Salut tout le monde! Je suis de retour avec un nouveau chapitre, un peu plus tôt dans la journée qu prévu! J'avais une opportunité, alors je l'ai saisie! :D

VirginieL: Merci pour ta review! Elle m'a fait très plaisir (mais alors vraiment beaucoup ;) )! Je suis contente que mon chapitre et mes autres écrits t'ai plu! J'espère que la suite te plaira tout autant! Tes encouragements et compliments me vont droit au coeur! Vraiment merci beaucoup et bonne lecture!

Sinon, concernant mon chapitre... Alors c'est vrai que je ne l'ai pas spécifié au début de ma fiction mais je n'inclus pas Hope à cette histoire. J'avoue que je n'avais pas vraiment le courage d'inclure l'évolution de la relation entre Maura et sa mère biologique (Je sais je suis flemmarde ;p). Et pour Casey, c'est vrai que je ne le mentionne pas, si ça vous gêne vous pouvez me laisser une review et j'inclurais un petit passage le concernant! :D

Voilà, sur ce bonne lecture! :D


"Maura il faut qu'on parle."
Les mots atteignirent la blonde avec violence, appréhendant ce qui allait se passer. A cet instant, elle regrettait que Jane soit assise dans la voiture à l'attendre. Si la conversation tournait mal, elle n'aurait personne sur qui s'appuyer. Aujourd'hui, elle ferait face à sa mère seule.
"Oui, je t'écoute."
Constance se retourna et lui fit signe de s'asseoir, ce qu'elle fit.
"Je ne vais pas te mentir, je ne comprends pas ce qui te passe par la tête Maura.
-Je ne comprends pas de quoi tu parles.
-De mademoiselle Rizzoli...
-Elle a un nom, c'est Jane.
-Il est clair qu'à la suite des événements traumatisants que tu as traversés, tu as trouvé une figure de réconfort auprès de... Jane.
-Qu'est-ce que je suis censée comprendre?"
La colère montait en Maura et son visage vira au rouge.
"Enfin, il est évident que cette femme t'as entraîné dans son homosexualité en profitant de toi!"
La légiste eut un sourire.
"Alors c'est ça... Parce que je suis homosexuelle, j'ai été entraîné par quelqu'un d'autre n'est-ce-pas?
-Il est clair que dans notre éducation nous ne t'avons jamais porté vers cette voie...
-Et bien mère, je suis triste de voir à quel point tu es fermée. Je vais t'apprendre une chose, l'amour, le vrai, est au-delà des frontières du convenable et des traditions. J'ai trouvé en Jane quelque chose que jamais personne jusqu'ici n'avait réussi à me procurer, de la joie, de la stabilité, de l'amour...
-Tu es encore sous le choc des événements de cette semaine ma chérie.
-Il y a près de cinq mois que Jane et moi sommes ensemble.
-Elle n'est pas la personne qu'il te faut.
-Comment peux-tu dire ça? C'est à peine si tu lui parle, à peine si tu oses la regarder dans les yeux! As-tu peur d'elle ou est-ce juste parce qu'elle semble me rendre plus heureuse que tu n'aies jamais réussi à le faire?
-Comment...
-Il y a longtemps que tu ne gouverne plus ma vie. J'ai appris à me débrouiller seule depuis le collège.
-Alors c'est à cause de nous, nous n'avons pas été assez présent...
-S'il-te-plaît, arrête de considérer cela comme une plaie ou même une maladie. Le mariage homosexuel est légal dans le Massachusetts!
-Je le sais Maura. Et cesse de crier.
-Je crierais s'il le faut pour que tu admettes que je suis heureuse comme cela!
-Je... J'ai besoin de temps pour...
-Réfléchi bien, parce que si je devais choisir entre Jane et toi, mon choix serait difficile mais je le ferais.
-Maura..."
Elle avait un visage froid pour sa mère. Bien qu'elle ne veuille que pleurer et exprimer sa douleur, elle ne voulait pas paraître vulnérable, elle resterait forte et tiendrait tête à sa mère, pour la première fois de sa vie.
Elle se dirigea vers la sortie, allant rejoindre Jane dans la voiture.
"Une dernière chose. Sache que c'est moi qui ait entraîné Jane dans tout ça et non l'inverse."
Elle sortit sans même un regard en arrière, préparant un sourire pour celle qu'elle aimait.
"Alors? Ça c'est bien passé?"
Elle ne répondit pas et démarra la voiture pour rentrer et se mettre au calme. La détective le comprit et se contenta de poser une main de réconfort sur la cuisse de la scientifique. Elles ne dirent mot, pendant tout le voyage. Lorsque la voiture fut arrêtée, Jane sentit une larme tomber sur son poignet. Elle leva les yeux vers Maura qui la regarda à son tour.
"Pourquoi Jane? Pourquoi quand tout semble aller un peu mieux il y a quelque chose qui va de travers?"
Elle serra dans ces bras la femme qu'elle aimait.
"Je ne sais pas Maura. Mais tant qu'on sera ensemble, on surmontera tout ça. Je te le promet, parce que je serais toujours là pour toi."
Elle sécha ses larmes et sortit de la voiture avec Jane. D'une main, la brune tenait sa béquille et dans l'autre elle serrait les doigts froids de sa compagne. Elles montèrent ensemble les escaliers et arrivèrent dans la chambre ou elles se déshabillèrent et se mirent au lit. La blonde posa sa tête sur l'épaule musclée de l'italienne et s'endormit, entourée des bras protecteurs de la femme qu'elle aimait.

Le temps était gris. Il neigeait depuis des heures déjà et les trottoirs étaient recouverts d'une nappe blanche. Il était encore tôt, les passants n'avaient pas encore sali ce manteau immaculé, et pourtant, ce dimanche matin, Jane et Maura étaient toutes les deux réveillées. N'osant bouger de peur de sortir l'autre des bras de Morphée, elles restaient dans le lit, laissant leurs pensées divaguer. La longue chevelure blonde se mêlait aux boucles brunes de la détective. La tête posée sur son épaule, la légiste se laissait bercer par la douce respiration de sa compagne. Trois fois dans la nuit elle s'était réveillée. Jane l'avait prise dans ses bras, avait allumé la lumière et était resté éveillée jusqu'à ce qu'elle se rendorme. Les cauchemars l'avaient laissé tranquille cette nuit. Elle tourna la tête pour regarder l'heure: sept heure trente. Elle poussa un soupir et ferma les yeux. Une petite voix lui demanda si elle dormait.
"Non, désolée de t'avoir réveillée mon ange.
-Je suis réveillée depuis plus d'une heure, ne t'en fais pas.
-Comment ça a été cette nuit?
-Mieux, grâce à toi. Merci."
Pour toute réponse, l'italienne déposa un baiser sur le front et se leva.
"Qu'est-ce que tu dirais d'un petit déjeuner au lit?
-Que du bien!
-Alors attends-moi ici, j'en ai pour dix minutes.
-Jane attends!"
Elle se retourna et vit la main que lui tendait Maura. Elle la saisit et se retrouva attirée vers la blonde qui lui donna un long et tendre baiser.
"Maintenant tu peux y aller."
Avec un sourire aux lèvres, elle répartit vers la cuisine ou elle fit un petit déjeuner digne des rois, en dix minutes. Bacon, œuf, thé, café, jus de fruit et pain perdu. De quoi satisfaire toutes les envies d'une femme. Elle retourna dans la chambre et trouva Maura perdue dans la contemplation d'un tableau sur son ordinateur.
"Qu'est-ce que tu regardes?
-Un tableau qui s'appelle Œdipe et le Sphinx d'Ingres.
-Oh, je connais. Il est au musée du Louvre.
-Vraiment?"
Elle prit un air faussement vexé.
"Ça a toujours l'air de te surprendre.
-Disons que l'art ne fait pas partie de tes passions.
-J'aime beaucoup le mythe d'Œdipe.
-L'homme le plus chanceux de la Terre. Les pieds percés, destiné dès la naissance à commettre les pires crimes... Pas de doutes, c'est vraiment joyeux.
-Mais, c'est de l'ironie?
-Ça a toujours l'air de te surprendre."
Elles éclatèrent de rire toutes les deux et Jane en profita pour poser le plateau sur les genoux de son amante.
"Et voilà pour toi mon ange.
-Jane, c'est magnifique. Comment tu as fait ça en dix minutes?
-Le secret? J'avais juste envie de retourner auprès de toi..."
Elles se sourirent.
"Tu sais que c'est la pire phrase bateau que je n'ai jamais dites de ma vie?
-Je ne la trouve pas du tout bateau, je la trouve mignonne."
Jane se glissa sous la couette et mangea avec Maura ce qu'elle avait préparé. Bien qu'elle paraisse heureuse, elle savait que la conversation avec Constance c'était mal passée.
"Maura...
-Après ma douche s'il-te-plaît."
Elle la regarda avec un air interrogateur.
"Je te dirais ce qu'il s'est passé hier soir après ma douche.
-On a tout notre temps."
Elles mangèrent quelques minutes en silence.
"Pourquoi tu aimes le mythe d'Œdipe?
-Question piège?
-Absolument pas.
-Il commence sa vie en étant déjà condamné, et peu importe ce que disent les mythes, pour moi c'est un héros. Il commet toutes les erreurs possibles en essayant de fuir son destin et pourtant, il continue même en sachant que son destin est tracé. Il est crédule et orgueilleux mais il reste digne. J'aime beaucoup ce personnage.
-Je vois.
-Je m'identifie à lui je suppose. Je fonce tête baissée dans les catastrophes et les merdes de la vie."
Elle haussa les épaules.
"Je suis comme ça.
-Et tu es parfaite telle que tu es.
-Pas autant que toi."
Encore une fois, leurs lèvres se scellèrent.
"Je t'aime Maura.
-Je t'aime aussi Jane."
Elle alla dans la salle de bain et commença à se préparer pendant que Jane rangeait la cuisine. Son plâtre la handicapait et elle ne supportait plus d'avoir la jambe lourde. Elle alluma la télévision et regarda une rediffusion d'un match des Red Sox. Comme à son habitude, elle hurla seule dans son salon pour changer l'issue du match.
"Je t'ai déjà dit que ça ne servait à rien de crier de cette façon."
Elle se retourna et vit Maura en sous-vêtements, les cheveux encore mouillés. Elle la trouva magnifique, ses courbes parfaitement dessinées et sa chevelure foncée par l'eau.
"Je... Je sais."
Elle se força à regarder le match. Une conversation sérieuse les attendait, elle ne pouvait pas se laisser déconcentrer. Mais Maura n'était pas de cet avis. Elle s'approcha derrière la détective qui sentit sa chevelure goutter sur ses épaules. Elle déposa un premier baiser papillon entre les omoplates de la brune qui eut un frisson de désir, cependant elle la laissa continuer. Les mains de la légiste caressèrent les avant-bras de la femme qu'elle aimait puis s'aventura sur son ventre tout en continuant à embrasser le dos et le cou de Jane. Elle passa devant Jane et sans cesser de l'embrasser, passa ses mains dans son dos. Elle caressa chaque parcelle de cette peau qu'elle aimait tant et reçut bientôt la réponse de Jane. Cette dernière embrassa le cou puis les épaules de son amante. Elle promena ses mains le long des hanches si bien taillées de la blonde dont les prunelles avaient virées au noir. Aucune d'elle ne voulait arrêter, alors elles s'embrassèrent et redécouvrirent le corps de l'autre. Lentement, elles ôtèrent leur vêtement, ne voulant rien brusquer. Comme si c'était la première fois. Elles ne voulaient pas que ça ressemble à la dernière fois. Cette fois-là, elles firent l'amour, avec tendresse et passion. Sans jamais se quitter des yeux, l'une veillant sur l'autre, s'assurant sur tout était réel. Elles se dirigèrent vers la chambre, lentement, au rythme de Jane et dansèrent ensemble. Elles s'unirent, se montrèrent cet amour que les mots seuls ne peuvent exprimer. Pour la première fois depuis deux semaines, elles se sentirent en sécurité et heureuse.

Allongée dans le lit, Jane caressait les cheveux de Maura. Elle souriait, prenant du plaisir à être heureuse. La blonde elle, ne souriait pas. Elle réfléchissait aux mots qui allaient sortir de sa bouche lorsque la détective lui poserait la question fatidique. Elle ne la brusquerait pas, bien consciente que la scientifique était tendue, elle voulait la laisser parler.
"Tu veux savoir de quoi mère et moi avons parlé hier soir?
-Si tu ne veux pas en parler rien ne t'y obliges.
-Si, par respect pour toi Jane je vais te le dire.
-Alors je t'écoute.
-Ma mère n'approuve pas cette relation et t'accuse d'être l'instigatrice de mon homosexualité. Je t'ai défendu et lui ait fait comprendre que si jamais elle m'obligeait à faire un choix, ce serait toi qui l'emporterais.
-Maur'...
-Je veux que tu sache que peu importe ce que disent les gens, c'est toi que j'aime. Ça ne changera jamais, même si ma mère se met entre nous deux.
-Je ne veux pas que tu te dispute avec ta mère à cause de moi...
-Jane, elle a été une mère aimante mais absente. Je n'ai jamais eu besoin de son accord pour quoique ce soit. Ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer."
Elle lui sourit pour la rassurer.
"Promet moi juste une chose Jane... S'il-te-plaît.
-Tout ce que tu veux.
-Ne me fais pas souffrir. Je crois que je ne m'en remettrais pas si ça venait de toi..."
Maura se remémora ses aventures désastreuses: Ian, Dennis ou même Garrett...
"Je te promets Maura Isles, que jamais je n'essaierais de te tuer, me servirais de toi pour du trafic de médicaments ou même pour couvrir mes arrières si je commets un meurtre...
-Sérieusement.
-Je te jure, que si quelqu'un te fais du mal, je me charge de lui personnellement... Même si ce quelqu'un c'est moi.
-Merci."
Elle l'embrassa et se remit dans ses bras. Elles restèrent ainsi pendant plus d'une heure, discutant, de tout et de rien.
"Il faut que j'aille me chercher des vêtements chez moi.
-Ça va aller?
-Non, mais je suis bien obligée.
-Je vais venir avec toi. J'ai un compte à régler avec ta maison.
-Jane... Je n'y suis pas retournée depuis que ça s'est passé.
-Alors il ne faut pas que tu y ailles seule, surtout pas."
L'air sérieux sur son visage fit peur à Maura.
"Pourquoi?"
La détective réfléchissait. Devait-elle le dire maintenant ou le laisser découvrir par la scientifique? Elle pesait le pour et le contre lorsque Maura reposa la question.
"Pourquoi Jane?
-C'est ta chambre. Il l'a... Comment dire. Disons qu'il a gravé des choses sur les murs, écrit des mots..."
Elle mît la main sur sa bouche pour réprimer un cri de stupeur.
"Tu n'es pas obliger d'y aller. Si tu veux je peux prendre des vêtements à toi et te les ramener."
Au fond d'elle, elle voulait rester en sécurité dans l'appartement de Jane mais sa conscience la poussait à vaincre sa peur, à avancer.
"Je dois y aller. J'en ai besoin si je veux avancer."
Elle hocha la tête et s'habilla en même temps que sa compagne.

La maison était telle que les scientifiques l'avaient laissé en quittant les lieux du crime. Le ruban jaune pendait à la porte d'entrée après avoir été découpé par Jane quelques jours plus tôt.
"Tu es revenu depuis ta sortie de l'hôpital?
-C'est la première chose que j'ai faite.
-Pourquoi?
-L'habitude sûrement."
Devant le regard interrogateur de Maura elle développa.
"Quand on est flic et qu'on se fait avoir, le principal moyen pour passer outre c'est d'y retourner et de constater que rien n'aurait été différent si j'avais agi autrement...
-Tu te sens responsable Jane?
-Évidemment. Je n'ai pas pu te protéger. Non seulement j'ai failli à mon rôle de flic mais aussi de compagne. Je suis censée être là pour toi tout le temps.
-Mais tu es là."
Elle enlaçât ses doigts dans ceux de la brune et entra chez elle. Le noir l'engloutit aussitôt, provoqué par les volets fermés pour le Luminol. Des images de son pire cauchemar lui revinrent et se matérialisèrent devant elle. Sa lutte dans la cuisine, les coups qui pleuvaient, le couteau sur sa gorge, le combat entre Jane et James. La brune sentit la prise de Maura se resserrer dans sa main. Elle lui rendit sa pression, pour qu'elle n'oublie pas qu'elle n'était pas seule. Elles passèrent à côté de l'endroit où gisait il y a quelques jours le corps de James Petter et s'engagèrent dans le couloir. Rien n'avait bougé et cela ne fit qu'augmenter l'angoisse de Maura. "Le calme avant la tempête" se dit-elle. Arrivées devant la porte, elles se stoppèrent.
"Tu es sûre que tu veux entrer? On n'est pas...
-Oui.
-Alors on y va."
Elle tourna le bouton de porte et poussa lentement le panneau de bois. Elle alluma la lumière et découvrit le massacre de la chambre. Sur tous les murs étaient gravés et écrit des phrases. "À moi!", "Trainée", "Tu vas crever", "Trophée", "Ma possession" ou encore "Ma chose". Les yeux de Maura décryptèrent petit à petit les messages que lui avait laissés James avant de mourir. Elle ne parvint qu'à chuchoter: "Oh mon dieu..."
Elle avait envie de vomir, de crier et de pleurer. Elle voulait courir loin de cette demeure qu'elle savait qu'elle ne pourrait plus habiter. Au lieu de ça, elle lâcha la main de Jane, avança et remplit son sac de vêtements et chaussures jusqu'à ce qu'il soit plein. Elle ne prit pas la peine de les laisser plier, ni de choisir quelle tenue serait la plus adaptée. Elle fourra tout ce qu'elle pût et se releva. Avant de sortir, elle jeta un dernier regard vers le lit. Il était éventré, les ressorts mis à nus et la couette crachant les plumes qui la composaient. Elle songea à toutes les belles nuits qu'elle y avait passé, avec Jane. Une larme échappa à son contrôle et coula le long de sa joue. La détective reprit sa main et l'entraîna loin de ce lieu maudit.
Dehors, l'air frais agressa les poumons des deux femmes. Maura inspirait de grande bouffée, comme pour se purifier les bronches après ce qu'elle venait de voir. Elle fit monter Jane dans la voiture et démarra.
"Quittons cette maison des horreurs!"
La brune posa sa main sur la cuisse de sa compagne qui démarra, laissant derrière elle ses cauchemars.

Le réveil sonna tôt ce lundi matin. Les deux femmes reprenaient le travail, bien que Jane soit condamnée à rester au bureau le temps que sa jambe et ses cotes soient guéries. Elles se levèrent à contrecœur et se préparèrent pour leur reprise. Sous la douche, la blonde regarda les bleus qui demeuraient sur ses bras et ses jambes.
"Il m'a marqué, j'ai sa signature jusque sur mon corps."
Elle sortit de la douche le plus rapidement possible et cacha ses blessures, comme pour oublier leur existence.

Lorsque Maura se gara devant le commissariat, elle sentit un nouveau souffle de vie la traverser. Son travail était ce qui lui procurait le plus de stabilité avec sa relation avec Jane. Elle ne pouvait s'en passer très longtemps. Elle tourna la tête vers sa compagne qui la regardait avec un sourire radieux.
"Tu es sûre que tu veux y retourner maintenant? Il te reste encore quelques jours de...
-Oui mon ange, j'en suis sûre.
-Alors il va falloir y aller.
-Tu es prête? Ils vont tous être au courant pour nous deux...
-Et alors? Tant mieux non? On n'aura plus à se cacher comme ça.
-Tu as raison."
Elles s'embrassèrent une dernière fois avant de descendre de la voiture. La détective prit ses béquilles et suivit la légiste jusqu'à l'intérieur. Dès qu'elles furent entrées dans le bâtiment, un salve d'applaudissement retentit. Maura et Jane tentaient toutes les deux de dissimuler leur gêne et se séparèrent afin que chacune récupère son poste. La brune se dirigea automatiquement vers le bureau de son patron après avoir serré les quelques mains qui s'étaient présentées à elle.
Elle toqua à la porte.
"Entrez!"
Elle poussa la porte lentement et avança vers le bureau.
"Oh, Rizzoli, asseyez-vous.
-Bonjour chef.
-Vous êtes sûre de vouloir réintégrer l'équipe maintenant?"
Elle sourit.
"J'ai l'impression d'avoir déjà entendu ça.
-Pardon?
-Non rien, oui je suis sûre.
-Bon..."
Il réfléchit quelques instants avant de terminer sa phrase.
"Écoutez, je pense qu'il serait préférable que vous consultiez le psychologue de service au sujet de votre traumatisme.
-Je suis d'accord monsieur. J'irai."
Il ne répondit rien et semblait surprit de cette réponse.
"On dirait que vous avez vu un fantôme monsieur.
-C'est juste que je ne m'attendais pas à une telle réponse. Après Hoyt vous avez refusé de consulter avec beaucoup de conviction et...
-Une personne a su me convaincre monsieur."
Il sourit légèrement.
"Je vois que le docteur Isles a une bonne influence sur vous!
-Je pense en effet que c'est le cas."
Ils se sourirent mutuellement, conscient qu'à cet instant ce n'était plus au chef qu'elle parlait mais bien à l'homme qui avait conquis le cœur de sa mère.
"Au travail Rizzoli! Vous avez un tas de paperasse sur votre bureau!"
Elle se releva et s'apprêta à sortir.
"Inutile de vous rappeler que vous restez dans l'enceinte du commissariat n'est-ce pas? Je ne veux en aucun cas vous voir sur le terrain pour le moment!
-C'est compris monsieur."
Et sur ces mots elle sortit et regagna son bureau, enfin ce qu'on en voyait. La paperasse accumulée pendant plus de deux semaines s'étalaient sur le plan de travail. Un ours en peluche avec une jambe dans le plâtre l'attendait, assis contre l'ordinateur.
"Francki" pensa-t-elle. Elle s'assit lourdement, anticipant la charge de travail qui l'attendait. Frost et Korsak n'étaient pas là, sûrement une affaire. En attendant elle se mît à lire ses mails. Le dernier en date avait à peine quelques minutes et il venait de Cavanaugh. Elle venait pourtant de quitter son bureau.
"Rendez-vous chez le docteur Zuckler ce soir à 17h00"
Elle sourit et envoya un message à Maura.

La scientifique rangeait son bureau qu'elle avait délaissé pendant quelques jours lorsque son téléphone vivra. C'était un message de Jane lui annonçant l'heure de son premier rendez-vous chez le psy. Elle était heureuse que sa compagne la suive dans sa thérapie, c'était une chose que la brune détestait: s'ouvrir à quelqu'un, se montrer faible et admettre que l'on ne peut pas s'en sortir seule. Elle lui répondit que le sien était le lendemain à la même heure. Elle contempla son espace de travail. Quelques ballons avaient été accrochés par les techniciens du laboratoire et des cartes étaient posées sur la table basse. Elle savait pourquoi. Dans leur profession, les scientifiques occupent la place secondaire dans l'enquête. Du moins pour un œil extérieur. Ce sont les policiers qui prennent les risques et qui arrêtent les méchants. Pourtant, sans tous ces techniciens, il n'y aurait pas de preuves et donc pas d'arrestation. Maura avait montré que les scientifiques n'étaient pas tous tapis dans leur laboratoire. Ce n'était pas la première fois, avec Dennis déjà, son succès auprès de ses collègues avait augmenté sans qu'elle n'en comprenne la raison. Elle pensa à cela puis commença à se poser des questions. Et si une autre personne comme James était parmi eux? Comment pourrais-je être sûre d'être en sécurité auprès de mes collègues? Un tout dément la fit sursauter.
"Oh, excusez-moi docteur Isles!
-Non, je suis un peu nerveuse. Entre Suzie.
-Je suis venue vous souhaiter un bon retour parmi nous!"
Elle lui rendit son sourire.
"C'est très gentil, merci.
-Comment allez-vous?
-Mieux depuis que je suis au travail.
-C'est une bonne nouvelle. J'avais peur que vous vous méfiiez de nous après monsieur Petter...
-Je crois que si je commence à me méfier de mon entourage je n'en sortirais jamais."
La technicienne sembla ravie de se voir incluse dans "l'entourage" du docteur Isles.
"Bon et bien, je vous laisse. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez-moi!
-Merci beaucoup."
Elle quitta la pièce et laissa à nouveau la scientifique seule.
"Oui, si je me méfie de mon entourage, je n'en sortirais pas. Et pourtant je ne peux pas m'en empêcher..."
Elle s'assit à son bureau et se perdit dans ses pensées. Elle craignait d'être prise dans ce terrible engrenage qu'est le doute. Même mort, James continuait de la faire souffrir, laissant son mental meurtri et faible...


Voilà pour ce chapitre, j'espère que ça vous a plu :3 En tout cas n'hésitez pas à me laisser une petite review pour me dire ce que vous en pensez! Bisous :D