I.

Un pas sur le côté.

Gauche, gauche.

Un pas sur le côté.

Droite, gauche.

Avancée, le poing fais choc.

Un pas en arrière, en bas, tournoiement; les regards des élèves forment une mosaïque.

Les tibias résonnent sourdement.

Il balance son bras vers moi; je passe sous son bras, puis je suis derrière lui.

Le coup se perd, quelques gouttes d'un rouge fade, et Syeck tombe à genoux.

Mon genoux va donc se loger violemment dans le creux de son crâne, et la brute tombe evanoui.

Je suis Chim. Je suis une fille, que tout le monde prend pour un homme. C'est parce que mon père a été féministe, au temps où on avait le droit; Alors il a fait en sorte que j'ai les mêmes privilège qu'un homme. Même si les privilèges sont rare lorsqu'on a pas l'habit noir.

Syeck a voulu me frapper. Il voulais me racketter. Il s'est permis de le faire alors qu'il ne l'avais jamais fait avant. Il le faisais à tout le monde, sauf à moi. Parce que je suis la fille… Le fils? De Monsieur Kil. Le professeur du quartier. Mais mon père a été accusé, il y a pas longtemps, d'être un grand revolutionnaire. Alors il n'est plus là. Et je suis seule.

Pas d'inquiètude. J'ai des cailloux dans les poing et des clous dans les jambes; Que quelqu'un vienne se battre avec moi! Venez tous, même!

Monsieur Safran, le nouveau professeur qui a remplacé mon daron, nous regarde avec indifférence. Les autres gamins se dispersent, certains me felicitent d'avoir démonter la gueule de Syeck; Mais ils ne restent pas avec moi. Mon père est un révolutionnaire. Il ne fait pas bon s'acoquiner avec des révolutionnaires.


II.

Je me réveille à l'infirmerie. Ce connard de Chim… Il m'as démonté, là, faut bien l'admettre. Bah, j'avais le soleil dans les yeux. J'essaie de me relever, mais j'ai vraiment mal au crâne.

Allongé, je réfléchit. J'ai la haine. C'est la première fois que je me fais latter en un contre un. Je n'ai pas pour habitude de finir à l'infirmerie. C'est un endroit que j'évite entre tous. Ca pue la sanité dans les infirmerie. L'odeur des aseptisants ronge le crâne de l'intérieur.

Hors de question que je reste ici plus longtemps.

Je me lève, malgré la terrible douleur qui enserre soudainement mon crâne. Je serre les dents. Je suis un survivant, moi! C'est pas une vague douleur au crâne qui va me décourager.

Il est bien plus simple de s'évader d'une infirmerie que d'une école. A l'école, y a une flopée de surveillants tortionnaires qui guettent les éventuels buissoniers; Ici, y a la grosse Berthe qui soigne les bobos des gamins et qui passe le reste du temps à lire des magazines de mode. Dommage pour elle, mode ou pas mode, tout ce qu'elle porte la boudine ou la saucissone; C'est l'apanage des gros lards.

Je l'aperçoit d'ailleurs la Truie humaine, son postérieur aux dimensions continentales semblant avaler sa chaise supplicié; Comment une si fragile chaise en plastique peut elle supporter un tel poid?

Alors que je me fais cette réflexion, elle lève son visage porcin de son magazine. Une lueur éclaire son regard quand elle me reconnait.

"Syeck! Va te coucher, tu n'es pas en état!"

Je lui fais un doigt d'honneur et me barre en courant. Je l'entend se lever, et courir derrière moi; Je m'engage dans le couloir, elle gueule "Reviens ici, garnement!"

Garnement… Qui dit Garnement de nos jours?

Je dévale les escaliers à vive allure, et me précipite dans la cour; Hop, je saute par dessus le portail, elle hurle "Reviens!" mais j'm'en contrefout, j'vais certainement pas revenir.

Non; A la place je préfère foncer vers la demeure de Chim.

J'vais m'amuser un peu. Je marche en rasant les murs. Il faudrais pas qu'un Rocket me voit. Un gamin dans les rues, à cette heure ci, c'est pas normal. Je me ferais direct renvoyer dans la prison scolaire.

Je m'éloigne du centre ville.

J'arrive devant chez Chim. Ils ont une baraque, les Kil… Dans pas longtemps ils auront plus rien. Il paraît que le vieux est un révolutionnaire. Qu'il a des contacts à l'extérieur des murs qui encadrent le domaine Rocket; Ces immense murailles d'acier qui encerclent Safrania, Celadopolde, Carmin sur Mer, Azuria, jusqu'à Parmanie, et qui garantissent que personne ne croise de Pokémon. Il paraît qu'il n'y a pas de murs à Johto; Les gens là bas sont traditionnaliste, on a pas pu leur imposer de couper les ponts avec les pokémons. Beaucoup de religions Johtoéénne se basent sur les pokémons.

Faut croire qu'à Kanto, les gens s'en foutent.

Il paraît que le vieux travaille pour la Ligue Invisible. Qu'il transmettais des infos sur les rondes aux membres de la Ligue, leur permettant de traverser les murs sans être inquiété. Il va se faire buter, ça fais aucun doute, et sa baraque ils vont la remettre à quelqu'un d'autre.

Il y a trois puissances dans ce monde. Les Rockets, qui ont la main sur Sinnoh, Unys, Kalos, Johto et Kanto; Les "Revolutionnaires", qui ont la main sur quelques villes un peu partout, notamment Lavanville. Et la Ligue Invisible. On sais peu de choses sur la Ligue Invisible, si ce n'est qu'il y aurais des Arènes un peu partout dans le monde; Ils se déclarent neutres, tout ce qui les intéressent c'est le combat. Ils ont l'air d'être de sacrés survivants…

Alola est une région ou les Pokémons sont trop nombreux, et trop puissants pour qu'un empire humain puisse y régner; Quand à Hoenn, elle est au coeur d'une guerre qui dure depuis plus de 30 ans, entre les Pirates, les Revolutionnaires, les Rockets et même certaines factions religieuses.

C'est un drôle de monde. Que je ne verrais sans doute jamais. S'évader d'une infirmerie, c'est une chose; S'évader des Murs, ça… C'est un peu plus complexe.

J'entre chez Chim. Il y vit encore. Je vais me faire un plaisir de l'attendre...