Notes de l'auteur : Et voilà. Le tout dernier chapitre. C'est la première fois que je termine une histoire (si on ne compte pas les O.S). Je suis donc un peu émue et excitée à la fois. Fière aussi. Je peux donc vous expliquer d'où vient cette idée, maintenant. Il s'agissait juste d'un rêve. Normalement je suis toujours moi-même dans mes rêves mais là : non. J'étais Castiel et j'observais Anna, dans son lit d'hôpital. Puis, en sortant, je suis passée devant une chambre où il y avait Dean. Puis, je me suis réveillée. Et tout s'est construit autour de cette image.
C'était un plaisir d'écrire cette histoire, chapitre après chapitre. Merci à tous ceux qui m'ont soutenue, lue et ceux qui ont laissé des reviews. Ça a été une belle aventure et c'est surtout grâce à vous. Donc merci !
Remerciements : Merci à Dupond et Dupont qui m'a aidée du début à la fin de cette histoire. Si vous en apprécié la qualité, c'est grâce à elle. Et merci à Deidato qui donne une seconde vie à cette histoire en la traduisant.
Réponse à Oswin Goldstein : Et oui, un an ! Le temps pour Dean de se reconstruire, de devenir stable. De guérir un peu plus. Je suis ravie d'apprendre que tu as trouvé les explications cohérentes ! Et oui, il y aura d'autres histoires qui suivront et bientôt le retour de TSS :) ! Merci pour cette review et ta fidélité !
Bonne (dernière) lecture !
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Castiel déposa un baiser sur le front de sa cousine et s'en alla, refermant doucement la porte derrière-lui. Il se glissa dans l'embrasure de la chambre de Balthazar et lui fit un geste de la main pour le saluer, un sourire aux lèvres, avant de visiter rapidement Garth et Mr. Fizzles. Il se rendit ensuite dans la chambre 42 où résidait à présent un vieux monsieur un peu fou qui ne faisait que parler de ses enfants qu'il avait abandonnés, la voix teintée d'une triste culpabilité. Castiel l'écouta de nouveau raconter son histoire sans-queue-ni-tête, posa une main sur son épaule, le rassura. Puis, il s'en alla.
Après avoir discuté quelques minutes avec Julie, Castiel sortit de l'hôpital, la tête haute et le cœur léger. Les portes du bâtiment se refermèrent derrière-lui et la brise chaude l'été caressa sa peau, se glissant sur son visage et à travers ses cheveux. Les éclats du soleil couchant miroitaient sur son trench-coat, le gratifiant de nuances chaleureuses et dorées. Castiel inspira. Expira. Cette saison chaude avait une odeur particulière que Castiel n'arrivait pas vraiment à définir. Un mélange d'herbe fraichement coupée et d'huile de monoï vaguement étalé. De glace à la vanille et de goudron chauffé. De grillades et de bière fraîche.
Castiel n'emprunta plus la même direction qu'il prenait quelques mois plus tôt. Il ne vivait plus là-bas depuis plusieurs mois, dans les riches banlieues de la ville. Il avait déménagé dans une petite maison située à quelques minutes à peine de l'hôpital et du poste de police, la périphérie du centre-ville. L'habitation n'était pas très loin du garage Singer non plus, ce qui était parfait pour Dean maintenant qu'il y travaillait à temps complet.
L'endroit n'était peut-être pas du même standing que la maison qu'il possédait autrefois – et il pouvait toujours entendre les propos réprobateur de ses oncles et tantes quant à son nouveau choix de vie – mais Castiel s'y sentait bien. Il s'y sentait chez lui. Puisque c'était à leur endroit à tous les deux, à Dean et à lui.
Un sourire apparut sur les lèvres de Castiel, lorsqu'il bifurqua dans la rue de sa nouvelle maison où les façades multicolores des habitations se succédaient les unes après les autres : l'impala était garée devant l'allée, ses traits ébènes détonnant dans l'horizon bariolé.
Dean était là, chez eux.
Après la dispute qu'ils avaient eu le matin même – dispute dont Castiel ne se souvenait même plus l'origine – il n'aurait pas été si étonné que cela si Dean avait décidé de passer sa soirée au Roadhouse, loin de lui. A force de croire bêtement que Castiel allait partir et l'abandonner parce qu'il continuait malgré tout à avoir encore des cauchemars violents, Dean trouvait souvent plus simple de fuir le premier. Pour moins souffrir, sans doute. Castiel s'était d'abord vexée face aux comportements de son partenaire mais puisque Dean finissait toujours par revenir, Castiel avait fini par ne plus rien dire et attendre.
Et même quand Dean réaliserait enfin que son compagnon resterait toujours à ses côtés, Castiel savait pertinemment que ce n'était pas pour cela que les disputes allaient s'arrêter, qu'elles concernent une brique de lait vide oubliée dans le frigo, le remboursement du prêt de la maison ou encore la demande d'adoption qui n'avançait que trop lentement malgré le berceau qui attendait sagement dans la chambre du premier étage.
En attendant, Dean était là ce soir. Il ne fuyait pas. Il commençait peut-être à comprendre que ces disputes ne faisaient pas le poids face à tous ces réveils qu'ils passaient ensemble, le bleu noyé dans le vert ou le vert englouti par le bleu. A leur vie spontanée et leurs doigts entremêlés. A leurs regards, leurs sourires et leurs rires. A leurs lèvres affamées et leurs soupirs et murmures enfiévrés. Dean réalisait peut-être que Castiel n'avait jamais été aussi heureux qu'il ne l'était à présent, ni même aussi amoureux.
Lorsque Castiel enclencha la poignée, un bruit de métal se fracassant le sol résonna dans toute la maison. Castiel fronça les sourcils et referma délicatement la porte derrière-lui. De là où il était, il pouvait entendre Dean jurer entre ses dents tandis qu'une douce odeur de viande rôtie et d'haricot verts et d'oignons cuits au four se faufila dans ses narines. Dean lui avait préparé un dîner. Main sur son ventre qui gargouillait déjà d'impatience, Castiel s'apprêta à le rejoindre dans la cuisine quand une voix désespérée l'interrompit net dans sa démarche :
« Ne rentre surtout pas !
Castiel se figea puis resta immobile sans trop savoir ce qu'il devait faire.
– Tout va bien Dean ?
– Oui, oui, oui, répondit sa voix lointaine. Mais ne viens pas dans la cuisine !
Le plancher craqua sous les pas de Dean lorsque celui-ci apparut dans l'embrasure de la porte, les cheveux en pagaille et de la farine sur le nez. Son compagnon passa le revers de sa paume en pestant et Castiel ne put s'empêcher de sourire.
– Est-ce que tu peux sortir Crowley ? demanda Dean d'une toute petite voix. Je n'ai pas eu le temps de faire aujourd'hui. Il doit être dans notre chambre. Laisse-moi juste encore trente minutes, s'il te plaît.
Dean se mordilla les lèvres, attendant la réponse de Castiel.
– Bien sûr Dean, je monte me changer puis je fais ça.
Un immense sourire aux lèvres, Dean disparut de nouveau dans la cuisine en chantonnant Poor Some Sugar On Me – oui, Castiel reconnaissait toutes les musiques que Dean écoutait et chantait à présent. Castiel laissa échapper un petit rire avant de se diriger vers leur chambre.
De nombreuses photographies étaient accrochées le long du couloir principal de la maison et Castiel ne pouvait s'empêcher de les regarder dès qu'il passait à leur côté. Il y avait Mary qui grandissait beaucoup trop vite et le ventre de Jessica qui s'arrondissait de nouveau. Il y avait Dean et Castiel, main dans la main. Au bord du lac. Près du barbecue. Sur le perron de la maison de Sam et de Jessica. Il y avait aussi Anna, dans sa jeunesse flamboyante. Bobby, Ellen, Jo, Sam, Jessica, Dean et Castiel au Roadhouse. Il y avait même Crowley, assoupi sur les genoux de Bobby qui ne semblait pas vraiment savoir comment réagir. Il y avait des souvenirs, des promesses, des espoirs. Une famille heureuse. Unie.
Castiel entra dans sa chambre il retrouva Crowley allongé au bout du lit, ses ronflements inondant la pièce. Le bruit causé par Dean ne l'avait même pas réveillé. Castiel soupira devant l'animal. Lorsqu'il avait émis l'idée d'avoir un chien, il avait été loin d'imaginer que Dean puisse arriver une semaine après, tout sourire, un carlin noir dans les bras.
– On avait dit « pas sur le lit », lui chuchota Castiel en s'asseyant à ses côtés.
L'animal s'étira avant de relever la tête, ses gros yeux globuleux le fixant tristement. Crowley glapit faiblement, cherchant à attiser la compassion de son maître qui ne put s'empêcher de sourire devant son animal. Castiel se retrouvait souvent impuissant face à lui.
– Allez, on va aller faire un tour.
Castiel retira son trench-coat, sa cravate et sa chemise avant d'enfiler un t-shirt de Dean. Il était toujours mieux dans les t-shirt de son compagnon, enveloppé dans son odeur. Gilet sur le dos, Castiel attacha ensuite une laisse au collier de Crowley qui fronça son museau écrasé, avant de le prendre dans ses bras. Et, luttant contre l'envie de jeter un œil dans la cuisine et de découvrir ce que lui concoctait Dean pour leur soirée, Castiel traversa rapidement le couloir.
Il fit le tour du pâté de maison, contrôlant plus ou moins bien son chien qui avait décidé de renifler tous les recoins des ruelles. Alors qu'il profitait paisiblement de l'atmosphère chaude de cette soirée de mois d'août, Castiel croisa Uriel, ce voisin pas très bavard avec qui il s'entendait bien, finalement. Ils discutèrent du voisinage, son nouvel ami pestant contre Krissy et Aidan qu'il avait encore surpris en train de se bécoter contre le mur de sa maison. Castiel rit, rétorquant qu'il trouvait ça plus touchant qu'autre chose. Castiel appréciait sincèrement ses voisins, leurs éclats de rires qui résonnaient dans la rue et les apéritifs improvisés qu'ils passaient en leur compagnie. Et même si Uriel avait tendance à un peu tout critiquer, cela n'entachait pas ses sentiments.
Lorsque le soleil disparut derrière les toits des maisons Castiel se dit qu'il était temps pour lui de rentrer. Il longea de nouveaux les maisons aux murs de briques ocre et aux revêtements verts, orangés, bleutés. Des fanions de la dernière fête des voisins étaient encore suspendus çà et là, petits triangles bigarrés se fondant dans le ciel bleuté.
Une fois de retour chez eux, Castiel détacha la laisse de Crowley qui s'élança dans un fou dans le couloir de la maison – direction la chambre conjugal, bien évidemment.
Castiel, lui, n'osait pas vraiment bouger de peur d'arriver un peu trop tôt et que Dean ne soit pas encore prêt. Seulement, le bruit de l'eau qui gouttait et glissait contre un corps se parvint rapidement à ses oreilles, il comprit aussitôt que Dean était sous la douche. Castiel hésita pendant quelques instants à le rejoindre quand sa curiosité fut attisée par un air de rock'n'roll résonnant doucement dans le salon. Castiel retira ses chaussures et enfila ses pantoufles avant de s'y diriger.
La table était dressée, une longue nappe noire la recouvrant et une orchidée blanche posée en son centre. Les assiettes avaient également été parfaitement disposées, accompagnées de ses couverts et de verres à vin. L'odeur qui se dégageait de la cuisine laissait présager à Castiel que Dean lui avait préparé un dîner en tête-à-tête. Et peut-être que son compagnon allait être le dessert, encore une fois.
Ce n'était pas tous les jours que Dean faisait des efforts comme celui-là, préférant souvent les soirées simples et sans superflus. Seulement, son compagnon avait toujours le don de le surprendre, de lui apporter un peu de piquant dans sa vie, de casser le quotidien et la routine. Quand ce n'était pas des road trips impromptus jusqu'à l'autre bout du pays, c'était des cadeaux, des fêtes surprises, des baisers volés.
Un raclement de gorge sortit Castiel de ses pensées. Il se retourna aussitôt. Dean était adossé contre l'embrasure de la porte du salon. Ses cheveux étaient encore humides – une gouttelette d'eau dévala sa nuque avant de disparaître sous son t-shirt. Bon sang que Castiel était amoureux.
– Hey, murmura Dean, un sourire aux lèvres.
Le cœur de Castiel eut un raté. Encore une fois. Ça ne s'arrêtait donc jamais avec lui. Dean se redressa et se rapprocha doucement de lui, ses pieds nus foulant le parquet qui grinçait en rythme. Il posa ses deux bras autour de la nuque de Castiel, le rapprocha un peu plus de lui et déposa ses lèvres sur les siennes. Un soupir de contentement roula dans la gorge de Castiel et Dean laissa échapper un petit rire contre sa bouche. Il se recula légèrement, le scruta de ses grands yeux verts et murmura :
– Bienvenue à la maison. »
Fin
Notes de l'auteur : Je ne peux plus vous dire « à bientôt pour un nouveau chapitre » ou « à très vite dans cette histoire » et ça me rend un peu triste. Merci, merci, merci d'avoir suivi cette histoire jusqu'au bout, jusqu'au tout dernier point. Ca me touche beaucoup. Je ne pensais pas aller aussi loin avec cet univers.
Donc, ouais. Merci.
Et à bientôt dans de nouvelles histoires ?
Ellen.
