.o0 Chapitre 3 : Dead-End Street 0o.

Un long soupire franchit la barrière des lèvres d'Aomine alors qu'il s'affalait sur son bureau. Deux mois. Deux mois qu'il tentait en vain de détourner le regard de Kuroko de Kagami en s'affichant publiquement avec Himuro. Mais rien, aucune réaction. Le turquoise semblait même s'en ficher pas mal qu'il puisse sortir avec un autre gars. Sa relation avec l'Ace de Seirin se renforçait de jour en jour et presque tout le monde maintenant était au courant de leur relation. Et ceci, ça mettait Daiki dans une rage folle. Pourquoi Tetsuya perdait-il son temps avec cet abruti ? Il était cent fois mieux que lui ! Mille fois même ! Il était plus sexy, plus doué au basketball, le connaissait mieux que personne ... Mouais, mais niveau modestie, le bronzé passait son tour. Et si c'était justement ça qui agaçait Kuroko ? Sa tendance à être égocentrique répulsait-elle le passeur fantôme ? C'était une possibilité non négligeable ...

Soupirant de nouveau, le bronzé rejeta la tête en arrière, pestant contre sa malchance. Il s'apprêtait à s'endormir sur son bureau quand son portable vibra. Un message d'Himuro pour le prévenir qu'il arrivait à la gare d'ici dix minutes. Traduction : ramène ton cul j'arrive. S'étirant de tout son long, l'Ace se résolu à quitter sa chaise afin de rejoindre le brun à la gare. Tous les samedis matins, c'était la même besogne : il se rendait à la gare pour aller y chercher Tatsuya puis ils passaient le week-end à échafauder des plans visant la conquête des cœurs qu'ils désiraient. Plans qui tombaient toujours à l'eau malgré leur motivation. Alors ils finissaient la plupart du temps par coucher ensemble, cherchant à taire la tristesse de leur cœur par une étreinte sauvage et vide de sentiments. C'était là leur façon à eux de se défouler après une énième défaite. Bien sûr, ils y prenaient beaucoup de plaisir mais l'un comme l'autre imposait la barrière du « sans sentiment », ce qui rendait leur étreinte moins agréable qu'aurait put l'être celle de deux êtres brûlant d'amour l'un pour l'autre.

Le mains fourrées dans les poches de son vieux jean troué, Daiki quitta son appartement et prit la direction de la gare. Le bougre le forçait à se lever à dix heures ... un samedi ... C'était inhumain ! C'est pourquoi le bleu ne put réprimer un bâillement quand il arriva près du lycéen de Yôsen qui, chargé de son sac de sport qui lui servait occasionnellement de valise, affichait de gros cernes sous ses yeux gris. Il tira une tronche de six pieds de long en voyant son camarade bâiller de la sorte.

- Tu n'as PAS le droit de bâiller. Tu ne t'es pas levé à six heure du matin pour te taper quatre heures de trains.

- Fallait dormir dans le train.

- Ce n'est pas très agréable de dormir assit.

- Ca me dérange pas moi.

- De toute façon toi, dans un lit ou dans un caniveau, tu ne vois pas la différence.

Le bronzé haussa les épaules. Tant qu'il pouvait dormir, peu importait où il se trouvait. Ravalement un nouveau bâillement, il emboîta le pas à son aîné qui connaissait désormais parfaitement le chemin menant à l'appartement de l'Ace. Ce dernier alla directement s'allonger sur son lit une fois rentré tandis que son camarade déposait ses affaires dans un coin de la pièce. Une fois cela fait, il s'installa devant la table basse au milieu de la pièce et commença à y empiler des cahiers. Aomine arqua un sourcil, se demandant bien ce que faisait Tatsuya avec tous ses cours.

- Tu fais quoi ?

- Des devoirs.

- Maintenant ?!

- Oui, comme ça je serais tranquille le reste du week-end.

- Tu n'as qu'à pas les faire comme ça t'es tranquille dès maintenant.

- Je tiens à garder une bonne moyenne.

- Pff tu parles je bosse jamais et j'arrive à avoir la moyenne.

- Ce n'est pas une attitude très responsable.

- Je sais.

Ouvrant son cahier d'histoire, le brun commença son travail, ignorant royalement le bleu qui mourrait d'ennui derrière lui. N'étant pas aussi assidu dans son travail que le lycéen de Yôsen, le basketteur de Toô ne se voyait pas se mettre à son bureau pour bosser aussi. Il ne pouvait même pas allumer sa console, au risque de se faire rabrouer par le plus petit. Et en ce moment, Daiki n'avait pas vraiment envi que se faire remonter les bretelles. Il aperçu alors le portable du brun qui gisait tout près de ce dernier. Discrètement, il se pencha pour attraper l'appareil. L'observant sous tous les angles, l'Ace de la Génération des Miracles ne put s'empêcher de penser que son camarade devait avoir les moyens : son téléphone portable était le dernier modèle 4G de chez Samsung. Un appareil comme ça ne coûtait pas deux clous, c'était certain. Comme quoi, il y en a certains qui gagnent bien leur vie ...

Faisant fie du problème que cela pourrait engendrer, Aomine déverrouilla l'appareil et commença à le fouiller. Il regarda toutes ses photographies, reconnaissait Kagami sur la plupart d'entre elles. Il y en avait également quelques unes de Yôsen, mais surtout des Etats-Unis. Il arqua un sourcil en tombant sur une photo de deux amis d'enfance gamins, montrant fièrement leurs anneaux. Ils semblaient réellement proches à cette époque. Peut-être même plus que Tetsuya et lui ... Vérifiant qu'Himuro était toujours concentré sur ses devoirs, Daiki poussa son audace jusqu'à pénétrer dans sa messagerie. Il y avait bien sûr des messages de lui-même, quelques uns de Murasakibara, deux trois de Kagami ... Mais au moins une cinquantaine d'une certaine Cindy. Interloqué, il commença à lire les messages, mais se retrouva vite devant un problème majeur : ils étaient rédigés en anglais. Cependant, il y a un message qu'il parvint facilement à déchiffrer.

« I love you ! »

C'était quoi, ce message ? Apparemment, le brun l'avait reçu il y a deux jours. Qui était cette Cyndi ? Pourquoi lui envoyait-elle de tels messages ? Bien décidé à connaître le fin mot de cette histoire pour le moins étrange, Aomine décida de s'adresser directement au principal concerné.

- Oi Tatsu, c'est qui cette Cyndi ?

- Hm ?

Mâchonnant le bout de son crayon à papier, Tatsuya se retourna. Il fronça les sourcils avec colère quand il avisa le bronzé avec son portable, sûrement en train de le fouiller sans aucune gêne. N'appréciant vraiment pas cette incursion dans sa vie privée, le brun lui fit part de son mécontentement.

- Hé, tu fais quoi là ? Rends moi mon portable !

Peu enclin à lui obéir, l'Ace esquiva habilement la main du lycéen qui essayait de lui reprendre son précieux téléphone. S'installant à une distance respectable de son aîné, Aomine fit défiler les messages et en lu le contenu :

- Ca veut dire quoi "I want to see you again" ?

- Tu es si nul que ça en anglais ?

- Non, mais je veux te l'entendre dire.

- Arrête de faire le gosse et rends-moi mon portable.

- Si tu me dis qui est Cyndi.

Poussant un long soupire, le brun se réinstalla devant son cahier d'histoire. D'abord refusant de céder à sa requête, il recommença à mâchonner son crayon à papier. Cependant, connaissant désormais plutôt le caractère plutôt têtu de l'Ace, Himuro comprit qu'il ne lâcherait pas l'affaire avant que sa curiosité ne soit contentée. Jouant distraitement avec son crayon, il finit par dire :

- C'était l'une de mes petites amies aux Etats-Unis. Nous sommes restés presque un an ensembles. Mais nous nous sommes séparés d'un commun accord, parce qu'on ne s'aimait plus vraiment. Nous sommes néanmoins restés en bons termes.

Un silence cueillit ses paroles. Comprenant que Aomine ne lui rendrait pas son portable malgré la réponse à sa question, il reprit sa composition d'histoire en se demandant bien pourquoi le bronzé agissait de la sorte. Ce n'était vraiment pas dans ses habitudes de s'immiscer ainsi dans sa vie privée.

Alors que Tatsuya allait se replonger dans ses devoirs, une douleur aigue lui traversa le crâne. Aomine venait de lui lancer son portable en plein dans la tête. Se retournant vivement, il avisa l'Ace qui lui tournait le dos, allongé de tout son long sur son matelas. Pestant tout en frottant son crâne endolori, Himuro se demandait bien quelle pensée avait encore germé dans le crâne de cet abruti. Il était vraiment difficile pour lui de comprendre tout ce qui lui passait par la tête. Vérifiant que son portable n'avait subit aucun dégât, il finit par le glisser dans sa poche.

Une heure passa, heure pendant laquelle Daiki se plaignit de son ennui. Plongé dans ses devoirs, Tatsuya tentait de l'ignorer, bien en vain. Les plaintes du bronzé devenaient énervantes et un mal de tête commençait à prendre possession du crâne du plus âgé. Ayant besoin de prendre l'air pour faire taire ses maux, il proposa à son cadet d'aller faire un petit tour au parc. Ravi de pouvoir enfin se dégourdir les jambes, l'Ace bondit sur ses jambes et fut dehors en un rien de temps. Un peu plus las, Himuro le suivit plus longtemps. Se lever à six heure et faire quatre heures de train l'avait vraiment fatigué. Il s'adapta néanmoins au rythme rapide du plus jeune qui, en meilleure forme, semblait avoir hâte de rejoindre le parc. Tatsuya poussa un long soupire : il était parfois vraiment fatiguant de côtoyer le bronzé ...

oOoOoOoOo

La scène avait tout ce qu'il y a de plus romantique. Le doux soleil de cette fin d'été caressait leurs chevelures et dansait sur l'eau, créant de magnifiques couleurs estivales. Leurs chaussures déposées un peu plus loin, Kuroko et Kagami trempaient leurs pieds dans l'eau fraîche, profitant de ce moment d'intimité. Epaule contre épaule, ils observaient la surface de l'eau dans un silence religieux. Ils appréciaient ces moments où ils ne se retrouvaient que tous les deux, tranquilles, à l'abri des regards. Ils n'avaient pas besoin de se parler, être près l'un de l'autre suffisait largement à leur bien-être. De temps en temps, Tetsuya exerçait une petite pression sur la cuisse de son petit-ami, lui quémandant ainsi un baiser. Le rouge répondait toujours à sa requête, variant petits becs affectifs avec long baiser langoureux. Le turquoise ne pouvait vraiment pas se plaindre de l'attention que lui portait son amant, qui était toujours aux petits soins pour lui. Il connaissait ses zones sensibles et savait donc où le toucher pour lui faire plaisir. A cet instant, le rouge jouait avec les mèches bleues de son petit-ami, caressant sa nuque dans un même temps. Appréciant ces douces caresses, Kuroko gardait les yeux fermés, profitant pleinement de sa condition.

Néanmoins, ils se trompaient lourdement en se croyant à l'abri des regards. En effet, à quelques mètres d'eux, Aomine et Himuro se baladaient en silence. Tandis que l'un cherchait encore les raisons de la préférence de Kuroko pour Kagami, l'autre se questionnait sur la problématique de sa composition d'histoire, laissée en plan sur la petite table de la chambre du bronzé. Ce dernier s'immobilisa soudainement, et son aîné manqua de lui rentrer dedans.

- Pourquoi tu t'arrêtes ?

Tatsuya senti alors la main de son camarade se renfermer sur son poignet et le tirer vers lui. La seconde d'après, le brun se retrouvait collé contre le torse de son cadet, ses lèvres prises d'assaut. La langue de Daiki vint rapidement se glisser dans sa bouche, se hâtant de rejoindre sa compagne. Cette dernière répondit presque par réflexe à l'invitation de sa congénère. Néanmoins, dans un sursaut de lucidité, Tatsuya repoussa violemment le bronzé, s'essuyant la bouche du revers de la main, affichant une mine dégoûtée.

- Pourquoi t'as fais ça ? ronchonna-t-il.

- N'est-ce pas normal pour un couple de s'embrasser ?

Il lança un regard en coin vers sa gauche et Himuro suivit son regard. Il eu un hoquet de surprise en voyant que Kuroko les observait. Etait-ce à cause de la présence du duo de Seirin à quelques mètres d'eux qu'Aomine avait agit de la sorte ? Dans tous les cas, le brun n'avait pas franchement apprécié : il détestait être ainsi embrassé par surprise. Néanmoins, il ne pouvait enguirlander son camarade, au lieu de quoi leur couverture tomberait à l'eau. Il devait faire fie de son mal aise et agir comme si ce baiser surprise était tout ce qu'il y a de plus normal pour un « couple ». Cependant, plutôt que réagir en leur faveur, Kuroko leur tourna le dos, s'abandonnant aux baisers que son petit-ami s'appliquait à déposer dans son cou. Grognant d'énervement et de frustration, Aomine s'éloigna à grandes enjambées, peu désireux de s'attarder davantage devant cet écœurant spectacle. Après un dernier regard chagriné vers son ami d'enfance – qui ne l'avait même pas remarqué – Tatsuya emboîta le pas à son compagnon de galère.

Il le retrouva un peu plus loin, dans un coin reculé, près d'un bâtiment de brique peu glorieux. A en juger par les écorchures sur sa main gauche, l'Ace avait du passer sa colère en donnait un coup dans le mur. S'approchant doucement de lui, Tatsuya attrapa son poignet et étudia la plaie du regard. Le plus jeune se laissa faire, affichant une moue boudeuse pour cacher sa douleur évidente. Poussant un soupire las, Himuro leva les yeux vers lui.

- Te mutiler ne changera rien.

- Ca m'fout tellement les boules ...

- A moi aussi. Mais il faut savoir être patient ...

La seconde d'après, Tatsuya se retrouva violemment plaqué contre le mur de briques, ses lèvres voracement dévorées par la bouche désireuse de son cadet. Pour ne pas que sa proie se dérobe, Daiki lui saisit les poignets et les plaqua au dessus de sa tête afin qu'il ne tente pas de le repousser. Voir Kagami embrasser Kuroko l'avait mit dans une rage folle, il avait besoin de se défouler. Tenant ses poignets d'une main, il glissa celle qu'il venait de libérer sous le t-shirt de son aîné qu'il senti frissonner alors qu'il commençait à jouer avec l'un de ses tétons. Malgré leurs baisers sauvages, Himuro parvenait tout de même à faire part de son mécontentement en grognant. Il tenta même de le repousser en lui donnant un coup de pied. Esquivant habilement le coup, l'Ace plaqua son corps contre celui de son camarade et lui bloqua les jambes afin qu'il ne retente pas de le frapper. Il recula néanmoins la tête quand l'autre lui mordit violemment la lèvre inférieure.

- A quoi tu joues encore ?!

- Rho ta gueule, j'en ai juste envi.

- Et ben pas moi, et surtout pas ici.

- Arrête, c'est super excitant dans un lieu comme celui-là ... Le risque de se faire attraper m'émoustille.

- T'es qu'un sale pervers ...

Sachant pertinemment qu'Aomine ne le laisserait pas lui échapper, Tatsuya jugea qu'il fallait mieux se laisser faire. Fier d'avoir gagné cette nouvelle bataille, Daiki l'embrassa, glissant tout de suite sa langue dans sa bouche pour entamer avec lui un ballet humide et sauvage, aucun des deux voulant se plier à l'autre. Relâchant finalement les poignets du brun, le lycéen de Toô retira le t-shirt de son ainé et, tandis qu'il prenait l'un de ses tétons en bouche, il déboucla sa ceinture pour baisser ensuite son pantalon. Grognant contre cette situation qui ne lui plaisait guère, Tatsuya le laissa néanmoins le déshabiller, poussant tout de même un petit gémissement quand l'autre commença à taquiner sa bosse naissante au travers de son boxer. Son cadet alla même jusqu'à lécher le tissu, stimulant le sexe de son partenaire par-dessus sa prison. Himuro ondula les hanches, n'appréciant pas cette torture. Pas peu fier de l'effet qu'il produisait, Aomine fini néanmoins par répondre à la requête de son partenaire et le libéra ainsi de sa barrière de tissu. Il le massa doucement puis le prit en bouche, se régalant du soupire de bien-être qu'il reçu en échange. Il le relâcha quelques secondes le temps d'humidifier ses doigts puis le reprit en bouche, glissant un premier doigt en lui. Tatsuya geignit, attrapant presque violemment les cheveux de son bourreau qui grogna sans s'arrêter pour autant. Un second intrus rejoignit le premier et le bronzé démarra des mouvements de ciseaux destinés à élargir les chairs sensées l'accueillir sous peu. Il avait déjà hâte de s'enfouir une nouvelle fois dans cet antre chaud et étroit qu'il commençait à bien connaître.

Jugeant l'avoir assez préparer, Daiki baissa ses propres bas pour ensuite saisir Himuro par les cuisses pour le plaquer de nouveau contre le mur, le surélevant à une hauteur respectable. Puis, sans qu'une parole ne soit échangée, il le pénétra, luttant contre lui-même pour ne pas s'enfouir directement jusqu'à la garde. L'autre poussa un gémissement de douleur, cachant son visage dans le cou de son partenaire. Une fois ce dernier entièrement en son amant, il commença à bouger, lui arrachant de petits geignements. En effet, son dos frottait contre le mur rugueux, lui éraflant le dos. Mais l'Ace de la Génération des Miracles était trop concentré sur sa tâche pour s'en rendre compte. Ses coups de reins devenaient de plus en plus puissants, malmenant la prostate du brun qui gémissait de plaisir. Afin de le faire taire, Daiki l'embrassa sans douceur, lui montrant une nouvelle fois qu'il ne mettait aucun sentiment dans leur étreinte, qu'il ne s'agissait que d'un moyen de taire la douleur de son cœur. Il ne leur fallut guère longtemps pour atteindre la jouissance, et le plus jeune explosa en son aîné tandis que ce dernier se libérait entre leurs torses, le dos endolori, les jambes flageolantes, le cœur battant la chamade ...

oOoOoOoOo

- Aller arrête de te plaindre, je t'ai dis que j'étais désolé !

Enfermé dans la salle de bain dans l'appartement d'Aomine, Himuro ignorait les excuses de ce dernier. Après leur étreinte douloureuse dans le parc, le bronzé avait remarqué les écorchures dans le dos de son aîné. Ce dernier en souffrait horriblement et refusait de lui pardonner cette faute. Il laissait plutôt l'eau de la douche calmer sa douleur et effacer le sang. Il n'avait pas beaucoup saigné, mais assez pour pourrir son t-shirt. Il savait qu'il serait impossible de faire disparaître les tâches rouges, et il ne valait mieux pas qu'il rentre chez lui avec un t-shirt tâché de sang, au risque de subir un interrogateur par maman et papa.

- Tatsu, ouvre-moi, allé !

- Crève !

Il était d'un têtu celui-là ! Il avait beau lui dire qu'il ne le laisserait pas rentrer, il insistait quand même. S'il se sentait responsable de son mal-être, tant mieux, car c'était le cas. Et bien qu'il semblait vouloir se rattraper, Himuro n'était pas prêt à lui pardonner pour le moment. Ca lui fera les pieds d'un ignoré de temps en temps.

Eteignant l'eau, Tatsuya quitta la cabine de douche et se mit de dos devant le miroir, jetant un regard par-dessus son épaule pour constater l'étendue des dégâts. Les écorchures, bien que superficielles, n'étaient pas très jolies à voir. Il allait bien sûr devoir les désinfecter. Ce qui était peu aisé, puisqu'elles se trouvaient dans son dos. S'il voulait se soigner correctement, le lycéen de Yôsen allait devoir nécessiter l'aide de son bourreau ... Néanmoins, il était trop fier pour lui faire directement la requête. Une serviette autour de la taille, armé d'un flacon de désinfectant et de coton, Tatsuya rejoignit le salon et s'installa sur le canapé. Il imbiba le coton de produit et grimaça quand il en appliqua sur les écorchures qu'ils pouvaient attendre, c'est-à-dire celles en bas de son dos. L'ayant suivi, Aomine le regarda faire, tout de même un peu penaud de l'avoir blessé. Il n'avait put réfréner son envi de le pendre sauvagement et n'avait pas réfléchi aux conséquences.

Remarquant que son aîné n'arrivait pas à soigné l'intégralité de son dos, il lui prit le coton des mains sans que l'autre n'oppose la moindre résistance. C'est avec une douceur qui ne lui était pas habituelle qu'Aomine tamponna doucement les plaies afin d'y appliquer le désinfectant. Tatsuya se laisser faire sans piper mot ni même grogner à cause de l'inconfort que produisait l'alcool contre sa chair douloureuse. Une fois le traitement terminé, Daiki rapporta le produit à la salle de bain et jeta le coton à la poubelle. Quand il revint au salon, le brun n'avait pas bougé. Il s'installa à ses côtés sur le canapé et soupira.

- Ecoute, je suis désolé. Vraiment.

- Je comprends bien que ça te dégoûte car je ressens pareil, mais je ne veux pas en payer les conséquences.

- Ca ne se reproduira pas.

- Il n'y a plutôt pas intérêt.

Penaud, Aomine encaissa les remontrances sans s'énerver. Quelque part, il savait que son aîné de le rabrouait pas pour le plaisir. Il lui faisait la leçon pour qu'il comprenne ses erreurs. Et le bronzé découvrira avec horreur la véritable facette de sa personnalité : un véritable égoïste qui ne voyait que son petit bonheur à lui en crachant sur celui des autres. Il devait changer, il le savait. Mais Rome ne s'était pas construite en un jour, il n'allait certes pas devenir le gars parfait en un jour. Il savait que côtoyer Himuro et subir ses remontrances l'aiderait dans sa quête de changement, quand bien même il espérait ne pas le mettre à nouveau dans l'embarra. Il souffrait tout autant que lui de voir la personne qu'il aime dans les bras d'un autre, mais ne montrait pas comme lui. Il restait plus discret, et souffrait en silence. Aomine se demandait même si c'était la meilleure des solutions. Certes, la sienne était la pire, mais au moins il exprimant son mécontentement, sa haine. Il parvenait à l'évacuer, ce qui n'était apparemment pas le cas de son aîné. Il accumulait, accumulait, mais jamais relâchait, gardant jalousement sa peine pour lui seul, refusant de la témoigner à son entourage. Mais à tout garder pour lui, n'allait-il pas finir par craquer ... ?

- Ca te dis de manger au Maji Burger ?

Tatsuya déposa ses yeux gris sur son camarade, étudiant longuement son visage. Malgré tous ses efforts pour cacher sa culpabilité, il parvenait tout de même à la lire dans le regard bleu roi de son vis-à-vis. Tant mieux s'il apprenait de ses erreurs, ça ne pouvait qu'être bénéfique. Il semblait disposer à faire des efforts, et cela Himuro ne pouvait l'ignorer. Il était donc normal qu'il le félicite ... Si on pouvait vraiment dire ça comme ça.

- Pourquoi pas.

oOoOoOoOo

Le week-end se déroula normalement par la suite, Tatsuya laissant ses devoirs de côté pour se consacrer davantage à Daiki qui, de toute évidence, avait besoin de son attention. Ils jouèrent quelques matchs sur le terrain de basket près de l'immeuble et firent quelques boutiques pour se dégoter le dernier jeu vidéo de Square Enix. En gros, ils passèrent le week-end comme deux adolescents normaux, s'affranchissant de leur mission pour se détendre un peu. Autant Daiki que Tatsuya avait besoin de ce break pour se remettre de leurs échecs précédents.

Le dimanche soir, le train pour Akita devait partir à dix sept heure. Mais, fatigué suite à une étreinte pour le moins agitée, Tatsuya refusa de quitter le lit de son camarade, quand bien même ce dernier usa de toutes ses ruses pour le tirer hors des draps.

- Aller putain Tatsu, tu vas rater ton train !

- M'en fou, laisse moi dormir ...

- Et tu vas faire comment pour aller en cours demain ?

- J'irais pas, j'peux bien m'absenter au moins une fois dans l'année ...

- Attends tu m'as fait chier tout le samedi matin pour ta compo d'histoire à rendre pour lundi et tu ne veux pas aller en cours ?!

- Gueule pas, j'ai mal à la tête ...

- T'es pas possible hein, et tu te plains de moi après.

Ignorant la dernière remarque du bleu, Himuro se blotti dans les draps, inspirant à plein poumon l'odeur devenue si familière de son amant. Etrangement, il se senti terriblement bien là, dans ses draps, comme si rien ne pouvait lui arrivé. Comprenant qu'il avait perdu cette guerre, Daiki quitta ses chaussures et le rejoignit sous la couette, l'observant s'endormir doucement. Attendri malgré lui, il passa sa main dans ses cheveux corbeaux, se demandant bien s'il arrivait à Kagami de border Tetsuya de la sorte. Etaient-ils seulement ensembles en ce moment même ? Il réalisa alors seulement à quel point il faisait fie du bonheur de Kuroko en cherchant autant à le séparer de Taiga. Et s'il se plaisait dans ses bras ? De quel droit pouvait-il les séparer ? Quand bien même il jalousait le rouge plus que tout, ne devait-il pas plutôt se réjouir du bonheur de son ami, même si ce n'était pas lui qui lui offrait ?

- La vie est vraiment qu'une garce ...

Il laissa sa tête tomber sur son oreiller alors que, près de lui, Himuro s'était enfin endormi, ses flancs se soulevant régulièrement à chaque respiration. Et lui, lui arrivait-il de penser également qu'il était égoïste de sa part de vouloir ainsi piétiner le bonheur de son ami d'enfance ? Etait-ce pour cette raison qu'il ne réagissait pas avec autant de rage et de violence qu'Aomine ? Parce qu'il avait comprit que cet acharnement était vain, qu'il lui était devenu douloureux de vouloir priver celui qu'il aimait de son bonheur actuel ? Ils étaient jeunes après tout, ils avaient le temps de vivre, de s'aimer et de se haïr ...

Finissant également par céder aux avances de Morphée, Daiki s'endormi blotti contre son aîné, réalisant douloureusement que leur acharnement était vain et que lui-même ne supportait plus toute cette mascarade ...


Et voilà le nouveau chapitre des Jeux de l'Amour & du Hasard ;) Je n'aime pas particulièrement ce chapitre, il est plutôt mou niveau action, se focalisant un peu plus sur les pensées des personnages et surtout d'Aomine, qui se pose beaucoup de question sur lui-même et Himuro. J'espère néanmoins qu'il vous plaira !

Je préfère également prévenir que je me suis pas relue, car j'ai posté ce chapitre à 3h du matin et je suis claquée XD Je compte le reprendre bientôt pour corriger d'éventuelles fautes, surtout que j'ai eu beaucoup de mal à importer le document qui buguait beaucoup, j'espère même qu'il n'y a pas eu de coupures ... Je vérifierais tout ça plus tard, après une bonne nuit de sommeil ;) Il se peut donc que ce chapitre soit supprimé pour les corrections ;) Je vous laisse tout de même à la lecture, en remerciant encore mes lecteurs et mes revieweurs !

Kisu ! Moona-sama