Hello!
Et oui, je suis là~ :)

Voici la suite!

Tout d'abord, merci pour vos reviews, elles sont toujours une source de motivation très importante, me donnant envie de continuer à publier!

D'ailleurs, j'y réponds de suite:

Traffy-D-Lamy:
Merci! Ahah, je peux comprendre, il est vrai qu'on peut croire à un coup de foudre, même si je n'arrive pas à voir cela ainsi^^ Dévore pas trop non plus, les maux d'estomacs sont une infamie pour le corps et l'esprit ;)

14th . Allen:
Merciiii! :D Je ne sais pas non plus, il s'est rangé momentanément je suppose? x) Ahah, tu verras, mais si la question des poisons est le seul élément qui attire ton intérêt, je vais peut-être m'inquiéter ^^ Oui, l'équipage est attaché à elle, Law aussi, et elle est attachée à eux... La suite donnera-t-elle justice à ce lien si peu servi?
Aller, merci encore et à bientôt! :D

nikkouyoku:
Merci beaucoup! :D Voici la suite, j'espère qu'elle te plaira!
A bientôt!

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Disclaimer: One Piece et les personnages qui en découlent appartiennent à Oda, Séléné, ainsi que Luccian et Ban, sont à Hanako et moi, merci de votre compréhension.
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L'Océan l'appelait chapitre 3 : Une douce folie…

Quelques temps s'étaient écoulés depuis cette rupture douloureuse bien que raisonnée, le brun comprenait la décision de la jeune femme, cependant il ne l'acceptait pas, ou du moins, il avait des difficultés à s'en contenter. Elle ne lui avait pas laissé le choix, instaurant une distance importante entre eux. Le personnel médical, au courant de la proximité du duo, s'était vite étonné de ce nouveau comportement, mais le pirate n'avait rien dit, rien fait, il ne voulait pas ternir l'image de la miss ou compromettre le futur de cette dernière sur l'île.
Evidemment, il aurait aimé le faire, la forçant à l'accompagner, mais les paroles de la chirurgienne lui revenaient sans cesse dans son esprit… Elle était contrainte à faire profil bas dans cet endroit, restreinte, attachée à cette île, presque contre son gré, elle qui rêvait de naviguer sur les mers interminables que lui parcourait sans répit…

Pourquoi ? Pourquoi ?! Hurlait intérieurement l'homme alors qu'il sortait de l'hôpital, son travail enfin terminé. D'ailleurs, il n'y retournerait pas, dans cet endroit, il ne le voulait pas. S'il voulait respecter la décision, ô combien douloureuse, de la demoiselle, il ne devait plus l'approcher de trop près, sinon il serait incapable de la laisser tranquille. Il l'avait suivie, lorsqu'elle avait prononcé ces mots le détruisant, il l'avait entendu pleurer, puis retourner, froide et sévère, à son travail…

La raison est parfois blessante, cette situation en était une preuve fracassante, ne plaisant pas le moins du monde aux deux médecins.

Trafalgar arriva, rompu, devant son sous-marin. Il remarqua que l'embarcation était vide, anormalement vide. Son équipage aurait déjà dû être de retour de cette fichue forêt, pourquoi n'étaient-ils pas encore arrivés ?! Sans attendre, l'homme se rendit dans ses quartiers, puis dans la salle commune, à la recherche d'un possible mot laissé par son cher et fidèle second, mais il ne trouva rien du tout. Inquiet, il contacta le Den Den Mushi de Bepo, qui tarda mais finit par être décroché :

« Allo ? Bepo ? Appela le brun.
_ Qui est à l'appareil ? Demanda une voix étrangère au Chirurgien de la Mort.
_ Où est le propriétaire de cet appareil, contra Law.
_ Capitaine, on est en vie, lui parvint un hurlement du Mink, rapidement suivit d'une plainte sonore.
_ Qui. Etes. Vous ? Interrogea avec rage le pirate, sentant son sang bouillir.
_ Trafalgar, rendez-vous à la base marine de l'île si vous voulez revoir en vie votre équipage, annonça l'interlocuteur du capitaine des Heart Pirates, dissipant ainsi les doutes de ce dernier. »

La tonalité changea, signifiant la fin de l'appel, arrachant un hurlement au médecin.

« MERDE ! »

Des heures passèrent, durant lesquelles Law tournait en rond dans ses quartiers, essayant de joindre les outils de communication de chacun de ses hommes. Il comprit vite qu'aucun membre de son équipage n'avait échappé aux Marines. Il se mit à son bureau, une migraine l'épuisant, tandis qu'il cherchait la meilleure solution à la captivité de ses subordonnés et amis. Cependant, plus il y réfléchissait, plus il se sentait incapable, le désespérant malgré lui. Ses pensées revenaient régulièrement à la chirurgienne pour laquelle son cœur battait, il se demandait si elle serait capable de l'aider ou non, face à ce problème épineux, mais il ne voulait pas la mettre en danger, encore moins après cette décision dont elle lui avait fait part malgré la douleur que cela causait visiblement à la miss.

Non, je ne peux lui demander son aide, pas après tout ça. Je ne veux pas attirer les regards sur elle !

Des heures plus tard, il décida de passer un marché avec ceux qui détenaient son équipage, il voyait parfaitement qu'il n'avait pas le choix. Il rappela donc l'escargophone de Bepo, et retomba sur l'homme qu'il avait eu plus tôt.

« Allo ?
_ C'est d'accord, je vais me rendre… Capitula Law.
_ Parfait, qu'attends-tu vermi-
_ Il y a des conditions à ma reddition, le coupa-t-il.
_ Tu te crois en position de marchander ? S'énerva le Marine.
_ Oui. Je veux que mes hommes soient relâchés, sains et saufs, rétorqua le pirate d'une voix sans appel.
_ Hors de question, ils seraient capables de revenir te libérer, j'en libèrerais quatre, choisis vite Chirurgien, choisis vite, je retire un libéré toute les cinq secondes.

Il… Non… Il lui ordonnait de faire un choix parmi ses hommes ?!

_ Je… Commença Law, essayant de trouver un moyen de s'en sortir.
_ Plus que trois, l'informa son ennemi, impitoyable.
_ Bepo, Sachi, Penguin ! S'écria soudainement le pauvre capitaine, énonçant tristement les trois noms qu'il prononçait le plus souvent parmi ses subordonnés.
_ Sois là d'ici midi, sinon je les tue tous les trois, menaça son interlocuteur.
_ Je serais là, lui assura Trafalgar tandis que des vertiges s'emparait de lui. »

La communication fut coupée une nouvelle fois, et le brun s'effondra, inanimé au sol, sa dernière pensée fut de compter qu'il lui restait environ huit heures pour trouver une parade, et se rendre.

Trop peu…

Il était 11H33, devant l'entrée de la base marine de l'île se dressait le capitaine des Heart Pirates, épuisé. Il s'était réveillé deux heures après s'être évanouis, et s'était presque arraché les cheveux pour trouver des alternatives, finissant par prendre une chaise, s'asseoir à nouveau et saisir de quoi écrire, de sorte à transmettre ses dernières directives à ses amis. La nuit blanche qu'il venait de passer avait été nécessaire, mais éreintante.

Désormais il était là, résigné à prendre sur lui pour sauver autant qu'il lui était possible ses compagnons.

Les portes s'ouvrirent, un grincement sinistre s'élevant dans les airs. Là, il les vit, ligotés, un peu égratignés mais toujours debout, les yeux clairs, lucides, le fusillant du regard. Sachant pertinemment qu'ils n'avaient pas accepté la reddition de leur capitaine et préféraient se sacrifier pour lui, un sentiment de culpabilité s'empara du brun, qui soutint tout de même leur regard noir.

Un groupe de soldats s'approcha de Law, des menottes en Kairoseki dans les mains. Conscient qu'il n'y échapperait pas, le médecin les laissa venir, ne les arrêtant que le temps d'obtenir la libération de ses camarades. Dès que les mains de Sachi, le dernier à libérer, furent déliées, le claquement des lourdes menottes de pierre retentit, faisant frissonner Trafalgar et sourire les soldats qui désormais le tenaient entre leurs impitoyables griffes.

C'est alors que Law entendit le bruit d'un fusil qu'on arme, et comprit avec effroi ce qui allait se passer.

« FUYEZ ! » Hurla-t-il en se jetant devant eux, alors que l'explosion se faisait entendre. Le trio déguerpit, Bepo s'excusant à tout va. Par chance, la balle avait manqué Penguin, éraflant tout juste son bras gauche. Les tirs n'avaient pas continué, la présence du brun devant les cibles les gênant trop.

Un homme particulièrement imposant et énervé apparut, marchant d'un pas vif vers le pirate menotté. Sans un mot, il envoya son genou avec force contre le sternum du brun, le projetant contre le sol. La respiration du Chirurgien de la Mort se coupa immédiatement, ses muscles refusant d'opérer les mouvements vitaux qu'étaient ceux de l'inspiration et de l'expiration. Cependant, il n'eut pas le temps de grimacer qu'un coup de pied l'envoya encore plus loin, répandant dans son torse une douleur diffuse et insupportable : une côte avait lâché. Les coups s'enchainèrent, faisant tantôt rouler, tantôt projetant l'homme plus loin. Ainsi, le calvaire dura jusqu'à ce que le corps totalement endolori du pirate ne franchisse, non sans avoir rencontré au passage le mur juste à côté, la porte des quartiers du commandant de la base militaire. Là, deux mains puissantes le saisirent et le suspendirent par les menottes à ses poignets, à un crochet relié par une chaîne au plafond. Sans dire un mot, son assaillant fit s'élever le corps du brun jusqu'à ce que les pieds ne touchent presque plus le sol. De nouveau, il assena un coup de genou à sa cible, rendant à celle-ci sa capacité à respirer. Il fit ensuite pleuvoir les coups, les mâchoires serrées. Il semblait vouloir décharger une colère sourde l'habitant sur le pauvre capitaine, qui ne comprenait vraiment pas comment il avait pu énerver à ce point le commandant en aussi peu de temps et d'échanges entre eux.

Quand enfin l'homme eut terminé de battre le pirate, il sortit de la salle, toujours fulminant, mais ne trouvant aucun intérêt à violenter un homme inconscient. Rapidement, deux jeunes recrues entrèrent dans la pièce, ayant pour mission de nettoyer les lieux, leur supérieur ne supportant pas les traces de sangs qu'il laissait lors de ses emportements.

Durant le nettoyage, Trafalgar se réveilla, une douleur incommensurable dans chaque parcelle de son corps. Il s'apprêtait à hurler malgré lui de souffrance lorsqu'un bâillon, un simple chiffon humide et plein de sang et de poussière, fut glisser dans sa bouche, retenant son cri.

« Silence pirate ! Lui intima une voix. Il n'est pas encore assez loin pour s'être calmé et ne pas t'entendre, expliqua le jeune marine derrière lui.

Que… qu'est-ce que… Peinait à penser le dit pirate, tremblant de douleur, se contorsionnant pour échapper au bâillon qui l'étouffait et lui donnait la nausée.

_ Attends, j'ai amené ça, le docteur Séléné en avait encore en réserve à l'hôpital ! Intervins la seconde voix.

Sé… Séléné ? S'étonna d'entendre le brun.

_ Oh génial ! Injectes lui !

Une aiguille s'enfonça dans le bras gauche du capitaine, il ne la sentit à peine, tout comme il devina plus qu'il ne ressentit le produit lui être administré. Très rapidement, le brun sentit un engourdissement important se répandre dans son corps, apaisant la brulure qui le torturait tant. L'efficacité du produit l'étonna, en tant que médecin, il n'avait jamais rencontré un tel effet anesthésiant. Rapidement, il cessa de trembler, ses muscles se détendant un à un. Quelques secondes plus tard, le chiffon souillé fut ôté de la bouche de Law, le libérant de la contrainte répugnante.

_ Ah ! Soupira de bien-être et heureux de respirer librement le pauvre prisonnier.
_ Pas trop fort, s'il revient il recommence, le prévint un des soldats.
_ Mais… Pourquoi ? Ne comprenait pas le médecin.
_ Tu l'as énervé, il s'est emporté et met du temps à se calmer, informa l'homme en blanc en reprenant son nettoyage.
_ Comment ? Demanda, toujours confus, Law.
_ En l'empêchant de tuer tes subordonnés, s'exclama-t-il, comme s'il s'agissait d'une évidence.
_ Oh… Et que m'avez-vous injecté ? S'intéressa le médecin qu'il était.
_ Une concoction fabriquée par une chirurgienne civile.
_ Oui, le docteur Séléné, j'ai entendu, je parlais du contenu…
_ Pourquoi ça t'intéresse ? Interrogea l'un des soldats, surpris de l'intérêt du prisonnier.
_ Je suis chirurgien, souffla le médecin.
_ Ah, donc ton surnom c'est justifié, réalisa l'un des jeunes. C'est du venin de tarentules d'ombres.
_ Je croyais que ces bestioles était un enfer dans la forêt…
_ C'est le cas, on ne pas trop comment elle fait, mais elle s'en sort à chaque passage là-bas, et puis il y a peu produit.
_ Elle vous l'a donné pour moi ? S'enquit Law.
_ Hein ? Non ! Elle ne sait pas pour qui j'ai été le chercher, même si elle a dû deviner que le commandant avait attrapé un criminel et que le bougre l'avait énervé.
_ Elle est très perspicace cette femme, n'est-ce pas ?
_ Carrément ! Elle m'a même donné un kit de soin en grimaçant, et la fiche d'instruction de soin qui va avec, soupira le soldat en soulevant le pull du brun.
_ A- attendez, vous allez me-
_ La ferme, et laisse-moi faire, le gros nounours m'a donné du fil à retordre, et j'ai déjà l'habitude de soigner les punching-balls de notre supérieur, ordonna le jeune en relevant le vêtement, apercevant déjà les dégâts sur le torse hâlé.
_ C'est… souvent ? Le nounours ? Bepo ? Il a battu Bepo ?! Demanda avec anxiété Trafalgar, se débattant pour échapper aux mains non-expertes de son ennemi.
_ Chut ! Nom d'un Roi des Mers ! Et arrête de bouger bordel ! Je vais pas te tuer mais t'aider, il faut que tu survives jusqu'à l'arrivée du navire pour Impel Down ! »

Dès lors, le brun se laissa manipuler, n'ayant pas vraiment le choix de toute manière. Il ne broncha même pas alors que son vis-à-vis lui débouclait la ceinture et lui ôtait ses chaussures et son pantalon. Ses sens encore très flous lui permettaient tout de même d'être très conscient des mains et du linge humide sur sa peau.

_ Whaou, je crois qu'avec toi, le commandant vient de battre son record de fractures, fut impressionné le jeune marine.
_ A ce point ? S'inquiéta son compère.
_ Oui, c'est la cata, on va devoir appeler un toubib' professionnel.
_ Séléné ? Elle est la plus sympa pour rafistoler nos gars…
_ Non ! Hurla alors le pirate, s'attirant une main sur la bouche et deux regards noirs.
_ Tu la connais, conclut tout de suite le docteur improvisé.
_ Je… Je me suis fait passer pour un médecin lorsque l'explosion est survenue.
_ Avant-hier ? Fut surprit le marine.
_ Oui… Les internes n'ont pas cherché plus loin, mais le docteur Séléné en revanche m'a rapidement découvert, elle a évalué sans que je ne m'en rende compte mes aptitudes puis m'a laissé exercer le temps de soigner le gros des blessés, je servais plutôt bien l'hôpital… Expliqua le brun, mentant à moitié, la voix toujours basse alors que son interlocuteur continuait de le soigner.
_ Pourquoi les avoir aidé ?
_ Par ennui… Et puis, je n'ai pas fait des études de médecine sans raison, murmura le pirate, se faisant tout de même entendre des deux hommes.
_ Attends un peu, tu voulais être un sauveur de vie ?
_ Pirate n'est pas un synonyme de tueur, soupira Law, pour moi c'est une forme de liberté, avoua-t-il.
_ Ah… Je me sens encore plus mal de te voir dans cet état, se lamenta alors le jeune homme.
_ P-Pourquoi? Balbutia Trafalgar.
_ Bah, t'es pas le sale type que t'es censé être, qu'on nous décrit… T'es vachement humain en fait ! Je comprends pourquoi tes hommes étaient révoltés à l'idée que tu te sacrifies pour eux, t'es… T'es le genre de personne que je pensais devenir en rejoignant la marine, termina-t-il, la voix brisée, baissant la tête pour cacher ses yeux larmoyant et se concentrer sur les blessures du capitaine que désormais il admirait.

Bouche bée, le survivant de Flévance ne pouvait détacher ses yeux argentés du garçon, le voyant faire de son mieux en suivant les instructions et conseils écrits du docteur Séléné, il commença donc à également lui donner des conseils, à lui indiquer les zone les plus urgentes à traiter ainsi que répondre aux questions du jeune, l'aiguillant un peu mieux sur son état. Une petite demi-heure plus tard, les soins les plus urgents étaient dans l'ensemble terminés, les fractures étaient pour la plupart réduites, des bandages couvraient le corps finement musclé du plus vieux.

_ Tout de même, certaines blessures nécessitent un savoir que je n'ai pas, et même avec vos conseils, Law, je ne peux pas faire grand-chose de plus… Êtes-vous sûr que vous ne voulez pas de l'aide du docteur Séléné ? S'était mis à le vouvoyer le cadet.
_ Certain, confirma Law, personne d'autre que mon équipage et vous deux sont au courant de mon intervention et de son soutien envers moi à l'hôpital, je ne veux pas la mettre en danger pour quelques blessures, j'ai fait le choix de sauver trois vies au prix de la mienne, elle n'a pas à en être pénalisée… Je ne veux pas qu'elle soit mise au courant, de quelque manière que ce soit.
_ J'ai fini les soins, annonça le plus jeune, blême et admiratif face au courage de l'ainé.
_ Et moi le nettoyage, les informa le troisième homme.
_ Bien… Je pense qu'on se reverra Law, pourvu que soyez mis en geôle très rapidement, le commandant passe en général moins ses nerfs dans les cellules, se justifia le marine. Et puis j'aurai un peu plus l'occasion de vous visiter, aussi… Et puis je pourrais vous donner un peu de nourriture, à vous et votre équipage.

La reconnaissance qui illumina les yeux du prisonnier déconcerta le soldat, qui tomba à genoux devant celui-là, ne cachant plus ses larmes. Le second marine lui prit les épaules et lui demanda :

_ Que t'arrive-t-il ?
_ Je… J'ai raté ma vocation, je maintien tout juste en vie un homme que j'aurai voulu devenir ou connaître dans d'autres circonstances… Je- Law, il faut qu'on vous fasse sortir d'ici, il faut vraiment que vous quittiez cet endroit plein de fous ! S'exclama le jeune.
_ Je vois mal comment m'enfuir d'ici, dans mon état et avec mes hommes, notre log-pose à encore besoin de huit jours, s'amusa tristement le brun, secouant légèrement la tête, un pâle sourire étirant ses lèvres déchirées et encore saignantes.
_ On va trouver un truc, je vous le promets, je mettrais ma situation de marine en danger pour vous ! Jura l'homme, rapidement soutenu par son camarade.
_ Il a raison, on va y arriver, dussé-je perde mon emploi ou me retrouver hors-la-loi !

La détermination ancrée dans les deux paires d'yeux ne faisait aucun doute, le duo comptait agir, au péril de tout ce qu'il avait, et ce, pour ce capitaine dont il ne savait rien, venant à peine de le rencontrer. Soudain, une certaine agitation de l'extérieure parvint au trio, les alertant du retour du commandant.

_ On doit y aller, bonne chance et bon courage, tenez-bon ! Souhaita le plus jeune des trois, ramassant son matériel de nettoyage et de soin avant de filer, accompagné de son collègue.
_ Merci, souffla discrètement le brun alors que la porte de bois s'ouvrait avec fracas, laissant entrer le violent marine, les traits toujours déformés par la colère. »

Les deux soldats n'avaient jamais vu une colère aussi sourde habiter leur supérieur, et savait d'avance que cette fois-ci, les blessures de Trafalgar serait impossible à soigner pour le moins ancien des deux hommes, il allait devoir demander conseil ou même l'intervention d'un médecin professionnel, que le pauvre prisonnier soit d'accord ou non.

Quelques minutes à peine plus tard, une détonation retentit dans la base, arrachant un frisson d'effroi à tous les êtres vivants présents dans l'enceinte du bâtiment.
Dans les cellules, les pirates relevèrent la tête, un mauvais pressentiment leur tordant les intestins. Ils savaient que leur capitaine se trouvait entre les mains d'un homme violent et dangereux. Bepo avait sous leurs yeux fait les frais d'une vague de colère traversant le bourreau des lieux. Malgré l'endurance et l'impressionnante constitution du Mink de par sa nature et ses origines, il avait grandement souffert du traitement impitoyable, c'est pourquoi tous les criminels en blouse blanchâtre, sans exception, tremblaient à l'avance, songeant avec terreur à l'état dans lequel leur cher capitaine leur serait rendu. Cette détonation n'augurait décidément rien de bon, les cris plus tôt étaient déjà peu rassurant, mais ça… Ce coup de feu… C'était trop. Un des hommes se mit à pleurer en silence, détruis.
Cependant, les deux jeunes soldats, devinant l'inquiétude de l'équipage, se hâtèrent de se rendre devant les cellules des Heart Pirates pour leur parler de la santé du brun, les rassurant un peu, leur promettant d'un regard de veiller du mieux qu'ils pouvaient sur le pauvre homme.

Trois jours plus tard, Law fut accroché dans une cellule en face des trois occupées par ses subordonnés. Il était inconscient, pâle, trop pâle. Les deux recrues avaient administré le plus de soins qu'ils avaient pu, permettant au torturé de rester en vie, et limitant les douleurs de ce dernier. Le plus jeune était retourné voir Séléné par deux fois déjà, de nombreuses questions sur l'anatomie en tête, ainsi que pour lui demander à nouveau des anesthésiants à base de venin de tarentules. Une telle requête avait surpris la demoiselle, commençant à se poser des questions sur l'identité du ou des (et elle espérait de tout cœur qu'il y en avait plusieurs, tant de souffrance pour un seul homme était une abomination !) malmené(s). Elle ne sut pourquoi il refusa son aide et lui demanda juste des conseils quant à l'extraction d'une balle, elle tenta de creuser un peu le sujet mais se heurta à un mur de silence. A son grand étonnement, la recrue avait refusé de lui révéler de qui il s'agissait, d'un signe de tête, incapable de retenir un certain tremblement dans sa voix. Rapidement, elle comprit que quelque chose clochait et suivit le marine hors de l'hôpital. Au détour d'une ruelle, après s'être assuré que personne ne les verrait, elle envoya l'homme contre un des murs, et le saisit au col.

« Le nom du ou des prisonniers que cet enfoiré torture, immédiatement, exigea-t-elle d'une voix très menaçante que le pauvre bougre ne lui connaissait pas.
_ Docteur Séléné, je peux pas, gémit-il avant de sentir la prise se resserrer sur lui.
_ Pourquoi ?
_ Parce qu'il l'a demandé…
_ Qui ? Le commandant ?
_ Non…
_ Le prisonnier ?!
_ Oui, pleura alors le jeune. Il vous protège, il ne veut pas qu'on vous associe à lui.

Le cœur de la chirurgienne se figea, sa peau diaphane devint cadavérique, il n'y avait que deux hommes sur toutes ces mers qui puissent vouloir la protéger ainsi.

_ Est-il… Lui manque-t-il un bras ? Demanda-t-elle, la gorge sèche.
_ Quoi ? Non ! Il a des fractures mais pas d'amputation ! S'écria le marine comme si la doctoresse avait dit une énormité.
_ Donc c'est Law, conclut-t-elle, son regard se planta telle une dague meurtrière dans les yeux apeurés de son vis-à-vis.
_ Pitié, il avait demandé à ce que vous ne soyez sous aucun prétexte mise au courant.
_ Trop tard, fut la réponse cinglante de la miss. Comment l'avez-vous capturé ?
_ Il s'est livré, on avait son équipage au complet, on les avait eu à la sortie de la forêt, le cri d'un ours bicéphale nous avait alerté de leur emplacement. Il a essayé de joindre son second, et le commandant lui a proposé d'échanger sa liberté contre celle de trois de ses hommes…
_ Sachi, Penguin, et Bepo énuméra sans mal Séléné.
_ Comment le savez-vous ?! Balbutia le soldat alors que la poigne de fer se relâchait.
_ Que vous a dit leur capitaine sur moi ?
_ Il nous a dit à Ban et moi, pendant que je le soignais la première fois, qu'il s'était fait passer pour un médecin lorsque l'explosion est survenue il y a quelques jours. Les internes n'avaient pas cherché plus loin, mais vous, en revanche l'aviez démasqué, et évalué ses aptitudes pour ensuite puis le laisser exercer, et il vous aidait plutôt bien d'après lui.
_ Il vous a menti, l'informa-t-elle.
_ Quoi ? Se sentit trahit le jeune homme.
_ Par omission, il était à l'hôpital la veille et a sauvé un enfant empoisonné par des tarentules, nous avons passé la nuit ensembles sur son navire, j'ai passé quelques heures avec son équipage, et dans la nuit les internes m'ont appelée, il m'a accompagnée.
_ Vous et Law êtes…
_ Etions en couple, ça n'a pas duré, je ne veux pas quitter l'île, j'ai préféré rompre très rapidement en réalisant qu'il serait très rapidement trop tard pour m'éloigner de lui.
_ Oh… Pourquoi ne pas le suivre ? Vous êtes coincée sur ce caillou paumé depuis si longtemps…
_ Je ne peux pas prendre la mer, la marine me pourchasserait immédiatement.
_ Mais vous n'êtes pas une criminelle, ne comprit pas son interlocuteur.
_ Si, je suis née criminelle, et je vis cachée depuis lors, ma présence dans l'équipage des Heart Pirates les mettrait tous en danger, bien plus qu'ils ne le sont déjà ! S'exclama avec désespoir le médecin.
_ Oh… Pourquoi êtes-vous… ?
_ Mon père est un pirate assez primé, et toujours en activité. C'est tout. Il n'en faut pas plus pour condamner un enfant et le diaboliser dès la naissance.
_ Mais c'est stupide ! S'insurgea le soldat.
_ Oui, ce l'est, pourtant, si on découvrait par exemple que Roger avait une engeance, on exécuterait l'enfant publiquement, quel que soit son âge.
_ Vous n'êtes pas…
_ Non, mon père est en vie, le contraire réjouirait tes supérieurs et arriverait bien vite à mes oreilles…
_ Et ça va, de me dire ça ?
_ Oh, tu es un garçon intelligent et bon, je ne pense pas que tu veuilles me dénoncer, n'est-ce pas ?
_ Est-ce qu'un jour je serais capable de, ne serait-ce qu'un instant, vous cacher mes intentions ou mes pensées ? Soupira en souriant le garçon.
_ Avec le temps peut-être, qui sait ? Je te laisse, si Law est parvenu à libérer son second, je me dois d'aller les voir et chercher un moyen de libérer ses compagnons…
_ Séléné, Ban et moi on… on est là, au besoin…
_ Luccian, tu te rends compte de ce que tu me dis là ?
_ Si j'avais su j'aurai parcouru les mers pour rejoindre cet équipage si incroyable, alors oui, je compte les sortir de cet enfer !
_ Tu connais mon numéro de Den Den Mushi, appelle moi dès que tu es seul à la base, je veux un rapport complet de l'état de chacun d'entre eux, je file au sous-marin pour voir si les pirates y sont, fit-elle en partant, disparaissant telle une ombre. »

Non loin d'ici, près des docs, un submersible était là, immergé, tapis sous un amas d'algues. A l'intérieur, deux hommes tentaient tant bien que mal d'aider leur supérieur, malgré sa fourrure très handicapante. Le pauvre était plus blessé qu'il ne l'avait montré et s'était effondré à peine avait-il posé une patte sur le navire.
Il avait mis la journée à retourner sur l'embarcation, tantôt se cachant des marines, tantôt étant trop épuisés pour avancer, et depuis le retour, il n'avait fait qu'aider Bepo, et tourner en rond, cherchant un moyen de retourner à a base pour libérer les leurs.
Sachi était sur le point d'administrer de la morphine en faible concentration à son pelucheux ami lorsque le navire trembla, pris de secousses inattendues. Surpris et inquiet, l'humain posa la perfusion et boita hâtivement jusqu'à la vigie, où se trouvait déjà Penguin depuis une bonne heure.

« Qu'est-ce que c'était à l'instant ?! Demanda le premier.
_ Aucune idée, j'ai absolument rien vu ! Fit le deuxième. »

Une nouvelle secousse, plus légère, se fit sentir. Soudain, les mécaniciens comprirent : le sous-marin se dirigeait de lui-même à la surface, sans qu'aucun de ses occupants n'ait lancé la moindre manœuvre de remontée. Très vite, le monstre de métal se retrouva à l'air libre, Penguin et Sachi n'avait rien pu faire pour l'en empêcher, et pourtant, rien ne justifiait ou n'expliquait cette crevée imprévue. Armés, les deux compères déverrouillèrent la porte blindée et passèrent timidement la tête dehors. Rien, personne, pas un marine en vue.

Un bruit mouillé attira leur attention, ils tournèrent la tête vers l'origine de cette sonorité, et enfin, l la virent.

« Séléné-chan ?
_ Salut, comment vous sentez-vous ? J'ai appris pour votre emprisonnement, dit de but en blanc la jeune femme.
_ On a eu de meilleurs jours, grimaça Sachi en baissant son pistolet, un soupir de soulagement traversant ses lèvres tandis que son corps se relâchait.
_ Et Bepo ?
_ Toujours alité…
_ Je vais le voir, annonça-t-elle en dépassant les deux pirates, les étonnant un peu.
_ Mais…
_ Il a besoin de soins, n'est-ce pas ? »

Les deux amis hochèrent piteusement la tête, avant d'entendre le pas calme de la miss entrer dans le submersible.
Il fallut près de deux heures à la chirurgienne pour s'assurer une guérison rapide du bipède, un silence religieux habitant la pièce. Ensuite elle s'intéressa à l'état des deux autres personnes présentes. Une autre heure passa, toujours sans un mot. Lorsqu'elle eut fini, elle regarda enfin le trio dans les yeux, un à un. Penguin osa alors poser la question qui lui taraudait l'esprit :

« Des nouvelles du capitaine ?
_ Pas les meilleures je le crains, avoua le médecin, j'ai réussi à soustraire quelques informations à une personne soignant Law, il est en piteux état, mais vivant et visiblement, il est encore capable d'énerver le commandant. J'ai donné à notre ami commun de quoi limiter efficacement les souffrances de votre supérieur, et des conseils de soin. Je n'ai appris qu'aujourd'hui qu'il s'agissait de Law. »

La discussion continua, Bepo sortit de son état semi conscient et prit part à la discussion, implorant la chirurgienne à sauver son ami. Très vite, la conversation devint une série de plans de sauvetage, tous comportant un taux de réussite très faible. C'est alors que Séléné soupira, et prit une décision :

_ Je vais vous ramener un log-pose déjà rechargé, et un Eternal-Pose de cette île ainsi que de la suivante au cas où. Ce soir est la soirée de la Lune d'Argent, la marée va être la plus importante de l'année, l'astre nocturne sera plein. On agit ce soir.
_ Séléné, dis-moi… Comment compte-tu faire pour venir avec nous ? C'est dangereux !
_ Je sais mieux me battre que j'en ai l'air, je suis tout sauf un ange, réplica sombrement la jeune femme.

Tout à coup, la sonnerie d'un Den Den Mushi retentit. Il s'agissait de celui de la demoiselle, avec de l'autre côté du fil le jeune Luccian, prêt à faire un rapport détailler de l'état de chaque membre de l'équipage. La conversation dura longtemps, le jeune soldat ayant du temps devant lui il en profitait pour répondre aux interrogations du quatuor autant que ses connaissances le lui permettaient. Lorsque Séléné raccrocha enfin le combiné, Bepo posa la question de la remonté du sous-marin.

_ Séléné -chan, comment nous as-tu fait émerger ? Désolé !
_ Ce n'est rien Bepo, je contrôle l'eau, pour faire simple.
_ Et la version compliquée ? S'enquit Penguin.
_ J'ai été touchée par la Lune le jour où je suis venue au monde, révéla-t-elle, faisant voleter distraitement entre ses doigts le contenu de son verre. »
_ Tu n'es pas une utilisatrice de fruit du démon ? Désolé !
_ Non, je suis… on va dire que je suis bénite, et non maudite, confirma la jeune femme. Je l'ai longtemps caché, JE me suis longtemps cachée, mais si je veux aider Law, et vous les garçons, je vais devoir accepter mon destin, et la prime qui va être mise sur ma tête.
_ Tu vas rejoindre l'équipage ? Comprit rapidement le Mink.
_ Si vous voulez de moi, oui, promit-elle.
_ Alors allons sauvez les nôtres, s'écria avec détermination Sachi, immédiatement rejoint par les autres. »

Dans la base marine, un mauvais pressentiment s'empara du commandant. Son appétit disparu, le faisant se lever de table avec agacement. Il passa avec empressement devant les cellules, inquiétant les malfrats derrière les barreaux. Entendant du bruit, Ban et Luccian se cachèrent alors qu'ils étaient en train de nourrir sans permission les pirates. Heureusement pour tous, l'homme ne s'arrêta pas et continua son chemin jusqu'au dehors de la base. Law l'observait, l'œil peu rassuré, espérant que ses amis avaient pu se mettre à l'abri depuis leur libération. Son esprit revenait souvent vers la chirurgienne, mais ses espoirs de s'échapper se réduisaient tout autant que la quantité de sang restant dans son corps, malgré les efforts non-négligeable du jeune soldat qui prenait discrètement soin de lui.
L'astre diurne descendait, laissant bientôt place à une Lune d'une beauté à couper le souffle. Le souvenir des rayons illuminant la chevelure argentée de la demoiselle dont il n'arrivait pas à se détacher lui revint. Il songea avec rêverie que sous les rayons de cette Lune, la beauté enchanteresse de la jeune femme devait être un délice. Réalisant ce à quoi il pensait, il secoua la tête, fatigué de son manque de sérieux face à la situation. Cependant, ce simple geste était de trop pour lui. Les abysses vinrent l'attirer, impitoyables.

Comment cela va-t-il se terminer ? Se demanda le brun alors que son esprit glissait une nouvelle fois vers l'inconscience.