Bonjour tout le monde! Je reviens aujourd'hui avec mon nouveau chapitre, qui j'espère vous plaira. Je remercie tous ceux qui suivent mon histoire ainsi que les reviewers, aussi peu nombreux soient-ils :D

Sur ce je vous souhaite une bonne lecture, on se retrouve en bas!


Je pense que cela fait plusieurs jours que je suis enfermée dans ce grenier de brique. Les murs mal isolés laissent le froid rentrer, empêchent la chaleur de rester. Tous mes membres sont engourdis, je ne mange presque rien, mon ravisseur n'est pas généreux. Je suis loin de tous ceux que j'aime... Et malgré tout cela, je n'ai jamais pleuré, ni crié pendant des heures ou même tenté de me laisser dépérir. Je ne me considère pas comme un héros, j'ai tenté de survivre. Ces dernières heures ont peut-être été les plus épouvantables de toutes. Pas seulement parce que je suis enchaînée et privée de mouvement, l'homme a trouvé un moyen bien pire que cela pour me faire souffrir. Se retrouver face à la mort est une chose impossible à comprendre tant qu'on ne l'a pas vécu. Je pensais pourtant avoir eu ma part quant aux rencontres avec la Faucheuse. Elle m'a touchée de près, frôlée et murmurée des choses. Je l'ai vu passer pour d'autres qui n'avaient rien fait d'autre que d'être au mauvais endroit au mauvais moment. D'être sur le mauvais testament ou simplement victime de leur caractère et sentiments. C'est donc aujourd'hui avec elle que je discute, la Mort. Mes premières vraies larmes ont coulé, parce que je sais que cette fois-ci, ils ne me sauveront pas. Que je ne peux rien faire. À quoi bon faire respecter l'ordre et la loi si le destin ne vous le rend pas. En réalité, je n'ai pas fait mon boulot pour que l'on m'aime mais pour que l'on me respecte. J'ai toujours eu besoin d'être mise sur un pied d'égalité avec les hommes. Que voulez-vous, une famille de machiste change vos priorités. Quoiqu'il en soit, maintenant je remets en question tout ce sur quoi j'ai basé ma vie. Ai-je vraiment fait du bien autour de moi? Ai-je vraiment su me concentrer sur les bonnes choses. Je n'ai pas de famille à moi, je n'ai pas eu le temps. Je pense à toutes ces choses qui me semblaient à portée de main il y a encore quelques jours lorsque j'embrassais Maura avant de quitter la voiture. Désormais c'est impossible.

Cela fait peut-être des heures que je pleure silencieusement, la dignité n'a plus d'importance, qu'il me voit faible je m'en fiche. Avec un peu de chance il aura pitié. Contrairement à ce que je pensais, je n'en veux pas à mon ravisseur. Il se trouve que c'est lui qui va mettre fin à mes jours, cela aurait pu être n'importe qui. J'ai retourné la question dans tous les sens, impossible cette fois-ci de m'en sortir. C'est bizarre, je pense à Hoyt. "Regarde mon vieux, ce gars a réussi à accomplir en quelques jours ce que tu n'as pas réussi en deux ans.". Je souris tristement. J'imagine la tête que je dois avoir, je ne serais même pas présentable pour accueillir ma vieille amie. Tant pis, elle fera avec. Je sais que Maura me fera belle pour ma sépulture. Mon ventre se contracte, Maura. Je ne veux pas qu'elle me voit dans cet état de faiblesse. Il faut que je me reprenne, mais je n'en ai pas la force. Puis-je vraiment me sortir de la? Je me souviens alors du dialogue que j'ai entretenu avec mon kidnappeur. Il n'y a eu que quelques mots, mais je pense pouvoir essayer. Je n'ai plus grand chose à perdre. J'ai réussi à me convaincre de faire quelque chose, mais pas trop. Je ne vais pas préparer une stratégie d'attaque, de toute façon rien ne se passe jamais comme prévu dans ces situations. Je le sais bien. J'attends silencieusement qu'il vienne. Le silence a remplacé les larmes. La seule chose que j'entends est mon sang qui circule, mon cœur qui bat. Je reste immobile pendant longtemps, trop longtemps. J'ai presque envie de fermer les yeux pour ne plus les rouvrir, je me sens déjà morte. Le temps passe, je m'endors pour finalement me réveiller en sursaut lorsque la trappe s'ouvre sur mon ravisseur. Comment pourrais-je oublier le bruit strident des charnières rouillées, les lames de parquet craquant sous le poids de cet homme. Des sons qui autrefois étaient banals sont aujourd'hui une torture pour moi. L'homme s'approche de moi, une lampe à la main comme à son habitude. Je distingue autre chose dans sa main, je ne sais pas ce que c'est. Surement l'engin avec lequel il va m'abattre. Il avance lentement, peut-être qu'il a peur de ce qu'il est en train de faire... Non je ne crois pas. Ce silence me pèse, je décide de le rompre.

"Alors c'est la fin hein?"

Il est surpris que je lui parle, il s'est arrêté.

"En effet, cela semble être le cas.

-Dites-moi, que comptez-vous faire ensuite?

-Qu'est-ce que tu veux dire?

-Et bien, vous allez me tuer. Certainement cacher mon corps pour éviter de laisser des traces, mais qu'est-ce que ça t'apporte à toi?

-Je vais quitter le pays... Je n'ai plus rien à y faire. Les femmes ici sont trop sages.

-Ca dépend lesquelles."

Je l'entends sourire discrètement, ce rire de mépris qu'il a déjà dû faire des centaines de fois.

"Vous savez, j'ai toujours voulu quitter le pays... M'évader, quitter cette vie droite et bien rangée que je mène. La liberté la vraie. C'est comme ça que je voyais ma vie, pas condamnée à attraper des meurtriers toute ma vie...

-Sur ce point-là, nous sommes pareils.

-Je suppose, j'ai toujours eu de quoi quitter le pays rapidement, en cas de problème, comme échappatoire..."

Désormais tout était clair dans mon esprit. Je savais exactement comment l'appâter, faire en sorte qu'il ait besoin de moi. Je sens qu'il est intéressé par ce que je dis, l'adrénaline monte en moi comme le rouge aux joues d'une adolescente. Je me sens presque confiante.

"Qu'est-ce que tu veux dire par une échappatoire?

-Et bien dans un coffre de banque, il y a de l'argent en liquide in traçable, deux passeports et les adresses de personnes à contacter pour disparaitre. Mon métier m'a fait rencontrer du monde de ce côté-là...

-Intéressant... Et comment fait-on pour accéder à tout ça?

-Il faut la clé qui se trouve chez moi et aller à la banque.

-Ou est cette clé?

-Vous ne passerez même pas la porte d'entrée, c'est une des plus grandes banques du Massachusetts. J'ai sauvé leur argent lorsque j'ai été prise dans un braquage... Mon coffre ne peut être ouvert que par moi, mon avocat ou mon légataire."

L'homme ne parlait plus, ne bougeait plus. Si je n'entendais pas le bruit de sa respiration, je pourrais me sentir seule. Je suis presque sure qu'il pèse le pour et le contre. Sans un mot de plus, il quitte le grenier, me laissant à nouveau seule. Je regarde la trappe se fermer sur ce corps musclé qui m'a roué de coup plusieurs fois. Lorsque le noir redevient maitre, je ne peux m'empêcher de jubiler intérieurement. Ça a marché. J'ai réussi à repousser l'échéance, je me sens presque revivre. Je sais que rien n'est gagner, mais deux heures en plus peuvent permettre à Korsak et Frost de me retrouver, du moins c'est ce que j'espère...

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Maura courait dans les escaliers à en perdre haleine. L'ascenseur était trop lent, il fallait agir vite. Le papier qu'elle tenait entre ses mains annonçait la mort de Jane, elle ne voulait pas y croire, elle ne pouvait pas. Elle se risqua à jeter un coup d'œil à sa montre tout en grimpant les marches quatre à quatre. Plus qu'une heure avant l'échéance. Elle arriva dans l'espace de travail essoufflée, les détectives se retournèrent, trop peu habitués à voir ainsi le docteur Isles. La légiste s'en fichait. Tout ce qui comptait en cet instant était la femme de sa vie. Frost s'approcha doucement, avec un sourire bienveillant dont lui seul avait le secret. Sans un mot, elle lui tendit la feuille froissée par la course. Il la parcourut des yeux avant de comprendre avec horreur ce qu'elle contenait. Sans perdre une seconde il interpela Francki et Korsak qui se rapprochaient eux aussi.

"On va à l'hôtel Mérédith tous les trois, pas de discussion. Je vous explique dans la voiture!"

Bien que perplexe, les deux agents ne discutèrent pas et filèrent vers l'extérieur. Maura fit un pas dans leur direction avant d'être interpelé par Frost.

"Non Doc, vous restez là. Je ne sais pas ce qu'on va trouver. Je vous appelle dès qu'on y est."

La scientifique ne chercha même pas à le contredire, trop désespérée par la lettre d'infortune qui lui était parvenue. Elle s'installa au bureau de Jane et se mura dans un silence de mort. Les minutes passèrent, les détectives passaient devant Maura en lui jetant des regards emplis de tristesse et de pitié, elle ne les voyait pas. Son regard était perdu dans le vide, voyant sans voir ce qui lui passait devant les yeux. Elle avait cessé d'entendre également, elle revivait ses derniers instants avec Jane incessamment. S'imprégnant d'un rire qu'elle n'entendrait peut-être plus, se souvenant de l'odeur de ses cheveux, du gout de ses lèvres, de la douceur de sa peau. De la beauté de son âme et de la grandeur de son esprit, tant de chose qu'elle ne lui a jamais dite et qui pourtant ont toujours fait partie d'elle. Un courant d'air froid passait sous sa veste et lui donnait froid, elle aurait dû se déplacer, demander à ce que l'on ferme la porte. Elle n'en fit rien. Elle était dans cet état où même les choses les plus simples vous épuisent. Elle songeait, à la vie d'une femme, d'une fille, d'une sœur, d'un flic, d'une compagne, qui s'écoulait tel le sable d'un sablier...

•••••••••••••••••••••••••••••••

La petite équipe de détective arriva à l'hôtel Mérédith en à peine une dizaine de minute. La sirène allumée, les bouchons semblaient moins long malgré l'heure de pointe. Le hall d'entrée était très chic avec des couleurs chaudes. Un magnifique tapis Persan trônait au centre de la pièce. Ses courbes orangées étaient mises en valeur par l'imposant lustre de cristal qui dominait l'espace. C'était une décoration digne des plus grandes familles de Boston, chose qui étonna Korsak et Frost. Qui choisirait de se débarrasser d'un corps dans un endroit surveillé par des caméras et dont le personnel note chaque détail pour plaire au client? D'un pas pressé, Francki s'approcha du comptoir et sortit son insigne.

"Détective Rizzoli, Brigade Criminelle. Y'a-t-il une chambre au nom de Maura Isles?"

L'homme qui ne semblait pas habituer à ce genre de scène bafouilla avant de taper maladroitement sur son clavier d'ordinateur.

"Dépêchez-vous s'il-vous-plait!"

Sans relever la tête, les joues du standardiste rougirent devant la hâte du détective. Au bout de quelques secondes il releva la tête.

"Je... Je n'ai aucune chambre à ce nom-là désolé.

-Est-ce qu'une personne est passée récemment pour réserver une chambre?

-Euh... Un homme est passé, mais je ne l'ai vu que de loin. J'allais prendre mon service.

-Il y a des caméras de surveillance?

-Seulement à l'entrée et dans les ascenseurs.

-D'accord, je veux toutes ces vidéos et voir l'homme qui a reçu l'homme.

-Tr-Très bien, je vais aller chercher mon patron, je ne suis pas habilité à vous donner cela."

Le chef de service arriva rapidement, un air grave et professionnel accroché au visage. Ses racines grisonnantes lui donnaient un charme certain et son costume trois pièces une attitude très respectable. Il n'aurait pas été de trop dans les quartiers d'affaires où les hommes se pressent pour leurs rendez-vous. L'homme se tenait droit, imposant son calme à la pièce. Il prit la parole en premier.

"Je me suis renseigné rapidement après que Thomas soit venu me voir."

Il lui fit un signe de tête qui signifiait: tu as bien fait ton travail, maintenant retourne à ton poste. Ce qu'il fit sans perdre de temps.

"Une chambre avait en effet été réservée pour une madame Isles, mais elle a été annulée quelques heures après. Thomas n'était pas au courant, inutile de le blâmer.

-Avez-vous vu cet homme?

-J'ai en effet pris sa réservation mais malheureusement par téléphone.

-Alors l'homme que le standardiste a vu n'était pas le ravisseur.

-Vous dites que cet homme voulait se débarrasser d'un cadavre ici?"

Les trois hommes hochèrent la tête.

"Je ne vois pas comment il l'aurait fait entrer sans qu'on le film. Toutes les entrées sont surveillées, y compris celle des employés. Ils ne le savent pas, mais sinon les pauses déjeuner durent trente minutes de plus.

-Je comprends, pourrions-nous tout de même avoir ces vidéos?

-Bien sûr, je m'occupe moi-même du transfert.

-Merci, si quelque chose vous revient n'hésitez pas."

Il prit la carte de visite que Frost lui tendait et se retira silencieusement dans son bureau. Les trois hommes repartirent une fois de plus sans rien avoir, numéro masqué, pas de vidéos. Toujours rien. Ce fut un coup dur pour chacun, mais ce qui inquiéta le plus Korsak, c'était de l'annoncer au Docteur Isles. Elle s'inquiétait sans cesse pour la détective depuis sa disparition, avec tant de puissance qu'il commençait à se demander s'il n'y avait pas plus que de l'amitié entre les deux femmes. Le détective avait travaillé pendant plusieurs années avec Jane et la connaissait par cœur. Il avait tout de suite vu qu'elle ressentait quelque chose de très fort pour Maura. Il n'avait rien dit, laissant les choses suivre leur cours. Aujourd'hui, ce n'était pas le plus important, il fallait retrouver Jane. Frost était lui aussi très inquiet, la disparition de sa coéquipière l'avait chamboulé plus qu'il ne voulait bien le dire. Aucun des trois hommes ne parlait, plongés dans leurs pensées. Ils réfléchissaient à comment retrouver leur sœur et amie en vie.

Lorsqu'ils entrèrent au commissariat, toutes les têtes se tournèrent vers eux, attendant une réponse. Korsak hocha la tête et affirma qu'aucun corps n'avait été trouvé. Ils pénétrèrent dans l'espace de travail où tout le monde reprit le travail. Ils s'agitaient, telles des fourmis devant un morceau de fruit. Ce fut Frost qui repéra le docteur Isles en premier. Il donna un léger coup de coude à ses collègues qui comprirent immédiatement la situation. Francki s'approcha lentement de la légiste. Elle était assise, droite, le visage légèrement incliné vers le sol. Le jeune Rizzoli s'agenouilla pour entrer dans son champ de vision. Aucune réaction de la part de la jeune femme. Il jeta un regard inquiet aux deux hommes qui attendaient derrière puis reporta son attention sur la blonde.

"Maura... Maura tu m'entends?"

Elle sembla alors sortir d'une longue transe très intense. Sa tête se redressa lentement et elle se demanda pendant quelques instants ce qu'elle faisait là. Pour répondre à la question, elle hocha faiblement la tête.

"Maura, écoute-moi. Est-ce que tu m'écoute?

-Oui-Oui... Désolée, je suis un peu fatiguée..."

Elle hésita quelques secondes et réfléchit à la raison de sa fatigue. Sa réaction fut immédiate.

"Oh mon dieu! Jane! Où est-elle? Vous l'avez trouvé?

-Calme-toi, on n'a rien trouvé à l'hôtel mais on va chercher d'accord.

-Je sais Francki, je sais.

-Tu as vraiment une sale tête, aller viens manger quelque chose.

-Je n'ai pas faim, merci.

-On ne peut pas réfléchir l'estomac vide!

-On dirait Jane, un estomac sur patte.

-On est des Rizzoli! On est né pour manger."

Il arbora un sourire fier et entraine Maura avec lui vers la cafétéria. Angela l'attendait, debout derrière le comptoir, pensive. Lorsque la scientifique entra dans la pièce, elle se redressa et chassa une larme de ses yeux. Elle devait rester forte pour Maura, et pour sa fille. Mais cette tension constante, cette inquiétude perpétuelle commençait à l'épuiser. Ses nerfs allaient lâcher. Et malgré tout cela, c'est avec une allure réconfortante qu'elle s'approcha de sa fille adoptive. Elle serra dans ses bras Francki qui lui expliqua brièvement qu'il devait retourner travailler. Il lui demanda de prendre soin de la légiste et s'en alla, essayer de retrouver sa sœur. Angela attrapa Maura par les épaules et la colla contre son cœur, prodiguant ainsi un peu de chaleur maternelle. Elles restèrent ainsi plusieurs minutes. Les longs cheveux de Maura s'emmêlaient dans les doigts de sa protectrice. La main droite d'Angela frottait lentement le dos de la blonde, et avec l'autre caressait ses cheveux. La scientifique quant à elle, avait les deux mains dans le dos de la mère de Jane, serrant le plus fort possible le corps qui la tenait. Ce fut Angela qui rompit le contact.

"Aller, je vais te faire une bonne salade de quinoa...

-Angela... Ce n'est pas la peine, je n'ai pas faim.

-Vous les jeunes, vous ne savez quand est-ce que vous avez faim! Vous passez votre temps à courir partout pour un rendez-vous... Alors que les repas, il n'y a que ça de vrai! On réfléchit mieux le ventre plein!"

Cette déclaration arracha un sourire à Maura.

"D'accord, mais si je dois vraiment manger, je peux avoir des pancakes?

-J'ai cru que jamais tu ne me le demanderais! Aller va t'asseoir."

Elle s'exécuta et attendit patiemment le festin préparé par Angela Rizzoli.

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Un nouveau point avait été ajouté à la carte du ravisseur. La position de l'hôtel Mérédith était marquée par une gommette violette. Il y avait désormais l'endroit de la disparition, l'appartement, le lieu du crime au squelette et l'hôtel Mérédith de marqués sur le plan. Les trois lieutenants fixaient les points de couleurs en essayant de trouver un endroit commun.

"Il y a quelque chose qui me dérange...

-Moi aussi, comment ça se fait qu'il nous ait donné l'endroit où trouver le corps de Jane?

-Je ne sais pas... C'est étrange...

-C'était prendre des risques pour rien, je pense qu'il avait une idée précise derrière la tête.

-Tu penses à quelque chose Francki?

-Et bien, imaginons qu'il veuille qu'on retrouve le corps de Jane, dans une chambre au nom de Maura qui plus est, juste pour nous faire souffrir d'avantage?

-C'est plausible... Mais quel est le rapport avec l'enquête?

-Ca je n'en sais rien. Mais il y a une chose qui est sure, c'est que si il n'a pas encore tué Jane, ça ne va pas durer longtemps."

Il serra les poings et crispa la mâchoire. L'impuissance qu'il éprouvait l'emplissait d'une rage intense. Ne pas pouvoir protéger sa sœur, sa chair, sa famille... Il se sentait inutile.

"Une chose est sure, il n'est pas loin de l'hôtel Mérédith."

Les deux hommes se retournèrent vers Frost.

"Ben oui, on est bien d'accord que se trimballer un cadavre, celui d'un lieutenant de la BPD...

-Tu as raison, il a dû éviter toutes les grandes routes et les postes de police.

-Attend deux secondes, ça va réduire le périmètre de recherche."

Il prit un marqueur dans son bureau et marqua d'une croix tous les endroits que le ravisseur devait éviter. L'hôtel était en centre-ville, il n'y avait pas beaucoup de petites routes qui y menaient. Seules deux correspondaient à la description. Korsak précisa la recherche.

"Il n'y avait aucun son sur la bande son du coup de téléphone du kidnappeur?"

Frost nia d'un signe de tête.

"Alors soit il est dans un endroit calme, soit il a une maison très bien isolée.

-C'est sur... Ou tu veux en venir?

-Les deux routes sont fréquentées par les Bostoniens de souche. Ils savent qu'elles permettent d'éviter les bouchons. Il y a beaucoup d'immeuble et de maison sur les bords. Mais il y a cette parcelle de route dont les habitations n'ont jamais été rénovées.

-Je ne comprends pas...

-Bon sang, les habitations datant de cette époque sont faites en pierre! Les murs font en moyenne un mètre cinquante d'épaisseur."

Il traça un cercle autour de la parcelle dont il parlait et y posa son doigt.

"C'est un coin très bien isolé et peu fréquenté à cause de la circulation!"

Les deux lieutenants comprirent.

"On envoie trois patrouilles pour nous aider à fouiller le périmètre et on file!"

Ils se mirent une fois encore en route, en espérant que cette fois-ci cela aboutirait. Le fait de ne pas savoir était en soi une chose atroce, mais l'adrénaline qui monte après avoir trouvé une piste qui se révèle inutile tue à petit feu.

Les sirènes hurlaient dans les rues, se faisant retourner les têtes et s'écarter les voitures. Les faisceaux rouges et bleus dansaient dans les virages, se reflétant dans les vitres des magasins. Ils se battaient en duels avec les lampadaires, qui dominaient l'éclairage. Ce contraste élégant était un tableau magnifique lorsqu'on ne savait pas qu'elle en était la cause. La course vers le possible lieu de détention du lieutenant Jane Rizzoli. Lorsque les policiers arrivèrent sur les lieux, Korsak les repartit dans les différents immeubles et partit de son côté, la main sur la crosse de son revolver. Il entra dans un premier immeuble abandonné accompagné d'un agent du nom de Blake. Tout était désert, comme chaque immeuble que visitaient les agents. Après plus d'une heure de recherche, seuls trois bâtiments restaient: un immeuble délabré, un manoir et une résidence de vacances. Frost partit vers le manoir avec Francki. Il s'agissait d'une grande bâtisse dont les murs étaient faits de briques rouges. La façade était prisonnière du lierre, créant ainsi une parfaite harmonie entre le vert et le rouge. Les escaliers qui menaient à la porte d'entrée étaient en pierre sculptée et incroyablement bien conservé comparé au reste de la maison. Un agent fit le tour pour passer par derrière pendant que Frost frappait à la porte. Pas de réponse. Il frappa plus fort, pour provoquer une réaction, la maison était abandonnée, de ce fait il pouvait y entrer sans mandat mais rien ne servait de démolir une porte si on pouvait l'ouvrir. Il fit un signe de tête à son nouveau coéquipier et à la fin du décompte enfonça l'épais panneau de bois. Ils avançaient lentement dans le noir. L'arme brandie, une lampe torche pour y voir clair. Le policier les rejoignit en quelques secondes, rien au rez-de-chaussée. Ils passèrent à l'étage où ils virent un lit d'appoint et quelques restes de nourriture sous vide. Quelqu'un vivait ici, ou du moins y avait passé du temps, c'était évident... Toujours en silence, ils grimpèrent à l'étage du dessus. L'escalier y était plus étroit et s'achevait pas un palier d'une hauteur d'à peine un mètre cinquante. En orientant sa lampe vers le haut, Frost découvrit une poignée fermée par un cadenas.

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J'entendais ses pas dans l'escalier. Encore un bruit que je redoutais. Il est parti chercher les faux papiers à l'endroit où je lui aie indiqué. Et maintenant il revient, cependant il ne devait rien avoir dans ce coffre. Il a surement compris ma ruse et vient pour me descendre. J'attends patiemment. Je donnerais tout pour être dans les bras de Maura. Près d'elle je suis toujours bien, elle me manque terriblement. Il se rapproche, mais ses pas sont plus lourds que d'habitude... Je crains le pire. Lorsque la trappe s'ouvre, je fixe les faisceaux lumineux, contrairement aux autres fois, il est dirigé vers le mur du fond, celui qui fait face à la trappe, je ne sais pas pourquoi. Mais avant même que j'ai le temps de comprendre, un autre faisceau apparait, puis un troisième. Ils m'ont vu. Je ne sais pas qui ils sont, et pourtant je vais vite les reconnaitre.

"Jane!"

Je lève les yeux et constate alors que la silhouette sombre court vers moi. Cette voix, c'est celle de mon frère! Je n'ai plus de force, je suis soulagée et je sais que je peux enfin arrêter de craindre la mort. Alors dans un dernière geste avant de sombrer je lui souris et lui dit: "Vous en avez mis du temps...".


Voilà, alors vous en avez pensé quoi? Petite review? ;D A la semaine prochaine, bisous et merci d'avoir lu!