Je... M'excuse? Pardonnez moi?
J'ai été absente, et sans doute sans raison valable. J'avais prévu d'être, euh régulière. Bon bin je ne le suis pas, genre, du tout^^

Je travaillais, nouveauté pour moi, et je travaille encore, tout en allant en cours, du coup, j'ai un peu de mal à conjuguer passion, université et travail, bien que je prenne des disposition pour.
Bref, voici un nouveau chapitre, d'une fic quasi oubliée, j'en suis sûre, c'est triste, mais je vais faire des efforts (si mon année de L2 me le permet xD)
Bon, on passe aux reviews^^

Déjà, merci :)

Ensuite:
: MERCI! Voilà la suite, tardive mais la voilà ^^

Traffy D Lamy : Hello miss! Voilà la suite :)

Hey: Hey^^ Merciiiiii~ Voilà la suite^^

Merci à vous, vos retours sont très encourageants :D


Disclaimer: Bin, OnePiece est a Oda, voilà. Séléné est à Hanako et moi^^


Chapitre 1 : Sur cette île elle l'a rencontré...

Allellya, quelques nuits plus tard…

La jeune femme à la chevelure d'argent faisait une nouvelle fois son escapade sur les toits, telle une ombre, lorsqu'un chuintement de lame parvint à ses oreilles. Aussi discrète qu'à l'accoutumée, elle redescendit dans la noirceur des ruelles sinueuses et se dirigea prudemment vers le lieu d'où venait le singulier bruit. Là, elle le vit : Le fier capitaine que la demoiselle se tenait, un magnifique nodachi dégainé. Autour de lui se dressait des hommes plus que reconnaissables : des chasseurs de primes.

Oh, vraiment, leur apparence trahissait sans mal leur profession, ne leur offrant aucun anonymat, et peu d'entre eux savaient être discrets. Vêtus de tenues abîmées, des chaines pendues à leurs sacoches, des pistolets rongés par la rouille ou rayés de tous les côtés, accrochés à leur ceinture ou dans leurs mains. Leur visage comportait presque tous de multiples marques, entailles, cicatrices ou les traces d'un coup cuisant, reçu durant un récent combat la plus part du temps. La nuit leur avait offert un camouflage naturel intéressant, leur offrant la possibilité d'encercler le pirate, pour autant, cela ne signifiait en rien que cela leur offrait un quelconque avantage… Le pirate ne semblait qu'ennuyé de leur présence, ses yeux couleurs aciers scrutaient sans grand intérêt ses opposants, son visage n'arborait aucune expression, comme s'il était vide. Pourtant, dans son regard, la lueur qui brillait prouvait bien que l'homme n'était pas vide d'émotion, ou inconscient, loin de là.

Tout se déroula très vite : Aucune sommation, aucune parole, pas même un rire ou un souffle. Une détonation de pistolet, puis une seconde, et une dernière, ni plus, ni moins. Le silence de la nuit était bien vite revenu, l'agitation s'était envolée, volatilisée, laissant derrière elle des hommes inconscients, parfois légèrement entaillés, mais tous sains et saufs. Séléné avait observé la scène, tapie dans l'ombre. Songeuse, elle réalisait que depuis son arrivée, cet intriguant pirate avait lui aussi fait profil bas, évitant de faire ou d'attirer l'attention. Le détaillant avec plus d'attention, elle suivit les mouvements de l'étranger, sa souplesse, son pouvoir, ses yeux.

Ses yeux l'hypnotisaient, plus dangereux que cette lame qu'il maniait, et dotés d'une expressivité renversante. L'instant pendant lequel Séléné avait pu l'observer ne lui avait pas suffi. Quelque chose l'attirait à lui, à ses yeux qui semblaient pouvoir la transpercer en un simple battement de cil. Ce regard aiguisé auquel rien ne pouvait échapper, auquel les secrets s'abandonnaient sans retenu… Elle le sentait, il pouvait la délivrer de cette morne routine, de ces entraves d'ombres…

Mais était-ce là bien sage… ?

Une nouvelle fois, l'appel de l'océan taraudait la jeune femme, la torturant, déchirant sa raison et son instinct. Elle devait faire profil bas, demeurer dans l'ombre, loin de la piraterie, de la marine et des révolutionnaires, mais chaque soir cet appel le lui prouvait, elle appartenait aux océans qui s'étendaient à perte de vue, reflétant mille et une lumières, tempêtes et voiles.

Mais elle le savait, elle ne le devait pas, surtout pas. Rester cacher dans l'ombre de la menace pour que jamais elle ne vous repère, voilà ce qu'elle se devait de faire, et sans écart ni audacieuse tentative. Son poste à l'hôpital était déjà pour sa sécurité une forme de danger non négligeable, il était hors de question qu'elle pousse d'avantage l'aventure.

Pirate ? Ce n'était pas un avenir pour elle, le monde entier se dresserait contre elle… Elle ne se sentait pas l'âme d'une guerrière, ou encore assez forte pour le supporter. Elle n'était pas faite pour ça, un point c'est tout. Subir les critiques indirectes de la population ignorant son secret lui était déjà pénible, alors comment affronter les insultes qui pourraient lui être crachée en plein visage, les regards haineux, la peur des plus faibles, la convoitise des plus puissants… Non.

Cachée, elle demeurerait cachée, effleurant du regard le rêve que le fier capitaine lui faisait miroiter sans le savoir, rien qu'en se tenant parfois dans le champ de vision de la demoiselle.
En parlant du dit pirate, celui-ci, tel une ombre, s'était éclipsé…
Réalisant soudainement qu'elle s'était trop approchée pour perdre de vue l'homme, Séléné recula à pas de loup, discrète comme à l'accoutumée. Elle s'éloigna encore, d'une rue, d'une seconde, mais quelque chose lui hurlait de fuir en courant, qu'elle était prise au piège…
Tout à coup son dos rencontra une surface qui jamais n'aurait dû être là. C'était à fois chaud et glaçant, doux mais ferme, mobile sans pouvoir être repoussé…
Oh… Aucun doute. Un torse.
Un trait argenté fendit l'air, dans un sifflement mélodieux, son si agréable aux oreilles de la jeune femme. La lame quant à elle alla se loger sous la gorge claire et découverte de sa cible, tandis qu'une main se plaça sans hésitation sur sa bouche. Du regard, Séléné repéra les tatouages surprenant qui figuraient sur les phalanges découvertes : « DEATH »… Oh. Quelle idée glauque mais originale, attirant autant l'attention que la méfiance…

Un souffle contre son oreille sortit la miss de ses pensées :

« Un mot, et je t'égorge, lui intima la voix grave du Chirurgien de la Mort. »

Pas une réponse, rien, juste une pale main saisissant celle qui couvrait la bouche de la doctoresse, une main terriblement douce, qui nullement ne tremblait, et qui, tout comme lui, n'hésitait pas. Le corps frêle qu'il tenait le poussa doucement davantage contre le mur, dans l'ombre impénétrable… Surpris, Trafalgar relâcha sa prise, non sans garder ses mains sur sa proie.

Soudain, des cris résonnèrent, et des bruits de courses emplirent le silence nocturne qui jusqu'alors régnait. Une patrouille de marine passa devant le duo caché, suivit des chasseurs de prime, honteux et énervés. Il le savait : ces hommes le cherchaient. Inconsciemment, il exerça une pression sur l'épaule de la miss à ses côtés, cette dernière dégagea sans inquiétude sa main et se retourna, plantant son regard dans le sien.
Contre toute attente, le pirate y lu de la confiance et une pointe d'habitude. La présence de la patrouille ne semblait pas l'inquiéter plus que cela, tout comme le fait qu'un pirate la menace.
Non, loin de là, dans ses yeux si doux et brillants se reflétaient un espoir à demi caché, et un rêve aussi vieux que la belle enfant.
Sans s'en rendre compte, il s'approcha de ces prunelles si lumineuse, et s'approcha encore, jusqu'à ce qu'il ne soit qu'à quelques centimètre du visage offert devant lui. Là, réalisant son geste, il se redressa brusquement et se passa négligemment la main sur le visage, trop désemparé pour faire preuve de retenue.
Cependant, la fraction de seconde pendant laquelle il avait quitté la jeune femme avait suffi à cette dernière pour disparaître, un rire cristallin enchantant l'air marin de frais de la nuit. Immédiatement, le célèbre criminel s'engouffra dans la ruelle en face de lui, à la poursuite de la miss. Il entendit ce doux rire encore quelques instants, au détour d'une allée, puis d'une avenue. Malheureusement, le dédalle de rues avait eu raison de lui, lui arrachant le rayon de lune qu'il croyait pouvoir contempler encore quelques instants.

Sonné et agréablement surpris, Trafalgar songea qu'il chercherait ce joli oiseau le lendemain s'il en avait l'occasion, puis il tourna les talons et s'en retourna dans son navire. La tête emplie de question tournant autour de cette mystérieuse inconnue.

Le lendemain, le capitaine des Heart Pirates sortit avec hâte du sous-marin, déterminer à trouver la jeune femme qui avait si agréablement hanté sa nuit. Son équipage n'avait rien compris à la fougue de leur supérieur, n'ayant pas eu vent des évènements de la veille, ni des plans du brun.
Cependant, il eut beau chercher, les rues ne lui rendaient pas la belle demoiselle qu'elles lui avaient prise la veille. En début d'après-midi, ses pas égarés l'amenèrent jusque devant l'hôpital de la ville. A demi déçu de ne pas avoir encore trouvé celle qui cette nuit l'avait conquis, il décida de faire une pause dans ses recherches et s'engouffra dans l'établissement, une forte envie de jouer au bon médecin. L'ambiance ennuyeuse de l'île lui pesait, l'entrainant dans des balades nocturnes et des envies d'être un peu gentil… Il lui tardait de partir de cet endroit si peu enrichissant ! La seule chose, la seule personne qui jusqu'alors avait rendu cette escale intéressante était la mystérieuse jeune femme à la chevelure argenté qu'il avait aperçu à son arrivé et rencontré la veille.

C'est pourquoi il troqua son nodachi contre une blouse de médecin et qu'il prétendit être un nouveau docteur du service de chirurgie.

Alors, il se rendit compte d'une terrible chose : Non seulement la population était ennuyeuse, mais en plus, elle était d'une naïveté affligeante. Les internes accueillirent le pirate comme un petit nouveau n'y connaissant guère plus que le contenu de ses manuels scolaire à la vie. Evidemment, Trafalgar joua le jeu, se retenant d'attirer l'attention. Durant le début de la soirée, Law, lassé d'assister un vieux chirurgien alcoolisé dans une opération des plus simples, alla trainer près de l'entrée. Soudain, un appel à l'aide lui parvint, un père tenant dans ses bras un enfant livide et inanimé, dénué de souffle et aux battements de cœur d'une faiblesse inquiétante courait vers l'hôpital. De nombreuses zébrures violacées parcouraient la peau trop blanche du petit, de nettes traces de piqures ornaient ses jambes, parmi quelques hématomes et égratignures plus impressionnantes que menaçantes. Le douloureux souvenir d'une situation très similaire impliquant sa tendre Lamy lui fit prendre en main le gamin, sous les yeux éberlués des médecins présents.

Quelques minutes plus tard, il pénétrait dans un bloc opératoire, hélant deux assistants qu'il avait perçu comme compétents durant l'après-midi. L'agitation régnant autour de lui devenait ingérable : ceux qui l'avaient accueilli plus tôt lui disaient de laisser cela au docteur Séléné, que sinon l'enfant allait forcément mourir. Le nombre de piqures reçues justifiaient aisément l'empoisonnement du jeune patient, et leur forme trahissait l'identité de l'animal, ou plutôt, des animaux, ayant mis le gamin dans cet état. Malgré tout, Law tint bon, et mis violement dehors les gêneurs avant de soigner le garçonnet qu'il avait désormais sous sa responsabilité.
Evidemment, comme si cela ne suffisait pas, un des internes réalisa très rapidement quelle était la nature des maux dont souffrait le petit, et surtout, qu'il s'agissait de son propre frère, il perdit pieds et conscience, s'effondrant au sol. Alors que Trafalgar jurait sous son masque, une chevelure argentée entra dans son champ de vision, annonçant qu'elle sortait l'interne et le remplacerait.

Puis, contre toute attente, une gifle fut assénée au Chirurgien de la Mort, perdu dans sa contemplation de la jeune femme après laquelle il courait depuis l'aube. Le brun secoua la tête en reculant, mais sa question se perdit dans sa gorge :

« Docteur Heart, il faut s'occuper du patient et non compter les mouches ! S'exclama la doctoresse en enfilant une paires de gants chirurgicaux. »

Il n'en fallut pas plus pour réveiller l'homme qui se mit directement au travail.

Quelques heures plus tard, l'enfant se réveillait enfin, dans une chambre d'hôpital et en présence de sa famille, soulagée. Law laissa à la jeune femme l'accompagnant le soin de rappeler au patient ainsi qu'à la famille que les serpents à bonbonneurs étaient dotés d'une réserve de poison mortel, et que leurs productions sucrées ne valaient pas du tout le risque que leur vol comportait.

Peu après, le duo se retrouva sur le toit de l'hôpital, seul à seule. La doctoresse s'était accoudée au muret, ses prunelles accrochées à l'horizon, fixant les eaux si proches et lointaines à la fois. Trafalgar la regardait, ne se lassant pas de la voir réfléchir, ainsi exposée à la lumière orangée du crépuscule, la courte période d'ensoleillement arrivant déjà à son terme. Finalement, le brun alla s'accouder aux côté de la miss, à quelques mètres d'elle. Le silence régnait, tous deux l'appréciaient, ne souhaitant le briser. Puis, quand vint le moment, ce fut elle qui prit la parole :

« Vous avez bien fait, pour le petit.
_ Son état était trop urgent pour ne rien tenter, rétorqua simplement le chirurgien hors-la-loi.
_ Vous avez de la chance, cela dit, sa famille est trop heureuse et reconnaissante pour se demander qui vous êtes.
_ Les gens normaux ne se posent pas la question de qui vous êtes lorsque vous sauvez la vie de l'un de leur proche.
_ Eux, oui, je vous l'accorde. Néanmoins, les internes qui vous ont accueillis plus tôt ont manqué de lucidité… Nous n'avons pas émis de requête de soutien médical auprès des autres îles, et aucun bateau n'est officiellement arrivé au port depuis près d'un mois et demi. La présence d'un nouveau visage aurait dû les alerter, et vous auriez dû avoir les Marines à vos trousses.
_ Et pourquoi ne vois-je pas encore le moindre d'entre eux accourir ? Demanda Law, un sourire s'étirant sur ses lèvres.
_ Parce qu'ils ont fait preuve de négligence, répondit alors la demoiselle en concentrant son regard sur un Roi des Mers barbotant au loin.
_ Non, vous mentez, contra soudainement l'homme, vous m'avez protégé, ne le niez pas.
_ J'ai simplement fait comme si j'étais au courant de votre venue, et je n'allais pas vous appeler « Trafalgar » devant les autres, cela vous aurait vendu, et nous aurait tous mis en danger, vous comme nous.
_ Ah oui ? Poussa le pirate, sachant pertinemment ce que son vis-à-vis voulait dire.
_ Vous êtes dangereux, je n'ai pas besoin de vous faire un dessin ! Souffla-t-elle.
_ Mais une personne m'apparaissant aussi intelligente que vous aurait pu me dénoncer sans pour autant mettre en danger la population présente, non ? S'amusa le capitaine.
_ Je n'avais pas de raison de vous mettre en difficulté, expliqua la jeune femme en haussant les épaules.
_ Peut-être me serais-je moins ennuyé, proposa Law.
_ Vous êtes-vous ennuyé aujourd'hui ? S'enquit Séléné.
_ Ces derniers jours, oui, mais depuis hier soir, beaucoup moins, je me suis trouvé assez pris à vrai dire...
_ Ah oui ? A vous faire passer pour un des praticiens de l'île ? S'étonna la miss.
_ Non. J'étais occupé à chercher une certaine demoiselle qui m'a échappé la nuit passée, sourit l'homme en plantant son regard, joueur et entendu, dans celui de son vis-à-vis.
_ Echappé ? Cherchiez-vous à la capturer ? Se méfia alors la chirurgienne.
_ Peut-être, qui sait ? Fit le pirate, énigmatique, avant de tomber le masque sous le regard sombre de la jeune femme. Plus sérieusement, je cherchais seulement à prolonger de quelques instants ce moment…
_ Combien de temps durent ces quelques instants, d'après vous ?
_ Je l'ignore, le temps qui nous semble agréable, juste, suffisant : quelques secondes, une poignée de minutes, ou même plus, se pourrait-il qu'on parle d'années ? Peut-être même une vie ? Il y a des êtres pour lesquels un clin d'œil peut valoir mille ans tout comme une fraction de seconde.
_ Poétique et véridique, mais pourquoi vouloir prolonger le moment ? Demanda sincèrement Séléné.
_ Parce que… Parce que… Je… Elle...

Law cherchait ses mots, il avait senti le sérieux de la demoiselle et sentait que ses raisons lui importaient sans doute bien plus qu'elle ne voulait bien le montrer. Il reprit, décidant qu'il n'avait plus envie de jouer, plus envie de se cacher :

_ Parce qu'elle ne semblait pas me craindre.

Le silence lui fit tourner la tête. A côté de lui, la jeune femme le regardait, l'intensité dans ses prunelles enchanteresses lui demandait de continuer. Alors, il rompit le contact visuel, s'adossa au muret, et se pencha en arrière, plongeant ses yeux dans la nébuleuse étoilée qui déjà commençait à gagner le ciel assombri.

_ Parce qu'hier soir elle m'a intrigué, elle m'a surpris. Si discrète, et dans son élément, comme un esprit de la nuit… Elle dégageait cette aura de confiance, si pure et belle… Et ses yeux presque rieurs qui m'incitaient à lui sourire, cette pâleur, et, cette douceur, je la voyais face à moi, sans peur… Et sur les toits, le premier soir, sous cette Lune donnant espoir, alors que l'onde noire nous entourait mon équipage et moi, que rire et paroles fusaient autour de moi… Je ne voyais qu'elle. L'île en elle-même n'était pas très lumineuse, mais cette jeune fille, là-bas, sur les toits, tout là-haut, qui nous regardait… C'était comme si elle brillait, rendant à la Lune son propre reflet. Les rayons nocturnes éclairant sa peau diaphane, et s'aventurant sur ses cheveux clairs dans lesquels jouait le vent, les faisant étinceler de mille-feux… Et ses yeux que je voyais malgré la distance… Tout ce que je voulais, c'était la revoir, et l'autre nuit, dans le noir et l'ombre des ruelles, je la vois, dissimulée et m'observant alors que je suis encerclé et assomme mes assaillants… Ce court instant passé ensemble, la fraîcheur de son corps réchauffant le mien, ses yeux m'observant sans crainte ni jugement, guidant de leur lueur mon esprit perdu par l'étonnement… Je voulais tant rester ainsi, n'aurait-ce été qu'un instant de plus…
Ah ! Je- Euh… J'étais parti dans mes pensées et mes souvenirs, m'écoutant parler ! Se reprit alors le Chirurgien de la Mort, se rappelant la présence à ses côtés tout comme l'identité de son interlocutrice, qui lui fit rapidement signe que son égarement ne l'avait pas perturbée.
_ Donc, la nuit de votre arrivée, vous l'aviez vue sur les toits ? Demanda Séléné pour s'assurer qu'elle n'avait pas rêvé, tout en continuant le jeu de langage instauré depuis le début.
_ Oui, un rayon de Lune l'éclairait, ce remémora Law en s'écartant du muret pour rejoindre la doctoresse quelques mètres plus loin.
_ Peut-être cette jeune femme devrait-elle faire plus attention lors de ses futures escapades nocturnes, réfléchit tout haut la concernée.
_ Pourquoi ?! C'est une vue à couper le souffle qu'elle offre là ! Protesta vivement Trafalgar.
_ Et si elle n'a pas envie d'être vue, rétorqua Séléné.
_ Trop tard, je l'ai vue, rappela-t-il.
_ Jeune femme : zéro. Trafalgar : Un… Mais, et alors ?
_ Et alors ? Et bien j'ai envie de la revoir, encore, encore et encore ! S'exclama le capitaine des Heart Pirates comme s'il s'agissait d'une évidence.
_ Oh… Fit la demoiselle, surprise et rougissante en se détournant pour masquer son embarras.
_ Mais, si elle le voulait bien, murmura Law, à peine audible pour la chirurgienne, en s'approchant d'elle jusqu'à ce qu'il puisse la toucher.
_ Si elle voulait bien quoi… ? L'incita à poursuivre la jeune femme, à la fois curieuse et troublée.
_ N'offrir cette vue si belle… Juste à moi, rien qu'à moi, seulement au pauvre hors-la-loi que je suis, et pas aux autres… Je ne lui demande pas de se cacher, mais simplement de me laisser la voir… Je lui serais vraiment reconnaissant, continua le pirate en glissant ses bras le long du corps de la chirurgienne, l'enlaçant peu à peu.
_ Et si elle ne savait pas quoi répondre ? Demanda d'une voix faible Séléné, relevant les yeux vers l'homme qui la tenait.
_ Je lui dirais de me dire oui, souffla gentiment le brun, un sourire doux et encourageant aux lèvres.
_ Alors, au moins que ces quelques instants que vous recherchiez, elle dit oui, répondit finalement Séléné. »

Doucement, Law se baissa alors vers la demoiselle, lui remontant le menton d'une main. Lentement, leurs lèvres se rencontrèrent, s'apprécièrent, se scellèrent. Les deux chirurgiens fermèrent les yeux, s'offrant dabs ce doux échange.
Soudain, la lueur de la Lune inonda l'endroit, apparaissant de derrière les nuages qui se dissipaient. Très bientôt, les rayons vinrent illuminer la beauté argentée de la doctoresse. Cette dernière brisa le tendre baiser, rouvrant les yeux pour les plonger dans les prunelles d'acier liquide, émerveillées par l'aspect enchanté qui s'emparait alors la jeune doctoresse.
L'instant ô combien magique fut malheureusement brisé par les appels des internes cherchant le duo de médecins. Enervé par l'interruption, Trafalgar relacha son étreinte et demanda :

« Quand sommes-nous supposés terminer notre service ?
_ L'équipe de nuit arrive dans une heure et demi…
_ Dans ce cas, que diriez-vous, mademoiselle, de m'accompagner, après l'arrivée de l'équipe de nuit ?
_ Avec plaisir… Lui répondit avec malice la jeune femme.»

Ce soir-là, l'équipage des Heart Pirates eut la surprise de voir leur capitaine rentrer au sous-marin, pour la première fois, avec une personne extérieure à l'équipage, et qui plus est, une magnifique femme. La surprise générale fut d'autant plus grande que la demoiselle ne sembla pas inquiétée par la présence de l'équipage, ni même par celle de Bepo, et accepta même avec le sourire de diner dans la salle commune à leur table.

Pour tous, c'était là une nouveauté rafraichissante, agréable, et peut-être même, qui sait… Semblait-elle annonciatrice de changements ?