Bonjour tout le monde! On est dimanche, et vous savez ce que ça veut dire? Un nouveau chapitre! Je vais d'abord répondre aux guests:

LA LAC: Merci pour cette intervention très instructive!

VirginieL: Aaah Virginie! J'attends toujours ta review avec impatience! Je suis accro à tes reviews! :D Ce que Maura lui dit? Tu le sauras dans ce chapitre, j'espère que ça te plaira! Je te remercie pour le compliment, ça me touche beaucoup! Bisous et à la semaine prochaine!

Merci à tous pour vos reviews, elles m'ont vraiment fait plaisir!

Petite précision que j'ai oublié de donner la semaine dernière: j'écris des rendez-vous chez le psy sans jamais y être aller donc si jamais il y a des incohérence ou que ça ne correspond pas à un rendez-vous de ce type je vous laisse le soin de me reprendre :D

En tout cas bonne lecture! :D


Leurs souffles se mêlaient tant elles étaient proche l'une de l'autre. Elles se regardaient dans les yeux, voulant être sures que tout cela n'était pas un rêve. Le front de Maura était appuyé sur celui de Jane. Un souffle parvint jusqu'aux oreilles de la détective mais elle craignait de ne pas avoir compris. Légèrement plus fort mais toujours en chuchotant la blonde répéta.
"Épouse moi s'il-te-plaît."
Cette fois, elle était sûre d'avoir compris. La légiste allait répéter une troisième fois sa demande mais Jane la fit taire en l'embrassant. Elle passa sa main dans la chevelure blonde de son amante et la fit avancer lentement vers la chambre. Elle ne sentait plus la douleur de sa jambe, ni même ses cotes. Tout ce qu'elle sentait c'était l'amour et le désir qui montait en elle. Lentement, elles se déshabillèrent. Maura enleva le T-shirt de la détective, passant ses mains sur ses hanches, s'abreuvant des frissons qui naissaient sur sa peau. Ses mains passèrent dans le dos puis sur les fesses de la brune. Le baiser ne s'interrompait pas. Chacune faisait confiance à l'autre, s'aimait sans parler, agissait parce qu'elle connaissait l'autre par cœur. Les doigts experts de Jane défirent la fermeture de la robe bleue que portait la scientifique. Elle la laissa tomber au sol et caressa les douces épaules de la blonde. Elle sentit une paire de mains s'attaquer à son pantalon et le baiser s'interrompre. Maura s'était agenouillée. Les deux femmes désormais en sous-vêtements se regardaient. La blonde embrassa les cuisses de sa compagne et posa un dernier baiser sur sa jambe blessée avant de se relever. Elle reprit le baiser langoureux qu'elle avait interrompu quelques secondes plus tôt. Ensemble, elles s'allongèrent sur le lit. Maura regardait la femme, désormais en dessous d'elle, sourire.
"Qu'est-ce qui te fait sourire?
-Je te trouve incroyablement belle."
Elle l'embrassa de nouveau et Jane sentit un sourire se dessiner contre ses lèvres. Elles se défirent des derniers vêtements qui les habillaient et partirent dans une danse majestueuse et magnifique. Elle s'embrassait, cherchant ce contact si précieux, ce contact qui valait plus que tous les mots du monde. Elles s'abandonnaient, l'une à l'autre, laissant au destin le pouvoir de les rendre heureuse. Ensemble elles rejoignirent le septième ciel, ayant pour seul témoin les étoiles et la nuit. En ce moment, il n'y avait aucune place pour la peur, aucune place pour l'angoisse, la colère ou l'appréhension. Il ne leur restait que le désir et la passion. Elles s'endormirent enlacées, enveloppées dans une bulle de bonheur qui semblait invincible en cette heure.

"Épouse-moi s'il-te-plaît."
Les mots tournaient en boucle dans la tête de la détective. Cette nuit avait été magique, l'une des plus belles qu'elle avait passé avec Maura. La sérénité qu'elle éprouvait en était la preuve parfaite. Seulement, la demande de la blonde la chamboulait. Pour une femme mariée à son travail, le mariage représente un engagement difficile. Rentrer tôt pour dîner avec sa femme, être là pour elle. C'était un jeu auquel Jane Rizzoli n'était pas douée. Elles n'étaient pas ensemble depuis un an encore, et déjà, Maura voulait se marier. Elle ne refuserait pas cette proposition, elle en était incapable. L'idée d'être officiellement liée à cette femme la rendait folle de joie. Elle avait vu le mariage de ses parents se solder par un échec, les multiples noces de Korsak anéanties. Certes elle avait confiance en leur couple, mais parviendrait-il à survivre au travail de flic? Être marié à un policier n'est pas facile. Il faut savoir vivre avec ce doute, "va-t-elle rentrer ce soir?", "Aura-t-elle un œil au beurre noir?", "amènera-t-elle les criminels et leurs désirs de vengeance à la maison?"... Tout se bousculait dans sa tête, si bien qu'elle ne trouvait pas le sommeil. Elle tenait toujours dans ses bras sa future femme, endormie. Imperturbable. Innocente. Attendrissante. Magnifique.
Elle resta plusieurs secondes à regarder cette femme qui lui avait tant de fois tournée la tête. Elle se remémora leur premier baiser.

Flash-back:

"Arrêtes ça tout de suite Jane!"
Dans le salon de Maura, les cris allaient de plus en plus fort. Comme c'était fréquent en ce moment, une énième dispute secouait le duo inséparable.
"Que j'arrête quoi? C'est toi joue les pauvres malheureuses avec tes histoires de cœur! Je suis toujours là pour toi! Et quand moi j'ai besoin de te parler de mes histoires tu te mets à te lamenter! Tu es égoïste!"
Le rouge monta aux joues de la brune. Elle ne pensait pas ce qu'elle disait, c'était un moyen de faire monter la rage en Maura.
"Quoi! Parce que tu crois peut-être que je ne t'écoute pas? Parce que tu crois que tu n'es pas la seule à souffrir quand tu sors avec quelqu'un?"
Elle réalisa le sens de ses paroles. Elle avait retranscrit ses pensées, exactement ce qu'elle ne voulait pas faire. La voix de la détective se radoucit instantanément.
"Qu'est-ce que tu as dit?"
La chaleur monta et les joues de la blonde s'empourprèrent à leur tour.
"Rien. Rien du tout.
-Tu ne sais pas mentir."
Elle souffla et se calma.
"J'ai dit que tu n'étais pas la seule à souffrir quand tu...
-Quand je...?
-Quand tu sortais avec quelqu'un."
Maura voulait s'enfuir, le plus loin possible. Elle venait d'avouer l'inavouable. Les sentiments qui la harcelaient depuis des mois, qu'elle ne pouvait formuler de peur de perdre son amie. Elle ferma les yeux et laissa échapper une larme. Elle retint les autres avec le peu de volonté qu'il lui restait. Elle était en colère contre elle-même mais aussi contre Jane, qui l'avait poussé à bout et obligé à révéler ce qu'elle cachait. Elle lui en voulait pour son manque de réaction. L'italienne était stoïque et silencieuse. Elle regardait droit devant elle sans raison, elle ne regardait même pas Maura. Elle aurait voulu dire quelque chose, mais les mots restaient coincés en travers de sa gorge. Alors, timidement elle s'approcha de la blonde. Elle saisit son visage entre ses mains et posa ses lèvres sur les siennes. Il n'y eu pas plus de contact, ce n'était pas nécessaire, le principal était dit. Elle regarda quelques secondes les yeux de Maura. Elle s'enivrait de ce vert émeraude dansant devant elle. Ses yeux se fermèrent quelques secondes, empêchant les larmes de couler face à ce geste impulsif. Elle craignait que Maura se détourne suite à cet aveu brutal mais elle n'en fit rien. Elle continua de regarder la brune, se demandant si tout cela n'était qu'un rêve.
"Jane.
-Je suis désolée.
-Pourquoi?
-Je ne sais pas ce qui m'a pris, j'avais cru comprendre que... Ça n'a plus d'importance. Je vais rentrer chez moi."
Elle se retourna vers la porte d'entrée et avança. Elle espérait vraiment que Maura la retiendrait, qu'elle ne laisserait pas détruire cette amitié ou même cette déclaration. Mais elle n'entendit aucun bruit de talons la suivre, elle n'entendit même pas la voix de la blonde. Cette dernière était pétrifiée. Les sentiments qu'elle cachait depuis des mois venaient d'être mis à jour et en un geste de quelques secondes, la détective lui avait prouvé qu'ils étaient réciproques. Elle aurait dû lui sauter dans les bras, l'embrasser, la retenir mais ses jambes ne bougeait pas. Enfermée dans sa torpeur elle ne fit rien. Ce ne fut que lorsque Jane fut sur le pas de la porte et qu'elle prononça ces derniers mots qu'elle en sortit.
"Alors je suppose que cette belle amitié est finie hein? Je suis désolée d'avoir tout foutu en l'air Maur'."
La porte se ferma sur ces mots et sembla emporter avec elle toute solution possible. Les jambes de la légiste tremblaient tant elle se sentait bête et nulle. Elle avait laissé passer sa chance d'avouer entièrement ses sentiments à la détective. Elle s'assit par terre, à même le sol. Elle n'avait plus rien du médecin légiste en chef du Massachusetts, c'était une poupée brisée qui restait sur le sol avant d'être jetée. Les larmes ne parvenaient pas à couler tant elle se sentait vide. Elle devait faire quelque chose. Le téléphone sonna, elle ne décrocha pas. La machine s'occupa de cela pour elle.
"Docteur Isles c'est le lieutenant Frost. Je n'arrive pas à joindre Jane, si vous savez où elle est vous pourrez lui dire qu'elle peut rester chez elle demain pour son jour de congé? Le criminel a été attrapé! Bonne soirée et merci!"
Elle releva la tête en écoutant le message, "si vous savez où elle est". Chez elle, à son appartement. "Mais comme moi elle ne répond pas parce qu'elle doit s'en vouloir alors que tout est de ma faute." Pensa-t-elle. Maura se leva avec peine, ses jambes encore faibles étaient engourdies et flageolantes. Néanmoins, elle prit les clés de la voiture et roula pour aller chez Jane. Elle n'avait pas appelé, de peur que la brune ne s'enfuir ou même refuse de lui ouvrir. Elle avait besoin de lui parler, de lui expliquer quels étaient ses sentiments. Alors elle roula, suivant la circulation, le flot des voitures ininterrompu. Les lumières de la ville qui défilait au-dessus d'elle la rendaient nostalgique. Nostalgique du temps où tout était facile, ou les sentiments qu'elle éprouvait pour Jane n'étaient qu'amitié et affection. Mais l'amour l'avait transformé, rendue heureuse jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'il ne serait jamais qu'à sens unique. Elle devait saisir sa chance, pour elle, pour son bonheur et celui de Jane.
Elle arriva devant l'appartement de la détective. Pendant plusieurs minutes, elle resta devant le panneau de bois, la main prête à frapper. Cependant elle ne fit rien. Encore une fois elle avait peur. De quoi? Elle n'en était pas sûre. Il lui fallut beaucoup de courage pour toquer. Elle entendit le loquet s'ouvrir et vit de découper dans le cadre de lumière une silhouette qu'elle connaissait par cœur pour en avoir rêvé la nuit.
"Maura?
-Jane, écoutes...
-Si tu es là pour me dire qu'on peut rester amie, ça ne sert à rien. Je ne peux plus être ton amie maintenant, je suis désolée."
Elle allait fermer la porte lorsque le bras de la légiste l'en empêcha. Elle ouvrit un peu plus la porte et se jeta dans les bras de Jane. Elle l'enlaça avec tendresse avant de plonger son regard dans le sien. Elle demandait une autorisation que la brune lui donna immédiatement. Lentement, elle rapprocha ses lèvres de celles de la détective. Elle eut le temps de sentir son souffle chaud caresser sa peau. Lorsque leurs lèvres se touchèrent, bien que ce ne soit pas la première fois, cela fut une découverte. C'était un baiser, voulu par les deux femmes, exprimant un amour sur lequel les mots n'avaient pas encore été mis.
"Bon sang Maura...
-Je t'aime.
-Je t'aime aussi."

Fin du Flash-back

Tout avait commencé par ces disputes. Ces disputes fréquentes car chacune sentait que l'autre lui cachait quelque chose. Des sentiments inavoués si puissants qu'ils détruisaient petit à petit le duo. Mais l'émotion avait remporté le combat et libéré les deux femmes. Aujourd'hui elles allaient emménager ensemble et se marier. Tout était rapide, peut-être trop. Mais ça avait été si logique que Jane n'en était pas surprise. Du moins plus maintenant. Cependant elle craignait que tout ne parte en vrille. Que tout ne disparaisse et que ce bonheur dans lequel elle s'était laissée bercée ne s'envole. Mais quand son regard se posait sur la blonde endormie dans ses bras, les doutes n'étaient que souvenir car elle savait, au fond d'elle, que l'amour serait le plus fort. Une petite voix la tira de ses pensées. Des gémissements si faibles qu'elle eut du mal à en comprendre le sens.
"Non... Pas elle... Moi..."
Dans ses bras, la détective sentit le corps de Maura s'agiter et comprit qu'elle revivait une fois de plus cette nuit-là. Elle resserra son étreinte et embrassa le front brûlant de sa fiancée.
"Chut mon ange, c'est bon. On est chez nous, toutes les deux."
Les tremblements s'arrêtèrent pour laisser place au corps endormi de la légiste. Jane se relâcha un peu et souffla avec soulagement. Elle ferma les yeux et replongea dans le sommeil que lui avait volé ses doutes...

La neige commençait à fondre sur les balcons. Des panneaux prévenants la chute de glace étaient posés sur les trottoirs. Les températures remontaient, doucement, comme un enfant qui hésite à sortir de son lit un dimanche matin. La circulation était dense à cette heure, les Bostoniens se rendaient à leur travail, accompagnaient les enfants à l'école ou passaient chercher des amis pour un week-end prolongé. Les bouchons étaient terribles, et malgré le soleil éclatant qui rayonnait, Jane Rizzoli jurait sur le siège passager.
"Jane, tu ne vas pas faire avancer les voitures en les insultants.
-Je sais, mais ça me détend!"
Elle avait répondu un peu plus brutalement qu'elle ne l'aurait souhaité et elle vit au visage de sa compagne que les mots l'avait blessée.
"Excuse-moi... Je n'ai pas très bien dormi cette nuit.
-Je sais, moi non plus.
-Tu as fait un cauchemar.
-En réalité j'en ai fait plusieurs.
-Tu étais là-bas?
-Oui, encore et toujours n'est-ce-pas?"
Son ton n'était pas ironique, il n'était pas triste ni coléreux. Il ne faisait pas parti des tons employés habituellement par la légiste, c'était un reproche. La détective s'en rendit compte.
"Maur'... Il y a quelque chose qui ne va pas?
-Jane... Tu le sais aussi bien que moi. Tu as passé la nuit à te poser des questions... Tu n'as toujours pas donné de réponse."
Un silence pesant s'installa. Alors que Maura avançait la voiture de quelques mètres pour suivre celle de devant, Jane reprit la parole.
"Avant de te répondre j'aurais une question à te poser.
-Je t'écoute.
-Quand tu m'as demandé de t'épouser, est-ce que tu l'as dit sur le moment, à cause de l'émotion ou est-ce que tu le pensais vraiment?
-Et bien... C'est une question intéressante. Ça fait un moment que j'y pense, un moment que je sais que toi et moi ce n'est pas une histoire sans importance. Le fait que tu me proposes de vivre avec toi n'a fait qu'avancer le moment où je t'ai fait ma demande. J'étais très sérieuse, tout comme je le suis maintenant."
Un sourire se dessina sur les lèvres de l'italienne.
"Je pourrais faire un long discours non? Je vais répondre à une demande de mariage...
-S'il-te-plaît Jane!
-Oui. Maura Dorthea Isles. J'accepte de t'épouser.
-Oh mon dieu Jane! Je t'aime!
-Je t'aime aussi!"
Elles s'embrassèrent sans vouloir s'interrompre mais un concert de Klaxon les força à se séparer et à reprendre la route. Elles éclatèrent de rire face à la situation et finirent la route jusqu'au commissariat dans une ambiance plus légère et chaleureuse. Cette journée promettait d'être parfaite! Elles arrivèrent au commissariat avec un grand sourire que leur collègues n'avaient pas vu depuis des jours. Un sourire qu'elles semblaient avoir perdu avec James. Elles s'embrassèrent une dernière fois devant l'ascenseur avant de partir chacune de leur côté. Jane s'installa à son bureau, arborant toujours son sourire radieux. Frost la regarda et sourit à son tour.
"Qu'est-ce qui te fais sourire à ce point?
-Je vais bien merci et toi?
-Aller Jane! Qu'est-ce que toi et le docteur Isles avaient bien pu faire pour être de bonne humeur comme ça?
-Pour l'instant, sans commentaire."
Elle lui lança un regard joueur et lui fit un clin d'œil. Il éclata de rire. Korsak les regarda avec interrogation.
"Vous en faites du bruit!
-Allez grand-père, détends toi!"
Il sourit et les regarda avec amusement.
"Les jeunes d'aujourd'hui..."
Ils rirent aux éclats tous les trois avant de reprendre leur travail, le sourire aux lèvres.

Maura sortit de l'ascenseur et se dirigea vers son bureau pour vérifier son planning. Elle rayonnait, ayant encore du mal à réaliser qu'elle allait se marier et habiter avec la femme qu'elle aimait. Mais ces rêves de bonheur furent vite interrompus. Lorsqu'elle passa la porte de son bureau, elle vit une femme de dos qui l'attendait, contemplant une œuvre accroché sur le mur. Bien qu'au début elle ne la reconnaisse pas, lorsque son profil fut dévoilé, elle n'eut aucun doute.
"Mère."
Constance fit face à sa fille et lui sourit tristement.
"Maura, excuse-moi de venir te voir sur ton lieu de travail mais je suis passée chez toi, tu n'y étais pas hier soir."
La blonde lui jeta un regard glacial dont elle ne se savait pas capable.
"Je ne vais plus chez moi. Je vais vendre la maison et m'installer avec Jane."
Les mots semblèrent frapper Constance mais elle ne le montra pas. Le silence s'installa entre elle, comme une barrière invisible mais néanmoins insurmontable.
"C'est une bonne chose je pense."
Le ton neutre de sa mère surprit la légiste.
"Ne me regarde pas comme ça s'il-te-plaît.
-Je pense que je peux te regarder comme bon me semble.
-Je... Écoutes. Je suis venu ici pour te parler de ça.
-C'est si sûr à dire que ça n'est-ce pas?"
Maura n'avait jamais tenu tête à sa mère. Mais sa relation avec Jane était si puissant qu'elle voulait se battre pour.
"Dur de dire quoi?
-Que tu es désolée! Parce que si tu n'es pas venu t'excuser tu peux repartir!"
Elle pointa la porte du doigt mais Constance secoua la tête.
"Attends, je suis là pour ça.
-Vraiment?
-Je suis vraiment désolée de... D'avoir parlé de cette façon l'autre soir. J'avoue que j'ai eu un peu de mal à accepter le fait que... Enfin...
-Le fait que je sois homosexuelle et que je sois avec Jane?
-Oui. J'ai eu du mal parce que je suis issue d'un milieu dans lequel ce n'est pas habituel. Je t'ai élevé dans cet univers, alors je pensais que c'était impossible...
-Et maintenant je suis avec Jane."
Elle essaya de sourire.
"Justement, je vois que tu es heureuse comme ça. Alors je suis venue te présenter mes excuses, ainsi qu'à Mademoiselle Rizzoli. Je ne sais pas si j'ai encore tout à fait accepté l'idée de ton... Homosexualité mais, je vais finir par m'y faire. Tout ce que je veux, c'est que tu sois heureuse."
Maura sourit, rayonnante.
"Ce n'est pas tout à fait ça mais c'est un début.
-Tu acceptes mes excuses?
-Oui, mais avant j'ai une dernière chose à te dire. J'ai demandé Jane en mariage, et elle a dit oui.
-Si tu as décidé de te marier et que cela te rend heureuse, alors... Je suis très contente pour toi ma chérie!
-Merci."
Elles se sourirent mutuellement.
"Je vais te laisser travailler, j'ai une exposition à préparer. Tu seras sur la liste si tu veux venir avec ta fiancée.
-Je vais y réfléchir et lui en parler. Au revoir."
Elles s'embrassèrent et se quittèrent sur des salutations encore très polies, loin des étreintes chaleureuses de la famille Rizzoli, mais qui étaient sincères. Lorsqu'elle se retrouva seule dans son bureau, Maura souriait. Elle s'était réconciliée avec sa mère, ou du moins le dialogue était rétabli. Elle ne pût s'empêcher d'envoyer un message à Jane pour lui dire que sa mère était passée et que ça c'était arrangé. Cela fait, elle se mît au travail activement.

Il était maintenant 16h45. Le rendez-vous de Maura était sur le point de commencer et elle était nerveuse. Ce n'était pas la première fois qu'elle consultait un psychologue. Dans son enfance, elle avait demandé à y aller, mais dans un but beaucoup plus instructif. Elle avait aimé entendre cette façon qu'il avait de décortiquer la nature humaine et de comprendre ce qui se cachait au fond des esprits. Sa chaleur et son aisance face au dialogue ouvert l'avait impressionné. Cette fois-ci, elle y allait pour elle, pour aller mieux. Cette fois-ci, elle allait devoir déballer ses sentiments et ses craintes les plus horribles à un inconnu. Les quelques mots de soutien de Jane résonnait encore dans sa tête: "Tout va bien se passer, je vois bien à ta tête que tu t'inquiètes. Si parler de toi ne te plais pas, parle de moi." Elle avait ensuite ajouté un clin d'œil et un sourire enfantin qui la faisait craquer avant de retourner travailler.
Un homme sortit de son bureau avec un sourire aux lèvres et Maura l'identifia comme le docteur Zuckler. Il s'avança vers elle et lui tendit une main qu'elle serra avec volonté.
"Vous devez être Maura Isles. Je suis le docteur Zuckler. Entrez je vous en prie.
-Merci."
Elle entra dans la pièce avec réticences, plus qu'elle ne l'avait imaginé. Le canapé qu'il lui indiqua se trouvait en face d'un fauteuil en cuir, les deux séparés par une simple table basse. Tout était propre et incroyablement bien rangé, même les verres et la carafe d'eau qui se trouvait sur la table étaient alignés. Une fois qu'elle fut bien installée et prête, il commença à poser des questions.
"Alors madame Isles. Pourquoi êtes-vous là?
-Je suppose que c'est parce que je ne suis plus comme avant...
-Plus comme avant? Qu'est-ce que vous entendez par là?
-Et bien, je fais des cauchemars, je dors mal. J'ai peur, constamment.
-Peur de quoi?"
Elle regarda ses genoux, évitant de croiser les yeux perçants du psychologue.
"De tout."
Cette réponse ne sembla pas convenir au docteur car il lui demanda de développer.
"J'ai peur du noir. Peur d'être seule, peur de rentrer chez moi, peur de la perdre, de tout perdre."
Il nota quelques mots sur son calepin avant de regarder Maura avec insistance.
"Peur de la perdre?"
Lorsque les mots sortirent de sa bouche, la légiste prit conscience de l'absurdité de ses propos. Il ne pouvait en aucun cas deviner de qui elle parlait. Aussi bon soit-il, il ne lisait pas dans les pensées.
"Excusez-moi, je parlais d'une personne qui compte beaucoup pour moi.
-Très bien. Alors expliquez-moi, pourquoi avez-vous peur de perdre de cette personne? Et pourquoi avez-vous peur de tout perdre?
-Je crois docteur... Que la réponse à ces deux questions est la même."
Il la regarda avec intensité.
"Si jamais je perdais Jane, je crois que j'aurais tout perdu.
-Jane Rizzoli?"
Elle hocha la tête en souriant.
"Je ne sais pas comment le définir, je ne suis pas très douée avec les sentiments humains."
Elle leva la tête et pour la première fois depuis le début de l'entretien, soutint son regard.
"Je ne sais pas si on peut décrire l'amour ou l'amitié. Avec elle, c'est tous les jours lumineux, c'est magique. Elle m'a aidé à me sortir de tellement de mauvais pas, m'a soutenu tellement de fois. Je ne sais pas ce que je ferais sans elle."
Un silence s'installa et Maura fut surprise d'elle-même. La confiance en elle qu'elle avait éprouvée en parlant de ses sentiments pour Jane n'était pas habituelle. Les seuls moments où elle se sentait autant dans son élément c'était dans sa salle d'autopsie.
"Que représente Jane pour vous?"
Elle réfléchit quelques instants.
"C'est ma fiancée.
-Je parlais plus du niveau spirituelle. Qu'est-ce que sa présence vous apporte? Ou plutôt qu'est-ce que son absence provoquerait?"
Encore une fois son regard se posa sur ses jambes.
"Lorsque j'étais à l'école, dans mon internat, je n'avais pas d'amis. Une personne seule parce qu'elle parle comme un dictionnaire, que les autres trouve ennuyeuse à mourir. Je me suis habituée à ça, je n'étais pas faite pour parler avec les gens. Je pouvais vivre sans. J'ai choisi la médecine légale et ait rencontré Jane. Ce que j'ai tout de suite vu en elle, c'est une personne tout à fait opposé à moi. A l'aise avec les gens, qui dit ce qu'elle pense sans détour, qui vit au jour le jour sans penser à demain. Qui sait quand il faut rire ou se taire. Je ne sais pas pourquoi on est devenue amies. Les lois de physique diraient que les contraires s'attirent. J'avais enfin trouvé, auprès de Jane, une amie avec qui je pouvais être moi-même. Pour la première fois de ma vie, j'avais quelqu'un sur qui compter en toutes circonstances. Je pense que c'est ce que Jane représente pour moi.
-C'est très intéressant."
Les joues de Maura étaient écarlates. Elle savait qu'elle parlerait de Jane dans ses séances, mais ne s'attendait pas à aller si profond et encore moins aussi vite.
"Je vais changer de sujet maintenant. Je voudrais que vous me parliez de James Petter."
Ses poings se serrèrent à tel point que les jointures devinrent blanche. La simple évocation de ce nom lui faisait peur et la remplissait de haine.
"Vous savez ce qu'ils nous a fait.
-Je veux savoir pourquoi vous vous en voulez."
La blonde releva la tête avec un regard interrogateur.
"Je n'ai jamais dit que je me sentais coupable.
-Est-ce le cas?"
Elle prit son temps avant de répondre.
"Oui.
-S'il-vous-plaît. Expliquez-moi, je ne suis pas là pour vous juger.
-Je sais."
Elle resta silencieuse quelques instants et sentit sur elle le regard de Zuckler.
"James me voulait moi. C'est pour ça qu'il s'en est pris à Jane. À cause de moi...
-Vous en avez parlé à madame Rizzoli?
-Je lui aie dit, mais elle ne fait que me rassurer, me dire que ce n'est pas ma faute.
-Et vous ne la croyez pas?
-C'est de ma faute, tout est de la faute. Je ne peux pas faire autrement que d'y penser. Je suis responsable de sa douleur..."
Il écrivit quelques mots sur son carnet puis repris la parole très calmement. Il avait compris ce qu'il fallait traiter chez Maura Isles. Cette pénitence qu'elle inflige inconsciemment pour avoir causé le malheur de la personne qu'elle aime.
"Je vous remercie madame Isles.
-Vous me remerciez?
-De vous être confiée. Je pense que ça sera tout pour aujourd'hui mais je vous revois vendredi, si cela vous va.
-Oui."
Maura était déconcertée à l'idée qu'il ne réponde pas à sa déclaration mais le cacha.
"Écoutez, ce dont nous avons parlé là, si vous ne voulez pas y penser, ce n'est pas grave. Vous le rangez dans un coin de votre cerveau, même si techniquement c'est impossible. Je vous fais confiance."
Ils se séparèrent sur une poignée de main. Lorsque la porte se referma, Maura se dirigea vers sa voiture, s'y installa mais ne démarra pas. Elle resta assise et fixa un point invisible devant elle. Son esprit était encore secoué par sa discussion avec le docteur Zuckler. Faire abstraction? Elle en était incapable. Tout se bousculait dans sa tête. Elle ne comprenait pas la logique de cet entretien, elle n'aimait pas ça.
Au bout d'une dizaine de minutes, elle démarra enfin et alla rejoindre la femme qu'elle aimait, sa fiancée.


Voilà pour ce chapitre! Je vous dis à la semaine prochaine et vous souhaite une bonne semaine! Gros bisous et encore merci de me soutenir chaque semaine! :-)