Bonjour tout le monde!

Je commence par remercier tous mes reviewers et lecteurs qui ont pris le temps de lire mon chapitre précédent! J'espère que jusqu'à présent cela vous plait!

Je vous poste donc mon cinquième chapitre qui j'espère saura répondre à vos attentes. Je n'ai pas grand chose à dire, du moins je ne crois pas donc je vous laisse profiter!

Bonne lecture :-)


Les pas se rapprochent, ils résonnent dans le silence du grenier. Je me prépare psychologiquement, je me demande ce que je vais bien pouvoir lui dire... À l'école de police, on nous apprend à cerner les criminels pour choisir la meilleure façon de dialoguer. Mais enfermée comme je l'étais, il était impossible de se concentrer. J'avais besoin de lumière, d'air frais. Il faisait lourd. Froid et lourd. C'est assez contradictoire lorsqu'on y pense. Je peine à respirer donc mes inspirations sont plus forte, à cause de cela, l'air froid m'agresse la gorge et les poumons. La trappe se soulève, il vient me nourrir comme deux fois par jour. Je ne sais pas pourquoi, je reste figée, je ne dis rien. C'est seulement lorsque je l'entends repartir que je me remets en marche.

"Attendez! Attendez s'il-vous-plait!"

Il stoppe sa marche et se retourne. Je distingue tout cela grâce au fin rayon de lumière qui filtre par la trappe.

"Qu'est-ce que tu veux?"

Sa voix est froide, il n'est pas patient, il n'acceptera surement pas de long discours... Peut-être qu'en le flattant un peu...

"Je voulais simplement vous dire que vous étiez vraiment très fort! Mes collègues ne m'ont pas encore retrouvé alors que ce sont les meilleurs!

-J'ai toujours été le meilleur, tu vas bientôt le comprendre! Mangez, c'est votre dernier repas!

-Pourquoi mon dernier?

-Je n'ai plus besoin de toi, je te tuerais d'ici quelques heures. Le temps de prendre des précautions...

-Non, vous ne pouvez pas...

-Je peux tout faire, tu es sous mon contrôle...

-Attendez! Pourquoi vous n'avez plus besoin de moi?

-Cela ne vous servirait à rien de le savoir! D'ailleurs je vais prendre mes précautions. Avance contre le mur!"

Avec une grimace de douleur, je reculais et m'appuyais contre le mur de briques froides. L'homme s'approcha, braquant la lampe sur mon visage pour m'ôter toute visibilité. J'entends un bruit de ferraille qui m'est familier, un outil de travail que j'utilise le plus souvent possible. Mes menottes. Du moins ce qu'il tenait dans ses mains y ressemblait. Il prit mon poignet et l'appuya contre un crochet que je n'avais pas remarqué plus tôt. Il m'emprisonne le poignet droit, je suis gauchère. Il ne doit pas le savoir. Il pose mes gamelles devant moi et m'abandonne à mon sort. J'ai vraiment peur. Mon estomac est retourné, je ne peux ni boire ni manger. Je ne m'étais pas sentie menacé à ce point depuis Hoyt. Confronté à la mort, les pensées sont très différentes. J'ai souvent frôlé le point de non-retour, mais jamais en ayant autant le temps d'y penser. Ma main attachée, je n'ai aucun moyen de me défendre, et que va-t-il me choisir comme mort? Arme blanche? Pistolet? Pendaison? Noyade? Brulé? J'ai vu des choses atroces dans ma carrière, j'ai des dizaines de scénarios en tête. Je me revois dans cette cave sombre et froide, les paumes transpercées par les scalpels tranchant de Charles Hoyt. Le métal froid au travers de mes mains, la douleur atroce et le sang coulant sur mes doigts. Et pourtant, le plus dur ce n'était pas ça... C'est ce sentiment d'impuissance qui vous déchire les entrailles, ce même sentiment qui me torture en ce moment. Je ne peux rien faire, rien faire pour me protéger moi, rien faire pour la protéger elle. C'est à cause de ce que je fais qu'elle est peut-être même en danger. J'aime mon métier, et j'aime Maura. Si je parviens à m'en sortir, je devrais la protéger, pour qu'elle ne souffre pas. En attendant je dois survivre. Survivre pour tuer ce salopard qui menace mes rêves et ma vie! Je ne suis plus la proie, je deviens chasseur...

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James tenait toujours le bras de Maura d'une poigne de fer. Elle ne se débattait pas, malgré la douleur qui fusait dans son corps. La peur la gagnait, rendant son cerveau plus lent et ses gestes confus.

"Lâche-moi James!

-Pourquoi faire docteur? Tu es engagée ailleurs c'est ça? Cela fait des mois que je t'observe, je vois bien que tu es frustrée, que tu as besoin d'un homme d'un vrai. Alors voilà, je suis là."

La légiste avait les yeux fixés sur son bras.

"Je ne suis pas un de tes trophées de chasse tu m'entends? J'ai déjà quelqu'un que j'aime plus que quiconque en ce monde. Tu n'as pas ta place! Maintenant je rentre chez moi car tu vas cesser de me retenir contre mon gré!"

Le ton n'avait pas augmenté, mais ces paroles semblèrent ramener le jeune homme à la raison. Il desserra ses doigts lentement, comme si il prenait tout à coup conscience de son acte. D'un regard indifférent il tourna le dos à la scientifique et rentra chez lui, la laissant seule sur le seuil. Sans perdre une minute elle se précipita dans sa voiture pour rentrer chez elle. Elle composa le numéro qu'elle connaissait par cœur et qui pourtant était inutilisable pour le moment. La messagerie de Jane libéra le message préenregistré. Le simple fait d'entendre la voix de sa compagne rassura la blonde. Elle rentra chez elle un peu plus sereine.

Maura se gara devant chez elle et sortit de la voiture. Elle rentra chez elle et ferma la porte à clé avec plus de précipitation qu'à son habitude. Ce geste fait, elle s'appuya dos contre la porte et souffla lentement. Elle resta ainsi quelques secondes avant de dire.

"Décidément j'attire les malades moi...". Chez elle, la légiste ne risquait rien et elle le savait. Elle se dirigea donc vers la douche dans laquelle elle laissa filer ses pensées. L'eau chaude glissait sur sa peau, faisant rougir ses épaules et son ventre. Debout dans la douche, elle ne bougeait pas, elle attendait. Profitant de la chaleur réconfortante de cette douche. Au bout de quinze minutes, elle sortit de sa torpeur et éteignit l'eau. La serviette qui pendait au radiateur était tiède et empêchait que le corps de la scientifique de se refroidisse trop vite. Elle enroula ses longs cheveux blonds dans un chignon évasé après les avoir essorés et attacha sa serviette autour de son buste. Elle s'arrêta devant le miroir et constata avec horreur que sa soirée avait laissé des marques. Une trace violette restait là ou, plus tôt, James avait tenu son bras. La douleur qu'elle n'avait pas sentie plus tôt se fit sentir à chacun de ses mouvements. Ce n'était pas une douleur violente, plutôt une douleur gênante et parasitante, comme le lendemain d'un vaccin.

"Un vaccin contre les hommes" se dit Maura. Elle mît de la pommade sur son bleu et enfila son pyjama de soie violet. Elle se laissa tomber sur le lit et sombra dans les bras de Morphée.

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Le lendemain matin, le réveil de Maura la tira d'un profond sommeil. Elle se leva péniblement du lit, son bras la faisait souffrir encore plus que la veille. Ce n'était pourtant qu'un simple hématome. La légiste n'y prêta pas attention et alla se préparer du café comme chaque matin. Elle avait décidé de faire comme si rien ne s'était passé et d'oublier la soirée catastrophe d'hier. Elle se rendit sur le seuil de sa porte pour récupérer le journal, elle constata avec désolation que le froid et la neige étaient de retour, le beau temps n'avait pas duré longtemps. Elle pensa à Jane, peut-être morte de froid à l'heure qu'il est, où en train d'agoniser à cause de ce que lui faisait subir son ravisseur... Une larme de colère mêlée à de la tristesse s'échappa des yeux de la scientifique. Perdu dans ses pensées, elle ne remarqua pas tout de suite le froid qui l'attaquait. Ce fut lorsqu'un frisson violent lui parcourue le corps qu'elle se décida à rentrer. Elle allait refermer la porte lorsqu'un autre frisson lui parcourra l'échine. Ce n'était pas le froid. Elle se sentait observée. Elle ferma la porte et se précipita à la fenêtre de la cuisine pour surveiller la rue. Tout semblait immobile, inchangé. Les voitures de ses voisins étaient garées à leur place. Aucune raison de s'inquiéter, elle décide d'aller s'habiller pour aller travailler. Le bleu sur son bras avait pris une teinte noire. Il encerclait son bras tel un bracelet de douleur. Elle se promit de n'en parler à personne, elle ne voulait en aucun cas faire du tort au jeune homme, même si ce dernier c'était laissé emporter. La scientifique enfila une robe verte foncée arrivant au niveau des genoux et dont les manches couvraient la totalité du bras. Les chaussures assorties et le manteau adéquat vinrent compléter la tenue de la femme. Un dernier coup d'œil à son miroir et elle partit vers la morgue. Ces derniers temps, il n'y avait que là-bas qu'elle se sentait en sécurité.

En entrant, elle constata avec bonheur que rien avait bougé, elle ne savait pas pourquoi, elle s'était attendu à voir son bureau sens dessus dessous. La rage qui s'était dégagé du regard de James la veille lui avait laissé croire qu'il y aurait des représailles, apparemment il s'agissait simplement d'une erreur de parcours. Le son des talons résonnaient dans le silence de la morgue, personne n'était encore présent, seul le laboratoire était rempli par l'équipe du matin. La légiste s'assit à son bureau et consulta ses messages. Elle constata avec grande surprise qu'elle en avait une dizaine. Elle n'était pourtant partie qu'une nuit. La voix féminine du répondeur annonça l'heure du premier message et le lut:

"Docteur Isles, c'est Abe Suring. J'ai les résultats que vous m'aviez demandé la semaine dernière, rappelez-moi."

Elle nota dans un coin l'information et continua l'écoute.

"Doc, c'est Frost. Je ne vous appelle pas sur votre portable je ne veux pas que vous reveniez à cette heure-ci, on a peut-être une piste pour l'enquête de Jane, venez nous voir demain... Enfin tout à l'heure. Il est déjà deux heures... Euh au revoir."

Elle sentit une boule au ventre se former, l'avancée de l'enquête était une chose prioritaire. Elle jeta un coup d'œil à l'horloge: huit heure, Frost devait dormir, elle irait plus tard. Les huit messages restant semblaient être du même destinataire: numéro masqué. Qui peut-bien m'appeler huit fois? pensa-t-elle. Le seul moyen de le savoir était encore d'écouter.

"...", aucun son, il n'y avait rien. Maura allait effacer le message quand un cri strident la fit sursauter. Le genre de cri que seule les actrices de film d'horreur savent pousser. Son rythme cardiaque accéléra, sa respiration saccadée lui donnait le tournis. Elle se mettait dans de sacré état pour rien.

"Une mauvaise blague, c'est ridicule."

Néanmoins cela ne la réconforta pas et c'est à contrecœur qu'elle écouta les sept messages restant. Tous étaient pareils, à quelques variantes près. Les cris étaient parfois remplacés par des rires sataniques ou des pleurs d'enfants. Maura ne se sentait plus en sécurité. Elle se sentit stupide mais préféra appeler Frost par mesure de sécurité. Il arriva quelques minutes plus tard accompagné de Korsak.

"Tout va bien Doc?

-Je... Oui je vais bien. Mais ces messages... Je ne comprends pas pourquoi.

-Racontez-nous tout ce que vous avez fait depuis que vous êtes arrivée.

-Je suis entré dans mon bureau, j'ai regardé mes messages, j'en avais dix. Cela m'a surpris mais je n'y ai pas prêté attention. Le premier était d'un collaborateur, le deuxième du lieutenant Frost et les huit autres...

-On va les écouter, ça va aller Doc?

-Je vais aller me chercher un thé si cela ne vous ennui pas. Je n'ai aucune envie d'entendre à nouveau cela.

-Très bien, Angela est en haut. Faites attention à vous Doc. Si il vous arrivait quelque chose, je crois que Jane ne nous le pardonnerait pas."

Maura eu un sourire triste pour Frost et sortit de la pièce en chuchotant: "Merci Barry." qui décrocha un sourire à l'homme en question.

•••••••••••••••••••••••••••••••

Il était dix heure trente lorsque le docteur Isles retourna à son bureau. Elle se doutait que Frost et Korsak avaient des questions à lui poser et ne souhaitait pas les faire attendre plus longtemps. Avec les deux hommes à l'intérieur, la pièce était bien plus accueillante. Elle remarqua que quelques rayons de soleil filtraient au travers des nuages en éclairant la table basse et le dossier de sa chaise. L'air était légèrement plus chaud que lorsqu'elle était partie et sa tasse de thé lui sembla soudain de trop dans cette tiédeur. Elle la laissa sur la table basse et adressa un sourire aux deux hommes.

"Doc, on vous attendait.

-Excusez-moi d'avoir été si longue, j'avais besoin de me rafraichir.

-Ne vous excusez pas. La journée commence mal."

Ils se sourirent mutuellement et revinrent aux choses sérieuses.

"On n'a pas pu tracer l'appel ni remonter jusqu'à la personne qui l'a lancé. Je peux seulement vous dire que la personne habite un quartier paisible ou que sa maison est très bien isolée car il n'y a aucun son en arrière-plan. Dans la plupart des cas, la respiration de l'interlocuteur est la première chose que l'on entend...

-Mais là, il n'y a rien. C'est quelqu'un de très doué.

-Je suis désolée Doc, mais je dois vous poser la question, en dehors de la lettre de menace adressée à Jane et vous concernant, y'a-t-il des personnes qui pourraient vous en vouloir?

-C'est une question intéressante compte tenu des centaines de procès auxquels j'ai témoigné.

-En effet, et sur le plan personnel, des exs compagnons ou voisins un peu fous?"

La belle scientifique réfléchit quelques instants. Ne sachant pas si elle devait parler de James. Quelques secondes de réflexions à peser le pour et le contre avant de se souvenir d'une conversation qu'elle avait eu avec Jane: "Tu sais Maura, ça fait toujours mal de trahir la confiance de quelqu'un, mais tu ne lui rends pas service en le laissant s'en sortir en ayant fait quelque chose de mal. La plupart des gens l'oubli, je ne fais pas mon job uniquement pour les victimes. La plupart des criminels vivent avec des choses horribles sur la conscience qu'il ne parvienne pas à oublier. Au début, ils te détestent, tu leur vole une liberté qu'ils ont eux-mêmes souillé, mais au bout de quelques temps... Ils comprennent. C'est ça mon travail, je ne le changerais pour rien au monde."

Un léger sourire se dessina sur les lèvres de la blonde qui finit par dire d'un air plus grave:

"Si, je vois bien quelqu'un."

Elle raconta l'histoire de sa mésaventure de la veille aux deux policiers qui l'écoutait avec attention. Les deux hommes assis sur le canapé en face d'elle semblaient écœurés par la façon de parler de l'homme. Lorsqu'elle en arriva au passage de son départ, elle voulut montrer la marque laissée. Elle alla fermer les stores et baissa une partie de sa robe pour montrer l'hématome. Les deux hommes s'approchèrent, légèrement gêné par la tenue de la légiste qu'ils connaissaient si bien. Ce fut Frost qui parla le premier.

"Doc, je sais que ce n'est pas facile. Mais est-ce que vous voulez porter plainte?"

Cette fois-ci elle répondit très rapidement.

"Non, si je faisais cela, James perdrait sa bourse d'étude et son poste. Je ne veux pas. En revanche, je ne sais pas de quoi il est capable. Je crois que je l'ai vexé dans son orgueil et il m'a semblé avoir un comportement très narcissique et confiant. Dans la plupart des cas étudié, la violence est utilisée comme réponse au refus de l'autre. Selon une étude du Docteur Phi...

-Doc. Je crois que nous savons à qui nous avons affaire. Ce genre d'homme arrive souvent chez nous croyez moi.

-Excusez-moi, lorsque je ne sais pas comment réagir je me cache derrière la science et les études."

Korsak posa une main réconfortante sur son épaule encore couverte qui prodigua aussitôt une sensation de chaleur à la blonde. Elle de rhabilla et se rassit, attendant le verdict.

"On va mener notre enquête sur James Petter..."

Voyant le regard de la scientifique, il ajouta précipitamment: "discrètement, c'est promis."

Un dernier sourire et les deux lieutenants disparurent derrière la cloison du bureau pour retourner dans l'espace de travail de la BPD. C'est seulement lorsqu'elle se retrouva seule que Maura se souvint du message de Frost. Elle marcha le plus vite possible pour rejoindre l'homme à la peau nuit. La légiste le rattrapa finalement à l'entrée des bureaux de la police.

"Lieutenant Frost!

-Doc! Un problème?

-Avec tout ça, j'ai oublié de vous demander les avancées de l'enquête.

-Ah, je vous aie laissé un message exact. Venez."

Il l'emmena devant son bureau où il lui proposa de s'asseoir à sa place. L'intéressée déclina et le laissa s'installer.

"Bon, il se trouve que dans la plupart des lettres reçues à l'appartement, les enveloppes ont été jetées. La chance de trouver des empreintes étaient réduites, mais pour certaines d'entre elles, on a retrouvé les enveloppes avec les lettres. Trois d'entre elles, dont celle que je vous aie montré, n'ont pas de cachet de l'USPS ou d'une société de livraison privée.

-Elle a donc été déposé chez Jane par la personne directement."

Il hocha la tête avec conviction.

"On a vérifié toutes les vidéos de surveillance disponibles, vu la durée à examiner, il y a plus de trois mille heures de vidéos juste dans un périmètre d'un kilomètre autour de chez Jane.

-Pourquoi ne pas prendre la camera du voyeur, elle filme sans arrêt.

-La caméra de qui?

-Jane, a un voisin qu'elle appelle le voyeur parce qu'il est complètement paranoïaque et qu'il passe son temps à regarder les vidéos qu'il filme.

-Vous savez où sont placées ses cameras?

-Il me semble que Jane m'a dit qu'il y en avait une à l'entrée de l'immeuble et une devant la deuxième porte, juste après les boites aux lettres.

-C'est génial Doc! Ca va beaucoup nous aider. Merci. J'appelle Francki, il va nous aider. Il connait les voisins.

-L'homme en question s'appelle Fréderic Boulay, un français qui a fait la guerre d'Algérie. Il est un peu spécial."

Il hocha la tête puis composa quelques numéros, lorsqu'il eut finit il s'adressant à Maura.

"S'il-vous-plait Doc, retournez dans votre bureau et reposez-vous. Je vous contact si on a du nouveau."

Elle accepta à contrecœur, réalisant qu'elle ne pourrait en aucun cas aider à ce stade de l'enquête. Elle craignait que tout ceci ne soit encore qu'une piste sans débouché, encore des efforts vains malgré toute cette volonté. Elle croisa Angela qui tenta d'engager la conversation. La scientifique déclina l'invitation gentiment, expliquant qu'elle avait besoin de repos. L'air froid de la morgue fit frissonner son corps affaibli par les événements et c'est avec une moue ennuyée qu'elle ouvrit la porte aux transporteurs de morts. Avec horreur elle constata que James était là, comme si rien ne s'était passé. En quelques secondes, elle ne se sentit plus maitre de son territoire. Son espace, envahi par la personne qui l'avait fait frissonner de peur la veille. Le jeune homme s'approcha pour faire signer les papiers comme à son habitude.

"Bonjour Maura."

Sans exprimer la moindre émotion elle répondit avec toute la politesse dont elle était capable.

"Bonjour .

-On ne se tutoie plus?

-Je pense que cela n'est plus approprié compte tenu de la charmante soirée passée la veille.

-Elle aurait été bien plus charmante si vous m'aviez laissé m'occuper de vous."

Il afficha un sourire confiant qui irrita et offusqua Maura. Elle ne prit même pas la peine de répondre et lui rendit son stylo et les feuilles au bas desquelles elle venait d'émarger.

"Ne soyez pas vexé, je ne vous ai pas fait mal hier?

-Juste ce qu'il faut pour que mes collègues soient avertis. Je préfèrerais qu'à l'avenir vous m'appelles Docteur Isles comme tous mes collègues.

-Je ne suis pas vraiment comme les autres... Mais soit, pour ne pas déplaire à vos chers amis de la... Brigade Criminelle, je ferais un effort."

Les derniers mots étaient prononcés avec tellement de mépris que Maura eu du mal à y croire.

"Je vous remercie. Vos collègues vous attendent il me semble."

Il ne se retourna pas pour vérifier et défia la scientifique du regard. Un frisson parcourut l'échine de la blonde face à la haine qui se dégageait, tout comme la veille, de ce regard. Sans ciller, elle soutint, avec toute la grandeur dont elle était capable, le regard de cet homme. Il finit par sourire et se retourner. Il chuchota alors quelques mots qui n'atteignirent pas les oreilles de la légiste. Elle put enfin se retirer dans son bureau, la matinée avait été chargée. Si chargée qu'elle n'était pas allé vérifier ses mails ni ses lettres papier. Du côté d'internet, tout paraissait normal. Les messages habituels, par les personnes habituelles. Le papier en revanche fut plus chargé. Sans prendre compte des dossiers dentaires, des relevés ADN, des convocations à témoigner ou encore des simples lettres des familles, une enveloppe restait sur le tas. Banale, blanche, à peine plus grande qu'une carte postale. Pas de nom, pas d'adresse, pas de timbre et pas de cachet. Elle s'attendait déjà au pire, c'est exactement à cela que ressemblait l'enveloppe qu'avait reçu Jane chez elle. Les mains tremblantes elle souleva le papier noir et se mît à lire:

"Vous m'avez déçu Docteur Isles, vous n'avez pas respecté les termes du contrat. Je n'ai plus besoin de Jane Rizzoli car vous ne méritez pas de la revoir. Vous pouvez venir récupérer son corps dans l'hôtel Mérédith à quatorze heures ce jour-ci. Elle sera dans une chambre à votre nom.

Votre tour viendra."

Parcourant des yeux la lettres plusieurs fois, Maura ne semblait pas y croire. Serait-elle vraiment responsable de la mort de la femme de sa vie?


Voilà voilà pour ce chapitre! :D J'espère que ça vous a plu, n'oubliez pas de laisser une review, c'est toujours agréable de savoir ce que vous pensez de mes écrits! Sur ce je vous souhaite une bonne semaine, à la semaine prochaine! 3