Bonjour tout le monde! Avant toute chose, j'aimerais vous remercier pour vos reviews, elles m'ont fait chaud au coeur! (Je précise pour Yaya Gefibu que ses deux reviews sont passées ;p )! Je ne prends jamais le temps de répondre au cas par cas, à l'occasion j'envoie un message privé pour les inscrits, mais ça ne veut pas dire que je ne prends pas en considération ce que vous me dites!

Je poste donc le nouveau chapitre, qui j'espère vous plaira. Encore une fois, le POV n'est pas quelque chose que j'ai beaucoup pratiqué, j'ai donc peur que les sentiments et émotions se répètent au fil des chapitres. N'hésitez pas à me le dire si vous trouvez cela redondant! Je crois que j'ai tout dit, alors sans plus attendre je vous laisse attaquer la suite de ma fiction!


Ses pas résonnaient dans le noir qui m'assaillait. Les bruits m'empêchaient de déterminer par où il arrivait. Je savais juste qu'il était là, près de moi. À épier le moindre de mes mouvements. Les pas se sont arrêtés. Je n'arrivais pas à sentir sa présence, je suis désorientée. J'essaye de me servir de mes autres sens, ceux que j'aiguise depuis que je suis dans ce grenier. Je sens son odeur, il vient très certainement de prendre une douche. Son odeur d'eau de toilette de supermarché me dégoute et me donne envie de vomir. La bile me monte à la gorge. Un bruit métallique se fait entendre à quelques pas de moi. Un bruit qui m'est familier, une gamelle?

"Mangez et buvez. C'est tout ce que vous aurez!

-Dans une gamelle, vous m'avez prise pour un chien?"

Ma voix que je pensais puissante était faiblarde. Elle n'avait plus rien de celle que j'avais lorsque j'interrogeais les criminels.

"C'est tout ce que vous méritez!"

J'entendis la trappe se refermer sur ces mots. Le faible rayon de lumière qui s'était insinué dans la pièce durant ce laps de temps m'avait éblouie. De petits papillons voletaient encore devant moi. J'ai fermé les yeux pour retrouver le noir auquel je m'étais finalement habitué. Malgré la répulsion que cela provoquait en moi je me suis mise à chercher la gamelle. Cela faisait maintenant plusieurs heures que je n'avais rien bu et rien manger. Tout en gardant ma jambe la plus droite possible, j'avançais à tâtons. Mes doigts touchèrent enfin le froid métallique du récipient. À l'intérieur le précieux liquide. De l'eau. Elle n'était pas fraiche, tant mieux. J'ai trop froid pour autre chose. Je bois sans retenue, personne ne me vois mais je sais que je dois avoir l'air d'un animal. À quelques centimètre un morceau de pain et un mélange de légume fade et caoutchouteux. J'eus une pensée pour mon chien, à qui je ne donnerais même pas ça à manger. Je m'en contente, je dois reprendre des forces si je veux lutter contre mon kidnappeur. C'est vraiment dégoutant, rien à voir avec la bonne cuisine de Ma'!

Je suis fatiguée, j'ai lutté contre le sommeil jusqu'à maintenant, je sens mes paupières devenir lourdes. Je sombre petit à petit, espérant me réveiller avant la prochaine visite de l'homme.

Dans mon rêve, je retrouve Maura. Je la vois, pas elle. Je lui parle, elle ne répond pas. Je la touche, elle ne le sens pas. Je suis un fantôme sans existence. Sans consistance. Nos regards se croisent une dernière fois avant que je parte, je me retrouve une fois de plus dans un endroit sombre et froid. Les visages de mes proches dansent devant moi, tous ont la même expression, tristesse et désolation. Je comprends pourquoi mais je ne l'accepte pas! Je refuse d'être la cause d'autant de larmes, de cris. Je sortirais d'ici, je vous le promets! Je me réveille et me sens comme si je venais de passer huit heures dans les bras de Maura. Apaisée et reposée. Je me relève tant bien que mal, le plafond m'oblige à rester accroupie. J'ignore ma jambe et me déplace jusqu'à la trappe. Gamelle en ferraille à la main. J'attends qu'il arrive. Il a essayé de m'enlever à ceux qui me sont chers, je vais lui faire payer. J'attends, je patiente. La douleur n'est qu'un lointain souvenir, je pense à Ma', Francki, Tommy, Frost et Korsak. Maura. C'est pour elle que je fais ça, elle ne mérite pas de pleurer pour moi. Je sais qu'elle doit déjà être dans tous ses états. Le jour de ma disparition on devait diner ensemble. Je suis sure que le repas aurait été merveilleux et soldé par une nuit fantastique. Tout cela aura lieu lorsque je serais de retour à la maison. Il revient, surement pour reprendre les gamelles vides. La trappe se soulève lentement, il jauge la pièce et l'examina pour voir où je me suis tapie, cette fois il ne saura pas. Je suis derrière lui, je le vois monter la dernière marche qui le sépare de ma prison. Le noir est mon ami, je l'ai désormais apprivoisé, je bondis sans bruit et frappe de toute mes force son crâne. Je l'entends crier, je l'ai eu. Mais je n'ai pas eu assez de force pour le neutraliser complètement. J'y retourne, mais cette fois il est prêt. Il sort sa lampe torche et m'éclaire le visage. Cette douce chaleur que j'aurais autrefois adorée m'aveugle. J'ai perdu, je le sais. Mais je continue, je m'élance à l'aveuglette et l'attrape par la taille tel un plaquage de football. Comme j'ai appris en jouant avec mes frères. Nous tombons et lui en profite pour m'attraper les cheveux et les tirer. Il me jette au sol et se relève. L'homme que j'ai vu brun me donne un coup de pied dans le ventre. Je crois que ma cote est fêlée. Un deuxième dans ma jambe déjà en miette et m'assène le coup de grâce avec une droite dans la joue. Je ne veux plus me relever, j'ai mal, j'ai peur...

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Les rues de Boston étaient encore une fois recouvertes d'un grand manteau blanc. L'herbe gelée craquait sous les pieds des coureurs et promeneurs. Les enfants jouaient et riaient de bon cœur. Tous les habitants devraient être heureux, la neige qui bloquait les routes rappelait aux gens à quel point cette saison était merveilleuse et attendue. Et pourtant, au milieu de ce paysage féerique, des gens mourraient, des couples se brisaient et des gens disparaissaient. Ce matin-là, Maura Isles n'ouvrit pas les yeux sur la femme de sa vie. D'ailleurs, elle n'avait pas dormi. Trop fatiguée pour rester éveillée et trop inquiète pour dormir, un état de flottement s'était emparée d'elle. Aucune nouvelle depuis maintenant trois jours. Ses repas se limitaient au strict minimum, de quoi survivre pour retrouver sa bien-aimée. Au travail, elle tentait de cacher sa détresse, la pitié dans le regard des gens la rendait malade. Ce n'était pas elle qu'il fallait plaindre s'était Jane. Prise entre les griffes d'on ne sait qui, on ne sait où... Seul indice pour la retrouver, cet appel...

Flash-Back:

"Isles.

-Bonjour Maura.

-Qui est à l'appareil?

-J'ai quelque chose ou plutôt quelqu'un à qui vous tenez...

-Comment...?

-Jane Rizzoli est en ce moment même avec moi."

Inconsciemment elle se leva et parla plus fort.

"Qui êtes-vous?"

Plusieurs têtes se retournèrent, Frost qui passait compris immédiatement ce qu'il se passait. Il alla chercher de quoi tracer l'appel et entraina Maura avec lui.

"Qui je suis n'a pas grande importance. Vous voulez revoir l'agent Rizzoli?

-Lieutenant... Elle est lieutenant...

-Peu importe le titre qu'on lui donne, c'est une bonne à rien qui ne mérite même pas que je l'entretienne!

-Alors libérez là, je m'occuperai personnellement de son cas..."

Le sang-froid dont elle faisait part étonna grandement l'équipe, la femme, qui, quelques secondes plus tôt était à la limite du mutisme, tenait en haleine un kidnappeur.

"Je ne suis pas idiot Docteur Isles. Écoutez, nous allons faire un marché. Conduisez-vous correctement et je libèrerais mademoiselle Rizzoli.

-Qu'est-ce que vous voulez dire?

-Souvenez-vous de tout ce que vos parents vous ont appris, les bonnes manières, les beaux et heureux mariages, le travail assidu et correctement fait. Tout cela...

-Je ne comprends pas, je fais toujours du bon travail.

-Peut-être bien, nous verrons cela... En attendant, l'agent Rizzoli est en piteux état, il vaudrait mieux qu'elle ait rapidement accès à des soins...

-Attendez! Laissez-moi lui parler, s'il-vous-plait!"

Le malfaiteur ria bruyamment devant le demande de la scientifique.

"Non docteur Isles, je ne peux pas vous laisser lui parler. De toute façon, je ne suis pas sûr qu'elle soit en état de discuter."

Le regard de la blonde changea, ce n'était plus de la tristesse qui se lisait dans ses yeux, c'était de la colère. Parce qu'un homme s'en prenait à la femme de son cœur, parce qu'elle ne pouvait rien faire contre cela, parce qu'il avait toutes les cartes en mains.

"Qu'est-ce que vous lui avez-fait?

-Rien de bien méchant... Elle dort du sommeil des justes. Vous la reverrez bientôt, souvenez-vous de notre marché."

La tonalité indiquait qu'il avait raccroché. Maura jeta un regard suppliant à Frost.

"Je l'ai, une cabine près de Charles River dans South Boston.

-On y va!

-Non Doc' vous restez là. On vous tient au courant.

-Pas question, je viens avec vous, ce n'est même pas négociable!"

L'homme à la peau nuit regarda son chef qui acquiesça d'un signe de tête.

"Alors venez, mais vous restez en arrière!

-Oui, je sais."

Après cela, ils s'étaient rendus à la cabine en question. Personne ne les attendait évidemment, la rue était déserte et personne n'avait rien vu. Les quelques empreintes ayant été relevées n'avaient eu aucun résultat. Si jamais celles du ravisseur y étaient, elles n'avaient servies à rien. Il avait nettoyé derrière lui et choisi méticuleusement le lieu de son appel. À l'entendre, il ne portait pas le détective Rizzoli dans son cœur. C'est donc tout naturellement que l'équipe fouilla dans les dernières enquêtes de l'italienne. Même Maura s'y attela, elle ferait n'importe quoi pour retrouver Jane.

"Chercher dans les enquêtes antérieures à la promotion de Jane, au téléphone le ravisseur a dit l'agent Rizzoli... N'est-ce pas docteur Isles?

-Hum? Oui, mais je ne pense pas que ce soit parce qu'il l'a connu à ce moment-là, je pense plutôt qu'il est mal renseigné à propos de Jane.

-Qu'est-ce qui vous fait dire ça?

-À vrai dire, je n'en sais rien.

-Doc', c'est donc une supposition que vous êtes en train de faire?

-Non, une hypothèse."

La joue monta aux joues de la légiste qui prétexta une envie soudaine de thé pour s'échapper.

"Jane se moquerait de moi si elle voyait ça... Elle appellerait ça l'instinct. Que ce sont mes tripes qui parlent, tout ça c'est impossible. Je ne suis pas faite pour ce genre de chose, je vis à travers la science. Et pourtant... Je suis presque sure que le meurtrier n'a pas connu Jane lorsqu'elle était agent."

Elle imagina quelques secondes le visage de son amante si elle avait écouté ses pensées. Le sourire moqueur et taquin qui lui allait si bien parcourrait son beau visage. Une larme coula le long de la joue de la scientifique. D'un revers de main elle l'effaça. Ce n'était pas le moment de flancher, elle avait du travail. Elle se murmura quelques paroles rassurantes à elle-même et y retourna. Elle le devait, non pour elle, mais pour Jane. Qui subissait les foudres d'une tierce personne pendant que tous ses amis, sa famille la cherchait avec toutes les forces dont ils étaient capable.

Elle retourna au bureau où siégeait habituellement la détective. Le tiroir dans lequel elle rangeait son arme, la peluche que lui avait offerte son frère suite à sa blessure à l'abdomen, le bureau sur lequel elle avait posé sa cheville blessée sous les ordres de Maura. Cet endroit où l'italienne avait passé de longue soirée, éveillée grâce à la caféine, en train de travailler sur des dossiers non résolus.

Suite à de longues heures de tri, trois dossiers furent retenus. Le premier concernant un père dont le fils avait été arrêté par Jane pour homicide involontaire. Il n'avait pas cherché à comprendre qui ni pourquoi, son fils n'avait pas fait exprès, il ne devait pas aller en prison. Le second était une femme violée et tuée avec une fourchette à poisson. Le petit ami n'a pas digéré d'être suspecté et a envoyé plusieurs plaintes et lettres de menaces à Jane. Il n'avait jamais pu se résoudre à accepter le fait que la brune soit lieutenant. Pendant l'enquête, il l'appelait "L'agent fliquette". Et enfin la troisième, un frère dont la sœur jumelle a été assassiné. L'affaire est toujours en cours et le jeune homme avait envoyé près de vingt lettres de menace à la détective pour qu'elle la résolve. Il avait étudié sa carrière avec minutie et disait sans cesse qu'elle aurait mieux fait de rester agent plutôt que d'empêcher les criminels d'être appréhendés. Il était près de quatre heures lorsque l'équipe rentra se coucher.

Fin du Flash-Back.

Et voilà où l'enquête en était. Les interrogatoires s'enchainaient, les suspects défilaient et se défendaient. Aucun d'eux ne semblait avoir enlevé Jane. Maura était plantée devant sa fenêtre et fixait un point imaginaire. Aujourd'hui, elle n'était pas censée travailler et toute l'équipe lui avait bien dit de de reposer. Les cernes qui berçaient ses yeux semblaient interminables. La scientifique n'était pas de cet avis, ne rien faire lui faisait encore plus de mal. Pourtant, elle les écouta. La nuit avait été agitée mais reposante. Son thé fumait dans ses mains, mais elle ne le buvait pas. Elle s'enivrait de cette chaleur pour se donner un peu de courage. Elle allait nettoyer l'appartement de la détective. La police l'avait fouillé de fond en comble pour trouver des informations et avait laissé un désordre phénoménal. Cela venait s'ajouter au bazar laissé par l'italienne, il y avait du travail. Bien que Maura essaye de se persuader qu'elle allait là-bas uniquement pour ranger, c'était bien plus que ça. Un besoin de se rapprocher de Jane malgré le fait qu'elle ait disparue, le besoin de vérifier qu'elle n'était plus là. La blonde enfila un jogging et un vieux T-shirt et partit en direction de l'antre de sa compagne. D'habitude si bien habillée, elle ne se reconnaissait plus elle-même, elle n'avait plus envie d'être belle si la personne qu'elle aimait n'était plus là pour le voir. Elle se trouvait devant la porte, le double des clés que lui avait donné Jane était dans sa main, prêt à ouvrir. Elle inspira un grand coup et entra. Il faisait noir. Les rideaux étaient tirés, les volets fermés et la lumière éteinte. Le silence régnait. Joe Friday n'était pas là, il était chez Korsak le temps que la détective revienne. La télévision semblait éteinte à jamais. La table basse croulait sous les emballages vides et les bouteilles de bière. La seule chose propre et bien placé était une photo. La même que dans le bureau de Maura. Le cadre dans lequel elle était exposée était en bois. Très simple, sans décoration particulière, le regard devait être attiré uniquement par les deux femmes. Maura essuya la larme qui s'était échappée de ses yeux et commença à nettoyer. Elle se noya dans le rangement pour oublier sa détresse, cela fonctionna. Elle n'était pas heureuse, elle était occupée. Ce fut la fatigue qui la ramena à la réalité. Un coup d'œil à son portable: vingt-trois heures. Cela faisait treize heures qu'elle débarrassait l'appartement de ses déchets. Elle avait sauté le repas et ne s'était pas arrêté. Son dos lui faisait mal, elle s'en fichait. Ses doigts étaient fripés par le frottement avec les éponges. L'appartement n'avait jamais été aussi propre. La légiste avança lentement vers la chambre. À pas de loup, comme si elle avait peur de réveiller Jane un dimanche matin. Elle se coucha dans le lit du côté de l'italienne et s'empara des dernières effluves d'odeur qu'il restait. Elle serrait l'oreiller de son amante avec autant de force que possible, pour l'empêcher de disparaitre encore. Elle rejoignit Morphée en quelques secondes. Les cauchemars la laissèrent tranquille ce soir-là, protégée par sa détective, qui même aux bras des criminels, trouve toujours le moyen de veiller sur elle...


Voilà pour ce nouveau chapitre, j'espère ne pas vous avoir déçu! N'hésitez surtout pas à laisser un petit commentaire pour me dire ce que vous en pensez et me faire part de vos impressions! :D

Salut tout le monde!