Désolée pour le problème de mise en page, c'est bon maintenant!

Bonjour tout le monde! Me revoici avec un nouveau chapitre! Je dois vous avouer que ce chapitre je ne voulais pas vraiment le tourner comme ça, mais c'était important de clôturer les rendez-vous chez le psy pour moi. Donc j'espère que cela ne vous dérangera pas trop!

Les réponses aux reviews maintenant:

VirginieL: Je te remercie pour ta review, qui, comme d'habitude m'a fait très plaisir! J'espère que tu n'as pas de soucis trop grave et j'espère que ma fiction continuera de te remonter le moral aussi longtemps que tu en auras besoin! Tout se concrétise en effet, c'est le signal que ma fiction prend fin! Merci encore et bonne semaine! :)

turnen: En effet, c'est ta première review sur ma fiction et je l'accueille avec joie! Je te remercie pour ton message, il est vrai que j'ai une certaine tendance à dramatiser lorsqu'il s'agit de mes reviews! Tes compliments m'ont fait très plaisir! Je te souhaite une bonne lecture et une bonne semaine (et n'hésite pas à continuer de donner ton avis!)! :D

Bon, je vais vous laisser lire mon chapitre et vous retrouve en bas de la page!


Aujourd'hui c'est la dernière fois qu'elle franchit cette porte. La dernière fois qu'elle va lui parler. Cela fait un an qu'elle se confie à lui deux fois par semaine pour en arriver là. Elle a peur de rentrer dans la pièce, peur qu'il lui dise que finalement elle ne va pas mieux. Et pourtant ses pas vont vers le canapé qu'elle a si souvent touché au cours de ces derniers mois. Tant de choses s'étaient passées en deux ans. Tant de choses qu'elle et Jane ont faites. Deux meilleures amies qui se découvrent un amour si puissant qu'il a failli les détruire, un homme qui dans sa folie manque de les anéantir et une vie qui restait à reconstruire. L'homme qui les avait aidé à surmonter tout ça, c'est le docteur Zuckler. Un psychologue de renom qui avait su s'imposer parmi les meilleurs pour les syndromes post-traumatiques dans les brigades criminelles. Aujourd'hui il accueillir Maura avec sa poignée de main habituelle, distante et professionnelle. Éviter tout rapprochement entre le patient et le le médecin était la clé de son métier. Il s'assit en face d'elle et la regarda. Probablement pour évaluer le travail effectué au cours de cette année.
"Bonjour Maura.
-Bonjour docteur.
-Comment allez-vous?
-Bien, très bien même."
Un sourire radieux éclairait son visage.
"Aujourd'hui c'est notre dernière séance. Je propose que l'on fasse un petit bilan de cette année passée ensemble.
-Je me doutais bien que vous alliez me dire ça."
Il sourit et prit ses notes avec soin.
"On en a fait du chemin ensemble Maura.
-En effet.
-Vous êtes venue ici suite au traumatisme provoquée par James Petter, selon vous.
-Mais nous avons conclu que mon problème ne venait pas de là.
-Non en effet. Vous vous sentiez responsable de quelque chose que vous ne pouviez pas contrôler.
-Et aujourd'hui j'ai compris pourquoi.
-Vous êtes une personne qui contrôle beaucoup de chose. Votre position hiérarchique vous donne du pouvoir dont vous avez besoin pour surmonter votre maladresse dans les relations sociales."
Elle eut un rire nerveux.
"J'avais oublié cette partie.
-Et pourtant nous en avons parlé longuement.
-Je m'en souviens, elle m'était juste sortie de la tête.
-Cette maladresse et cette peur lorsque vous êtes auprès des "vivants" si je puis dire, a eu une conséquence directe sur votre relation avec mademoiselle Rizzoli."
Elle hocha la tête calmement.
"Votre relation avec elle vous a ouvert sur les relations humaines et vous a permis de surmonter votre peur. Vous l'aimez sans aucun doute mais cet amour a été le déclencheur d'une nouvelle vague de peur. Ce qui est normal lorsqu'une personne entre dans une nouvelle relation.
-Des mois et des mois résumés en quelques phrases, c'est impressionnant.
-C'est mon métier, je m'efforce de vous remémorez d'ou vous venez pour que vous puissiez repartir heureuse avec vous-même."
Elle hocha la tête avec contentement.
"Nous en arrivons à James. Qu'a-t-il déclenché en vous pour que vous ayez besoin de venir me voir?
-La peur de perdre la seule personne avec laquelle je me sens bien."
Il hocha de nouveau la tête.
"Tout à fait. C'est pour cela que vous n'avez pas pu oublier cet incident tout de suite. La peur était née et était ancrée en vous.
-La base de mes cauchemars.
-Exactement. Vous avez tendance à penser que les personnes qui s'attachent à vous sont en danger notamment à cause de ce qu'il se passe autour de vous.
-Ma famille... Pas ordinaire du tout.
-Non en effet mais c'est aussi ce qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous avez l'impression que tous vos proches sont blessés à vos cotes. Votre mère, votre père biologique, votre mère biologique... Vous pensez qu'il est de votre devoir de les protéger.
-Pensiez.
-Merci de le remarquer. Le fait que votre compagne soit en danger a réveillé ces peurs.
-Jusqu'à ce qu'elles m'envahissent.
-Au fur et à mesure des séances, nous avons pu vous faire réaliser ce sentiment et le corriger.
-C'est exact.
-Alors Maura, je n'aurais qu'une seule question à vous poser aujourd'hui. Sans penser au psychologue en face de vous, comme si j'étais simplement un collègue ou un ami et que je vous posais une question: comment allez-vous aujourd'hui?"
La question était d'une banalité frappante mais elle prit la légiste au dépourvu. Comment allait-elle aujourd'hui? Elle prit son temps pour répondre, consciente qu'à elle seule cette réponse voudrait tout dire. Elle cherchait à faire de grand discours, comment montrer en une phrase tout ce qu'il lui avait apporté. "Comme si j'étais simplement un collègue." Alors tranquillement, avec assurance, elle releva la tête et le regarda dans les yeux en souriant.
"Je vais bien. Aujourd'hui je vais bien."
Il lui rendit son sourire et hocha la tête.
"Alors j'ai le plaisir de vous dire que nous n'avons plus besoin de nous revoir avant longtemps."
Elle lui serra la main et quitta cette pièce qu'au départ elle avait redoutée, puis qu'elle avait attendu et enfin qu'elle espérait ne jamais revoir. Elle se retourna et alla rejoindre la fin qu'elle aimait le plus au monde.
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"Jane!"
La brune se retourna juste attend pour accueillir dans ses bras la magnifique blonde. Cette dernière posa ses lèvres sur celle de sa fiancée avec amour. Lorsqu'elles se séparèrent après plusieurs secondes, elles avaient toutes deux le sourire aux lèvres.
"Waouh, ça a du vraiment bien se passer avec Zuckler...
-Mieux que ça.
-Alors, qu'est-ce qu'il t'a fait faire pour ta dernière séance?
-Un résumé, un compte-rendu si on peut dire."
Elle ne lui parla pas de la question, jugeant nécessaire que s'il lui pose, elle puisse répondre comme elle, avec spontanéité et honnêteté.
"Bon, on mange ou pas?"
La blonde lui sourit.
"Ce n'est pas possible, tu ne penses qu'à manger!
-Ça fait une semaine qu'on a prévu ce pique-nique mon amour!
-Je sais je sais! Petit estomac sur patte!"
Jane rit et laissa le bonheur l'envahir. Au milieu du Boston Common, à seulement quelques mètres de leur maison, elles déjeunaient comme n'importe quel couple de la ville. Le soleil chauffait avec douceur leurs visages épanouis et heureux. Assise sur une couverture les protégeant du picotement de l'herbe, les deux femmes s'apprêtaient à manger.
"Ma' m'a encore appelée pour le mariage. Elle ne tient plus en place...
-Je sais, elle ne voulait même pas me laisser partir après ma séance.
-Ta mère arrive quand d'ailleurs?
-La semaine prochaine. Elle restera jusqu'à ce que l'on rentre de Lune de miel normalement.
-D'accord."
Son regard croisa celui de la blonde.
"Si tu savais comme j'ai hâte! Je crois que je n'ai jamais eu aussi hâte de porter une robe!"
Maura éclata de rire.
"Et moi donc! Si tu savais comme j'ai envie d'y être."
Elle posa sa tête sur l'épaule la brune et ferma les yeux quelques secondes. La chaleur lui procurait une agréable sensation de sécurité, de tranquillité qui l'attirait vers le sommeil.
"Hey, tu ne vas pas dormir? On n'a même pas mangé.
-Excuse-moi. Le soleil me donne toujours sommeil.
-Si tu dormais plus la nuit aussi!"
La légiste se redressa et donna un coup de poing dans l'épaule de sa fiancée.
"La faute à qui si je n'ai pas pu dormir? Tu as passé la soirée à me chercher!
-Je sais que je suis irrésistible docteur Isles, mais il faudrait contrôler vos pulsions."
Elle lui fit un clin d'œil qui fit apparaître un sourire malicieux sur le visage de la scientifique.
"Alors ça, je peux te dire que mes pulsions seront très contrôlées désormais.
-Ouch! Touché!"
Elles rirent de bon cœur ensemble. Un repas pendant une pause déjeuner. Une chose tellement banale et pourtant appréciée comme si c'était la chose la plus rare qu'il soit. Les deux femmes se perdirent dans un baiser intense et langoureux. La blonde appuya son corps contre celui de Jane. Celle-ci bascula et laissa sa tête reposer dans l'herbe tiède. Ses mains se perdirent dans la chevelure dorée de son amante.
"Je croyais que vous deviez contrôler ces pulsions mademoiselle Isles?"
L'intéressée lui posa un doigt sur la bouche.
"Tu te tais et tu m'embrasse."
Ce qu'elle fit sans hésitation. Elles furent stoppées par le téléphone de Jane, très vite rejoint par la sonnerie de Maura.
"On arrive tout de suite."
Elles se regardèrent dans les yeux et s'embrassèrent à nouveau.
"Le travail nous appelle.
-Comme toujours..."

Encore un crime passionnel et une femme en prison. Toujours la même histoire, il la trompe, elle le tue... Jane bénissait le ciel silencieusement de ne pas avoir ce genre de problème avec Maura.
Elle regarda l'heure sur l'ordinateur et vit que le moment approchait. Elle jeta un coup d'œil dehors et remarqua un groupe d'enfant passer devant le commissariat. Pendant quelques secondes elle se vit avec des enfants, fondant une famille au comble du bonheur. Puis les images des enfants enlevés et retrouvés morts lui revinrent et chassèrent toute idée d'enfant de sa tête. Elle rangea ses affaires et se dirigea vers le bureau du docteur Zuckler. Elle y allait teintée de doute mais surtout pleine de bonheur. Après ce rendez-vous, elle se marierait.
"Bonjour Jane.
-Bonjour Docteur."
Il sourit et s'installa.
"Aujourd'hui c'est notre dernière séance.
-Ça a l'air de vous réjouir.
-Parce que je sais que vous allez mieux.
-Ouais. Il paraît que je vais mieux. Merci."
Elle lui sourit à son tour.
"Vous savez ce que nous allons faire aujourd'hui?
-Un espèce de compte-rendu je suppose.
-Tout à fait. Parce que nous en avons fait du chemin en un an. Plus particulièrement, vous en avez fait.
-C'était pour ça que j'étais venu n'est-ce pas?
-Exactement.
-Alors docteur, comment en suis-je arrivée là?"
Il rit. Peut-être pour la première fois devant Jane. Cela la déstabilisa quelques instants.
"Vous êtes une personne très intéressante Jane. Nous avons commencé ensemble et déterminé que c'était ce besoin de tout contrôler qui vous consumait.
-Je me souviens assez bien. J'étais très déstabilisée après l'avoir appris.
-Nous avons été obligés de remonter jusqu'à votre enfance pour régler cela. De comprendre que cela venait de votre enfance entourée de vos petits frères.
-Oui, ils m'en auront fait des misères ces deux-là!"
Le sourire qui accompagnait sa phrase montrait à quel point elle était heureuse d'avoir ses frères.
"Être flic était votre vocation. Déjà en recherche du respect. Pour l'obtenir, vous avez été obligée de vous imposer parmi toute cette testostérone. Vous avez pris le contrôle.
-Et les ennuis débutent...
-Vous avez appris peu à peu à remarquer les moments ou votre envie de tout contrôler était la plus forte jusqu'à réussir à la diminuer et la relayer au second plan.
-Ma première victoire.
-Oui. Il ne restait plus que la peur d'être trop faible pour rester avec le docteur Isles.
-L'amour... J'ai été lente à comprendre.
-Comprendre quoi?
-Que l'amour rend plus fort. J'étais loin du compte.
-Nous avons en effet passé du temps sur ce point. Il a fallu ôté la plupart des images que vous vous faisiez du couple pour permettre de vous en sortir.
-Je suis trop têtue pour ce genre de thérapie je pense!
-Il est certain que vous possédez votre propre caractère. Caractère qui peut-être votre plus grande force ou vous emportez au fond si vous ne le contrôlez pas. Rappelez-vous que vous être votre propre maître. Si vous ne pouvez pas contrôler le reste, c'est donc vous que vous devez contrôler.
-Je m'en souviens très clairement docteur.
-Je n'en doute pas Jane.
-Nous avons beaucoup travaillé sur mon caractère... Ou plutôt ma façon d'être. C'est peut-être la seule chose qui pourrait me gêner. Est-ce que je suis toujours la même personne docteur?
-Il est une chose incontestable dans ce monde Jane. Chaque seconde de passée fait de nous un être différent. Vous êtes différentes de la première fois que vous avez passé cette porte, différente d'il y a quelques minutes. C'est la même le sens de notre existence. L'évolution.
-Je sais tout ça. Vous avez très bien compris le sens de ma question. S'il-vous-plaît.
-Vous êtes la personne que vous devez être. Vous avez changé en bien des points mais le fond de votre personne, ce qui a fait de vous ce que vous êtes aujourd'hui n'a pas changé."
Elle considéra sa réponse quelques instants avant de lui sourire.
"Merci.
-Je vous en prie. Je suis heureux que vous posiez cette question.
-Pourquoi?
-Votre identité vous est propre. Il est important que chacun, en quittant ce bureau, sache qui il est.
-Je sais qui je suis. Je voulais juste être sûre de ne pas me tromper.
-Je suis sûr que vous le savez. Sinon vous n'auriez pas posé la question.
-J'avoue que votre logique me dépasse parfois mais je vous fais confiance.
-Vous avez effectué un travail formidable Jane.
-C'est vous qui avez tout fait.
-Je ne fais que parler et écouter. Le reste viens de vous. Vous allez pouvoir aller retrouver le docteur Isles.
-Vous me chassez?
-Je ne pense pas que vous ayez encore besoin de moi. Je ne vous chasse pas, je vous laisse continuer votre voie sans moi.
-Dans ce cas docteur."
Elle lui serra la main avec formalité.
"J'espère ne jamais revenir.
-J'espère ne jamais vous revoir."
Ils se sourirent et se quittèrent.

"Maur'? Je suis rentrée mon cœur!
-Je suis dans le jardin!"
Elle avança avec empressement vers la terrasse ensoleillée. Elle vit avec bonheur la belle blonde allongée sur une chaise longue avec un livre. Pour être plus à l'aise, cette dernière avait passé un short et un T-shirt et se laissait dorer au soleil. Jane s'approcha d'elle et déposa un baiser sur sa joie brûlante.
"Tu es toute chaude!
-Ça doit faire trente minutes que je suis assise ici. Je viens de commencer un livre.
-Mais tu as fini le dernier la nuit dernière!
-Tu sais très bien que je ne peux pas rester longtemps sans lecture.
-Je sais bien. Qu'est-ce que c'est?
-Un livre français. La Petite Fille de Monsieur Linh de Philipe Claudel.
-Tu l'auras fini demain, tu as vu la taille de ce truc?
-Je sais, j'en ai un autre. Comment s'est passé ton rendez-vous?
-Merveilleusement bien! Je suis libre!
-On va enfin pouvoir se marier..."
Elles s'embrassèrent passionnément avant que Jane ne rompe le contact.
"As-tu la moindre idée d'à quel point tu es belle dans cette tenue?
-Mais je n'ai qu'un short et un T-shirt!
-Justement."
La brune se mit par dessus les jambes de la légiste et l'embrassa. Maura s'assit et passa ses mains dans le dos de la détective.
"Je vous trouve bien entreprenante lieutenant Rizzoli.
-Désolée, je n'ai pas de mandat."
Elles reprirent leur étreinte passionnée avant de se lever et de se diriger vers le canapé du salon. Le cuir froid sous les cuisses encore brûlantes de la blonde lui donna des frissons. Mélangés à ceux que lui donnait Jane, la peau de la scientifique était électrique, réceptive au moindre contact, a la moindre caresse. De ses doigts fins elle déboutonna la chemise de sa compagne et la jeta au sol. Elle fut rapidement rejoint par son t-shirt ainsi que celui de Maura. La brune embrassait le cou de son amante avec passion, avant de descendre sur son épaule. Les doigts de la blonde se promenaient dans la chevelure rebelle de la femme en face d'elle.
"Jane..."
Un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle continua de descendre et embrassa l'aube des seins de Maura. Elle sentit alors une pression contre son menton qui lui demandait de remonter. Ses lèvres allèrent se poser sur celle de la blonde qui échangea leur position. Jane sentit les lèvres de Maura se balader sur sa peau nue, jouer avec sa poitrine dénudée et embrasser son ventre musclé.
"Maura, Maura..."
Entendre son nom ne fit qu'exciter la légiste encore plus.
"Je suis la Jane..."
Leurs lèvres se rencontrèrent encore une fois, messagères d'un amour violent qui désirait une relation physique et puissante. Elles ôtèrent le reste de leurs vêtements sur le chemin pour aller dans la chambre. Lorsqu'elles tombèrent ensemble sur le lit, elles s'embrassaient toujours. Elles étaient nues, livrées à leurs désirs et passions. Elles se sentaient libre de toute entrave, de tout obstacle qui autrefois les freinait. Elles pouvaient se donner entièrement l'une à l'autre, avec confiance. Confiance qui avait toujours été présente mais camouflée par tous les doutes. Ensemble, dans ce lit qui tant de fois les avait bercées, elles perdirent pied ensemble, dans un dernier râle de plaisir.
"Je t'aime Jane.
-Moi aussi Maura..."
Elles restèrent dans les bras de l'autre pendant quelques minutes. Leur corps encore humide de leurs ébats emmêlés et étreints avec amour. On n'entendait que les souffles saccadés des deux femmes jusqu'à ce que Jane rompe le silence.
"Dis mon ange..."
L'intéressée tourna sa tête vers la brune et cala son menton contre son épaule. La main de la détective caressait nerveusement le bras de la légiste.
"Tu sais... Je réfléchissais tout à l'heure... Tu ne voudrais pas qu'on ait des enfants? Ou juste un... Mais tu vois, un petit bout de chou à nous. Qu'on pourrait aimer ensemble et voir grandir."
Le regard de Maura se ferma. Il était plus distant et l'italienne y lisait de la déception et de la tristesse. Ne voulant pas faire de mal à sa fiancée elle se ravisa.
"Non écoutes, c'était idiot. Laisse tomber.
-Non Jane c'est bon, on peut en parler."
Les iris brunes de Jane rencontrèrent les vertes de Maura.
"Je suis désolée, c'est juste que ton regard avait l'air si triste et déçu. Je n'ai pas envie de te blesser...
-Il faut qu'on en parle Jane. Cette idée, tu l'as dans la tête depuis plus d'un an. Elle ne va pas s'envoler.
-Je sais bien. Je comprends tu sais, je me dis moi aussi qu'avec tout ce qu'on voit c'est difficile d'avoir un enfant à nous.
-C'est fragile, innocent, pur. Puis ça grandit, des gens fous les tuent sans raison apparente. On les perd et on pleure.
-Une femme très intelligente m'a dit un jour "Des études ont montré que les optimistes vivaient plus longtemps.". Pourquoi vous-tu uniquement le côté négatif? As-tu pensé au bonheur pendant les sorties au parc, des déjeuners en famille ou des anniversaires?
-Je n'arrive pas à croire que tu te souviennes de ce que je t'ai dit... C'était il y a si longtemps!
-Cinq ans si je me souviens bien. C'était pendant l'enquête sur L'étrangleur de Boston...
-Tu t'en es souvenu.
-Bien sur. Tu dis toujours pleins de choses intelligentes que personne ne sait. Tu as des choses à transmettre Maura, et tu serais une mère formidable...
-Tu n'en sais rien Jane... Je ne saurais pas comment faire, j'ai peur de la maternité. C'est beaucoup de responsabilités, je suis maladroite avec les adultes alors comment veux-tu que je m'en sorte avec un enfant?
-C'est ça qui te fait vraiment peur?
-C'est une chose de s'occuper d'un enfant pendant quelques temps et une autre d'avoir le sien! On est tout le temps appelées pour le travail, cet enfant, on ne sera pas là pour lui!
-Mais qu'est-ce que tu raconte?"
Le ton de Jane était plus dur qu'elle ne l'aurait voulu et elle sentit Maura se décoller d'elle. Elle en profita pour se redresser et faire complètement face à la légiste. Elle se calma et reprit plus doucement.
"Maura, je te connais, mieux que personne. Je sais qui tu es et à quel point tu ferais une bonne mère. Les responsabilités te font peur? Mais enfin Maur'! Tu es le médecin légiste en chef du Massachusetts! Des responsabilités tu en as bien plus que la plupart des gens.
-Dans aucun cas la vie d'une personne n'est en jeu.
-Tu rigoles j'espère. Tu as sauvé la vie à Frankie! Et à Dennis, même si lui tu aurais pu le laisser mourir. Tu as sauvé un homme lors d'une enquête en pinçant je ne sais plus quels veines! La disponibilité? C'est une question de planning. Si on a vraiment envie d'être à la maison on le peut. Il suffira de donner plus de travail à Pike et de laisser les gars se débrouiller sans moi plus souvent.
-Je... Je ne sais pas Jane... Ça me fait tellement peur...
-Moi aussi Maur'. Moi aussi j'ai peur. Mais on ne peut pas laisser la peur gouverner notre vie, ni celle d'un enfant."
Un silence s'installa entre elles. Elles se fixèrent pendant plusieurs secondes qui parurent être des heures. Le temps semblait arrêté jusqu'à ce que Jane souffle et ne baisse la tête. Lorsqu'elle la releva, un sourire était plaqué sur son visage.
"Écoutes, je suis désolée de t'avoir parlé comme ça. C'était idiot de ma part. On va de marier, on aura tout le temps qu'on veut après."
Elle releva le menton de la légiste et lui fit un sourire enfantin.
"Ok?"
La blonde sécha une larme et hocha la tête.
"Tu as le don pour me mettre dans tous mes états!"
Elle sourit à son tour.
"Laisse-moi réfléchir à tout ça d'accord?
-Je te laisserais toute la vie s'il le faut. Enfants ou pas, je ne pourrais jamais vivre sans toi."


Bon et bien voilà... J'espère que ça vous a plu! Il ne reste plus qu'un chapitre et l'épilogue. Je suis vraiment heureuse d'avoir vécu mon "aventure" avec vous! A la semaine prochaine! Bisous!