de cette vie-là, il ne voulait plus s'envoyer en l'air avec n'importe qui. Il ne voyait plus que Roxas; il n'y avait plus que lui qui comptait à ses yeux. Après ce qu'ils avaient vécu tous les deux la nuit précédente, il était persuadé de ne plus jamais pouvoir coucher avec quelqu'un d'autre. Il aimait Roxas plus que de raison et il ne voulait plus personne d'autre.

Mais Larxène avait tout avoué: il était parti. Roxas était parti sans même lui dire au revoir, sans même un dernier regard. Il était parti et il ne pourrait plus jamais le serrer contre lui, il ne pourrait plus jamais l'embrasser. Et cela le rendait fou de rage. Fou de chagrin. Roxas l'avait trahi; il était parti. Sans lui. Parti pour aller en retrouver un autre. Il aurait vite fait de l'oublier... et lui, il allait devoir supporter une éternité loin de lui. Et ça le rendait fou.

Il ne savait pas pourquoi il s'était jeté sur le corps à moitié nu de Larxène. Il ne savait pas pourquoi il l'avait embrassée, ni comment il s'était retrouvé là, dans ce bureau, à moitié allongé, le corps à présent nu de la brune collé contre le sien, tout aussi nu. Il ne savait pas pourquoi il gémissait sous son toucher, sous ses caresses. Il gémissait le nom de Roxas et pourtant... le blond était parti.

Il ne se contrôlait plus. Il ne contrôlait plus rien. Tout lui échappait. Roxas lui avait échappé alors qu'il s'était juré de le garder avec lui, de ne plus le laisser partir. Pourtant il était parti. Alors il avait jeté son dévolu sur Larxène pour tenter d'oublier. Mais ça ne marchait pas, ça ne marchait pas du tout. Il suffisait qu'il ferme les yeux pour voir le visage de Roxas. Il ne pouvait pas s'empêcher de gémir son nom, faisant grogner sa nouvelle conquête de mécontentement. Il voulait que ce soit Roxas, là, contre lui. Bordel, il voulait lui faire l'amour à lui, pas à elle. Mais il était parti. Alors il ferait l'amour avec elle. Non il ne lui ferait pas l'amour; il allait simplement tenter d'oublier, d'assouvir ses pulsions, comme il l'avait toujours fait avant Roxas.


Elle le savait. Il était là, il approchait. Elle pouvait sentir sa présence. Axel était bien trop occupé à gémir pour avoir remarqué quoi que ce soit. Il était là, à présent. Derrière la porte entrouverte. Elle pouvait voir son regard perdu, elle pouvait presque sentir l'odeur de ses larmes. Il les fixait. Il regardait sa bouche descendre le long du corps du roux. Il le regardait se coller contre elle. Il l'écoutait gémir, lui en demander encore plus.

Il était là et il voyait tout. Il voyait la souffrance dans ses yeux et pourtant, il ne bougeait pas. Il restait là, totalement inerte, immobile. Elle se délectait totalement de la scène, délaissant presque le corps totalement soumis d'Axel. Elle avait réussi. Elle avait tout détruit sur son passage et maintenant, elle ne pouvait que se délecter de la scène. Elle leur avait tout pris, tel un ouragan et elle regardait maintenant les dégâts. Elle n'avait plus qu'à leur donner le coup de grâce.

Alors elle remonta doucement le long du torse d'Axel, qui tentait pourtant de l'obliger à redescendre. Elle embrassa chaque parcelle peau, son regard toujours ancré dans le sien, jusqu'à oreiller à la hauteur du visage du maître des ténèbres. Elle sourit, d'un de ces sourires victorieux dont elle seule avait le secret. Et qui ne présageait rien de bon. Elle vit Axel froncer les sourcils et elle se pencha alors à la hauteur de son oreille.

-Ton petit chéri nous regarde.


Ton petit chéri nous regarde.

Axel se retourna à la vitesse de l'éclair, tombant sur le corp de Roxas, à moitié dissimulé derrière la porte. Et surtout, surtout, il vit son visage inondé de larmes. Roxas pleurait. Roxas avait tout vu. Il n'était pas parti et... Larxène. Il planta son regard mauvais sur la jeune fille qui, assise sur le bureau, semblait apprécier la scène qui se déroulait sous ses yeux. Elle avait tout orchestré. Elle savait que Roxas n'était pas parti. Elle savait qu'il ne partirait jamais sans être venu lui dire adieu. Alors elle l'avait séduit, elle lui avait fait croire qu'il était parti pour mieux pouvoir se jouer de lui. Elle avait profité de sa souffrance, de sa vulnérabilité.

Et maintenant Roxas était là, il était face à lui et... il pleurait. Depuis quand était-il là? Axel s'en voulut horriblement. Il aurait tout donné pour revenir en arrière, pour n'avoir jamais cédé aux avances de cette harpie. Si seulement il avait été le voir, si seulement il avait vérifié de lui-même les dires de Larxène! Mais il ne l'avait pas fait. Cela lui semblait tellement crédible que Roxas soit parti que... qu'il ne lui avait pas laissé le bénéfice du doute. Il avait été faible et Larxène en avait profité. Et maintenant il se détestait pour avoir fait couler les larmes sur les joues angéliques de son blond.

Il ne savait pas quoi lui dire. Il ne savait pas quoi faire. Il ne s'était même pas rhabillé. Il était là, totalement nu face à lui et il ne savait pas comment réagir. Il avait peur de l'efrrayer. Il avait peur de le perdre. Il lui semblait que quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse, Roxas disparaîtrait. Et c'était la dernière chose qu'il voulait. Il ne voulait pas qu'il parte. Maintenant qu'il savait qu'il était resté, il voulait le garder avec lui.

Il tendit un bras devant lui, comme s'il était capable de le toucher malgré la distance et, comme il le craignait, il le vit s'enfuir. Roxas recula avant de partir en courant, le laissant seul avec Larxène. Seul avec ses démons. Seul avec ses remords.

-ROXAS!

-Visiblement, joli-coeur n'aime pas observer. Tu aurais pu l'inviter à se joindre à nous.

-TOI!

Larxène recula d'un pas. Elle n'aimait pas du tout la colère qu'elle pouvait lire dans les yeux de son maître. La colère transpirait de tout son être, emplissant la pièce à l'en étouffer. Axel s'approcha d'elle, entourant son cou d'une poigne de fer. La brune tenta de se dégager mais l'étreinte autour de son cou se resserra, l'empêchant de respirer.

-Tu penses qu'il n'y a rien de plus douloureux que la mort, Larxène?

Elle était morte, elle ne devrait normalement plus ressentir la douleur... alors pourquoi est-ce que ses doigts autour de son cou la faisaient-ils souffrir?

-Je suis ton maître, tu crois que je ne peux pas te faire mal?

Comme pour appuyer ses dires, Axel resserra encore un peu plus son emprise, soulevant le corps de Larxène de façon à ce qu'elle ne touche plus le sol. C'était à lui de se délecter de sa détresse, à présent. A lui de la faire souffrir, comme elle l'avait fait en lui faisant croire que Roxas était parti.

-Je peux te faire revivre l'angoisse de la mort autant de fois que je le souhaite. Je peux te tuer, murmura-t-il en approchant son visage du sien. Je peux te tuer, et te tuer encore lorsque tu auras repris connaissance. Je peux te tuer lentement, très lentement. Je peux te faire souffrir autant de fois que je le souhaite et crois-moi...

Il serra encore et encore, la voyant totalement paniquée. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait, elle ne comprenait pas pourquoi elle se sentait mourir, pourquoi elle avait retrouvé les réflexes qui tentaient de la maintenant en vie. Ses poumons étaient totalement obstrués par sa peur. Axel était en train de l'étouffer et elle ressentait chaque sensation. Elle se sentait mourir. Elle sentait la panique prendre possession de tout son être. Elle se battait pour vivre.

-Je n'aurai aucun remord. S'il part, crois-moi que je te retrouverai, où que tu ailles. Et je te tuerai. Je te tuerai de mes mains. Ce n'est qu'un avant-goût de ce qui t'attend.

Puis il relâcha toute emprise sur le corps de la jeune fille, qui s'écroula aussitôt sur le sol en toussant. Une main posée sur son cou rougi, cherchant à aspirer le maximum d'air entre ses lèvres bleutées, elle reprenait peu à peu contact avec la réalité. Axel avait tenté de l'étouffée... et elle avait tout ressenti, comme si elle était vivante.

Le seigneur des enfers passa à côté d'elle une fois rhabillé et lui lança un regard dédaigneux, rempli de dégoût, avant de quitter la pièce. Elle fixa la porte à présent close. Il lui paierait cher pour avoir ne serait-ce qu'oser poser la main sur elle. Elle serra dans sa main gauche le médaillon qu'elle lui avait dérobé pendant un moment d'inattention de sa part et son regard mauvais s'obscurcit davantage. Il ferait moins le fier lorsqu'il comprendrait que tous les enfers étaient contre lui. Elle lui ferait perdre son air arrogant.

-Tu me le paieras.


Quel imbécile! Comment avait-il pu croire qu'Axel était sincère, qu'il l'aimait vraiment? Non, bien sûr que non, il ne l'aimait pas! Il avait voulu l'avoir, il avait usé de tous ses charmes pour ça, et il l'avait eu et... il ne l'aimait pas. Mais quel con! Il s'en était voulu de l'avoir fait souffrir, il s'en était voulu de n'avoir pas pu le retenir, de n'avoir pas pu lui expliquer.

Il devrait penser à remercier Larxène avant de définitivement quitter cet endroit: grâce à elle, il savait maintenant qu'Axel n'était qu'un beau parleur, qui vous jette une fois qu'il a obtenu ce qu'il désirait. Roxas avait été touché par ses larmes, ému par ses ''je t'aime''. Il avait voulu aller le voir, lui dire qu'il avait décidé de ne pas partir... pas tout de suite. Lui dire que lui aussi il... bon sang, il était à deux doigts d'aller dire à Axel qu'il l'aimait! Au moins, l'avoir trouvé sur le point de s'envoyer en l'air avec Larxène lui avait évité la pire humiliation de sa vie. Il faudrait aussi qu'il remercie la brune pour ça.

Il essuya ses larmes avec rage: pourquoi pleurait-il, au juste? Pour lui? Pour cet être abject et insensible qui l'avait attiré dans ses filets pour mieux le jeter par la suite? Il avait profité de son corps et cette simple idée lui donna la nausée. Axel ne savait pas ce que ça représentait pour lui, il ne savait pas qu'à cause de leurs ébats, il ne serait plus jamais accepté au sein de sa communauté. Il avait déjoué la règle la plus importante. Il avait fait don de sa pureté... et pas à n'importe qui! Au maître des enfers, rien que ça!

Et où était la sortie de ce trou à rats, au juste? Il pourrait au moins indiquer la direction à suivre! Où étaient les pancartes, où était le fléchage qui indiquait la sortie, nh? Il tournait en rond depuis tout à l'heure. Il voulait s'en aller. Il voulait partir, il ne voulait pas rester une seconde de plus dans cet endroit maudit! Il ne voulait plus jamais voir Axel, jamais! Loupé.

-Roxas!

Il ne se retourna même pas. Les larmes, ces traitresses, recommençèrent à couler le long de ses joues. Bon sang, pourquoi était-il si émotif? Qu'est-ce qu'Axel avait fait de lui? Il fallait vraiment qu'il s'éloigne de lui, pour son propre bien.

-Roxas! Roxas je t'en prie, regarde-moi.

-Vas-t-en, fiche-moi la paix!

La main d'Axel se posa sur son bras.

-Ne me touche pas, hurla-t-il en se dégageant, ne me touche plus jamais!

-Je t'en supplie, ce n'est vraiment pas ce que tu crois!

-Ah bon? Et tu vas me dire que vous jouiez aux cartes, peut-être? Ne me prends pas pour un imbécile.

Axel ne répondit rien. Que pouvait-il répondre à ça? Non, ils ne jouaient pas aux cartes. Ils étaient sur le point de s'envoyer en l'air. Roxas avait tout vu, ce n'était pas la peine d'essayer de mentir. Et dire toute façon, il ne voulait pas lui mentir. Il ne voulait plus jamais le faire souffrir.

-De toute façon quelle importance? Ça n'a fait que confirmer mes doutes.

-Tes doutes?

-Tu n'es qu'un putain de menteur, Axel! Vas-t-en maintenant, ça suffit. Vas t'envoyer en l'air avec elle, et avec n'importe qui d'autre d'ailleurs, je n'en n'ai rien à foutre!

-S'il te plaît, laisse-moi t'expliquer.

-Expliquer quoi? Il n'y a rien à expliquer. Tu étais sur le point de lui faire l'amour. Il n'y a rien d'autre à dire.

-Non, non je n'ai jamais...

-A elle aussi, tu lui as dit que tu l'aimais?

Car c'était ce qui lui faisait de plus de mal. Axel n'avait pas seulement profité de son corps, il avait aussi profité de son coeur. Il l'avait réduit en miettes. Il ignorait tout de lui, de ce que ces mots représentaient pour lui. C'étaient des mots forts qu'on ne pouvait prononcer sans raison. Dans le monde d'où il venait, on ne disait pas ''je t'aime'' à n'importe qui. Le seul qui lui ait jamais dit ces mots, c'était Sora. Et lui au moins, il était sincère lorsqu'il lui disait l'aimer.

Axel lui avait dit qu'il l'aimait...et l'instant d'après, il le retrouvait dans les bras d'une autre. D'une femme, d'une brune. De tout ce qui lui était opposé. Et ça lui faisait mal là, dans sa poitrine. Axel avait menti. Il avait joué.

-Non! Bien sûr que non! S'il te plaît crois-moi, crois-moi quand je te dis que je t'aime.

-C'est tout? Je dois accepter le fait que tu m'aimes? Et ce que j'ai vu, ça aussi, c'est une preuve d'amour?

-Je croyais que tu étais parti!

Axel avait presque hurlé ces mots. Ces mots qui lui déchiraient les entrailles. Même si Roxas était bien là, en face de lui, le simple fait de prononcer ces mots, de l'imaginer loin de lui, lui faisait mal. Il pensait qu'il était parti et il s'était senti horriblement vide, comme si une part de lui l'avait quitté. Il ne s'expliquait pas cette sensation mais c'était pourtant la vérité, Roxas faisait partie de lui.

-Oh mais alors ça change tout. Excuse-moi mon amour... non mais sérieusement, tu me prends pour un imbécile?

-C'est la vérité! Elle... je pensais que tu étais parti! Que tu m'avais quitté pour de bon, que tu m'avais déjà oublié.

-Et ça ne t'a jamais traversé l'esprit de venir vérifier? Non bien sûr, tu devais être trop occupé à la déshabiller.

-Bordel Roxas! Je m'en veux, ok? Je m'en veux terriblement et... et si je pouvais tout effacer, je le ferai. Mais je ne peux pas! Je ne peux pas revenir en arrière, je ne peux pas effacer ce que tu as vu.

Il aurait tout donné, tout pour effacer à jamais de l'esprit de son blond les images horribles qu'il avait vues. Il voulait qu'il garde à l'esprit leur étreinte, qu'il le revoit lui faire l'amour, encore et encore. Il voulait qu'il voit dans ses yeux à quel point il l'aimait... il ne voulait pas que la première image qui lui vienne à l'esprit soit son corps collé contre celui de Larxène.

-Tu as raison, je n'aurais pas dû lui faire confiance. J'ai été con. J'aurais dû vérifier mais... mais ça me semblait tellement possible, que tu sois parti! On a fait l'amour, je t'ai dit que je t'aimais et toi tu... tu ne m'as pas répondu. Je sais que je t'ai fait du mal mais moi aussi j'ai eu mal! Moi aussi j'étais en colère, quand j'ai cru que tu étais parti. Je t'aime, je t'aime tellement que ça me fait faire n'importe quoi. Oui j'ai voulu coucher avec elle. J'ai voulu t'oublier, oublié le mal que ça m'a fait de te croire parti. Mais je t'aime. Il n'y a qu'à toi que je l'ai jamais dit. Je t'aime, Roxas.

-Je ne te crois plus.

-S'il te plaît...

-Non, stop! Tu n'es qu'un égoïste! Tu ne m'as même pas laissé m'expliquer, ce matin. Tu es parti comme un voleur. J'avais quelque chose à te dire mais tu as préféré fuir pour aller te consoler dans les bras d'une autre. Et maintenant tu oses tu faire passer pour une victime? C'est moi qui ait été trahi, pas toi.

-Je ne t'ai pas trahi, jamais!

-Tu m'as menti.

-Non! Bon sang Roxas, combien de fois est-ce que je devrais te le répéter pour que tu comprennes? Je t'aime.

Ils étaient tous les deux sur le point d'exploser. Axel n'avait qu'une envie: prendre l'ange dans ses bras et l'embrasser jusqu'à avoir effacer toute trace de Larxène sur ses lèvres. Roxas, lui, voulait simplement s'en aller loin, très loin de cet endroit.

-Roxas, reprit-il plus calmement, je te jure que je regrette. Je ne voulais pas que tu vois ça, je ne voulais pas faire ça mais...

-Tu veux que je te dise ce que j'étais venu te dire?

-Q-Quoi?

-J'étais venu te dire que je ne partais plus, que j'avais décidé de rester. J'étais venu te dire que moi aussi je...J'aime Sora. Je l'aime plus que tout. C'est mon frère jumeau et loin de lui je me sens vide. Jusqu'à aujourd'hui je n'ai pensé qu'à une chose: le retrouver. Le retrouver pour que nous ne soyions plus jamais séparés. Mais avec toi je...je ne me sens plus vide. Je serais resté. Je serais resté parce que, même s'il me manque atrocement, quand je suis avec toi, je ne souffre plus. Je serai resté parce que je... mais ça n'a plus d'importance, de toute façon maintenant, je ne reste plus.

Il planta alors son regard dans celui d'Axel et son coeur se serra: était-ce qui des larmes qui brillaient dans ses yeux? Non, impossible. Axel était le seigneur des ténèbres, un être sans coeur. Ou alors, un coeur de pierre. Il ne pouvait pas pleurer, il était incapable de ressentir la moindre émotion, Roxas en était persuadé.

-Merci de m'avoir évité de faire la plus grosse connerie de ma vie.

Il allait s'en aller. Il tourna le dos au rouquin. Mais il n'eut pas le temps de faire deux pas que déjà, deux bras venaient s'enrouler autour de son torse. Il sentit quelque chose de mouiller contre son cou, mais quand il voulut tourner la tête, Axel avant caché son visage à travers ses cheveux. Il tenta de se dégager mais l'étreinte puissante d'Axel l'en dissuada.

-Je suis désolé. Pardonne-moi, je n'ai jamais voulu ça. Je sais que je n'ai aucune excuse, je n'aurais jamais dû faire une chose pareille mais... j'étais triste. Pour la première fois de toute mon existence, humaine comme immortelle, je me suis enfin attaché à quelqu'un. Je t'aime et je... je ne sais absolument pas comment gérer ça. D'habitude je me fous des sentiments, ça n'a jamais été mon truc et je suis le premier à briser un coeur par simple plaisir. Mais avec toi c'est différent, Roxas. Avec toi je ne joue plus. Tu m'as transformé et...et je ne me suis jamais senti aussi vivant qu'avec toi. C'est con, hein? Mais bordel, avec toi je me sens bien. J'ai eu tellement mal, quand j'ai cru que tu étais parti, que ça m'a fait peur. Ça m'a mis en colère et... j'ai fait une énorme connerie, je le sais, et je ne peux rien faire de plus que m'excuser. Mais s'il te plaît ne pars pas. Ne pars pas parce que... quand je te dis que je t'aime, je le pense sincèrement.

Sa voix tremblait, faisant doucement chavirer le coeur de Roxas. Il sentit les bras d'Axel se serrer encore un peu plus autour de lui si c'était possible. Un peu plus et il aurait cédé, encore. Mais c'était trop tard. Il avait donné sa confiance à Axel et il l'avait laissée s'envoler. Il ne s'en était pas emparé quand il en avait l'occasion. Maintenant c'était trop tard, il devait partir. Il devait partir tant qu'il en était encore temps. Tant qu'il en avait encore la force.

-Je suis désolé mais je dois partir.

-S'il te plaît...

-Il faut que je retrouve mon frère.

-Je t'aiderai! Je t'aiderai à le retrouver. Je te laisserai partir, Roxas, si c'est ce que tu souhaites. Mais je t'en prie reste, reste encore avec moi. Juste un peu.

Axel ne pouvait décidément pas se résoudre à le voir partir. Il avait fait la plus grosse connerie de sa vie lorsqu'il s'était résolu à une éternité sans lui. A présent il ne voulait pas se retrouver à nouveau seul, pas après tout ce que Roxas lui avait dit.

-Ca ne sera plus jamais pareil entre nous.

-Laisse-moi tenter de me racheter.

-C'est trop tard.

Roxas s'était finalement dégagé de son étreinte, lui faisant à présent face. Les larmes ne roulaient plus sur ses joues, mais la main d'Axel se posa quand même sur l'une d'elle, la caressant de son pouce, comme s'il cherchait à effacer les sillons de larmes qui y étaient ancrés. Roxas frissonna et se retint de fermer les yeux pour mieux apprécier le contact. Il ne devait pas. Il devait tout arrêter avant qu'il ne soit trop tard.

-Axel...

-J'ai attendu une éternité, dit-il, pour te trouver. Maintenant que je t'ai enfin à mes côtés, la seule chose que je veux, c'est pouvoir profiter de ces instants avec toi. Je veux t'embrasser, ajouta-t-il en frôlant ses lèvres des siennes, te toucher...

Roxas frissonna davantage lorsqu'il l'attira à lui pour coller son corps contre le sien.

-Mais si tu me le demandes. Si c'est ce que tu veux, je pourrais attendre encore une éternité. Si tu as besoin d'un millier d'années pour me pardonner, j'attendrai. Et lorsque tu décideras de partir, alors j'attendrai encore une éternité pour pouvoir te retrouver. Je ne veux que toi, Roxas, il n'y a plus que toi. Reste, s'il te plaît…