Bonjour tout le monde! Je suis rentrée de Chine mercredi et autant vous dire que ce voyage était magnifique! Si je pouvais j'y retournerais demain! Je ne sais pas si l'inspiration est venue là-bas mais en tout cas je reviens avec un chapitre, presque à l'heure!
Pour répondre à vos reviews, qui m'ont faites très plaisir:
VirginieL: L'achat de la maison... Alala! qu'est-ce que je vais m'amuser à l'écrire! :D Tes compliments me font plaisir, toutes les semaines je les attends! Je suis heureuse que ça t'ai plu et j'espère que je ne te décevrais pas en lisant la suite! Bisous et bonne lecture!
Voilà, trêve de bavardage je vais vous laisser lire mon chapitre, j'espère qu'il vous plaira!
La journée avait plutôt bien commencé pour les deux jeunes femmes. Il faisait un soleil rayonnant et doux à l'extérieur. Au commissariat tout était calme. Peu d'agents étaient déjà arrivés vu l'heure peu avancée de la matinée. Jane elle, était déjà assise à son bureau et travaillait sur une affaire qui lui occupait l'esprit. Elle savait que Maura ne commençait que quelques heures plus tard et avait été obligée de prendre un taxi pour ne pas la réveiller. Même si elle ne voulait pas l'admettre, ce que lui avait dit le docteur Zuckler l'avait secouée. Elle n'en avait pas encore discuté avec sa moitié, appréhendant sa réaction. Elle savait que Maura l'aimait, mais le doute persistait. Méritait-elle vraiment une femme aussi incroyable que la blonde?
Elle se prit la tête dans les mains et souffla bruyamment. Elle n'arrivait pas à se concentrer sur l'affaire. Alors qu'elle se massait les tempes, elle sentir des bras l'emprisonner. Elle tourna la tête avec surprise et reconnu Maura. Cette dernière posa sa tête dans le creux du cou de la détective.
"Maura... Qu'est-ce que tu fais là?
-Je me suis réveillée et tu n'étais pas là. Dès que j'ai vu ton mot je suis venue.
-Tu n'étais pas obligée tu sais."
La brune posa ses mains sur celle de Maura.
"Qu'est-ce qui ne va pas Jane?"
Elle ne répondit pas.
"Jane, mon ange... Je ne peux pas t'aider si tu ne me dis rien.
-Je sais Maura. Je sais.
-Alors parle-moi, s'il-te-plaît."
Elle sentir le visage de la légiste se caler plus fort contre son cou.
"C'est juste que... C'est juste cette affaire. Elle me monte à la tête."
Maura souffla, sachant pertinemment que ce n'était pas la vérité.
"Arrête de me ménager Jane! Une bonne fois pour toute dis-moi ce qui ne va pas!"
Le ton autoritaire de Maura la surprise et elle constata à quelle point toutes ces épreuves l'avaient endurcie. Elle comprit alors que ses doutes n'avaient aucune raison d'être. Pas avec elle.
"Tu as raison Maur', je te dois la vérité."
La blonde s'appuya sur le bureau, face à Jane et la fixa.
"Le psy m'a dit ce que j'avais finalement. D'où venait mon problème..."
La scientifique lui donna un sourire d'encouragement.
"J'ai besoin de tout contrôler. Tout le temps... C'est pour ça que j'ai si mal vécu Hoyt, pour ça aussi que je me sens responsable de ce qu'il s'est passé chez toi...
-Rien n'est insurmontable Jane. Ensemble, on va faire face à tous les obstacles. Tu te souviens?"
La brune plongea son regard sombre dans celui de la légiste.
"Ça me fait flipper Maura. Et si je n'arrivais pas à me débarrasser de cette manie? Si je devenais invivable? Et...
-Et?
-Et si je te perdais toi? Qu'est-qui m'arriverait ensuite?"
La blonde posa délicatement ses lèvres sur celle de Jane avant de la regarder dans les yeux. Son regard était intense, presque insoutenable et pourtant, la détective ne parvenait pas à s'en détacher.
"Jane Clémentine Rizzoli, je t'aime avec tes défauts, ton honnêteté et ta façon d'être. Tu es une personne incroyable qui mérite le meilleur. Je t'aime, tu me fais sourire chaque matin, tu me fais rêver chaque nuit. Ensemble on a tout traversé, les pleurs, les rires, les disputes, l'amitié, l'amour... On a perdu et gagné, aimé et détesté, on a été déçue puis ravie. Tout ce qu'on a fait ensemble, la plupart des gens ne le font pas en une vie. Et pourtant, malgré tout ce qui a déjà été accomplie, je sais que nous n'en sommes qu'au prélude de notre histoire. Et tout ça, je le sais parce que toi et moi ça ne va pas s'arrêter pour un problème qui fait partie de toi. Je suis socialement maladroite et je te fais honte à chaque fois qu'on sort et pourtant tu es toujours là. Je t'aime, je t'en supplie, n'imagine pas un seul instant qu'un jour ce conte de fée va s'achever..."
La brune regardait toujours sa fiancée avec amour. Elle se leva précipitamment et l'embrassa avec passion.
"Je t'aime Maura."
Elles s'embrassèrent à nouveau avant d'être interrompu par Frost qui entra dans le bureau. Il comprit ce qu'il venait de couper et s'excusa immédiatement.
"Je suis désolé... Euh... Je vais aller me chercher un... Un café."
Elles rirent avant de le rappeler.
"Frost! Viens là, soit pas bête!"
Il revint dans la pièce avec un air gêné.
"Tu es là tôt! Un problème sur l'enquête?
-Disons que j'ai eu une illumination que je ne voulais pas perdre.
-Ah oui?"
Comprenant que le travail reprenait le dessus, la blonde se leva et s'apprêta à partir. Elle embrassa Jane amoureusement.
"Je suis désolée de t'avoir fait lever si tôt.
-Ne t'en fais pas, ce n'est rien. Pense à ce dont je t'ai parlé...
-Je n'y manquerais pas.
-Je serais sûrement en retard ce midi. J'ai rendez-vous avec le docteur Zuckler à 11h30.
-D'accord. À ce midi."
Elles se sourirent mutuellement avant de reprendre leur travail respectif.
Assise sur le canapé en cuir, Maura attendait patiemment le docteur Zuckler. Contrairement à elle, Jane savait pourquoi elle ne pouvait pas se détacher des événements passés. Elle pouvait le rectifier et tourner la page vers des jours plus cléments. La blonde, elle, était encore dans le doute, dans la peur. Les cauchemars diminuaient mais ils étaient toujours là, l'ombre de James Petter planait au-dessus d'elle comme un nuage avant un orage. Elle n'en pouvait plus. Elle voulait aller mieux, c'est pour cette raison qu'elle accordait tant d'importance à ses rendez-vous.
"Maura, excusez-moi. Je prenais un rendez-vous pour un patient.
-Ce n'est rien.
-Alors Maura, comment vous sentez-vous aujourd'hui?
-Y'a-t-il vraiment une réponse à cette question?"
Elle sourit et il lui répondit.
"Je vous accorde que non. Alors disons plutôt... Avez-vous bien dormi?"
Son sourire s'effaça.
"Pas vraiment non.
-Cauchemar?
-Oui. Toujours le même?
-Toujours."
Ce cauchemar qui se répétait, la légiste le voyait même éveillée tant il était réel et troublant.
"Je marche dans le noir, j'entends du bruit alors je vais voir. Lorsque je passe la porte je vois Jane, elle est allongée sur le sol, elle saigne. Son corps est criblé de balles. Je m'agenouille près d'elle mais je sens qu'elle s'éloigne de moi. Je ne peux pas rester près d'elle. Je veux la soigner mais à chaque fois elle est quelques centimètres trop loin pour que je l'atteigne... Alors je hurle, et là, je me réveille."
Le docteur Zuckler prenait des notes sur son carnet tout en écoutant les mots de Maura.
"Nous ne sommes pas ici pour interpréter les rêves, mais plutôt pour les empêcher, néanmoins, la raison de ce rêve est claire. Maura, vous sentez-vous responsable de ce qui est arrivé à Jane?"
Timidement mais sûre de sa réponse elle hocha la tête.
"Ce rêve, continuera tant que vous n'aurez pas la certitude que vous n'avez rien à voir avec ce qu'il s'est passé chez vous ou ce que Jane a subi lors de son enlèvement.
-Je n'arrive pas à me l'ôter de la tête... C'est un sentiment qui persiste, quoi que je fasse. À chaque fois que je vous Jane avec ses béquilles..."
Les larmes perlaient aux yeux de la blonde
"Vous êtes là pour ça. Nous allons résoudre ce problème ensemble."
Elle hocha la tête mais garda les yeux fixés sur un point invisible sur le sol.
"Pourquoi vous sentez-vous coupable?"
Elle réfléchit quelques secondes avant de répondre.
"C'est moi que James voulait, et pour m'atteindre il a fait du mal à Jane... C'est de ma faute.
-Je vois. D'après ce que vous m'avez dit, cet homme avait un trouble de la personnalité narcissique, n'est-ce-pas?"
Elle fit oui de la tête.
"Je suis sûre que vous connaissez les symptômes liés à ce trouble.
-Le... Le sujet à un sens grandiose de sa propre importance, il est absorbé par des fantasmes de succès illimité, de pouvoir, de splendeur, de beauté, de perfection, ou d'amour idéal. Il pense être «spécial » et unique et ne pouvoir être admis ou compris que par des institutions ou des gens spéciaux et de haut niveau, montre un besoin excessif d'être admiré. Il pense que tout lui est dû et s'attend sans raison à bénéficier d'un traitement particulièrement favorable et à ce que ses désirs soient automatiquement satisfaits... La liste est encore longue...
-Vous avez l'air de connaître les symptômes sur le bout des doigts.
-Disons que... Après ce qu'il s'est passé, je me suis renseignée, pour être sûre que..."
Elle coupa sa phrase et se tut.
"Pour être sûre de quoi Maura?"
Elle leva la tête et le regarda dans les yeux.
"Pour être sûre que je n'étais pas responsable de son comportement, mais qu'il ne l'était pas non plus... Je ne sais pas vraiment comment l'expliquer.
-Vous sentez-vous toujours responsable?"
Elle hocha la tête.
"C'est stupide n'est-ce-pas? Je me sens coupable d'avoir été prise pour cible par un dérangé mental! Mais si je m'étais trompée? Si jamais il n'était pas narcissique?
-Cela ne le rendrait-il pas encore plus coupable, au point de vous décharger de toute responsabilité?
-Peut-être... Je n'en sais rien...
-Maura, vous avez eu accès au dossier de James Petter?
-Oui.
-Vous avez remarqué j'en suis sûre, la mention de ses comportements vis-à-vis de ses professeurs et camarades?
-Je n'ai pas fait attention. J'ai cherché des traces d'un suivi psychiatrique récent pouvant confirmer mon diagnostic.
-La plupart des cas de trouble de la personnalité narcissique, aussi peu nombreux soient-ils, ne sont pas traités, du moins pas aussi jeune. C'est une maladie qui se manifeste au début de l'âge adulte. Il est probable que monsieur Petter en fusse au début de sa maladie.
-Vous avez lu son dossier, c'est votre métier.
-Et je suis d'accord avec vous Maura. Cet homme était bel et bien atteint."
La réponse ne surprit pas la légiste. Cela faisait plus d'une semaine qu'elle retournait la question dans tout le sens, qu'elle vérifiait un à un, chaque symptôme de la maladie. Tous s'accordaient parfaitement avec le caractère de James. Seulement elle continuait de douter. Le simple fait de l'entendre de la bouche d'un psychologue reconnu.
"Cela n'empêche pas que Jane a été entraînée là-dedans par ma faute...
-Je suppose que vous n'en avez pas parlé avec mademoiselle Rizzoli?
-Non. Elle n'a pas besoin de savoir ça. Elle me dirait que je suis folle, qu'elle ne m'en veut pas... Comme à chaque fois. Ce n'est pas ce que j'ai besoin d'entendre...
-Qu'avez-vous besoin d'entendre?
-La vérité.
-La vérité?
-Oui.
-Jane a été enlevé par James Petter, jeune homme atteint d'un trouble de la personnalité narcissique, dont les fantasmes reposaient sur vous. Il vous croisait à la morgue et s'est inventé une relation fictive avec vous. Il avait décidé de s'en prendre à vous avant même d'enlever Jane, cependant elle était la clé. Il ne savait pas que vous étiez ensemble et pourtant, il a enlevé mademoiselle Rizzoli. Pourquoi? Très simple. Il représentait le défi. Celle qui passait le plus de temps avec vous était forte et robuste. Il devait la battre, coûte que coûte. Il est probable qu'il l'ait croisé à la morgue, une fois seulement aurait suffi. Puis il s'en est pris à vous car vous représentiez la dernière étape à l'accomplissement de son fantasme. Voilà la vérité.
-Je... Je ne..."
Les mots ne lui venaient pas, chose extraordinaire lorsque l'on parlait de Maura Isles.
"Cette vérité, l'acceptez-vous?"
Il avait simplement énoncé les faits et cela avait suffi. Dans sa bouche, tout sonnait différemment. Timidement, elle hocha la tête.
"Bien. Alors dites-moi, en quoi êtes-vous responsable de quoi que ce soit dans cette histoire?
-Je... C'est difficile à dire, vous m'avez dit trop de choses, je ne sais plus où j'en suis.
-Je comprends Maura. Réfléchissez quelques instants."
Un silence s'installa. Elle remit en place ses derniers mots, ses dernières pensées afin de trouver une réponse cohérente à lui donner. Elle paniquait comme une adolescente avant un oral.
"Si je n'avais pas été si polie avec lui, si je n'avais pas été l'aider ce soir-là, lorsqu'il a essayé de m'embrasser... Si j'avais simplement porté plainte contre lui après ce qu'il m'avait fait au bras... Nous n'en serions pas là.
-"Avec des si on mettrait Paris en bouteille.".
Elle le regarda avec interrogation.
"C'est une expression. Avec des hypothèses, tout devient possible. Seulement la vie fait avancer avec un seul choix possible à chaque fois. Le retour en arrière est impossible, tout comme vous ne pouvez pas changer ce qu'il s'est passé dans l'histoire. Il faut apprendre à accepter.
-C'est plus facile à dire qu'à faire.
-Je le sais. C'est pour ça que je suis là. Je dois vous montrer que votre vie n'est pas un long tunnel sans fin.
-Je ne comprends pas le rapport.
-Vous allez en sortir. Cette période de votre vie est sombre. Je suppose que vous avez peur de ne pas vous en sortir.
-J'ai surtout peur de perdre ceux que j'aime à cause de ça...
-Vous avez tous les éléments en main. C'est aussi simple que lors d'une enquête, vous avez les pièces, à vous de reconstituer le puzzle..."
Elle ne répondit pas, considérant les paroles du docteur.
"Ce sera tout pour aujourd'hui. Je pense que vous avez déjà de quoi réfléchir d'ici la prochaine fois.
-Oui, je pense."
Elle lui sourit et lui serra la main avant de partir déjeuner avec sa fiancée.
Lorsqu'elles arrivèrent à l'appartement, les deux femmes se dirigèrent directement vers la cuisine. Cavanaugh leur avait accordées un après-midi pour visiter quelques maisons et elles comptaient bien en profiter pour manger correctement. Elles se mirent côte à côte et coupèrent les légumes ensemble.
"On visite combien de maison déjà?
-Quatre d'après Thommas.
-Et celle qui est près du parc?
-En dernière. Comme prévu. Tout va bien?
-Oui, c'est juste que je suis un peu nerveuse. Je n'ai jamais vraiment visité de maison avec quelqu'un d'autre... Enfin pas pour y vivre en tout cas.
-Ce sont juste des visites Maura, ne t'en fais pas.
-Je sais, c'est juste... Non, c'est ridicule."
Elle souriait face à sa propre bêtise. Les lèvres de Jane s'étirèrent en sourire à leur tour à la vue du visage de la blonde.
"Allez Maur'! Qu'est-ce qu'il y a?
-Tu vas me prendre pour une idiote!"
Elle rigola bruyamment pour insister sur la bêtise de la phrase.
"Comment est-ce que je pourrais te trouver idiote? Tu sais plus de chose que Wikipédia!
-Je t'ai déjà dit que Wikipédia n'était pas une encyclopédie très sûre et...
-Ne change pas de sujet.
-Tu me promets que tu ne riras pas?
-Juré!
-Tu ne trouves pas que c'est... Enfin que c'est un cap dans notre relation? Je veux dire on a déjà vécu ensemble, du moins depuis quelques temps mais c'était différent. Là, on va acheter une maison, c'est la promesse d'un engagement et..."
La brune la fit taire par un long baiser.
"Je sais Maura, je sais.
-Tu ne te moque pas de moi?
-Je devrais?
-On dirait une adolescente.
-J'trouve ça mignon.
-Tu vois, tu te moque de moi."
L'italienne souriait avec force, tout comme la légiste à ses côtés.
"Mais non! Tu me fais sourire, je ne me moque pas!
-N'importe quoi!"
La blonde lui tourna le dos et fit semblant de bouder, ce à quoi Jane répondit par un baiser dans le cou.
"Tu es fâchée?"
Elle ne répondit pas.
"Oh allez Maura! Je suis désolée, c'était pour rire!"
Elle ne répondit toujours pas et la brune passa ses mains autour de son ventre dans susciter la moindre réaction.
"C'était de l'humour, excuse-moi mon ange! J'aime pas quand tu fais la tête, je me sens trop mal!"
Elle commençait à avoir peur de l'avoir vexée lorsqu'elle sentir le corps de Maura tressauter. Des éclats de rire lui parvinrent et devinrent de plus en plus fort. La légiste se retourna et en un éclair saisit la bouche de la brune. Lorsqu'elles se séparèrent Jane lui sourit.
"Tu es de plus en plus bonne actrice!
-Disons que j'ai eu un bon professeur..."
Elles s'embrassèrent encore une fois avant de terminer le repas en riant.
"Il est déjà quatorze heure!
-On n'est pas en retard, ne t'inquiète pas Maura!
-On a rendez-vous dans moins d'une heure Jane!
-Oui je sais. Et alors?
-Je ne suis pas prête!
-Il vient à la maison de toute façon...
-Tu as raison... Il faut que l'on arrange la maison!
-Euh... Tu es sûre que ça va mon ange?
-Oui. Seulement c'est ma mère qui nous l'a envoyé. Cela veut dire que si ça se passe mal c'est sa réputation qui va en pâtir.
-Comment tu peux prendre la défense de sa réputation alors qu'il n'y a pas trois jours vous étiez encore fâchées?"
Elle haussa les épaules en souriant.
"Encore un mystère à résoudre détective..."
Maura posa délicatement ses lèvres sur celle de sa compagne et alla se préparer. Elle fut suivie de près par la brune qui contemplait toujours avec beaucoup d'admiration la coquetterie de sa fiancée.
Lorsque chacune fut prête -bien que Jane n'en eut que pour quelques minutes- elles descendirent pour attendre monsieur Thommas.
"J'ai l'impression de partir en mission d'infiltration.
-Vraiment?
-Ouais... Tu sais du genre: couple de lesbiennes riches qui habite dans un quartier de mafieux."
Maura éclata de rire.
"Comment tu as pu en arriver à cette pensée?
-Je sais pas! Ça m'a juste traversé l'esprit."
Elles rirent ensemble lorsqu'une voiture se gara devant elles.
"Bonjour, j'espère que vous ne m'avez pas trop attendu!
-Non, aucun soucis!"
Il leur serra la main et déposa la béquille de la détective à l'arrière. Maura s'installa à l'avant et regardant Jane monter avec patience.
"Bon, nous allons visiter quelques maisons puis nous ferons le point à l'agence. Cela vous va?
-Très bien."
Le regard de la blonde croisa celui de l'italienne et sembla lui dire qu'elle était heureuse. Petit à petit, la peur et la douleur dans ses yeux s'estompaient pour laisser place de nouveau au rire et au bonheur.
Trois maisons avaient déjà été visitées. Elles étaient charmantes, bien placés et plutôt agréables à vivre, et pourtant, Jane se focalisait sur la dernière. Celle qu'elle avait sentie, sans raison apparente comme sa maison, la seule dans laquelle elle ne pourrait jamais élever des enfants et vivre pleinement son amour avec la blonde. Lorsque la voiture se gara devant, Jane sembla la redécouvrir, comme si c'était la toute première fois qu'elle passait devant. Elle se demandait comment cette maison pouvait encore être en vente. En s'appuyant sur sa béquille elle emboîta le pas de l'agent immobilier. Alors qu'elle avançait, une main vint se glisser dans la sienne. Elle regarda la légiste et lui sourit avec amour.
"On entre?"
La blonde lui sourit à son tour.
"On est là pour ça non?"
Thommas leur tenait la porte et semblait attendri par ce jeune couple. Les amours neufs sont toujours les plus mignons pensa-t-il.
Dès qu'elle entra dans l'entrée, Jane fut surprise. De l'extérieur, la maison était ancienne, datant de la colonisation de la ville, cependant, l'intérieur était une représentation parfaite de la modernité. Bien que la décoration soit épurée, les étagères colorées donnaient une impression de pièce remplie, sans pour autant paraître surchargée. Sa deuxième impression fut pour la grandeur de la pièce. Au-dessus de la cheminée trônait un grand miroir au cadre doré.
"Des gens habitent encore ici?
-Non, il s'agissait d'une résidence de vacances. La femme est décédée suite à un cancer et le mari n'a plus la force de revenir. Il vend tout, les meubles avec.
-Tout?
-Tout."
Jane parcourut la pièce du regard et observa quelques secondes la réaction de Maura. Cette dernière semblait fascinée par l'authenticité des murs. La visite de poursuivit dans la cuisine. Ouverte sur le salon et spacieuse, elle respirait une fois encore la modernité et le neuf. Une porte vitrée donnait sur la terrasse.
"Il y a un autre moyen d'accéder à la terrasse?
-Une baie vitrée, dans le salon."
Le travail d'agent immobilier consistait à vendre son produit comme si sa vie en dépendait. Donner des informations sur la maison, sur les anciennes complications, le mode de chauffage ou encore le tapage nocturne. Pourtant, Thommas n'en fit rien. Il était suffisamment intelligent pour reconnaître des clients envoutés quand il en voyait.
"Cette maison a été rénovée?
-Il y a tout juste un an."
Elle hocha la tête en souriant et reprit la main de Maura.
"Je vais vous montrer l'étage."
Leurs pas résonnèrent dans le silence impérial de la maison. Dans cette demeure où reposaient encore les vestiges du bonheur d'un couple de retraités.
Les escaliers étaient en bois ciré et vernis. Jane passa en dernière pour ne ralentir personne et monta en appréciant le bruit des lames craquant sous son poids. Sur le palier apparaissait quatre portes. Trois chambres et une salle de bain. Les deux chambres cotes à cotes étaient en tout point semblable. Une cheminée obstruée face à la porte et une fenêtre de parte et d'autre de cette dernière. La pièce était lumineuse et spacieuse. Maura s'y voyait déjà prendre son petit déjeuner au lit, dans les bras de la détective. Son sourire redoubla d'intensité lorsqu'elle alla se mettre à la fenêtre.
"Oh mon dieu Jane..."
L'intéressée se retourna et s'approcha de sa fiancée.
"Qu'est-ce qu'il... Waouh!"
La vue qui s'offrait à elle était magnifique. Bien qu'il fût encore tôt, le soleil commençait déjà à décliner. Elles le virent disparaître lentement derrière le parc plein de verdure et contemplèrent son reflet dans le lac. Tout semblait accessible d'ici. Voyant la réaction des deux femmes, l'agent les emmena directement au deuxième étage.
"Je pense que je vous montrerais la salle de bain après, venez."
Il les fit monter au dernier étage. Il n'y avait que deux portes, soumises à l'inclinaison du toit. Il leur ouvrit la porte de gauche et les emmena sur le petit balcon. Il y avait largement assez de place pour trois et des qu'elles y mirent les pieds, les deux femmes se sentir disparaître. Elles se sentaient libre et légères face à la vue et à l'étendue de l'œuvre humaine. Les immeubles se disputaient les sommets et les gratte-ciels semblaient se moquer d'eux. Plus bas, la vie continuait, telle qu'elle l'avait toujours fait. Le flot incessant de voiture s'écoulait lentement, les passants avançaient, sans faire attention aux autres, ignorant tout de l'histoire du voisin. Et enfin le parc. Sa verdure s'étalant, montrant toute sa majesté et sa grandeur.
Jane chercha le regard de sa compagne et finit par la croiser. Les mots n'étaient pas nécessaires. Les étoiles qui brillaient dans les prunelles de chacune signifiaient bien plus qu'un discours. Maura lui sourit et obtint comme réponse un hochement de tête. La détective se retourna vers l'agent immobilier et avec une pointe d'excitation dans la voix posa sa question.
"Où est-ce qu'on signe?"
Et voilà pour ce chapitre! Alors qu'en avez-vous pensé? Je vous souhaite une bonne semaine et vous fait de gros bisous! :D
