Titre : De lames et de sang
Résumé : Respecté, craint, adulé ... le Caporal Rivaille ne laisse personne indifférent, et ce même si bien peu de gens peuvent se targuer de le connaître vraiment. Il suffit pourtant de grappiller les secrets pour découvrir l'Homme qui se cache derrière le titre.
Rating : M pour Rivaille ... ce mec est toujours autant poète !
Disclaimer : Shingeki no Kyojin appartient à Hajime Isayama. Krieger et l'état-major sont à moi.
NdA : Joyeux Noël à tous ! Voici donc le chapitre 3, en espérant qu'il vous plaira ! Merci encore à toutes les personnes qui me suivent dans cette aventure :)
Nem's : Ton commentaire est arrivé comme un cadeau de Noël à mes yeux, je t'en remercie donc infiniment ! J'avoue avoir quelque peu craint de t'avoir perdue en chemin avec le second chapitre, mais je suis absolument ravie de constater que ce n'est pas le cas. Ça fait vraiment mais vraiment plaisir de recevoir des commentaires comme les tiens, si détaillés et si construits, c'est un vrai retour qui m'aide également à progresser dans cette fic ! En te lisant, je me suis d'ailleurs rendue compte que mon chapitre 2 n'avait pas été très clair : lorsque Rivaille et Erwin passent à cheval, ils sont toujours sur la route du QG et non pas en opération. J'ai donc modifié légèrement le chapitre afin de le repréciser, merci à toi !
Ah Rivaille ... ce personnage est une ''vraie personne'' à mes yeux, parce que je trouve qu'il a vraiment un côté extrêmement réaliste : il a des défauts qui tachent tout autant que des qualités, il est très équilibré et fin d'esprit. L'interpréter est un véritable jeu d'équilibriste pour ne pas tomber dans les pièges faciles de ses traits marquants, mais c'est également un régal. Même si cette ambivalence est moins marquée chez Erwin, elle n'en demeure pas moins présente également comme tu le soulignes aussi, ce qui leur forge une dynamique juste excellente ! Un Erwin d'ailleurs un peu ''en retrait'' comme tu as dû t'en apercevoir, mais de même que Mike qui apparait ici ne correspond pas entièrement à ce qu'on voit de lui en 850, notre Captain America a également besoin de murir sur certains points. Même si je n'ai pas précisé d'années à cette fic, je la situe environ vers 840, ce qui leur laisse à tous une marge de manœuvre pour grandir ... toutes blagues à part XD
Concernant certains détails, il y en a qui seront expliqués plus tard (comme par exemple les capacités de Rivaille à cheval) et d'autres qui seront abordés au moyen de flash-back vu que c'est un procédé que j'apprécie assez. Quoi qu'il en soit, la trame principale de cette fic (donc le ''but'' et ses étapes cruciales) est effectivement déjà prévue, il n'y a que les détails et la ''petite histoire'' qui naissent au fur et à mesure. Et concernant un éventuel couple ... tu me poses une colle x) Initialement, je n'ai pas prévu de couple dans cette fic vu que je préfère m'attacher à l'histoire de Rivaille et son évolution dans les Bataillons d'Exploration, mais sait-on jamais ? Peut-être que les choses se mettront ainsi en place entre eux, mais ça restera alors assez anecdotique.
Et sur ce, j'espère ne rien avoir oublié et je te souhaite donc d'apprécier ce chapitre autant que les deux premiers ! Il est un peu court parce que ne décrivant qu'une seule action, mais le quatre est déjà écrit et ne nécessite que quelques corrections, aussi arrivera-t-il rapidement pour plonger tout ce petit monde dans un rythme plus ''titanesque'' ! A bientôt donc, jeune recrue !
Et surtout, bonne lecture à tous !
DE LAMES ET DE SANG
Chapitre 3 : Dans la nuit
« Erwin, tu es sûr que rentrer au beau milieu de la nuit est la meilleure des solutions ? »
La voix basse s'était à peine entendue dans ce couloir plongé dans l'obscurité, mais elle avait toutefois suffit à arrêter le sus-nommé en plein vol.
Le blond aussi s'était fait la réflexion que débarquer au Quartier Général des Bataillons d'Exploration en pleine nuit était sans doute maladroit. Sans aucun doute même. Pas que ceux qui étaient désormais devenus ses hommes ne fussent pas capables de se passer de sa présence, mais plutôt n'appréciait-il absolument pas l'idée de rentrer ainsi en douce. Comme un gamin se glissant chez lui après avoir fait le mur. Comme un soldat ayant abandonné voire même sacrifié son supérieur entre les griffes d'un état-major n'attendant que ça. Si perdre Krieger était un coup dur pour lui, il était évident que cela le serait également pour l'intégralité des soldats qui avaient dû croiser les doigts en attendant leur retour.
Mais Erwin revenait seul.
Seul avec un parfait inconnu n'inspirant pas forcément confiance au premier regard. Ni au deuxième. Et toujours pas à tous ceux suivant ensuite … . Un avis apparemment partagé par un Mike qui se contentait pour une fois de renifler cette nouvelle tête de loin, son air soupçonneux soulignant avec acidité ce que Smith craignait lui-même depuis le début … .
Comment ses hommes allaient-ils accepter l'arrivée d'une vermine notoire parmi eux ?
D'un type jaugeant les autres, certes avec véracité mais surtout avec cynisme ?
D'un type que leur nouveau Capitaine ramenait lui-même et en personne, comme s'il lui déroulait le tapis rouge alors qu'il n'avait jamais passé l'épreuve du feu ni même fréquenté la formation militaire basique ?
« Et où est Krieger ? Ne me dis pas que tu l'as laissé à Utopia ? »
Non. Pas cette question. Pas cette question que Erwin redoutait tellement que son visage dut nettement en accuser le coup puisque Mike secoua aussitôt la tête en signe de dénégation, ouvrant la bouche pour parler avant de se raviser. Ses poings nerveusement serrés attestaient qu'il avait sans doute quelques paroles peu élogieuses sur le bout de la langue, mais il sut toutefois s'abstenir.
« L'état-major l'a viré après seulement trois heures de réunion, il était évident que leur décision était de toutes façons déjà prise.
- Et nous ?
- Les Bataillons continuent à exister et j'en prends le commandement. Je comptais l'annoncer aux hommes demain matin à la première heure. Et ce même si ça risque d'en perturber plus d'un.
- Perturber ? Tu déconnes ou quoi ?! Tu pars avec Krieger et tu reviens avec … . Aaahh Erwin, on aurait dû s'en tenir à notre première idée et monter en force à Utopia, ils auraient peut-être reculé devant notre nombre ! » s'emporta finalement Mike malgré ses efforts flagrants pour ne pas littéralement exploser. Depuis le début de leur formation commune, le blond s'était pourtant assagi d'une manière assez hallucinante, et ce même si les réminiscences du jeune homme colérique qu'il avait été resurgissaient parfois.
« Les agresser de la sorte n'aurait fait que condamner les Bataillons, d'autant plus que l'état-major n'attendait que ça. Krieger s'est sacrifié pour nous, nous devrions lui en être reconnaissant à la place de douter de sa décision. »
Erwin Smith. Toujours si calme et réfléchi. Toujours si apte à se détacher des événements pour mieux les encaisser sans broncher. Le blond n'était pas devenu le favori de leur désormais ancien Capitaine pour sa belle gueule mais vraiment pour ses capacités !
« Je sais très bien que tu as raison, mais j'ai juste du mal à encaisser ce qui s'est passé. Ces espèces de …
- Non Mike, ne le dis pas justement. Ça ne nous avancerait à rien de toutes façons. Mais laisse-moi plutôt te présenter Rivaille, notre nouvelle recrue. Rivaille, voici Mike Zakarius. »
Un Rivaille qui n'avait pas bronché de toute la discussion, son expression blasée laissant présumer qu'il se foutait totalement des paroles que les deux blonds avaient échangées, et ce quand bien même Erwin se demandait si c'était réellement le cas. Ça n'aurait pas été son genre en tout cas … .
« Rivaille hein ? Tu viens de quelle section ? De quel bataillon d'entraînement ? »
Silence pour toute réponse, la cible de ce flot de questions ne prenant même pas la peine de feindre un quelconque air intéressé par cette ersatz de conversation à sens unique. Une première approche qui était loin d'être la meilleure vu la situation, et Smith décida donc de répondre à sa place lorsque le silence fit mine de s'éterniser.
« C'est plus compliqué que ça, Mike.
- Ça, je veux bien le croire que c'est compliqué : tu pars avec Krieger et tu reviens avec un mec notoirement connu dans Sina pour être un agitateur ! Tu peux expliquer ça Erwin ?! »
Notoirement connu dans Sina pour être un agitateur … .
Merde, Erwin avait totalement oublié que Mike était effectivement originaire de Stohess et qu'une partie de sa famille y habitait encore, lui permettant ainsi de garder un certain contact avec le district de son enfance. Le district et ses rumeurs.
Si Mike connaissait le nom de Rivaille et ce qui y était associé, combien de personnes seraient-elles également dans ce cas ? Une ? Cinq ? Dix ? Davantage ?
En rapatriant ainsi cette nouvelle recrue avec lui, le Capitaine devait bien avouer qu'il n'avait pas réellement réfléchi à ce qu'en penseraient ses soldats - ou si peu - mais y être désormais confronté lui rappelait une réalité contre laquelle il était impossible de lutter : pour le bien de tous, il allait devoir endurer les doutes et les questionnements. Sans rien pouvoir vraiment éclaircir. Sans rien pouvoir révéler qui mettrait qui que ce fût en danger.
Prendre Rivaille avec lui était de son entière responsabilité. S'expliquer était déjà une manière de partager ce risque.
« Je suis ton supérieur Mike, je n'ai rien à t'expliquer. Rivaille fait désormais partie des Bataillons d'Exploration et sera traité comme n'importe quel autre soldat. Si jamais il n'est qu'un ''agitateur'' incapable de se débrouiller hors des murs, alors il mourra hors des murs. Tu sais aussi bien que moi qu'il n'y a pas moyen de tricher face aux titans, cela devrait suffire à te rassurer. »
Des bêtes. Dénués de toute intelligence. Dénués de tous sentiments.
Comme ils l'avaient évoqué avec le jeune homme la veille durant leur chevauchée, la rencontre avec ces créatures serait en effet la meilleure manière de se jauger. De s'intégrer. Ou de mourir dans les pires des conditions juste pour prouver qu'ils en étaient capables … .
« J'annoncerai ces deux nouvelles demain matin à la première heure, je te charge donc de réunir l'intégralité des hommes - combattants comme soutiens - dans la cour pour 8h30. Je verrai les gradés et chefs d'équipe dans mon bureau au préalable pour leur expliquer la nouvelle, merci de transmettre le message.
- J'espère que tu sais ce que tu fais Erwin … .
- Je sais ce que je fais Mike, alors inutile de t'inquiéter pour rien. A demain. »
Et sans rien ajouter, Smith tourna aussitôt les talons afin de rejoindre son bureau justement, le bruit des bottes de Rivaille sur le sol lui confirmant que ce dernier le suivait déjà.
Savait-il réellement ce qu'il faisait ? Il espérait en tout cas … réponse qu'il ne pouvait absolument pas formuler devant qui que ce fût, de peur de perdre la confiance de ses hommes. Il espérait. Il croyait en Rivaille. Il sentait en lui quelque chose qu'il ne pouvait de toutes manières pas expliquer.
« Je te trouve bien silencieux depuis que nous sommes arrivés.
- Cette conversation n'était pas la mienne. »
Pragmatique. Comme toujours.
Et sitôt qu'ils furent arrivés dans la pièce, Erwin ferma de suite la porte derrière lui, retirant sa veste d'uniforme qui vint s'échouer sur le dossier de sa chaise tandis que lui termina sa course sur l'assise confortable. Le cuir moelleux lui rappelant sa fatigue alors que Rivaille ouvrait déjà la bouche. Sans pitié.
« Qu'est-ce que tu comptes dire demain ?
- A quel sujet ?
- Le mien ... » éclaircit le jeune homme sans détourner son attention de la fenêtre, son regard allant et venant sur les bâtiments s'étalant sous ses yeux comme s'il cherchait déjà à appréhender l'endroit. « Est-ce que tu vas envoyer balader tes hommes de la même manière que ce blond qui nous a ''accueilli'' ou alors est-ce que tu comptes te répandre en explications ?
- Il n'y a aucune explication à donner à qui que ce soit … . »
Voix lasse mais néanmoins déterminée. Silence à peine brisé par le cliquetis perpétuel de la trotteuse de l'imposante horloge qui occupait l'un des murs. Malgré les cernes lui mangeant le visage, le regard d'Erwin demeurait droit, braqué dans celui de son interlocuteur qui venait justement de se retourner comme pour le jauger une fois encore.
« Lorsque tu seras officiellement intégré aux Bataillons d'Exploration demain, tu deviendras alors un soldat comme tous les autres, un soldat prêt à donner sa vie et son cœur pour l'Humanité. Ce qui implique que même si je vais bien évidement garder un œil sur toi et m'assurer de tes compétences avant toutes autres choses, tu n'auras pas de traitement de faveur pour autant. Lorsque tu seras déclaré apte, tu iras en expédition extra-muros comme n'importe quel soldat. Face aux titans et face au risque d'y perdre ta vie. Comme n'importe quel soldat. »
Toute ignoble qu'elle fût, la guerre - surtout contre des ennemis décérébrés - avait en effet cet avantage : elle mettait tout le monde à égalité. Aux pieds du même mur. Dans la même merde. Soumis à la même mort.
« Alors si jamais tu ne t'en sens pas capable ou que tu préfères reculer, tu as jusqu'à demain matin pour m'en avertir. Si jamais tu te désistes, tu seras libre de quitter ce QG et de partir où tu le souhaites, ça ne sera plus mon soucis. Mais si jamais tu te décides à avancer avec nous, alors il n'y aura plus aucune échappatoire. Plus aucun retour en arrière possible. Jusqu'à la victoire ou jusqu'à la mort. Réfléchis donc bien Rivaille, parce que les titans sont des ennemis impitoyables.
- Tu m'as l'air de l'être tout autant. »
Impitoyable. Déterminé. Prêt à tous les sacrifices également.
Le chef idéal pour diriger ces Bataillons de fêlés qu'il semblait être sur le point de rejoindre. Définitivement. Sa main se tendant alors en direction du blond comme pour lui rendre enfin ce geste qu'il avait esquissé dans les bas fonds.
« Tu n'as peut-être pas ma confiance, Erwin, mais tu as déjà mon attention. Concrétise tes paroles et tu obtiendras alors mon respect. »
Poignée de mains valait quelque fois plus que long discours.
En tout cas celle-ci venait effectivement de sceller leur premier pas.
