Bonjour tout le monde! On est dimanche donc je publie! Tout d'abord je vous remercie pour vos reviews!
VirginieL: Je suis contente que ça t'ai plu! Le rebondissement avec James? Il est mort donc ça risque d'être compliqué, néanmoins les problèmes de nos deux héroïnes ne sont pas finis! J'espère que ce chapitre te plaira tout autant que les autres! Merci pour le commentaire!
Bon sinon, que dire mis à part que je vous poste ce chapitre avec plaisir! Dans la suite de ma fiction, il est clair qu'il y a des moments où j'ai envie de montrer ce qu'il se passe dans le lit conjugal mais je ne suis pas prête pour écrire du M donc ben... Vous verrez bien!
Je vous laisse lire et espère que vous me laisserez des reviews en grand nombre! J'essaye d'en avoir plus que sur Mille Visages, c'est pas gagné ( mais ça ne me gêne pas hein?! Je ne fais pas ça pour la gloire, juste pour le plaisir d'écrire! )
Bonne lecture!
"Tu veux qu'on en parle?"
Maura se tenait debout dans la cuisine accompagnée de Jane. Elles étaient sorties de l'hôpital le matin même et avaient décidé de passer quelques jours dans l'appartement de la détective. La journée s'était écoulée calmement, menée par le silence des deux femmes. Pendant les deux jours passés à l'hôpital, les conversations étaient variées et plaisantes, ce qui n'était pas le cas depuis le matin. Elles réalisaient, maintenant qu'elles étaient sorties, l'ampleur de ce qu'elles avaient subie.
"Parler de quoi Jane?"
La blonde fixait les yeux sombres de la détective avec un sourire forcé qui se voulait convainquant.
"Tu le sais très bien."
Elle posa le torchon avec lequel elle essuyait le comptoir et s'assit à un tabouret.
"Il n'y a rien à dire.
-Bien sûr que si! Enfin Maura, tu ne dis rien depuis qu'on est sortie, c'est tellement... Pas toi!"
La réaction de la légiste fut immédiate.
"Qu'est-ce que tu veux que je te dise Jane? Que j'ai eu peur? Que j'ai besoin de toi pour aller mieux? Ce que James nous a fait subir, personne ne devrait le supporter, seulement c'est arrivé! Par ma faute, tout un quartier a failli exploser, tu as failli y passer! Est-ce que tu imagines le nombre de personnes qui auraient pu mourir juste à cause de moi?"
La brune s'était rapprochée au fil du discours. Cherchant à limiter la distance qui la séparait de la scientifique. Elle détaillait son visage, observait ses gestes, remarquait ses tremblements. Elle ne savait pas quoi dire face aux multiples doutes et reproches que se faisaient Maura. Alors, pour toute réponse elle la prit dans ses bras, ne lui laissant aucune échappatoire. Les bras de la blonde ne vinrent pas enserrer la taille si musclée de Jane. Non, elle ne lui rendit pas cette étreinte. L'italienne sentait les soubresauts contre sa poitrine et son col s'humidifier. Les larmes de Maura coulaient, plus réelles que jamais, plus libératrices.
"Pourquoi Jane? Pourquoi je me sens si coupable, si incapable? Pourquoi je ne peux pas expliquer ce qu'il se passe en moi?"
La brune déposa un baiser dans la chevelure blonde.
"Parce que tu es humaine, parce que tu ressens des émotions qui te différencient de lui."
Elle l'entraîna vers la chambre. L'étreinte s'était transformée en baiser. Sauvage et puissant. Elles entrèrent sans prendre la peine d'allumer la lumière. La légiste poussa la brune sur le lit avec violence et défit les boutons de sa chemise. Cette dernière répondit avec la même intensité, déshabillant avec force la femme au-dessus d'elle. Elles parcoururent le corps de l'autre, n'ayant plus aucun secret. Vu et aimé tellement de fois dans cette même chambre. Ce qui se passait entre elle, ce n'était pas de l'amour en ce moment-même, c'était du sexe. Pur et simple. Mené par la peur de mourir, le soulagement d'être en vie et l'envie de consoler l'autre. Le mélange d'émotion combiné à cette rage qui vous dévore de l'intérieur, cette rage contre vous même d'avoir causé le malheur de l'autre. Voilà ce qui animait les deux femmes, laissant leur animalité prendre le dessus. Cette nuit fut violente, l'une attaquant l'autre de baisers passionnés.
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La chambre était désordonnée, plus que jamais. Les vêtements jonchaient le sol, éparpillés. Les couvertures du lit étaient défaites et enroulées grossièrement autour de la femme qui dormait à l'intérieur. Les cheveux blonds étaient emmêlés dans les plis des draps.
Jane était debout, depuis deux heures déjà. Elle ne savait pas vraiment si elle avait dormi, hantée par le souvenir de la nuit précédente. Une nuit certes très agréable mais qui lui faisait peur. Elle ne s'était pas reconnu, n'avait pas reconnu Maura. Elle craignait cette bestialité nouvelle. Et si rien n'était plus comme avant? Elle aimait Maura, c'était une certitude. Elle ne voudrait la perdre pour rien au monde, mais comment vaincre ses démons si on ne peut même pas leurs donner de nom. Qu'est-ce qui lui faisait autant de mal? Le traumatisme lié à James? Elle avait connu pire avec Hoyt. La culpabilité qui rongeait Maura? Elle pouvait y faire face sans aucun doute, toutes les deux, elles étaient imbattables. Les sentiments... Ses sentiments. Son enlèvement lui avait fait comprendre quelque chose, elle aimait Maura. À tel point que ça en devenait dangereux. Se souciant uniquement de la sécurité de la légiste, préférant mourir si cela pouvait lui sauver la vie... L'ampleur de ces émotions la frappa de plein fouet, elle aimait et craignait de ne pouvoir le gérer.
La lumière avait envahie la pièce avec une rapidité folle. Une frisson parcourut la scientifique et la réveilla. Elle ramena la totalité des couvertures à elle et ouvrit les yeux. Il lui fallut quelques secondes pour reconnaître la chambre et se souvenir de la nuit passée. Comme Jane, la blonde cherchait à comprendre ce qu'il s'était passé. Tout se mélangeait dans sa tête, elle ne pouvait mettre des mots sur ce qui la rongeait de l'intérieur. Refusant de se morfondre pendant des heures, elle se leva, prit un T-shirt qui traînait pas terre et l'enfila. Il portait l'odeur de Jane, une odeur qu'elle adorait mais qu'elle craignait en ce moment-même. Et si tout recommençait comme la veille? Leur couple pourrait-il surmonter cette épreuve? Elle le souhaitait de tout son cœur.
La légiste arriva dans le salon et repéra la brune au comptoir. Elle la vit, perdue dans ses pensées. Pour ne pas la déranger elle fit le moins de bruit possible et vint s'asseoir en face d'elle. Aucune ne parlait. La blonde fixait son amante, attendant qu'elle la voie. Ses boucles brunes étaient emmêlées par les ébats de la veille, son visage, encore bleuit par les coups. Malgré tout, Maura trouvait que la beauté irradiait de ce corps si parfait. Elle remarqua des tremblements, Jane tremblait et se mît à pleurer. Les larmes coulèrent sans qu'elle prenne la peine de les essuyer. Maura réagit aussitôt et la prit dans ses bras.
"Calme-toi Jane. Ça va aller.
-Comment tu peux en être sûre? Ce qu'on a fait hier soir c'était tellement...
-Sauvage et sensuel?"
Elle sentit un hochement de tête contre son épaule.
"Jane, le rapprochement physique et un rapport tout à fait logique après un choc émotionnel.
-Maura, dans ce lit hier... Ce n'était pas nous...
-On n'est pas obligé de se souvenir de ça si tu veux. On peut juste le mettre de côté, attendre que ça passe.
-Tu crois qu'on va s'en sortir Maur'? Est-ce que tout sera comme avant un jour?
-Regarde-moi dans les yeux Jane, s'il-te-plaît."
La concernée leva la tête et plongea son regard dans les iris émeraudes qui lui faisaient face.
"Ensemble on va s'en sortir."
Les lèvres de Maura s'étaient rapprochées et elle pouvait sentir son souffle sur son visage. Elle avait peur de ce baiser, peur que tout recommence. La blonde le lit dans ses yeux et lui chuchota avec tendresse: «Non Jane, tout ne va pas recommencer..." avant de s'emparer de ses lèvres. Ce fut un long baiser, qui n'amena que de l'amour. Les larmes des deux femmes salaient leurs lèvres et humidifiait leur visage. Elles se séparèrent, fatiguée mais aimantes. La blonde se retourna et s'apprêta à préparer le petit déjeuner mais Jane l'attrapa pas le bras avec délicatesse. Elle fit face à la brune avec un regard interrogateur.
"Maura... Je t'aime."
Cette dernière ferma les yeux et but ces paroles, s'en imprégna.
"Moi aussi Jane, moi aussi je t'aime." Et avec un sourire éclatant elles firent le petit déjeuner.
Elles mangèrent l'une en face de l'autre, profitant de la beauté de chacune. Les questions flottaient toujours au-dessus d'elles, attendant d'être posées.
"Dis Maur'...
-Mmh?
-Est-ce que... Est-ce que tu crois que ce n'est pas le moment de dire à tout le monde pour nous deux...?
-Figure-toi que je me posais la même question... De toute façon, Frost, Angela et Korsak sont plus ou moins au courant...
-Alors invitons tout le monde à dîner disons... Ce soir!
-On logera tous chez toi?
-Je ne pense pas mais on peut toujours aller chez toi non?"
Maura détourna le regard.
"Ce n'est pas grave mon ange."
Elle lui prit la main et traça des petits cercles dessus avec son pouce.
"Si c'est trop tôt on peut attendre...
-Je vais vendre la maison Jane."
La déclaration choqua la brune mais elle tâcha de ne pas le montrer.
"Je ne supporterais pas l'idée de dormir dans une chambre dans laquelle il a marché et encore moins de manger là où ils nous a menacé et où il est mort...
-Je comprends, tu peux rester ici autant de temps que tu veux. D'ailleurs je pense que... Enfin si tu es d'accord bien sûr... On pourrait acheter une maison ensemble, non?"
Un sourire radieux illumina le visage fatigué de la blonde.
"Ça me ferait énormément plaisir!"
La brune déposa un chaste baiser sur les lèvres de sa compagne. Un pas de plus vers la guérison.
"Au fait, comment va ta jambe?
-Ça va, je n'ai presque pas mal.
-Presque?
-Maur', s'teuplait! J'ai connu pire.
-Prends tes médicaments, le médecin a dit jusqu'à ce que la douleur ait entièrement disparue.
-Mais ces médicaments m'assomment!
-Et bien tu dormiras sur le canapé pendant que j'invite tout le monde...
-On va le faire ou ce repas?
-J'ai une idée... Mais il faut que la personne soit d'accord, ce n'est pas gagné...
-Je te fais confiance bébé."
Elle l'embrassa une dernière fois et alla prendre ses médicaments.
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La voiture se gara devant la résidence de Constance Isles. C'était une belle et humble demeure, dont la devanture était parée de lierre et de rosiers grimpant. Les jardins, parfaitement entretenus, arborait un vert éclatant malgré la rudesse de l'hiver. Lorsqu'elle s'engagea dans l'allée qui menait à la porte, elle ne pût s'empêcher d'admirer la finition parfaite des détails. Elle toqua trois fois à la porte, attendant que quelqu'un vienne lui ouvrir. En réalité, elle n'était jamais venue sans invitation, et même avec, cela c'était limité à la pendaison de crémaillère. La porte de bois s'ouvrit sur une femme élégamment habillée, comme toujours. Un sourire se dessina sur les lèvres de la légiste.
"Mère.
-Maura, quel plaisir de te voir. Entre."
La concernée la suivit dans le petit salon où elle lui servit du thé.
"Comment vas-tu?
-Je pense que ça va. Ces derniers jours ont été durs mais on va s'en sortir.
-On?
-Jane et moi, elle a été enlevée aussi, puis kidnappée chez moi.
-Atroce. J'espère que mademoiselle Rizzoli va s'en remettre.
-Elle est forte, bien plus que moi. Elle y arrivera."
Constance adressa un sourire à sa fille.
"Alors ma chérie, que me vaut l'honneur de ta visite?
-Je suis désolée de te demander cela de cette manière mais je ne suis pas prête à retourner chez moi et j'aimerais inviter tout le monde à un dîner ce soir. Serait-ce possible que l'événement se passe chez toi?
-Et tu ne voudrais pas... Attendre un peu, que tu te sentes de nouveau à l'aise chez toi?"
Le regard de Maura se dirigea vers le sol.
"Écoutes mère, ce n'est pas grave. Je trouverais bien une autre solution."
Elle se leva et avec un sourire triste alla en direction de la sortie.
"Attends Maura, attends. C'est d'accord. Invite tes amis ce soir, dis-moi juste combien ils sont."
Avec un sourire éclatant, la scientifique se retourna vers sa mère.
"Tu es consciente qu'ils n'appartiennent en aucun cas à notre monde?
-Je pensais l'avoir compris. Si ce sont tes amis, alors je m'adapterai.
-Merci mère. Nous serons neuf, avec toi."
Sur ces paroles elle embrassa sa mère et retourna voir Jane, seule à l'appartement.
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"Jane tu es là?"
Pas de réponse. Maura s'approcha du canapé et comprit pourquoi. La détective avait rejoint Morphée. Elle contemplait son visage si paisible et la trouva magnifique. Elle mît la couverture qui était à ses pieds sur la détective et l'embrassa sur le front.
"Mau...Maura..."
Cette dernière se retourna et vit que Jane faisait un cauchemar. Elle s'assit près d'elle et lui caressa les cheveux.
"Je suis là Jane, tout va bien."
Le poing de la brune se contracta, les jointures en devenaient blanches.
"Touche pas... Maura..."
Alors elle comprit. Son rêve l'avait ramené là-bas, à Beacon Hill avec James. Elle la secoua gentiment pour la tirer de se songe néfaste. Lentement, les paupières de Jane se relevèrent sur des prunelles sombres. Sa vue était brouillée par les larmes naissant à l'aube de ses yeux. Elle distingua le visage de la légiste et la prit dans ses bras.
"Maura, j'ai cru que...
-Je sais Jane, je sais.
-Je suis désolée, tellement désolée!
-Pourquoi Jane? Tu n'as rien fait de mal...
-J'aurais du te protéger, ne pas le laisser s'en prendre à toi.
-Tu l'as fait. Quand il m'a menacé avec son couteau tu l'as abattu Jane. Tu m'as sauvé la vie.
-Pardon, j'aurais dû...
-Tu n'aurais rien du faire de plus. Tu as été parfaite, comme toujours."
Elle sentait les larmes de sa compagne contre son épaule.
"C'est fini mon ange."
Elles restèrent ainsi près d'un quart d'heure. Profitant du réconfort que lui apportait l'autre, s'enivrant de l'odeur de chacune et profitant de cet instant de paix.
"Et si tu m'aidais à préparer le dîner?
-J'arrive. Laisse-moi juste le temps de prendre un douche s'il-te-plaît.
-Prends ton temps."
Elle l'embrassa et se dirigea vers la cuisine pour lancer les préparatifs de cette soirée.
Sous la douche, la détective repensa aux événements de ces derniers jours. L'enlèvement, l'hôpital, les cauchemars, Maura et elle. Le dîner qu'elles allaient concocter et l'annonce qui serait faire devant tous ses amis, collègues et famille. Un nœud se forma au creux de son estomac. Ce n'était pas le doute qui la mettait dans cet état, mais plutôt l'appréhension de la réaction de ses parents, de sa famille. L'excitation aussi, de pouvoir enfin se promener main dans la main avec celle qu'elle aime sans avoir peur de croiser des personnes connues. Une voix la tira de ses pensées.
"Jane tout va bien?
-Oui, pourquoi?
-Ça fait plus d'une demi-heure que tu es sous la douche...
-Oh la vache! Je vais payer une blinde pour ma facture!
-Langage Jane.
-'scuse. Je sors tout de suite."
Elle n'avait pas vu le temps passer, elle de dépêcha de sortir, essaya vainement de coiffer sa chevelure rebelle et enfila sa tenue favorite pour un jour de congé: short et t-shirt de la BPD. Elle trouva Maura en plein travail dans la cuisine.
"Hey, désolée pour la douche. J'ai pas vu le temps passer.
-Il n'y a aucuns soucis.
-Au fait je ne t'ai pas demandé, tu as trouvé un endroit où loger tout le monde.
-Oui, j'ai déjà prévenu tout le monde.
-C'est génial! C'est où?
-Chez ma mère."
La réponse étonna Jane.
"Chez ta mère?
-Oui.
-Ouah, je n'imaginais pas ta mère aussi généreuse...
-Jane... C'est ma mère, fait un effort.
-Je n'ai rien dit. Excuse-moi."
Elle déposa une baiser sur sa jour que Maura transforma bien vite en baiser.
"Ça ne fait rien, et de toute façon tu as raison. Ça ne l'a pas enchanté... Mais bon, je voulais absolument qu'elle le sache en même temps que tout le monde.
-Je comprends, c'est normal."
Elle l'embrassa une dernière fois.
"Alors, qu'est-ce que tu nous fais de bon?
-Rectification: qu'est-ce que nous allons faire de bon? Pas question que je fasse ça toute seule ma belle."
Elles se sourirent.
"Je fais du bourguignon.
-Du quoi?
-Du bœuf bourguignon. C'est du bœuf et des légumes cuit dans du vin rouge.
-Ouah, en quoi puis-je t'aider?
-Tu peux t'occuper des carottes? Le reste ça se fait sur le feu. Il va falloir que ça marine toute la journée.
-Toute la journée! On aurait ou faire des pizzas à la place non?
-Ne soit pas ridicule Jane."
La concernée lança un morceau de carotte qui atterrit en plein dans le front de la blonde.
"Hey!
-C'est qui qui est ridicule maintenant madame morceau-de-carotte-dans-les-cheveux?
-Attends, tu vas voir toi!"
Elle récupéra le morceau de légume prit dans ses cheveux et le lança dans la chevelure brune de sa compagne.
"Hey! C'est pas juste, je suis en béquilles!"
La scientifique lui tira la langue avant de lui faire un clin d'œil. Elle entendit Jane approcher derrière elle mais l'ignora. Une paire de main vint de poser sur son ventre et elle sentit des baisers chauds dans son cou. Elle se retourna et passa à son tour ses bras autour de cou de la détective. Elle l'embrassa langoureusement.
"Doit-préparer... Dîner.
-Tu es sûre?"
La blonde hocha la tête et se sépara à contrecœur de la femme qu'elle aimait. Elle entendit Jane souffler de déception et elle sourit.
"Désolée mon amour, il faut vraiment que je finisse ça, mais rien ne nous empêche de continuer ça... Disons un peu plus tard."
L'intéressée se retourna.
"Et bien docteur Isles, je ne vous savais pas si provocatrice."
Elles éclatèrent de rire, sûrement le premier vrai rire depuis toute cette histoire.
Le reste de la matinée se passa tranquillement, animée par les rires des deux femmes. Ce fut un moment de détente qu'elles avaient mérité. Elles passèrent à table, mangeant quelques pâtes qui traînaient dans le placard. Un silence s'installa, chacune retourna à ses pensées, comme si la bonne humeur ne pouvait durer éternellement.
"Maura?
-Oui?
-Tu fais des cauchemars? Je veux dire de ce qu'il s'est passé. Parce que moi tu sais que j'en fais, j'en faisais déjà pour Hoyt. Pour toi, c'est nouveau ce genre de traumatisme, non pas qu'on s'y habitue à un moment mais...
-Oui."
Une atmosphère pesante flottait à présent dans la pièce.
"Je ne dors presque plus. Le soir, je me lève et je vais m'asseoir là où il y a de la lumière, là où je sais que personne ne m'attends tapi dans le noir.
-Pourquoi tu ne me l'a pas dit?
-Je ne voulais pas t'inquiéter et puis... Tu étais déjà occupée avec tes démons.
-Peu importe avec quoi ou qui je suis occupée, si tu as un problème tu peux compter sur moi.
-Jane... Je crois que cette fois j'aurais besoin d'une aide extérieure.
-Tu veux dire... Un psy?"
Elle hocha la tête tristement.
"Alors va pour un psy! On ira toute les deux, on guérira ensemble."
La blonde posa son regard sur Jane.
"Mais tu détestes les psychologues!"
Un sourire se dessina sur les lèvres de la détective.
"Oui et alors? Si ça peut t'aider à aller mieux, alors je vais faire comme toi. Ça m'aidera aussi et comme ça je serais sûre que tu ne t'inquiéteras pas pour moi."
Maura sourit à son tour.
"Tu sais que tu es incroyable.
-Yep!"
Elle prit sa main dans la sienne.
"Mais pas autant que toi."
Elle déposa un chaste baiser sur les lèvres de la légiste.
"Si tu allais te reposer? Si tu n'as pas bien dormi cette nuit ça te ferait du bien. Je veux que tu sois en forme pour ce soir.
-Tu pourras t'occuper du bourguignon?
-Oui, ne t'en fais pas. Va te reposer. Tu ressembles à un zombie.
-Tu as vu ta tête?
-Mieux que la tienne! Allez maintenant au lit fillette!"
Avec un éclat de rire elle se dirigea vers la chambre et s'endormit aussitôt.
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La nuit était tombée depuis déjà une heure sur la ville de Boston. Il avait recommencé à neiger et les trottoirs commençaient à blanchir. Jane contemplait ce spectacle depuis la fenêtre du salon en se demandant si cela allait durer. Elle regardait les gens passer, emmitoufler dans leur manteau, les mains dans les poches à cause du froid. Le museau rosit des enfants qui accompagnaient leurs parents la fit sourire. Elle attendait que Maura finisse de prendre sa douche, elle avait passé l'après-midi à dormir et semblait nettement plus reposée.
"Je suis prête!"
La détective quitta des yeux le spectacle de la ville et posa les yeux sur sa compagne. La robe qu'elle portait était une robe très simple, rouge, moulante et arrivant au-dessus des genoux. Ses escarpins Louboutins étaient comme d'habitude parfaitement assortis à sa tenue et ses cheveux, assemblés en un parfait chignon flou.
"Ouah."
Maura sentit son visage s'empourprer.
"Tu aimes?
-Tu es splendide!
-Merci."
Elle s'approcha de la brune et l'embrassa tendrement. La robe que Jane portait était noire, sobre, avec des bretelles croisées dans le dos et des fleurs grises sur la jupe.
"Bon, il faut qu'on y aille, on va finir par être en retard!
"J'ai tout mis dans la voiture, on n'a plus qu'à y aller."
Elle lui sourit puis la suivit dans la voiture. Le chemin fut silencieux, sauf lorsqu'il fallut choisir la radio. Les deux femmes se disputaient gentiment jusqu'à ce que Jane cède finalement à son amante. Elles ne savaient absolument pas comment annoncer leur relation, et elles s'en fichaient. Cela se présenterait à un moment ou un autre, et, bien que chacune d'elle soit stressée, elle ne le montrait pas.
La première réaction de Jane face à la maison de Constance Isles fut la surprise, devant une telle demeure. Elle constata avec joie qu'aucune voiture n'était présente, en dehors de celle de madame Isles. Elle voulait avoir le temps de se familiariser, ne serait-ce qu'un petit peu, avec la maison. Pour s'y sentir maître, ou du moins ne pas s'y perdre. Elles arrivèrent devant la porte et la boule que Jane avait dans le ventre grossit un peu plus. Cette fois, aucune chance de reculer. Elle se dit: "c'est la dernière fois que tu vois Constance autrement que par une belle-mère ma vieille...". La pression était là.
Ce fut une femme très élégante qui vint leur ouvrir. Comme à son habitude, la maîtresse de maison ne perdait aucunement sa prestance.
"Bonsoir Jane. Comment allez-vous?
-Mieux, merci.
-Je vous en prie, entrez."
Elles se sourirent et avancèrent vers le salon. Maura demandait déjà si elle pouvait réchauffer son bœuf bourguignon et mettre sa forêt noire au réfrigérateur. Elle laissa donc Jane et Constance seules pendant plusieurs minutes.
"Je suis vraiment désolée d'envahir votre maison de cette manière.
-Il n'y a aucuns soucis, je comprends très bien le traumatisme que cela peut représenter pour Maura. Si elle ne peut pas retourner chez elle, ma porte sera grande ouverte.
-Ce qui est arrivée... Elle mettra sûrement du temps à s'en remettre.
-Je crois que Maura est très forte, ce n'est pas la première épreuve qu'elle va devoir surmonter.
-Je préférais vous prévenir, cette fois-ci c'est différent.
-Vraiment?"
La légiste entra à ce moment précis de la conversation.
"Vous n'avez pas ouvert?
-Ouvert?
-La porte, ça a sonné il y a quelques minutes."
Les deux femmes se regardèrent, jaugeant l'autre du regard. Jane se dirigea avec sa compagne vers la porte et alla ouvrir. Elle constata avec joie que sa mère était la première, accompagnée de Sean. Arrivèrent ensuite Frost, Francki et enfin Tommy et Korsak en même temps. Tous eurent la même réaction face à la maison dans laquelle ils étaient invités. Le repas fut joyeux, alimenté par le délicieux plat de la blonde et la bonne ambiance habituelle. Personne ne fit allusion à James, Francki raconta quelques anecdotes de son nouveau poste. Ils rirent ensemble, et de bon cœur. Même Constance sembla prendre goût à la bonne humeur générale. Lorsque le dessert arriva, les deux femmes partirent chercher le gâteau ensemble.
"Il faut leur dire Maura.
-Je sais, on pourrait leur dire maintenant qu'est-ce que tu en penses?
-Tout ce que tu veux bébé."
Elle l'embrassa et amena le gâteau, suivit de Jane.
"Et voilà la Forêt Noire!"
Korsak détailla le gâteau.
"C'est vous qui l'avait fait Doc?
-Avec l'aide de Jane oui.
-Arrête, j'ai juste fait les lamelles de chocolat.
-Et ben il a l'air vachement bon!"
Frost eut un sourire.
"Parce qu'il y a un gâteau que tu ne manges pas toi?
-Tais-toi petit et prends-en de la graine! C'est pas toi qui nous ferais un gâteau comme ça!
-Détrompe toi, j'ai gagné un concours de pâtisserie quand j'avais quatorze ans."
Francki était étonné.
"C'est vrai?
-Euh... Non. Je voulais juste faire taire papa ours!"
Ils éclatèrent de rire avant de commencer leur gâteau. Jane lança un regard complice à Maura qui prit la parole.
"Puisque tout le monde est réuni, on aurait une annonce à faire."
Le silence se fit autour de la table et Jane en profita pour continuer.
"Voilà, en fait ça fait quelques mois que Maura et moi on est ensemble et on trouvait que c'était le bon moment, après tout ça, pour l'annoncer à nos proches."
La détective sentit des doigts s'enlacer dans les siens et regarda Maura dans les yeux.
"Je t'aime mon ange.
-Je t'aime aussi."
Il y eut quelques secondes de silence, le temps que l'information soit enregistrée puis Frost, Korsak et Francki se mirent à applaudir. Ils furent rejoints par le reste des invités, même par Constance. Cette dernière applaudissait par politesse mais les deux femmes étaient trop heureuses pour s'en rendre compte. Le repas s'acheva, les invités repartirent en leur souhaitant plein de bonheur. Restait dans la maison, Jane, Maura et Constance. La brune dit au revoir à sa belle-mère et alla attendre dans la voiture que la blonde discute avec sa mère.
Lorsqu'elle retourna au salon, sa mère était debout, devant le feu mourant de la cheminée. Elle ne la regardait pas, ne souhaitant pas croiser son regard.
"Mère?
-Maura, il faut qu'on parle..."
Voilà pour ce chapitre! J'espère que ça vous a plu! N'hésitez pas à me laisser vos avis et impressions!
Bisous :D
