Bonjour tout le monde! Avant tout je tiens à m'excuser pour ce retard de vingt-quatre heures! Je pars en voyage en Chine ce soir et j'ai eu pas mal de choses à préparer!

Comme je viens de le dire, ce soir c'est le grand départ pour la Chine avec mon lycée, je ne pourrais donc pas poster mon chapitre la semaine prochaine! Je pourrais seulement voir et apprécier vos reviews, qui d'ailleurs sur ce chapitre m'ont énormément touchées!

Oryane: Merci pour ta review, elle m'a fait plaisir! En effet, je dois avoué que le nom du psy de Tess Gerritsen m'a traversé la tête à ce moment là! Je suis désolée pour le manque d'originalité, c'était un petit clin d'oeil! Contente de voir que tu l'as remarqué! En tout cas j'espère que la suite te plaira! Bonne lecture :D

VirginieL: Que de compliments dans tes reviews Virginie! Je te remercie du fond du coeur pour ces chaudes et agréables paroles! Si tu savais comme j'ai le smile en lisant tes commentaires! Je suis contente que mes chapitres te plaisent tout autant que les précédents et j'espère vraiment ne pas te décevoir pour la suite! Bisous et bonne semaine! :-)

Dess: Merci beaucoup pour ta review! Elle m'a touchée! J'espère que la suite te plaira! Bonne semaine! =)

Si je ne m'abuse, ce chapitre est un petit peu plus long que le précédent, j'espère que ça ne vous dérange pas :3 En tout cas bonne lecture, on se retrouve en bas de la page! ;)


Les jours s'enchaînaient pour les deux jeunes femmes. Cela faisait déjà trois semaines que Jane avait été libérée, que James était mort. La vie reprenait petit à petit son cours normal. L'hiver disparaissait, laissant place au printemps et sa verdure. La neige avait fondu, vaincue par les rayons du soleil printanier. Dans l'appartement de Jane, une femme s'affairait dans la cuisine pour préparer à manger.
"Jane, chérie? Tu es là?"
Une voix lui répondit du fond du canapé.
"Oui, je suis là. Je suis encore sur l'ordinateur."
La blonde se retourna rapidement, faisant danser les reflets dorés sur sa longue chevelure. Elle lui lança un sourire radieux.
"Ne te tracasse pas avec ça pour l'instant. L'agent immobilier que nous avons rencontré nous rappellera d'ici deux jours.
-Je sais, mais j'ai tellement hâte qu'on ait notre "chez nous"."
La détective se leva avec difficulté. Une attelle avait remplacé le plâtre, lui permettant ainsi de n'utiliser qu'une béquille. Le bruit de pas irrégulier de la brune se rapprocha de Maura qui lui tournait le dos. Elle l'embrassa sur l'arrière de la tête et mît la table.
"Tu mérites mieux que cet endroit."
La blonde se retourna et embrassa sa fiancée.
"Je t'ai déjà dit que c'était n'importe quoi. On trouvera un endroit où s'installer. Les maisons à vendre ne manquent pas à Boston, et puis c'est moi qui me suis installée..."
L'italienne lui rendit son baiser.
"Oui, c'est vrai. Mais tu es une princesse, ma princesse. Tu as besoin d'un palais qui soit digne de ta beauté et de ton intelligence."
Un sourire se dessina sur les lèvres de la légiste.
"Que me vaut cette humeur poétique?
-Tu m'inspires!"
Elles s'embrassèrent à nouveau, sous la douce chaleur du soleil.
"Aller, à table!
-Chouette! Je meurs de faim!
-J'ai toujours l'impression d'avoir un enfant de dix ans quand il s'agit de manger!
-Qu'est-ce que tu veux! La famille Rizzoli mange, c'est ce qu'elle fait de mieux!"
Elles éclatèrent de rire toutes les deux, songeant à la véracité de ces propos.
"Maur', quand est-ce qu'on annonce qu'on va se marier? C'est de plus en plus dur de ne pas le dire.
-Je sais... Écoutes, on attend l'appel de l'agent immobilier. S'il nous trouve quelque chose rapidement, on n'aura qu'à l'annoncer à la pendaison de crémaillère? Ça te va?
-Oui, mais je ne sais pas si je pourrais tenir jusque-là! J'ai tellement envie de le crier sur tous les toits!"
Leurs doigts s'entre lacèrent, matérialisant ce lien invisible qu'est l'amour. Elles se regardaient dans les yeux, se noyant dans le regard de l'autre avec passion.
"Je t'aime.
-Moi aussi Jane."
Elles terminèrent de manger, en discutant de tout et de rien. Le dimanche était un jour magique, où elles se retrouvaient après une semaine passée auprès des criminels et des cadavres.
"Tu veux qu'on aille se promener cet après-midi? Il fait beau.
-Ça va aller avec ta jambe?
-Maur', je t'ai déjà dit que je n'étais pas en sucre..."
Elle lui sourit. La légiste aimait cette façon qu'avait Jane de se cacher derrière une carapace, de se montrer forte pour pouvoir protéger ceux qu'elle aime.
"Je sais chérie, je sais.
-Ça te plairait?
-Oui, ça me fera du bien je pense!"
Elles prirent leur manteau et sortirent dans la rue.
"Tu sais que lorsque j'ai emménagé, le voisin d'en face passait son temps à surveiller ma porte d'entrée. Il m'envoyait des lettres pour m'annoncer qu'aucun criminel ne surveillait ma maison.
-Vraiment?
-Oui, je trouvais ça vraiment étrange au début. Et puis un jour je suis allé frapper à sa porte. C'est un petit garçon qui a ouvert, d'à peine dix ans. Il n'allait pas à l'école parce qu'il était malade. Un cancer. Alors je suis allée le voir, tous les mercredis après-midis. Et puis un jour, plus personne. L'appartement était vide.
-Oh...
-Il y avait juste une lettre, écrite à la main. De Fred, le petit. Il disait qu'il était guéri, qu'il me remerciait de tout ce que j'avais fait pour lui, et que un jour il reviendrait me voir au poste de police.
-C'est incroyable! Tu l'as revu?
-Oui, quelques années après. Il est venu en tant qu'étudiant. Il avait demandé à faire son stage à la crim'! C'est devenu un beau jeune homme, qui veut devenir lieutenant de police à la criminelle.
-C'est une très belle histoire. Tu ne m'en avais jamais parlé.
-En réalité, je crois que ce garçon a fait ressortir plein de chose que je croyais enfoui tout au fond de moi. Tu sais, ces choses auxquelles on croit quand on devient une femme... L'instinct maternel.
-Tu n'es pas en train de me dire que...
-Non, je suis pas en train de dire que je veux des enfants. Enfin pas tout de suite en tout cas... Le docteur Zuckler m'a encouragé à te raconter des choses de mon passé, qui selon moi m'aurait marqué et fait de moi ce que je suis aujourd'hui."
Elle sentit la main de Maura serrer la sienne.
"Je suis contente que tu l'aies écouté."
Elles se sourirent et continuèrent leur route tranquillement, jusqu'à arriver au Common Boston Park. La grande étendue verte qui s'offrait à elles les émerveilla. Cet hiver avait été sombre et froid, tout le contraire de ce qu'elles voyaient. Elles avancèrent, main dans la main, regardant les couples qui, comme elles, avaient décidé de prendre l'air. Les enfants redécouvraient le bonheur de jouer en extérieur.
"Tu te souviens de la dernière fois qu'on est venue?
-Oui, pour une sale affaire.
-Il faisait encore chaud. Pourquoi on ne vient pas plus souvent?
-Je ne sais pas. Quand ma jambe sera guérie on ira courir ensemble.
-Je croyais que tu préférais passer tes dimanches matins au lit?"
La brune lui sourit avec malice.
"Tout dépend des dimanches matins qui s'annonce non?"
La blonde lui sourit à son tour.
"Je sais ce qu'il me reste à faire si jamais je n'ai pas envie d'aller courir."
Elles s'arrêtèrent en plein milieu du chemin et s'embrassèrent. Le bonnet de la légiste plaquait ses mèches contre son front. Jane replaça quelques mèches sur le côté afin de bien voir les yeux de sa fiancée. Ce magnifique moment fut vite interrompu par le caractère farceur de la détective. Elle ne pût s'empêcher de baisser le bonnet de la blonde sur ses yeux avant de s'enfuir en boitant.
"Jane!"
Elles rigolaient ensemble.
"Tu vas me le payer!
-Je suis handicapée!"
Comme une enfant, la brune lui tira la langue.
"C'est vraiment quand ça t'arrange!"
Contre les protestations de Jane, Maura s'avança et embrassa sa compagne avant de s'emparer de son bonnet et de marcher à reculons pour distancer la brune.
"Alors? Je t'attends!"
Elle lui lança un sourire vainqueur. Jane fit semblant de se vexer mais la blonde continua. Elles approchaient de l'entrée du parc et allaient vite en sortir. Elle décida de l'attendre devant le portail. Lorsque l'italienne la rejoint quelques secondes après, elle contempla le tableau qu'offrait son amante. Maura la regardait, les mains derrière le dos avec un sourire sur le visage. Ses cheveux flamboyant au milieu des couleurs encore tristes de l'hiver faisaient ressortir sa beauté. Elle la regarda avec interrogation. Jane lui répondit par un grand sourire et avança vers elle, ne souhaitant qu'une chose, la prendre dans ses bras.
"Tout va bien Jane?
-Oui, tout est parfait."
Elle scella leurs lèvres avec amour et sentit la légiste frissonner.
"Tu as froid?
-Oui, mais ça n'a pas d'importance."
La brune la prit dans ses bras et l'envahit de sa chaleur.
"On va rentrer. Je te ferais le meilleur chocolat chaud du monde!
-Ça me va!"
Leurs doigts s'enlacèrent avant de continuer à avancer. Elles passèrent les grilles d'entrée du parc et remontèrent la rue. Elles avaient presque dépassé le parc lorsque Jane s'arrêta brusquement. La blonde se retourna vers elle et regarda sa fiancée. Sans dire un mot, son regard se dirigea dans la même direction que celui de la détective. Une maison. Elle regardait une maison.
"Maura... Cette maison, elle est magnifique."
La légiste la détailla avec plus d'intérêt.
"Oui, c'est une maison du dix-huitième siècle. Elle est en très bonne état... C'est assez impressionnant.
-Maura, elle est en vente...
-Tu veux dire que tu voudrais...
-Qu'on la visite pour commencer.
-Tu es consciente qu'on est en plein centre-ville et que c'est une très belle maison?
-Elle te plaît?
-J'ai toujours rêvé d'habiter dans une maison construite pas les colons. Elles sont vraiment incroyables.
-J'appellerais demain. Je ne sais pas pourquoi, cette maison... Elle me fait quelque chose, je sens que c'est celle qu'il nous faut.
-Tu ne peux pas prédire la compatibilité de cette maison avec ce que nous recherchons. Il y a un certain nombre de facteurs dont nous n'aurons connaissance que lors de la visite et...
-Maur', ce sont mes tripes qui me le disent. Celle-ci, c'est la nôtre."
La blonde avait les yeux qui brillaient et regardait Jane avec admiration. "Notre maison" pensa-t-elle.

Le lundi matin était arrivé bien trop vite au goût des deux jeunes femmes. Elles auraient souhaité rester au lit, à somnoler dans les bras de l'autre, à rire aux idioties de Joe Friday ou encore à simplement discuter de tout et de rien. Pourtant, le réveil sonna à sept heure. Refusant de se lever, la brune éteignît le réveil et replongea le visage dans son oreiller. Seule Maura eut le courage de s'asseoir et de s'étirer. Elle sourit face à l'attitude enfantine de sa compagne et l'embrassa sur la tempe avec tendresse.
"Debout mon amour. Il faut aller travailler."
Elle entendit un grognement presque imperceptible venant du fond du coussin.
"Aller Jane! En plus tu as rendez-vous avec le docteur Zuckler aujourd'hui!"
Encore une fois Jane lui répondit au travers du coussin.
"Je ne comprends pas ce que tu dis."
Le visage fit alors face à la blonde.
"Tu crois que c'est ça qui me motive à me lever?"
Maura se pencha et l'embrassa.
"Non, mais il faut bien que quelqu'un protège cette ville. Si tu ne te lève pas, qui va le faire?"
L'italienne lui répondit par un deuxième baiser.
"C'est de ta faute aussi, après la nuit qu'on a passé..."
La scientifique lui sourit.
"N'essaye pas de me dire que tu n'as pas apprécié, je ne te croirais pas."
La détective sourit à son tour et se leva.
Elles se préparèrent tranquillement mais furent vite rattrapé par le temps.
"Maur'! Dépêches-toi, on va être en retard!
-Oui, j'arrive!
-Pourquoi est-ce que tu mets tant de temps à choisir ta paire de chaussure?
-Je ne mets pas si longtemps que ça. Si?"
L'italienne ne répondit pas et se contenta de suivre la blonde jusque dans la voiture. Il était temps qu'elle récupère sa jambe. Ne plus conduire la rendait folle.
"La semaine prochaine mon ange."
La brune regarda sa fiancée avec interrogation.
"La semaine prochaine?
-Ta jambe. Tu pourras enlever l'attelle la semaine prochaine.
-Comment tu as su? Je n'ai rien dit.
-Tu regardes mes jambes depuis tout à l'heure.
-Qu'est-ce-qui te dit que je ne les trouve pas simplement magnifiques?"
Elles sourirent.
"Je te connais Jane Rizzoli. Et je peux te dire que tu n'as pas le même regard quand tu regardes mes jambes parce qu'elles sont belles que quand tu as envie de conduire. Et d'ailleurs, c'est mieux comme ça!"
Elles se mirent à rire toutes les deux.
"Tu sais que je t'aime toi?
-Vraiment?"
La brune fit semblant d'être vexée et l'embrassa avec tendresse sur la joue.
"Oui.
-Je t'aime aussi mais on arrive.
-J'ai vu, de toute façon on mange ensemble ce midi non?
-Il faut que je regarde mon emploi du temps, je ne sais pas si j'aurais le temps de monter.
-Bon d'accord. Tu m'envoies un message pour me prévenir!"
Elles s'embrassèrent devant l'ascenseur et se séparèrent comme à leur habitude depuis une semaine.
Quelques minutes après s'être installée, Jane reçut un message:
"Je suis bloquée jusqu'à dix-huit heure avec tout le travail que j'ai. Je suis désolée, on se voit ce soir. Je t'aime."
L'italienne souffla et maugréa. Elle ne pourrait pas attendre jusqu'à dix-huit heure pour voir Maura. Elle s'apprêtait à lui répondre lorsqu'elle reçut l'appel de l'agent immobilier.
"Mademoiselle Rizzoli? C'est monsieur Thomas, de l'agence Boston Habitat.
-Oui! Monsieur Thomas, attendez un instant s'il-vous-plaît!"
Elle quitta son bureau et de dirigea vers le couloir, à l'écart des oreilles indiscrètes. Personne ne savait qu'elles allaient acheter ensemble et encore moins se marier.
"Excusez-moi. Vous avez des nouvelles?
-J'ai quelques maisons à vous présenter, il faudrait fixer une date.
-Je vais en discuter avec ma compagne. J'aurais également quelque chose à vous demander.
-Je vous écoute.
-Je ne sais pas si elle correspond aux critères que nous avions demandés mais il y a une maison en vente en face du Boston Common. Je voulais savoir s'il y avait possibilité de la visiter?
-Ah oui, la 13407. En effet elle ne rentre pas dans les cases mais je peux la rajouter à la liste.
-Merci. Je vous rappelle d'ici demain pour vous donner une date.
-Très bien. Bonne journée!"
Elle raccrocha et retourna à son bureau le cœur léger. Elle saisit ses béquilles et le dossier en cours puis descendit vers la morgue. Elle avait besoin d'informations complémentaires pour l'affaire, mais il était évident qu'elle y allait pour une tout autre raison.
Lorsqu'elle entra dans la pièce froide et silencieuse de la morgue, un frisson parcouru l'échine de la brune. Elle n'aimait pas cette pièce. La mort y était trop présente, trop banale. Pourtant elle savait que Maura s'y sentait bien, qu'elle y était dans son élément. La détective avait appris à comprendre les raisons de ce choix qu'est la médecine légale, elle l'avait accepté depuis longtemps, cependant elle ne parvenait pas à s'habituer à la morgue elle-même. De son pas maladroit, elle se dirigea vers le bureau, bien plus chaleureux, de la blonde. Elle constata qu'elle n'était pas présente. Son regard se porta sur l'évier du fond de la morgue. Elle y aperçut sa fiancée, en train de nettoyer ses instruments. Jane décida de s'asseoir et d'attendre qu'elle ait fini.
De sa démarche assurée habituelle, la légiste franchit le pas de la porte et posa les yeux sur la brune.
"Jane! Qu'est-ce que tu fais ici?"
La concernée se leva et embrassa avec amour la scientifique.
"J'aurais besoin d'infos complémentaires sur le cas Gray."
La blonde sourit.
"Et tu te déplaces uniquement pour ça? Le téléphone n'était pas plus efficace?
-Hum... Peut-être si."
Maura leva les yeux au ciel.
"Tu dois économiser ta jambe si tu veux enlever l'attelle la semaine prochaine.
-Je sais, mais je ne suis pas descendue que pour ça."
La scientifique prit un air intéressé.
"J'ai eu Thomas au téléphone. Il peut nous faire visiter dans la semaine, je dois le rappeler pour fixer le rendez-vous.
-C'est génial! Je n'ai pas un emploi du temps trop chargé samedi après-midi, on pourrait peut-être bloquer la demi-journée, qu'est-ce que tu en dis?"
Personne ne pouvait dire non à Maura Isles. Son sourire angélique faisait changer d'avis n'importe quel homme ou femme.
"Bien sûr, je vais le dire à Cavanaugh.
-Génial!"
Elles s'embrassèrent une dernière fois et de séparèrent.
"On se voit ce soir alors?
-Oui, je ne peux pas m'arrêter ce midi, j'ai trop de travail.
-Ce n'est pas grave, je vais en profiter pour aller faire un petit coucou à ma mère!
-A ce soir mon ange."
Elle lui sourit une dernière fois et remonta travailler. Elle devait rencontrer le docteur Zuckler à onze heures, c'est-à-dire dans une demi-heure. Assise à son bureau, elle attendait en relisant le dossier. Quelque chose n'allait pas dans cette affaire mais elle ne parvenait pas à déterminer quoi. Elle était tellement concentrée qu'elle ne vit pas le temps passer.
"Jane! Il est onze heure moins cinq!"
Elle releva la tête et fixa l'horloge quelques secondes avant de réaliser.
"Merde! Merci, on se voit tout à l'heure!"
La détective attrapa sa veste et fila vers le bureau du psychologue. Il sortit au moment même où elle arriva.
"Quel timing!"
Il lui sourit calmement, comme à son habitude.
"Installez-vous, j'en ai pour quelques secondes."
Il la laissa seule dans la pièce quelques instants. Elle se mît à détailler chaque recoin de la pièce. Des diplômes accrochés aux murs jusqu'aux photos posées sur le bureau. Encore une fois, tout était à sa place, parfaitement. Chaque livre trié par auteur et ordre alphabétique, les cadres posés avec une symétrie parfaite. Cet homme était un maniaque, ça de voyait. Cela fit sourire Jane qui imagina son psy en train de tout remettre en place après chaque passage d'un patient. Elle fut tirée de ses pensées par le retour de l'homme en question.
"Excusez-moi. Je suis là.
- Aucun souci."
C'était la troisième séance de l'italienne. Elle était plus confiante et beaucoup moins soucieuse que lors de la première une semaine auparavant. Même si un doute subsistait, elle parvenait à le mettre de côté.
"Où nous étions nous arrêter la dernière fois?
-Je ne sais plus, il me semble que nous avions commencé à parler de mon enfance...
-C'est exact. Je pense que vous avez eu le temps d'y réfléchir. Je ne vais pas y revenir pour l'instant. Aujourd'hui est donc notre troisième séance."
Elle hocha la tête.
"Jusqu'à présent nous sommes restés relativement en surface du problème. Aujourd'hui nous allons creuser au plus profond.
-J'ai peur de ce qu'on va trouver."
Elle eut un petit rire nerveux.
"Vraiment?
-Ouais...
-Je veux que vous me racontiez, avec vos sentiments et vos impressions, ce qu'il s'est passé au domicile du docteur Isles.
-Tout?
-Tout."
Elle respira calmement et finit par prendre une grande inspiration.
"Je suis entrée chez elle après avoir demandé à sortir plus tôt de l'hôpital. Je ne supportais plus l'odeur, le bruit... La solitude."
Il ne l'interrompit pas. Il était important qu'elle puisse se libérer de ce poids. Quelque chose l'empêcher de guérir, quelque chose d'invisible mais pourtant bien réel.
"Je suis entré, et j'ai avancé à découvert, dans le noir. Comme une débutante. J'ai appelé le docteur sans même prendre le temps d'allumer les lumières. Quand je me suis retournée, elle était là. Attachée sur la chaise, elle avait le visage enflé par les coups et était inconsciente. Je me suis précipitée vers elle, j'ai écouté mon cœur au lieu de mon instinct de flic. C'est ce qui a causé tout ça. C'est pour ça qu'il a pu nous avoir si facilement. Je me suis laissée avoir par l'amour."
Elle releva la tête et sourit tristement.
"On fait vraiment des trucs cons quand on aime..."
Ils restèrent silencieux tous les deux. Jane savait que ce n'était plus à elle de parler. Elle laissait le temps à Zuckler de trouver ses mots. C'était la partie la plus importante de son métier pour elle. Il pesait ses mots, les jugeait et calculait la réaction à chacun d'eux de ses patients.
"Est-ce vous avez peur d'aimer?"
Sa question la surprit, seulement elle ne releva pas.
"Je ne crois pas.
-Aviez-vous peur d'aimer, avant tout ça?"
Elle reconsidéra ses mots.
"Oui...
-Pourquoi?
-Je ne sais pas.
-Réfléchissons-y. Qu'est-ce que signifiait, et j'insiste sur le passé, pour vous avant que vous rencontriez le docteur Isles.
-J'y trouvais toujours des avantages et des inconvénients, comme à toute chose.
-Commençons par les avantages.
-Aimer et être aimer est le rêve de tout le monde non? Je ne fais pas exception à la règle. Je suis une tête brûlée avec un cœur d'artichaut comme dirait mon frère. Pouvoir sourire à chaque fois qu'on voit une personne, que la simple entente de sa voix vous mette de bonne humeur. C'est un petit peu "bateau"...
-Non c'est très bien. Continuez."
Il lui donna un sourire d'encouragement.
"C'est ce que j'ai trouvé avec Maura, le bonheur.
-C'est très bien. Passons aux inconvénients. "
Son regard tomba sur ses mains qu'elle triturait avec nervosité.
"Les inconvénients...
-Je ne vous parle pas de la vision que vous avez d'aimer aujourd'hui. Je vous parle du passé, n'oubliez pas.
-Oui, oui je sais."
Encore une fois elle prit une grande inspiration.
"La faiblesse...
-Nous y revoilà."
Il sourit, elle avait dit exactement ce qu'il attendait qu'elle dise. Revenir sur ce sujet qu'est le contrôle, l'autorité, le besoin d'autonomie et de respect.
"Pourquoi cela représente-il la faiblesse pour vous?"
Il nota qu'elle ne corrigea pas le temps qu'il avait employé.
"On a tout le temps peur de ne pas rentrer à la maison déjà quand on est seul, mais quand il y a quelqu'un qui vous attend avec impatience pour vous dire qu'il vous aime... C'est pire. Et puis il y a tous les trucs qu'il y a autour. Peur de ramener les criminels à la maison et de ne pas pouvoir protéger la personne qu'on aime, on réfléchit avec la tête plus qu'avec les tripes. C'est pas bon dans le métier...
-Et en dehors du travail Jane, pensez-vous avoir peur de l'amour?
-Je ne pense pas que si j'étais assise dans un bureau toute la journée j'aurais peur de ne pas rentrer.
-Et aujourd'hui?
-J'aime Maura plus que tout... Mais j'ai toujours peur. Regardez ce qu'elle a subit par ma faute. Je n'ai pas pu la protéger!"
Des larmes de colère menaçaient de couler sur les joues de la détective.
"Après qui James Petter en avait-il?
-Il voulait Maura, je n'ai pas pu la protéger...
-Pourquoi voulait-il Maura?"
Il faisait attention à bien reprendre les mots exacts de l'italienne. Il était important que le cheminement soit fait de sa personne.
"Il la considérait comme un trophée.
-Pourquoi un trophée?
-Parce qu'il était taré... Il s'était mis dans la tête qu'elle était la seule qui était à sa hauteur. Elle était bien meilleure que lui...
-Pourquoi s'est-il mis ça dans la tête?
-D'après Maura... Il avait un trouble de la personnalité narcissique...
-Je vois.
-Où est-ce que vous m'emmenez docteur?
-Vous venez de me dire que c'était de votre faute ce qu'il était arrivé.
-C'est le cas..."
Ses mots se perdirent dans un murmure.
"J'ai compris où vous vouliez arriver.
-Je n'ai jamais prétendu vous manipuler.
-C'est votre job! Et vous le faites bien.
-Je vais vous poser la question dans l'autre sens. Pourquoi Maura et vous vous êtes-vous retrouvé en danger?"
Elle prit le temps de répondre.
"Parce que James voulait Maura, parce qu'il était fou...
-Je veux que vous en soyez convaincue, sinon mon travail ne sert à rien.
-Je... Je commence à comprendre, seulement ça ne change pas le fait que je n'ai pas su la protéger!
-En avez-vous discuté avec le docteur Isles?
-Non. Je sais ce qu'elle me répondrait.
-Et que répondrait-elle?
-Que ce n'était pas ma faute, que je ne pouvais rien faire et que je lui ai sauvé la vie de toute manière.
-Vous lui avez sauvé la vie. Et cela ne constitue pas une forme de protection?
-Si, mais je n'aurais pas dû avoir à le faire.
-Comment?
-J'aurais dû sentir qu'il était là, qu'il allait lui faire du mal! C'est mon métier!
-Vous êtes lieutenant de police, pas voyante Jane.
-J'aurais dû le prévoir!"
Les larmes de colère qui avaient perlé à ses yeux coulèrent. Elles roulèrent le long de ses joues avec lenteur. Elle détourna la tête pour ne pas exposer sa faiblesse à un inconnu.
"Vous vous en demandez trop Jane. Vous êtes humaine, vous ne pouvez pas prédire l'avenir. Ce qu'il s'est passé dans cette maison, ce jour-là, c'est terminé. Vous ne pouvez pas revenir en arrière, il faut que vous trouviez en vous la force de comprendre que vous n'avez pas le contrôle sur chaque chose.
-C'est ridicule, je sais que je ne peux pas contrôler chaque chose dans ce monde...
-Vraiment?
-Je... C'est un sujet qu'on a déjà abordé, je ne cherche pas à tout contrôler d'accord?
-Tant que vous refuserez de l'accepter, nous ne pourrons traiter cette partie du problème.
-Écoutez..."
La détective était soucieuse de guérir. Elle savait que ce que disait le docteur Zuckler était vrai mais son orgueil lui interdisait de l'admettre. Cependant, elle pensa à la maison qu'elles allaient bientôt acheter, au mariage qui aurait bientôt lieu... Et peut-être à la future famille qui naîtrait. Elle prit son courage à deux mains et se lança.
"Et si... Et si avoir le contrôle avait une importance particulière pour moi? Même si c'était le cas, qu'est-ce que ça changerait?
-Vous m'avez dit vous même que c'était James qui était responsable de vos souffrances. Vous m'avez dit que vous n'aviez pas pu protéger le docteur Isles mais vous venez d'admettre que vous aviez besoin de tout contrôler...
-Je n'ai pas affirmé...
-Vous ne l'avez pas nié.
-Certes.
-Nous en arrivons donc au point où je vous dis d'où vient votre difficulté à dépasser les épreuves.
-Déjà?"
Il sourit.
"Attention, ne considérez pas que nous n'allons plus nous revoir.
-Je sais bien docteur. Vous me manqueriez.
-Je pense que vous l'avez compris, depuis un certain temps déjà."
Elle le fixait avec un regard perçant, elle avait peur, peur de ce qu'il allait dire. C'était une chose de le penser, c'en était une autre de l'entendre de la bouche de quelqu'un d'autre. Qui plus est lorsque cette personne est un docteur qui soigne les pires traumatismes.
"Ce besoin de contrôle que vous avez vous pousse à vous culpabiliser sans arrêt pour les mauvaises choses qui vous arrive à vous et vos proches. Vous êtes une personne protectrice et maternelle ce qui renforce ce sentiment. Je ne dis pas que vous êtes faible, bien au contraire. Vous avez une force en vous que vous utilisez pour le bien des autres. Cependant, c'est un atout et non une béquille sur laquelle se reposer à chaque aléa de la vie..."
À cette réplique s'en suivit le silence. Un silence éloquent durant lequel Jane considéra les mots qu'elle venait d'entendre. Il reprit calmement.
"Je n'ai pas pour habitude de donner mes diagnostics aux patients mademoiselle Rizzoli."
Cette soudaine distanciation la figea.
"J'ai la conviction que pour vous, savoir fera avancer les choses. Vous avez assez de volonté pour effectuer un travail sur vous-même."
Elle hocha la tête calmement.
"Est-ce que je dois... En parler à Maura?
-La décision vous appartient.
-Si jamais je veux que ça s'arrête, je fais comment?
-Ne parlez pas de cela comme une maladie. Vous pourriez le comparer aux enfants qui posent mal leur langue sur le palais. Ils sont tout à fait sains mais ont ces petits soucis qui les font zozoter.
-Super... Je suis un gamin qui pose mal sa langue."
Il sourit.
"Commencez déjà par essayer de prendre conscience de ce que je vous ait dit au quotidien. N'allez pas dans l'extrême, ne changez pas vos habitudes. Observez simplement votre comportement d'un œil extérieur.
-Merci docteur.
-Je suis là pour ça. On se voit dans trois jours."
Elle lui serra la main et alla manger. Les paroles prononcées restaient dans sa tête comme une comptine dont on ne peut se débarrasser. Elles étaient la lumière au fond du tunnel, la promesse d'un nouveau jour sur la vie de Jane Rizzoli.


Alors votre avis? Je ne sais pas si le diagnostic que j'ai prévu à Jane est réaliste... A vrai dire, ça m'est passé par la tête donc je l'ai écrit... J'espère que ça vous plait! N'hésitez pas à me le dire!

En tout cas je vous souhaite une très bonne semaine et m'excuse encore pour le chapitre qui saute! Je vous remercie d'avance pour votre patience ;p Bisous bisous!